J24 : stand by

Dimanche 3 février 2013

Lever difficile à 6h30, je suis fatiguée, il pleut je me recouche…

Nouveau lever à 9 heures, il pleut toujours je ne me recouche pas et me prépare, vélo tout prêt, tout bien hermétique, vêtements de pluie sortis….

On me déconseille fortement de partir, il neige sur le col que je dois passer, demain ce sera meilleur. Je vérifie la météo, c’est vrai. Donc je repousse mon départ à demain, partie le 21 janvier 2011 je ne suis plus à un jour prêt… On va m’embaucher dans la boulangerie pour apprendre à faire le pain et les gâteaux…

Bisous tout le monde

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Article spécial, article spécial : tous à vos postes…

Ici radio free Françoise, ici radio free Françoise, ici radio free, iciiiiiiiiiiiiiiiii…

Nous apprenons de source sûre qu’une abuelacyclofluo (jeune femme âgée de 64 ans et atteinte de myopathie) vient de traverser l’Amérique du Sud en solo, en vélo et en autonomie.

Partie le 21 janvier 2011 de Caracas, elle devrait, après multes aventures atteindre Ushuaïa le 4 février 2013 dans l’après-midi.

Alors vite, les diois mettez la Clairette au frais, pour les autres on se contentera du champagne.

Famille, amis, déroulez le tapis rouge, et tous armez-vous de fleurs et venez l’accueillir…

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J23 : Pourquoi vouloir la sécurité à tous prix ?

Certains visent la rambarde…

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D’autres le poteau…

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Samedi 2 février 2013
Quelque part sur les bas coté de la ruta 3 – Tuhluin
44,22 km

Départ 8h30, pas un souffle de vent mais le rayon de soleil qui m’a chauffé dans la tente laisse place à un ciel chargé de pluie.

Ah oui, la nuit… Hier soir cool, j’arrime bien la tente, au passage je découvre des tendeurs cachés. je me fais ma petite séance écriture, photos, mange mes pâtes et m’offre un petit film, quand soudain… Vrombissement de motos autour de ma tente, je me dis que là je suis bonne, une attaque d’indiens d’Amazonie je peux faire face mais des lascars en moto plus dur… En une fraction de seconde l’ordinateur est fermé , planqué sous mon matelas, je suis dehors avec l’idée de faire front et de chercher secours sur la route… Mais déjà les motos (ou les quads) sont loin, en fait je suis sur un espèce de bas coté chemin et juste les motos ou quads sont passés par là… Le reste de la nuit fut calme.

Au début je pédale super bien, je suis en super forme et ça me paraît facile, puis ça va beaucoup monter et je fatigue. L’eau reste très présente.

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Ca monte…

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Des fois ça descend mais ça monte plus que ça ne descend…

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Loin déjà la panaderia (boulangerie) si réputée est annoncée, moi je trouve que je n’avance pas vite, je suis un peu en hypo mais attends la panaderia…

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Les montagnes d’Ushuaïa se rapprochent…

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Et les lichens jouent dans la dentelle…

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Encore un peu d’eau, c’est beau…

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Et enfin Tolhuin

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Je rate la panaderia, ce qui me permet de découvrir une maison pleine de lupins…

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Et quelqu’un qui répare ma béquille (il change la vis qui s’est comme effritée au bout et me fait remarquer que la béquille est prévue pour 25kg et que moi j’en ai 100), tandis que je tiens mon vélo la petite désinfecte et panse mon doigt (coupé il y a deux jours en ouvrant un paquet de pâtes avec un couteau…)…

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La panaderia est un endroit dingue…

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Immense boulangerie à la mémoire du médecin qui inventa le coeur artificiel puis se tira une balle dans le coeur (vrai de vrai…). Je me sens obligée de reprendre du service…

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La tradition aussi est d’offrir le gite, le couvert et la douche aux cyclotouristes…

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Finalement je n’ai pas pris la pluie, j’hésitais à dormir ici ou continuer pour arriver demain à Ushuaïa, mais j’ai vraiment eu froid ce matin, j’ai choisi de rester et j’ai bien fait, demain je me couvrirai plus.

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Les chiffres :

44,22 kilomètres
Vitesse moyenne : 11,5 km/h
Vitesse maximum : 43,8km/h
Dénivelée positif :340 m
Temps sur le vélo : 3h49’26 »

P.S. Y a pas que les françaises qui sont locas, les français aussi…

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Bisous tout le monde

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J22 : las franceses son locas…

Autrement dit les françaises sont folles…

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Vendredi 1er février 2013
Rio Grande – Quelque part sur la ruta 3 en Tierra de Fuego
72,79 km

Non, je n’ai pas de rage coupé mon vélo en deux… Hier, il est 10 heures du soir, je prépare mes affaires en vue de partir tôt quand l’aubergiste fait irruption dans le dortoir des filles (oui, ici on sépare) , il me confie une française, elle s’appelle Anne-Sophie, elle est hagarde, une histoire de rendez-vous manqué, une balise de je ne sais quoi autour du cou, et surtout, surtout elle voyage en monocycle… Elle ne sait plus dans quel sens aller, elle ne s’attendait pas à un tel vent, elle vient d’Ushuaïa, a 31 ans, travaille dans la motorisation électrique des vélos, a passé 2 nuits à lutter avec sa tente contre le vent, aujourd’hui elle n’a fait que 3km, et 20km en stop (et ça elle l’a en travers et je la comprends), elle n’a pas mangé depuis hier… Ma cocotte, tu ne vas pas te laisser abattre comme cela, retour dans la cuisine, je demande à l’aubergiste si il peut la nourrir gratis, pas de problème, allez Anne-Sophie, demain est un autre jour, tu verras bien…

L’aubergiste, sa femme et un jeune couple d’allemands baroudeurs en concluent que les femmes françaises sont folles… Tet, tet, mais qu’elle est bonne cette folie… Dans tout ça je rebois un petit coup de bière, on tchache et je me couche à des pas d’heures et je dors comme un bébé… Réveil à 6h45, je n’entends pas le vent, je bondis, oui, c’est juste qu’on ne l’entendait pas dans le dortoir… Il fait très froid… Vite je me prépare, pars en faisant le moins de bruit possible, ici en Argentine on se couche tard et on se lève tard, il y a juste le vent qui lui ni ne se couche ni ne se lève, vu qu’il souffle en continu… A 4h30 du matin le jour lui se lève, oui je commence à être très au sud…

Les 10 premiers kilomètres sont hard, je le savais, je le savais, j’ai un fort vent contre, je pédale 8km puis je pousse, puis la route tourne, vent de travers, puis retourne, vent favorable…

Et j’avance, j’avance…

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Toujours pampa à droite, pampa à gauche, je prends peu de photos, à chaque fois c’est le risque de chute, Anne-Sophie m’a dit n’avoir pu en prendre une seule… J’apprécie mon deux roues…

Je continue à ne pas aimer les ponts…

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Et à faire fi du nom des rios…

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Et à 30 Km comme je l’avais calculé les premiers arbres, un peu tristounets les arbres, mais là quand même et comme prévu le vent diminue.

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Puis plus touffus les arbres…

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La route le long de l’Atlantique est un vrai régal, surtout avec un petit vent favorable…

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On se croirait presque chez nous…

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Ti vélo l’est toujours le plus beau, même si il n’a plus le droit de se reposer à cause de la béquille cassée…

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Quant à moi il est temps que j’arrive à Ushuaïa car je suis de plus en plus décrépie…

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Deux ou trois cotes me feront souffrir…

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Allez, une petite plongée dans l’Atlantique…

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Tiens, une ex-laguna rouillée…

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La forêt abrite sûrement des sorcières…

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Puis je vais à nouveau traverser un no man’s land où seul le vent a droit de cité… Mais je suis en super forme et j’avance bien…

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Après le no man’s land venteux je suis fatiguée et je plante ma tente dans la première zone peu ventée. Quelle erreur, quelle erreur, mais suspens, suspens… La suite demain…

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Les chiffres :
Départ 7h55, arrivée vers 15h30
72,79 km
Vmoyen : 11,6
Vmaximum : 42,7 km/h
Dénivelée positif : 549m
Temps sur le vélo : 6h16’04 ‘’
Température à l’arrivée : 16°, je rappelle le vent glacial, 3 gouttes de pluie sous la tente

Bisous tout le monde

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J21 : je vole et me crash à l’arrivée…

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Jeudi 31 janvier 2013
San Sebastian – Rio Grande
82, 82 km

Je voulais partir à 7 heures, à cause du vent qui est un peu moins fort avant 10 heures, mais j’étais fatiguée et l’hôtel était fermé. Je ne pars donc qu’à 8 heures après avoir avalé un solide petit déjeuner.

Tandis que j’écris la tempête fait rage de plus en plus, impossible de sortir demain dans ces conditions, j’attendrais…

Alors ce matin le vent était supportable, en plus il m’était favorable, je monte allègrement les cotes et les kilomètres défilent à vive allure, sauf que de mettre un écriteau Ushuaïa tous les deux kilomètres ça va me ralentir…

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La route est bonne, la circulation peu intense, le ciel bleu, le vent me pousse, tout va bien.

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Oui je sais que ça ne va pas durer, j’ai étudié la carte et le vent et je sais que je vais me prendre le vent de coté, et bien oui je le prends, coté droit, sauf un moment coté gauche, et le vent forcit, forcit, forcit. Pour traverser le rio Chico je mets pied à terre, je crois que c’est pire, j’ai du mal à y arriver, j’ai du mal à tenir debout, puis je me reprends le vent de dos, trois quart dos et coté. C’est difficile, très difficile d’avancer sans embardée, je suis obligée de freiner dans les montées… Je compte les kilomètres, plus que 50, plus que 40, plus que 20, oh la la que j’ai peur, c’est très dangereux de rouler dans ce vent. Je ne rencontre aucun cyclotouriste, soit ils se terrent, soit ils avancent « con el dedo » (stop), c’est ce qu’à peu près tous m’ont dit faire quand les conditions étaient trop difficiles, mais moi je suis têtue, têtue mais pas dingue, demain je ne pars que si ça s’améliore. L’hôtelier m’a bien expliqué l’itinéraire, j’ai encore 10 km extrêmement difficiles, puis 20 km difficiles, puis je serai à l’abri, d’abord dans les arbres et ensuite dans les montagnes… Jusqu’au bout ça se mérite Ushuaïa…

Sur mon chemin une seule estancia mais de taille…

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Je crois que la richesse se cache dans le sous-sol…

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De temps en temps je vois l’Atlantique qui a une méchante couleur marron…

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Là un pont à mon avis plus pipe-line que « muele » pour les pêcheurs…

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Tremblante, effrayée j’arrive à Rio Grande qui est une ville industrielle sans aucun charme s’étendant sur presque 10 km.

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Il y a de jolies maisons face à l’Atlantique, pas de photo, c’est encore plus dangereux de s’arrêter. Comment, comment peut-on vivre ici ? Je vois un hostal de l’autre coté de l’avenue, je tente de le rejoindre, mais c’est que c’est pratiquement impossible de lutter contre le vent. Mon vélo posé contre le mur tombe. L’endroit ne me convient pas vraiment, cher et loin du centre. Je repars, vous voyez cette jolie voie verte ? Et bien c’est difficile de s’y maintenir, je me dis que je me ferais moins mal en tombant sur l’herbe qu’en roulant sous une voiture…

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La photo de l’Atlantique en colère ? A l’origine de ma chute, le vent me jette par terre, rien de cassé, j’ai mal en haut du bassin et au tendon d’Achille gauche, rien de grave. J’ai tout le mal du monde à relever mon vélo, puis je suis littéralement arqueboutée dessus pour le maintenir debout, finalement je tiens mieux en roulant, donc je roule. On m’indique le seul hostal de la ville, dessus écrit « fermé », je repars dépitée mais quelqu’un me rejoint, c’est le propriétaire des lieux, c’est fermé sans l’être, il fait des travaux. Il est super sympa m’explique le reste de mon trajet, compatis à mes douleurs dues à ma chute. J’ai un abri. Je ne pars demain que si ça s’améliore, sinon j’attends.

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Si le vent ne me tue pas avant, dans quatre jours je suis à Ushuaïa… Incroyable, incroyable…La propriétaire des lieux vient de me mettre le gaz en route pour me réchauffer, il ne fait pas vraiment froid pour les gens normaux , j’ai noté 22° sous abri et les tôles qui chauffent, mais pour moi, voilà…

Les chiffres du jour :
Record de vitesse, partie à 8 heures, arrivée à midi pour faire 80km…
Record de peur, je ne sais, ce vent m’effraie, je sais que je prends d’énormes risques et je n’aime pas ça…
82,82km
Vmoyen : 21km/h
Vmaximum : 46,3km/h
Dénivelée positif : 501 mètres
Temps sur le vélo : 3h56’13 »

Bisous tout le monde

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J20 : repassage de la frontière, fin de la piste, dernier petit bout de carte, je pleure…

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Mercredi 30 janvier 2013
Croisement – San Sebastian (Argentina)
57, 98 km dont 57, 8 sur piste

Plus tôle ondulée que ça tu meurs… Avant j’aurais poussé, là je pédale, merci monsieur Vagabonde.. . Ce vélo est une petite merveille… Pampa à droite, pampa à gauche, et le vent favorable…

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La piste c’est aussi la poussière, surtout quand on croise un camion, à chaque fois je pense à Enzo qui me disait que sa grande peur c’était d’être attrapé par derrière par un camion tandis que lui était pris dans la poussière du camion de devant, mais ça c’était surtout valable dans une partie du jeu de piste d’Enzo (pour ceux qui ont oublié, je rappelle la piste infernale avec des milliers de camions qui mène au Salar de Surire au nord du Chili). Ici la circulation est rare.

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Je pars vers 8h30, croise non pas des dizaines, non pas des centaines, mais des milliers de moutons…

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Lesquels n’effraient pas les camions…

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Je fais attention de ne pas me tromper…

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Je fais très attention…

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Je fais très très attention…

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Je fais très très très attention…

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Je fais très très très très attention (mais hier aucun panneau…)

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Et bien je me trompe quand même, me voici dans le grand canyon…

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Parfois je croise le portail d’une estancia, l’estancia, elle, est très loin…

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Et, et, un rio, Monica, là c’est facile mais je sais que tu es perdue dans un ailleurs…

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Les gauchos restent très fiers…

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Voilà la frontière chilienne, ici un petit village de 10 maisons avec un hôtel-restaurant-épicerie, je me renseigne, et en Argentine il y a aussi un village ? Oui il y a, mon étape sera donc en Argentine.

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A chacun son voyage…

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Les 3km de piste no man’s land entre Chili et Argentine sont pires qu’épouvantables…

Oh la la, voilà que je repleure…

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Le paysage a changé, à gauche une grande étendue plate, comme un ancien lac, à droite des collines de sable.

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Collines où le vent joue à sculpter ses formes bizarres…

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Les vaches ont remplacé les moutons

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Je suis déçue, je croyais trouver le goudron à la frontière, non il faut que j’attende encore 11 km, enfin il est là, je l’aime…

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Encore un point carte ? Je me rapproche, je me rapproche, je repleure, je crois bien que je vais faire une crise cardiaque avant d’atteindre Ushuaïa…

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Et devant moi ? L’Atlantique… En un jour j’ai rallié le Pacifique à l’Atlantique, magique non ?

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A peine arrivée il se met à pleuvoir… Et ça continue… Cela explique peut-être la taille des champignons…

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Je fais le tour du village (un hôtel-restaurant, une pompe à essence, le poste frontière, 5 maisons ), plus les deux camions là, à la recherche d’une clef Allen de grosse taille… Nenni… Oui, la vis qui supporte ma béquille s’est non seulement dévissée, mais je crois cassée. A Rio Grande je trouverai, sauf que demain c’est férié, férié pourquoi ? On ne sait pas trop, une vieille fête…

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En arrivant ça a été une énorme assiette de raviolis, une énorme bière, une énorme douche, une énorme lessive (euh que chaussettes, culottes, tee-shirt) d’énormes écritures et tris de photos et là ça va être un énorme dodo sous une énorme pluie…

Bisous tout le monde

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J19 : de l’inutilité…

Mardi 29 janvier 2013

Quelque part en Tierra de Fuego – Bifurcation San Sebastien, Cameron, Porvenir, Cerro Sombrero
55 km de piste
Départ  8 heures (inutile…), arrivée vers 16 heures

Pourquoi de l’inutilité ? Parce que je longe la Baya Inutila, oui, la baie inutile, longtemps je me suis demandé ce qui différenciait l’homme de l’animal, j’ai d’abord pensé que c’était l’art, mais on m’ a dit que les oiseaux inventaient des mélodies juste pour le plaisir et que les éléphants dessinaient avec leurs trompes… Alors j’ai pensé que ce qui différenciait l’homme de l’animal c’était de faire des choses inutiles, mais si l’océan pacifique se met aussi à jouer l’inutile, où va-t-on, où va-ton ? Ce que je fais , relier Caracas à Ushuaïa, seule, en vélo, en solo et en autonomie est très inutile, mais aujourd’hui je vais me faire encore plus inutile, oui, 40 km sur piste avec un vent furibard contre pour rien…

Tout avait bien commencé, l’endroit aurait pu être bucolique s’ il n’était si sale…

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La pampa à droite, la pampa à gauche est rarement égayée par un camion

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Regardez bien les deux tentes là, d’abord ma petite sœur tu peux remarquer que je ne suis pas la seule à mettre des pierres à disposition de l’agresseur…

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Je vois une tête, un hola, la tête rentre vite se mettre à l’abri, oui, le vent souffle encore très fort. Deux tentes, une charrette, pas de vélo, je me demande si ce sont des marcheurs qui tirent leur barda ou s’il y a une tente pour les humains et une pour les vélos…

Un abribus à côté des tentes m’accueille, j’avale vite quelques gâteaux, les vitres sont cassées et il n’abrite plus rien et le vent souffle très fort. (Au fait, vous voyez la piste à droite, c’est celle que j’ai ratée)

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Très vite je sens que je ne suis pas sur la bonne route, et mon instinct me trompe rarement, je regarde la photo prise, le croisement, à gauche c’est pour Cerro Sombrero, à droite Camaron et San Sebastia tout droit.

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Mais ce qui me gêne c’est le soleil, je devrais aller plein est et je l’ai à droite, je devrais avoir le vent favorable et je l’ai de coté à gauche, ça ne me plait pas du tout. Je m’apprête à arrêter la première voiture qui passe quand un motard arrive et s’arrête. Il interroge son GPS, sa carte, oui je suis sur la bonne route et à 51 km de San Sebastian, moi j’avais compté moins, mais…

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Francisco il s’appelle, il est italien, ma beauté fatale a dû le troubler… Arrive un ouvrier, je demande le droit d’emprunter la route en construction, la piste est plus que mauvaise, oui mais je dois faire attention, un motard a eu un accident, il y a plein de trous et ne les a pas vus…  Et voilà qu’ils s’y mettent à deux pour me mettre sur le mauvais chemin…

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Et je vais galérer, galérer un max, les trous sont difficilement franchissables, le vent latéral devient franchement contre, je pousse avec peine, en clair je galère…

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J’atteinds le campamiento des ouvriers, je demande refuge, un endroit pour poser ma tente à l’abri. Il faut qu’ils voient leur supérieur. Je m’assieds sur une marche, mange un des sandwichs laissés par les chiens de Porvenir.

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Le vent ? Il va souffler aussi fort demain ? Oui, c’est tous les jours comme ça. Et c’est normal qu’il ait changer de sens comme ça tout d’un coup ? Je l’avais favorable, j’aurais dû l’avoir favorable allant dans le même sens, peut-être est-ce cela qui les a fait réfléchir et leur a fait comprendre mon erreur. Je reprends des forces et me dis que je vais y retourner. Je pousse mon vélo sur la piste épouvantable, ça monte, le vent contre est furibard ça devient impossible. Un pick up du campamiento s’arrête à mon niveau, je crois qu’ils veulent m’emmener, je refuse, explique que je fais tout à vélo, mais ce n’est pas ça, je ne suis pas sur le bon chemin… Quoi ? Oui, j’ai raté la bifurcation là où il y avait l’abribus… Non, ce n’est pas possible, 5 heures de galère pour rien (d’où de l’inutilité). Je rebrousse chemin, je n’ai plus la force de franchir les obstacles de la route en construction, je roule (enfin pousse bientôt) sur les bas cotés car je reprends le vent de coté, il est plus que furibard, impossible de rouler. Les déferlantes se font plaisir sur la laguna. Moi je galère, 40km, 40 km d’inutile…

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Je finis par rejoindre la bifurcation, les bivouaqueurs sans vélo sont partis, je prends leur place.

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Cette place est très mauvaise, le vent s’engouffre sous la cabane qui est sur pilotis et un espèce de courant d’air se forme sur le côté, et le vent est plus que furibard… Pendant deux heures je reste terrée dans ma tente, le bruit est assourdissant, je n’ouvre pas mes sacoches, je n’enlève même pas mes chaussures de peur de devoir intervenir rapidement sur ma tente et j’ai peur et j’attends. La tente tient. Je reprends confiance.

Ma dynamo dans le moyeu avant a bien fonctionné et mon baladeur se charge.

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Je vaque à mes occupations de bivouaqueuse, séchage du linge…

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Recharge en calories…

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Pas le courage de sortir l‘ordinateur… Bisous tout le monde

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J18 : le jour se lève après une nuit de terreur…

Lundi 28 janvier 2013

Los canetos – Quelque part dans la pampa en Tierra de Fuego
52 km sur piste

Ce fut une nuit d’épouvante…
J’aurais pu me mettre à l’abri de la barque, mais l’endroit n’était pas plat…

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J’aurais pu me mettre dans le refuge, ou devant…

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Mais l’endroit était trop sale…

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Non j’ai préféré me mettre à découvert et avoir le Pacifique pour moi seule…

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Alors je me suis mise là…

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Ah si j’avais été oiseau…

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Je n’aurais pas tremblé une bonne partie de la nuit quand le vent s’est mis à devenir furibard, oui j’ai eu peur que la tente ne s’arrache, que les piquets ne volent, que les arceaux ne se rompent… Et puis l’océan si proche, la marée est haute maintenant, les vagues se fracassent non loin de moi, j’ai peur… Et si tsunami il y a, et bien je suis morte. Mais tout résiste à merveille, merci Monsieur tente quatre saisons, merci la tente Hilleberg Janu…

Ayant survécu à cette nuit de cauchemar et me jurant que l’on ne m’y reprendrait plus, je reprends la route qui suit le Pacifique, monte et descend presque à la chilienne…

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Un petit repérage de kilomètres

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Quatre portions de piste me font souffrir, deux avec le vent de côté, deux avec le vent contre.

Là je me suis arrêtée pour faire je ne sais quoi, manger probablement, le vent en a profité pour jeter mon vélo par terre.

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Oui, c’est cela j’ai mangé dans cet abribus.

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Je me suis surtout reposée très longtemps, hésitant à repartir ou à passer la nuit dans cet abri, le vent est à nouveau devenu complètement furibard. Je prends mon courage à deux bras, relève mon vélo et repars.

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Le vent m’est favorable, je fais 20 km sans donner un seul coup de pédale, mais que de frayeur, que de frayeur, la piste est mauvaise, très petits gravillons et ultradérapante, je sais que je prends des risques mais j’essaie de les minimiser, freinant avec grande douceur, essayant de maintenir mon cap, oui car un vent c’est toujours un peu fripon, vous attaquant de côté quand on ne s’y attend pas…

Une maison abandonnée me sert de rempart contre le vent.

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Comme d’habitude j’amarre vélo et tente avec beaucoup de soin.

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Et je repleure en regardant le dernier petit bout de carte…

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Des chiffres, oui au 18 ème jour de ce voyage j’arrive enfin à comprendre le fonctionnement de mon compteur…

Vmoyen : 10,2 km/h
Vmax : 27,8 km/h
5h04’21’’ sur le vélo
Dénivelée positif : 503 mètres
Température : 16 ° (à l’abri car le vent est glacial…)

Bisous tout le monde

 

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J17 : Tierra de Fuego, Terre de Feu…

Voilà j’en ai rêvé, rêvé, je pleure, d’ailleurs chaque kilomètre qui me rapproche d’Ushuaïa me fait verser des litres et des litres de larmes…

Dimanche 27 juin 2013
Punta Arenas – Quelque part en Tierra de Fuego
2h30 de bateau
41,58 km en vélo

Hier j’ai tout préparé, mon vélo est chargé, prêt à partir.

La nuit fut difficile entre ceux qui se couchent tard et ceux qui se lèvent tôt pour prendre l’avion, et celui au-dessus de moi qui arrête pas de bouger, ce qui fait que je crois que je vais me le prendre sur la tête toutes les minutes…

Lever 6h30, ouf la salle de bains est libre, douche, sans savon, tout est rangé… Pas de petit dej, l’estomac est serré. Je prends la route par le bord de mer, je sais que c’est plus long mais au moins je ne risque pas de me perdre. J’arrive au port un peu avant 8 heures, déjà du monde mais les guichets ne sont pas encore ouverts. Pour les vélos c’est gratuit.

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Je suis bientôt rejointe par toute une armée de motos, ils sont brésiliens.

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On sympathise, je sympathise beaucoup avec les motos et les camions, comme si entre gens de la route on se comprenait…

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Le Ferry est plein

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La dernière voiture aura du mal à se caser, le remplissage du bateau prend une heure et demi. Un grand soin est apporté à l’arrimage des motos

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Et à celui de mon vélo.

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Enfin tout est en place.

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Je passe la première partie de la traversée sur le pont, il ne fait pas froid, le soleil brille, c’est agréable…

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Le bébé reste bien au chaud dans sa voiture…

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J’espère que le bateau ne va pas couler, un seul canot de sauvetage…

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Puis ça se rafraîchit, je trouve une place assise à l’intérieur et… M’endort… Une voix me disant que les conducteurs de véhicules sont invités à descendre sur le pont me réveille…

Arrivée en Tierra de Fuego…

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Porvenir est un minuscule village, son port encore plus petit…

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Je trouve un resto, me régale d’avocat au poulet et de frites (non sans avoir attendu des heures, ce qui ici est rare…), et pendant ce temps, les chiens du village se sont donnés rendez-vous et… Mangent mes sandwichs… Sympas ils m’en laissent la moitié… J’ai deux solutions, accélérer le mouvement ou mourir de faim…

Courageusement je prends la route, euh, la piste…

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Mon vélo se comporte bien, les pneux c’est pas top, mais je le savais et c’est un choix , la piste est faite de tous petits graviers et je dérape beaucoup… Le vent faible va petit à petit se lever, il m’est favorable… Ca monte et ça descend… Tandis que j’écris dans ma tente je suis heureuse d’avoir trouvé un endroit un peu abrité pour planter ma tente car la tempête fait rage…

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Les rares estancias ne sont pas franchement accueillantes…

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Mes premiers 5 km de piste franchis…

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A gauche, la pampa, à droite la pampa…

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Des lagunas…

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Belles de loin et belles de près…

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Et le Pacifique qui va m’accompagner plusieurs jours, là un village de pêcheurs abandonné, la vie est trop dure ici…

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Et ti vélo toujours content (au passage il marche super bien, merci monsieur Vagabonde)

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Aussi beau de loin que de près…

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Et voilà qu’un miracle se produit, j’arrive à photographier des oiseaux…

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Cette cote très sauvage est vraiment très belle…

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Parfois elle est entrecoupée de gorges

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La piste, il n’y a rien à faire, elle reste piste…

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Et la cote est super belle…

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Et moi, arrive un moment où j’en ai marre, alors je me pose…

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Je suis juste à côté du Pacifique dans une zone non protégée, erreur fatale… Suspens, suspens, suite demain…

Bisous tout le monde

 

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J16 : escale technique à Punta Arenas

Samedi 26 janvier 2013

Ce devait être un jour de repos, il en fut bien autrement…

Première occupation : la grasse matinée, oui jusque 8h30, un délice teinté de culpabilisation, on ne se refait pas…

Deuxième occupation : me renseigner pour le bateau demain.
Je trouve un point information mais c’est juste un relais pas le vrai SERNATUR, je mets en doute ses dires et décide d’aller voir sur place, le surplace étant le nouveau port à je ne sais combien de kilomètres, mais 2 heures et demi de marche…

Alors voilà, c’est l’histoire d’une abuelacyclofluo qui à 10h 45 du matin en ce beau jour d’été (admirez le bleu du ciel)…

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Décida d’aller 10 km plus loin voir les horaires et le prix du bateau pour se rendre en Tierra de Fuego (pour les ignares la Terre de Feu c’est une île), courageusement elle dit adieu à la civilisation…

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Adieu aux arbres qui ici ont décidé soit de ne pas naître, soit de mourir, ce qui à moi m’évite une longue dissertation et à vous une insipide lecture…

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Poursuivie par des ponts…

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Que seuls quelques êtres étranges osent franchir…

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Parce que vraiment dans ce continent les ponts c’est hard…

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Elle hurla à tous vents, et même l’écrivis,  sa haine d’Enzo ( je traduis il y a écrit « Enzo tu ne vaux rien »…)

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Courageusement l’ACF reprit sa marche (qui je vous le rappelle dans ce premier épisode dure près de deux heures et demi…) pour admirer cette pointe de sable…

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Pas toujours très propre il faut le reconnaïtre…

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Elle admira le plus beau terrain de basket du monde…

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N’alla pas se baigner vu que c’était interdit…

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Et jamais ne perdit le nord (euh le sud)…

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Enfin, enfin elle trouva le port, la boutique était fermée, une affiche indiquait les horaires, il n’y a bien qu’un seul bateau par jour et pas le lundi et demain  il est à 9h30, il faut y être une heure avant, comme d’hab elle prendra une immense marge, oui, imaginez que le vent souffle et soit contre… En revanche le prix n’est pas indiqué et là les avis divergent… Juste pour savoir si il faut qu’elle repasse à la caisse.

Un taxi collectif lui coûtera moin d’un euro, il la dépose devant un resto où elle aura le bonheur de skyper avec un de ses enfants et sa compagne.

Après ce sont les courses, elle prévoit quatre jours, vu qu’il y a 140km de piste et qu’elle se connaît. C’est hyper lourd et l’hostal est hyperloin. Epuisée, transpirante et non pas soufflante, tiens aujourd’hui il souffle peu.. Elle s’attelle à la rédaction de ses articles…

Bon ce n’est pas tout ça, il faut que j’aille faire cuire mes pâtes…

Bisous tout le monde

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