J54 : direction la Sierra Nevada

J54 : direction la Sierra Nevada
Mercredi 16 mars 2011
Capitanejo – Guican
Distance parcourue : 40 km (évalués, panne de compteur)
Vmoy : lente Vmax : peu élevée
Température : agréable
Dénivelée positif : 1000m
Heures sur le vélo : 4 ou 5 heures
Départ : je sais plus
Arrivée : je sais plus

 Résumé de l’article : (pour ceux qui roulent ou les flemmards ou les gens normaux que mon délire n’intéresse guère ou ceux qui bossent comme des malades pour payer la retraite des vieux croulants comme moi, merci d’enlever le c)
• Objectif : la Sierra Nevada, Cucuy ou Guican
• Conditions météorologiques : beau temps tiède
• Etat de santé : la fatigue de la veille est là
• Degré d’euphorie : ça va
• Particularités de la journée : surprise, alors que je pensais avoir 700 mètres à monter, je commence par descendre 300 mètres (de piste toujours) qu’il faudra remonter, j’espère retrouver une route, elle se fera attendre, sera un peu cassée. Jusqu’ à la bifurcation El Cocuy – Guican je pars pour El cocuy, des gens qui attendent le bus me font changer d’avis, je vais à Guican, plus près de la Sierra Nevada pour aller marcher. La montée est rude, j’accuse la fatigue, enfin Guican avec à l’entrée un monument monumental a la gloire du peuple indien.

 Ecrivant cet article en décalé, je vais comme le précédent l’écrire en impressions fortes qui me sont restées…
• J’étais partie pour grimper 700 mètres, c’était oublier le relief d’ici, il faut toujours redescendre pour remonter, alors ce sera 1000 mètres.
• J’espérai sans plus trop y croire retrouver du bitume, et ne pas redescendre par la piste de la veille, j’ai retrouvé, la circulation reste rare, je me suis renseignée pour savoir si c’était la guérilla qui avait tué tout le tourisme, non ce serait la saison qui est terminée, je suis la seule touriste. J’ai remarqué que les gens répugnent à parler de cette période de leur histoire, probablement encore douloureuse, je n’aborderai plus le sujet. En tous cas la présence militaire est très forte et pas que pour semblant, plusieurs points de contrôle et quelques routes barrées, mais tout est d’un calme olympien…
• Le beau temps continue d’être de la partie, cela change beaucoup de choses, d’ailleurs en étudiant mon guide j’apprends que la bonne saison ici (celle où il pleut le moins) est décembre, janvier, février, je n’aurai pas du écouter ceux qui me disaient que c’était la saison des pluies, mais peut-être je n’étais pas prête et peut-être qu’en décembre j’aurai subi les pluies exceptionnelles du Venezuela, allez c’est comme cela juste j’espère avoir beau temps pour grimper au sommet de la Sierra Nevada, aujourd’hui ça s’est gâté, on verra.
• Et qu’est-ce qui m’explose en plein visage (dont le nez continue à être cramé) la Sierra Nevada qui est … nevada, enneigée, et blanche, je suis ravie.
• Je le dis plus mais c’est toujours d’une beauté à couper le souffle.
• Au croisement des gens m’ont annoncé 6 km, cela ne veut rien dire… Je crois toujours arriver et je n’arrive pas, les failles et leurs effondrements de route se succèdent, un ouvrier m’aide à passer un rio pour éviter de me mouiller les pieds.
• Je vais être obligée de changer de chaussures, je patine dans les zones de pente supérieure à 20% et non goudronnées, je suis obligée de faire une prise de carre (rigolez pas, c’est vrai)
• A un jeune qui attend le bus sur un banc je demande si Guican est encore loin, il me montre un point tout là haut dans la montagne, du coup je m’arrête et je pique-nique, mes ships sont pas des ships, acte manqué j’en renverse la moitié par terre, j’ai oublié que j’avais repris de l’altitude, quand j’ouvre la bouteille de coca elle explose à moitié et je m’en mets partout, je suis dans un état…
• A Guican je cherche un hôtel, cela ne manque pas, j’en choisis un, hélas il y a des travaux, ils construisent un collège, je suis obligée de prendre une rue à 45% de pente, j’ai du mal à la monter, l’hôtel de la place ne m’inspire pas, je finis par tomber sur un minuscule hôtel caché dans une rue, je suis la seule dans l’hôtel, la propriétaire habite au-dessus, j’ai donc tout le rez-de-chaussée pour moi. C’est relativement propre, l’eau de la douche est chaude à condition de ne faire couler qu’un filet, allez ça ira.
• La propriétaire est charmante et m’aide à mettre mon projet sur pied : gravir un sommet à plus de 5000 mètres, elle prend contact avec quelqu’un qu’elle me présente, et voilà tout est décidé :
◦ Départ dimanche jeep jusqu’à un refuge à 3800 mètres et marche de deux heures pour acclimatation à l’altitude, là ça fait quelques nuits que je dors à 3000, que je monte, descend, normalement ça devrait aller, j’espère, depuis ma maladie subite (et subie) je n’ai plus la confiance et l’insouciance que j’avais
◦ Lundi marche jusque 4800 mètres et bivouac, bien sûr ma tente ultratechnique est la bien-venue
◦ Mardi sommet : le Ribacuba Blanco à 5330 mètres d’altitude, point culminant de la Sierra Nevada del Cocuy et redescente au refuge, retour en jeep
◦ L’homme qui m’a été présenté s’occupe de tout, payer l’entrée du parc, retenir la jeep, me procurer les services d’un guide (bien sûr le meilleur), de la nourriture et du matériel (crampons, baudrier et casque), après vérification il me dit qu’on peut adapter les crampons sur mes chaussures, en France non, mais les exigences ici sont différentes, j’espère que ça ira, j’espère qu’il n’y aura pas de la glace vive, vu que je n’y connais rien dans cette montagne qui est très différente de nos Alpes. Selon lui il n’y a pas d’escalade techniquement difficile, ça je ne veux pas compte-tenu de mon problème musculaire je n’en fais qu’avec des gens que je connais et en qui j’ai toute confiance. J’ai vu des photos avec une falaise impressionnante mais on monte par derrière. J’ai vu aussi des stalagmites de glace impressionnantes et je n’ai pas vu le guide… Alors j’espère que la sécurité ne sera pas trop folklorique, j’espère y arriver, j’espère qu’il fera beau… Bref je balise un peu… Et on fait pas un premier 5000 comme ça, ce serait trop beau…
◦ L’homme est en fait le propriétaire d’un autre hôtel et organise des « treks », j’ai vu des photos, donc il fait pas ça en amateur, il me fait un devis que j’accepte, à mon avis il force un peu mais je n’ai pas envie de discuter, je suis leur gagne-pain, d’ailleurs dans une boutique en discutant avec des jeunes ils m’ont dit que les français quand ils venaient ici ils venaient avec leur carte et se passaient de guide, personnellement je ne pense pas que ce soit correct, mais c’est juste mon avis.
◦ Voilà la propriétaire de l’hôtel m’accompagne aussi pour changer l’opérateur de mon téléphone (qui ne capte pas plus à l’intérieur), elle me chouchoute, elle me prêtera son mètre pour mesurer la circonférence de ma roue, me fera sécher mon linge sur son balcon. Bisous tout le monde et j’attends vos encouragements francs et massifs

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J53 : une piste qui monte, longtemps, longtemps, longtemps

J53 : une piste qui monte, longtemps, longtemps, longtemps

 Mardi 15 mars 2011
Capitanejo – El Capitano
Distance parcourue : 48 km (évalués, panne de compteur)
Vmoy : lente Vmax : peu élevée
Température : de 37° a 41°, puis panne de compteur
Dénivelée positif : 1500m
Heures sur le vélo : 8 à 9 heures
Départ : 7h45 Arrivée : 6h45
Résumé de l’article : (pour ceux qui roulent ou les flemmards ou les gens normaux que mon délire n’intéresse guère ou ceux qui bossent comme des malades pour payer la retraite des vieux croulants comme moi, merci d’enlever le c)
• Objectif : El Espino
• Conditions météorologiques : ciel couvert puis soleil, chaleur (37° à 41°), j’adore
• Etat de santé : excellent, doigt stationnaire
• Degré d’euphorie : ca va, baisse avec la longueur de l’etape
• Particularités de la journée : surprise, 100 mètres après la bifurcation, une piste difficile (pierres, trous, sable, gravillons) qui ne me quittera pas. La piste remonte une vallée chaude magnifique sur de nombreux kilomètres, de rares fermes isolees, un village de huit maisons et une école, rencontre d’une dizaine de véhicules motorisés le matin et d’une piétonne, d’un piéton l’après-midi et de trois camions en fin d’après-midi. La montée finale sur le village est tres dure et tres longue. Arrivée au village à la nuit, rencontre d’un camionneur que je suis (involontairement) depuis Cucuta. Manque de boisson les trois dernières heures, vertiges, épuisement a l’arrivée.

 Ecrivant cet article en décalé, je vais aussi l’écrire en impressions fortes qui me sont restées…

• J’étais partie pour une étape difficile de 38km, je savais que la route était mauvaise, que ça montait modérément, en fait ce n’était qu’une piste difficile, il y avait 48 et non 38 km et les derniers 20 km montaient vraiment très fort, ce fut donc très difficile et une fois encore j’ai puisé dans mes réserves que je n’ai pas…
• J’adhère maintenant à la manière d’évaluer les distances ici, les kilomètres ne veulent rien dire, les temps sont beaucoup plus parlants…
• Le matin je suis prête de bonne heure, le crochet d’une sacoche s’est encore défait, je vais batailler près d’une demi-heure pour le remettre.
• La piste est difficile, mais la forte chaleur m’est favorable, j’ai trouvé un truc question vestimentaire, je ne mets plus de débardeur, seulement mon truc léger bleu, cela evite que je ne me traine des les premières minutes avec un truc mouillé sur la peau, mon truc léger a le pouvoir de flotter au vent et de vite sécher.
• Je suis obligée de m’arrêter deux fois et de décharger l’avant le frein avant freinant dans les montées, je ne peux complètement le défaire car il y a aussi des descentes (la piste descend au bord du rio, puis remonte, puis redescend), finalement je desserre le câble, le freinage n’est pas top mais quand j’ai bien cru que je n’arrivais pas à monter (et je pousse) j’étais obligée de choisir. Par ailleurs j’ai usé la semelle de mes chaussures et je patine dans les fortes pentes gravillonneuses, décidément le matériel a souffert. Ceux qui n’ont pas fait ce que je fais ne peuvent imaginer les difficultés, et amis cyclotouristes privilégiez dans votre matériel la résistance.
• Pensant qu’il y a 38km et trouvant dans le village( au kilometre 19) de huit maisons deux restaurants, je fais une pause de trois quarts d’heure, je sympathise avec la dame du restaurant qui vit seule, doit avoir mon age et dont les deux fils sont à Bogota, quand je vais aux toilettes je vois qu’il n’y a pas d’eau courante.
• Au kilomètre 28 mon compteur tombe en panne (hier j’ai vu que c’était la pile, j’ai réussi à tout rerégler sauf la circonférence des roues), sans compteur j’évalue mal comment doser mes efforts, c’est psychologique mais c’est très important, la piste de temps en temps franchit le rio puis s’élève au-dessus, cette vallée chaude est vraiment sublime.
• La piste est par endroit si étroite que l’un des trois camions qui m’a doublée (au passage je me demande comment ils font, y-a-t-il des heures de montée et des heures de descente, se téléphonent-ils, communiquent-ils par radio ?) n’a pu le faire bien que je me sois rangée au plus près coté montagne, il a du attendre que j’arrive à un endroit où c’était moins étroit.
• Dans cette vallée perdue j’ai quand même vu une maison avec piscine ( eau verdâtre non filtrée).
• Arrivée au bout de la vallée la piste s’élève dans la montagne puis en suit le flanc et continue à monter pour atteindre le tout petit village del Espino.
• A l’entrée du village 3 camions sont sur un parking, le chauffeur de l’un d’entre eux se dirige vers moi, nous nous reconnaissons mutuellement, nous nous sommes déjà salués dans le paramo. Il suit la même route que moi (si on peut appeler ca une route, il m’a repéré depuis Cucuta, quand je lui dis qu’il me suit, il me répond que c’est moi qui le suis, il a raison, il arrive toujours avant moi, il n’empêche qu’en fin de compte nous mettons le même nombre de jours. Il appelle ses collègues, reinterview, refélicitations, j’abrège un peu, je ne tieins plus debout, j’ai des vertiges. Il me conseillent l’un des deux hôtels.
• J’ai rempli une gourde d’une eau jaunâtre que j’ai pastillée mais je la réserve pour si état de déshydratation avancée.
• Le temps que l’on appelle le propriétaire de l’hôtel je bois un sprite et un sevenup, une douche froide comme d’hab, mais il ne fait pas très froid, je mange et hop au lit.
• En conclusion immense beauté, très, très loin de tout, les deux dernières heures furent très difficiles, mais voilà, j’y suis arrivée, bisous tout le monde.
• Note de l’éditeur la cyclo vient de réussir à régler son compteur avec la dimension exacte de la roue et à la bonne altitude, qui dit mieux ? La cyclo recommence à avoir mal au genou, son bracelet magique s’est détérioré, qui lui en fait parvenir un autre ? La cyclo vient d’apprendre ce qui s’est passé au Japon est en est toute retournée.
• Bisous tout le monde

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J51 en images, mise a jour du 18 mars 2011

Adieu Cerrato

Adieu les enfants

Adieu le marche

Bonjour uno descumbre

Travaux titanesques pour tenter de securiser la route et desenclaver le village

Panneaux aussi grands que la route est petite

On flane, on prend des photos

On ne se trompe pas a la biurcation

Faudrait peut-etre arreter de prendre en photos tous les eboulements…

Une avalanche, c’est nouveau ca…

En fait ce sont les cours d’eau grands ou petits qui debordent

Comme celui-la par exemple

Malaga, charmante petite ville

Des fois qu’on aurait oublie que les pierres ca peut tomber

Qui a pose la pierre la-haut ?

Quand meme c’est trop beau

Un rio

Trop beau

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J52 : la gringaletta a sévit…

J52 : la gringaletta a sévit…

Lundi 14 mars 2011

Capitanejo – un endroit dans une montagne sur la route 5-3 – Capitanejo

Distance parcourue :   23,26 km dont 11, 63 de montée

Vmoy : 7,5 km/h  Vmax : 31,5 km/h

Température : 29° départ°, en cours :31°, arrivée : 37°

Dénivelée positif : 353m dénivelée négatif : 398m selon compteur (expliquez-moi la différence, point de départ = point d’arrivée)

Heures sur le vélo : 3H04’51 »

Départ : 8h30 ou 9h

Arrivée : franchement je sais pas

Résumé de l’article : (pour ceux qui roulent ou les flemmards ou les gens normaux que mon délire n’intéresse guère ou ceux qui bossent comme des malades pour payer la retraite des vieux croulants comme moi, merci d’enlever le c)

  • Objectif : El Espino
  • Conditions météorologiques : ciel bleu d’enfer, chaleur (30° à 37°), j’adore
  • Etat de santé : excellent, doigt stationnaire
  • Degré d’euphorie : va de pair avec le soleil et la magnifique petite route de montagne
  • Particularités de la journée : je suis montée exactement sur la montagne en face de celle sur laquelle je voulais aller, oui j’ai lu ma carte à l’envers, enivrée par la beauté du paysage, le soleil d’enfer (qui n’a pu me taper sur la tête, j’avais mis ma casquette) je ne me suis rendue compte de mon erreur qu’après 12km de montée et deux heures de pédalage

Je vais vous la faire courte vu que demain 38km de montée et rien pendant, je veux partir tôt, alors en vrac :

  • Ce matin la proprio elle a cru bon de nettoyer le jardin (pas netoyé depuis 6 mois sous mes fenêtres, juste il était six heures, si je ne me mets pas à l’heure d’ici, je vais souffrir
  • Soleil d’enfer, température élevée j’adore
  • Route à 4 voies sans personne qui se transforme en piste après 1km
  • Traversée du pont, là est l’erreur, virage à droite, erreur, j’ai lu ma carte à l’envers (en fait je ne l’ai pas lue, ai juste suivi les indications données mais je savais dans ma tête qu’il fallait bifurquer et comme je vais vers le sud si c’était à droite c’est que c’était à gauche), ne m’en suis aperçu que 12km de montée plus loin, tout d’un coup je me suis dit le rio est en bas à gauche, il devrait être a droite, j’ai regardé ma carte et ai compris mon erreur, ai essayé de la rectifier avec la boussole des chamois, elle a pas voulu, ai arrêté une des rares motos qui passaient, ils ont aussi confirmé, ai essayé de leur faire dire que je pouvais rattraper par la petite piste en face, zon pas voulu
  • Bon, j’ai fait demi-tour, suis allé manger à un des trois restaurants sur le bord de la route (d’ailleurs des restaurants au milieu de nulle part, je me suis dit c’est la route de Cocuy, Cocuy c’est quand même une Sierra Nevada), la raison d’être de ces restos : manger de la chèvre, donc j’ai mangé de la chèvre, bof
  • Tout le long de la montée je me suis dit il faut absolument que je dise à Jean-Luc de passer par là, c’est vraiment trop trop beau, la montagne suisse vert émeraude avec des cactus, c’est chouette quand même et une vue sur des montagnes partout et personne
  • Alternance de parties goudronnées cassées, de piste sableuse et caillouteuse
  • Personne, enfin pas grand monde
  • Dans une maison isolée des hommes en tenue militaire, militaires ou farks ? En tous cas ils n’ont pas voulu s’embarrasser de moi, j’allais les perdre
  • J’ai fait peur à un petit veau, il a couru avec une touffe d’herbe qui pendait de sa bouche, c’est une zone de pâturage libre à respecter
  • J’ai profité un max
  • J’ai regardé les trois jeunes sauter dans le rio
  • J’ai découvert Capitanejo sous un autre jour, village sympa, beaucoup de commerces, gens sympas, je suis connue de tous
  • J’ai acheté deux pinceaux pour nettoyer mon vélo, que j’ai renettoyé (re deux heures)
  • J’ai resserré mes deux freins en m’attaquant au serrage du frein là où il y a le câble (de toute façon je ne pouvais plus continuer comme cela) et ai réussi, même qu’à l’avant j’ai du réfléchir vu que le porte-sacoches empêche l’accessibilité de la clé Allen et j’y suis arrivée
  • J’ai blablaté avec les enfants de l’hôtel, les ai aidés à faire leurs devoirs et leur ai appris quelques mots de français et eux m’ont aidé pour l’espagnol
  • J’ai appris un nouveau mot très important : trucharse, se tromper
  • J’ai rigolé avec un petit de trois ans sur le cri des bêtes en espagnol et en français
  • J’ai pu trainer à loisir sur le net
  • J’ai rattrapé mon retard sur les photos
  • J’ai vu que pour le change je ne devais pas diviser par 2000 mais par 3600, donc presque double ration de chocolat
  • Les moustiques me réattaquent malgré la vitamine B et la crème repelente
  • J’ai une petite fille d’adoption, là c’était au resto
  • J’ai fait la connaissance d’un moto-taxi, donc les renseignements sur la route sont sûrs
  • Je vous ai fait vivre une nouvelle aventure et vous devez bien rigoler
  • J’ai sympathisé avec les proprios de l’hôtel
  • J’ai repéré la route pour demain
  • Et c’était beau, beau, beau, et j’ai monté presque tout en pédalant, sauf après le dérapage non contrôlé
  • Je vais quand même faire un stop de trois jours à Guican pour repos et réaclimatation à l’altitude, oué j’ai des trucs en tête
  • Je n’ose plus me servir de mes gourdes malgré nettoyage, désinfection aux pastilles, séchage, je crois que je vais acheter de l’eau de javel les mettre dans un de mes sacs poubelle et laisser tremper une nuit, je suis sûre que c’est ça qui m’a rendu malade, je sais pas si vous avez écouté la vidéo, j’étais en pleine forme, une demi-heure après par terre, en tous cas suis plus prudente sur ma nourriture, je jette mais tant pis
  • Toutes mes affaires sont sèches, y a pas j’aime la chaleur, qui a inventé le moins 0,7° tous les 100 mètres ?

Bref ce fut une journée d’enfer, j’ai adoré, juste j’ai un peu gaspillé les globules rouges si durement acquis, vais retourner en faire, c’est vrai que je ne suis pas encore arrivée à Ushuaïa, mais je ne suis pas venue là pour faire des chronos, et les gens me disent que je suis très forte de passer où je passe, donc peut-être ne suis-je pas si nulle que ça, et même si je le suis tant pis, et j’adore la Colombie.

Bisous tout le monde

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16 mars 2011 : nouvelles breves

Bonjour tout le monde
Trop genial j’ecris et il ne sort que du blanc
Espero, espero, espero…
Ici latitude 06degres 27 minutes 30secondes
 longitude 72 je sais pas quoi 25 je sais pas quoi
 2903 metres d’altitude
Guican, petit village de 1000 habitants dans la Sierra Nevada del Cocuy, ai vu la neige…
Suis a nouveau epuisee, hier tres dure journe 50km de tres mauvaise piste, 1500 metres a monter, depart 7h45, arrivee :18h45 et les 3 dernieres heures plus rien a boire
Aujourd’hui moins difficile : ai retrouve une route en mauvais etat, gravi que 1000 metres

Mon projet  :
Je reste ici 3 jours et me repose
Demain je vais en bus a El Cocuy pour passer a la banque
Vendredi je vais a la station service soigner mon velo
Samedi je ne fais rien

Et apres je ne voulais pas le dire mais vu que j’ai tout organise, je le dis, j’ai un projet grandiose :
Dimanche depart 8heures de l’hotel en jeep, on rejoint un refuge a 3800m, marche de 2 heures et nuit d’acclimatation
Lundi depart 7 heures, bivouac a 4800 metres
Mardi depart 6 heures, objectif ascension del Ritacuba Blanco, 5300 m, le plus haut sommet de la Sierra Nevada del Cocuy, le guide me fournit crampons baudrier et casque, espere y arriver, j’ai perdu de ma confiance en moi depuis l’episode de la maladie subite a mourir, bon j’espere y arriver, je vais bien me reposer et bien manger et bien dormir.

Attention, j’ai un nouveau numero de telephone : 3108764238
Celui la devrait marcher, j’ai change d’operateur et j’ai du reseau

Pas de photos le temps de la sierra nevada, internet est tres difficile ici,

Autre nouvelle importante, la region est entierement securisee par l’armee, donc pas de crainte a avoir. Et c’est calme depuis 5 ans, avant la population a souffert

Voila bisous tout le monde, et vos encouragements sont attendus
Desolee, vous n’aurez pas les autrs pages, le connexion est vraiment trop difficile ici

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J50 Eboulement sur la route

Parfois une vidéo vaut mieux qu’un long discours…

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J51 : une vraie journée de cyclotourisme

J51 : une vraie journée de cyclotourisme

Dimanche 13 mars 201

Cerrato, petit village andin inexistant sur les cartes – Capitanejo

Distance parcourue :   58,03 km dont 9 de montée

Vmoy : 11,9 km/h  Vmax : 36,6km/h

Température : 21° départ°, en cours :36°, arrivée : 28°

Dénivelée positif : 383m dénivelée négatif : 1708m selon compteur

Heures sur le vélo : 4H50’47 »

Départ : 10h00

Arrivée : 16H30

Résumé de l’article : (pour ceux qui roulent ou les flemmards ou les gens normaux que mon délire n’intéresse guère ou ceux qui bossent comme des malades pour payer la retraite des vieux croulants comme moi, merci d’enlever le c)

  • Objectif : Malaga ou plus loin selon la route, la forme
  • Conditions météorologiques : ciel bleu d’enfer, puis petits nuages, puis petit vent frais, puis je gagne en température, un fort coup de vent tiède de face vent, en gros excellentes conditions
  • Etat de santé : bon
  • Degré d’euphorie : va de pair avec le soleil et la magnifique petite route de montagne
  • Particularités de la journée : j’ai perdu 3000 mètres en deux jours, donc j’ai gagné en température, le climat est moins rude, une petite route de montagne superbe, d’abord en mauvais piste, puis route neuve déjà cassée par les éboulements, puis route en état moyen, quasi absence de circulation, un paysage de rêve, très varié, une halte resto à Malaga très bonne, retraversée d’une petite coulée de boue qui anéantit plus de deux heures de nettoyage de vélo, une dernière petite montée avant Capitanejo.

Donc aujourd’hui je me la joue cool… Je n’ai pas été réveillée à 5H30 par les camions vrombissants ou klaxonants vu que l’hôtel est à l’écart de la route, je n’ai pas non plus été réveillée par les voisins, vu que l’hôtel a pour clients des gens qui travaillent et nous sommes samedi, je n’ai pas été réveillée non plus par toute une famille qui dit bonjour à la vie vu que la propriétaire est célibataire, d’origine vénézuelienne (que je connaisse sa ville natale Barquisimeto tisse des liens), je n’ai pas non plus été réveillée par la télé qui crie, bref j’ai fait la grasse matinée jusque 6h45, puis j’ai trainé, rangé mes affaires tranquilos, fait sécher mon linge au soleil sur la rambarde, après j’ai parlé avec les enfants qui m’ont dit que c’était dimanche et que je devais me faire « une petite journée », il faut toujours écouter les enfants.

Alors je pars il est 10 heures pile, l’église voisine a un carillon de ferraille, trop drôle.

Le soleil brille.

La route commence par la mauvaise piste très caillouteuse que j’ai laissée la veille, puis de temps en temps est goudronnée, les ouvriers, bien que l’on soit dimanche y travaillent, ils font des travaux titanesques pour essayer de désenclaver ce petit village andin de 8000 personnes qui m’a beaucoup plu. En partant ce matin je remarque qu’il y a beaucoup de policiers ou militaires en tenue de camouflage armés jusqu’aux dents, la place du village est aussi très animée, un grand marché est installé. Je demande aux policiers si ils sont là tous les jours ou parce que c’est dimanche, ils me répondent que c’est parce qu’on est dimanche, je demande si c’est parce que les hommes boivent beaucoup, ils me disent que oui. Je ne suis pas sûre de la véracité de leur réponse car à la sortie du village il y a un contrôle de police très sérieux, systématique avec fouille au corps, moi évidemment je ne les intéresse pas. Les colombiens sont très fiers de leur pays et de la sécurité qu’ils offrent, l’épisode de la guerilla, ils veulent l’oublier, et de parler d’Ingrid Betancourt les blesse (au moins ceux avec qui j’ai discuté), alors est-ce que ces policiers-militaires sont là pour éviter tout nouvel incident avec les Farks ? Je ne sais. J’en profite pour renouveler mes dires, je me sens en totale sécurité dans ce pays et en plus c’est un pays magnifique, vraiment magnifique. Je prends en photo le panneau indicateur qui est aussi immense que le nombre de pierres et de trous sur la piste. J’ai d’ailleurs remarqué que sur la piste sur laquelle je suis maintenant depuis plusieurs jours les panneaux indicateurs ne manquent pas. Il faut souligner l’effort que fait la Colombie pour son infrastructure routière, engageant des travaux titanesques, et à peine la route est-elle construite qu’elle est détruite par des « descumbre », des failles géologiques, et maintenant, c’est nouveau ça : des avalanches. En fait ce sont les eaux, petits torrents ou grands rios qui emportent tout sur leur passage. Je suis fascinée par cette montagne qui est au-delà de tout ce que l’on peut imaginer par sa taille, sa hauteur, ses forces destructrices, son climat rude et changeant, sa beauté qui vous remue, bref c’est grandiose.. Je ne vais pas pousser une seule fois de la journée, magique non ? La route neuve est faite de plaques de ciments à double pente et rainurée pour permettre l’écoulement de l’eau, elles très agréable à rouler, pas de frottement, pas de bruit, hélas par endroit elle est déjà cassée. Je suis surprise par la montée, pense d’abord que ce n’est rien, juste la configuration du terrain, mais non ça va monter pendant 6 km, ça va je tiens le rythme sauf lorsqu’un cycliste me rejoint et me parle un peu, je parle un peu et je lui dis que ce n’est pas possible, pédaler en montant et parler, il va m’attendre en haut de la montée, puis m’accompagnera jusqu’à Malaga et me dira où se trouve la place, ses restaurants et ses hôtels, au passage il se fera charrier par un de ses copains qui lui dit qu’il va chercher loin ses copines, comme maintenant je comprends beaucoup de choses, des fois je me marre…Je fais deux fois le tour de la place avant de me décider, je me fais aborder par un mec qui ne me plait pas, je le jette. Mon choix s’avérera excellent, j’ai des renseignements sur la route, ça descend, il faut aller jusqu’à Capitanejo, mais attention c’est une ville chaude, difficile d’expliquer que moi j’aime les villes chaudes. De toute façon dans ce pays il y a les villes chaudes et les villes froides, et évidemment chacun n’habite ni dans l’une ni dans l’autre…. Je mange donc très bien, essaie de trouver une bouteille de limonade en plastique, je dis que je veux un truc bien sucré et vais me retrouver avec un truc 0%, bahhhhh, heureusement j’ai acheté des bonbons, que je vais sucer toute la descente, des bonbons bien chimiques, bien acidulés, miam, et avec du vrai sucre. La végétation de montagne et de résineux va se mêler à la végétation tropicale, puis devenir plutôt chaude et sèche avec des cactus, des zones érodées, je rejoins une très large vallée avec un immense rio à plusieurs bras qui évidemment par endroit a emporté la route, je me régale un max, personne sur la route, un paysage d’enfer et en plus ça descend, juste je crains un peu pour mes freins, je me dis que compte-tenu de la descente hier dans les pierres où j’ai du freiner tout le temps et celle d’aujourd’hui où je suis obligée de freiner presque tout le temps aussi (derrière chaque mètre de superbe route se cache une faille, un éboulement, une avalanche, des pierres, des trous, alors je ne vais pas trop vite, mes freins font un drôle de bruit, et surtout ils se ramollissent, je me dis que je vais devoir tout resserrer et que mon super réglage va être à refaire, ou pire que j’ai bouffé tous les patins de frein, et honnêtement je suis un peu loin de tout. A l’arrivée je réussirai à resserrer un peu mon frein arrière sans tout dérégler et les patins ne me paraissent pas complètement usés. J’espère que ça va tenir jusque Bogota ou peut-être Tunja. Je croise de superbes cheminées de fées qui surplombent au-dessus de la route, j’espère que certaines n’attendent pas mon passage pour tomber, je vais garer mon vélo un peu plus loin, je serai plus à l’aise dans mes mouvements si ça parpine et je reviens les photographier, trop beau. Le vent de moyen devient fort puis excessivement fort, je suis ravie que la route soit déserte, ainsi je peux continuer à pédaler (d’ailleurs malgré la descente je dois pousser sur les pédales, l’avantage c’est que j’épargne mes freins et soudain que vois-je ? Le rio qui allait dans mon sens va en sens inverse, je vais devoir remonter une vallée, et moi qui traînasse, qui me fait ma journée cyclo tranquille, avec pause photos, pause resto, si je continue je vais devoir pédaler la nuit, et la nuit dans les pierres, les trous, les morceaux de route effondrée, non j’ai déjà fait une fois. Bivouaquer ici ? Impossible à droite le rio furieux, à gauche la montagne qui part en morceaux, donc je ne traîne pas, ouf la montée ne dure que 4km et j’arrive : je me renseigne sur l’hôtel, je ne vais plus au premier (que je ne vois pas d’ailleurs), donc ce sera le troisième (petit aparté :ceux qui disent dans forum voyages qu’ils ont traversé tout la Cordillère des Andes sans voir un seul moustique il faudra qu’ils m’expliquent par où ils sont passé et à quelle saison, car dés que tu descends en-dessous de 1200 mètres, pour peu qu’il ait plu et qu’il fasse chaud il y en a un qui traîne, c’est le cas ce soir, et la route elle fait que ça monter à 4000 ou pas loin, redescendre à 1000, alors amis cyclozandistes prenez quand même vos précautions : couvrez vous, crème solaire avec vitamine B, avaler de la vitamine B, répulsif efficace  et la petite prière du soir, voilà je viens peut-être de sauver la vie d’une personne). J’en étais où ? L’hôtel, la femme me propose une chambre au deuxième étage, je lui demande si elle n’en a pas une au premier car j’en ai marre de monter tout mon bazar, elle me propose une chambre au rez-de chaussée à la propreté douteuse mais luxe suprême je peux pendre mon linge dans le patio (oui j’ai deux obsessions, manger et faire sécher mon linge et dans une chambre humide à 13°, ce qui n’est pas le cas ci, il fait 28°, ça ne sèche pas (oh la ça attaque dur, je me reprotège). Autre aparté, et là je m’adresse plus particulièrement à mon amie Françoise, qui d’ailleurs a gagné un article spécial pour être le 4000ème visiteur, cet après-midi il a fait chaud, je me suis donc découverte (sauf le dos, là ce n’est plus possible), je me suis crémée et mon doigt qui traine m’a gênée, ce qui veut dire qu’il ne trainait pas avant, je n’ai pas de douleur si je ne bouge pas, l’articulation est toujours gonflée, la flexion P2-P3 douloureuse, l’extension impossible, ton verdict ? Ton frère peut me réparer ça dans un an ? Je ne vais pas revenir pour un bout de doigt qui traîne. Puisque l’on est dans la santé Paramo = ? égal nez cramé lèvres gercées. Ce soir resto dégueulasse mais mangeable poulet rôti sec pommes de terre vapeur pas bonnes, oui c’est possible, mais il me restait quelques douceurs. Cette ville ne me plait pas, peut-être est-ce que c’est parce que c’est dimanche soir, les hommes trainent, boivent, la ville est sale, des laissés pour compte ont un regard inquiétant.

Sinon ce fut une vraie journée de cyclotourisme. Demain je me dirige vers Guican, qui est la sœur jumelle de Cocuy, qui est plus adaptée pour aller titiller les 5000 (vous comprenez que j’ai quelques projets derrière la tête mais motus et bouche cousue et puis je ne fais que du faisable, je ne mets pas ma vie en danger et ne la confie pas non plus à n’importe qui, donc je vais voir et j’aviserai), j’y vais en une ou deux étapes selon la route, le dénivelée à faire, c’est bien gentil de descendre 3000 mètres, sauf qu’il faut les remonter, il faudrait peut-être leur dire aux colombiens qu’il y a un truc génial qui s’appelle les tunnels…

Ce sera trois vu qu’aujourd’hui je me suis trompee de montagne… J’entends deja Pierre me traiter de gringaletta, sauf qu je viens de rereparer mes freins, la il va falloir deja que je rechange les patins, et puis si je ne m’etais pas trompee je n’aurai pas eu la superbe journee d’aujourd’hui, je n’aurai pas apris un nouveau mot, trucharse, je ….etc, etc

Allez ce fut une vraie journée de cyclotourisme…

Besos à todos

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J50 en images

Patience, plus tard

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J50 : touchee mais pas coulee, suite

J50 : touchée mais pas coulée

Samedi 12 mars 2011

El Presidente – Cerrato, petit village andin inexistant sur les cartes

Distance parcourue :  28,97 km dont 12 de montée

Vmoy : 6,4 km/h  Vmax : 22,6km/h

Température : 13° départ°, en cours : 21°, arrivée : 15°

Dénivelée positif : 275m dénivelée négatif : 1311m selon compteur

Heures sur le vélo : 4H28’45 »

Départ : 8h00

Arrivée : je sais pas

Résumé de l’article : (pour ceux qui roulent ou les flemmards ou les gens normaux que mon délire n’intéresse guère ou ceux qui bossent comme des malades pour payer la retraite des vieux croulants comme moi, merci d’enlever le c)

  • Objectif : passage du col à 4000 mètres d’altitude puis Cerrato ou Malaga
  • Conditions météorologiques : ciel bleu d’enfer, puis petit vent glacial et bien sûr atteinte du col dans le brouillard
  • Etat de santé : pourrait être mieux, pourrait être pire
  • Degré d’euphorie : physiquement dur, paysage d’enfer

Particularités de la journée : montée d’un col à 4000 mètres au milieu des frailejones par une piste, pas la grande forme, descente sur une piste caillouteuse technique, arrivée dqns un village typiquement indien

Les personnes qui ont dormi ici se lèvent vers 5H30. Moi je reste dans mon duvet, je vais mieux mais ce n’est pas la super forme. Au bout d’un moment je vais voir ce qui se passe dehors : grand ciel bleu, je ne peux rater ce créneau, la température à l’intérieur est glaciale, de l’autre coté de la route où d’ailleurs quatre femmes prennent le soleil il fait bon. Je mets mon short au soleil pour le faire sécher. Je transporte mon vélo au soleil, je charge au soleil, arrive à boire un peu de sevenup et à manger une brioche à la confiture, je m’élance sur mon vélo, j’essaie un coup, je n’y arrive pas, deux coups pareil, je pousse. Lentement, sûrement je vais ainsi grimper le col, quelque rares voitures, camions ou bus me croisent. Il y a une piste en bas qui permet d’éviter l’éboulement. C’est ainsi que je vais rencontrer des gens qui m’ont aider à passer mon vélo, quelqu’un qui m’ a vu à Calcuta, quelqu’un qui me donnera des berlingots d’eau, quelqu’un qui me donnera des trucs à la noix de coco trop bons. Plusieurs chantiers sont ouverts sur la piste, pour évacuer les éboulements ils transportent boues et pierres plus loin et construisent un mur de béton pour sécuriser la piste. Le paysage est grandiose, la montagne est déserte, une immense cascade jaillit à un des rares moments où je pédale, tant pis pour la photo, les frailejones sont à nouveau là, signe que j’ai gagné en altitude, le vent s’est levé, il est glacial et me transperce. Au seul croisement une voiture me double et me dit de prendre la piste de droite qui va à Cerruta et Malaga, l’autre va se perdre très loin dans le paramo, mais vu les pentes à 20 % que je vais avoir je vais le maudire, pensant qu’il m’a fait prendre un mauvais raccourci, suis même tentée de faire demi-tour, il faut dire que je peine vraiment, mais l’autre route n’ayant jamais rattrapée celle-là, je me dis qu à cette heure je serais peut-être perdue dans le Paramo, ma tente et mon duvet moins 3( m’auraient sauvée…Sous l’effet du soleil la température va grimper à 22° puis rapidement redescendre à 11°; Au col, rien, personne, je suis seule, pour seuls compagnons une montagne âpre, les frailejones, le vent , le froid et ??????????? le brouillard, oui le créneau-soleil est terminé. Ici les gens le savent bien, hier lors de l’éboulement ils m’avaient dit que ça allait me mettre en retard pour passer le col et que j’allais être juste. Aujourd’hui j’ai été juste, mais je suis passée. Alors a commencé une longue descente très difficile, mauvaise piste pleine de cailloux, très technique, je ne raffole pas du VTT, et du VTT chargé encore moins, j’ai encore le souvenir du Mexique où je venais de dire « heureusement qu’on a l’habitude de faire du VTT » quand une pierre plus grosse qu’une autre m’a fait chuter, je n’ai pu r mon pied du cale-pied, suis tombée de tout mon poids sur le genou gauche et là encore j’ai du appliquer mon traitement de choc, quand même je n’ai pas pu pédaler pendant deux jours. Donc je suis hyper prudente, je freine beaucoup, pense que je vais encore y laisser quatre patins de frein. Surprise je suis doublée par un vététiste, nous avons été tellement surpris tous les deux que c’est à peine si nous avons eu le temps de nous saluer. Je descends dans un paysage superbe, plutôt vert foncé, très différent de ce que j’ai vu. Je croise quelques indiens, certains à cheval, des chiens aussi, alors les chiens colombiens : inoffensifs, seul un m’a couru après, je lui ai crié dessus, il a aussitôt cessé sa course. Je dépasse quelques maisons, j’arrive à un village très différent de tous ceux que j’ai croisés, la population est exclusivement indienne, à l’entrée du village un homme fait sécher des gousses d’ail, je demande si on est à Cerruto, oui, je ne fais pas l’erreur de m’arrêter au premier hôtel (enfin je ne sais pas) on m’envoie à l’hôpital, non l’hôpital c’était hier. J’arrive à un hôtel qui paraît nickel, il l’est sauf les draps pas changés depuis des mois et l’eau annoncée chaude qui est froide, mais la femme me laisse l’usage de sa cour carrelée et de l’eau pour laver mon vélo, après être passée dans 20cm de boue , ce n’était pas du luxe, je vais encore passer deux bonnes heures à la toilette de madame, un âne demande moins de soins et serait mieux adapté… Donc douche froide, je suis gelée, mains paralysées, je ne prends pas le temps de faire la technique réchauffage, je cherche un point internet, il n’y a que des femmes, rapidement nous sympathisons, le net rame, je leur montre des photos du village de l’autre coté du col, elles sont ravies, échange de mails, photos, elles m’offrent des bonbons, c’était sympa, je vais manger dans le restaurant du premier hôtel, je ne peux manger ni les pommes de terre sautées ni le steak, trop le goût huile de vidange, je vais bientôt arriver à 48 heures sans manger, ouf sur la place il y a un stand d’objets artisanaux et de douceurs, je fais une trop petite provision, c’est très bon tout ça, et voilà,le premier col à 4000 mètres s’est passé sans problème, celui-là a été très dur…

Bisous tout le monde

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J49 en images : touchee mais pas coulee

Concentration du depart

Quand meme on rigole

Partie

C’est quoi ca ? Un embouteillage ?

Pas grave un bus en travers qui a un truc sur sa roue

Euh non, c’est plus grave il y a une coulee de boue

Y a aussi une grosse pierre

Oh la la mais c’est que les pierres arretent pas de tomber

Alors la c’est tres tres grave, un camion est pris au piege dans l’eboulement et plus personne ne peut passer

Vraiment grave, ouf, le chauffeur est indemne

Le camion lui a vraiment recu

Tout cela merite reflexion

On garde le moral

Inspection pour etat des lieux et conduite a tenir

Je veux faire passer la bicyclette

En avant toute on y va

Le deuxieme oeil (pour les chutes de pierres)

Quand meme c’est dur

La video est trop grande, je vais la refaire, patience, ca vaut le coup, meme que ca commence a devenir dur d’inventer un nouveau truc chaque jour… Besos

 

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