J67 : je pensais tracer… je vais grimper…

J67 : je croyais tracer… je vais grimper

Mardi 29 mars 2011

Tunja – Villapinson

Distance parcourue : 53,47 km

Vmoy : 9,1 km/h Vmax : 51,7 km/h

Température : départ 13°au départ, va sdifficilement atteindre 2&° puis redescendre à 13°. Un peu de pluie pas méchante

Dénivelée positif : 741m

Dénivelée négatif : 885m

Heures sur le vélo : 5H19’21 »

Départ : 7 heures

Arrivée : vers 17 heures 30

Résumé de l’article

  • Objectif : Peut-être Bogota (mais renseignements faux…)
  • Conditions météorologiques : couvert, des rayons de soleil dans les montées, un peu de pluie pas méchante
  • Etat de santé : excellent (doigt toujours pendouillard)
  • Degré d’euphorie : le séjour à Tunja m’a fait beaucoup de bien, j’ai fait ce que je voulais (bicyclette et chaussures), Tunja est une ville superbe, et j’avis une chambre tempérée, tous mes vêtements sont secs
  • Particularités de la journée : je croyais tracer sur une autoroute sans dénivellée, le plus souvent pas d’autoroute, travaux, Bogota deux fois plus loin que prévu, plein de collines et deux cols à monter, arrêt le soir dans un hôtel sordide

Article écrit en décalé, donc que les points importants, ce qui est triste dans un si grand voyage c’est qu’il se passe tellement de choses que chaque nouvelle aventure efface l’autre, les journées n’ayant que 24 heures, je crois que je vais procéder différemment et n’écrire que les points importants, je reprendrais l’écriture en rentrant…

Donc points importants :

  • J’ai décidé de prendre l’autoroute, de ne pas prendre encore un chemin de traverse, sinon jamais je ne serai en février 2012 à Ushuaïa. Tunja étant la ville la plus haute de Colombie (près de 3000 mètres je me dis que je vais descendre, donc tracer un max. je me dis même que je peux atteindre Bogota aujourd’hui, un des réceptionnistes de l’hôtel m’ayant dit que Bogota n’était qu’à 75 km, il s’est juste trompé du simple au double, si les colombiens se mettent à être comme les vénézueliens et racontent n’importe quoi…
  • Autopista et descente et que 75km = je trace et j’atteins Bogota ce soir…
  • Et bien non… D’abord ce n’est pas une autoroute… Ensuite je vais devoir grimper mille collines, et derrière une colline une autre colline…
  • Et puis je rejoins l’autoroute qui est soit en construction, soit en réparation avec arrêt de la circulation, ce qui a l’avantage de réguler celle-ci, je suis gênée pendant 10mn et après suis seule sur l’autoroute, celui qui m’a dit que c’était une autoroute jusque Bogota il a tout faux, quand je pense que j’ai failli éviter une autoroute qui n’en était pas une… C’est la même personne qui soit-disant connaissait bien la Colombie, qui soit-disant avait été jusqu’en Patagonie en stop qui m’a dit qu’après Nieva c’était extrêmement dangereux, qu’il y avait la guérillera, cette personne m’a aussi dit qu’il y avait un col à 4800 mètres à passer, là c’est peut-être vrai, l’altitude de base étant aux alentours de 3000 mètres, forcement quand on monte on va haut. Pas grave, je suis maintenant totalement rassurée sur ma capacité à supporter les hautes altitudes et suis bien adaptée. Il faut dire que cela va bientôt faire 15 jours ou plus je ne sais plus que je me balade à 3000 mètres ou plus, avec des montées et descentes , donc je suis adaptée et ma maladie d’El Presidente c’était vraiment une intoxication au coca avec mes transvasements, suis maintenant très prudente là-dessus, ai réussi à remplacer la bouteille en cause, ai acheté une brosse à dents pour la laver soigneusement, la faire sécher n’est pas évident… J’écris dans ma chambre à Bogota, il y a une lumière sur la montagne où je suis allé ce matin fabuleuse… 17h38, le soleil se couche… Ce soir ce sera pique-nique dans la chambre, cela me coute plus cher mais j’ai envie d’un peu de cocooning et de ne pas sortir et je me suis acheté un énorme avocat, y a pas ils sont bons ici…
  • Ah oui, je voulais tracer et bien je me monterais deux cols qui doivent bien avoisiner les 3500 mètres, vu que je ma balade à 3000 mètres
  • Je vais passer un immense péage en construction sur une autoroute déserte… Depuis j’ai appris (vrai ou faux ?) que les États-Unis financent les routes de Colombie en échange de leur pétrole, je ne sais pas, ce pays me déconcerte, réflexions personnelles dans un autre article… Je regarde, je parle, j’écoute, je vais même voir des expos de photos sur l’histoire de ce pays, je me pose des questions…
  • Je vois un panneau de signalisation qui indique un paramo, moi je ne m’engage pas dans un paramo en fin d’après-midi, je cherche à m’arrêter, je réfute deux hôtels au bord de la route, d’abord il faut soit prendre un « retorno », 800 m non plat (je rappelle que le plat n’existe pas dans ce pays, et je sais pas combien pour revenir, ou traverser l’autoroute, ça je commence à avoir l’habitude, mais franchir le terre-plein central c’est dur, et puis je pré ferre aller dans un village, ce sera Villapinson…Qui me fera déchanter…
  • En attendant mon doigt est triste, ma main aussi j’ai l’impression qu’elle s’atrophie de plus en plus
  • Rencontre de chevaux…
  • La route-autopista-route est à tout le monde, y compris les enfants…
  • Plusieurs zones de neblina, je ne sais pas ce que c’est, peut-être le brouillard. Quand à la « bascula », ce n’est pas une barrière comme je le croyais, mais vraiment la pesée des camions
  • Comme je fais aussi du tourisme je m’arrête à Puente Boyaca qui est un haut-lieu historique de la Colombie, c’est là que Simon Bolivar le « Gran Libertador » arrêta les espagnols en 1819.
  • Horreur dans mon énorme avocat il y avait une bête qui ressemble à un bébé serpent à sonnettes, j’en ai mangé la moitié, de l’avocat, j’espère pas un serpent à sonnettes entier, je l’ai bien enfermé dans un sac en plastique avant de le jeter à la poubelle de peur qu’il ne vienne me mordre cette nuit, les spécialistes dites-moi ce que c’est et si je dois m’inquiéter style parasite qui vont te bouffer de l’intérieur… Finalement ships chocolat c’est pas mal…

Bisous tout le monde

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J66 : Tunja, la belle Tunja, en attente

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Formes et couleurs…

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Mercredi 30 mars 2011 : nouvelles breves je suis à Bogota

Oué j’ai tracé un max, partie à 6h45, arrivée dans la chambre à 18h30, près de 8 heures sur le vélo, 102 km, 32 ; de 8° à 22, Vmoy :12,8, Vmax : 51, 6 et surtout 30km de mégapole, faut être abuela cyclotouriste ou s’appeler Françoise ou être fêlé, mais fêlé de chez fêlé pour faire ça, vachetement plus dur que naviguer à vue dans les crevasses sans vue ou d’affronter pluie, éboulements, ou de monter à 5300 mètres mais suis super heureuse d’y être arrivée, ai réussi l’exploit de pousser mon vélo dans le centre ville de Bogota au milieu de la foule en mangeant une tranche d’ananas, sinon j’allais défaillir, bisous à tous, à plus et détails plus tard car ça vaut son pesant d’or, quand même c’était moins dur que de traverser Bangkok…

Bisous à tous et j’attends avec hâte vos applaudissements, même que je les entends déjà, merci.

Au programme des deux prochains jours, visite de Bogota, grimper sur la montagne à laquelle est adossée Bogota, parait-il que c’est la coutume, mais ça c’est fastoche, rebisous.

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Mardi 29 mars 2011 : nouvelles breves

Bonjour a tous

Je suis a Villapinson, a 80km de Bogota, route pas tres interessante, hotel pourri et cher, je vais essayer de tracer autant que faire se peut car je suis toujours a 3000m et passe des cols a je sais pas combien…

J’ai oublie le principal, mon velo mieux que neuf, avec nettoyage au truc a pression puis au gazoil, changement de freins, et cable, l’a jamais aussi bien freine, donc la ca va

Bisous a tous

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J65 en images : je trace…

Ca (pour ceux qui suivent…), c’est l’état du sac plastique après désarrimage et prise dans la roue avant de l’anorak…

Bazar séchant à ranger… Routine…

 

Il est des dimanche sympas…

Avec des vrais cyclistes

Des vrais de vrais…

Plus vrais que vrais…

Plus vrai que ça tu meurs…

Une moins vraie, mais tellement bien accompagnée…

Oué, autopista je trace…

Mais les descumbre me suivent…

Et arrachent les arbres…

Mais… J’avance, ce qui était le but de l’opération…

Kdo, bisous

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J65 : je trace…

J65 : je trace…

Dimanche 26 mars 2011

Belen -Tunja

Distance parcourue : 81,15 km

Vmoy : 11,6 km/h Vmax : 53,8 km/h

Température : frais, vent glacial l’après-midi

Dénivelée positif : 714m

Dénivelée négatif : 790m

Heures sur le vélo : 6H52’13 »

Départ : 7 heures

Arrivée : vers 17 heures 30

Résumé de l’article

  • Objectif : avancer vers Bogota, peut-être Tunja
  • Conditions météorologiques : soleil puis alternance nuages et éclaircie puis menaçant sans pluie. 11° au départ puis vers 16° puis montera à 30° pour rebaisser à 18°. petit vent glacial dans l’après-midi
  • Etat de santé : excellent (doigt toujours pendouillard)
  • Degré d’euphorie : je sais pas, suis contente d’avancer, triste de quitter le paramo, à l’arrivée une surprise de taille : Tunja d’une beauté souveraine
  • Particularités de la journée : je pense mettre deux jours pour atteindre Tunja vu les renseignements recueillis (ça monte pour aller à Tunja), en fait le matin montée à un col à plus de 3000m sur 11km en 1H30, je monte sans problème, les cyclistes du dimanche matin m’encouragent c’est sympa, je retrouve le soleil et la civilisation, les deux sont liés, les villes ne s’installent pas dans les sommets qui accrochent les nuages, je rejoins une autoroute, la bande d’arrêt d’urgence est souvent non roulable

Lever 5 heures départ à 7 heures pour pouvoir un peu rouler avant la pluie. Voilà je me souviens de cette jolie montée au col avec de vrais cyclistes, je me souviens d’être contente de retrouver la civilisation et de faire une pause coca, barres chocolatée dans un café avec les cyclistes au sommet du col, je me souviens de la longue descente où je balise vu l’état de mes freins, je me souviens d’une autoroute qui ne me plait pas, alors quand c’est comme cela je trace, je me souviens de la longue montée à Tunja, je me souviens de l’hôtel bien propre chaud, surtout je me souviens avoir cherché un restaurant dans les rues vides (dimanche soir) de Tunja et là la surprise du jour, Tunja, merveilleuse, illuminée, un petit bijou… Je me souviens aussi d’avoir retrouvé un peu de soleil, je me souviens surtout du col avec les cyclistes… Puis de tracer…

Bisous tout le monde

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J64 en images: paramo pendant 60 km, premiers militaires prêts à tirer…

 

On y va…

Protection de la route

Camions retardataires

C’est beau

Vierge en phares

Le torrent

Fleurs fraiches pour la vierge

Et des bougies

Mise en garde…

Surréalisme : l’école au milieu de rien

Allez on sourit…

Paramo = frailejones

C’est beau

Ferme bien française…

Belen, enfin…

Et y sont pas beaux mes ongles ?

La vache c’est pour Brigitte

Bisous tout le monde

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J64 : paramo pendant 60 km, premiers militaires prêts à tirer…

 

J64 : paramo pendant 60 km, premiers militaires prêts à tirer…

Samedi 26 mars 2011

Sucacon – Paramo del Huina – Belen

Distance parcourue : 59,68km

Vmoy : 9,1 km/h Vmax : 86,3 km/h (ne sais si interférences électromagnétiques ou si c’est vrai, n’ayant plus de frein je double les camions…)

Température : départ 15°au départ, va se maintenir longtemps, va monter à 29° 5 mn puis descendre jusqu’à 13°. Pluie sous forme de crachin au départ, dure une demi-heure, puis vraie pluie à 8 heures pendant une heure ou deux, puis repluie à 14 heures pendant une demi-heure

Dénivelée positif : 885m

Dénivelée négatif : 939m

Heures sur le vélo : 6H33’24 »

Départ : 7 heures

Arrivée : vers 16 heures

Résumé de l’article : (pour ceux qui roulent ou les flemmards ou les gens normaux que mon délire n’intéresse guère ou ceux qui bossent comme des malades pour payer la retraite des vieux croulants comme moi, merci d’enlever le c)

  • Objectif : Belen
  • Conditions météorologiques : lever du jour couvert, pluie à partir de 6heures 30, c’est bien la peine de partir si tôt, pluie sous forme de crachin, puis temps couvert et froid, puis revraie pluie, puis retemps couvert et froid, 10 mn de soleil et chaleur le temps du pique-nique puis retemps couvert et froid puis à 14 heures pluie d’une demi-heure puis retemps couvert et froid
  • Etat de santé : excellent (doigt toujours pendouillard)
  • Degré d’euphorie : élevé, je grimpe un paramo, zone de haute montagne avoisinant les 4000 mètres, y a pas ça m’excite
  • Particularités de la journée : deux très grosses journées qui se succèdent, tant physiquement qu’en aventures de tous genres. Je monte comme un chef, alternance d’excellent route, de piste et de route cassée. Aucune difficulté pour atteindre le paramo, c’est après que ça se corse, moi je croyais ensuite passer un col et redescendre, non, je suis dans une sorte d’altiplano, des collines qui montent et qui descendent pendant 30km à plus de 3500 mètres d’altitude, c’est physique. Au milieu de ce paramo une cinquantaine de militaires barrent la route et surveillent tout le paramo, certains sont debout d’autres accroupis, d’autres assis, tous ont leur arme en position de tir immédiat, les 360° sont étroitement surveillés, ils ont l’air très tendus, c’est impressionnant, je passe calmement, pas de réponse à mes buenos dias, je n’insiste pas, juste j’espère ne pas prendre une balle perdue. Je viens d’apprendre ce soir que je suis passé dans une des zones de guerillas les plus dangereuses du pays… Ne le sachant pas je n’ai pas eu peur, j’ai juste senti la tension extrême des militaires et compris qu’il se passait quelque chose, voilà, après renseignements plus aucun risque jusque Bogota, après il reste quelques zones d’extrème tension dans les paramos, je me renseignerai. Sinon trop trop beau, remontée de gorges, un monument à la vierge curieux, puis l’altiplano de collines verdoyantes, de pâturages et de cultures de pommes de terre. Quelque fermes sales, impression de pauvreté et de saleté que je retrouve à Belen, ville annoncée sur ma carte à 42 km en fait à 60. Hôtel colonial non refait ni nettoyé depuis 500 ans, à moitié électrocutée par la douche. Tout va bien, je pédale bien, je vois des super paysages, je fais de super rencontres, et ce soir je me suis fait peindre les ongles avec des fleurs, des papillons et même une vache, c’est super chouette

Il m’est arrivé tellement de choses aujourd’hui que je ne sais par où commencre…Je vais le faire par ordre chronologique, c’est plus simple

Lever 4h45, c’est de plus en plus dur, j’espère éviter la pluie et les éboulements et là j’ai un paramo à passer, je rappelle que le paramo c’est une zone de hautes montagnes avoisinant les 4000, avec tous les dangers que cela comporte. Je voudrais partir vers 6H30, mais franchement je n’en ai pas envie, évidemment le ciel est couvert et horreur il pleut. Je range mes affaires par degré d’humidité, je rerègle mes freins, et nettoie un petit peu ma chaîne.

Départ à 7 heures sous un petit crachin breton, merci Brigitte… Je me fais confirmer la route, je monte, les zones d’excellentes routes alternent avec des portions de route cassée parsemée de grands trous pleins d’eau et des zones de piste, mon vélo est dans un état pas possible. Sur la route neuve déjà l’eau et la boue ont commencé leur travail d’érosion, de petits trous, des zones craquelées, et surtout la route est recouverte d’une pellicule de boue allant de quelques millimètres à quelques centimètres, je pédale plus que je ne pousse, maintenant j’arrive à pédaler à 5,4 sans tituber et je trouve que c’est moins fatigant de pédaler que de pousser, et puis avec mes pneus lisses aux pieds je glisse. Une dizaine de camions va me dépasser, Eux-aussi roulent de préférence le matin de bonne heure, puis ce sera environ un véhicule toutes les 20 minutes, j’ai perdu mon ambulance, ce ne doit pas être son secteur. On m’avait dit environ 16km, 2 heures de carosse et que il n’y avait rien dans le paramo, ni boutique ni restaurant, au kilomètre 9 (je pense être à la moitié de la montée) un garage, un magasin de boissons, et un genre de café, je monte, je monte, le paysage est grandiose comme d’habitude et j’atteins presque facilement le paramo et ses frailejones, mais la route continue et remonte des gorges magnifiques. Une vierge sur un promontoire m’intrigue, elle est décorée de phares de voiture, je m’arrête, je visite, quand même dans cyclotourisme il y a tourisme, pas que cyclo. L’édifice sert aussi de belvédère, le torrent qu’il surplombe est tumultueux et jaune, plus loin une voiture accidentée est élevée en oeuvre d’art, rappelant à tous que l’endroit est dangereux. Devant la vierge un bus s’arrête, un garçon d’une douzaine d’années sort, je le vois ouvrir une porte sous l’édifice de la vierge, je pense qu’il y a des toilettes. Une fois le bus reparti j’y vais, j’ouvre la porte, je suis surprise par une grande bouffée de chaleur et que vois-je ? Plein plein de bougies, sur l’autel il n’y a pas de places pour toutes, alors il y en a même par terre. La Colombie est très chrétienne, après le rituel des questions « de donde viene ? A donde va? »(d’où venez-vous, où allez-vous, c’est souvent « quelle est votre religion » et quand je dis « catholique », on me rajoute « catholique, apostolique, romaine », beaucoup ici sont évangéliques. Et la vierge est partout sur la route, inscrite dans le monde d’aujourd’hui qui peut être tout y compris des pneus de voiture, et là des phares. Quant à moi je monte et j’attends mon col et ma descente, je vais les attendre très, très longtemps. Plus je remonte les gorges, plus le torrent devient petit et sage. Je sors des gorges et me retrouve dans une petite vallée, je me dis que ce serait bien de camper là, sauf que si il y a une pluie tropicale, je pense que le torrent deviendra fou et que je serai emportée, et soudain, au milieu de nulle part et des frailejones, alors que cela fait des kilomètres que je n’ai pas vu une seule maison : une école, impression de surréalisme, je ne cesse de vivre des expériences surréelles, la réalité de ce pays m’échappe, il est à la fois si semblable à la France, même organisation politique, nourriture un peu semblable, même sécurité sociale, et si différent. J’observe, j’engrange, je me pose des questions et j’essaie de comprendre. En attendant je monte, et moi je m’étais programmée pour monter à 4000 pendant 16 kilomètres, puis de me faire une super descente, non ce n’est pas ça, le paramo va durer des kilomètres, ça va monter, ça va descendre, il est 11H30, je commence à fatiguer et je manque de carburants, et soudain quatre ou cinq maisons et une cinquantaine de militaires qui sont tous là en position d’attaque ou de défense, tous ont leur arme en position de tir le doigt sur la gâchette, certains sont debout, d’autres accroupis, les 360° sont couverts, les visages extrêmement tendus, je murmure un buenos dias sans réponse, je passe mon chemin pas à toute vitesse, vu qu’une pente raide m’oblige à mettre pied à terre. Je suis plus intriguée qu’inquiète, je me dis que si ils lançaient une opération militaire ils fermeraient la route, mais j’ai palpé la tension de ces hommes et pour la première fois de ma vie j’ai senti la guerre. Deux cents mètres plus loin je profite d’un replat et d’un rayon de soleil pour pique-niquer, il faut que je mange, je ne peux plus avancer, cela fait quand même cinq heures que je fais des efforts. Ce n’est que le soir que j’apprendrais que je viens de traverser si ce n’est la, une des régions les plus dangereuses du pays. C’est en repensant aux visages extrêmement tendus des militaires que je me dis que le danger était bien là, mais ce n’est pas le seul danger de la journée, d’abord il y a eu mes forces qui faiblissaient, derrière une colline il y avait une autre colline,qu’il fallait monter et encore une autre et une autre, les vaches paissaient, les taureaux s’affrontaient, les chiens me couraient après et me montraient leurs dents, m’obligeant à crier, je klaxonnais aussi, et à chaque fois je perdais mon rythme et je m’essoufflais. Ici aussi il doit y avoir deux récoltes de pommes de terre par an, des sacs pleins attendent sur le bord de la route, et des champs sont en fleur, ce sont de toutes petites pommes de terre rouges. Je prends la pluie trois fois, j’ai froid, la température va descendre à 13° et quand le soleil pointera le bout de son nez le vent glacial anéantira ses efforts. Je mets mon anorak, puis l’enlève. A un moment j’entends un bruit très bizarre, je m’arrête aussitôt, oh la la l’anorak dans son sac plastique mal arrimé s’est coincé dans la roue avant, ouf les dégâts restent limités au sac plastique. Puis je m’aperçois qu’une petite pièce au niveau de la poignée du frein arrière est tordue, je crains que les freins ne lâchent. Quand enfin la descente arrivera je gère au mieux mon freinage. Un camion me gène, il va moins vite que moi, je le laisse prendre de l’avance plusieurs fois mais je finis par le rattraper, alors je le double… J’arrive à Belen, ville sale et pauvre, plus proche des villes du Vénézuela que de toutes celles de Colombie que j’ai traversées. J’ai vu aussi quelque fermes entourées de nombreux détritus. J’arrive transie, l’hôtel que je me fais conseiller est une relique d’il y a cinq cents ans, le lavage des draps doit aussi remonter à la même époque, quant à la douche qui est celle de toute la famille, je prends le jus, véridique, et me voilà pleine de savon, grelottante n’osant pas retourner sous l’eau, déjà que j’ai traversé la maison enveloppée dans ma serviette, faisant fuir un jeune homme, je me vois mal sortir toute nue en criant, alors courageusement j’y retourne, je fais attention de ne pas toucher de ferraille et quand je dis à la propriétaire que j’ai failli mourir électrocutée, elle me dit que c’est normal qu’il ne fallait pas que je touche le petit morceau de métal qui est au milieu du robinet. Elle le savait la garce, elle ne m’a rien dit. Elle m’a fait aussi payer très cher par rapport aux prix pratiqués ici, mais l’hôtel fait aussi salon de coiffure et manucure, voilà j’ai les ongles peints avec des fleurs, des tournesols, un papillon, le papillon il est sur le doigt qui pendouille, une vache, celle-là elle est pour Brigitte et tout l’atelier pictural, il y a aussi une île qui n’est pas dans les mêmes tons, mais ça fait un petit effet décalé pas mal. La jeune femme qui a passé une heure à me peindre les doigts me demandait tellement peu elle, que j’ai laissé plus. Donc 9 heures de vélo, une heure et demi de peinture d’ongles (il faut que ça sèche), deux heures d’internet, j’ai profité du très haut débit pour mettre les photos, le blablatage, l’écriture, je n’y arrive plus moi. Voilà pour les aventures d’aujourd’hui. Demain je ne risque pas d’éboulements, je suis dans une zone plus habitée, je dois quand même gérer avec les montées et les descentes, on m’a dit où m’arrêter pour dormir, deux grosses journée m’attendent encore. Je partirai quand même un peu plus tard sinon je ne vais pas tenir le coup…

Bisous tout le monde

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J63 en images : je n’y comprends rien à la Cordillère des Andes

Adieu La Uvita, la Mama et son hôtel que j’ai adoré et Françounette dépêche-toi de ranger ton linge

La route est belle

Jour de marché

Mes copains toujouts présents

Mes copines aussi

Belle descente

Le condor aussi

Le rio est rio

Symphonie de nuages

Les colombiens adorent les panneaux indicateurs, moi-aussi

Soata, son église à deux tons

Tout ce que je viens de faire (euh, parcourir)

Pour Françoise T, je ne sais si les frais de mission seront acceptés…

Pour faire dIversion (pluie et boue)

Symphonie de nuages  

En la majeur la symphonie euh ou en ré mineur, je sais plus

Sucacon, dernière étape avant le paramo

Son parque 

Un de ses hôtels, et après ? le Paramo, ses frailejones, sa guerillera, son climat rude, la gran altura quoi, bisous tout le monde

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