Jeudi 29 mars 2012
Bivouac à l’entrée du camping de Lago Verde- Bivouac au camping los Maïtenes
Kilométrage : 34,39 km dont 32 sur piste
Vmoy : 7,2 km/h, Vmax : 36,8 km/h
Heures sur le vélo : 4h43’53 »
Température 10° à 34°, quelques trainées nuageuses le matin puis grand beau temps, froid dans les zones ombragées, chaud au soleil, pas de vent
Dénivelée : positif : 306m, négatif : 461m
Je me suis fait un souci pas possible pour rien, le chirurgien qui doit opérer mon fils s’est encore cassé le bras et l’intervention chirurgicale est repoussée… Euh, au jour où je mets en ligne, finalement elle a eu lieu et tout va bien…
Lasse d’attendre un soleil qui ne vient pas je finis par sortir de mon antre…

Après avoir fait sécher la tente, dont le tapis de sol a perdu toute imperméabilité…

Me revoilà partie dans une journée qui sera encore plus belle que la précédente. La piste s’améliore de kilomètre en kilomètre, je ne suis plus dans la douleur (quand même encore quelques passages pierreux ou niddepouleux, ou gravilloneuxsableux penteux), je suis dans l’extase…

Un petit coup de montagne normale…

Un lac vert qui se laisse deviner…

Pour éclater de toute sa splendeur…

Au loin des sommets enneigés…

Que je zoome avec effronterie… Jean mon frère dis-moi son nom.

A chaque détour de la piste une surprise…

Une forêt aux milles essences, dont les Alerces (d’où le nom du parc, je deviens savante en vieillissant…)

Des montagnes toujours différentes

Et puis un lac, un autre, un très très grand, le lac Futalaufquen (nom mapuche) qui s’en va alimenter le Chili, très forts ces chiliens, très forts…

Je vais suivre ce lac toute la journée, alors vous n’avez pas fini de le voir…
Après t’avoir haï Enzo je t’adore…

Les arbres sont si grands ici qu’ils ne rentrent pas dans l’appareil photo…

Et à chaque plongée de la piste qui là est très belle : le lac…

Et les français, pire que les chiliens…

Les huemuls je ne les ai pas vus, mais hier soir je les ai entendus…

Oui je sais, je lasse…

Le principal étant que moi je ne me lasse pas… Même si parfois je suis lasse…

Là une coulée de sable, il va vraiment falloir que je m’instruise sur la géologie de ce continent si surprenant…

Et derrière les arbres ? Le lac…

J’ai oublié de vous dire, nous sommes dans un parc national, nous ferions bien de prendre des leçons, la nature est super protégée mais tout est fait pour que les touristes
puissent la déguster selon leur goût ou leurs moyens, zones de camping libres et gratuits, campings aménagés, auberges, le tout en harmonie avec le caractère extrêmement sauvage du lieu, un délice, un délice ce parc, qui plus est hors période estivale je suis
presque la seule, entrée gratuite à cette époque, juste je me suis enregistrée, des fois que je disparaisse…

Re un petit coup de lac ?

De géologie ?

De forêt ?

De piste ?

De piste encore ?

Rien que de revoir ces photos, pourtant c’était aujourd’hui, c’était il y a quelques heures, déjà oubliées et si présentes encore, les larmes me montent aux yeux…
Et pour parfaire le spectacle une cascade digne des contes de fée…

Je photographie un roc et qui dans mon champ de vision ?

Non, pas Robin des bois, Marin, argentin, 15 mois qu’il sillonne la Patagonie, le courant passe, tout de suite, comme cela en un regard… Echange de mails, il me briefe sur la carretera australe, une bonne nouvelle, la carretera australe bloquée par les marchands d’essence (en fait j’apprendrai plus tard que c’est bien une histoire d’essence mais pas de marchands, d’acheteurs, ça et le reste, une révolte des patagoniens chiliens…) a engendré le développement de lignes maritimes (très malins les chiliens), je vais peut-être
pouvoir passer Villa o’Higgins sans emprunter ni le pont d’Enzo ni le chemin caillouteux sur lequel il faut faire du portage sur 50km… A suivre… Il a la même philosophie que j’ai fini par adopter : demain est un autre jour…

En regardant la photo je vois que son casque a adopté la même place que le mien… Sur le vélo…
Là les rocs que je voulais photographier…

Le lac

Un petit passage à gué
Une piste enchantée

Un lac bleu

Que plus bleu tu meurs…

Je ne sais trier ? Si, j’ai pris 112 photos aujourd’hui…

Je sors de la quebrada, une ferme

Des travaux sur la piste, je pense qu’ils vont la goudronner, durée des travaux : 52 mois…

De superbes zones à touristes

Le lac, encore…

Outre sa beauté sauvage ce parc est vraiment un modèle du genre

Dans nos montagnes il y a le risque avalanches, au Chili le risque UV, ici le risque incendie

Et les apprentis écolos qui veulent aller donner des leçons aux pays d’Amérique latine ils feraient bien d’en prendre ici des leçons…

Moi je prends des leçons de légende au point information

Je trouve un camping organisé avec sa douche salvatrice

Et son restaurant où l’on est en pleine récolte tri et séchage des champignons…

Voilà une journée à marquer d’un petit caillou vert fluo pour le sieur Janodou, et merci Enzo de m’avoir indiqué ce parc, la concurrence avec le Paso Agua Negra est
rude…
Bisous tout le monde