Lundi 4 février 2013
Tolhuin – Ushuaïa
Voilà exceptionnellement je commence par les chiffres car ils sont de taille…
Départ 7h30
Arrivée : 18h30 dans la banlieue pourav d’Ushuaïa, 19h30 à l’hôtel
Kilomètres : 108,03 km
Dénivelée positif : 1138m
Heures SUR le vélo : 9h15’06 »
Vmoyen : 11,6km/h
Vmaximum : 44km/h
Alors la veille finalement je n’ai pas appris à faire le pain ni les gâteaux, j’ai écouté le vent furibard, me demandant bien comment j’allais l’affronter…
On m’a une peu raconté la route et promis 35km de descente sur Ushuaïa.. Et bien c’est faux…
Je décide de partir très tôt pour avoir moins de vent, surprise, le matin grand beau et pas de vent, je décide donc de profiter de cette accalmie et de tenter de faire Tolhuin-Ushuaïa en une étape.
Et voilà, après avoir réussi à avaler un petit croissant je pars, d’emblée ça monte…

La route surplombe un immense lac dont j’ai oublié le nom…

La route est belle à tous points de vue et la circulation bien moins intense que les jours précédents.

Parfois je traverse des forêts mortes (incendie mais pas de trace de feu, le vent ? Maladie ?)

La montagne est très présente.

Je continue à suivre le lac.

Les arbres continuent à se singulariser.

Long encore est le chemin… Dans ma petite tête je me suis dit (c’est ce qu’on m’a dit, 35km de descente sur Ushuaïa), ça ne compte pas, donc je n’ai que 70km à faire, c’est faisable… Oué mais les gens en voiture ne se rendent pas compte des montées…

Les zones de déforestation continuent, petit à petit le ciel se couvre et le vent se lève, pas fort le vent, mais contre, j’ai froid…

Comme on me l’a prédit à une quarantaine de kilomètres il y a un restaurant où je pouvais me réfugier en cas de besoin.

Un peu plus loin une drôle d’usine, le bois alimente des fours, je ne sais ce qu’il y a dedans, ça sent le caoutchouc brûlé…

Voici comme annoncé le no man’s land venteux, ça va, j’ai le vent contre mais il n’est pas fort, en revanche j’ai froid et les sur-chaussettes en goretex sont peu efficaces. Arrivent les faux plats montants qu’Enzo n’a pas aimés, ça va.

Me voici au pied du col, dérangée par deux bus lors de ma pause pipi…

J’attaque la montée du col et je me chronomètre, oui Enzo a dit l’avoir monté en 30 minutes.

Ca monte en ligne droite, je préfère les lacets, la route est impressionnante…

Rapidement je surplombe le lac…

Et regardez au fond, on voit le lac de ce matin, celui qui est à coté de Tolhuin.

Et voilà, je franchis mon dernier paso, il m’a fallu 35 minutes y compris les pauses photo ou coca (une seule gorgée) ou eau (une seule gorgée), dis-le Enzo que je ne suis pas trop mauvaise…

D’émotion je cache le panneau en me prenant en photo…

Jolie descente, puis horreur, c’est que ça monte et ça descend, évidemment ça monte plus que ça ne descend, je n’ai rien mangé depuis le petit croissant du matin, à 15 heures 30, je trouve que ça suffit, je m’offre mon dernier petit vide grenier…

Et des empanadas qui seraient bons s’ils n’avaient le goût de friture mille fois chauffée.
Je reprends mon chemin, on m’avait dit qu’Ushuaïa était dans les montagnes, je ne pensais pas tant…

En bas je crois que ce sont des tourbières.

En haut des montagnes

Même des pointues…

Et aussi un tunnel…

Et la station de ski où j’avais prévu d’aller si j’étais arrivée en hiver…

Et Ushuaïa qui est toujours pas là (et je fatigue de plus en plus croyant toujours que c’est la dernière montée…)

Mais là montagne est belle, il y a même des glaciers…

Et des montagnes que montagnes…

Et des falaises…

Enfin, enfin, USHUAIA est là…

On m’avait dit qu’Ushuaïa c’était pas beau, mais là ça dépasse toutes les prévisions, je pénètre dans Ushuaïa par la banlieue industrielle (avantage du vélo, on voit toujours l’envers du décor…), c’est moche, il y a plein de poussière, et des camions et la poussière de ciment, et pour arriver au centre il y a encore 4km et ça monte… J’avais prévu tout mon attirail pour les photos souvenirs (le maillot de la drômoise, la bannière des chamois lucois, la bougie de Janick), le poteau célèbre chez nous n’est pas là, je suis épuisée, j’appuie sur les pédales pour téléphoner à mes enfants, un muret m’accueille…

Et… Pas de réseau… Oui, je sais je suis en train de perdre mes affaires mais je m’en aperçois et récupère le tout… Voilà, depuis je suis mal…
Bisous tout le monde