J24 : Valera, ahahh

Dimanche 13 février 2011
Trujillo- La posada « la montana » à 9km67 de l’entrée de Valera
Altitude : 758m
44,67 km
Vmoy 11,5: Vmax : 46,7
Température : 29 au départ, se stabilisant à 34 ° avec des pointes à 39° puis chutant brutalement à 29° sous les nuages et à 2&° sous la pluie
Dénivelée positif : 566m dénivelée négatif : 713m selon compteur
Dénivelée positif selon altimètre : 2521 pieds
Heures sur le vélo : 3H52’11 »
Départ : 9H20
Arrivée : 14h25
Important cette arrivée à 14H 25 car à 14H 30 : trombes d’eau…
Je me réveille vers 7h30, je profite d’une douche chaude et je prépare tranquille mes affaires, il faut dire que pour mettre le bazar, suis la championne des championnes. Je déjeune de 350g de pain, chocolat aux noisettes, coca. Un dernier adieu a la Virgen de la Paz, qui ce matin etincele au soleil…J’ai étudié guide et carte, me renseigne sur cette petite route qui évite l’autopista et shunte Valera. Après avoir interrogé multes personnes cette petite route existe, alors pour ceux qui seraient tentés de la prendre : explications: D’abord elle s’appelle la « caretera vieja », ce qui veut dire l’ancienne route, évidement elle est déconseillée car en mauvais état (des pierres) et évidemment c’est une route où ils assassinent, volent et violent tout le monde (sauf évidemment les « abuelas cyclotouristes), bref cela doit être une super petite route de montagne. Il faut redescendre Trujillo ( ce que au passage je fais en me perdant, et quand on se perd sur une ville en pente, et bien, juste, si on descend il faut remonter… Mais cela fait partie du jeu, et cela permet de visiter des quartiers ignorés et de voir ce que les vénézueliens font le dimanche matin). Je rencontre trois cyclistes,(des vrais) je pense qu’ils vont aller à la Virgen de la Paz. Ah oui, je disais pour la petite route de montagne, donc quand on a descendu Trujillo et rejoint la bifurcation Trujillo – l’autopista qui va à gauche vers Merida et à droite je sais plus, là il faut redemander, attention peu de gens connaissent cette route et personne ne la recommandera, juste mon instinct me dit que ça doit être super. Pourquoi ne pas l’avoir prise alors ? Parce que je me dis qu’on est dimanche et qu’il doit y avoir peu de trafic sur cette autoroute, effectivement les voitures ne sont pas fréquentes, juste chacun de leur passage entraine une pollution sonore qui dure 5 minutes. Les camions (interdits dimanche et jours fériés) sont absents. La route est excellente, et qui plus est je bénéficie d’une voie d’arrêt d’urgence rien que pour moi, enfin rien que pour moi presque, je suis doublée par un groupe de vrais cyclistes qui ne me laissent pas sur place et que je redoublerai beaucoup de kilomètres plus loin (ils ont du faire une pause). Un autre groupe de trois cyclistes me doublent, puis un tout seul qui manque de me bousculer en m’interrogeant sur ce que je fais. La route comporte de très longues montées et quelques descentes, le tout est pédalable et je file bon train. Évidemment l’ambiance ni la montagne ne sont les mêmes sur les grandes et les petites routes, mais là j’ai décidé d’avancer un peu. Ce matin le ciel était tout bleu, juste un petit nuage auréolait la vierge. Je crois que je n’ai vraiment plus de fièvre car je ne grelotte plus à 39° et je souffre de la chaleur dans les montées, même que je transpire un max. Les replats me permettent de me réhydrater, maintenant j’ai la technique je commence par le coca, puis de l’eau, puis le catogate. A propos de coca, c’est fini plus personne ne touchera ni à mon vélo, ni à ma tente, ni à mes bagages, ce matin la personne qui a voulu m’aider a tenu la gourde de coca à l’envers, et comme évidemment ces machins ne sont pas étanches 1 en a perdu quelques gouttes, et 2 en a renversé plein sur ma sacoche guidon, bon j’ai tout nettoyé car je n’aime pas que tout colle. Je crois que j’ai réussi à équilibrer le bilan entrées-sorties en ce qui concerne les calories et l’hydratation, l’inconvénient ? Il faut que je pisse une fois dans la journée, ce détail pour une femme est important, car c’est tout sauf facile… Mes 35 premiers kilomètres sont aisés, je commence par redescendre les sept kilomètres de détour pour aller à Trujillo, je ne regrette pas ce détour, cette ville m’ a beaucoup plu (sauf le fait qu’elle soit construite en pleine pente…), puis je pédale bien dans les montées. Je finis par arriver à Valera et c’est l’horreur, pas tellement parce que la ville est construite sur une pente raide, mais les bas quartier de Valera, je ne croyais pas que cela existait au Venezuela, c’est pire qu’une poubelle ( ça je l’ai déjà dit que le Vénézuela était une vaste poubelle, et je pense qu’au lieu de passer ses messages de propreté et de respect de l’environnement soit à la télé soit par affiche, le gouvernement ferait mieux d’installer des poubelles (elles sont très rares) et d’organiser le ramassage des ordures, c’est peut-être par là que va commencer le travail de tous les jeunes diplômés du Venezuela). Donc j’arrive en bas de Valera, j’ai l’impression que Valera est construite sur une montagne au milieu d’une vaste vallée, enfin que l’impression car l’humidité est si intense que l’on a un peu de mal à vraiment distinguer le relief. Le bas de Valera ? Des tonnes et des tonnes d’immondices, de tout, des trucs en plastiques, des bouteilles vides, des papiers, des choses qu’on ne sait plus ce que c’est, et au milieu de tous ces immondices ? Des cadavres de chiens et chats, une odeur pestilentielle, et la pollution du trafic qui est redevenu intense, et la caretera que es muy subida, j’ai un peu peur, je pense qu’il ne vaut mieux pas traîner ici, c’est sûr que je ne vais pas sortir mon appareil photo, j’appuie comme une malade sur mes pédales pour ne pas mettre pied à terre, au bout d’un kilomètre ou deux, une irrégularité de la route aura raison de mon obstination, mais de toute façon derrière le virage il y a un feu, donc j’aurai été obligée de poser pied à terre. Après le feu je réenfourche mon vélo et pourrai pédaler tout le long, mais c’est hyperdur, la route est très pentue, il fait très chaud, le trafic est intense, les queues de poisson des taxibus habituels, la pollution toujours aussi insupportable, et je commence à avoir quelques kilomètres et dénivelées derrière moi, plus je monte et plus la misère, puis la pauvreté s’atténue, les beaux quartiers sont en haut de la ville. Je décide de m’arrêter dés que je trouverais un endroit où ils vendent du coca (j’ai épuisé ma provision et j’ai vraiment envie d’un coca frais). Je vois une « farmacia todo 24 horas », ce n’est pas une pharmacie mais un petit super marché, je trouve une canette de pepsi frais, m’installe sur le parking à l’ombre, au milieu des voitures (suis une vraie clodo) et mange mes ships, mon pain légèrement sucré et un bout de chocolat, il est presque fondu, j’ai un peu négligé ma technique secrète. Les nuages sont de plus en plus noirs et de plus en plus menaçants. J’interroge un motard qui s’était arrêté à coté de moi et qui m’avait encouragé d’un « que Dieu vous accompagne » sur la probabilité de pluie, il me rassure en me disant que non il ne va pas pleuvoir, juste que l’humidité va être très importante, me voici rassurée, juste il se trompe… Je reprends la route et pédale, pédale, 7km 27 plus tard je sors enfin de la ville, je n’en peux plus, je suis épuisée, je mets pied à terre et pousse. Un couple dans une camionnette flambant neuf me propose de m’emmener 3 heures plus loin, mais trois heures de quoi ? J’ai du mal à leur faire comprendre que je veux continuer en vélo, ils me disent que la route monte beaucoup, je leur dis que tant pis je pousserai, ils ont vraiment du mal à admettre mes raisons, peut-être croyaient-ils faire leur B.A. ( bonne action pour ceux qui n’ont pas fait de scoutisme) de la journéeje leur demande si il y a un hôtel à Mendoza, ils me disent que non, qu’il faut aller jusque La Puerta, déjà que je pense que je suis incapable d’aller jusque Mendoza, impossible d’aller jusque La Puerta. Au moment où je vous écris, alors que je suis dans une posada qui se veut charmante il y a dans la cour un camion qui laisse tourner son moteur, l’essence ici ne vaut rien, elle est mille fois moins chère que le coca, ce qui fait que pour aller à Merida, ça revient moins cher pour un camion que pour une abuela cyclo. Si ils veulent régler le problème de la pollution, il va falloir qu’ils augmentent de un milliard de fois le prix de l’essence.. Donc je suis épuisée, j’ai chaud, j’ai froid, chaque montée me fait tituber, je ne crains plus (à tort) les immenses nuages noirs, je me dis que je vais devoir recommencer ma quête d’un endroit où dormir (au fait je pense que c’est ça le plus dur, trouver un endroit où dormir) quand ? Un écriteau « posada à 500 mètres », un deuxième « posada à 1km », je surveille attentivement à gauche, à droite, et la Posada est là. Le prix est abordable, je peux mettre mon vélo dans ma chambre, bientôt la propriétaire vient me congratuler, on me propose à manger, mais je viens de manger, on m’offre (j’accepte, je sais que c’est très bon pour moi) un verre de jus de fruit tout naturel, c’est un verre de jus d’orange, on m’explique pour la douche, qu’il faut demander pour l’eau chaude, je dis que je veux prendre ma douche tout de suite ( je crois que je vais mourir intoxiquée par les fumées du camion, c’est pas possible), j’ai du mal m’exprimer, la douche est glaciale, elle me fait quand même du bien, mais évidemment je me paralyse les mains, j’hésite à sortir mes duvets, finalement j’arrive à me réchauffer avec ma polaire. Au fait que croyez-vous qu’il arriva cinq minutes après mon arrivée inespérée dans cette posada ? La pluie, soit-disant qu’il ne devait pas pleuvoir… Et ici, la pluie c’est pas une petite pluie, l’hôtelière me dit que ce n’est rien, non ce n’est rien, c’est juste une averse tropicale, c’est-à-dire qu’il va pleuvoir à sceau, mais quand je dis à sceau, c’est à sceau, et cela va durer pile une heure. Conclusion je pense que j’ai intérêt à avoir mes sacoches ( ouf le camion est parti) bien fermées, ce qui n’était pas le cas ces derniers jours, mes sacoches avant dégoulinant de leur contenu… parce que quand ça tombe, je pense qu’on a pas le temps de s’abriter et ça tombe bien. D’après ce que j’ai lu les averses c’est plutôt en fin de journée, là il était 14h30, l’autre jour c’était toute la nuit et le matin, j’ai peut-être intérêt à partir plus tôt, je ne sais pas, à avoir mes sacoches bien fermées, c’est sûr, et à me garer quand mon instinct il me dit qu’il va pleuvoir, et là mon instinct me l’avait dit, et surtout croire plus personne, mais là ça va être dur, surtout que quand les gens vont dans le sens que vous attendez, c’est dur de ne pas leur faire confiance. Demain je ne sais pas trop jusqu’où je vais aller, on verra, cela dépendra de la route, de ma forme et du temps. J’ai toujours un peu mal à la gorge et les bronches un peu prises, mais je crois que c’est la pollution à chaque fois que je traverse une ville. Je n’ai plus de fièvre, je n’ai pas regrossi, mais je crois que j’ai cessé de maigrir, j’ai l’impression que je n’ai pas de nouvelles piqûres sur les jambes, bref ça va. Si j’étais quelqu’un de bien je déchargerai mon vélo et referai un nettoyage graissage des pignons, chaîne, etc (j’ai entendu un petit cliquetis), mais pour une fois que je peux garer mon vélo chargé dans la chambre, je verrai demain. Les spécialistes peuvent-ils me dire quand on roule dans des conditions à peu près normales,(c’est-à -dire pas pistes, chemins ou rios, euh juste quelques uns,) tous les combien il faut nettoyer et regraisser la chaîne et ce autour de quoi elle tourne ? En tous cas je vérifie le gonflage tous les jours et rajoute si nécessaire.
Finalement je crois que j’ai adopté la bonne technique (pour moi), un peu de route de montagnes perdues pour me faire plaisir, et un peu de routes qui roulent, histoire de ne quand même pas perdre mon objectif qui est d’arriver à Ushuaïa avant l’hiver de là-bas et de pouvoir randonner dans la montagne.
Bisous tout le monde

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J23 : passage du kilomètre 1000

Samedi 12 février 2011
Lastravsias de Burbuvusai- Trujillo
45,14 km
Vmoy : 12,9 Vmax : 43,2
Température : 15 ° en haut, 34°en bas sous le soleil, puis 29°
Dénivelée positif :493m dénivelée négatif : 1621m selon compteur (oué super descente descendable !!!)
Dénivelée positif selon altimètre : 2220 pieds, négatifs : 5651 pieds
Heures sur le vélo : 3H28’27 »
Départ : je sais plus vers 9 heures
Arrivée : je sais plus vers 14 ou 15 heures
Moins de 10 km de montée, tout le reste descente, passage d’un nouveau col, il fait vraiment très froid (15°, plus l’humidité, plus le vent, plus la descente) j’ai mes collants deux polaires, le coupe-vent et pour la première fois mon bandeau polaire, enfin je trouve les pierres promises, la route est merveilleuse, impeccable, mais il faut se méfier, parfois un trou, surtout des coulées de pierre, qui sitôt tombées sont enlevées, nous sommes samedi les ouvriers travaillaient sur la route, la montagne est grandiose, après un col elle va cheminer au milieu de terres et de pièrres ocres aussi belles que dangereuses, la circulation est quasi inexistante. Puis commence une longue longue descente, suis toujours aussi concentré, ai quand même failli valser une fois sur deux bosses que je n’avais pas vu et ai cru tout casser une autre fois sur un bout de piste que je n’avais pas vu. Pour tous les cyclo qui vont venir ici si vous voyez une branche pleine de feuilles sur la route ce n’est pas qu’elle a été arrachée par le vent, c’est juste qu’elle indique un danger : énorme trou, travaux, manifestations diverses, donc ralentir, et je répète plus la route est bonne, plus il faut rester vigilants, les trous, les coulées de boues et de pierres, les morceaux de pistes ne sont pas loin. La montagne est grandiose, les nuages filent à vive allure, je reçois deux gouttes de pluie. Arrive une bifurcation, Trujillo est indiqué à gauche, je m’y engage, ça monte, je profite de mon élan, puis la route est si petite que je doute, je redescends, me fais confirmer mon chemin, c’est bien là, l’homme a qui je me suis adressé me parle de passerelle, non, pas de gué infranchissable et de déchargement, rechargement du vélo pour monter sur la passerelle, l’homme m’ aussi dit que les deux routes menaient à trujillo, mais que la petite était plus sûre, et qu’elle ne montat pas beaucoup, qu’après elle redescendait, c’est vfrai que pour redescendre elle va redescendre. Je commence par pousser (ça monte fort et je n’ai plus d’élan) et puis ce sera des kilomètres et des kilomètres de descente sur une petite route de montagne comme je les adore, et pratiquement personne, et même un petit rio à traverser à gué, en tous cas pas de passerelle. Surprise je rencontre deux vrais cyclo avec la tenue et le casque, ils peinent à mourir, moi je descends, suis cool, vais me payer 2000 mètres de descente, je vais en profiter un max, plus je descends plus ? Plus la chaleur monte, je quitte les polaires, je fais quelques photos, me dis que je ferais bien de manger. Et puis ? La petite route idylique qui a quand même duré environ 15km rejoint une quatre voies, horreur, et en plus suis pas dans le bon sens, mais plus loin il y a une bretelle de raccordement et ? Ca monte. Et ça monte fort. Et le soleil cogne. Et ? Fait du 34 à 39. Et où j’ai mis ma casquette ? Et ? J’ai faim. Et ? J’ai doif. Et ? Je suis fatiguée. Sur un replat je m’arrête pour chercher, trouver et mettre ma casquette. Le bruit des voitures est assourdissant, en fait je pense que le revêtement des routes est très bruyant et qu’il multiplie l’impression de trafic intense, mais pas de camion tueur. Sur un replat je m’arrête, achète une bouteille de coca et pique-nique d’une arepa et de me poussières de ships. Et je repédale et c’est dur, très dur. J’arrive enfin à Trujillo et à la bifurcation Valera – La Virgen del Paz, je m’engage vers cette dernière, celle-ci ayant motivé mon passage à Trujillo, vu que c’est la plus grande statue de la vierge du Vénézuela (45 mètres). La ville est construite à flanc de montagne et je suis dans le sens montant, bientôt je pousse; Où est la vierge ? Très loin (9km) et surtout très haut, au moins 800 mètres plus haut, je n’irais pas en vélo, je me mets en quête d’un hôtel équipé d’internet, on m’envoie tout en haut de la ville, je pousse, le premier hôtel n’a pas d’internet, le deuxième non plus, et je pousse, le troisième a une piscine, pas d’internet et est deux fois plus cher, je redescends à celui juste ne-dessous . L’hôtelier m’aide à porter mes affaires, résultat une attache de sacoche sortie de son truc, une demi-heure pour trouver mon ouvre-boite, une demi-heure pour essayer de rentrer le machin dans le truc, au risque de m’estropier ce qu’il me reste de main pour finir par m’apercevoir qu’il suffit de dévisser, la pièce rentre et je revisse, je range bien mon ouvre-boite pour ne pas le rechercher une heure, sauf que je sais déjà plus où je l’ai mis… Me douche, lave tout ce qui a trainé par terre hier et qui est sale de chez sale, vais voir pour prendre un bus pour aller voir la vierge, c’est 30 bolivares l’aller, il faut attendre qu’il y ait cinq personnes, et en plus ce n’est pas la bonne heure. Bon après tout la vierge si elle a été fait si grande c’est pour qu’on la voit de loin, et je la vois. Paraît-il que par temps clair on a une superbe vue, mais le temps n’est pas clair et la superbe vue je l’ai eue toute la journée, je décide donc de descendre en ville (descendre au sens propre, 2km et je sais pas combien de dénivelée) à la recherche d’internet. Un homme m’accoste, il sent un peu l’alcool, veut absolument parler avec moi en anglais, je finis par lui demander de me laisser tranquille, ce qu’il finit par faire. La ville est très animée, on est samedi après-midi, un grand marché en plein air, toujours de la musique. Je demande mille fois où est internet, il faut vraiment chercher, pas de de devanture, un escalier à monter, des ordinateurs de libre, et c’est trop super, me voici à nouveau reliée à ceux que je connais, qui m’aiment et que j’aime. Je ne le répèterai jamais assez j’ai besoin de ces contacts et de ces encouragements pour avancer. Je fais mes courses pour demain : un pain de 1kg, chocolat, ships, coca, catogate. Je passe devant une église grande ouverte, c’est l’heure de la messe, je rentre, beaucoup de ferveur, de la musique, guitare, batterie, chants, des accolades qui sont de vrais accolades. Je continue ma remontée à l’hôtel, me paie le resto : steak bien cuit mais tendre, fromage toujours trop salé, frites, salade de pomme de terre-tomates, tout très bon, et un peu de chocolat en rentrant. Voilà dodo, demain je ne sais encore quelle route prendre, on m’a dit qu’il n’y avait pas de trafic sur le route qui va à Valera, j’ai vu une petite route sur mon guide qui n’existe pas sur ma carte, mais comme ils sont autant faux l’un que l’autre, et que tout le monde raconte n’importe quoi, j’interrogerai d’autres personnes demain.Pour ceux qui n’arrivent pas a lire ce qui est ecrit, c’est une boutique de reparation de velos…
Dodo, bisous tout le monde

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J22 : le jour ça va, la nuit bonjour les dégats

10 février 2011
Bocono-Lastravsias de Burbuvusai (pronovez Lastrabesias de burbusaï), petit village d’environ 2000 habitants dont on ne voit qu’une dizaine de maisons, les autres étant cachées dans la montagne, ces renseignements n’ont pas été vérifiés, ils sont issus des dire de la population locale)
32, 98 km
Vmoy : 8, 3 Vmax : 43,2
Température : 21)avec des pointes à 34°
Dénivelée positif : 868m dénivelée négatif : 28(m selon compteur
Dénivelée positif selon altimètre : 3466 pieds
Heures sur le vélo : 4H58’17  »
Départ : 9H45
Arrivée : vers 16 heures
Altitude : 1899 m
Le réveil est tardif, j’ai bien entendu la ville se réveiller, mais quand je daigne jeter un œil sur mon réveil, horreur, je croyais qu’il était 5h45, en fait il était 7H45, me console vite, en me disant que si j’ai dormi c’est que j’en avais besoin et que de toute façon les départs dans le froid c’est pas mon truc. Je profite du bonheur de bénéficier d’une douche chaude pour achever de me réveiller. Je fais comme je l’avais décidé la veille vidage et reremplissage de mes sacoches, pas tellement pour y mettre de l(ordre, c’est impossible, juste pour vérifier que j’ai bien oublié ma crème magique à la cortisone et que j’ai bien perdu ma vaseline, bon c’est vérifié, les deux ne sont pas là. J’hésite un moment à me délester de ma genouillère, mon genou me laissant tranquille depuis le port de ce bracelet magique, je me ravise, me disant que peut-être je pourrai faire du troc genouillère contre crème à la cortisone. Le vélo est chargé, je pars, il est 9h45, je commence par descendre la moitié de la ville de Bocono, debout sur les pédales, mon poids bien en arrière, suis hyperconcentrée, la pente est raide, la circulation intense et les queues de poisson habituelles, vérifie mon chemin, sors de la ville, comme par enchantement le trafic devient rare et les camions absents. La route est bonne et surtout je pédale, ce qui parait une évidence quand on voyage à vélo, ce qui ici est souvent un luxe… Il fait beau, il fait chaud, rapidement je me découvre (erreur fatale), Me voilà partie pour une montée sans interruption de 27km, mais même si parfois le pente est rude je ne pousserai que sur 50 mètres. Arrive l’heure du déjeuner, je cherche un endroit, où je puisse m’arrêter sans risque de ne pouvoir repartir, où la route soi suffisamment large pour que j’y pose mon vélo, de préférence pas trop loin d’habitations, sans chiens, et avec un coin à l’ombre, croyez-moi, des fois il faut chercher plusieurs kilomètres. Le voilà mon coin, c’est pas top de chez top, j’ai les pieds dans le caniveau, mais on s’en contentera. Une voiture pourav avec dans son coffre une drôle de machine s’arrête, ce mec je l’avais déjà repéré, il avait déjà tenté d’engagé la conversation, j’avais abrégé. Je ne suis qu’à moitié rassurée et suis sur mes gardes. Il vient s’asseoir à coté de moi, les mêmes questions fusent d’où je viens, où je vais, etc. Je le sens pas trop ce mec, et tout d’un coup ses intentions fusent, il veut me convertir à son église, veut que j’aille chercher un crayon pour bien noter les références, je refuse, ne veux surtout pas ouvrir ma sacoche devant lui, il vérifiera quand même que j’ai bien retenu le nom. Quand il veut m’engager sur un terrain glissant, où je reconnais là la même technique que les témoins de Jéhovah, j’esquive, et quand il n’arrête pas de me répéter qu’il n’y a qu’une seule vérité, alors là je lui dit qu’à l’instant t, pour moi la seule vérité c’est de manger. Avant de me laisser il me propose une glace, c’est ça qu’il y a dans sa drôle de machine, et c’est aussi pour cela qu’il s’arrêtait si souvent, je refuse,arguant le fait que mes intestins ne le supportent pas. J’ai décidé de manger de tout dans ce pays, mais quand même pas les glaces (il faut savoir que les glaces c’est une machine à fabriquer des microbes). Il me laisse, je termine tranquillement mes ships, mes crackers, mon pain et mon chocolat, et vaillamment je repars. Tout d’un coup le soleil se cache, la température chute presque instantanément à 21° et les bestioles attaquent, je me couvre bras et jambes. Ce qu’il y a de bien dans ce pays c’est que ses habitants ont comme moi, en dessous de 25° ils ont froid et se couvrent, donc au moins sur ce point je ne parais pas folledingue. Au bou de 27 km j’atteins un col, je sais qu’éventuellement on peut camper, selon les dires du seul cyclotouriste qui s’est aventuré par ici, mais les maisons sont un peu en dehors de la route et je ne vois personne, la route descend, je décide de m’avancer, et puis je me dis que si je perds de l’altitude j’aurais moins froid, comme à tous les cols du monde il y a du vent. Je poursuis donc mon chemin, après quelques kilomètres de descente la route remonte, je sens vraiment la fatigue et m’enquiers d’un endroit où dormir, ma technique est toujours la même : je demande si il y a une posada ou un hôtel dans ce village, et sinon où je peux poser ma tente ( au passage pour les futurs cyclos du Vénezuela ils appellent ça une « carpa » ici), je précise que je suis très fatiguée et que je ne peux aller plus loin (ce qui est exact) les renseignements sont au mieux inexacts et au pire faux. On m’indique une posada, mais elle est à un autre village qui n’est pas sur ma route, il faut descendre 5 km (enfin 5 d’ici c’est peut-être 10), et demain il faudra que je les remonte, donc c’est non, après on me dit qu’il y en a une au village suivant à 5km, et finalement une dame me dit qu’il n’y en a pas. On m’indique un endroit où poser ma tente, confirmation m’est donnée que je peux la poser là. L’endroit est des plus bucoliques, je commence par déblayer des détritus mon 2m2 d’espace vital. Quand j’ai fini on me dit, qu’il vaut mieux que je mette juste à coté de la maison à cause du vents, ce qui moi m’arrange, ainsi je ne sera pas trop visible de la route. Redéblayage de mes 2 m2, tout cela sous les yeux de la moitié du village et de la totalité des enfants. Évidemment les sardines ne rentrent pas, mais j’ai la technique tendeurs pierres. La population regarde ébahie, ils s’inquiètent de savoir si je ne vais pas avoir froid, je leur explique mon duvet qui tient très chaud, mais je sens que je ne les ai pas complètement convaincus. J’empêche les enfants de toucher à ma bicyclette et à ma tente, leur expliquant que pour moi c’est super important, ils comprennent ou tout du moins obéissent. Quand je dis à la population que je viens de Caracas en vélo, mon prestige est immense, eux qui n’y iront probablement jamais dans leur vie. S’inquiétant de ce que je vais manger ce soir un enfant m’accompagne à l’épicerie, je renouvelle ma provision de Catogate, coca et du Zup pour ce soir, sentant ma provision d’eau limite, j’achète aussi un minuscule paquet de ships, il faut dire qu’il n’y avait pas grand chose dans cette épicerie. Je voudrai me reposer, être au calme, mais ce n’est pas possible, un enfant me tousse dessus, j’espère que c’est le même microbe que celui que je viens d’affronter. J’arrive quand même à écrire dans mon cahier (il est hors de question que je sorte mon ordinateur devant quiconque, je préfère passer pour une pouilleuse), horreur, un enfant s’assied sur mon minuscule paquet de ships, demain je vais manger de la poussière de ships, j’ai froid, je suis poisseuse de transpiration. Le défilé des visites continuent. On me demande où va dormir mon vélo, je réponds qu’il va dormir dehors, vu qu’il n’y a pas assez de place dans la tente. Une délégation revient et me dit que mon vélo serait mieux dans la maison chez la personne chez qui j’ai fait mes achats, je suis d’accord et j’ y vais, nul n’a le droit de toucher mon vélo, et même maintenant aucune de mes affaires. Bon je reviens à ma tente. Une autre délégation revient et me dit que ce n’est pas possible que je dorme là, qu’il va pleuvoir cette nuit, il faut que j’aille mettre ma carpa, vu ce qu’il est tombé l’autre nuit (l’équivalent d’une année de pluie chez nous) j’accepte (en fait il ne pleuvra pas), redémontage de la tente, transportage de mes affaires, on m’installe dans ce qui est comme une entrée, qui est aussi le passage entre la maison et les toilettes. Je réinstalle mon matelas, mon duvet. Je suis tellement mal dans ma transpiration, même quand je bivouaque je m’arrange toujours pour pouvoir me rincer un minimum (je dois me couvrir plus que les autres, ce qui fait que pendant l’effort je transpire plus que les autres, et après avec le froid c’est assez l’horreur), donc je suis tellement mal que je demande si il n’y a pas un endroit où me doucher un peu. Mon hôtesse m’emmène dans la douche, il y a même de l’eau chaude, le chauffe-eau électrique est isolé de la douche par du plastique( là aussi c’est certifié conforme à la norme iso 9001), mon hôtesse me montre comment mélanger les deux eaux, avec deux vannes et attention l’eau chaude doit avoisiner les 100°. Le jet étant trop fort et n’arrivant pas à régler la température je remplis le bidon qui est là et ça va très bien, quel bonheur pour moi cette douche, puis on m’invite à manger, mais toujours seule sur le coin d’une table, manger ensemble n’est pas ici la coutume, je mange du riz avec une sauce aux pommes de terre et un minuscule morceau de poulet, c’est très très bon et bien sûr deux arepas fraîches du jour, la sauce piquante qui paraît-il ne l’est pas trop l’est trop pour moi. J’apprends que mon hôtesse a 28 ans, qu’elle vit là avec son père, un homme très maigre, au teint très halé et qui semble effrayé par ma présence, elle vit là avec son fils de trois ans, ses deux frères et sa sœur, elle n’est pas mariée et sa mère est morte. La maison est très pauvre, le canapé et le fauteuil ont au moins cent mille ans et la mousse ressort de partout. Plus tard j’apprendrais que la jeune fille de 18 ans va à l’université à Valera, elle fait le trajet tous les jours, je suis sûre que le bus met au moins deux heures. Tous les enfants du Venezuela vont à l’école, beaucoup vont ensuite à l’université, que va faire le Vénézuela de tous ces jeunes diplômés ? A la télévision, sur les affiches, beaucoup de messages pour inviter à la propreté, à une alimentation saine, à respecter son environnement et aussi chose nouvelle pour moi sur la sécurité. La population se sent en insécurité, chacun craint le village qui n’est pas le sien, et tout le monde me met en garde. Pourtant moi je n’ai vraiment pas cette impression, mais peut-être suis-je respectée, parce que je suis une touriste qui leur fait l’honneur de venir les voir, peut-être parce qu’ils se rendent compte que ce que je fais est hors du commun, ou alors parce que moi je les respecte et leur fais confiance, ou peut-être suis-je naïve, je ne sais pas. Si quelqu’un, hors ceux qui se déplacent en voiture blindée et avec garde du corps, peut m’éclairer, merci. Quoiqu’il en soit, ce soir je suis nase et j’ai besoin de repos, alors je vais me coucher et fais semblant de dormir. Là où je suis, c’est un courant d’air, mais dans mon duvet je suis bien. J’ai entendu mon hôtesse téléphoner à ses amis( parce que la famille est pauvre, mais comme partout le téléphone portable est de rigueur) et puis maintenant je commence à comprendre ce que l’on raconte sur moi, là c’est génial, alors je deviens la bête curieuse, on vient me voir, à chaque moto ou voiture qui s’arrête je respire un grand coup de fumée noire, le grand père va fumer (en cachette ?) aux toilettes, et vas-y pour un grand coup pour moi. Quand même je suis allongée et je me repose un peu. Au bout de deux heures, mon hôtesse vient me dire que ce n’est pas possible que je dorme là, il fait trop froid, il faut que je m’installe dans le salon, je m’exécute, et là pendant deux heures ça va être horrible, d’abord j’ai trop chaud, en plus le soleil tropical combiné à l’altitude m’a brulé de partout,et la télé débite les mêmes idioties que dans tous les pays du monde, mais surtout il y a le gamin, qui est du style à tyranniser son entourage, ne sachant s’exprimer qu’en geignant, et en plus voilà la faim qui me retorpille, je vais me le faire ce gamin, je vais me le faire et le bouffer tout cru. Un moment je crois qu’il s’est endormi, non il était juste dans la salle de bain, et il recommence ses geignements et moi je crève de faim, moi aussi je disparais dans les toilettes et je me jette sur mon pain au miel et je bouffe et je bouffe, à toute vitesse, et je rigole toute seule, en me disant si on me voit on va dire que les françaises s’empiffrent de pain au miel à toute vitesse dans les WC. Au moins ma faim est calmée, le gamin finira par s’endormir très tard. Dans la pièce à coté des matelas ont été sortis et sont à même le sol pour que toute la famille puisse dormir, je pense que pour moi ils se sont serrés un peu plus, je pense de plus en plus que nous les français sommes très égoïstes, nous avons tout et ne donnons rien, ils n’ont pas grand chose et donnent tout. Je serai réveillée tôt par les hommes qui partent au travail. Le matin je me rejette sur mon pain au miel, dans la cuisine cette fois et bois mon coca. J’ai expliqué à mon hôtesse que je ne peux boire du café, même si c’est la coutume ici (mes compatriotes les gens du nord ça vous irait bien, toujours le café sur le coin du feu), avant de partir c’est le moment des arepas que je vois confectionner, j’accepte d’en manger et j’en emmène deux pour ma journée, aussi avant de partir je laisse à un des jeunes mon nom, mon adresse email, l’adresse de mon site, je ne crois pas qu’ils aient internet à l’école mais en tous cas ils apprennent à se servir de l’ordinateur, j’apprends beaucoup avec les enfants de ce pays, sauf mes petits brigands ils sont en général polis et bien élevés. Merci à vous de m’avoir accueillie, même si ce fut une nuit de cauchemars, merci à vous, l’intention était là et vous vous êtes serrés pour moi.
Besossssssssssssss

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J22-J23 : barre des 1000km franchie

Bonjour a toutes et tous
Suis a Trujillo
Qestion sante ca va mieux, sauf l epuisement…
Hier 37 km, pratiquement que de la montee mais que 50m de poussee
Aujourd’hui 45km 10km montee, le reste descente
Sont dingues ici te font momter 2000m pour les redescendre, la-haut tu mets polairess et bandeau et en bas casquette et tu creves de chaud
Sont dingues aussi, mettent leur villes a flanc de montagne, alors ou t’arrives suant, soufflant et recrachant de la fumee noire, ou t arrive cramponnee debout sur tes pedales, esperant que le prochain vehicule qui te fera une queue de poissons t’enverra pa valdinguer on ne sait ou…
Sont dingues aussi, te font monter puis demonter la tente sous pretexte qu’il va pleuvoir, et comme la premiere fois c’est tombe a sceau pendant toute la nuit tu les crois.
Plus de details plus tard.
La montagne est grandiose et peu habitee et Trujillo une ville tres animee.
Je crois que la Virgen de la Paz (la plus grande statue de la vierge du Venezuela) je me contenterai de la regarder de loin dans la brume
Bisous toutes et tous et vos messages me sont precieux.
Je crois que je vais encore restee plusieurs jours sans internet, momtagne oblige…

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J21 : Bocono = repos

J21: Bocono = Repos
Difficile de faire moins…
Ce matin : hôtel-boulangerie (en face de l’université, laquelle est derrière l’hôtel, ne suis pas sûre que cela fasse 200 mètres… Ai mangé le 1/3 d’un immense pain au miel d’ici, chocolat coca
Ce midi, suis sortie dans la cour de l’hôtel pour faire des photos de fleurs, vu que l’on dit que Bocono est le jardin du Venezuela, presque 50 mètres… Ai mangé à l’hôtel (moins cher et meilleur qu’en ville) une immense assiette de spaghettis (oué ils veulent me donner que ça) mais à la carbonara et aussi plein de pain. Ai écrit mes articles, tenté de surfer sur le net, mais ça rame, il est 17heurs 45, la nuit tombe déjà… Demain une route de montagne difficile pendant plusieurs jours, et probablement pas de connexion internet. Je viens d’aller voir la météo de la zone où je vais pour les prochains jours, actuellement brume, alternance de pluies et d’éclaircies, température mini 14, maxi 28 humidité 71%. Je pense que ça ne va pas être facile, mais j’y arriverai. La pause s’achève, chambre avec fenêtre, ça me va, ne suis sortie que deux fois, et encore, à reculons, parfait, de la nature je vais encore en avoir, à revendre… A je ne sais quand…
Bisous toutes et tous

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J7 ou une leçon de vie…

Jeudi 27 janvier 2011

Musée archéologique d’Hacienda Limon-Portachuelo : 11km

Qu’il est difficile à écrire ce J7, pas tant par manque de temps que par toute l’émotion qui s’y rattache… Des gens, des inconnus, des pour qui j’étais une étrangère m’ont ouvert leur maison et leur cœur, en suis encore bouleversée.

C’est la première fois, je ne sais pas que ce n’est pas la dernière fois

Le matin réveil de bonne heure, je traîne un peu, il fait froid, et puis la tente est toute mouillée de rosée, j’ai un bon prétexte pour retarder mon départ, je dois attendre le soleil pour qu’elle sèche un peu, (au passage quand j’ai cru qu’elle était sèche je me suis aperçue qu’elle était sèche coté externe mais pas interne, mais je sais aussi qu’à partir de midi les nuages vont envahir les montagnes, alors je me presse un peu. Ca y est mon vélo est prêt, arrive la responsable du « camping », je lui demande ce que je dois, elle me dit que je donne ce que je veux, je lui réponds que je n’ai encore aucune expérience de la valeur de l’argent au Vénézuela et que j’ai peur de donner trop ou pas assez, elle réfléchit un peu et me dit 30 bolivares. Je parle un peu, ne suis pas une sauvage, ce que je pensais s’avère être exact, il s’agit ici d’une aire d’accueil pour les étudiants qui viennent au musée archéologique. Elle me demande de venir signer le livre d’or, ce que j’accepte volontiers, et voici encore une rencontre magique, je visite le musée, apprends plein de choses, j’ai l’autorisation de photographier, l’heure tourne, je pars il est 10 heures, je sais que j’ai 50km devant moi de route montante et ? Je pousse… Ce n’est pas la grande forme, je n’ai pas encore récupéré de mes deux jours de jeune et de la turista qui s ‘est installée, j’étudie la carte et me dis que vu l’heure, vu l’état de la route et de la pente et aussi l’état de mon corps il vaut mieux que je fasse étape au dernier village avant ma destination, soit Portachuelo, je croise la route qui vient de Chichiriviche, ma carte étant précise sur les environs de Caracas, je sais que je suis dans ce dernier village avant Colonia Tovar. Quelques maisons, dans la cour de l’une d’elle de ce qui me semble être un ferrailleur deux personnes travaillent :

  • Où puis-je dormir . J’ai ma tente…
  • Ici
  • Là ? Chez vous, je peux mettre ma tente ?
  • Non, vous allez dormir dans la maison, mais je vous préviens il fait froid la nuit.
  • Ce n’est pas un souci j’ai ma tente

C’est vrai que la nuit il fait froid, cette nuit-là je supporterai mon duvet moins 35° et une couverture.

Et voilà, l’homme m’ouvre le portail, je rentre mon vélo, la femme qui travaille avec lui me dit de faire attention aux chiens (ils sont trois, dont un chien husky, je verrai qu’ils sont menés à la baguette, j’apprendrai que comme chez nous les chiens husky sont rares et chers.

Je gare mon vélo, l’homme me fait pénétrer dans sa maison, sa femme et la petite dernière, Daniela, 3 ans ont les mains plongées dans de la pâte et confectionnent de délicieux petits gâteaux secs.

Une fois les gâteaux enfournés, la femme me proposera à manger, je dis que je viens de manger ( c’est vrai un peu de brioche et de chocolat, le peu que j’ai pu absorber), elle m’offre un verre de jus de fruit

  • Désolée, je ne peux pas, j’ai la turista, j’ai mal au ventre (et je n’ose avouer j’ai aussi de la diarrhée)
  • Buvez, c’est très bon pour le ventre.

Je n’ose refuser, je bois, je m’attends à une grande catastrophe. La maison est spacieuse mais très sale, le ménage n’est pas leur priorité, je pense que leur vérité est ailleurs, je suis en train de prendre une de mes plus grandes leçons de vie. Damelis a les cheveux très noirs et le type indien, elle respire le calme et la joie de vivre. Sa petite fille lui ressemble, comme tous les enfants du monde elle est vive et pleine d’énergie, on sent déjà chez elle quelque chose qui, à nous occidentaux, nous échappe.

Puis Damelis installe deux chaises dehors, nous bavardons. Damelis me prépare une tisane à base de plantes médicinales qu’elle va cueillir dans son jardin, qu’elle me montre et me fait sentir, je ne reconnais rien. La tisane en plus, bien sucrée, est délicieuse. Puis j’ai droit à un massage du bras et une imposition de sa main sur ma main, sa main ne touchait pas la mienne et j’ai senti une grande chaleur qui me pénétrait. Enfin Damelis me parle d’une douche, et m’emmène sur un chemin, je me dis que la salle de bain est au fond du jardin, je prends mes affaires et la suis, quand je m’aperçois qu’en fait nous allons nous balader, je lui dis mon erreur, elle se marre et je vais changer mes affaires de douche contre mon appareil photos.

  • Allez-y toute seule, je vous attends.

J’y vais, au passage me perds (c’est une vraie maladie chez moi). Je me retrouve et la rejoins. J’ai droit à une leçon de botanique :

  • Voici le café
  • Là les avocatiers
  • Les mandariniers

Je suis obligée de manger une mandarine, elle est délicieuse, une mandarine cueillie sur l’arbre et mangée aussitôt ça n’a pas le même goût. Je suis de plus en plus affolée sur le devenir de mes intestins qui me torturent, mais je n’ai pas le choix .

Puis nous admirons les montagnes perdues dans la brume, montagnes qui le matin laissent entrevoir la mer.

  • Pourquoi tenez-vous un bâton dans la main ?
  • C’est pour les chiens

Les chiens sont gentils et obéissants, juste ils sont à leur place. Tout ici semble à sa place et Damelis est comme à la fois enracinée dans la terre et légère malgré sa corpulence, comme faisant à la fois partie de la terre et du ciel. La petite Daniela grimpe dans les arbres, elle-aussi est de cette terre et du ciel à la fois. Nous nous arrêtons un peu pour regarder, bavarder, penser. Une amie de Damelis est venue la rejoindre, elle a un air un peu triste, est très mince, habillée « inn »les cheveux décolorés, elle glane ça et là quelques fruits, elle bavardera aussi, je répondrai volontiers à toutes leurs questions.

Après avoir visité le verger, nous nous dirigeons vers le potager, une seule plante pousse, je ne sais ce que c’est. Puis nous allons dans le champ de maïs, en fait c’était l’objectif principal de notre promenade. Le maïs est rare, ce n’est pas de la culture intensive, et je vais tout apprendre sur le maïs, c’est la base de l’alimentation des vénézueliens. Je commence par apprendre à les cueillir :

  • Non pas celui-là, il faut que la barbe soit noire
  • Non la barbe n’est pas assez noire
  • Non, pas celui-là non plus les feuilles ne sont pas assez vertes.

Nous nous amusons aussi, faisons des photos, rions… Une fois les deux sacs de maïs pleins nous remontons vers la maison, au passage cueillette de « lolo ». A peine rentrés les lolos sont transformés en jus et je dois en boire, oh la la, en plus il doit y avoir de l’eau pas potable, je bois et c’est délicieux, cela rappelle un peu le citron. Damelis me fait chauffer plein de bassines d’eau et m’envoie à la douche. Dans la salle de bains il y a une douche avec de l’eau froide dont l’arrivée est commandée de l’extérieur, voilà mon sceau plein d’eau à bonne température.

  • Je crois bien que c’est la meilleure douche que j’ai jamais prise

Et je le pense sincèrement. J’ai enfilé mes polaires car maintenant il fait très froid et l’opération d’épluchage et de grattage des épis de maïs a lieu dehors. Tout le monde vient aider. La femme qui travaillait comme un homme dehors et qui a le teint très clair et les cheveux gris, je n’ai pas très bien compris qui elle était dans la famille, elle est mince, contrairement à la majorité des vénézueliennes, a le teint très clair, comme d’ailleurs le mari de X(mais est-ce son mari ? Je ne sais pas, est-ce le père des enfants ? Je ne sais pas) .Damelis a trois enfants, très différents, deux garçons d’une vingtaine d’années et la petite Daniela. La femme aux cheveux blancs donne l’impression d’être une forte femme et je le dis.

  • Vous aussi êtes une forte femme est sa réponse
  • Ah ?

Je n’en suis pas si convaincue, là je suis en piteux état, je n’ai pas récupéré de ma folle équipée et la turista me torpille le ventre, je ne sais pas encore que je vais connaître pire. Tard le soir l’épluchage et grattage de maïs se poursuit, puis arrive le mixage, je crois que ce n’est pas le bon terme, mais c’est mis dans un espèce de moulin à légumes solidement fixé à la table de travail, et il faut tourner, sort de ce maïs un lait blanc et crémeux, je n’ai pas très bien compris si c’était ce jus qui servait à faire les arepas, sorte de petites galettes de maïs.

  • Tenez, voici la première

Apparemment, ce n’est pas comme pour nos crêpes, la première n’est pas raté et c’est un honneur d’avoir la première. Nous ne mangerons pas vraiment à table, par la suite j’observerai que les vénézueliens mangent un peu n’importe où, un peu à n’importe quelle heure, souvent et rapidement, et que notre sacro-saint rite du repas familial n’existe pas vraiment ici. Je mange plus que je ne peux, c’est à dire deux arepas, le fromage de chèvre rappé est très salé, et la margarine aussi. Comme boisson de la tisane, toujours de je ne sais pas quoi, mais pas la même que tout à l’heure et toujours aussi délicieuse. Une fois le repas vite avalé l’ainé des garçons sort une espèce de guitare à quatre cordes. Puis ce sera chants et danses, et quand à la question

  • Quel est le président du Venezuela ?

Je réponds dans ma grande ignorance :

  • Simon Bolivar

C’est un grand éclat de rire général, vu qu’il est mort il y a 100 ou 200 ans ! Alors on va me chercher Charlie, l’actuel président. Bientôt ce sera l’heure de dormir, mais avant j’ai droit à une grande séance de massages.

  • Vous êtes d’origine indienne ?
  • Je suis indienne
  • Damelis va chercher son collier de perles, s’en pare, continue ses savants massages, tout y passe, y compris les pieds, elle devine tous mes maux et m’en débarrasse, devant l’état de mes jambes (hématomes, nombreuses piqûres et plaies diverses, elle va m’appliquer

Effectivement, la il manque un morceau de la suite, ne l’ai pas sur ma clef USB, j’espere que je l’ai garde sur mon ordinateur, sinon, je n’ai plus qu’ a reecrire l’article, ce ne sera jamais que la troisieme fois…

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Bienheureux les fêlés, car ils laissent passer la lumière

Article spécial à l’intention de Sieur Janodou

Bienheureux les fêlés, car ils laissent passer la lumière
François Coponet

A force de suivre les itinéraires indiqués qui ne conduisent qu’à des impasses, il va finir par s’engager sans demander conseil à personne sur son propre chemin
Yvan Audouard

Alors Jean-Luc, quel itinéraire ? Le tien bien sûr et nul autre… Je vais te dire juste mon ressenti sur celui que j’ai suivi.

La première partie, trop géniale, même si un moment je me suis demandé si j’allais mourir d’épuisement et comment ça faisait quand on mourrait d’épuisement et si on pouvait lutter ou si juste ça arrivait comme cela, je pense que c’est à ce moment que j’ai pris la décision d’abandonner mon vélo et de poursuivre à pied pour aller chercher nourriture et eau, et puis je me suis ravisée quand j’ai vu que la pente se radoucissait, et puis je t’ai appelé quand j’ai vu que ça devenait de plus en plus difficile. Je pense qu’avec de la nourriture et en refaisant le plein d’eau dans le rio (avec pastilles), cela doit être un truc d’enfer. Il y a juste le passage délicat, là où le chemin est cassé, que la pente est raide, gravillonneuse et glissante, que 2 ou 300 mètres plus bas il y a la mer (avec quand même quelques cactus pour freiner ta chute), et que dans la pente gravillonneuse il y a une pierre t’obligeant à un effort surhumain pour passer la dite pierre sans être déséquilibré et chuter. Mais je suppose que tu as plus de force dans les bras que moi, et si tu peux porter ton vélo (déchargé quand même, moi j’ai même enlevé les gourdes vides, c’est dire…) et que tu as le pied montagnard (mais je crois savoir que oui), tu devrais franchir cet obstacle sans problème, le reste est dur mais sans danger.

Voilà donc l’itinéraire que j’ai emprunté (et emprunté est le terme exact, je le rends tel quel, somptueux, magnifique, d’une beauté sauvage impressionnante, la mer qui écume avec force, le ciel d’un bleu, bleu à en être criard, de multiples langues montagneuses qui plongent dans cette mer, une végétation tropicale exceptionnelle, des nuages qui parfois te font peur quand tu montes et que pour un peu tu les toucherais, personne, et la nuit, la nuit ça ne se décrit pas, ça se vit, le chant des oiseaux, les oiseaux qui lancent des éclairs, une voute céleste impressionnante, bref tous les ingrédients d’une nature belle grande et sauvage (oué je me répète et manque de vocabulaire…).

Donc départ de Maïquetia, suivre la route qui borde la côte (mais qui monte, vu qu’elle dessert le village à flanc de colline, après petits kiosques pour touristes (vénézueliens parce qu’ici y a que le fêlés) le long de la mer, permettant de manger, et de se baigner si le cœur t’en dit ( tu demandes alors que l’on garde ton vélo). Juste à l’entrée de Chichiriviche il y a une posada qui mériterait que l’on y passe plusieurs jours, charme, accueil, propreté, piscine, calme, beauté, nourriture excellente, 350 bolivares la demi-pension.

Puis prendre l’unique route qui arrive à Chichiriviche (très petit village), laisser la route qui monte à gauche et traverser le rio (alors là ça dépend de l’état du rio, si pas beaucoup d’eau traverser à gué, c’est ce que font les voitures, sinon il y a une passerelle assez haute, si t’es femme t’as plus de chances d’avoir de l’aide que si t’es homme, sinon tu décharges et recharge, (ça t’entrainera pour la suite…) puis suivre une petite route bétonnée qui souvent monte très fort (poussage obligatoire), le soleil tape très fort, et les nuages qui envahissent la montagne dés 11 heures sont plus impressionnants que dangereux. Beaucoup d’insectes dans la jungle, rappelle-toi la vitamine B, la crème repelente, et se couvrir avant la tombée de la nuit. Après plusieurs heures d’effort il y aune petite chapelle, puis un terrain de boule, et un peu plus loin la route bifurque, elle est bétonnée à gauche et grimpe très fort, en face c’est une piste plane ( c’est le chemin que j’ai pris, à mon avis le plus beau, même si un âne aurait été plus indiqué qu’une bicyclette), bientôt le chemin est bétonné et descend par une pente très raide ( là il faut retenir) vers la crique. Dans la crique il y a la mer bien sû,r mais aussi un rio tiède, on peut s’y baigner vu que de toutes façons il va falloir y mettre les pieds, donc le risque d’attraper des parasites est pris, alors autant en profiter. Je pense aussi qu’on peut faire le plein d’eau avec des pastilles, filtrer serait aussi mieux. Cette crique est un lieu idyllique de bivouac, utiliser la tente serait se priver d’une voute céleste magique, mais l’humidité est impressionnante, moi j’ai dormi dans mon duvet, donc n’en ai pas souffert, juste mon duvet était trempé. Après il faut suivre le chemin, passer les deux effondrements, pour moi le plus souvent porter, parfois pousser, rarement, rouler. On finit par arriver à quelques fermes, sur la droite une route cimentée qui descend raide aussi, mais descendable sur le petit port de Puerto del Cruz del Limon. Avant d’arriver un petit rio à traverser sans difficultés, en profiter pour laver le vélo boueux, un croisement, à droite vers les baraques resto du port, encore un rio à traverser, toujours sans difficultés, sur la gauche le village, la posada où je me suis arrêtée (la première sur la droite) était sans charme et surtout il n’ y avait pas un endroit bien où se mettre, il y en a une autre, je ne sais ce qu’elle vaut. Puis la route en bon état monte vers Colonia Tovar, elle est magnifique, sauvage, impressionnante, il n’y a personne. J’ai beaucoup poussé, mais pas porté. C’est sur cette route que j’ai été accueillie par une famille exceptionnelle. Puis ne pas redescendre sur Chichiriviche, à moins de vouloir se repayer un petit tour de sensations fortes, continuer à monter sur Colonia Tovar (étape, des milliers d’hôtels et posada), redescendre sur La Victoria, d’enfer. Plusieurs hôtels à la Victoria. A mon avis endroit peu propice au bivouac et au camping. Jolie route après la Victoria, puis cela devient vite habité, industriel, pollué et avec un trafic impressionnant. Difficile de dire comment faire à Maracay, vu que je me suis perdue mille fois. C’est vrai qu’après il y a une autre route qui passe de l’autre coté du lac par rapport à l’autopista, mais à mon avis elle doit être aussi encombrée. Ce qui est dur sur l’autopista c’est le bruit infernal des véhicules, il y a un tunel à traverser, prévoir éclairage ( moi j’ai trouvé des trucs minuscules à Decathlon c’est génial et ça marche); Puis ce qui est difficile, ce sont les embouteillages à l’arrivée à Valencia. Après il n’ya qu’une seule route, très dangereuse, trafic très intense, pas de voie d’arrêt d’urgence, qui plus est ça monte, donc on titube déjà tout seul, alors quand un camion te rase c’est l’enfer, et si obstacle sur la route, l’accident et si le vent s’en mêle, dur, dur, dur. Je ne sais plus, cela a du durer deux ou trois jours. Après il y toujours l’autopista mais avec voie d’arrêt d’urgence, donc sécurité, le trafic ne commencera à baisser qu’après Barquisimeto, après c’est d’enfer, passe par Biscucuy, la route de montagne est géniale.

Si tu veux éviter toute cette portion de route surfréquentée et dangereuse, prends un bus, surtout ne passe pas par San Felipe, parait-il que le trafic est encore plus intense. En revanche peut-être en passant par Caro c’est mieux, je ne sais pas, il faut te renseigner ( au Nord du pays il y a aussi de grandes villes, donc du trafic), mais rater la montagne qui traverse pour rejoindre La Victoria serait aussi dommage. En tous cas je ne regrette rien, et si c’était à refaire je le referai. En surfant sur le net pour avoir des renseignements sur la route que je vais emprunter demain (Bocono-Trujillo qui est une route de montagne, 1200 m de dénivelée, 70km, du vent, des pierres, du froid, aux dires des gens d’ici, je vais mettre je pense deux ou trois jours) je viens de trouver un cyclo qui est passé par là, je n’arrive pas à trouver son contact, il s’appelle Fred Ferchaux en plus il écrit très bien, si tu trouves son contact, fais-le moi parvenir. Voilà ce que je peux dire sur l’itinéraire. Je te rappelle que j’ai un grand avantage sur toi, un je suis la bête curieuse, deux je suis femme, trois j’ai mis « cuidado abuela » sur mon drapeau et toutes les portes s’ouvrent devant moi, j’ai un gros désavantage : un je suis femme, deux je ne suis pas une force de la nature.

En dehors de l’itinéraire il faut savoir que physiquement c’est très très très dur, que homme (et femme) et machines sont soumis à très rude épreuve, tant pis pour le poids mais privilégie la robustesse. Ne fais comme moi, ne prends pas une sacoche guidon légère de gosport, non pratique (s’ouvre devant), difficile à mettre (attaches trop courtes), non étanches, et surtout à mon avis elle ne va pas atteindre la Colombie.

Question santé c’est dur aussi, prends deux traitements d’antibiotiques, si j’en avais deux je piocherai dedans, d’ailleurs c’est ce que je vais faire si j’ai encore de la fièvre demain.

Pour la tente, autoportante indispensable (ou au moins à moitié comme la mienne, regarde où je l’ai plantée, sur du béton).

Pour le réchaud, tu sais ce que j’en pense, moi je m’en passe, là ai un truc léger à gaz, quand je trouverai du gaz je l’utiliserai, de toute façon le matin je bois du coca.

Pour la déshydratation, le catogate d’ici est vraiment super efficace.

Et aussi pour le Venezuela les dollars, et renseigne-toi avant sur le cours parallèle.

Physiquement c’est très très dur, je crois qu’il faut se ménager des pauses.

Question sécurité, aucun problème.

Question duvet, que je l’aime, que je l’aime, mon duvet moins 35° en pur duvet.

Rendez-vous dans moins d’un an, à USHUAIA et arrête de ronger ton frein

Deux liens intéressants :

http://fred.ferchaux.free.fr/pays/voyaj.htm

http://fred.ferchaux.free.fr/venez/indxvenz.htm

Et aussi pour les chiens :

http://fred.ferchaux.free.fr/pays/visites.htm (lire chienne de vie, moi après avoir essayé la fuite (impossible si la route monte), le mépris, les cris, le bâton, mais ça c’est quand on est à pied, j’en suis aux cailloux, 3 à portée de main, sauf hier où il faisait un temps de chien…

J’ai oublié le téléphone: moi quand je suis arrivée mon téléphone bibande premier prix sans engagement marchait, après il ne marchait plus car j’avais arrêté mon abonnement. je n’ai pas réussi à le faire débloquer pour l’utiliser avec une carte locale et comme je trouvais que les cartes étaient chères « 300 bolivares dans la rue, 400 en boutique », soit au cours officiel 100 euros, au cours parallèle 2,5 fois moins, mais comme je n’ai pas pris assez d’euros et de dollars et que l’on m’a dit qu’un téléphone valait 3 millions de bolivares, mais je crois qu’il doit y avoir une histoire d’anciens et de nouveaux bolivares et que je n’ai pas tout saisi, et que je ne sais pas non plus le cours officiel du changement parallèle (oui, ça existe ça) et que c’est toi qui annonce la couleur, sûrement que je me suis fait avoir… Sinon l’opérateur qui couvre le mieux la montagne ici c’est Digitel. Voilà je me passe de téléphone, me reste le net pas toujours, il n’y en a pas dans les petits villages et comme je suis incapable de relier une ville à une autre en une seule journée (à propos ça me paraît difficile de faire une moyenne de 50km par jour, mais je suis peut-être la cyclotoursite la plus lente du monde, mais quand même j’avance) le reste du temps je me dis que de toute façon, je ne pourrai si il arrivait malheur à ma famille être là à temps et bien autant apprendre les mauvaises nouvelles le plus tard possible, mais mes enfants sont plus grands que les tiens et personne ne m’attend chez moi, alors c’est diférent. bon est-ce que j’ai répondu à votre question ?
En clair si tu veux être sur d’avoir un truc qui marche : deux options : où tu achètes avant de partir un quadribande et tu utilises ton abonnement français, quand même en laissant toujours ton téléphone arrêté pour si vol, parce que si on te le vole tu fais comment pour téléphoner pour le bloquer ?
Soit tu achètes un quadribande débloqué ( c’est illégal mais ça existe en France et facile à trouver, quand même cher, moi j’en avais trouvé un à 85 euros) soit t’achètes un téléphone ici et carte digitel ici. Voilà.

Suite quand j’aurai glané d’autres renseignements, aussi précieux qu’inutiles, voir notes en début de page…

Bisous Sieur Janodou fêlé et tous ceussses qui me lisaient meme ceussesssss qui sont pas fêlés

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J20 : test d’étanchéité grandeur nature

Mercredi 8 février 2011

El Perico (petit village perdu dans la montagne de 300 habitants)-Bocono grande ville réputée très froide, elle aussi perdue dans la montagne.

30,76 km

Vmoy : 8,4 km/h Vmax : 47,6 km/h

Température : 16 ° avec des pointes à 26°

Dénivelée positif 493m, dénivelée négatif : 631m selon compteur

Dénivelée positif selon altimètre : 4034 pieds sur les 2 derniers jours

Heures sur le vélo : 3h37’39 »

Départ : vers 8 heures

Arrivée : vers 14 heures

KM 0

  • Dis, on va où aujourd’hui ?
  • A Bocono
  • Tu crois qu’on va y arriver ?
  • Bien sûr
  • Pourquoi la dame et le monsieur y nous ont proposé de mettre la tente chez eux ?
  • Je crois qu’on devait faire pitié, avant on faisait envie, maintenant vu la maigreur, le visage qui ressemble à un hibou et le vélo en loques, je crois qu’on fait pitié
  • Et pourquoi le monsieur il a d’abord dit de mettre la tente là et puis là ?
  • Parce qu’au premier endroit c’était très pentu et glissant pour y aller
  • Et après c’était mieux ?
  • Oui, même qu’ils ont balayé, été chercher des cailloux pour attacher la tente avec les tendeurs parce que je voulais pas que les cailloux touchent la tente
  • Pourquoi tu voulais pas que les cailloux touchent la tente ?
  • Parce que ça ferait des trous
  • Et la « Marina » ( marraine), tu crois que le caillou va lui tomber sur la tête ?
  • Oui
  • Pourquoi elle reste là alors ?
  • Parce que sa maison, c’est sa vie, son coeur et que ça va fait 80 ans qu’elle habite là
  • Et de quoi elle vit la Marina ?
  • De ses plantations de bananes et de café
  • Et c’est quoi qu’elle t’a donné à manger ?
  • Une arepa et des carrottes noires et du fromage de chèvre
  • C’est quoi des carottes noires ?
  • Des haricots rouges mais qui sont noirs
  • Ah, et c’était bon ?
  • Oui
  • Pourquoi t’as pas tout mangé ?
  • Parce que je savais que je devais aussi manger chez l’autre dame et que là c’était pas très très propre, et que les haricots mes intestins y zaiment pas trop, remarque j’ai regretté, parce qu’après j’ai eu faim
  • Tu dormirais chez la Marina ?
  • T’es dingue ou quoi avec la montagne cassée au-dessus non
  • Et là où était la tente c’était pas trop dangereux ?
  • Moins
  • Pourquoi alors on a tout démonté la tente, même qu’il pleuvait un peu et qu’elle était mouillée ?
  • Parce qu’il annonçaient de fortes pluies toute la nuit
  • Et c’était vrai, une cata, des trombes d’eau toute la nuit, même que ça résonnait sur le toit en tôle vert fluo, c’est ce que l’on appelle des pluies tropicales, sauf que d’habitude ça ne dure qu’une heure ou deux et que là ça a duré toute la nuit
  • Y zon été gentils les gens alors ?
  • Oui, très très gentils
  • Sont tous gentils ici ?
  • Oui
  • Pourquoi la Marina elle a dit que t’étais la « guérillera de la montagna » ?
  • C’était pour montrer son admiration pour ce que je faisais
  • Et tes jambes c’est quoi qui les a toutes piquées ?
  • Des zanucudos
  • C’est grave ?
  • Je ne crois pas , mais c’est pas beau
  • Et les oiseaux qui lancent des éclairs avec leurs yeux ça s’appelle comment ?
  • Des buhos, les gens n’en reviennent pas que j’ai pu en voir
  • C’était quand tu as bivouaqué sans manger dans la montagne ?
  • Oui, j’avais la nourriture céleste !
  • Et là c’est quoi qu’elle a fait la dame ?
  • Des golfeados
  • C’était bon ?
  • Super bon, sauf le fromage dessus
  • Et c’est pour cela que tu as pris la recette ?
  • Oui, j’essaierai d’en refaire, mais sans le fromage
  • Et t’as appris autre chose ?
  • Plein d’autres choses, que les voies d’arrêt d’urgence s’appellent un canal lento, que le duvet s’appelle esleeping, que pour dire moins vingt on dit veinte grados bajo zero, que la dame elle a travaillé 14 ans à Caracas dans une clinique, qu’elle sait faire les piqûres et surtout à manger, que maintenant elle tient une boutique, a moins d’argent mais une vie plus tranquile, et que il faut bien verrouiller la porte à cause du petit qui n’a que deux ans mais en paraît quatre et mange tout le temps, et aussi des milliards d’autres choses, que son mari habitait très très loin en amazonie, mais que dés qu’elle l’a vu, elle a tout fait pour le kidnapper
  • Et tu comprends ce qu’ils disent ?
  • Ca va mieux maintenant, au début je ne comprenais rien de rien, les vénézueliens parlent très vite, ont un accent particulier, ne prononçant pas les s et parfois ont leur vocabulaire propre
  • Et pourquoi tu vas pas toujours chez les gens ?
  • Parce que des fois j’ai besoin de me reposer, d’être un peu seule
  • Pourquoi tu leur parles alors si c’est fatiguant ?
  • Parce qu’ils m’offrent leur pays, leur hospitalité, leur coeur, alors c’est normal que je réponde à toutes leurs questions
  • Tu les fais voyager ?
  • Oui
  • Tu leur donnes un peu de rêve ?
  • Oui
  • Quand même tu t’amuses aussi ?
  • Oui
  • Et hier soir tu avais faim en te couchant ?
  • Oui
  • Et c’est quoi que tu avais chaud, que tu avais froid, que tu transpirais ?
  • Je sais pas, je crois que j’ai eu encore plein de fièvre
  • C’est encore la grippe ?
  • Non, je ne crois pas, le nez va mieux, j’ai une petite gêne dans la poitrine, mais rien de bien méchant
  • T’étais mal ce matin ?
  • Oui
  • Et tu te rappelles le choc que tu as eu quand ils ont ouvert la porte et qu’il faisait nuit ?
  • Oué, quand ça a bougé dans la maison, j’ai cru que c’était l’heure habituelle du lever, après j’ai cru que mon réveil ne marchait plus, j’ai mis longtemps à comprendre qu’en fait ils se levaient tôt pour aller à Bocono pour un rendez-vous médical
  • Pourquoi tu n’as pas pris le pain qui sentait bon le miel ?
  • J’en avais encore et j’étais trop chargée
  • Et le catogate tu l’as pris ?
  • Bien sûr
  • Et la grand-mère après elle s’est occupée de toi ?
  • Oui elle m’a donné à manger un petit pain chaud au fromage
  • C’était bon ?
  • Oui
  • Et nase de chez nase tu t’es quand même lavé les dents
  • Et bin oui, parce que si en plus de la turista, de la grippe, de la fièvre inexpliquée ( au fait Françoise t’en penses quoi ? Pas moi mais mon amie Françoise) j’attrape une rage de dents, on est pas sorti de l’auberge, au fait faudrait peut-être songer à y aller
  • On va partir sous la pluie ?
  • Oui, je ne sais pas combien de temps ça va durer, je n’ai rien compris à leurs explications du climat, j’ai juste compris que quand il y avait des nuages il pleuvait
  • Et tu crois que tout va bien être étanche ?
  • Je ne sais pas, j’ai bien tout fermer et si il pleut trop on s’abritera dans un abri-bus

Echange d’une polaire contre la veste imperméable et départ

  • C’est quand qu’on arrive
  • Je sais pas, 30 km, tais-toi et pédale
  • C’est vrai ce qu’il a dit le monsieur : 5km de montée, la Laguna Negra et que de la descente ?
  • J’espère, allez pédale

Km 0, 200 : la pluie se renforce, mise du pantalon Kwé

Km 0, 400 : mise du poncho

Km 1 : ça descend

  • Dis, il s’est trompé le monsieur ?
  • Oué trop génial, ça descend déjà

Km 2 : ça remonte, et dur

  • Alors y s’est pas trompé le monsieur ?
  • Tais-toi et pousse
  • C’est parce qu’il pleut tout le temps que tout est vert
  • Oui, pousse

Km 2, 43

  • T’as pas froid ? Il fait que 15°
  • Ca va

Km 2, 99

  • C’est quand qu’on s’arrête
  • Tais-toi et pousse

Km 3, 5

  • C’est quand qu’on boit ?
  • Pousse je te dis
  • Et jamais on peut monter sur le vélo ?
  • Pousse
  • Et va pleuvoir longtemps comme ça ?
  • Pousse

Km 4,5 : il pleut toujours et ça monte toujours autant

  • J’ai faim
  • Pousse je te dis
  • J’ai soif
  • Pousse

Km 5,6 : un village et une posada

  • Tu vois que c’est vrai qu’il y avait une posada à 5km
  • Oué sauf que quand on me l’a dit c’était à 8km d’ici, et que je n’étais plus capable de faire 8km de montée
  • Tu fatigues vite
  • Oué, mais j’avance quand même, je te dis de te taire et de pousser

Km 7, 3 : le brouillard maintenant est là et la température chute à 15°, des lumières fantasmagoriques surgissent, un village dont devine la pauvreté borde la route.

  • Le monsieur il avait pas dit qu’au bout de 5km ça descendait ?
  • Ecoute petit, la route en voiture et en bicyclette c’est différent
  • Moi je suis fatigué
  • Moi aussi, pousse
  • T’es sûre que tu as eu raison de partir sous la pluie ?
  • Oui, pousse
  • Elle est où la Laguna Negra ?
  • Elle doit être là en bas dans les nuages

Km 10 et 2 heures 30 plus tard

  • C’est quand qu’on mange ?
  • Attends encore un peu
  • Et c’est quoi les taches blanches qu’on voit des fois dans la montagne ?
  • Ca doit être des arbres en fleurs, non regarde ce sont des arbres qui ont de grandes feuilles blanches

Km 11, 87 : ça monte toujours

  • J’ai faimmmmmmmmm
  • Moi aussi, allez il pleut moins, on s’arrête et on mange
  • On va s’asseoir là sur le truc en ciment jaune
  • Pourquoi tu manges des chips si t’aimes pas ça
  • Parce que Corine elle mange ça et c’est une championne
  • C’est qui Corine ?
  • Une cyclocosmos qui va aussi à Ushuaïa
  • Elle est toute seule Corine ?
  • Non, elle est avec Enzo
  • Et il mange des ships Enzo ?
  • Non lui il préferre des pâtes, mais il peut plus en manger
  • Pourquoi il peut plus en manger ?
  • Parce qu’il a cassé son réchaud et s’est fait mal à l’épaule
  • Et ils vont quand même pouvoir aller à Ushuaïa ?
  • Bien sûr, maintenant il va manger des ships
  • Avec une tomate comme toi ?
  • Oui
  • Et aussi du chocolat ?
  • Je ne crois pas, car moi seule ait le secret pour conserver intact du chocolat par 50 ° à l’ombre
  • Oué, sauf que là fait 16°
  • Dis regarde, un rayon de soleil, où j’ai mis mes lunettes de soleil ?
  • Si tu les mettais pas, tu ressemblerais moins à un hibou
  • Oué, et je me brûlerai la rétine avec mes cristallins articiels multifocaux
  • Pourquoi que t’as des cristallins artificiels multifocaux ?
  • C’est à cause de la cortisone, mais je t’en pose des questions moi ? Tu voulais manger, mange
  • Et pourquoi t’es toute mouillée dedans ?
  • Parce que j’ai transpiré
  • T’as chaud ou t’as froid alors ?
  • Les deux en même temps
  • Allez on y va

Km 14, 76 : la pente se radoucit, la cyclo pédale

  • C’est quand qu’on s’arrête
  • Quand on sera arrivé
  • C’est quand qu’on arrive ?
  • J’en sais rien, pédale

Km16 : ça monte toujours et la cyclo pousse

Km 20 : ca monte encore et la cyclo pédale, apparaît la Laguna Negra, magnifiquent noire, faisant presque peur…

  • Pour quoi tu montes et tu t’arrêtes et tu redescends à pied ?
  • Pour faire une photo
  • Et pourquoi tu t’es pas arrêtée alors ?
  • Parce que si je m’arrête je repars pas
  • Et t’es redescendu à pieds rien que pour la photo ?
  • Oui
  • Si il y a la Laguna Negra c’est que ça va descendre ?
  • Oui

Km 21 ; ça monte toujours, photographie d’une tombe qui de loin ressemblait à une maison et de près à une chapelle, la température reste stationnaire à 16°

Km 24 : miracle ça descend, remise du coupe-vent

Km 25

  • Dis t’as vu la route en face
  • Oui, j’ai vu
  • Elle est plus haute que celle où on est
  • Oui, j’ai vu
  • Et y a un virage
  • Oué, j’ai vu, ça veut dire que je ne pourrai pas prendre d’élan et que je vais transpirer à mort dans mon Kwé, et tais-toi, je suis concentrée
  • Pour quoi t’es concentrée ?
  • Je suis toujours concentrée dans les descentes, et là en plus il y a des trous

Km 28 arrive une ville, il y a même une flèche qui indique un aéroport

  • Pourquoi y a des voitures dans les villes et pas entre ?
  • Parce que les gens restent en ville
  • Et ils se servent de la voiture qu’en ville ?
  • Je crois, oui
  • Même quand elle ne fait que 800 m de long
  • Tais-toi, tu ne vois pas qu’il y a toujours le même taxi-bus qui me double et s’arrête toujours devant moi ? Et ici la ville elle fait des milliards de mètres de long

Km 30 : ça descend toujours, on est toujours en ville

  • Et les enfants ils rentrent ou ils sortent de l’école ?
  • Je n’en sais rien, je vois juste qu’ils sont couverts
  • Elle est bizarre quand même cette ville qui est toute en pente sur la montagne
  • Oui, elle est bizarre, je vais quand même vérifier si on est à Bogono, et si oui, où il y a un hôtel
  • Et pourquoi t’as décidé de te reposer ?
  • Tu te rapelles mon vélo qui cliquetait ?
  • Oui, même que c’était inquiétant
  • Et bien j’ai passé une heure à tout nettoyer les pignons, le pédalier, la chaîne avec de l’essence et une brosse à dents, puis j’ai regraissé légèrement, fait tourner la chaîne et passé les vitesses
  • Oui, et alors ?
  • T’entends encore un bruit ?
  • Non
  • Moi c’est pareil
  • C’est pareil quoi, tu vas te taire ?
  • Non , jaaaaaaaaaaaamais, pas plus que toi, juste je vais prendre soin de moi et après tout nickel chrome

Km 30, 72 : l’hôtel est là, un peu cher mais il y a de l’eau chaude et la wifi qui marche

Et le test d’étanchéité des sacoches et des sacs étanches ?

Nickel chrome, tout est sec

La nuit maintenant va tomber en cinq minutes, vais manger, bisous tout le monde.

J’ai mangé, ai fait 2 fois 3km et 500mètres de dénivelée, c’était cher, pas bon et malgrè les trois portions, la plaque (petite quand même la plaque) de chocolat achetée et mangée lors de la grimpette, j’ai encore faim. Faut que je trouve une solution. Il me faut des calories (la maladie musculaire est accompagnée d’un métabolisme différent de celui des autres), des calories qu’on trouve ici (pas le nutella), des calories pas trop chères ici (le chocolat est cher), pas trop lourdes à porter, peut-être manger plus de viande. Là j’ai touvé un énorme pain au miel d’ici (sorte de sirop aux épices), ça devrait aller, juste la fièvre qui me tue.

Besosssssssss

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Avisssssssssssss à la population

Bonjour, je continue à avoir de la fièvre avec une petite gène thoracique antérieure haute sans vraiment de toux, juste un raclement de gorge. L’écoulement nasal et engorgement des sinus est terminé. L’appétit est conservé, mais cette fièvre me met par terre. Alors ? Vous les médecins reconnus ou pas, les grands sorciers blancs, noirs, ou indiens je fais quoi ? Je prends des antibiotiques à large spectre ? Cela peut éventuellement servir de traitement d’épreuve. Cette fièvre me met vraiment par terre. J’attends vos conseils et me dites pas d’aller à l’hôpital ou consulter, j’irai pas.

Bisous et merci d’avance

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J18 ou rien de spécial

Lundi 7 février 2011

Un petit village perdu dans la montagne dont j’ai noté le nom : EL Jamal de Anzanti:-Biscucuy (prononcez Bicoucoulle)

44,32 km

Vmoy : 15,2 Vmax : 44,32

Température : De 14° au lever à 41° à l’arrivée

Dénivelée positif : 203m dénivelée négatif : 1057m selon compteur (et vu les kilomètres de descente et le gain de température, c’est vrai)

Dénivelée positif selon altimètre : ne s’est pas déclenché

Heures sur le vélo :2H 54’41 »

Départ : je sais plus, entre 8h et 9heures

Arrivée : vers 13 ou 14 heures

Ca y est, je perds la notion de l’heure…

La nuit fût bonne dans mon palais, aucun bruit, juste l’humidité qui m’ a réveillée, duvet et veste-duvet assez mouillés, et surtout gouttes d’eau qui tombent du toit un peu partout, et il ne pleut pas, c’est juste la condensation, je me lève tranquillement, je prépare mes affaires tranquillement, je déjeune aussi tranquillement, m’habille chaudement, collant gris, sous-pull doux, 2 polaires et bientôt le coupe-vent. Comme prévu la route descend, mais pour ne pas oublier que l’on est en montagne il y a des montées, heureusement que je n’ai pas continué hier, je n’y serai pas arrivée, et heureusement que je ne me suis pas laissée déménager car à 20 km il y avait un hôtel et je pense que c’est là que la délégation voulait m’emmener… Juste il m’a manqué du salé hier et vu ce qui m’attend demain j’ai fait des provisions : sardines, tomate, crackers, j’ai aussi acheté des ships, vu que Corinne en avale des tonnes et pédale mieux qu’une championne, et aussi du coca, et aussi du catogate, et aussi du chocolat, et aussi une petite cerveza verde, bref je ne vais pas pouvoir monter avec ce chargement… Ce midi je crevais de faim, j’ai vu écrit « pollo » (poulet), me suis dit, si je le trouve ce poulet, je l’attrape, je le tue, je le plume et je le mange tout cru, à la place du poulet il y avait un restaurant, j’ai mangé une délicieuse soupe au poulet, ça revient presque moins cher de manger dans un petit resto que d’acheter sa nourriture. J’avais faim car le dernier œuf dur remontait à presque 24 heures… Donc beaucoup de descentes, pas mortelles, des passages de rio, pas mortels, des passages de pistes, pas mortelles (la routine quoi…), un déraillement (le premier) et depuis des cliquetis à certaines vitesses, vu l’état de mes mains, je me suis dit qu’il était temps de nettoyer ma chaîne te les pignons et le pédalier, tout le bazar quoi. Quand j’ai quitté ma petite route de montagne pour une un peu moins petite j’ai trouvé une station d’essence, difficile de faire comprendre que ce n’était pas de l’huile que je voulais mais de l’essence, zon encore du me prendre pour une folle. Le paysage était toujours aussi tropical, petit à petit la température s’est réchauffée et au fur et à mesure je me suis déshabillée. Lors d’un arrêt je sais pas quoi, je m’aperçois que mon collant frotte sur la roue, ouf il n’est pas déchiré mais tout sale. Ce matin j’ai vraiment eu froid et j’ai regretté de ne pas avoir pris mon bonnet fétiche. Demain je mettrai mon bandeau accessible. Mais j’ai perdu 1000 mètres et ai gagné presque 30°. Cet après-midi quand j’ai cherché un point internet il faisait vraiment chaud, ce matin mes jambes manquaient un peu de ressort dans les montées, manque de carburant ? La montée de 40km d’hier ? A peine je quitte le resto et les interviews habituels que je suis sur la route de Bocono, celle que je dois prendre demain, et celle que je descends aujourd’hui pendant deux ou trois kilomètres pour rejoindre Biscucuy, je me dis que je ne ferai jamais ça en un jour (Bisusuy-Bocono), ça monte vraiment beaucoup, je ne sais si la zone est habitée ou pas, d’où mes provisions. Je me suis acheté un petit cahier pour remplacer celui perdu à l’aéroport à cause des européens qui se déplacent en voiture blindée et avec gardes du corps… Voilà, je suis dans un hôtel propre, sans eau chaude et sans net, mais j’en ai trouvé en ville (du net, pas de l’eau chaude), d’où le bombardement d’articles… Et la douleur qui me revrille le dos dés que je passe du temps assise devant un ordinateur, là j’écris à moitié couchée. J’ai décidé aussi de faire une page écriture et une page photos, c’est plus rapide. Je devrai aller m’occuper de mon vélo, je manque un peu de courage, mais il faut absolument que je le fasse… Ou je remets à demain ? Ouf mon ordi vient de se femer d’un coup, m’ adit des chose bizarres que j’ai pas compris, mais j’ai tout récupéré, dommage pour les lecteurs qui me subissent…

Bisous toutes et tous

SOS webmaster, un virus a été détecté sur ma clef USB et arrêté par avast, faut-il que j’actualise Avast sur mon disque dur externe puis réinjecter sur mon ordi ? Je sens que ça va être compliqué, donc il faut tout m’expliquer de A à Z, où je vais, où je clique et patati et patata, je crois que je vais abandonner ma Cordillère et aller chez les indiens d’Amazonie, enfin si il en reste des pas pollués par tous ces trucs… Ouf, ce jour j’ai le net par la wifi, ça s’est mis à jour automatiquement, vivent les nouvelles technologies quand ça marche, juste quand ça marche…

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