Départ, moral à la hauteur des nuages
Les routes sont vraiment belles en Suisse
Il y a des failles ? Normal on est en montagne
La vierge nous protège (euh pas toujours…)
Même qu’ils disent qu’il faut pas écraser les cyclos…
J45 : première blessure sérieuse
Lundi 7 mars 2011
El Diamante – Pamplona
27,99 km
Vmoy : 5,5 km/h Vmax :37,9 km/h
Température : 16 départ°, en cours : 21°, arrivée : 13°
Dénivelée positif : 924m dénivelée négatif : 26m selon compteur
Heures sur le vélo : 5H01’43 »
Départ : 8h30
Arrivée : vers 16heures
Résumé de l’article : (pour ceux qui roulent ou les flemmards ou les gens normaux que mon délire n’intéresse guère ou ceux qui bossent comme des malades pour payer la retraite des vieux croulants comme moi, merci d’enlever le c)
Début de journée difficile, je suis réveillée par le passage incessant de camions, je me dis, ce n’est pas possible, ma petite route touristique du dimanche s’est transformée en route à fort trafic, je me lève en sursaut pensant que je ne me suis pas réveillée, il n’est pas 5 heures, je me recouche inquiète quand à la future journée. Suis à nouveau réveillée, je pense encore que je n’ai pas vu l’heure pour m’apercevoir qu’il fait encore nuit. Je me prépare, je sors, il doit être huit heures, il pleut, pas fort mais il pleut et les nuages accrochent encore le flanc des montagnes, ça dégouline de partout. Je charge mon vélo, je cherche longtemps la boulangerie dans ce village d’une vingtaine de maisons, pas d’enseigne, elle ne ressemble pas à une boutique et en plus n’a pas de vrai pain ni brioche, rien, j’ai quand même des petits pains complets qui j’en suis sure vont me triturer les intestins. Je déjeune, encore assise par terre et je pars, déjà les ouvriers sont au travail et déblaient les coulées de boue de la nuit (je vous rappelle les pluies tropicales intenses de la moitié de la nuit) et là la pluie cesse, j’ai même droit à une minute de soleil, top chrono. J’essaie de noter les heures de pluie pour que Sieur Janodou puisse faire une modélisation du temps, puis je renonce vite : en gros jusqu’à midi : de temps en temps petite pluie, tu décides de ne pas te protéger ça tourne en grosse pluie, tu décides de te protéger ça s’arrête et tu te mouilles par l’intérieur. J’ai bien chaud avec la montée, le paysage est superbe de chez superbe, pour un peu on se croirait en Suisse, ou en Irlande, du vert, du vert à en être ébloui, une région peu habitée, de rares maisons, de rares villages, une belle route qui monte, et la circulation ? Après interrogation de la population les camions partent aux aurores, donc presque personne. C’est super beau, je pédale bien, je commence à avoir faim et cherche un endroit où m’arrêter, c’est toujours difficile, il faut un endroit plat pour que le vélo puisse reposer sur sa béquille, ne gênant pas trop la circulation, sans vent et pas au bas d’une montée, bref des fois ça demande plus d’une heure. Quand je crois trouver : pluie, qui vraiment s’intensifie. Sur le bord gauche de la route une boutique qui pourrait être un resto, non c’est juste une vente de boissons, j’achète du coca, demande l’autorisation de me mettre sur le banc branlant à l’abri, mange mes ships, attaque le pâté de survie, pas bon, mon pain pas bon et du chocolat que j’ai trouvé ce matin super bon. Je discute avec les gens de passage, les motards qui enfilent leurs combinaisons étanches, les jeunes conducteurs dont le moteur chauffe et un jeune qui doit être de la maison, je me couvre, commençant me refroidir et enfile moi-aussi ma combinaison de plongée. Je repars, devant la boutique un terre plein en gravier noir mouillé, derrière moi le jeune qui continue à me parler, je suis à gauche du vélo, je n’arrive pas à pousser mon vélo à gauche et comme la béquille est à gauche, à chaque montée et descente du vélo j’effectue un exercice périlleux et pas très esthétique qui consiste à passer au milieu de vélo, redescendre de l’autre coté pour être selon les besoins coté béquille ou coté poussage, alternant un freinage avant et un freinage à gauche, sautillant quand je n’ai plus la force de lever ma jambe à trois mètres de haut au-dessus de la barre qui est trop haute pour moi, cet exercice là est bien rodé et se passe en général bien, juste ça demande un peu de temps et ça intrigue les spectateurs, vas-t-en savoir pourquoi je ne le fais pas, me disant que pour trois mètres ce n’est pas la peine, grave erreur, est-ce que j’ai été distraite par les questions du jeune colombien, est-ce qu’il a voulu m’aider en poussant, quoiqu’il en soit le vélo a dérapé, est parti sur le coté droit, je l’ai retenu de toutes mes forces, mais il m’a entraîné dans sa chute, face contre terre et ma main droite s’est explosée par terre, j’ai un peu mal à la main, aux deux jambes, et surtout une douleur insupportable au quatrième doigt de la main droite, oh que je n’aime pas cette douleur atroce signe de gravité, la troisième phalange pend lamentablement, j’ai mal à en crever, le doigt enfle à vue d’œil, je pousse, au bout d’un quart d’heure la douleur deviendra supportable, évidemment je ne peux freiner, évidemment la pluie redouble, je pousse, ça monte, je n’ai plus le cœur à pédaler, je rencontre le chantier mobile qui à gros coups de bulldozer et de pelleteuse déblaye la route et qui vont plus vite que moi, je rediscute avec le jeune qui fait la circulation, il m’a vu à tous les stades de ma journée, pimpante, pédalante et pleine d’entrain, pédalante poussante fatiguée, et là loque mouillée cassée poussante. Quand même quand ce n’est pas trop pentu je remonte sur mon vélo pour me remettre en confiance. Le frein avant rebloque à chaque tour de roue, c’est pénible de chez pénible. Je décide de m’accorder une journée de repos à Pamplona, je finis par y arriver, le premier hôtel est fermé, à coté un point internet, vais vite dire que je suis toujours vivante, erreur je commence à me refoidir, je dégouline, ce n’est pas possible, le second hôtel n’a pas d »eau chaude, le troisième en annonce, l’eau sera glaciale et achèvera de me geler. Le soir repas de roi : le meilleur hamburger de ma vie et immense, deux portions de frites, un petite cerveza et du chocolat, et du net, vu que l’hôtel a une wifi qui marche avec du débit. Ce matin au réveil par ma lucarne je vois un grand ciel bleu, je rage, j’ai mal choisi ma journée de repos, et puis je m’aperçois que c’est la journée de la femme, donc je suis contente de ne rien faire… Informations sur la Colombie: c’est beau, beau, beau, c’est propre, c’est coquet, c’est agréable, sécurité totale. Il y a plus d’hôtels qu’eau (j’écris eau à la place d’au, lapsus révélateur) Venezuela, ils sont plus propres, moi je trouve que c’est moins cher (mais c’est peut-être lié au problème d’insuffisance de dollars au Venezuela). Bref le moral remonte, j’ai un peu de mal à choisir ma route, j’abandonne l’idée de faire le détour par Cocuy. Je vais voir, ce qui est sûr c’est que je reste dans la montagne, vu que c’est mon projet. Finalement je pense que c’est bien de m’arrêter ici à 2200 mètres selon mes estimations, cela va me faire un palier de décompression… Hier soir anti-inflammatoires, pansement anti-inflammatoire avec mon mouchoir, ce matin extension de la dernière phalange impossible (pas gênant pour freiner), essai de flexion possible mais extrêmement douloureux, doigt toujours enflé et rouge, je pense m’être fait une lésion du tendon extenseur et fracture articulaire P2P3 vu la symptomatologie et les circonstances de l’accident, je suis tombée sur la face dorsale de mes doigts de tout mon poids plus le poids du vélo, allez, on va faire avec.
Bisous tout le monde
Même chez les sauvages kidnappeurs de cyclotouristes il y a des panneaux
Les routes ici aussi s’effondrent…
Quand tu vas basculer on te prévient…
On te prévient aussi que tu vas avoir un accident…
Faut apprendre des nouveaux mots : effondrement…
Les montagnes s’entremêlent sans se préoccuper des frontières…
Furieux sont les rio, furieux ils resteront…
Là c’est spécial pour Christ :
Il a dit qu’il voulait faire de la tyrolienne
Il pourrait aussi faire du parapente…
A condition :
De traverser le pont, il a le droit de femer les yeux, et comme je suis pas vache je ne ferai pas balancer le pont quand il sera dessus…
Pour les autres une dernière vue
Oh, je me suis trompée, c’est le col de Bel Air, limite Isère-Rhône, non ? Allez des preuves…
J 44 : la Colombie c’est…
Dimanche 6 mars 2011
Cucuta – El Diamante
44,21 km
Vmoy : 8,8 km/h Vmax :39,9 km/h
Température : départ 28°, en cours : 36°, arrivée : 23°
Dénivelée positif :756 m dénivelée négatif : 169 m selon compteur
Heures sur le vélo : 4H47’58 »
Départ 9H
Arrivée : vers 15 heures 30 – 16 heures
Résumé de l’article : (pour ceux qui roulent ou les flemmards ou les gens normaux que mon délire n’intéresse guère ou ceux qui bossent comme des malades pour payer la retraite des vieux croulants comme moi sans le c, merci)
La Colombie c’est bien :
Voilà, allez on ne peut pas généraliser en deux jours et demi, disons que première impression géniale…
Bisous à vous ceux qui me soutenaient
Besos a todos
3976 visiteurs, le 4000éme gagne :
Non, pas un jour de pédalage avec moi
Pas non plus un aller-retour en avion pour venir m’accueilir à Ushuaïa
Pas un cours de Salasa ou de Romba
Peut-être un aller-retour en avion si il vient me réparer mes freins, mais attention obligation de résultats
Et si il me fait un retour en arrière avant que je me casse le doigt alors là il a tout ce qu’il veut, tout ? Oui, tout… Même une jounée de pluie
Allez, que le 4000éme visiteur se fasse connaître, il gagne un article qui lui sera entièrement consacré (avec embellissements bien sûr)
J’attends le nom de l’heureuse ou heureux élu, et pas de triche, mon webmaster il a l’oeil…
Cucuta, une ville frontière, une ville que j’ai aimée, une ville pleine de contrastes, ses marchés en plein air riches en sons, couleurs et émotions, sa Pardieu style vachement plus moderne, la carte que j’ai longtemps cherchée… J’ai découvert le quartier des librairies avec de minuscules échoppes qui achètent et vendent les livres scolaires, j’ai longtemps, longtemps marché, j’ai trouvé ce que tous me susuraient sans vraiment savoir où c’était : « la corporation international turista », pas de chance fermée quand je suis arrivée (rare endroit fermé le samedi), pour les cyclo c’est 40 ou 30 , je sais plus, calle 10, la calle 10 c’est celle par laquelle on arrive de San Antonio en se dirigeant vers le centre, c’est presque en face de la pardieu de Cucuta, il y a un carrefour, on ne peut pas le louper, sinon j’ai trouvé le lonely planet ( le choix espagnol ou anglais, j’ai choisi l’espagnol qui m’est en ce moment plus familier et un guide local pas cher avec différentes cartes, (inconvenient du guide local : il est très lourd), à propos de cartes et guides, sieur Janodou tu devrais faire mon périple en sens inverse et tu récupères guides et cartes que je sème sur mon passage. Voilà, j’ai aimé Cucuta, ville où se cotoie et s’emmêle une poulation riche et une beaucoup moins. J’ai compris pourquoi Pierre il aime tant la Colombie : les filles, elles sont super belles, juste ce qu’il faut de forme, plutôt dénudées, souvent même petit short sexy, des pailletes un peu partout jusqu’au bout des ongles artistiquement colorés, il leur manque juste une coiffure un peu différente pour chacune, elles ont toutes une longue queue de cheval noir. Moi je me suis tellement fondue dans la ville que la caissière du supermarché du coin où je m’étais précipitée, atteinte encore d’une fringale pas possible, voulait à toux prix que je prenne la carte de fidélité.
Au fait pour se repérer, c’est simple une fois qu’on a compris le truc, il y a des calle numérotées par ordre et des avenidas numérotées par ordre aussi, les avenidas sont perpendiculaires aux calle, et pour indiquer une direction ils disent « la esquina » pour dire la rue où on est, en tous cas pour sortir de Cucuta je ne me suis pas perdue : c’était a mano derecha y despues a mano derecha y despues derecha, j’ai juste été surprise de voir que Los Patios touchaient Cucuta.
Voilà, j’ai aimé Cucuta, sauf que ils essaient à tous prix d’écraser les piétons.
Besos a todos
Hoy llora
Llora porque he dejado muchos, muchos amigos : Damelis que ha cuidado de mi, Jocely, Aurerelys y todos mis amigos de Miranda que me hacen gustar a los arepas ma ? (Jocely digame como se dice, he olvidado), que han hacido une fecha para me y que me han permido de danzar con ellos, y que dame su cama, muchas gracias a los periodistas del périodico de Miranda y de la television canal plus que hacen de mi una « star », muchas gracias a el joven que dame pastelles muy buenos, muchas gracias a la familia del Perico que me permita de dormir en su casa porque ese noche habia mucha mucha lluvia, muchas gracias tambien a la familia de Lastravsias de Burbuvusai muchas gracia a Nubia y su familia, muchos gracias a los habitantes del pequeno pueblo de la montagna que me prestaban la casa municipal, muchas gracias a todos los que ayudan me para dormir, para comer, para decirme donde ir, muchas gracias a Marco Polo, mi guia, que dame el Pan del Azucar, que mostrame los fraijelones, que compartia con me su amor de la montana, que deciama como los nubes encontran los cumbres, que estaba mi profesor de espanol durante dos dias y que jugia con me a fotografiar todos las montanas y muchas garcias a todos los otros que encuentro en mi camino y que decian « que dios te sigue »
Hoy llora
Llora porque he encontrado un pais muy buenito, pedalia, pusa, llevia mi bicicleta en en la Cordillera de la Costa y despues en la Cordillera Andina, tenia hambre, tenia seb, vistia ojos que tienen luz en sus ojos, crucia muchos rios, miria muchos montanas bonitos y tambien muchas iglesias y tambien mucas cosas muy bellas, he afrontado el sol, el frio, el vente, la lluvia, la tormenta, la nieve, los enfermos, el fievre, los camiones, el trafico, las autopistas, los perros, la altura con el Colodo del Condor y el Pan del Azucar, he recorrido 1500 kilometros, bailia, cancia, he bebido vino caliente a la altura de 4000 metros, muchos litros de cola o de catogate, he comido muchos muchos arepas y tambien mucho chocolate, me he perdido, he rodado en la noche, he encontrado una Cordillera Andina fuerte y que a veces da terror, he cuidado mi bicicleta, limpiala, dabiala aceite cundo la preguntia y muchas otras osas
Hoy llora
Llora porque he encatrado una gente joven caliente bailadore cantadore sonreidante
Hoy llora porque digo « adios Venezuela, adios venezulanas, adios venezulanos »
Hoy llora
Bonjour
J’arrive juste a Pampelona, trempee jusqu’aux os, epuisee, um doigt casse. Quand meme c’est super super beau, aucun probleme de securite et les enlevements c’est du passe.
Voila je vais me chercher un hotel si possible avec eau chaude, demain repos, bisous a toutes et tous
J43 : Bonjour la Colombie
Vendredi 4 mars 2011
San Antonio de Tachira (Venezuela) – Cucuta (Colombie)
13,79 km dont 3 au Venezuela
Vmoy : 13,9km/h Vmax : interférences élestromagnétiques
Température : départ 21°, arrivée : 28°
Dénivelée positif : 49m dénivelée négatif : 139m selon compteur (à mon avis c’est plus, quelques cotes sur l’autoroute)
Heures sur le vélo : 0H59’28 »
Départ : vers 9 heures
Arrivée : vers 12 heures
Résumé de l’article : (pour ceux qui roulent ou les flemmards ou les gens normaux que mon délire n’intéresse guère ou ceux qui bossent comme des malades pour payer la retraite des vieux croulants comme moi sans le c)
J’allais écrire pas grand chose à dire, si j’ai à dire, le Venezuela et la Colombie sont séparés par un pont, je passe le coté vénézuelien sans contrôle, sauf que quand je vais du coté colombien pour faire mon visa, ils me disent que je n’ai pas fait ma sortie, retour donc au Venezuela (que le pont mais très encombré), je fais la sortie (c’est marrant on se croirait à l’hôpital tu passes par le bureau des entrées et celui des sorties, sauf que là c’est en sens inverse et que je suis pas malade), c’est vrai qu’il faut payer, c’est vrai que c’est à la tête du client car on me fait payer moins que la somme annoncée (après quelques blablabla). A la douane je demande à quelqu’un de me prendre en photo (photo réclamée par le journaliste du Dauphiné libéré), c’est le correspondant permanent d’un journal italien qui prend la photo, hasard des choses, au passage je laisse tomber mon porte-monnaie et c’est le marchand de friandises qui me le ramasse et me le donne, et apres on va dire qu’au Venezuela on tue tous les etrangers…. Après un bon baratinage l’abuela cyclotouriste que certains qualifient de « la plus gringalette de l’Amérique du Sud » obtient un visa de 90 jours alors que réglementairement c’est 60, je vais pouvoir me traîner tranquillement… (ma seule contrainte étant d’arriver pendant l’été australien à Ushuaïa) La route qui relie les deux villes frontières est une autoroute, un peu montagnes russes, pas de voie d’arrêt d’urgence, mais la circulation n’est pas si terrible que cela, et le revêtement adapté à mes fragiles oreilles. Une fois dans la ville, là c’est terrible, mais c’est encore plus terrible pour les piétons, c’est simple les vélos n’existent qu’à moitié, et les piétons, ils sont carrément invisibles, je prends la direction du centre, toujours pour pouvoir faire ce que j’ai à faire plus facilement, je vois un premier hôtel, ça l’air de me convenir, à coté il y a une banque j’y vais, impossible de retirer de l’argent aux caisses automatiques, je vais donc à l’étage du dessus, un premier guichet, un deuxième, retour au premier, ils ne sont pas capables de me donner le taux de change en euros, me le donnent en dollars, bon approximativement je me dis que je divise par 2000 ce que je dépense. Ne sachant combien prendre je leur demande combien ça vaut ici une nuit d’ hôtel dans un hôtel pas trop cher, mais ici comme au Venezuela pas trop cher ça n’existe pas c’est où cher ou bon marché, le mot espagnol entre les deux n’existe pas. A la banque ils me disent aussi qu’on ne trouve pas facilement des banques, ce que me démentira la personne de la réception. Voilà, je m’installe, pensant rester une nuit, mais me disant qu’un peu de repos ne me ferait pas de mal. Vu que je passe l’après-midi entier à m’occuper de mon vélo : chercher un magasin de réparation de bicyclettes, ils me changent carrément les patins de freins, il faut dire que à l’avant j’ai commencé à entamer ma jante, apparemment c’est bien réglé, sauf que je vais vite m’apercevoir que les freins avant ne reviennent pas bien, je règle moi-même vu que les spécialistes ne font pas mieux que moi. Mon vélo étant garé dans un garage, j’en profite pour faire le nettoyage complet, auparavant je cherche de l’essence, pas forcement évident. Et entre le magasin de vélo et l’hôtel je me refais le coup de Damas, perdre son hôtel sans en savoir ni le nom ni l’adresse dans une mega ville avec des milliers d’hôtel et comme seuls renseignements « c’est à coté d’une banque, il est plutôt cher, il a internet mais pas d’eau chaude et c’est un quartier moins commerçant qu’ici et quand on vient du Venezuela c’est sur une route où il y a indiqué centre, et bin avec tout ça c’est pas possible. J’aboutis à la réception d’un autre hôtel, il pense que c’est tel hôtel, il téléphone, non ce n’est pas celui-là. Je lui demande son annuaire et fais tous les noms d’hôtel, espérant reconnaître le mien, je le reconnais grâce à la wifi à laquelle d’ailleurs je n’ai pas pu me connecter, et que c’est à cause d’internet, justement parce que je n’ai pas pu me connecter que j’ai fait plusieurs aller-retour réception-chambre et que j’en ai oublié la carte de l’hôtel. Pas de chance, trois hôtels portent le même nom, mais deux coups de téléphone et je suis localisée…Je reste donc une nuit de plus. L’après-midi nettoyage de bicyclette pas trop drôle, heureusement comme c’était dans un parking avec nettoyage de voitures j’ai eu de la visite et je commence à apprendre le colombien qui est très différent du vénézuelien. Il faut dire que mon vocabulaire est très sélectif, je sais dire les freins « tocos », la béquille « pata », la tente « tienda ou carpa » les cairns « botte » le sommet « la cumbre » la haute montagne « paramo » le col « colodo », évidemment ce qui se mange et où dormir. Autre bêtise de la journée, je n’ai pas pensé une seconde que nous n’étions plus sur le même fuseau horaire…
Voilà , bisous
J42 : c’eût été…
Jeudi 3 mars 2011
San Cristobal – San Antonio de Tachira
Vmoy : 8, 1km/h/h Vmax : interférences élesctromagnétiques
Température : départ 21 °, milieu :15° arrivée : 21°
Dénivelée positif : 745m dénivelée négatif : 1299 mselon compteur
Heures sur le vélo : 5H03’09 »
Départ : 10 heures
Arrivée : vers 18 heures
Résumé de l’article : (pour ceux qui roulent ou les flemmards ou les gens normaux que mon délire n’intéresse guère ou ceux qui bossent comme des malades pour payer la retraite des vieux croulants comme moi, possibilité d’enlever le c)
Donc je ne me presse pas, je ramasse mes affaires, je suis passe du stade artisanal de sechage au stade industriel…


C’eût été une étape montagne très chouette si je n’avais pas mal aimé San Cristobal, j’ai fait le détour pour passer la frontière dans une grande ville et je pensais que San Cristobal était une ville intéressante. Non, j’ai trouvé que c’était une presque mégapole, une ville sud-américaine sale, sans vraiment de centre individualisé, s’étendant sur beaucoup de kilomètres, avec évidemment des cotes poussantes et une recherche d’hôtel difficile, et je n’ai pas trouvé son âme…
C’eût été une étape montagne teribol si il ne m’avait pas fallu traverser une autoroute a 3 voies avec la voie d’acces qui arrive a gauche, donc tu n’as pas le choix, t’es dedans, j’ai cru crever, ouf une voiture puis une autre m’a laisse passer…
C’eût été une étape facile si cela avait été comme dans ma tête : deux grandes villes comme San Cristobal et San Antonio de Tachira si proches de la frontière ne pouvaient être reliées que par une autoroute, certes je n’espérais pas une voie d’arrêt d’urgence, mais je pensais tracer…
Un dernier adieu aux enfants…
Un coucou a un admirateur
C’eût été une étape montagne super bien si je n’avais du par deux fois en sortant de San Cristobal faire demi-tour devant un mur descendant (cote supérieure à 45%), infranchissable avec mon vélo chargé et mes freins qui vont pas…
C’eût été une étape montagne sympa si justement mes freins allaient, heureusement des motards à un magasin, après m’avoir dit en rigolant que je devrais mettre un moteur à mon vélo ont remarqué mon problème de freins, ils ont (sous mon œil attentif) resserré le frein arrière…
C’eût été la plus belle des étapes montagnes si au lieu de l’autoroute espérée ce ne n’était pas une petite route avec circulation intense et pollution, si au lieu des nuages que vous craignez soit de prendre sur la tête (d’ailleurs vous les prenez), soit vous montez si haut que c’est la tête qui rentre dedans avec son cortège de brouillard, bruine, pluie et froid…
C’eût été une étape montagne inoubliable avec juste un petit rayon de soleil, avec pas tous ces faux cols qui font que jamais vous n’arrivez, avec ces cotes si relevées que souvent vous devez pousser…
Quand meme il y a de belles eglises
Et des camions pas tueurs
C’êut été une étape montagne si chaque village franchi n’offrait pas son mur pentu si pentu que rearqueboutage sur le vélo, rereprise de force tous les trois mètres (quand même un petit plaisir au passage dans un mur, un mec vous propose de pousser votre vélo, vous acceptez, jubilant d’avance car connaissant la suite, il prend les rennes, c’est-a-dire votre guidon, vous êtes là toute prête à retenir car la suite vous la connaissez, évidement il ne peut décoller le vélo d’un millimètre, vous parez la chute en arrière parce que vous n’avez pas envie que votre vélo soit cassé ni remonter à grand peine ce que vous avez déjà monté, comme vous êtes vache vous lui laissez trois essais, tous aussi non concluants, jubilation intérieure très forte, vous reprenez le guidon, et oui, il faut la force, l’entraînement et la technique, le mec du coup il pousse un peu derrière, mais sûr qu’on ne l’y reprendra pas…
Qui a dit que c’etait une colline ?
C’eût été une tape montagne de rêve si le ventre ne s’était pas remis à vous torpiller et bien sûr nul endroit où s’arrêter…
C’eût été une étape montagne inoubliable si lors de la descente, où devant vous s’est éclatée La Cordillère dans toute sa splendeur avec ses montagnes toutes plus hautes que les autres s’entrelaçant avec majesté et splendeur, s’élançant à perte de vue, nimbées de brume, protégées par de grandes forêt, traversée par une route ponctuée de coulées de boue et de quelques chutes de pierre, une route qui ne traverse plus aucun village, une route où les véhicules motorisés descendent si prudemment que jamais ils ne vous frôlent en vous doublant, oui c’êut été une étape montagne inoubliable si les freins avant ne faisaient pas un croc croc inquiétant, si une douleur dans la main droite (merci l’hôpital de m’avoir écrabouillé la main mais parait-il qu’il n’y a pas eu faute, juste une complication normale… Oué c’est normal de pas t’opérer parce que le chirurgien il a pas fait d’orthopédie depuis 10 ans et on te transfert pas car sinon comment justifier le maintien de l’hôpital, oué c’est normal de faire une résine trop serrée et de te laisser hurler de douleur sans l’ouvrir, c’est normal… Au passage vous comprenez pourquoi je n’ai pris aucune assurance, si il m’arrive quelque chose d’abord l’assurance trouvera toujours une clause d’exclusion, ensuite je suis persuadée qu’ici je serai mieux soignée, ça ne change rien de râler, mais qu’est-ce que ça fait du bien) ne t’obligeait pas à t’arrêter régulièrement. Quand même superbe descente, et en descendant on récupère des degrés…
Arrivée à San Antonio (Sieur Janodou, si tu passes par là ne cherche pas écrit Colombie ni Cucuta, ce n’est jamais écrit, seule la direction San Antonio est indiquée, et encore pas toujours même lors de bifurcation, ne pas hésiter à demander, et demander c’est toujours une nouvelle rencontre, un nouvel échange). Au fait sieur Janodou, j’ai essayé de noter les heures de pluie, puis j’ai renoncé c’était trop discontinu,et puis comme depuis j’ai appris que le temps depuis quelques jours (pluie froid) était exceptionnel, à San Antonio il faisait 21° et parait-il que d’habitude la température ne descend pas au-dessous de 28°.
J’ai tout de suite aimé San Antonio, ville brouillon, ils roulent en sens inverse, déjà la musique battait son plein et si fort que les basses font sauter tout ton corps. C’était l’ouverture du festival, tout de suite j’ai été prise en charge par une personne, puis une autre, ouverture de la route par une voiture, appel à d’autres témoins, conduite à un hôtel, on m’offre l’internet super débit. Et puis la fête, j’ai décidé de m’éclater et je m’éclate. Juste il y a un problème à San Antonio : plus un homme n’a un cheveu sur la tête. Ils ont essayé de m’apprendre je sais pas quoi la salsa ou la rumba et ils se sont tous arrachés les cheveux… Quand même j’ai fini 3ème sur 5 au concours de danse… Mais pour le premier soir ils se réservent, ils m’ont expliqué que le premier soir ils observent, font du repérage… Et reséance photos, caméras et interview, j’ai commenté l’ouverture du festival pour je ne sais quelle télé… J’ai failli cédé à l’invitation de rester jusqu’à dimanche où là ce sera le festival du festival, mais j’ai toujours dans la tête d’arriver en février à Ushuïa, et puis les adieux il ne faut pas trop s’y attarder, trop d’émotions y voy a decir : hoy llora, llora porque digo adios al Venezuela, porque tengo muchas amigas y muchos amigos en ese pais y porque no se como decirlos muchas garcias por su hospitalidad, su ayuda, su calor, sus bailes, sus canciones, su guia, hoy llora…
Besos, muchos besos a todos