Dimanche 27 mars 2011: nouvelles brèves

Bonjour à tous, voilà je suis cramée, à tous les sens du terme, visage cramé, muscles cramés, je viens de me payer une 3ème grosse journée, aujourd’hui je suis à Tunja, partie 8 heures, arrivée 17H30, 80, 15km, 6H52’13 » sur le vélo, 714m de dénivelée positif, 790 m négatif, Vmoy : 11,6, Vmax : 53,8, oui je sais c’est un peu rapide sans casque. J’ai retrouvé le soleil, la civilisation et ce soir et demain je me paie un palace, donc pas de courant d’air, une chambre propre à 23°, j’espère de l’eau chaude sans électrocution.La wifi, y a même un sèche-cheveux, je fais faire une grande lessive, oué ça se fait pas dans un palace et si pas sec, sèche-cheveux… La nuit avec petit déj qui est un vrai repas ici 20 euros, ça ira. Je suis hypercramée (sur le visage malgré le crémage) parce que le reste couvert, je suis encore pas loin de 3000 mètres. A plus le devoir, euh la lessive m’attend, bisous à tous… Le choc de Tunja

Splendeurs et suite plus tard, besos del mas grande parque de Colombia, la plaza Simon Bolivar de Tunja

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Le nom de ces bestioles ?

grillon

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J63 : J’y comprends rien à la Cordillère, perte de 24° en quelques minutes…

J63 : J’y comprends rien à la Cordillère, perte de 24° en quelques minutes…

Vendredi 25 mars 2011

La Uvita – Sucacon

Distance parcourue :  48,06 km

Vmoy : 7,8 km/h Vmax : 42,7 km/h

Température : départ 15°, va monter à 44° puis en quelques minutes chuter à 17° en tournant sur un autre versant de la montagne et sous des nuages et de la pluie

Dénivelée positif : 968m

Dénivelée négatif : 1080m

Heures sur le vélo : 6H06’31 »

Départ : 6 heures

Arrivée : vers 12 heures 30

Résumé de l’article : (pour ceux qui roulent ou les flemmards ou les gens normaux que mon délire n’intéresse guère ou ceux qui bossent comme des malades pour payer la retraite des vieux croulants comme moi, merci d’enlever le c)

  • Objectif : Soata et si possible selon le temps et la forme  Sucacon, dernier village avant le Paramo (col aux alentours de 4000 mètres)
  • Conditions météorologiques : lever du jour couvert, c’est bien la peine de partir si tôt, puis descente dans une vallée chaude, 29°, alternance de soleil et passages nuageux, puis je remonte et plus  je monte plus la température grimpe, elle va atteindre 44°, j’adore et en l’espace de 5minutes dégringole à 17°, je déteste, la pluie se met aussi à dégringoler, pendant 2 heures puis s’arrête.
  • Etat de santé : excellent, des nausées le matin, vite j’avale mes médicaments avant de me retrouver dans l’état dans lequel j’étais à El Presidente, ça passe, pourtant j’ai jeté ma bouteille réservir de microbes (doigt toujours pendouillard)
  • Degré d’euphorie : strictement parallèle à la température
  • Particularités de la journée : je me régale avec la chaleur retrouvée qui disparaîtra d’un coup. La route descend puis monte, grosse, grosse journée mais ça va, la chaleur est vraiment mon élément, puis chute des températures brutales et… Pluie, mais la route n’est pas dangereuse, et l’état de la route s’améliore, plus de goudron que de piste.

Lever 5 heures, oué ça devient de plus en plus dur, demain le lever est prévu à 4H30, départ à 7 heures pour pouvoir un peu rouler avant la pluie. Le ciel est couvert, la mama de l’hôtel m’annonce la pluie pour midi. Je parle avec elle, je comprends que la route est « dépavimienta » jusque Tunja, là je crois que je vais craquer, puis en me faisant préciser les choses, non la route est « pavimienta » tout le long, c’est-à dire goudronnée, en fait ce sera une alternance de super route, de route cassée et de piste. Je commence par me tromper de chemin, c’est une piste, mais maintenant je suis prudente et demande et redemande, juste je resalis mon vélo, mais là ce n’est rien, il sera vite resali dans les portions de piste et avec la nouvelle pluie que je vais me prendre. Je commence par une longue descente sur une route en bon état, seuls mes freins ne sont pas en bon état, c’est la cata, le frein arrière est limite et celui avant se mettra à freiner dans la montée en émettant un bruit strident au cas où tu n’aies pas remarqué que ça freinait…  J’arrive à un village où c’est jour de marché, donc très animé, je ne flâne pas, juste une photo, j’ai décidé d’avancer, évidemment le village monte, j’attrape une suée, histoire d’être mouillée dedans, je ne me déshabille pas sachant qu’une descente m’attend. Cette descente est super belle, les coulées de boue et chutes de pierres de moins en moins fréquentes, j’atteins une vallée chaude, je suis partie avec deux polaires, bandeau polaire, collant, pantalon polaire, anorak colombien, je traverse le rio (par un pont non coupé, juste ça a débordé il y a deux jours), je me déshabille et entame une longue montée sur une super route, je pousse et pédale comme je peux selon la pente, la chaleur est là, plus je monte, plus il fait chaud, j’adore, il y a pas mes muscles fonctionnent bien mieux quand il fait chaud, pourquoi Dieu (ou la nature) m’a-t-il (ou m’a-t-elle) dotée à la fois d’une maladie où je souffre atrocement du froid et d’un amour pour la montagne où par principe il fait froid, bon je ne sais pas, juste je sais que quand j’ai chaud je vais mieux, alors là je me régale, le matin ce sera des températures aux alentours de 30 degrés et ça va monter, monter, 32, 38, 40, jusqu’à’ à 44°. Dans mon ignorance et mon désir d’avoir chaud, je me dis que je me suis éloignée de la Sierra Nevada del Cocuy et que j’ai changé de climat, oué bin ce soir je suis encore dans ma veste duvet, je l’ai amortie celle-là… Lors de la montée l’ambulance du coin va me doubler ou me croiser plusieurs fois, depuis quelques jours ils m’ont repérée, alors c’est un petit klaxon gentil et un petit coucou, les chauffeurs de bus aussi m’ont repérée, au moins ils ne me rasent pas, c’est sympa tout cela, et je retrouve la civilisation, au moins cinquante véhicules vont me croiser ou me doubler. Ca va, demain dans le Paramo je ne serai pas complètement seule, et la route sera « pavimienta ». Ce soir j’ai fait mes provisions pour demain, je ne suis pas sûre d’arriver à gravir ce Paramo en un seul jour, on m’a conseillé de partir à 6 heures, ça devient le bagne mon truc, j’ai le choix entre préparer mes sacoches ce soir, mais ça veut dire que je ne fais pas profiter mon linge d’une nuit de séchage et franchement ça pue de chez puer et gagner une heure de sommeil, ou laisser sécher et me lever à 4 heures. Je n’ai pas encore pris de décision. Les colombiens connaissent mieux leur pays que les vénézueliens et j’ai des renseignements fiables sur la route, je sais que pour atteindre Tunja j’ai deux paramos à passer, à Tunja je vais rejoindre une plus grande route, ce sera plus facile, je sais aussi que pour demain du village où je suis jusqu’au paramo il n’y a rien, ni épicerie, ni restaurant, qu’il y a environ 16 km et deux heures de carosse, alors là je crains le pire car une demi-heure de carosse, pour moi c’est 4 heures, calculez, ça fait 16 heures, pas possible dans la journée, d’où mes provisions. Un paramo c’est aux alentours de 4000 mètres, là je suis vers 2600 mètres. Tous ici, et à juste titre craignent le paramo, la montagne ici est très très dure, beaucoup plus dure que ce que l’on peut imaginer, des écarts de températures impressionnants et subits, un temps imprévisible, du brouillard, du froid, des trombes d’eau qui vous tombent d’un coup sur la tête et la montagne qui part avec, et des fois ça gronde et des fois ça vente aussi. Allez je suis prête. Donc je monte, une jeep rouge (encore) me propose de monter dans son « platone », évidemment je refuse, on rigole un peu, je retrouverai le mec à Soata, tandis que je me prépare à manger au resto, on rigole encore un peu, vu que je lui dis que même sans son platone où je sais pas quoi j’y suis arrivée, je me suis régalée tout le long de la montée quand soudain la faim m’a pris, je cherche un endroit pour pique niquer, j’ai du mal à trouver un endroit plat, je vois une vierge au loin, je me dis allez un petit effort, là-bas tu seras bien, en fait la vierge c’était Soata. Soata n’est pas une jolie ville, j’ai bien fait de profiter de la Uveta. Soata a la particularité d’avoir une église à deux visages, le corps du bâtiment est en granit que l’on dirait directement importé d’Ecosse, le clocher est du plus pur style colonial. J ‘ai trouvé un resto, j’ai super bien mangé, là c’était du poulet et la boisson un mélange de panela et de jus d’orange, le tout pour moins de deux euros, les pique-nique me reviennent plus chers… Ce soir idem pour moins de 1 euros, la boisson c’était un mélange de melon et de je sais pas quoi et le troisième légume c’était des pâtes, ça va j’ai ma ration de sucres lents, et la soupe trop bonne de chez trop bonne et je complète par du chocolat, je fais du gras je vous dis, je fais du gras, juste j’ai mal au mollets et aux cuisses, je n’ose dire l’absence d’activité pendant six jours, vu que quand même je suis montée à 5300 mètres, non juste l’absence de poussage et de pédalage. Je finis de manger il est 12h30, je me renseigne sur le temps il ne devrait pas pleuvoir, euh, une heure et demi après il pleut, mais l’endroit est beaucoup moins dangereux que les jours précédents. La route monte, je suis fatiguée, je me dis que continuer va être une galère, mais que ce serait mieux, à la fois pour aligner des kilomètres, pour rendre le paramo plus accessible et pour profiter du beau temps, je continue donc, et ??? Ce n’est pas une galère, je pédale même très bien, route et piste alternent, la piste est bonne, juste les camions qui passent font beaucoup de poussière, mais ça va ils sont rares… Je vois un village en face, je me dis ce n’est pas possible, ils ne vont pas tout nous refaire redescendre pour remonter, et en plus là-bas il pleut. Il ne faudra pas tout redescendre, juste un peu et faire le tour de la montagne et remonter, et là boum chute brutale de la température, 44, 40, 28, 25, 19, 16, vite je remets une polaire et un kwé et boum d’un coup pluie, pluie qui mouille, je n’ai pas le temps d’enfiler un pantalon, je mets comme cela à même la peau mon pantalon kwé, à ne pas faire, c’est très, très désagréable, ça colle à la peau, c’est froid, la pluie va durer deux heures, juste pour me dire que je n’ai pas à regretter de n’avoir pas étendu mon linge sur mon porte-bagage, évidemment pendant qu’il pleut je suis sur de la piste, évidemment mon vélo est dans un état, et ce frein arrière qui ne freine pas et ce frein avant qui couine à chaque tour de pédale dans la montée, et puis ça va se calmer, et puis j’arrive à  Susacon, contrôle de police inopiné, pas pour moi. Dans le village je cherche un hôtel, il y en a au moins deux mais fermés, finalement j’aboutis dans un hôtel de charme, douche collective, mais une fois qu’on a compris le système, douche chaude, il y a deux fils qui arrivent dans la douche, oh là là rien que s’y penser ça me fait froid dans le dos, il faut ouvrir à fond pour déclencher le système, puis diminuer tout doucement pour ne pas arrêter le système mais pour que le débit soit moins important et laisse à l’eau le temps de chauffer, et ainsi on a un mince filet d’eau chaude. Voilà le patio est dans les verts, c’est ma couleur, j’ai passé une excellent journée, demain le Paramo, bisous tout le monde, et je le dis plus mais c’était super beau, différent des autres jours, mais trop beau. J’ai perdu ma petite tresse dans les cheveux, elle a duré 9 mois, il va falloir que j’attende de retourner à Pelvoux pour en refaire une, avec mes petites-filles bien sûr qu’au passage j’embrasse. J’ai oublié, trois attaques de chiens, c’est pénible, des condors, c’est pas pénibles, des oiseaux, des fleurs, de jolies maisons, des truc chouettes quoi

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J62 en images : La petite maison dans la prairie ou la force de la Cordillère…

San Mateo : son eglise

L’armee qui est venue a mon aide

La route est belle

Et le paysage super beau

La petite maison dans la prairie

Sûr il vaut mieux ne pas être dessous quand ca tombe

Ni quand ca s’eboule

Chutes de pierres et eboulements se succedent

Les ecoles sont souvent joliment decorees

Et les maisons jolies

Je pense que je vais finir par vous lasser avec mes eboulements

Et mes pierres

Et mes effondrements

Ca devient complique

Tres, tres complique

La piste est etroite

Et les nuages arrivent

Ils arrivent a la vitesse grand V et sont la

Mais il y a les rencontres

Un hotel hyper sympa avec sa salle a manger collective

Une vue superbe de la chambre

Un patio de charme (mais mouille…)

Le coin lessive ( que je ne fais plus sauf les petites culottes)

La salle de bains (collective aussi)

La cuisine, super bonne la cuisine de la mama

Le velo aussi il est bien

La Uvita, normalement ville chaude…

Ville tres sympa en tous cas

La ca devient grave le sechage…

Bisous tout le monde

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J62 : La petite maison dans la prairie ou la force de la Cordillère…

J62 : La petite maison dans la prairie ou la force de la Cordillère…

Jeudi 24 mars 2011

San Mateo- La Uvita

Distance parcourue :  20,87 km

Vmoy : 6,3 km/h Vmax : 37,2 km/h

Température : départ 19°, va monter à 31° puis très rapidement chuter à 19° sous l’effet conjugué de l’altitude et des nuages

Dénivelée positif : 596m

Dénivelée négatif : 524m

Heures sur le vélo : 3H16’04 »

Départ : 8 heures

Arrivée : vers 12 heures 30

Résumé de l’article : (pour ceux qui roulent ou les flemmards ou les gens normaux que mon délire n’intéresse guère ou ceux qui bossent comme des malades pour payer la retraite des vieux croulants comme moi, merci d’enlever le c)

  • Objectif : avancer direction Tunja, atteindre La Uvita ou Soata en fonction du temps, pas de risque
  • Conditions météorologiques : soleil jusque 10 heures, puis nuages et froid  modéré, pluie puis orage vers 13 heures, je suis a l’abri mais pas mon vélo et mes bagages, retout mouillé, parce que le temps que tu réalises c’est foutu
  • Etat de santé : excellent (doigt toujours pendouillard)
  • Degré d’euphorie : ça va
  • Particularités de la journée : Départ à 8 heures pour pouvoir un peu rouler avant la pluie. Montée à un col à 3000mètres, alternance de route et de piste, les dégats de la pluie d’hier sont là, nombreux éboulements, pierres et rochers sur la route, effondrements, je décide de ne prendre aucun risque et tant pis pour les sauts de puce mais je ne roule que le matin. Montée de 15km dans un paysage d’une beauté stupéfiante, du vert, des montagnes lavées par la pluie d’hier, rencontre d’un taureau mugissant, de jolies fermes, tout est riant sous le soleil, tenue légère pendant deux heures, le bonheur quoi, puis nuages, sensation de froid, après 15km une descente sur une mauvaise piste et des freins qui freinent mal, là je suis en bout de corse et je touche…Arrivée à La Uvita, 3 heures avant d’atteindre le prochain village, je m’arrête, une demi-heure après orage.

Voilà je me réveille très tôt vers 5 heures mais je sens que je n’ai pas assez dormi, donc je reste couchée. A 5h30 le bruit habituel, les gens se lèvent. Je me lève à 5h45 espérant partir à 7 heures, mais je suis lente dans mes préparatifs, la sacoche pour le sec, une pour le trempé, une pour le demi-mouillé et ce que je veux faire sécher sur mon tas sur le porte bagage, mal arrimé je perds tout y compris ma petite culotte dans San Mateo, je ramasse, le soleil brille, je suis en short, tout va bien. La route est difficile, moitié piste, moitié bitume, au moins une centaine de coulées de boue, de pierres et d’effondrements, je décide de ne prendre aucun risque et de m’arrêter au premier village des que le temps est menaçant. Je vais rencontrer une quinzaine de véhicules motorisés, deux hommes à cheval, plusieurs chiens, des oiseaux et des papillons, un taureau mugissant qui le temps que je cherche comment enclencher la vidéo va compter fleurette ailleurs. Le contraste est saisissant entre les montagnes d’un vert fluo qu’on croirait que c’est pas vrai, les jolies maisons, le vaches paisibles, les oiseaux qui chantent et les dégâts de l’eau sur la route. Je comprends un peu la réaction des gens d’hier qui ont du me trouver bien imprudente de rouler avec le temps qu’il faisait, mais que tu soies en vélo ou en voiture c’est pareil, si t’es dans un éboulement tu es dans un éboulement, sauf qu’en voiture tu vas plus vite, donc t’es moins longtemps exposé, mais je ne m’exposerai plus, tant pis pour les sauts de puce. Demain réveil 5 heures pour pouvoir rouler. Je suis un peu inquiète, un jeune m’a dit qu’on ne passait pas après Soata, que le pont aurait été emporté, le temps que j’y arrive ils en auront peut-être reconstruit un, il faut que je me renseigne mieux. Mais l’avantage d’être retenue ici c’est que je suis dans un hôtel où je me sens bien, dans une ville où je me sens bien, comme dans un petit coin de paradis, et puis c’est une ville chaude sauf que la il fait froid mais ce n’est pas normal. Tout le monde, depuis que je suis en Colombie dit qu’il y a un changement climatique, on va faire avec… Si la route est coupée et que je dois refaire tout le chemin jusqu’à Pamplona, et bien mon visa de 90 jours ne va pas suffire… Et Ushuaïa ca va être en plein hiver, noooooooooonnnnnnnnn. Arrivée à La Uvita je demande comme d’habitude ou est-ce qu’il y a un hôtel, je fais la connaissance de trois femmes. L’une d’entre elles m’emmène dans deux hôtels pour que je choisisse, j’ai fait le bon choix, un charme fou, aucun confort mais que je suis bien, et en plus la nourriture est excellente, autant qu’elle peut l’être en Colombie : voilà le menu non pas habituel mais systématique : une soupe qui n’est jamais la même et toujours excellente, une grande assiette avec une salade qui change, du riz, des pommes de terre en robe des champs, un morceau de viande (que je n’arrive pas à couper) ou du poisson ou des œufs et un troisième légume qui varie, qui peut être des pâtes ou du popcorn ou des haricots, des petits pois, des bananes frites, etc, le tout est accompagné le midi de jus de fruit ou limonade faite maison (ce midi c’était litchies-citron miam miam) et le soir de panela, c’est de l’eau chaude avec le sucre de canne non raffiné, c’est délicieux le tout pour un minimum de 50 centimes d’euro, un maximum  de 3 euros, alors je fais du gras et je n’ai plus les fringales que j’ai eues au Venezuela. Le midi je pique-nique ce que j’ai, vu qu’il me faut une journée pour aller de ville en ville. Quand à l’endroit où dormir, dans toutes les petites villes il y a un ou plusieurs hôtels dont le prix va de 3 à 4 euros, le confort n’est pas toujours là mais c’est propre, donc de ce coté-là aucun souci, et aujourd’hui c’est le rêve, je suis dans ma cabane, d’ailleurs l’hôtel s’appelle « La Cabana », la chambre est minuscule, le lit a un sommier de bambou, une paillasse et un très mince matelas de mousse, peut-être que demain quand j’aurais le dos torpillé j’aimerais moins, mais là j’adore, pas de fenêtre à la fenêtre juste un volet. En fait j’aime les endroits tout petits pour dormir, c’est pour cela que j’aime dormir dans ma tente, que j’ai fait ma chambre dans la plus petite pièce de la maison, que chez Brigitte j’aimais dormir dans son grenier, allez là je vais dormir…Mon souci n’est donc pas de savoir où je vais dormir mais de passer entre les gouttes, entre les coulées de boue, les chutes de pierre, de ne pas me retrouver devant une route coupée, d’essayer d’avancer, de faire sécher mes affaires, de ne pas me geler avant une descente, d’avoir une douche chaude pour me réchauffer quand je suis gelée, que mes freins ne me lâchent pas complètement. Sinon j’ai mal au cœur quand je vois l’état de mon doigt, je me dis que j’étais déjà assez estropiée comme ça, maintenant j’ai compris que mon vélo chargé était une petite bombe et quand il tombe, je m’écarte, et pourquoi il tombe ? Parce que des fois tu as besoin de te déshabiller ou de te rhabiller ou toute autre chose, tu attends de trouver un endroit plat, ça n’existe pas, alors tu prends un endroit pas trop pentu et des fois t’es limite. Voila, j’aime toujours autant la Colombie… et cet après-midi j’ai fait quoi ? Entretien vélo : 2 heures, net idem, je devais aller voir la femme de la bibliothèque pour signer son livre et le temps a passé, j’espère que demain elle ne va pas me sauter dessus et me retarder et que je prenne la pluie et de la boue, et des pierres… Sinon la uvita est encore très différent de ce que j’ai vu jusqu’à présent, c’est un village plutôt moderne, je dois être dans la seule maison coloniale restante, beaucoup de petites villes coloniales ont été détruites soit par un tremblement de terre, soit par le feu, et franchement pour se perdre ici il fallait que les espagnols soient très avides d’or, vu que je suppose que ce n’était pas pour le paysage ni pour titiller les sommets, à moins que ce ne soit pour la végétation luxuriante, les érudits répondez-moi…

Bisous tout le monde

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Samedi 22 mars 2011 : nouvelles breves, paramo, paramo et paramo

Bonjour a tous, en bref hier depart 7 heures, arrivee 16h 30, montee, montee et montee, j’ai dormi a Susacon, village sympa, evidemment pluie, mais je ne suis plus dans les zones hyperdangereuses (eboulements). Aujourd’hui lever 4h45, ca devient le bagne, depart 7 heures, paramo, paramo, paramo, c’est a dire montee a pres de 4000 m , puis collines a plus de 3500m, le tout pendant 60km, 3 fois la pluie. Premiere rencontre avec des militaires sur le qui vive, tres tendus ( les militaires, pas moi) en position de tir sur tout ce qui bouge, mais comme je bouge pas vite, suis toujours la… Ca fait froid dans le dos quand meme. Et pour finir la journee, ce qui devait arriver est arrive : une chataigne en prenant la douche… Tout ca pour mettre des vetements qui puent… Et il y a une piece sur mon frein arriere de casse, du coup je suis obligee de doubler les camions dans la descente… Mais si vous saviez comme c’etait beau la ou je suis passe… Ce soir je suis a Belen, ville tres moche et sale, voila c’est dingue comme ca peut changer d’un endroit a l’autre…

Bisous tout le monde

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Jeudi 24 mars 2011 : nouvelles breves

Bonjour a tous, je suis a La Uvita, petit village encore inexistant sur les cartes. Si j’avais le temps je resterai plusieurs jours, je suis tres bien dans un hotel tres rudimentaire, mais la mama qui le tient est une vraie mama et vraiment je m’y sens bien. Je suis a moitie prise en otage, je dois aller a la bibliotheque ecrire dans le livre et parait-il qu’il y a une francaise qui travaille la. Les choses sont et a mon avis resteront compliquees pendant encore une centaine de kilometres, route en tres mauvais etat, piste difficile, nombreux eboulements, effondrements et coulees de boue. Ce matin je suis partie a 8 heures, demain je partirai a 7 heures, bientot je vais rouler la deuxieme partie de la nuit, car c’est le seul moment ou il ne pleut pas, cet apres-midi orage, mais je m’etais prudemment arrëtee avant. Voila je crois que j’en ai encore pour 100km de mon chemin de traverse a faire des sauts de puce, mais c’est tellement bien. Ici il ne fait pas trop froid, mais parait-il que ce froid n’est pas normal. Ne vous inquietez pas je ne prends pas le risque de rouler sous les coulees de boue et les chutes de pierre, compte-tenu de ce que j’ai vu sur la route aujourd’hui apres le deluge d’hier… Une ecole a ete prise dans une coulee de boue, pas de victime. 10 farks ont ete tues par l’armee a Choco, je vais voir ou c’est, mais ici tout est tres tres calme et la population toujours aussi attentive a mon bien-ëtre. voila, tout va bien, bisous a toutes et tous

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J61 : le deluge en images

La route est difficile, ouf il y a une deviation

Traversee du premier rio, un pied sauve de la noyade

Traversee du deuxieme rio, deuxieme pied noye (toutes precautions bien inutiles vu le deluge qui m’attend…)

La vierge est toujours la pour nous proteger

Ici les fleurs poussent toutes seules et partout, allant jusqu’a parasiter les arbres

Derniere image de la journee, vous ne croyez pas quand meme pas que je vais faire des photos alors qu’il tombe un sceau d’eau a la seconde et par millimetres carre…

Bisous tout le monde, ca c’est le vert fluo d’ici…

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J61 : Le Déluge…

J61 : Le Déluge…

Mercredi 23 mars 2011

Guican – San Mateo

Distance parcourue :  43, 63 km (pile compteur changée, tout reréglé, genre championne des petits machins où il faut appuyer une fois quatre fois et les boutons dans un sens puis dans l’autre que pour y arriver soit il faut naître avec soit avoir bac plus 64)

Vmoy : 9,2  km/h Vmax : 41,1 km/h

Température : départ 15°, va monter à 31° puis très rapidement chuter à 19° pour atteindre 11° sous l’effet conjugué de l’altitude et de la pluie

Dénivelée positif : 785m

Dénivelée négatif : 1537m

Heures sur le vélo : 4H43’57 »

Départ : 9 heures 30

Arrivée : vers 16 heures

Résumé de l’article : (pour ceux qui roulent ou les flemmards ou les gens normaux que mon délire n’intéresse guère ou ceux qui bossent comme des malades pour payer la retraite des vieux croulants comme moi, merci d’enlever le c)

  • Objectif : avancer direction Tunja et quand essayer d’aligner quelques kilomètres
  • Conditions météorologiques : acceptables jusque midi, puis pluie et froid allant s’aggravant pour atteindre la puissance 6 sur une échelle de 1 à 6
  • Etat de santé : excellent (doigt toujours pendouillard), même je crois que je fais un peu du gras
  • Degré d’euphorie : ça va
  • Particularités de la journée : je connais la première partie de la route puisque Guican est un cul de sac, donc je redescends sur 15 km jusque Guacamaya, petit village, puis je remonte sur 20 km par une moitié route, moitié piste sur la montagne en face Del Espino. Le paysage est magnifique, le ciel plein de nuages. A midi ça commence à dégringoler, je monte, ça va je n’ai pas froid, puis ça descend, la pluie ira s’accentuant pour se transformer en déluge au moment où j’arrive à San Mateo. Mains très limites, mes freins aussi. Douche chaude, chambre transformée en séchoir.

Voilà je reprends la route, j’avais décidé de partir à 8 heures, évidemment les choses ne se passent pas comme prévu. Malgré mon réveil à 6 heures, je passe beaucoup de temps à ranger mes affaires vu que tout resèche encore entre la transpiration et la pluie, parce que laver, je lave de moins en moins, franchement toutes mes affaires puent, soit la transpiration, soit le moisi, et nouveauté depuis le bivouac à la cabane la fumée, pourtant on me parle encore… Avant de partir je vais récupérer mes affaires oubliées à la cabane qui ont été rapportées à l’hôtel-agence de montagne, je vous donne les coordonnées, parce que franchement à éviter :www.guicani.com, et aussi je montre à ma charmante proprio (qui au passage me fait payer une nuit de plus alors que j’avais tout réglé, pas grave pour le porte-monnaie, juste pour la forme), donc je lui montre comme promis les photos de la Sierra Nevada, j’achète aussi pain, coca, bref je prends une heure et demi de retard sur ce que j’avais prévu. Je vais vraiment essayer de partir très tôt demain car j’ai remarqué qu’entre 6 heures et 10 heures, en général, il n’y avait pas de pluie. Ici quand on demande comment est le temps, réponse : c’est compliqué. Oui, c’est compliqué. Après avoir interrogé beaucoup de personnes, dans la région où je suis, les mois secs sont décembre, janvier et février, avril est le mois où il pleut le plus, pour les autres mois c’est compliqué, variable, mais vu le vert fluo de l’herbe et les vaches aussi grasses que je suis maigre, les multiples éboulements et coulées de boue je pense qu’il pleut tout le temps, plus ou moins… Je pars donc trop tard, je profite un max de la descente, je me suis bien couverte, j’ai mis l’anorak colombien qui n’a qu’un défaut, celui de ne pas laisser s’échapper la transpiration, sinon il est chaud, léger et a plein de poches, là je teste son temps de séchage qui n’a pas l’air top. C’est affreux, je suis partie avec plus qu’une seule tenue sèche, celle que j’avais sur moi, et là je n’ai plus que ma tenue du soir (sans culotte), tout essaye de sécher, c’est à nouveau la cata… Quand même je profite de la descente, je sauve le pied droit de la noyade lors de la traversée du premier rio grâce à l’aide de l’un des ouvriesr qui essayent de réguler le dit-rio, le deuxième (de rio) aura raison du pied gauche, quant au déluge, je vous dis pas… J’ai observé aussi ce qui se passe ici, et bien ici pas d’abri-bus, nul endroit où m’abriter en cas de déluge, oh là là, je sens que ça va être compliqué… a force de descendre j’arrive dans une zone chaude qui me permet de me mettre en short, puis rapidement le soleil se cache, j’atteins le charmant petit village de Guacamaya, je me trompe un peu, demande mon chemin, demande comment est la route, arriba ( ça on m’avait prévenu que ça montait), allez un petit col un col à 3000 mètres désert comme d’habitude, je vais droit sur une zone de nuages noirs et je monte, je monte,  au début je pédale bien, puis je pousse moins bien. La route est aussi « pavimienta et dépavimienta »,longtemps la route est une piste, pas trop mauvaise, puis les zones goudronnées alternent avec la piste, les zones d’effondrements, et les éboulements. De toute la journée entre les croisements et les doublements je crois que je vais rencontrer une bonne dizaine de véhicules motorisés, l’un d’entre eux (une jeep rouge) fera marche arrière, viendra me proposer son aide pour m’emmener à San Mateo, là où je suis, il faut dire qu’une abuela trempée qui pousse une bicyclette dont « la maleta » est pour le moins impressionnante ça fait pitié… J’explique ma démarche, ils sont déçus et démarrent en trombe. A un moment alors que je m’arrête 2 mn pour reprendre des forces, je me dis en voyant les cailloux sur la route que je ferai mieux de ne pas traîner là, et les pierres commencent à tomber, je me sauve. Mais il pleuvait juste normal, il n’y avait que des vagues sur la route, parce que à l’arrivée à San Mateo, la rue s’est transformée en torrent. Quand l’armée en face de l’hôtel m’a fait signe de venir, je me suis dit « ce n’est pas possible, ils ne vont pas me contrôler là sous des trombes d’eau, alors que j’ai les mains entièrement paralysées de froid et la bouche aussi, donc je ne peux plus parler, non ils me proposaient juste leur abri pour décharger mon vélo. Voilà j’ai déchargé mon vélo, la personne de l’hôtel m’a aidé à porter mes affaires, douche chaude, internet moderne mais débit ultralent puis impossibilité d’ouvrir mon blog. En chemin quatre  rencontres importantes : une femme de 59 ans qui était avec son cheval et qui m’a demandé d’avoir une pensée pour son frère qui était entre la vie et la mort au Venezuela, qui bien sûr m’a recommandé à Dieu, deux hommes qui ont dit derrière mon dos, tandis que je poussais, et qui furent surpris de ma réponse, vu que maintenant je comprends ce qu’on dit, vous voulez savoir ce qu’ils ont dit ? Je le dis ? Je le dis pas ? « lento pero con seguridad », littéralement « lentement mais avec sécurité », ce qui se dit aussi « qui va piano va sano » ou « lentement mais sûrement », voilà je vais lentement mais sûrement… Je vais quand même essayer d’accélérer le rythme mais là où je suis ce n’est pas possible, vu la route, le dénivelé et le climat… Ah oui la troisième rencontre : un chien, les chiens colombiens sont totalement inoffensifs, les chiens vénézueliens  pas forcement, celui-là ce devait être un émigré vénézuelien mais  je lui ai tellement « gueulé » dessus quand il a commencé à m’attaquer et que moi je descendais une mauvaise piste inondée qu’il a vite abandonné. Et la quatrième rencontre ? La jeune femme qui tient un point internet à San Mateo, une jeune femme au teint très clair, au cheveux longs raides et blonds- roux. Son « point internet, fax et je ne sais plus quel opérateur de téléphonie mobile » est très moderne, le débit reste lent… Elle me dit qu’il y a un colombien qui parcourt l’Amérique Latine en vélo depuis 5 ans, me montre la grande affiche dans son magasin,  me donne son nom et va me montrer ses exploits sur le net, elle va me faire aussi un descriptif très précis de mon chemin à venir avec schéma à l’appui des montées et descentes, j’ai vraiment intérêt à partir très tôt demain. J’ai aussi appris qu’ici en plus des villes chaudes et des villes froides il y a les villes tempérées dont fait partie San Mateo. Je prendrais le temps de faire quelques photos demain car la place et son église  sont vraiment magnifiques. En attendant dodo, et demain je vais devoir enfiler des vêtements mouillés, ça c’est l’horreur… Tout d’un coup je viens de réaliser : l’hôtel est moderne, la peinture non écaillée, la propreté irréprochable, non ouvert à tous vents, le point internet très moderne aussi, peut-être ai-je changé de région, à mieux observer demain…

Bisous tout le monde

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Ritacuba Blanco 5300 metres en images

Si le Ritacuba Blanco m’était conté…

Il était une fois…

Une petite fille…

Qui avant d’être vieille…

Avait décidé de voir la Sierra Nevada del Cocuy…

Elle ne savait à quelle heure partir…

L’heure de Guican ou l’heure de Cocuy ?

Avant elle devait dire adieu aux verts paturages…

Planter sa tente dans un préau enfumé…

Aider à la préparation des bouteilles d’eau chaude pour réchauffer les enfants…

Déguster une délicieuse soupe…

Faire une séance de yoga…

Aimer Mary…

Raconter des histoires aux enfants…

Trouver un cheval…

Dire au revoir à la cabana (refuge)…

Ne pas écraser les frailejones…

Ne pas en vouloir au guide qui marchait à reculons et à contre-temps…

Accepter les nuages…

Planter sa tente près de la neige…

Accepter la sinistrose du guide…

Essayer de sourire…

Se lever avant le jour…

Faire mille photos du bivouac pendant que le guide continue de dormir…

Dire à sa tente d’arrêter de faire la maligne avec sa neige et sa coque de glace, parce que pour condenser elle a condensé…

Dire au revoir au camp de base n°2 et ne pas glisser sur les dalles verglacées…

 Admirer la Sierra Nevada…

Dire bonjour au soleil..

Puis au revoir…

Atteindre les 5300 mètres…

Et pour les crevasses…

A vos marques…

Prête ?

Prête ?

Partez…

Oh la la, la cyclo abuela fluo l’est tombée dans la crevasse, ne reste plus que son bâton…

Et ses crampons…

Le cheval est triste…

La tente aussi…

Va falloir monter les fleurs dans la crevasse…

Le cheval est pas d’accord…

Le frailejone est très très triste, même il dépérit…

Dans un sursaut d’énergie il vole à son secours…

Les rochers demeurent imperturbables…

Les nuages vivent leur vie de nuages…

Les enfants acclament la rescapée…

Et comment voulez-vous qu’avec tout cela la cyclo abuela fluo mette son blog à jour ?

Bisous tout le monde

 

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