Musée d’art moderne à ciel ouvert

Sur la route de Timana à la bifurcation pour San Agostin

 

Voilà, les amateurs d’art vous pouvez me remercier car c’était très laborieux de mettre toutes ces photos, et les non amateurs, remerciez-moi aussi car je les ai mise à part…

Publié dans Colombie | 4 commentaires

J79 en images : un dimanche artistique

Une maison fleurie…

Musée d’art moderne à ciel ouvert…

Pour les réfractaires à la peinture, je vais mettre les photos dans un article spécial

Pitalito

Un cheval, bien mieux adapté ici que les voitures…

Encore une jolie maison…

Et un joli resto…

Aves sa cuisine…

Voila que les tentatives d’échange recommencent…

Mes copains toujous là…

Le lieu du sinistre (la sacoche qui a valsé, et qui a un trou, je vais mettre une rustine pour préserver son étanchéïté, ici c’est indispensable…)

Un cratère

La culture règne en maître ici

Ma future route, quand je reviendrai de San Agostin

Espectacular, qu’ils disent ici…

Le rio Magdalena a changé de couleur, et ici pour naviguer c’est du raft, très peu pour moi… ( Et Cyrilus pas pour toi non plus, on m’a tout dit, que t’as failli mourir et que t’es resté paralysé, oué, oué, j’ai des yeux partout…)

Trop, trop, trop beau…

Arrivée à San Agostin

San Agostin qui attend que je sois arrivée pour m’offrir sa pluie…

 

Publié dans Colombie | Laisser un commentaire

J79 : un dimanche artistique

J79 : Un dimanche artistique

Dimanche 10 avril 2011

Distance parcourue : 54,63 km

Vmoy : 9,3 km/h Vmax : 46,6 km/h

Température : minima : 19°, maxima : 33°

Dénivelée positif : 786 m

Dénivelée négatif : 395 m

Heures sur le vélo : 5H51’53 »

Départ : 8 heures 15

Arrivée : vers 17 heures

Résumé de l’article

  • Objectif : San Agostin
  • Conditions météorologiques : couvert, chaud, froid, 3 averses de rien du tout
  • Etat de santé : excellent (doigt idem)
  • Particularités de la journée : une forte montée au départ, puis jolie route qui serpente entre les volcans, égayée de jolies maisons fleuries et de peintures… Décrochage de sacoche sur un casse vitesse… Montée à San Agostin rude mais spectaculaire ( volcans entremêles, cascade, rio de couleur bronze en contrebas).

Je vois et vis tellement de choses que des fois je ne sais plus ce que j’ai fait le matin… Encore moins la veille… Hier dure journée, je me suis dit pas d’écriture ce soir, dodo.

Ah oui hier j’étais dans un hôtel un peu impersonnel mais propre avec internet dans le hall. Il a plus le soir et puis toute la nuit… Je sors de la ville qui bien que l’on soit dimanche est encore très animée. J’attaque une montée assez rude, je suis obligée par deux fois de mettre pied à terre. La route est belle, il n’ y a plus cet espèce de bas coté extrêmement dangereux, ce qui me permet de rouler sur la route en toute impunité. Elle serpente au milieu des volcans, la région est très touristique.. Nous sommes dimanche, peu de circulation, je ne rencontrerai que moins de dix vrais cyclistes, et tout d’un coup surprise : oui surprise, la route s’est transformée en musée d’art moderne à ciel ouvert. Toutes les peintures sur de grands panneaux style panneaux publicitaires rivalisent de couleurs et parfois d’originalité, je vais les photographier presque toutes, je néglige celles qui sont trop détériorées et celles où l’arrêt est difficile. De peinture en peinture je finis par atteindre la ville de Pitalito, je la traverse par les boulevards extérieurs, je demande mon chemin à une personne d’un certain âge.

  • Vous n’allez pas aller à San Agostin en vélo ?
  • Bien si, je viens de Caracas, alors je peux bien aller à San Agostin.
  • Caracas au Venezuela ?
  • Oui.

Qu’y-a-t-il donc dans cette région que tout le monde m’empêche d’y aller ?

Le vieux me montre alors le ciel.

  • Il va pleuvoir ?
  • Que Dieu soit avec vous.

Ah oui c’est vrai le ciel il est pas là que pour vous tomber sur la tête, il est là aussi pour vous protéger.

A la sortie de la ville une averse m’oblige à m’arrêter pour me protéger, une station-service m’ouvre les bras. Bien sûr il y en a qui plaisante et me demande si je mets de l’essence dans mon moteur. Le temps que je fasse le sauve-qui-peut général pour la pluie (sauve-qui-peut bien rodé maintenant) l’averse s’arrête, resauve-qui-peut en sens inverse. Il est trop tôt pour généraliser mais je crois que les averses ici ne durent pas longtemps, elles peuvent être de quelques gouttes à de quoi te mouiller pour plusieurs jours. Au moment où j’écris reaverse, forte, je surveille la durée… Je subirai une deuxième forte averse, je fais comme le vélomoteur, je m’abrite sous un arbre, je n’enfile que le kwé qui s’avérera bientôt plus gênant qu’utile. Et je continue. J’ai décidé de ne manger qu’après Pitalito car je me doute que la montée à San Agostin va être rude. Une fois la ville traversée, plus rien, je décide de pédaler encore un peu et si rien de pique-niquer. Quand soudain, au milieu de rien, sur la gauche un restaurant, il est presque midi, je m’arrête et vais avoir un repas délicieux (toujours avec soupe trop trop bonne et la bandera avec une salade faite de salade verte, mangue et pomme trop bonnne). Je reprends la route toujours aussi belle et égayée de maisons superbement fleuries. Lors d’un passage peut-être un peu trop rapide de « reductor de velocidad », soit des casse vitesse, je suis un peu secouée, une de mes sacoches arrière est violemment propulsée sur la chaussée. Des gens tranquilement installés sous le auvent de leur maison commentent l’incident mais ne viennent pas m’aider, remarquez je préfere, sinon ils risquent de casser. Je récupère la sacoche qui s’est désinsérée de ses crochets, ce n’est pas la première fois et c’est déjà arrivé sans choc. Je vais galérer un petit moment pour l’arranger, j’ai compris le truc, il faut glisser la pièce métallique dans l’encoche puis revisser le crichet dessus, sauf que la vis n’est pas assez longue et que le crochet s’enfonce et que pour le maintenir je n’ai trouvé que la solution de l’opinel, risquant à chaque d’y laisser un nouveau doigt. Je vous laisse imaginer le tableau : la cyclo à quatre pattes au bord de la route, tout ses baages fluo étalés par terre et pestant contre Vaude qui au prix où ols vendent leurs sacoches pourraient faire des trucs qui tiennent la route. Futurs cyclotouristes ne vous laisser pas berner, moi le marchad m’a dit que Vaude c’était aussi bien qu’Ortlieb et moins cher (normal il avait Vaude et pas Ortlieb) et bien préferez Ortlieb, je n’ai encore jamais entendu quelqu’un s’en plaindre. Je finis par m’en sortir, et maintent je prendrai les casse-vitesses comme les autoctones, à zéro à l’heure. Enfin ça dépends des casse-vitesse, il y a ceux bien arrondis qui se passent bien et ceux qui sont faits d’ensemble de deux bandes rugueuses peu surélévées, allant toujours par multiple de deux, ceux-là ils sont mortels, vous secouent comme pas possible… Quelque charettes menée par un cheval me double, l’une d’entre elles me proposent de me prendre à bord… Décidemment ça me poursuit ça l’idée de l’échange… Je vais faire la connaissance de mon premier cratère, rassurez-vous le volcan est éteint, ce qui ne sera pas le cas dans quelques jours… La route est magnifique, les volcans s’enchevêtrent, la terre est noire, même les pans les plus abrupts des montagnes sont cultivés, il faut dire qu’entre le climat chaud et humide, le terre volcanique tout pousse, et très vite, je vois sur la route des graines de ces espèces d’immense haricots de plus de 50cm de long et dont j’ai oublié le nom qui sont déjà en train de germer. Je commence sérieusement à fatiguer, autant le matin je pédale avec entrain, autant l’après-midi est difficile. J’arrive à la bifurcation route allant à Popayan (que je prendrai plus tard et San Agostin, il se fait déjà tard, il me reste 5km qui montent très fort, autant dire un demi-Granon. Je vais pousser presque tout le temps mais je finis par y arriver. En montant je perds des degrés et commence à avoir un peu froid, mais, alors là c’est l’éblouissement, le paysage est d’une beauté surprenante, très accidenté, les volcans s’enchevêtrent de tous les cotés, une cascade de plus de 500 mètres de haut me nargue, le rio Magdalena en bas est couleur bronze dorée, c’est ce que l’on appelle chez nous un paysage d’une beauté à couper le souffle, et ici on dit que c’est « espectacular ». A propos je parle et comprends de mieux en mieux l’espagnol et souvent on me félicite… L’averse continue… Pas rassurant pour les prochains jours… Une goutte vient de tomber sur mon ordinateur… Je cherchais un hôtel, un homme m’a prposé le sien, semblable à mille autres pareils, maison coloniale très décrépie, bâtie sur le même principe : chambre humides, froides et sombres, donnant sur le patio, avec un peu de chance il y a une fenêtre (chance que j’ai), le principe étant de garder ces chambres fraiches, j’ai testé, une fois j’ai réussi à avoir une chambre avec fenêtre, il faisait 35° dans la chambre. Sauf que quand on est en altitude on n’a plus le problème de la chaleur et moi à 19° j’ai froid… Et une douche froide à 19° = mains paralysées pour une heure ou deux… voilà la journée s’achève certes dans la fatigue et la pluie qui commence à tomber, mais tant, tant de beauté…

Bisous tout le monde

Publié dans Colombie | Marqué avec , , | 2 commentaires

Vendreci 15 avril 2011 : nouvelles breves

Voila je suis a Popayan, dur dur dur, y avait tout comme promis, la piste dans un etat epouvantable, la pluie, le froid, le brouillard, 50km sans aucune maison, la guerilla, la paramo, les frailejones rabougris, et en prime beaucoup de boue, et ce matin un paysage a tomber par terre, d’ailleurs suis tombee 2 fois mais sans degat, ah oui en prime aussi le derailleur qui est coince, je pense que c’est la boue, et la pluie toute l’apres-midi. demain je reste ici pour laver et reparer mon velo et tenter de faire secher mes affaires, et aussi surprise Popayan est une ville d’une grande beaute. Bisous tout le monde, au fait suis pas morte…

Publié dans Colombie | Marqué avec | 6 commentaires

Depart pour le deuxieme acte del trampolino de la muerte

Depart prevu demain, je suis prete, physiquement et mentalement…

J’ai des renseignements fiables obtenus aupres d’une mission medicale qui connait la route.

Difficultes certes (mauvaise piste, paramo, 120km) mais pas insurmontables, route tres bien securisee par les militaires.

En revanche risque d’absence de nouvelles plusieurs jours. Donc pas d’affolement…

Bisous tout le monde

Publié dans Colombie | 4 commentaires

Dimanche 10 avril 2011 : nouvelles breves

Coucou tout le monde

Voila je suis a San Agostin, petite ville touristique a 1900 metres d’altitude, j’ai retrouve la montagne, ses paysages somptueux, ici c’est a tomber par terre, mais vraiment, surtout quand on se tient au bord du precipice le velo dans une main l’appareil photo dans l’autre, tout ca avec le doigt qui va pas bien et qui retentit sur la main… Avec l’altitude le froid aussi et les douches froides qui me tuent… En cours de route j’ai trouve un tresor, mais surprise, surprise je vous le revelerai demain, enfin si vous êtes sages… Demain journee banque et tourisme, je vais visiter un site archeologique ou les indigenes avant l’invasion espagnole ont sculpte les bombes volcaniques, tous ces volcans (eteints ici) c’est vraiment surprenant et plus que beau, voila je suis entre la latitude 2 et 1, trop genial non ? Apres je vais remonter vers le Nord, San Agostin est un cul de sac, bon y zetaient pas oblige de mettre 5km de montee en fin de journee, sont durs avec moi ces colombiens… Merci a ceux qui m’encouragent et pour les autres, attention, attention je vais faire provision de bombes volcaniques…

Bisous tout le monde

Bisous tout le monde, je vais manger, ce qui est encore une de mes preocupations principales…

Publié dans Colombie | Marqué avec | 8 commentaires

J78 en images : El Trempolino de la Muerte acte 1

L’hòtel dans une ancienne demeure coloniale

Y a pas que moi qui suis chargee…

Les militaires me protegent…

Pour Brigitte qui est jalouse…

Re… Petite maisonn dans la prairie…

Premiere partie du trempoline de la mort, ca plonge…

Le monstre a du mal…

Mais ne m’ecrasera pas…

Trop, trop bien ce trempoline…

Trop, trop, trop chouette…

Ti velo l’est content de ses nouveaux freins…

Et pour parfaire le tableau : une cascade…

le rio majestueux…

Et le paon qui fait la roue…

Et les rares maisons qui se font toute belles…

Et la pluie qui attend que je sois arrivee pour tomber…

Timana : son eglise

Eglise dont le plafond est superbe…

Mais qui prend l’eau…

Timana : l’arbre de son parque, GRAND…

TRES TRES TRES GRAND…

Dans chaque ville, chaque village, son eglise, son parque, ses nuages…

Et le clou du spectacle…

en attente de l’intervention du webmaster

 

 

 

Publié dans Colombie | 5 commentaires

J78 : El Trempolino de la Muerte acte 1

J78 : El trampolino de la muerte , acte 1…

Samedi 9 avril 2011

Garzon -Timana

Distance parcourue : 57, 49 km

Vmoy : 11,4 km/h Vmax : 46,6 km/h

Température : minima : 21°, maxima : 3è°

Dénivelée positif : 713 m

Dénivelée négatif : 660 m

Heures sur le vélo : 5H01’23 »

Départ : 7 heures 45

Arrivée : vers 14 heures au village

Résumé de l’article

  • Objectif : avancer, essayer de me faire des étapes cohérentes pour affronter le paramo
  • Conditions météorologiques : couvert, frais plusieurs heures puis chaud
  • Etat de santé : excellent (doigt toujours pendouillard et même rouge et gonfflé et qui me fait mal et qui retentit sur ma main écrabouillée), j’ai retrouvé la montagne, ses paysages grandioses, le moral est au zénith.
  • Particularités de la journée : trop bien ça monte ça descend, c’est beau et la première partie Del Trampolino de la Muerte, une route qui plonge littéralement dans des gorges d’une beauté indescriptible, puis le village où j’ai décidé de faire étape se fait attendre… Et encore une chouette petite ville animée, sympa et où la sécuruté est absolue (sauf pour piétons et bicyclettes sur la route)

Je vois et vis tellement de choses que des fois je ne sais plus ce que j’ai fait le matin…

Ah oui ce matin j’étais un hôtel pas mal, le charme des maisons coloniales,un peu décrépi, une douche froide, mais sous ces latitudes c’est normal, des draps propres et doux et à 5 heures ça broume broume dehors, à 5h30à j’ai tout le chapelet et des ave maria en pagaille et ici il n’y a pas dans ces chants la joie du Venezuela mais une monotonie triste et en plus ça chante mal d’une voix criarde et bien sûr l’hôtel jouxte l’église, et bien sûr les portes sont ouvertes et ils utilisent les hauts parleurs… Garçon est une petite ville de 80 000 habitants, 5 églises, un prieuré et de très nombreux commerces. Je n’ai quand même pas trouvé la couleur de mes cheveux mais ne désespère pas de la trouver, je l’ai bien trouvée à Merida. En plus l’hôtel avait internet wifi, ce qui est quand même pratique. Si je n’avais les Suisses aux trousses, je serai bien restée 2 jours… En plus le matin au réveil il pleut, mais comme je suis presque à l’équateur il faut que je m’attende à ce qu’il pleuve tous les jours, donc à 6h30 je me lève,j à 7h45 je suis partie. Ce n’est pas que je fasse des progrès, c’est juste qu’en ce moment je n’ai pas de problème de séchage. Petit conseil pratique pour les cyclofêlés, les sacoches étanches, elles sont étanches des deux cotés, donc si on introduit un tant soit peu d’humidité ça pue, donc le linge qui n’a pas terminé de sécher il va dehors, donc je fais de plus en plus folklo avec mes chaussettes et petite culotte à la vue de tous, mais la cyclo abuela fluo folklo cette raclée qu’elle a mis aux petits suisses, elle va en jouir encore plusieurs jours, et aujourd’hui quand elle en chiait dans les montées elle se disait mais qu’est-ce qu’ils vont en chier les suisses, mais qu’est-ce qu’ils vont en chier. Et quand elle a commencé le début du trampoline de la mort, et bien elle s’est dit, là ils craquent, c’est sûr ils craquent… Quand même c’est une cyclo, etc… malgré la pluie je me prépare, je fais bien car elle cesse. Je n’ai pas très chaud au départ donc je vais pédaler longtemps avec mon collant qui est ? GRIS, je l’ai dit mille fois, au passage il vient de chez décathlon et a quelques années d’âge, mais il est doux, chaud, etc, etc… Les montées et descentes alternent, ce qui est la règle dans ce pays, ce qui m’inquiète c’est que je descends autant que je monte et je ne suis toujours qu’à 1000 mètres d’altitude, et il va bien falloir que le monte ce paramo et si c’est 80 ou 100 km sans village ça augmente la difficulté, parce qu’on abeau dire mais ici le fait de trouver régulièrement des villages, même si là ils sont de plus en plus espacés (tous les 30km°, c’est un grand réconfort, le gite et le couvert sont assurés pour une somme modique ça aide. Le paysage alterne entre zones érodées spectaculaires, rio de sang, collines verdoyantes de pâturage, vallée suspendue et de rares mais belles maisons. Les militaires sont très présents, lors d’un barrage où ils fouillent un peu, un camion m’oblige à m’arrêter, ils me font signe de passer, je leut dis que je respire un peu, même si c’est de la pollution je respire, l’un d’entre eux fait semblant de s’asseoir sur mon vélo, je lui dis qu’avant il faut qu’il maigrisse, j’ai tort vu que c’est un très bel homme, bref nous plaisantons un peu et j’en profite pour leur demander des renseignements sur le paramo que je dois traverser, voici donc les renseignements si ce n’est sûrs, du moins officiel :

–        Oui, c’est bien un paramo

–        Quelle altitude : plus de 4100 mètres

–        La guérilla : oui il y en a

–         C’est dangereux pour moi ? Plus ou moins, mais la sécurité est assurée par les miltaires, il y en a beaucoup

–        Je peux camper ? Oui, près des maisons en demandant l’autorisation

–        la route est dépavimentée ? Oui

Là où j’ai mangé ce midi on m’a demandé qui m’avait dit de passer par là, je réponds vaguement que San Agostin vaut le détour, qu’il y a un site archéologique, on me dit alors d’aller voir San Agostin et ensuite de faire demi-tour et de passer par La Plata, mais ça ne va pas non, moi je fais demi-tour qu’une fois les difficultés appréciées de visu et que si elles sont insurmontables… Mes petits suisses eux ils ont prévu de prendre un bus à San Agostin jusqu’en Equateur. Mes petits suisses ils vont aussi à Ushuai, ils viennent de panama, ils sont passé par Cartagena, peut-être était-ce leur première montée… Ils fument comme des pompiers, je leur ai demandé si ça ne les génait pas pour pédaler, ils m’ontrépondu que jusqu’à 3000 ça allait, alors je leur ai balancé que moi j’étais montée à 5300, et je n’avais pas mal à la tête, non rien, rien du tout, je leur ai juste dit que j’avais dormi plusieurs nuits à 3000, je ne leur ai pas dit que j’avais passé 10 jours à monter, descendre, à frôler les 4000, redescendre, remonter, me balader au-dessus de 3500 mètres, je ne sais pas par où ils comptent passer pour aller à Ushuaïa, mais je crois qu’ils vont souffrir, du moins au début. En fait je sais pas pourquoi je n’ai pas d’atomes crochus avec eux, peut-être parce qu’ils parlent très mal le français et idem pour l’espagnol, peut-être parce que quand je leur ai demandé comment était l’hôtel ils m’ont répondu 13000, peut-être tout simplement parce qu’ils sont sur MA route et qu’ils prennent des bus pour éviter les difficultés et ME DOUBLER, allez chacun son voyage, je ne cesse de le proclamer…Moi je ne suis pas du style à me faire déposer à la touffe d’herbe que j’ai quittée, non je suis du style à me faire déposer à la touffe d’herbe avant celle que j’ai quittée pour être sûre de ne pas en perdre un brin… Ils m’ont dit s’être fait siffler des fois, pourquoi moi jamais ? Tet je sui moche. Pourquoi moi les camions m’encouragent en levant leur pouce ? Pourquoi les gens me témoignent tant d’admiration ? Tet que avec mes chaussures trop grandes, mon espèce de maillot bleu sans forme, sans couleur et bientôt plein de trous, tet qu’avec mes bagages qui dégoulinent de partout et font pas très tech je fais vraiment fêlée et si c’était seulement mon sourire ? Si c’était seulement l’effort que je fais pour répondre à chacun ? Sauf dans les montées, maintenant je dis « cuando la carretera es subida no puedo hablar, despues, despues» (quand la route monte je ne peux parler, après, après) et je respecte le despues, tet parce que je suis une cyclo abuela fluo, euh j’ai plus que les chaussettes de fluo, pour le reste, au fond des sacoches, protection soleil avant tout, j’ai encore morflé sur le nez aujourd’hui et pourtant je ne crains pas et il y avait des nuages…

Sur les coups de dix heures et demi je fais une pause de 10 mn pour manger et boire, je me dis que je mangerai vers 13 heures, sauf qu’il n’y a rien sur la route… Je continue donc, j’ai depuis longtemps dépassé le premier village, je calcule mes kilomètres, j’en ferai dix de plus, ma carte est très approximative, mais les village et petites villes sont bien marquées, pas le relief, ce qui est gênant. Tiens le monsieur de ce midi il m’a aussi dit que il ne fallait pas trop monter pour aller dans le paramo, j’ai eu beau soutenir la thèse que si c’était vraiment un paramo avec des frailejones, il fallait nécessairement monter vu que les frailejones ils poussaient vers les 4000. Franchement je ne sais pas ce qui m’attend, je vais prendre mes précautions, vêtements chauds accessibles rapidement, nourriture et boissons et monter tranquillement et si besoin de paliers de décompression je les ferai…Je passe un endroit où ils vendent des espèces de biscottes, cela va intéresser mon cyclo-cuisinier. Et après, après c’est l’émerveillement, la route plonge, quand je dis plonge, elle plonge dans les gorges, les gros camions sont obligés de prendre leur virage à gauche. Ce matin j’ai dépassé un dépôt pétrolier, je suppose que le pétrole va rejoindre les états-Unis via la Panamerican, je ne sais si ces camions prennent la route extrêmement dangereuse où les camions risquent (je dis bien risquent car les camions ici sont en général respectueux des cyclistes, en tous cas de moi) de vous jeter dans le vide ou si ils prennent le paramo, on verra, que d’inconnues, que d’inconnues, oué mais El Trampolino de la Muerte c’est ça…. Pour faire mes photos dans la première partie de ce Trampoline de la Muerte, je ne peux mettre le vélo sur sa béquille, alors je reste avec le vélo entre les jambes et je coince la roue avant sur le parapet. Maintenant le vélo chargé et moi nous ne faisons plus qu’un et ça se passe bien. Et après ce passage grandiose, la route reprend ses montées et descentes et le village se fera attendre, attendre, attendre, 10 km et j’ai faim, j’ai soif, ouf le village après deux grandes côtes quand même, au premier restaurant je m’arrête, ils me conseillent sur l’hôtel, je prends le plus cher, en fait je calcule il y a pas quatre euros de différence, juste que les banques ici veulent pas me donner de sous, je réessaierai à San Agostin, de toute façon dans le paramo je n’aurai pas trop besoin d’argent et après il y a une grande ville sur la PanAm, je devrais y arriver, sinon je monnaie mes interviews…

Voilà demain objectif San Agostin et j’ai hâte de voir cette route où personne ne veut que je m’engage, tet il y a un trésor caché, tet il y a de l’or… Ah c’est du suspens ce voyage…

J’ai oublié, une demi-heure après être arrivée, il pleuvait dur, et là il repleut

Et le principal je suis en-dessous de 2° de latitude nord, chouette non et je reressemble à une chouette, là c’est moins chouette…

Bisous tout le monde

Publié dans Colombie | Marqué avec , , , , | 6 commentaires

J77 en images en attente

En attente

Publié dans Colombie | Laisser un commentaire

J77 : Jubilation totale…

J77 : Jubilation totale…

Vendredi 8 avril 2011

Puente seco – Garzon

Distance parcourue :  48,10km

Vmoy : 10,9 km/h Vmax : 46,6 km/h

Température : minima : 24°, maxima : 37°

Dénivelée positif : 808 m

Dénivelée négatif : 610 m

Heures sur le vélo : 4H24’03 »

Départ : 9 heures 15

Arrivée : je sais plus

Résumé de l’article

  • Objectif : Garzon
  • Conditions météorologiques : la matin soleil chaleur, après je sais plus
  • Etat de santé : excellent (doigt toujours pendouillard)
  • Particularités de la journée : Le rio le matin dans toute sa splendeur, nos adieux Diego et moi, la raclée aux suisses dans la montée…

Article en décalé, donc les points forts :

  • Lever le matin au bord du rio, génial, la lumière est exceptionnelle, le niveau d’eau du rio a monté, il a du pleuvoir en amont. Le rio Magdalena est le rio qui relire Cartagena et donc l’océan à Bogota. Cartagena fut autrefois la capitale de la Colombie, puis les espagnols à la recherche de l’or ont remonté ce rio, ont établi leur camp avancé à Bogota, puis la large vallée a permis l’extension de cette ville qui est devenue la capitale, ceci explique pourquoi ce pys a sa capitale à 2XXX mètres d’altitude.
  • Attente pour savoir si la navigation est possible sur le rio, non il y a trop d’eau et trop de courant, dommage j’aurai bien passer la journée avec un pêcheur sur le rio. Mon cyclo-cuisinier colombien décide de rester dans la famille de pêcheur pour apprendre à cuisiner une de leurs spécialités, il revêt son tee-shirt et son grand tablier spécial et le voilà à l’œuvre. Je décide quant à moi de continuer ma route puisque le rio n’a pas voulu de moi, défais et fais sécher ma tente.
  • Vers 8h 45 arrivent les suisses, petit coucou, moi je me prépare tranquilos, je pense que les suisses me prennent pour une rigolote, pas encore prête à cette heure-là !
  • Nos adieux Diego et moi sont émouvants, nous savons que nous nous ne reverrons jamais, nous savons que nous sommes sur la même longueur d’ondes, c’est cela aussi le voyage, le merveilleux des rencontres et les adieux…
  • 9 h 15  je pars il fait beau, il fait chaud, le soleil cogne dur et la route monte sec.
  • Je sens ma cervelle qui se liquéfie, je me dis que quand la route le permettra ( c’est-à dire quand elle permettra de s’arrêter sans risque de ne pouvoir repartir, je m’arrêterai pour mettre ma casquette, voilà un peu plus de 3km que je monte et que vois-je ? Mes deux suisses sur le bord de la route, leur vélo à la main, je passe dignement et leur balance avec un grand sourire et pas le moindre petit essoufflement « es un pocito dificil », c’est un petit peu difficile, inutile de vous dire que je ne m’arrête pas, tant pis pour la cervelle liquéfiée, je passe une épingle à cheveux, deux, trois, petit coup d’œil en arrière, fusillés, largués, cloués sur place les petits suisses… Ah ils m’avait dit que leurs clopes ne les gênaient pas jusqu’à 3000 mètres, ce à quoi j’avais répondu que moi j’étais montée à 5300, et pas mal à la tête? Non rien du tout. Je leur ai juste dit que j’avais dormi plusieurs nuits à 3000, je ne leur ai pas dit les paramos montés et descendus, les montées et descentes répétées. Et là cloués sur place… J’ai le temps d’atteindre Altamira, de déjeuner, de faire mes courses, je ne les reverrai plus jamais, ils avaient l’intention de prendre le bus à San Agostin, et bien ils n’y sont pas encore… Je suppose que c’était leur première vraie montée (et entre trimbaler un vélo chargé sur du plat et monter il y a tout un monde…), ils viennent de Panama, sont passés par Cartagena, normalement ils vont à Ushuaia, je risque de les revoir, ils ne vont cesser de me doubler par bus… Quand même j’ai vraiment pris mon pied et je me suis dit que ce que tout le monde me disait était peut-être vrai, peut-être que je suis très forte. En tous cas la cyclo abuela pu trop fluo et à l’air détaché et folklo qu’est-ce qu’elle leur a mis dans la vue aux cyclotouristes suisses et ce malgré son grand âge, ça aussi ça fait partie de moments forts du voyage, clouer sur place des jeunes avec un équipement tech et qui la ramènent… ok je suis vache mais j’assume et puis des vaches cela fait des jours et de jours que j’en vois des milliers, alors je finis par leur ressembler… Je sens que rien que d’y penser ça va encore me donner des forces, je reconnais que tout m’était favorable, la chaleur, le soleil, le matin, mais quand même… Voilà ce fut un moment très fort…
  • Sinon question paysage, je vais pouvoir admirer des zones d’érosion toujours spectaculaires, bien sûr le rio Magdalena.
  • L’après-midi sera un peu difficile, comme d’ailleurs tous les après-midi, j’accuse la fatigue.
  • Je rejoins Garzon qui est comme toutes les villes ici très animée…

Bisous tout le monde

Publié dans Colombie | Marqué avec , , | Laisser un commentaire