J88 : Sous le soleil…

J88 : Sous  le soleil…

Mardi 19 avril 2011

Bifurcation Mercaderes Kilomètre 0 – Remolino

Distance parcourue :37,93  km

Vmoy : 9,9 km/h Vmax : 49,6 km/h

Température : minima : 23°, maxima : 40°

Dénivelée positif : 530 m

Dénivelée négatif : 590 m

Heures sur le vélo : 3H48’13 »

Départ : 7 heures 45

Arrivée : vers 14 heures

Résumé de l’article

  • Objectif : Avancer de 30 ou 40 km, m’arrêter en fonction des possibilités de logement et de ma forme
  • Conditions météorologiques : soleil, chaleur, j’adore
  • Etat de santé : bon sauf doigt et main
  • Particularités de la journée : la Panam est ravagée, coulées de boues, chutes de pierres et d’arbres, trous plein d’eau. Et…le soleil brille… paysages d’enfer… Partie de gymkhana de tous les véhicules (peu nombreux) entre les différents obstacles… Ca monte et ca descend, ça se continue en canyon avec rio et cactus, gorgés d’eau quand même les cactus, et le vert continue de dominer… Rien pendant 35km je manque de mourir de soif et de faim…

Il a plu presque toute la nuit, il a replu très tôt ce matin, et beaucoup. Je suis assez vite prête, je n’ai pas grand chose à manger, dans cette station service au milieu de rien ils ne vendent que des ships et moi j’ai envie de sucre. Pour la première fois depuis que je suis en Colombie j’ai eu un repas immangeable hier, je n’ai d’ailleurs pu le manger, les haricots avaient un drôle de goût, le poulet était mauvais, le riz desséché, la banane frite racornie et la salade pleine d’oignons, heureusement il y avait la soupe… Et ce midi là où je me suis arrêtée elle n’avait que de la soupe à m’offrir, donc j’en suis à mon quatrième jour de soupe… Ce soir j’ai pu faire provision de trucs sucrés et de boissons sucrées aussi, vu qu’aujourd’hui je me suis fait avoir… Et oui la Panam c’est aussi plus de 30km sans rien, pas une maison, rien, que la montagne toujours grandiose et un rio qui se couvre et se découvre. Ce matin c’était aussi la désolation sur la route, coulées de boue, chutes de pierre, arbres arrachés, mais ce matin c’était aussi… Le soleil qui a fait son apparition vers 8H30 et qui a bien brillé jusqu’à 11h, je n’ai donc pas pris la pluie, j’ai eu aussi de la chaleur et je crois bien que mes muscles ils marchent à l’énergie solaire car dans les montées je peux vous dire que les jambes elles tournaient et bien… Je faisais attention de monter très lentement pour m’économiser et ça a super bien fonctionné, pas le moindre pied à terre… Mais j’ai transpiré et je suis venue à bout de mes boissons, et pas la moindre maison en vue, rien que la montagne superbe et la chaleur que j’adore. La circulation reste rare. Je me demande si je vais devoir continuer ainsi jusque Pasto, soit plus de 100km et monter à 2000 je sais plus combien, et évidemment pas de cascade, ce serait un comble de mourir de soif après toute cette eau que je me suis prise sur la tête… Je ne vais quand même pas espérer la pluie pour avoir de l’eau. Allez j’économise le reste de mon eau, j’envisage un bivouac au bord de la Panam, arrêter un camion pour mendier de l’eau, filtrer l’eau des flaques, non.. J’ai étudié la carte, il devrait y avoir une bifurcation avant Pasto, et j’espère là trouver un truc qui vend des boissons. Quand je pense qu’hier la personne de l’hôtel m’a dit qu’il y avait plein de villages et plein d’hôtels, je ne croirai plus personne, mais vraiment plus personne. Cet après-midi on m’a redit qu’à mi-chemin entre ici et Pasto il y avait un village. J’ai pris mes précautions, d’autant plus que j’ai descendu autant que monté, donc il me reste toujours près de 2000 mètres à monter… Et au loin je vois un toit, je suis sauvée, il y a une buvette qui accepte de me vendre de la soupe, rien d’autre, j’en prendrai deux assiettes, et je repars, le village est là tout proche, oui il y a encore plus d’un kilomètre de montée, je souffre… Pourquoi le matin ça va si bien et que l’après-midi je peine ? Je devrai faire des demi-journées, mais alors il va me falloir deux ans pour atteindre Ushuaïa… Voilà j’ai bien huilé le dévie-chaine pour limiter au maximum les frottements et les risques d’usure voir de casse. J’espère qu’à Pasto on va pouvoir me réparer cela. Quand même ce soir j’ai trouvé un petit village qui ne vit que de la Panam, ve ne sont que boutiques d’alimentation (très limitées quand même, surtout des ships, de boissons, restaurants et hôtels, celui que j’ai trouvé est bien, propre, l’eau froide vu la chaleur est acceptable, il ya juste les ressorts du matelas qui ressortent  (normal pour des ressorts…) et les draps qui grattent, je vais mettre mon duvet et prendre comme d’hab mon petit drap de soie tout doux et ?????????? VERT…. Et Bien je vais mettre aussi mon matelas autogonflable, sinon demain j’ai des escarres vu ma maigreur, j’ai quand même repris du poids mais c’est dur…Ah oui, ce matin c’était aussi la partie de gymkhana, oui entre les trous,les pierres et obstacles de toutes sortes (des fois des zébus) chacun essaie de trouver la meilleure trajectoire, nul ne sait plus où est la gauche et où est la droite, même les bus ils arrêtent de jouer aux auto-tamponneuses avec la cyclo et ils jouent aussi au gymkhana, bref tout le monde se soutient sur cette route. Ce soir en arrivant à l’hôtel un mec m’a dit, moi je suis en moto et je suis complètement épuisé, comment vous faites ? Mais je suis épuisée aussi… Je lui ai pas donné le truc pour aller se fabriquer des globules rouges… D’ailleurs je sens que la provision n’est pas assez grande, c’est pour cela que j’ai envie de grimper sur un volcan (si il n’est pas interdit) et cette fois-ci sans guide, on m’a eu une fois, on ne m’aura pas deux, je vais me renseigner…

Vu mon arrivée précoce j’ai voulu laver mon vélo à la station service, ils n’avaient plus d’eau… Je l’ai lavé dans la cour tout renettoyé à l’essence et rehuilé, je ne sais toujours pas si il vaut mieux utiliser essence ou gasoil, les spécialistes répondez-moi

Je viens de voir les informations, une grande partie de la Colombie est sous les eaux, éboulements, débordements de rios et de lagunas, ponts emportés, routes coupées…J’ai échappé au pire, tous les endroits où je suis passé sont sinistrés. Je vais continuer à fuir… Pas vite, je reconnais. Je ne sais si aujourd’hui est la fin du déluge ou juste une accalmie, peut-être qu’en perdant de la latitude, ça va aller mieux… Au fait je suis largement en-dessous de la latitude 2°, je me rapproche de la latitude 1°, il faut dire qu’avec mon chemin de traverse j’ai du me faire un détour de 200km, mais quand on aime on compte pas…

Y a pas pédaler sous le soleil quand même c’est bien…

J’ai oublié j’ai vu un serpent vivant zébré rose fluo et noir, c’est quoi ?

Bisous tout le mond

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J87 en images : petite route de montagne

Rosas

Harmonie jaune

La route

Prochain voyage je change de monture et j’en prends 2 : un pour les bagages, un pour moi…

L’eau sous toutes ses formes…

Ca se mange (couenne de porc fume puis frit)

Le volcan Sotara, impressionnant…

Les fleurs du jour

Droit au but…

Des fans…Patia c’est rate, c’etait la ville de mes premiers amours…

Mes copains toujours pas loin…

La decrue

Allez, pour changer un peu de beau…

Ici aussi il y a des arcs-en-ciel

Y en a qui vont se lasser du beau, moi pas…

ieroglif modernes ( je l’ecris phonetiquement comme ce je suis sure de faire une fote d’ortograffe)

Bebe cheval, ses premiers pas…

Bisous tout le monde

 

 

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J87 : Petite route de montagne

J87 : Petite route de montagne

Lundi 18 avril 2011

Rosas – Bifurcation Mercaderes Kilomètre 0

Distance parcourue : 84,51 km

Vmoy : 13,5 km/h Vmax : 46,4 km/h

Température : minima : 17°, maxima : 34°

Dénivelée positif : 606 m

Dénivelée négatif : 1798 m

Heures sur le vélo : 6H14’04 »

Départ : 8 heures 30

Arrivée : 18 heures 15

Résumé de l’article

  • Objectif : El Bordo ou Patia
  • Conditions météorologiques : couvert, rapidement chaud, froid, 2 averses
  • Etat de santé : médiocre le matin, mieux l’après-midi
  • Particularités de la journée : la Panam devient petite route de montagne en mauvais état, quasi absence de circulation (probablement route coupée en amont par les conséquences des pluies diluviennes), superbe descente, atteinte d’une vallée chaude, problème mécanique important (dévie-chaîne cassé), obsédée par la recherche de Patia que je crois être une ville pour faire réparer mon vélo, je traverse toute la vallée chaude d’un trait, arrive juste avant la nuit et l’orage.

Oui, la Panam c’est cela, au moins ici, une petite route de montagne avec ce matin une circulation quasi absente, mais peut-être est-ce du aux pluies diluviennes qui frappent la Colombie (et au passage la pauvre cyclotouriste que je suis… Ces pluies d’une violence exceptionnelle entrainent nombreux débordements de rio, éboulements, 14 routes principales sont coupées. La route que j’ai prise de Cucuta à Pamplona est coupée. Certains disent que ces pluies sont liées au phénomène El Nino, d’autres que c’est le changement climatique. Moi je dis que j’en ai marre de ces pluies, en vallée chaude je veux bien, mais en altitude c’est l’horreur. Voilà toutes mes affaires repuent, c’est la cata.

Cette nuit je suis réveillée vers 4 heures du matin par des gens qui parlent fort. Le silence ici est une chose inexistante. Je ne l’ai trouvé que deux fois : à Bogota quand je suis montée au montcerrata par la première benne du téléphérique et au parc archéologique de San Agostin quand j’étais la première visiteuse, et bien sûr dans mes chemins de traverse où je reste longtemps sans voir personne. J’avoue que cela me manque des instants de calme et de silence. Le pire étant la télé qui débite les mêmes insanités qu’en France, tous les soirs c’est Kolanta, même scénario, tet même que ce sont les mêmes acteurs, juste par rapport à la France c’est mille fois plus fort. Au Venezuela c’était bien pire encore, ils ont tous rajoutés à leur voiture des sirènes qui se mettent en marche à chaque fois qu’ils ouvrent et ferment leur voiture et c’est à qui aura la sirène la plus forte, la plus longue. Je me souviens qu’en Thaïlande il y avait aussi beaucoup de bruit. Y-a-t-il un sociologue parmi mes lecteurs qui puisse me donner les explications à ce besoin de bruit et inversement ce besoin de calme et de silence ? L’avantage ici est que l’essence doit être plus chère qu’au Venezuela, car les moteurs ronflent moins à l’arrêt et les descentes en roue libre sont fréquentes. Ce matin donc après ce réveil intempestif je me suis rendormie jusqu’à 7 heures et… miracle la télé n’a hurlé qu’à partir de 8 heures. Je pars il est 8h30, le ciel est couvert, il ne pleut pas. Surprise, je ne suis pas vraiment au village de Rosas qui est cent mètres plus bas. Une longue et merveilleuse descente de 17 km m’attend. La route est toute cassée, effondrements de terrain, trous remplis d’eau, quelques éboulements et même sur quelques tronçons elle devient piste. Les maisons sont toujours peintes de couleurs vives et égayées de mille et une fleurs. La route serpente entre les montagnes vertes fluo bien sûr. La circulation est quasi absente. Je ne suis pas encore en grande forme mais c’est mieux qu’hier. Je n’ai toujours pas faim, depuis trois jours je me nourris de soupe, mais ici elles sont très « riches », c’est le qualificatif employé pour dire que la nourriture est bonne, la principale qualité de la nourriture ici est d’être « muy rico », moi avec le vélo ça me va bien. Je monte un grand col et deux petits, je vais peiner, mais moins qu’hier. Et catastrophe à chaque coup de pédale mon vélo fait un bruit de casserole et il a tendance à dérailler quand je passe sur le petit plateau, ce qui m’oblige à monter la cote à pied vu que je ne peux plus repartir. J’ai bien tout inspecté, c’est le dévie-chaîne qui a du jeu et la chaîne frotte dessus et en y regardant bien les pièces sont serties et donc je ne peux rien faire. Demain je vais regarder cela comme il faut vélo à l’envers et en plein jour. Vous avez vu le nombre de kilomètres que j’ai faits ? Et bien ce n’était pas mon intention… J’ai changé de carte, prenant celle imprécise mais avec le relief, en me disant que sur la Panam je ne risquais pas de me perdre, quoique ce matin je me demandais vraiment si j’étais sur la Panam, heureusement que je savais qu’il n’y avait pas d’autre route. C’est affreux il tombe encore des trombes d’eau, je crois que la meilleure des chose à faire c’est fuir, fuir le plus vite possible avant que je ne sois au mieux coincée, au pire prise dans un descumbre, une avalanche ou un débordement de rio… Utilisant cette carte au relief marqué je vois que je vais traverser une vallée chaude, super, j’en ai besoin, pour mon corps et pour mes vêtements, je compte bien prendre mon temps et mettre deux ou trois jours à la traverser, sur la carte Patia paraît être une grande ville, en plus quelques vrais cyclistes me doublent ou me croisent, je me dis qu’à Patia il y a sûrement des magasins de bicyclettes. Un moment j’essaie même de rattraper un vrai cycliste pour lui demander… Mais Patia est si petite que je la traverse sans m’en apercevoir et puis je suis aussi trompée par des bornes kilométriques qui chez nous indiquent des villes mais ici le point zéro est au milieu de nulle part. Je dépasse un hôtel sans m’arrêter, je veux arriver à Patia (qui est derrière moi) pour faire réparer mon vélo, je suis bien consciente que rouler dans ces conditions un ce n’est pas agréable deux je risque de tout casser. Alors je fais une erreur fatale, je continue, je suis bien dans cette vallée chaude, d’abord je redeviens vedette, ce midi on m’offre la soupe, on m’interviewe, je me plie aux séances photos (dans les zones froides je peux crever). Heureusement les militaires sont toujours là, quand je leur demande quelle est la prochaine ville ils me disent Pasto et ça monte, je sais que ça monte, vu que je suis beaucoup redescendu et que Pasto est à 2551 mètres d’altitude… Que vais-je faire ? Et sur mes deux cartes entre Patia et Pasto aucun village, ouf les militaires me disent qu’il y a un hôtel à une demi-heure en vélo, allez cela fera peut-être une heure pour moi, je devrais arriver pile avant la nuit, au passage je me reprends une averse. J’arrive, cinq minutes plus tard il fait nuit, trente minutes plus tard gros orage, bref je suis passée très très juste, à ne pas refaire… J’oubliais le principal j’ai vu un volcan d’enfer avec une forme conique, il ne fumait pas. A Pasto ça va fumer…Il s’appelle le Volcan Galleras, (celui de Pasto, parce que l’autre quand j’ai demandé aux gens ils ne savaient pas, je crois que c’est le volcan de Sotara) l’accès était interdit, je ne sais à l’heure actuelle ce qu’il en est peut-être la pluie l’a-t-elle éteint ? Je compte mettre deux ou trois jours pour atteindre Pasto… Il pleut toujours et fort… A Pasto je fais une escale technique (mon vélo) et je compte voir la Laguna Verde qui est dans un cratère (vous voyez que la pluie ça peut éteindre les volcans et même former un lac).

Quand même j’ai un peu balisé de me retrouver dans la nuit et dans la flotte sur cette Panam, je serai plus vigilante la prochaine fois.

J’ai oublié quoi ? Le superbe arc-en-ciel double, mon premier d’Amérique Latine… Le bébé cheval qui ne tenait pas sur ses jambes, les enfants qui connaissent Paris et la Tour Eiffel…

Je crève de chaud dans la chambre, et pour une fois qu’il y a deux fenêtres, elles ne s’ouvrent pas…

Au fait villages et population sont encore très différents ici, étrange Colombie…

Il tombe toujours des trombes, je sens que ça va se compliquer, j’espère que famille et amis n’êtes pas au courant des intempéries qui frappent la Colombie et que vous ne vous faites pas de souci pour moi car je crois que je vais encore rester deux ou trois jours sans connexion internet.. Plus si la route est coupée…

Bisous tout le monde

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Vendredi 22 avri 2011 : nouvelles breves

Bonjour a tous

Repos obligatoire a Chachagui, etais trop malade, fievre, impossible de partir ce matin…

J’espere reprendre la route demain

Bisous a tous

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J86 : Séquence PanAm (ou Panamericana) mise a jour avec photos

Vous m’excuserez cet article etait prevu pour mettre en regard les photos, pas pour faire plaisir a Enzo mais juste parce que je l’avais decide, mais ici vu la connexion ce n’est pas possible… Snif, snif, ca va enlever tout le charme…

J86 : Séquence PanAm (ou Panamericana)

Dimanche 17 avril 2011
Popayan – Rosas
Distance parcourue : 40,36 km
Vmoy : 7,9 km/h Vmax : 45,6 km/h
Température : minima : 17°, maxima : 33°
Dénivelée positif : 621 m Dénivelée négatif : 847 m
Heures sur le vélo : 5H51’53 »
Départ : 9 heures 30
Arrivée : vers 16 heures 30

Résumé de l’article

• Objectif : tracer
• Conditions météorologiques : couvert, chaud, froid, 4 averses dont une terrible de 3heures
• Etat de santé : mauvais, je couve un truc, plus de ressort, et mal à la gorge
• Particularités de la journée : surprise, la panam n’est pas ce que je redoutais, à savoir une autoroute avec trafic intense, non, c’est une route de montagne avcec quand même un peu trop de circulation, ça va aussi monter plus que prévu et la pluie commence à m’énerver

Séquence je pars tard : malgré un lever à 6 heures je ne pars qu’à 9h30 car j’ai défait l’intégralité de mes sacoches, d’abord pour les laver (entièrement recouverte de boue) et ensuite pour tenter de faire sécher mes affaires, donc ça demande un peu de temps de tout remballer… Et puis dans le prix de l’hôtel est compris le petit déjeuner, alors j’en profite… Et puis je fais bien ce que je veux, na…

• Séquence je découvre l’autre face de Popayan, oui, je suis arrivé directement dans le Popayan éclatant de blancheur et de splendeur, là en partant je vois le Popayan, sale, pauvre, bazar, grouillant de vie, une ville sud-américaine quoi…

• Séquence je rêve, oui je me dis je rejoins la PanAm, tout un programme la PanAm, elle fait rêver, elle fait peur, c’est un monde à part. Moi je m’imagine une super autoroute à quatre voies et piste cyclable ( c’est d’ailleurs ce que l’on m’a dit) et grouillante de monstres rutilants et ronflants (les camions),  je vais tracer, dans quelques jours je serais en Equateur…

Et bin non la PanAm c’est plein de séquences mais pas ça, il y a :

• La séquence plus de circulation tu meurs (plus quand même le matin que l’après-midi)

La sequence je vais attraper une crise avec cet internet… il me remet toujours la meme photo, j’abandonne, je mettrai a jour a Pasto…

• La séquence je ne suis pas en forme, mais vraiment pas, la moindre petite montée je pousse avec difficultés. J’ai quelques nausées et mal à la gorge. Et la route monte et descend, et j’ai des chauds et des froids. Vers 13 heures je fais une pause, m’oblige à manger une soupe, dur. Je vais quand même parler religion, Chavez, la guerre en Lybie, la semaine sainte, je vais résister à une tentative d’enlèvement pour participer à la semaine sainte…

• La séquence ce n’est pas une autopista, non c’est une route normale avec au début un bas-coté destiné à tuer les abuelas cyclotouristes plus fluos, avec un rebord de plus de 50cm, ouf le bas coté disparaîtra vite. Une route normale avec ses effondrements (zone d’instabilité géologique), avec ses trous, sa boue…

• Les séquences pluies, il y en aura trois dont une de trois heures forte…

• Les séquences maisons fleuries, ou vendant des oranges…

• La séquence volcan, pas encore allumé, ça c’est pour plus tard…

• La séquence beaux camions…


De multiples séquences beau tout court


• La séquence cheval…


• Les séquences poulets et chiens…

• La séquence col à monter dans l’après-midi sous la pluie, c’est dur…

• La séquence que tu te dis que l’heure tourne et où tu vas dormir et au col tu trouves un minuscule village et l’hôtel du voyageur plus que simple mais bien, t’as quand même droit à la douche froide et à la séquence double duvet pour réchauffage…

• La séquence qu’horreur en plus du trou dans la sacoche y a un trou dans le sac étanche de ton duvet, donc qui est plus étanche, ouf le duvet n’a rien mais le drap est mouillé, allez un sac poubelle remédiera à l’affaire…

• Si on enlève les séquences plus de ressort dans les jambes, mal à la gorge, pluie, circulation assez intense (au fait un bus m’a retouché, ici les camions te respectent mais pas les bus, c’est complètement dingue…) bin ce serait bien, beau et tout et tout…

Bisous tout le monde

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J85 : Popayan en attente

Oue c’est galere de chez galere ici connexon tres lente et coupure de courant… Plus es gams en vacances qui jouent sur les consoles et courent de partout

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El Trampolino de la muerte acte 2 en images

Le départ, sous la pluie…

On y va…

Adieu le rio Magdalena…

Des encouragements…

Isnos, dernier village avant plusieurs jours…

Tentative de repérage…

J’espère qu’il n’y a pas d’enfants dessous…

Un cheval heureux…

Un cheval qui se promène…

L’église du hameau de San Vicente ( dix familles)…

Installation de la tente, c’est humide…

Là ce sera mieux, merci mesdames…

Réveil difficile…

Au milieu de rien ils vendent des minutos (pour téléphoner)…

La der des der (de maison)…

La boue…

60 kg, même pour un militaire jeune et entrainé c’est dur…

Humour militario-colombien…

2ème bivouac, dans les marécages, mais sous haute protection…

Surprise du matin : du ciel bleu (vous inquiétez pas, cela ne va pas durer…)

Une vierge au milieu de rien (c’est comme les minutos, indispensable)…

Alors ça les ours j’avais pas prévu au programme, ma casserole est inaccessible au fond de la sacoche..

La pluie, c’était au programme…

Les frailejones sont quelque peu rabougris…

Et la piste est piste…

Les géologues au boulot, je veux une analyse complète de toutes les couches…

Etendage totalement inefficace…

Même dans la chambre il pleut, c’est la cata…

Même les poissons on est obligé de les faire sécher…

Une bonne soupe au coin du feu, quel bonheur…

4ème jour San Agostin-Popayan, premier obstacle

Pour certains la boue est le quotidien…

3ème obstacle du jour, il va durer longtemps celui-là et me mettre par terre deux fois…

C’est vraiment très dur, mes pneus ne sont pas adaptés…

Vélo et cyclo unis : un bloc de boue…

Et lui il se marre de voir ce bloc de boue passer…

Les chevaux sont totalement indifférents…

Lui, rien qu’à me regarder il est fatigué…

Là on rentre dans le magique …

Le très magique…

Y a pas ça dégouline de partout…

Ca c’est un pont pour Corinne et Enzo (explications sur demande)…

On me l’avait dit, on me l’avait dit que c’était dangereux…

Franchement  je n’en peux plus…

Et en plus ça s’éboule…

Je vais me transformer en vache (pour aller dans le camion…)

Re (cascade)

Coco je sais plus quoi…

Les traces de chute…

Et ma main, je vous ai pas dit, de tant être traumatisée, elle a fini par tomber, pas de bol, dans la soupe…

Un camion échappé de l’Equateur…

Arrivée à Popayan…

Popayan, trop beau…

Besos a todos

 

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Mardi 16 avril 2011 : nouvelles breves

Coucou tout le monde
Je suis a Remolimo, petit village sur la PanAm, tout n’est qu’eboulement, coulees de boue et arbres arraches, je fuis … J’atteindrai Pasto dans 2 jours, je revais bien. Ce matin soleil, chaleur, paysages somptueux un regal… Probleme technique, chaine et derive chaine se cognent…A suivre… internet ci un cauchemar, je ne sais si j’arriverai a mettre des photos
Bisous tout le monde

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J81-J82-J83-J84 : El Trempolino de la Muerte acte II

J81-J82-J83-J84 : El Trempolino de la Muerte acte II

 Voilà, je savais que cela serait dur, mais c’est vraiment très très dur, les seuls renseignements que je croyais fiables (la mission médicale) sont faux et m’ont donc induite en erreur, pas assez de liquide notamment (à boire parce que pour l’argent, vu qu’il n’ y a rien…). En revanche tous les dangers promis étaient là : la piste dans un état désastreux, l’absence de village et de maisons pendant plus de 50 km, le froid, la pluie, le brouillard, le paramo, l’altitude et la guerillera. Je crois que le plus dur est derrière moi, mais sait-on jamais ? Et bien non, il restait encore du dur, de la boue, deux chutes, mais tant de beau…

J81

 Mardi 12 avril 2011 San Agostin – San Vincente, petit village de 20 familles perdu dans la montagne
Distance parcourue : 31,08 km
Vmoy : 7,3 km/h Vmax : 38,5 km/h
Température : minima : 17°, maxima : 29 °, le plus souvent 17°
Dénivelée positif : 813 m
Dénivelée négatif : 464 m
Heures sur le vélo : 4H14’46 »
Départ : 8 heures
Arrivée : vers 14 heures
Objectif : essayer d’avancer et commencer à chercher où dormir à partir de 15 heures.
Petit crachin au départ qui dure ¾ d’heure puis qui se transforme en pluie forte durant 20 minutes à 12h30, puis 13 h30, kwé et bandeau polaire sont de rigueur. En quittant San Agostin, et dans la petite montée un drôle de cyclotouriste me salue et me dépasse, il a pour sacoches deux sacs à dos, pour monture un vélo qui semble hors d’état et sur le dos un vieil anorak, je me dis que je vais le redoubler à la descente, et bien pas du tout, il file… La descente de San Agostin est agréable malgré la pluie. Je traverse le rio Magdalena pour remonter de l’autre coté, surprise, dés la sortie du pont de la piste, je pensais avoir une route jusque San José… Ca monte, la piste est mauvaise, je pousse. Resurprise après quelques kilomètres de piste une route neuve, je pédale… La route serpente entre les volcans, la température atteint 29°, je me découvre. Arrivée à Isnos, en quelques secondes la température chute, j’ai froid, j’attends la fin de la côte pour me recouvrir. Je décide de garder mes vêtements trempés de sueurs, vu que ça va continuer de monter et si je veux garder un peu de sec il vaut mieux l’économiser et gérer au mieux. Je m’arrête pour manger à Isnos, il n’est que 11 heures, je n’ai pas trop faim, mais je ne sais ce qu’il m’attend, d’ailleurs si j’avais su j’aurais refais des provisions à Isnos. Au resto ils me servent en boisson un chocolat chaud et du pain brioché, j’apprécie beaucoup. Les renseignements sur la route ne sont pas très bons, 7 heures à cheval, vu que les chevaux vont beaucoup plus vite que moi je vais passer beaucoup de jours… les renseignements sur la route restent imprécis, en fait nul n’y va… Vers 13H30 je trouve une minuscule boutique, j’achète ce qu’il y a, c’est-à-dire ni coca, ni catolate, ni chocolat, en revanche des espèces de sucreries aux cacahuètes délicieuse et bourrées d’énergie. Je continue ma route, le paysage est merveilleux, toujours un enchevêtrement de collines vertes et cultivées, les maisons sont comme annoncées très rares., les militaires absents ( j’apprendrais à mes dépens qu’ils sont là mais cachés..), la circulation aussi est absente, de rares camions, bus, motos. J’arrive dans une zone de travaux, ils font la route, et pour cela ils cassent la montagne, c’est une vraie catastrophe, plus de 15 cm de boue, je rame un max, un ouvrier m’aide à pousser mon vélo. Après la boue une piste étroite, caillouteuse et pleine de trous serpente dans la montagne. Ca monte, l pleut pour ne pas changer, je me dis que j’aimerais bien avancer de 30 km, quand surgie de nulle part une église, magnifique, rouge et blanche et quelques maisons. Je me renseigne, après il n’y a rien, que le restaurante, je ne sais où est ce restaurante, ni ce qu’il y a autour et si je peux planter ma tente,J’inspecte les lieux : l’église, un bâtiment, moins d’une dizaine de maisons. Je décide de jouer la prudence et de planter ma tente là. Je demande l’autorisation à la femme qui travaille dans le bâtiment, en fait ce bâtiment est la cantine de l’école, la femme termine de tout ranger. Je lui demande l’autorisation de planter ma tente, autorisation accordée, le terrain qui jouxte l’église est plein d’eau, je choisi l’endroit le moins humide et installe ma tente, deux enfants et trois femmes me regardent. Quand j’ai terminé elles me conseillent d’installer ma tente sous le petit préau à coté des toilettes des enfants, ce n’est pas super bucolique mais je serai plus au sec. Tout regorge d’eau, c’est la saison des pluies, celui qui m’a dit de ne pas partir en décembre car c’était la saison des pluies, je crois que je vais le tuer… Je viens d’apprendre que la Colombie n’est qu’inondations, éboulement, avalanches (ce sont les torrents qui emportent tout sur leur passage), un bus a été emporté faisant de nombreux morts, des maisons sont détruites et moi je bivouaque dans la flotte… je suis vraiment fêlée. Une fois installée, je me dis que je me doucherai bien pour me dépoisser, mais l’eau sur laquelle je comptais a été coupée, je suis dans ma tente et je l’entends couler cette eau qu’on aime ou que l’on déteste selon les circonstances… Vite je remplis mes gourdes d’une eau très verdâtre et me douche, cela fait du bien, sauf que j’ai des démangeaisons partout…Et… Il repleut… Il va d’ailleurs pleuvoir toute la nuit… Je souffre aussi de brûlures sous la plante des pieds, les chaussures de Bogota ne sont pas top, j’ai mis dedans mes semelles orthopédiques que j’ai coincé avec du papier toilette, mes pieds ils aiment pas. Le lendemain les brûlures auront disparues, je renonce aux semelles orthopédiques. Voila, question santé depuis mon passage en vallée chaude j’ai à nouveau les jambes transpercées mais ça ne me gêne pas. A la minuscule tienda du village (1m2 et je n’exagère pas j’ai refait le plein de boissons, enfin ce qu’ils ont. J’essaie d’avoir des renseignements sur la route, à part ce restaurante (qui en fait est à 1km) je ne sais rien. Impossible de savoir où je peux me ravitailler et dormir. J’hésite à manger, de peur de devoir manger deux fois, mais les colombiens sont très différents des vénézueliens, les colombiens ressemblent un peu aux français, distants, discrets, mais si je demande de l’aide j’ai toujours des réponses positives. Finalement je mange, écris, je ne sors pas mon ordinateur, ne le sors jamais quand je bivouaque, inutile d’ engendrer des envies ou des jalousies ou que mon statut de vagabonde en prenne un sacré coup… J’écris donc sur mon petit cahier… La nuit qui s’annonçait calme fur un vrai cauchemar, passage incessant de camions qui souvent profitent de l’immense plate-forme pour s’arrêter, regonfler leurs pneus, se reposer musique à fond les manettes, le moteur ronflant, dans le genre bivouac sous les étoiles c’est réussi… Et… Il pleut…

 J82
Mercredi 13 avril 2011

San Vincente, petit village de 20 familles perdu dans la montagne – kilomètre 70 en contrebas d’un camp militaire caché dans la montagne

 Distance parcourue : 30,35 km
Vmoy : 4,8 km/h Vmax : 27,9km/h
Température : minima : 12°, maxima : 21°
Dénivelée positif : 672 m
Dénivelée négatif : 94 m
Heures sur le vélo : 6H12’16 »
Départ : 7 heures 45
Arrivée : vers 16 heures

Etape très difficile, la piste est redoutable, le paysage un peu monotone, trouée dans la forêt, la circulation extrêmement rare, deux camions s’arrêtent pour me dire que je suis complètement folle de venir là, ce qui est très encourageant… Évidemment il fait froid, évidemment il pleut. Une vingtaine de kilomètres après le départ je rencontre des militaires qui sortent d’un taillis. La zone est très militarisée, juste je ne les vois pas, ils sont cachés dans la montagne et de temps en temps sortent pour contrôler les véhicules, se ravitailler en eau, ou aider une pauvre cycliste comme moi à monter la cote, sur le coup quand il repoussait ma cape pour prendre mon vélo je me demandais ce qu’il voulait et j’étais prête à me défendre, quand j’ai compris qu’il voulait juste pousser mon vélo le temps de franchir une cotre très rude, je l’ai laissé faire, je lui ai même proposé de continuer la route avec moi, mais non, il n’a pas été d’accord, quand je lui ai demandé où était la prochaine maison, il m’a dit 7km, le menteur, de maison nenni pendant plus de 50 km… Mais forte de ce renseignement, alors que je suis épuisée je m’accroche pour trouver un lieu sûr où bivouaquer, les kilomètres passent, je suis de plus en plus épuisée et mouillée, et toujours pas de maison, je regarde un peu les bas-cotés pour voir où planter ma tente, les rares endroits plats sont marécageux, je sens que je vais passer outre, j’en trouve deux moins humides et je me rappelle la valse incessante des camions l’autre nuit et je me dis que ce ne serait pas très prudent, quand je crois entendre des voix, j’avance un peu, je prête l’oreille, oui il y a bien des voix, je me pense sauvée, crois qu’il y a des maisons, mais quand j’arrive, non ce sont des militaires qui se ravitaillent en eau, je me renseigne où dormir, ce n’est pas possible, je dois retourner au restorante, mais j’ai mis la journée pour venir ici, non je ne retourne pas et en plus je n’en suis pas capable, il n’y a pas un endroit où je puisse planter ma tente ? De toute façon je vais chercher un endroit et je vais la planter, je n’ai pas le choix. Bon le militaire va demander au commandant (le camp est caché dans les taillis), le commandant arrive, me dit que je ne peux dormir là, que la région est très militarisée, je plaide ma cause et obtiens… gain de cause, il me dit de me mettre dans le virage sur la gauche, oh la la c’est vraiment très marécageux, moi j’ai vu des endroits mieux, ou moins pires, mais je ne vais quand même pas aller contre l’armée colombienne, alors j’obtempère. L’endroit le moins marécageux a quand même bien 8cm d’eau et quand un véhicule passe tout tremble. Puis les militaires seront très sympas avec moi, ils m’apporteront même une boisson chaude et à manger, vérifieront que je n’ai pas froid, chacun viendra inspecter mon duvet et mon matelas, ce qu’ils ne savent pas c’est que je vais littéralement baigner dans la flotte toute la nuit. Ils me proposent même un des leurs très « caliente » pour la nuit, je réfute…Je m’intéresse à leur vie, ils me raconteront les 4 mois ici, puis 40 jours chez eux, leur amour du paramo, le froid, la pluie, la neige, et la guerillera aussi, ils traquent tout individu armé, parfois les farqs prennent en otage des militaires, de toute façon ma sécurité est assurée pour la nuit, d’où ils sont ils me voient, qui plus est ils viendront faire des rondes dans la nuit. Ils sont plus de deux cents. Je mets un peu de piment dans leur vie de tous les jours. En tous cas je les remercie de ne pas m’avoir renvoyée d’où je venais, ça c’aurait été dur…

 J84
Vendredi 15 avril 2011

 Kilomètre 70 en contrebas d’un camp militaire caché dans la montagne – Paletara Distance parcourue : 23,66 km
Heures de vélo : 3H26’44 »
Vmoy : 6,8 km/h Vmax : 22,7 km/h
Température : minima : 8°, maxima : 31°
Dénivelée positif : 164 m
Dénivelée négatif : 349 m
Départ : 8 heures 30
Arrivée : vers 13 heures 30

Hier soir je n’ai pas écrit, trop fatiguée, trop mouillée. Nuit agitée, à chaque fois qu’un véhicule passe, mon campement tremble, normal m’ont dit les militaires c’est parce que je suis sur de l’eau, oui je sais que je suis sur de l’eau, là où j’ai posé ma tente je patauge sur environ 8 cm, j’ai mis ma couverture de survie, j’ai aussi mis mes sacs Winnie l’ourson, rien n’y fait je suis dans une humidité totale, entre ce qui vient du sol, ce qui vient du ciel, et ce que j’ai introduit dans la tente, et bien de l’eau il y en a, sauf pour boire, juste l’eau jaune que boivent les militaires, ils m’ont dit qu’elle était très pure, j’ai quand même mis une pastille, mais l’eau panélée et citronnée d’hier je l’ai bue, c’est peut-être ce qui m’a donné de la fièvre ce matin. A moins que ce ne soit les moustiques, ils sont très purs aussi les moustiques, enfin toujours selon les militaires, ils ne transmettent pas de maladie… A six heures j’entends les militaires roder autour de ma tente, peut-être m’apportent-ils mon petit déjeuner, mais ils ne me hèlent pas et je veux encoure profiter de la tiédeur de mon duvet trempé avant d’affronter la dure vie d’une cyclotouriste dans la Cordillère des Andes qui a décidé de prendre quelques chemins de traverse, et ce malgré les multiples mises en garde… Je flemmarde donc jusqu’à 6h30, jette un œil dehors le ciel est bleu, je me dépêche donc, je ne suis pas très en forme, je mange un peu, bois un peu d’eau (n’ai plus que ça). Je range mes affaires. Le soleil arrive (pas sur la tente, je suis sur des marécages à l’ombre des fourrés), j’installe quelques trucs sur le rebord en béton d’un cours d’eau pour qu’ils sèchent le temps que je charge mon vélo, notamment mes chaussures, mes gants. L’humidité froide il faut être dedans pour savoir ce que c’est… Je me dis que ce serait bien d’avoir une grande journée de soleil devant moi, je pourrais faire sécher mes affaires, ma tente et partir tranquillement après, non là je sais que ces minutes de soleil ne sont que des minutes, qu’à six heures il fera nuit, que la route (enfin si on peut appeler ça une route) est très difficile et que je ne sais pas où je vais pouvoir dormir ce soir, donc je n’ai pas intérêt à trainer… Les militaires reviennent, ils m’apportent du chocolat chaud et une grande arepa, même le chocolat chaud a du mal à passer, je vais à nouveau pas bien, j’ai de la fièvre, je le dis aux militaires qui me proposent des comprimés, mais j’ai du doliprane, j’en prends, ça va mieux, juste que ça me déclenche des acouphènes. Voilà mon vélo est chargé. Je prends le temps d’aller dire au revoir et merci aux militaires qui sont en train de faire leurs ablutions dans l’eau jaunâtre. Pour moi ce sera zéro ablution, d’ailleurs ce soir aussi, de l’eau j’en ai assez pris sur la tête toute la journée. D’ailleurs j’en reprends, je suis dans une chambre chez l’habitant, évidemment il pleut et évidemment il y a des fuites et mon matelas qui essayait de sécher il est remouillé. Me voilà donc partie, les militaires m’ont prévenue, il va pleuvoir. Mais là il y a du soleil et j’ai même chaud, je me découvre (pas trop mais suffisamment pour avoir froid quand le ciel se couvre et que la température redégringole en quelques secondes). Je me recouvre. La piste continue son cheminement, elle monte en suivant les crêtes mais reste encaissée au milieu d’espèces de talus. Je pédale ou pousse selon la pente. Je recroise d’autres militaires qui font aussi leurs ablutions et qu’entends-je ? Le tonnerre, oh la la que je n’aime pas cela. Nul endroit où me réfugier, pas de maison, l’endroit est désert, même pas un bas-coté où je puisse planter ma tente. Ca tonne dur derrière moi, puis sur ma droite. Bientôt je prends la pluie, un peu, beaucoup, passionnément. J’ai tout mis, cape, kwé (qui au passage a une belle couleur verte, mais déjà un trou et qui se mouille et ne veut plus sécher, et qu’au passage j’ai acheté d’occas au prix du neuf, bref je crois que le vert finira par me perdre)… En attendant le vert je baigne dedans depuis des jours et des jours… La pluie forcit, deux motards s’abritent sous un arbre, j’en fais autant, en fait ils s’habillent, ils repartent, j’en fais autant, je me dis qu’ils savent ce qu’ils font et si ils n’attendent pas c’est qu’il ne s’agit pas d’une averse de courte durée. Je manque de m’exploser, je n’y vois rien et comme la piste est faite de trous remplis d’eau (qui ne désemplissent jamais) et de cailloux enchevêtrés dans le plus grand désordre, c’est extrêmement dangereux de rouler dans ces conditions, donc je pousse à 2virgule quelque chose… Des que la pluie est moins forte et que la pente le permet je repédale. Des bornes blanches indiquant le kilométrage jalonnent la piste, et quand je pédale je les vois défiler, suis heureuse de passer la barre des 60 puis celle des 50. Quand je pousse c’est désespérant de les voir si éloignées les unes des autres… Je ne vois même plus mon compteur, celui-ci étant sous la cape cycliste. Je me force à m’arrêter pour avaler ma dernière barre chocolatée et un peu d’eau. Les militaires m’ont dit qu’il y avait un village à environ 27 km, je ne les crois qu’à moitié car hier d’autres m’avaient dit qu’il y avait une maison à sept kilomètres et rien du tout, raison pour laquelle cet après-midi j’ai refait provision de tout car soit-disant qu’il y a un village à 20 ou 30 kilomètres, je me méfie… Sur le chemin un camion s’arrête, me donne des galettes et me remets en garde sur le froid du paramo, je le rassure en lui disant que j’ai vraiment tout ce qu’il faut. Finalement je prends la pluie et non l’orage qui a tourné autour de moi. J’ai eu la chance ce matin dans une trouée de voir le volcan qui culmine à plus de 5000 mètres, je n’ai même pas eu le temps de le photographier, hop à nouveau dans les nuages et moi dans la pluie. Rarement un camion ou un bus me croise ou me double. Quand même de coup de pédale en coup de pédale, de poussage en poussage, je finis par déboucher sur un grand plateau et au loin je vois des pâturages, je me dis que si pâturages il y a, humains il y a, donc possibilité de me ravitailler, de trouver où planter ma tente. Je vois une maison, puis un campement militaire, vu leur tente ouverte à tous vents ils ne risquent pas d’avoir de problème de condensation… Bien sûr ils viennent me saluer, nous parlons, je leur dis que si je ne trouve pas où dormir cette nuit je viens mettre ma tente à coté de la leur, je les rassure en disant que ma tente est verte et qu’elle passera inaperçue. Ils me disent qu’il y a un hôtel dans le village, c’est faux. En revanche il y a au moins cinq restaurants, les camions et bus s’arrêtent là avant d’affronter ( car pour eux aussi c’est très dur, certains camions ne vont guère plus vite que moi) la piste qui est épouvantable, étroite, cailloux, trous, ornières, boue, enfin vous l’avez compris c’est difficile, et en plus il pleut tout le temps et même des fois ça gronde, et ça monte et c’est aux alentours de 3500 mètres, et rien pour se reposer… Donc c’est dur… Dans ce village pas d’hôtel mais en demandant une femme a une chambre qu’elle me loue, d’accord il pleut dans la chambre mais je peux pendre mes affaires et ma tente sous son préau (rien ne séchera…)et faire ma lessive avec elle, ce ne sera que les chaussettes qui de toute façon sont mouillées, mes culottes, et mon maillot bleu. Rien ne séchera évidemment, tout va repuer… Dans ce village très très pauvre d’une vingtaine de maisons, il y a un point internet mais fermé je ne sais pour quelle raison, il y a aussi une garderie d’enfants accueillant 15 enfants, les cinq restaurants font aussi épicerie mais avec pas grand chose, juste quelques boissons, des ships et des sucreries, mais j’ai trouvé mon bonheur. Voilà, c’était ma journée, aujourd’hui il n’y aura pas non plus d’ablutions, trop froid, trop humide. Ici ils font la cuisine au feu de bois et se tiennent dans la cuisine pour avoir chaud. J’ai essayé d’interroger la population: quel va être le temps aujourd’hui ? C’est compliqué. La guerillerra ? Là aussi c’est compliqué, je viens vraiment de passer une zone très tendue, plus loin ça l’est moins. Et c’est quand la saison des pluie ? Au mois de mai. Alors pourquoi il pleut tout le temps et qu’on est en avril ? C’est compliqué. Et le volcan c’est quand qu’il y a de la neige ? En décembre et en janvier. N’empêche qu’un des militaires me l’a montré tout enneigé sur son ijesaispasquoi et il m’a dit que c’était arrivé deux fois ce mois-ci, j’aurai bien aimé le voir enneigé, mais pour cela il faut qu’il pleuve plusieurs jours sans interruption et puis après il faut une trouée pour le voir, et pour le photographier il faut soit être prêt, soit une grande trouée, bref c’est compliqué. Au fait j’ai bien vu des frailejones mais ils étaient tout rabougris… Et pour faire une photo j’ai du faire preuve de grand courage vu la pluie. Tout à l’heure en cherchant le point internet j’ai vu deux grands touristes peut-être étrangers short et sandales au pied qui sortaient du bus, il y a pas avec mon pantalon plein de boue, mes cheveux dégoulinant et mon air de chouette, je suis en décalée…N’empêche j’étais super contente de trouver un village, ses restaurants, sa bonne soupe et un jus d’ananas délicieux aussi. Il a cessé de pleuvoir… J85 Paletara – Popayan Distance parcourue : 59,56 km Heures de vélo : 5H36’54 » Vmoy : 10,6 km/h Vmax : interférences électromagnétiques Température : minima : 13°, maxima : 23° Dénivelée positif : 297 m Dénivelée négatif : 1492 m Départ : 8 heures 30 Arrivée : vers 17 heures Sincèrement je pensais que le pire était derrière moi, que bientôt j’allais retrouver une route et la civilisation. Sauf qu’avant il y avait encore 30 km de piste à franchir et là le problème fut la boue. Mes pneus (excellents par ailleurs) ne sont vraiment pas adaptés à la boue, je manque de tomber une première fois, puis une deuxième, je me dis tant pis je pousse, puis j’en ai marre de pousser, je remonte sur le vélo et là quelques mètres plus loin je tombe, mais j’ai eu le temps d’actionner le siège éjectable et je ne me fais pas mal. Je repousse puis j’en ai remarre, je remonte sur le vélo, retombe, enfin presque j’arrive à arrêter la chute 10 cm avant que le vélo ne touche terre. Mon vélo est moi ne faisons qu’un, oui un bloc de boue, nous sommes dans un état, les deux chutes m’ont un peu ébranlée mais rien de grave et d’ailleurs j’en ai remarre de pousser, je remonte sur le vélo, c’est dur, je suis extrêmement concentrée, essaie de descendre quand c’est trop dur pour éviter la chute. Mais… la récompense de tous ces efforts est là : un paysage à couper le souffle, des bocages, des montagnes qui se coupent et se recoupent, toute la palette de vert, du plus fluo au presque noir, et de temps en temps une superbe maison, puis j’ai le droit à des orgues basaltiques, à des cascades et des cascades et encore des cascades, et bientôt des gorges et un rio. Amis cyclotouristes, autant je ne vous conseille pas la route que j’ai prise, autant je pense que faire un crochet en venant de Popayan vaut le coup, et ce malgré les 30km de boue. J’atteins le village de Cocono . J’y mange, une excellente soupe et un poulet excellent comme d’hab pour pas grand chose et après le village ? La route est goudronnée, elle descend et ? Il pleut… Mon dérailleur des pignons est coincé, ce qui fait que dans les montées soit je souffle comme un bœuf et transpire à mort, soit je pousse, ça me fait râler, la pluie aussi me fait râler, je ne profite pas assez de la descente. Bientôt je rejoins la route qui asse par La Plata, j’ai un peu plus de circulation, mais pas grand chose. A la bifurcation Popayan-Pasto, je me fais confirmer mon chemin, ce n’est pas possible que la route qui mène à Popayan soit si petite et si cassée, mais si c’est possible, n’oublie pas que tu viens d’un chemin de traverse qui aura duré 135km. J’arrive à Popayan, et là j’en prends plein les yeux. La ville coloniale (détruite en partie en 1983 par un tremblement de terre mais reconstruite à l’identique est toute blanche avec des balcons fleuris, des églises somptueuses. La recherche d’un hôtel est un peu laborieuse… Et le soir féérie : immense procession où vierges, policiers, Christ; éboueurs et croyants sont mêlés. Les tambours m’enivrent… C’est le début de la semaine sainte… Le festival va durer plusieurs jours. Tout le monde s’affaire, qui repeignant sa façade, qui nettoyant, qui rebouchant les trous de la route… Encore je me pose des questions sur ces colombiens si proches et si différents de nous. Parfois je vis vraiment des moments teintés de surréalisme… Arrivée dans l’hôtel je jette tous mes vêtements trempés et boueux dans la douche, elle sera effectivement chaude…

Bisous tout le monde…

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J80 : San Agostin en attente

Patience, patience, patience…

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