Nouvelles breves : samedi 18 juin 2011

Bonjour a tous

Je vais bien, le moral est reparti au zenith
Je suis a Puria
J’a pu faire imprimer les cartes routieres
J’ai rencontre deux cyclistes en tandem trop geniaux, j’ai tous les renseignements sur la route

Demain et apres-demain 200 km de desert sans ville
C’est vrai qu’il y a 100 km (encore apres) ou ils attaquent systematiquement les cyclotouristes, il faut exiger de se faire escorter par la police, ce que je ferais ou prendre le bus

Bisous et a bientot, pas de panique la c’est sur pas de net au moins 2 jours et j’ai de quoi vivre jusque Trujillo et remerci a tous

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J147 : SI ?

Vendredi 17 juin 2011

Distance parcourue :  82, 67 km
Vmoy :14,2  km/h Vmax : 40,3 km/h
Température : minima : 21°, maxima : 38°
Dénivelée positif : 234 m
Dénivelée négatif : 364 m
Heures sur le vélo : 5H48’06 »
Départ : 9 heures
Arrivée : 16 heures 40

Résumé de la journée

  • Objectif : je sais pas, j’ai pas de carte, avancer, trouver un endroit sur où dormir
  • Conditions météorologiques : frais couvert le matin, chaud moins couvert l’après-midi
  • Etat de santé : ca va, dents toujours limites…
  • Particularités de la journée : frais le matin, chaud l’après-midi, la route est roulante je roule, je traverse le désert repère de brigands, des policiers tentent de me racketter.

SI ?                       

Si c’était moi qui traînait la poisse avec moi ?

Hier il a plus dans une région desséchée à mort…

Ce matin temps couvert et frais ( 22°), parfait pour des cyclos normaux, dur pour moi, obligée de me couvrir et des chaud et froid. D’accord l’après-midi j’ai même eu un peu chaud…

Ce matin trois gouttes, d’accord que trois gouttes quand même dans un qui va devenir désert

SI ?

Si j’arrêtais de me torpiller la tête avec cette histoire de carte bancaire et de pédaler comme une malade et plus je pédale comme une malade plus ça me torpille la tête et ça m’envahit complètement et je ne pense plus qu’à ça et à la suite de mon voyage compromis et impossible de faire ce que je voulais faire, notamment les ascensions, et c’est sûr quand je reviens je change de banque parce qu’une banque à laquelle tu es fidèle depuis 40 ans chez qui ton argent dort parce que tu es un enfant de l’après-guerre, que l’on t’a élevée dans la peur de manquer et dans le fait qu’un sou est un sou, que cette banque elle est pas capable de te faire parvenir une carte bancaire, alors même que tu as pris la plus chère, la dorée pour être tranquille…

SI ?

Si au péage qui surgit ici comme dans les autres pays tout d’un coup sur l’unique route, mais bon personne n’est là pour faire payer et d’ailleurs personne ne paie, les bicyclettes c’est pas prévu au programme… Dis si à ce péage tu t’arrêtais et faisais quelques petits mouvements de décontraction, tu le fais ça te calme 10 minutes et tu repars comme une malade.

SI ?

Si ces rizières n’étaient pas des rizières, d’ailleurs d’où vient l’eau ?

Si ce semi-désert

Qui fait place à un désert complet

C’était le repère de brigands qui attaquent les cyclistes ?

Et bien c’est, mais comme tu ne le sauras que plus tard, pas grave t’as pas peur, et puis entre chaque ville ( soit tous les 40 à 50 km) il y a une voiture de police pour te protéger.

SI ?

Si la nature se met à sculpter ses propres œuvres d’art, mais où va-t-on, où va-t-on, et bin juste on on va à Ushuaïa…

Photo plus tard

SI ?

C’était des pavots surgis en plein désert de nulle part ?

Non ce sont des marguerites pour donner à manger à la gente à plumes,  je ne sais comment traduire aves…

SI ?

A force de parler que espagnol tu finissais par oublier le français ? D’ailleurs tu t’en es rendu compte que des fois tu mélanges, oh la la ça devient grave…

SI ?

Ce que tu as d’abord pris pour la sécurité de l’usine des marguerites pour les aves étaient de faux policiers?

SI ?

Ils plaisantaient pas avec leur histoire que si tu paies pas ils vont te mettre les menottes, toi tu fais la conne, tu rigoles, tu fais comme si tu comprenais pas, tu fais même la faux jeton, merci de sécuriser la route, et quand ils te montrent le chef que c’est tout juste si il a pas sur lui de quoi faire sauter la moitié de la ville et au bout de longues minutes le chef donne l’ordre, c’est bon laisse-la passer, même pas un petit peu d’argent, non… Attends ils vont pas s’y mettre eux-aussi à te torturer… Et quand t’as décidé de faire la conne, t’es la reine.

Bon là y a pas de photos parce que quand même je suis pas conne…

SI ?

Ce que tu croyais être une ville n’est que ce tout petit hameau ?

Tu interroges les jeunes d’un lycée, ils sont ravis, non la ville est plus loin, il y a des hôtels, oui il y a. Le premier tu t’arrêtes même pas, tu préfères planter ta tente au milieu du désert et des brigands…

Et SI ?

Si toi tu aimes le désert, tu as le droit d’aimer le désert et quand tu l’as découvert en vélo à Madagascar, quand t’as failli mourir d’un coup de chaleur et bin en même temps tu en es tombée amoureuse et tu as écrit  :

Terre
Terre

Terre qui ne sait que faire
Sous le soleil brûlant
Terre
Terre qui te fais désert
Et qui t’en vas mourant

Au voyageur perdu
Offre ta quietude
Que de ton etendue
Il trouve la quietude

De ta beauté farouche
Garde quelques épines
Car si l’homme te touche
Dans l’heure il assassine

 Terre
Terre
Terre…

 SI ?

Oué si les brigands étaient issus de cette espèce de banlieue bidon ville sans bidon misérable ?

SI ?

Si quand même tu l’aimes cette ville sale, brouillon, envahies de milliers de pousse-pousse motorisés, d’ailleurs c’est pratique, ça prend moins de place qu’une voiture, ça fait moins d’embouteillage…Et puis t’as remarqué que s’ils t’écrasent c’est juste par inadvertance c’est pas exprès ( oué pas comme en Colombie, parce que ça c’est un défaut des colombiens de viser en premier lieu les piétons, en deuxième les vélos, je reconnais que les équatoriens n’ont pas ce défaut…)

SI ?

Si les gens te saluent en souriant c’est qu’ils sont pas tous des brigands…

SI ?

Si c’était vrai de vrai ça « ton sourire nous rend joyeux, reviens-vite »…

SI ?

Tu te sens là en totale sécurité ? T’as le droit quand même, d’accord tu es plus vigilante.

Et puis si tu avais un peu plus de soles, que tu comptais pas la moindre petite sole qui chacune représente un bol de riz…

Et bien tu t’offrirais un tour de pousse-pousse à moteur, tu as bien regardé, ça fonctionne avec une chaine de vélo, juste à la place des pédales ils ont mis un moteur… Quand même admirez c’est trop génial ce truc, la chaîe, les freins à disque, la déco d’nfer, les amortisseurs, d’ac il faut qu’il fasse chaud, mais ici c’est parfaitement adapté…

SI ?

Si t’étais partie chercher ailleurs quand tu as vu le clavier pourri, les touches effacées et bringuebalantes, bin t’aurais gagné du temps et donc de l’argent, et voilà je retourne en rond, les pensées envahissantes comme ça c’est grave…

SI ?

Si là c’était les Guibertes 40 ans en arrière ?

SI ?

Les chiens arrêtaient de t’attaquer, encore une attaque aujourd’hui t’obligeant à mettre pied par terre, et pourquoi les chiens ils s’attaquent que aux cyclistes  ?

Bon, paraît-il que c’est encore dangereux jusque Puria (50km) après c’est bon la route est sécurisée, enfin si la sécurisation c’est le rackettage… Bon tout il est pas tout beau tout il est pas tout gentil, ici comme ailleurs…

SI ?

Si tout d’un coup toutes les guêpes sortaient de leur nid et t’attaquaient pendant que béatement toi tu les photographies ?

SI ?

Si je me transformais en désert avec quelques épines ?

SI ?

Si c’était le destin, el suerte de me retrouver (après 3 changements quand même) dans la seule chambre d’hôtel du monde qui est en totale harmonie avec moi-même…

SI ?

Si tu arrêtais de paniquer quand tu veux donner un coup de chiffon à ta chaine, que tu vois que ça tourne pas rond, que tu vois que c’est déraillé au dérailleur, c’est jamais arrivé, tu te dis ça y est les gens de l’hôtel en voulant t’aider et en forçant comme des malades pour rentrer le vélo dans la chambre ils ont tout cassé, non c’est juste déraillé…

SI ?

Tu laissais plus JAMAIS personne toucher à ton vélo, sauf les gens de la casa de ciclista que tu pédales comme une malade pour les rejoindre au plus vite…

SI ?

On te dit de prendre la « berna »

Que sur la Berna y a des vaches tu fais quoi ?

Bon tu te couches vu qu’il est tard, bisous tout le monde…

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J146 : et bin oui, le Perou c’est le Perou…

Jeudi 16 juin 2011

Macara ( Equateur) – Las lomas (Perou)

Distance parcourue : 55,40 km
Vmoy : 13km/h Vmax :  52,6 km/h
Température : minima : 27°, maxima : 40°
Dénivelée positif : 461 m
Dénivelée négatif :  695m
Heures sur le vélo : 4H15’16 »
Départ : 10 heures 30
Arrivée : 16 heures 15

Résumé de la journée

  • Objectif :  le Perou
  • Conditions météorologiques : chaleur, soleil, puis couvert, impression que orage menace, pluie après mon arrivée
  • Etat de santé : ca va
  • Particularités de la journée : trop bien, une route roulante déserte et des gens accueillants, souriants qui m’encouragent, un paysage qui me plait

 

A 7 heures je suis prête, hier j’ai bouclé mes sacoches, mais avant de partir je veux savoir si ma carte bancaire est arrivée. On m’a dit que le courrier ouvrait à 8 heures, du coup je refais mes sacoches en en consacrant une à ce que je veux emmener avec moi pour aller a Cuenca si ma carte est là, histoire de ne pas rater LE bus de la journée. Puis va commencer une longue quête pour savoir si ma carte était arrivée ou pas. Hier à l’hôtel c’est la petite (et gentille mais pas douée) colombienne qui m’a répondu, j’ai perdu l’habitude de l’accent colombien et ne comprenait rien à ce qu’elle me disait, à la question « hay ou no hay » « tiene o no tiene », soit elle est là ou elle est pas là, vous l’avez ou vous ne l’avez ou vous ne l’avez pas la notification, répondez-moi juste par oui ou par non, et bien la réponse est des explications oiseuses auxquelles je ne comprends rien, finalement je craque, je demande l’aide de la vendeuse de minutes de téléphone qui se fait prier et finit par accéder à ma demande et pendant ce temps les minutes défilent et mes précieux petits dollars s’envolent et chaque dollar qui s’envole c’est un grain de riz en moins, une goutte d’eau potable en moins et une heure de sommeil en toute sécurité en moins, une minute d’internet en moins, et aussi l’impossibilité de faire ce que j’avais prévu, l’impossibilité de racheter un pneu, l’impossibilité d’aller chez le dentiste, l’impossibilité d’acheter les médicaments dont j’ai besoin, l’impossibilité toute bête de racheter de la crème solaire ou du répulsif pour les moustiques, l’impossibilité de téléphoner, voilà à quoi sert l’argent… Alors la petite colombienne elle finit par cracher le morceau, non ils n’ont pas la notification de ma carte, et elle donne deux numéros de téléphone où appeler, et voilà encore les minutes et les dollars qui dégringolent et la réponse que ils savent pas et que il me faut le numéro du courrier… Je lance un appel de détresse sur le net et je cherche a Macara la poste. Et bien dans cette ville de moins de 1km2 il me faudra bien une heure pour trouver, entre les ça n’existe pas ici et qu’est-ce que c’est que ça El correo del Ecuador et qu’on veut m’envoyer sur internet et que on m’envoie n’importe où et que je finis par trouver un tout petit bureau caché au fin fond de la petite ville et que la seule employée ne sait pas ce que c’est qu’un recommandé et que des timbres elle ne sait pas ce que c’est et que pour qu’elle téléphone elle à Cuenca j’ai du faire un vrai forcing, etj e finis par savoir que ma carte n’est pas arrivée, alors vite je me sauve, je retourne à l’hôtel et là nouveau choc ils sont en train de débarrasser ma chambre, mes sacoches étaient prêtes, une pas fermée, je râle quand même je dis que je n’étais pas partie, que ça ne se fait pas, ils me disent qu’ils ont fait ça pour s’avancer. Je n’ai pas le courage de revérifier que j’ai bien tout, je suis très en colère, surtout que avant de partir je vérifie que je n’oublie rien, partout derrière et sous le lit, ce qui au passage me permet de mesurer la couche de poussière et de découvrir des détritus laissés par d’autres, je me sauve en priant le ciel que l’on ne m’est rien dérobé… Le petit jeune qui m’aide à porter les affaires me demande en échange mon appareil photo, attends il rêve… Je lui demande si il peut vérifier le serrage de ma roue (hier j’ai inversé les pneus avant et arrière pour cause d’usure et je sais que ne n’ai pas de force, donc pour le serrage des roues c’est léger), là c’est moi qui rêve, vite je reprends les choses en main, ouf j’ai commencé par la roue avant (au passage tite Françoise t’as pas encore compris qu’il faut laisser personne toucher à ton vélo !)

Je sors de la ville, il n’y a plus rien jusqu’au « Puente International »

Pas de retour, non sauf si c’est pour trouver ma carte…

Alors avant le rio c’est l’Equateur, après c’est le Perou

L’avantage de passer par un endroit désert c’est qu’on ne fait pas la queue, l’inconvénient c’est qu’il faut faire attention et vérifier que tout est en ordre et même chercher où il faut aller, on peut passer la frontière sans faire les papiers mais ensuite bonjour les dégâts, j’ai rencontré à Quito un français qui a passé la frontière colombo-équatorienne le jour des élections, il n’y avait personne à l’émigration, il est passé quand même, pas de chance il a été contrôlé, peut-être est-il toujours à Quito en train d’attendre sa régularisation… Donc je fais très attention, je fais ma sortie, je me fais confirmer que pas de problème pour rerentrer et ressortir (si des fois ma carte bancaire arrive un jour  à Cuenca) Je m’informe où se fait l’entrée au Pérou, c’est de l’autre coté du pont, avant je trouve un œil pour me faire la photo d’usage (réclamée à cors et à cri par mon correspondant et ami du Dauphiné Libéré)

Je vois des hommes en uniforme, j’y vais, je trouve un peu bizarre qu’on m’envoie dans un autre bureau mais bon, je suis la seule, ça les occupe… Je me fais confirmer que je peux sortir et rentrer sans problème et là les choses commencent à se compliquer, j’ai le droit à 24 heures, puis à 4 jours, je ne comprends plus rien, je dis que je croyais que c’était 3 mois, je précise que pour faire mon aller-retour je le ferai en bus, là ça a l’air de les perturber un peu plus, attends je fais Caracas-Ushuaïa, un aller simple, pas le retour en bicyclette et là une question « Où est ma moto ? » « mais je n’ai pas de moto, je suis en bicyclette » « pour les bicyclettes pas besoin », et j’ai un éclair de lucidité « je ne suis pas à l’émigration ? », non, je suis à la douane, l’émigration c’est en face, un tout petit escalier en face.

Je recommence mon laïus, pas de problème pour sortir et rerentrer, non, j’ai la bonne idée de vérifier mon tampon sur mon passeport et je vois qu’il a écrit 60 jours, je ne craque pas, je garde mon calme, je dis que je ne comprends pas, que la durée légale est de 90 jours, je rajoute que je suis en bicyclette et que je ne peux traverser le Pérou en 2 mois, je ne précise pas et en plus à mon âge mais je l’ai pensé si fort qu’il a du l’entendre… Il me dit que comme je vais repasser, je lui explique que ma carte risque de ne jamais arriver donc j’en ferai refaire une au Perou, appel du supérieur, on met un coup de blanc sur les 60 jours et on réécrit 90 dessus, je demande si ils ne peuvent pas remettre un tampon, si ça va aller comme ça, bon ils l’écrivent en toutes lettres et bin dites donc, ça commence bien…

Et me voilà partie sur les chemins du Pérou… Lima est encore loin…

N’ayant pas non plus de carte routière, je photographie les panneaux pour essayer de me repérer, lesquels panneaux me confirment la rareté des villes.

Je revis un enchantement, la route est superbe et quasi déserte (au passage je suis sur la Panam, je vais y rester tant que je m’y sens bien et aussi il faut que je trouve une carte), le paysage d’enfer, la route va serpenter entre les montagnes puis rapidement devenir longue ligne droite qui monte et qui descend, la température à 37 sous le soleil m’est très favorable, elle chutera à 32 sous les nuages pour atteindre 28 en fin d’après-midi. Deux nouveaux ennemis apparaissent des mini-guêpes qui se collent sur moi dés que je tente de m’arrêter (et ce malgré la prise de vitamine B, la vitamine B dans la crème solaire et la crème repellente, du coup je m’arrête peu… Lle paysage se fait presque désertique, les maison maisons rares et les villages quasi absents, la végétation est presque exclusivement faite de résineux… Je crois voir des baobas…

Les chèvres ont remplacés les vaches… J’ai en ligne de mire une montagne pointue

Puis une autre parfois, la montagne avec l’orage qui menace devient oppressante, mais je reconnais que j’aime ça.

Tout n’est quand même pas si facile, sur la route il y a des obstacles( photo prise en roulant, je prends des risques…)

Un rio au fond d’une gorge sombre sert de lavoir à une famille

Je retrouve des arbres vus au Vénézuela, peut-être suis-je à la même latitude, dans l’autre hémisphère mais à la même latitude…

A la fin de la journée je vais sortir de la montagne

et arriver à la petite ville de Las Lomas, ville tout ensablée, pauvre, avec de drôles de taxi style moto-carosse ou pousse-pousse motorisé…

Et de jolies places colorées

La meilleure surprise du jour (meilleure encore que la bonne route et le paysage et la chaleur) ce sont : les sourires, les encouragements, les appels de phare et les klaxons gentils, les saluts de la main, je me crois presque de retour au Vénézuela et mon moral remonte en flèche. Les enfants aussi sont plus souriants et les chiens moins méchants, un va me courser dans une montée et abandonnera vite, trois me courseront plus violemment, l’automobiliste qui arrive en face les chassera à grands coups d klaxon…Je vois un bus, un seul, mais un quand même, que dans un sens, mais si j’en vois un c’est qu’il y en a, je pense à un éventuel retour à Cuenca… Je me suis arrêtée comme ça dans un rare village pour demander un peu comment c’était après et pour tester un peu et tout de suite j’ai senti la différence d’accueil, il y a des choses qui se sentent rien que d’un mot, d’un geste ou même d’un regard. Passé deux heures de l’après-midi je me dis qu’il faut que je m’arrête et que je mange et ce malgré le guêpes. Je me pose à la sortie d’un village, assise dans le fossé, de très jeunes filles passent et pouffent de rire à ma vue ( au passage elle pouffent de rire pour rien comme toutes les très jeunes filles du monde), je leur demande si c’est de voir une abuela pédaler qui les fait tant rire, bon les abuela ça mangent aussi, la glace est rompue, on rie. Arrive des mamans et leurs enfants puis de jeunes garçons, on parle, je réponds à leurs questions et en pose encore plus. L’orage, non il ne va pas tomber, juste en janvier et février, elles savent pas les dames que je suis une catastrophe ambulante ( je rappelle à ceux qui prennent la lecture en cours de route que plus catastrophe ambulante que moi y a juste un exemplaire, c’est mon petit-frère), que sur mon passage tombe les pluies torrentielles du siècle, que les volcans se réveillent, que la foule s’agite, que je suis même capable de faire tomber la pluie dans le désert le plus aride du monde (attendez le désert d’Atacama, vous allez voir…), d’ailleurs ce soir dans cette région sèche où il n’a pas plu depuis 4 mois, et bien croyez-moi si vous voulez mais il a plu… Et quand je suis allé en Syrie, sur mon passage le désert s’est recouvert d’herbe tendre… Oui, oui c’est vrai… Quand même je me sens rassurée sur l’absence d’orage car ça je  n’aime pas du tout, mais alors pas du tout. Je montre mes jambes transpercées, c’est pas le transperçage habituel, il n’y a pas le rond blanc, ce n’est pas non plus des piqûres de moustiques, je pense que ce sont les mini-guêpes, on me confirme ce sont des « turulas », dangereux ? Non. Ca transporte pas des maladies ? Non. Eux-aussi se font piquer ? Oui. Ouf là y a pas que moi qui est visée…Et les chiens ? Non ils n’attaquent pas. Je dois faire quoi ? Les ignorer ou avoir une pierre. Bon il vaut mieux avoir une pierre… Quand même on est au Pérou mais il faut pas trop rêver. Je leur dis le bonheur que j’ai à les rencontrer, je leur dis le bien que me font leurs sourires… Une fois avalés mes ships (les avant-dernières car ce soir je n’en ai pas trouvées) ma brioche, ma dulce del leche pas terrible, oui il y en a de meilleures que d’autres et mon eau je repars. Mon objectif était Le Pérou, mais comme mes jambes tournent bien, que la route est roulante, que je suis à basse altitude et même si je ne ressens aucun effet de l’altitude je vois bien que le rendement est différent quand on redescend et que tous les globules rouges accumulés s’agitent… Je me fixe un objectif de 50 km, ce qui va correspondre à une  arrivée vers16 heures et à partir de là je cherche un endroit sécurisé où dormir. Je pensais bivouaquer dans un hameau, mais voilà une petite ville avec hôtel, j’y vais, les bivouacs au bord d’une route déserte c’est pas forcement top top. Voilà les gens de l’hôtel encore en construction sont super sympas, la douche froide est plus supportable à 27° qu’à 15°, dans la petite ville il y a plus de boutiques internet que de boutiques d’alimentation, les besoins changent, bref c’est le paradis…

Au fait c’est facile d’aller au Pérou, à 10 heures 30 je partais, à 11 heures j’y étais avec les papiers à peu près en règle (le à peu près c’est pour le coup de blanc…)

Bisous tout le monde et encore merci de votre soutien.

Un merci particulier à Enzo pour le contact à Trujillo.

Des nouvelles de nos amis cyclos sur les routes :

Pierre Mandol est arrivé chez les kangourous, l’herbe est verte et le soleil brille, lui il a trouvé le truc, son objectif ce n’est pas un lieu en particulier c’est de suivre le soleil, mais la sagesse et l’intelligence ne sont pas donnés à tous…

Piet le belge est passé par la haute montagne, a bouffé du caillou pendant 150km…

Diego mon ami le colombien je sais pas où il est lui, son blog il est en projet, pour l’instant il croque la vie à pleine dents au sens propre et au sens figuré puisque l’objectif de son voyage est de recueillir les traditions culinaires…

Janodou je sais pas s’il continue de ronger ses freins… Le jour J est fixé…Arrivera très vite, avec un peu de chance il lui en restera un peu (de frein) pour les descentes vénézuéliennes qui bizarrement ont la même pente que les montées, je rappelle le qualificatif de la famille cyclo, les routes au Vénézuela sont « cruelles »

La famille cyclo a mis son blog à jour, la Colombie tient en une page et tout ou presque est dit, ça c’est du grand art… Mais quand même la maman cyclo elle fait autant de bêtises que moi, elle devait donner une conférence à l’alliance espagnole de Carthagene, coup de téléphone la veille pour régler les derniers détails, ils l’attendaient en Espagne, elle était à Carthagene, j’ai ri à en mourir…

Jean (pas mon frère) un autre Jean est en train de goûter à la pluie d’Irlande…

Et pour les autres que ceux qui ont des nouvelles m’en donnent…

Et pour Janodou, l’Equateur prise américaine (la blanche) ou parfois espagnole (la orange), première prise péruvienne (après les sourires bien sûr) la américaine…

Rebisous à tous

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J144-J145 : Macara

Mardi 14 et mercredi 15 juin 2011

Je passe deux jours et demi à Macara, ville frontière en Equateur, ville frontière un peu bizarre, il y a un immense marché municipal où tout semble bien réglé, l’activité intense commence à 5 heures du matin, les travaux au marteau-piqueur à quatre heures… sous les fenêtres de mon hôtel. Je l’ai traversé mille fois ce marché pour… téléphoner, oué y a aussi une boutique téléphone… En dehors du marché pas grand chose, à quatre heures tout est fermé…

Je passe un jour et demi et une demi-nuit à mettre mon blog à jour, une demi-journée à entretenir mon vélo, inversion des pneux, j’ai eu un mal fou à les enlever, toujours mon manque de force… Du mal aussi à les remettre, mais moins… Du temps pour réfléchir au sens, car moi mon vélo à l’envers je sais plus dans quel sens y va et franchement j’ai bien réfléchi car une fois je me suis trompée et là vu le mal que j’avais pour réaliser cette opération j’avais pas envie de recommencer.

J’ai utilisé le produit miracle de Quito,cette fois-ci pur sur le coup j’ai cru que c’était comme le gazoil car un peu huileux et ça nettoie bien, mais après un jour d’usage je vois que mon vélo ne s’est pas encrassé comme avec le gazoil, le bleme c’est que je ne sais pas ce que c’est, mais vu ce que j’ai utilisé et que j’ai juste trempé mon pinceau dedans, tet j’en ai jusque Ushuaïa…

J’ai passé des heures et des heures à essayer de savoir si ma carte bancaire était arrivée…

Et j’ai aussi fait pas grand chose..

J’ai apprécié de ne plus avoir froid… Ce qui m’a ôté toute envie de retourner à Cuenca pour y attendre une hypothétique carte dans une chambre froide…

Bisous a tous

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Vendredi 17 juin 2011 : nouvelles breves et demande renseignement

Bonjour a tous et merci pour tout

Voila je suis a Sullana

Je bombe un max et je pense ue j¡aurai rejoins Trujillo dans 8 ou 10 jours… J¡ai assez d’argent pour tenir jusque la

Apres il me faut absolument une carte bancaire, pouvez-vous vous renseigner pour me dire ou a Lima, quelle procedure, que faut-il commne renseignement,comment ca marche et combien ca dure: Je compte aller en bus a Lima pour essayer d’avoir cette carte bancaire, sans elle mon voyage s’arrete et ca me mine ca…

Pour la zone dangereuse, ratee, je suis en plein dedans mais securisation par la police qui au passage a tente de me racketter, c¡est nouveau ca, mais la ils sont vraiment mal tombes… Selon la police apres Puria pas de probleme de securite et le desert j’aime ca

Et pour le chemin d¡enzo, rate aussi, vu que j’ai depasse la bifurcation… Ma rage, la route facile, la chaleur (sauf ce matin,moi j’amene pluie et fraicheur dans le desert..),l¡absence d¡altitude font que je bombe comme une malade…

Merci a Enzo et a Jean-Luc pour les cartes et merci a tous bisous

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nouvelles breves : jeudi 16 juin 2011, desolee et merci

Oui desolee de vous avoir fait peur a tous et merci a toutes et tous qui me soutenaient, voila j’ai pris la bonne decision, j’ai fui l’Equateur, ce pays qui me laissera quand meme un gout amer dans la bouche, et voila j’ai passe la frontiere avec un peu de meli-melo, mais tout s’est arrange et j’ai trouve un Perou accueillant, souriant, meme les chiens sont moins mechants, et meme sans argent je ne crois pas que l’on me laisse mourir de faim ici… Compte-tenu du coùt  de la vie ici je pense tenir  3 semaines ou plus, je vais suivre le conseil de Verocyclette, quand limite argent bus pour Lima et reglage de la carte bancaire la-bas, je vais arreter de faire ma plus vaillante que les autres et je prendrai le bus la ou les voleurs s’attaquent aux cyclistes, je vais aussi aller chez l’ami d’Enzo et aussi je voudrais aller a la casa del ciclista de Trujillo, la est mon objectif a court terme, j’ai besoin d’un soutien logistique ( mon velo) et moral… Aujourd’hui j’ai pedale comme une malade et suis a las Lomas, petite ville a 50km de la frontiere.

Encore une fois desolee et merci a tous et bisous et quand meme une photo

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SOS suite

J’ai enfin reussi a savoir que ma carte n’etait pas arrivee, le conseil de Cyril est excellent, merci a tous ceux qui m’ont contactee. Je peux tenir encore 15 jours, je vais de ce pas au Perou, ici c’est trop dur, bisous a tous

Je ne sais quand j’aurai une autre connexion internet…

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SOS

Que ceux qui le peuvent me disent comment faire, impossible de savoir si ma carte bancaire est arrivee a Cuenca, je ne peux en faire le siege mon probleme musculaire m’interdisant de m’arreter plus de cinq jours: Ma famille peut m’envoyer de l’argent par westunion, mais la-aussi j’ai un probleme, suis dans la cambrousse a Macara frontiere avec le Perou, ne sais quelle est la ville la plus proche qui peut faire cette transaction, si quelqu’un peut m’aider… En plus je n’ai pas de carte du Perou, j’ai juste le Lonely planet et la ou je suis ils connaissent pas…

Bisous a tous

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J142 : chemin de traverse 4ème jour, de l’autre coté du rio le Pérou, deja des adieux, des larmes..

Lundi 13 juin 2011

Sozoranga – Macara

Distance parcourue :  35,05 km
Vmoy :  12,3 km/h Vmax : 44,8 km/h
Température : minima : 20°, maxima :36 °
Dénivelée positif :  318 m
Dénivelée négatif : 1311 m
Heures sur le vélo : 2H’49’45’
Départ :  8 heures 26 (oui, j’ai noté…)
Arrivée :  vers midi

Résumé de la journée

  • Objectif :  Macara
  • Conditions météorologiques : excellentes, un peu froid quand même dans la descente
  • Etat de santé : excellent
  • Particularités de la journée : dernieres montees, dernieres descentes, de l’autre cote du rio le Perou, et les larmes qui jaillissent…

Dans ma tête et selon la carte je n’allais que descendre, j’étais montée si haut et Macara n’est qu’à 450 mètres d’altitude…

Et bien non, comme la Colombie, jusqu’au bout l’Equateur me fera monter… Et je me mets au défi de ne pas poser le pied par terre…

Et même c’est possible de suivre le cours descendant d’un rio et de monter, oui, c’est possible je l’ai fait… Cinq ou six jolies côtes…

Déjà pour sortir de Sozoranga il faut monter, et la  montée est si raide qu’il faut pousser… (la ca ne compte pas le pied par terre, c’est oblige)

Puis viendra une longue descente, difficile elle-aussi, la route se transforme souvent en piste, avec son lot de cailloux, gravier et sable. Mon pneu arrière montre des signes de fatigue sur le coté droit, j’ai envie de permuter avec le pneu avant, mais comme je suis un peu flemmarde j’attends la première crevaison à moins qu’un cyclotouriste confirmé me dise de le faire le plus tôt possible…

Quand je vois le Pérou de l’autre coté du rio je pleure…

Je rejoins la Panam à l’entrée de Macara, pour rejoindre le centre ville j’ai une montée pire qu’à la Vénézuelienne, j’ai bien cru être obligée de décharger et porter, et ici personne ne t’aide, du style tu fais du n’importe quoi, de ne pas prendre le bus comme tout le monde, et bien démerde-toi maintenant…

J’arrive à Macara, minuscule ville, première chose à faire téléphoner pour savoir si ma carte bancaire est arrivée, cela finit par me miner… Etant dans une ville frontière je me méfie des vols, je prends avec moi mes deux porte-monnaie, mon appareil photo, mon compteur. Je récupère le numéro de téléphone dans une poche de mon anorak, je commence par en sortir un billet de 20 dollars que j’avais planqué là, je serre tout comme je peux dans mes mains, vu l’estropiage de la main droite, je cherche où téléphoner, au moment de payer, mon billet de 20 dollars sorti de la poche a disparu, je n’avais pas besoin de ça… Évidemment ma carte bancaire n’est pas arrivée, ou tout du moins la notification n’est pas arrivée à l’hôtel. Je ne peux joindre le courrier, c’est toujours occupé. Chaque appel téléphonique me coûte deux dollars et là ça va commencer à devenir difficile… Je trouve un hôtel sûr et pas cher pour éventuellement laisser mes affaires si ma carte bancaire arrive. Pour aller à Cuenca il faut prendre un bus jusque Loja, 4 heures puis jusque Cuenca, 8 heures. Selon les renseignements locaux il n’y aurait pas de problème pour passer et repasser la frontière…

Il fait chaud ici, pas trop, ça me va.

J’en profite pour faire de la lessive qui va sécher sur la terrasse au soleil, et je bosse comme une dingue pour mettre mon blog à jour, y passe une partie de la nuit, et je me mélange les pinceaux dans les jours et les dates, et j’ai beau faire et refaire le décompte, il y a toujours une différence, en plus je pense que mon appareil photo n’est pas au bon jour, où alors c’est l’ordi. Il va falloir quand même que je sache quel jour on est…

Voilà, c’était encore une jolie étape, beau temps, route déserte et que du beau et des jambes qui tournent bien. A propos de jambes, j’ai un truc nouveau, j’ai les chevilles et pieds enflés, c’est la première fois, le manque d’exercice peut-être ? Et les piqûres de moustiques, là je me suis fait avoir comme une bleue…

Et je sais que je fais mes adieux… Et… Je pleure…

Adieu l’hôtel de Sozoranga et sa vue superbe…

Adieu Sozoranga…

Adieu veaux…

Vaches…

Cochons…

Moutons…

Adieu mes copains…

Qui me rejouent une symphonie

Et me font verser quelques larmes…

Adieu mon joli chemin de traverse…

Adieu les maisons sympas…

Non, pas adieu ciel bleu…

Bonjour et bientôt adieu Macara

Adieu l’Equateur

Que les déesses bénissent les voyageurs en général et les cyclotouristeabuelafluos en particulier…

Bisous tout le monde…

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J141 : chemin de traverse, 3ème jour, le clou du spectacle…

Dimanche 12 juin 2011

Huacozas – Sozoranga

Distance parcourue :  34,39 km
Vmoy : 7,8 km/h Vmax : 39,4 km/h
Température : minima : 20°, maxima : 35°
Dénivelée positif :  688 m
Dénivelée négatif :  1140 m
Heures sur le vélo : 4H’21’18’
Départ :  8 heures 55
Arrivée :  vers 16 heures

Résumé de la journée

  • Objectif :  Sozoranga
  • Conditions météorologiques : beau temps, vent glacial parfois très violent
  • Etat de santé : bon, les dents s’améliorent sous l’effet des antibiotiques, le dos sous celui des anti-inflammatoires, extension de P3 de D4 de la main droite définitivement out, ce qui je le rappelle est très génant pour le crémage, le lavage et essorage du linge (le cremage de la peau, pas du linge) 
  • Particularités de la journée : super petite route de montagne déserte…

Départ d’un bivouac troublé en première partie de nuit par la musique d’une fête à l’autre bout du village de dix maisons, et en deuxième partie de nuit par un vent violent qui fait claquer la tente, n’ayant pu planter les piquets pour cause de terrain sec et dur…

Tu t’attendais à une étape de montagne (merci la carte de l’office du tourisme avec son relief en couleurs, pas le même que chez nous, mais tu comprends vite et surtout l’échelle est sympa : 1:450 000), et bien c’était une étape de montagne au-delà de tes espérances…

Ca monte, ça monte et ça monte encore… Et quand tu crois que tu es arrivée au col, et bien non parce que, un, ici les cols sont rares, il y a les faux cols, il y a les routes que tu crois que tu es en haut, mais non ça suit le flanc de la montagne et donc quand tu tournes derrière ça remonte, et aussi il y a la spécialité du coin, style te faire suivre la ligne de crête aux alentours de 3500mètres et te faire monter et descendre… Aujourd’hui c’est tu suis le flanc de la montagne et tu montes et puis tu suis le flanc d’une autre montagne et tu  montes et le soleil est d’enfer mais le petit vent glacial de la Cordillère te fait supporter ta polaire, quand même tu garderas les jambes nues longtemps… Et même des fois tu es obligée de descendre de ta monture car le vent veut te jeter par terre, qu’importe, tu es heureuse…

Et des fois il y a même des barrières de sécurité…

Et c’est beau, c’est beau, c’est beau, c’est vrai que sous le soleil la montagne est plus « riante ».

Et la route ?

Moins cassée qu’hier (enfin à la montée parce que la descente ne sera pas triste), la circulation ? ABSENTE, mais alors absente de chez absente, peut-être dix voitures ou bus dans la journée, quelques rares fermes isolées, deux villages, un triste à mourir à 2600 mètres d’altitude, même que tu crois que derrière ça va descendre, oui ça va descendre pour remonter… Un autre village coloré (à 2600 lui-aussi), vivant, gai, plein de jeunesse, l’école accueille 300 élèves venant des fermes environnantes… On est dimanche, il fait beau, tout le monde est dehors…

Parfois l’homme s’allie à la nature pour sculpter des formes époustouflantes, le plus souvent jaunes, mais aussi rouges, seul inconvénient  : le sable que tu ne peux éviter et qui est et restera piège pour les cyclotouristes (moi en particulier).

Et puis viendra la descente qui te fatiguera presqu’autant que la montée, la route est si cassée qu’elle en devient piste avec son lot de cailloux, de sable et de gravier et plus la route est exposée, plus tu risques de valdinguer (normal c’est là où ça s’effondre, où ça s’éboule, où le flot des eaux emporte tout, où la neblina n’est jamais bien loin…)

Tu t’accorderas deux grande pauses, à chaque fois pour manger et boire, d’ailleurs c’est fou ce que tu manges, tu es partie sur ton chemin de traverse avec des provisions pour huit jours pour deux personnes (histoire de ne plus laisser un pauvre cyclotouriste mourir de faim sur le bord de la route), tu as trouvé sur ton chemin un resto, on t’a donné à manger une fois, et bin t’as quand meme réussi à manger les trois quarts de tes provisions…

Tu te surprendras à chanter…

Tu entendras les oiseaux chanter aussi…

Le  ciel sera d’un bleu d’enfer et tes copains les nuages qui  te laissent à peu près tranquille depuis trois jours..

Vont s’unir pour donner dans le sublime…

Tu réfléchiras aussi, à ce dont tu as besoin, à pourquoi tu as été mal pendant dix jours, et tu comprendras et tu prendras une décision : tant pis si tu arrives en hiver à Ushuaïa et qu’il fait moins 60 et qu’il y a des vents à plus de 200 km/heure, tu trouveras bien une solution, style quémander une combinaison spatiale… Mais à chaque fois que tu en as envie tu t’offres un chemin de traverse et tant pis si ça te demande quatre fois plus d’efforts et quatre fois plus de temps… Et le bus ? NOOOOOOOOOOOOOOONNNNNNNNNNN, sauf pour aller chercher la carte bancaire ou si problème technique, mais après faut revenir à la touffe d’herbe d’avant d’où tu es partie…

Et puis voilà,tu arrives à Sozoranga, le premier hôtel est plein, le deuxième rudimentaire à 3 dollars te plait à mourir, vue d’enfer sur la montagne…

Évidemment l’eau froide est toujours pour toi une épreuve, avec nécessité de te mettre dans le duvet pour te déparalyser les mains, mais quand même tu es au calme, face à la montagne, bien, très bien, pleine lune ce soir…

Bisous tout le monde, et vraiment aujourd’hui c’était chouette de chez chouette…

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