J151 : premier détour péruvien J3 : un jardin extraordinaire

Mardi 21 juin 2011

Quelque part sur la Carretera Antigua – Quelque part sur la Carretera Antigua

Distance parcourue : 75,84 km
Vmoy : 13,4 km/h Vmax : 35,7 km/h
Température : minima : 21°, maxima : 30°
Dénivelée positif : 156 m
Dénivelée négatif : 195 m
Heures sur le vélo : 5H37’19 »
Départ :  je sais plus
Arrivée :  je sais plus

Résumé de la journée

  • Objectif :  avancer, trouver un endroit où dormir
  • Conditions météorologiques : frais le matin, bon l’après-midi
  • Etat de santé : bon
  • Particularités de la journée : Superbe le matin, un peu frais, une cote à la colombienne puis sa descnte, les voitures et camions reviennent l’après-midi mais ni les maisons et villages, je vais dormir dans un jardin extraordinaire…

Alors le matin comme d’hab…

Je quitte un bivouac sympa…

Je dis adieu aux moutons (ah oui, là ça change, ce ne sont pas des chèvres)…

Je vais faire un petit tour aux toilettes…

Je jette un coup d’œil sur la cuisine

Le matin est superbe,route déserte, paysages d’enfer…

Évidemment je trouve la seule cote à la colombienne à 1000 km à la ronde…

Puis une grande descente, la température est de 21°, froid pour moi et ne veux pas décoller, le soleil ne va se lever que vers 14 heures.

J’ai une fringale pas possible, à 10 heures je mange, riz, chèvre, délicieuse la chèvre…

A 13 heures je remange…Ils me donnent un truc je sais pas ce que c’est, en fait c’est de la purée de pommes de terre moulée froide sur une feuille de salade (lavée à l’eau croupie mais mon corps doit maintenant savoir fabriquer ses anticorps) avec une sauce un peu relevée, oué Cyril ça déchire..

J’ai mon beau habituel

J’ai changé de copine…

Bon, voila un bon conseil……

Les quebradas ne manquent pas…

Le désert revient…

Je crois que je me suis encore trompée de routes, je vois un terril du Nord ( je précise que moi quand j’habitais dans le Nord je n’en avais jamais vu, alors faut pas généraliser…)

Je rejoins la route qui va je sais plus où, là j’ai pas ma carte…Ici c’est moins sec, je traverse une vallée de culture de maïs et de vergers, j’apprendrais que l’irrigation se fait par puisage de la nappe phréatique… Pas trop bio les cultures…

A Trujillo ils manquent d’eau, dans plusieurs quartiers de la ville pas d’eau entre 7 heures du soir et 7 heures du matin… La température continue à avoir du mal à décoller des 21°, normal zon tout pris en France…

L’après-midi sera moins chouette, une longue ligne droite et surtout les voitures qui reviennent…Deux bus se doublent, une voiture arrive en face, se rabat sur ma brema, je freine sec, ça passe…

Je dépasse un village extrêmement pauvre, les murs sont en paille, les toits en toile de sac. Je me demande un peu où je vais pouvoir dormir… Villages et maisons sont rares, Seuls les voitures et camions sont revenus. Je suis fatiguée, je n’ai plus rien à manger… Dans un tout petit village un restaurant.

Je me dis que je vais tenter là pour savoir où je peux mettre ma tente. Pas de problème je peux la mettre à l’entrée dans un espèce d’immense salon et puis non là…

Et là je tombe dans un jardin extraordinaire, là c’est pas possible, un tout petit village pauvre et ce jardin..


La décoration m’enchante… Je dis rien, les images parlent toutes seules…

Finalement on m’offre une case, et aussi une famille d’accueil

On va aussi m’offrir le repas du soir, je ne demande rien, juste ils ne veulent pas que je paie, je vais manger avec la famille dans la cuisine, en échange je leur apporte le rêve et comment c’est en Europe et le Vénézuela et la Colombie et l’Équateur, et plein d’autres choses aussi, eux-aussi me raconte leur restaurant, ils ont mis deux ans à le faire, moi je le trouve génial ce jardin, il y a même des cadeaux pendus dans un arbre avec les étoiles de Noël, ici aussi les restrictions hydriques de la nuit mais quand il y a l’eau elle coule partout à flots, avec même une cascade artificielle…

La nuit sera très calme… Admirez le rangement, c’est avant que je déballe tout…

Bisous tout le monde

 

 

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Nouvelles brèves : mercredi 29 juin 2011

Bonjour à tous, je suis à Cuenca après 24 heures de bus et 3 bus différents, j’ai ma carte, elle marche et je me suis lachée, nouvelle brosse à dents , plax pour les dents, médicaments dont j’avais besoin, shamalow, un tel j’espère qu’il va marcher celui-là, normalement c’est un quadribande débloqué, et pour Jean-Luc, pas  Claro, pas Claro, movistar, et aussi des shamalows au chocolat, et 2 milkyway, le luxe quoi, Bisous à tous, je repars pour 3 bus, 24 heures de bus qui vont m’achever… J »espère avoir les mêmes bonnes correspondance qu’à l’aller.

A part le dos en décomposition, sciatique bilatérale, les chevilles qui font mille fois le volume normal, un hematome qui me prend la moitié du visage, l’incubation de la rage, le doigt, je vais bien, la morsure a l’air de commencer sa cicatrisation…

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J150 : 1er détour péruvien J2 : ça tourne au sublime…

Lundi 20 juin 2011

Quelque part sur la Carretera Antigua – Quelque part sur la Carratera Antigua

Distance parcourue : 70,79 km
Vmoy : 13,1 km/h Vmax : 39,4 km/h
Température : minima : 21°, maxima : 36°
Dénivelée positif : 188 m
Dénivelée négatif : 252 m
Heures sur le vélo : 5H’24’10 »
Départ : 8 heures 30
Arrivée : vers 17 heures

Résumé de la journée

  • Objectif : avancer, trouver un endroit où dormir
  • Conditions météorologiques : frais et couvert le matin, soleil et 30 à 35° l’après-midi
  • Etat de santé : bon
  • Particularités de la journée :

Mon bivouac fut tranquille dans la cour d’une maison, le soir j’ai mangé deux fois, mes provisions à moi (les crackers…) et le riz et la viande offerts par mon hôtesse, la viande en sauce en très petite quantité était délicieuse. Je refuse le café, la dame me prépare du thé, ne peux refuser, mais malgré tous mes efforts je ne peux l’avaler, mon corps sait que ce sera une nuit sans sommeil. Je me confonds en excuses…

Et ce n’est pas parce qu’on vit sans eau et sans électricité qu’on ne fait pas de l’art moderne…

Ou qu’on a pas de vélo…

En bon état…

Ou en mauvais état…

Un dernier adieu aux ânes porteurs d’eau…

Je reprends la route,Chiclayo est encore loin…

Et des fois on peut mourir en route… (âmes sensibles fermez les yeux), c’est pas un chien dommage… J’ai rencontré un cyclotouriste qui dit comme moi à chaque fois qu’il voit un chien écrasé sur la route « un de moins »…

Là ça tourne au sublime, je traverse une petite montagne avec pour seuls compagnons de voyage les chèvres et les ânes…

La neblina du matin accroche encore les montagnes…

L’homme se joint à la nature pour côtoyer le sublime…

J’ouvre grand mes yeux…

Les chèvres aussi…

La route ondule…

Ou serpente…

Et la route elle est que pour moi…

La seule cote à la vénézuelienne à 1000 km alentour je me la trouve et je la grimpe sans mettre pied à terre.

Je vais quand même la descendre à pied et la remonter pour prendre des photos…

Dans une épingle à cheveux j’entends le bruit d’un camion, c’est bien ma chance, personne et là je vais être dérangée, j’appuie très fort sur les pédales car je sais que si je me laisse enfermer dans le trou du virage ne pourrais en sortir, mais c’est oublier que les camions ici peinent autant que les vélos chargés à mort… Le camion ne me rattrapera qu’au sommet de la côte, je le retrouverai à l’unique restaurant de la route, bien sûr j’aurai droit à tout son respect et son admiration… Le paysage d’enfer, le temps superbe, la route déserte, je suis heureuse et ne pense plus à mes problèmes de carte bancaire, de toute façon ici il n’y a… RIEN… RIEN que du beau…

De là haut la vue est grandiose…

La descente bien sûr vient compenser les efforts de la montée (quand je pense qu’il y a une Panam toute plate…), la route est excellente, ça plonge, j’adore…

Et je continue à côtoyer du trop beau…

La montagne ne cesse de me rattraper…

Et les chèvres de me couper la route… Les chèvres ça mord pas…

Les chèvres deviennent un peu envahissantes…

A 10 heures j’ai dévoré, à midi j’ai dévoré, la nourriture redevient une obsession…

J’écris cet article à la Casa de Ciclista et de rencontrer d’autres cyclotouristes tu peux parler, et bien tous on n’arrête pas de manger, cinq repas par jour et toutes les heures quand on pédale et on est maigre comme des coucous… Andres le colombien qui voyage sans argent et quémande sa nourriture, on le ressert 3 fois, il avale tout, il a quand même réussi à reprendre du poids, je crois bien que j’ai du en reprendre aussi depuis la perte spectaculaire du Vénézuela… Andres a 23 ans, il est professeur de géographie, il s’est pris deux ans pour se « préparer à la vie », nous avons eu une grande conversation sur la différence de culture entre les latino-américains et les occidentaux, et comme je reste fascinée par la Colombie, j’ai appris… Beaucoup… Un point de vue… Mais n’est-ce pas cela que je cherche, des points de vue… A tous points de vue… Ce midi grande discussion philosophique sur les désirs et rêves de chacun…

Au resto j’ai rencontré un jeune américain, il est envoyé par son gouvernement pour s’occuper du milieu ambiant. De l’eau ? Non pas de l’eau. Car ici ni eau ni électricité. Au resto je bois la limonade en me disant que je bois la même eau croupie que celle dans laquelle j’ai puisé pour me laver les mains. Et puis quand je demande à la dame du resto si je peux me laver les dents avec cette eau elle me dit que non, il y a deux eaux, celle du puits (très loin là-bas, cherchée à dos d’ânes) et l’autre je n’ai pas bien compris d’où elle venait, elle ne vient ni du puits ni d’un rio… cela me rassure sur la teneur microbienne de ce que j’ai bu. De toute façon j’apprendrai que l’américain il a été aussi souvent malade au début de son séjour, alors ce n’est pas de pédaler qui rend malade, ce sont les conditions d’hygiène… Et vous savez pourquoi le cancer de l’œsophage a disparu en France ? Non, pas les radios, non pas le scanner, non l’Irm non plus, non pas tous ces médicaments qui vous guérissent d’un coté et vous tuent de l’autre et qui engraissent l’industrie pharmaceutique, non ce qui a fait disparaître le cancer de l’œsophage c’est l’usage du frigidaire qui a entrainé une disparition des gastro-entérites, lesquelles entrainent des inflammations et lesquelles à répétition font que statistiquement un jour une cellule se dérègle et devient cancéreuse… Alors dépenser plein d’argent pour les images et les médicaments n’est pas forcement le meilleur moyen d’élever le niveau de bonne santé d’une population… Revenons à nos moutons, euh à nos chèvres…

Les arbres jouent aussi leur petite symphonie…

Parfois une église jaillit au milieu de nulle part…

Je traverse une zone qui doit se faire inonder pendant la saison des pluies…

Là c’est une quebrada, avant en Colombie je croyais que c’était que des petits cours d’eau vu que je ne les ai vu que plein d’eau, en fait ce sont des lits qui recueillent l’eau de pluie seulement quand il pleut, c’est mon guide quetchua qui m’a expliqué cela et tant d’autres choses…

Le paysage change un peu et les vaches apparaissent…

La montagne a quand même du mal à me lâcher…

L’arbre me salue…

La clôture annonce la civilisation (peut-être…)

Je cherche un peu tard (comme d’hab) un endroit où dormir, je repère une maison plus jolie que les autres, la dépasse, reviens,demande, je peux planter ma tente à coté de chez vous ? Pas de problème, et chez vous, pas de problème. Je m’installe, en fait c’est un café, du coup je craque pour une bière tiédasse, bin oui, pas d’électricité, pas de réfrigérateur, la bière elle me fait plaisir et ce sera mon obole pour l’hospitalité.

En chemin j’ai trouvé deux tiendas et un resto, ai réussi à faire le plein d’eau et de vivres de survie, je me restrictionne, surtout sur les aliments sucrés, ce n’est pas une bonne chose, plus tard je commencerai à avoir des vertiges et vais repaniquer et paniquer ma famille. Ici à la casa de ciclista j’ai rencontré un colombien qui voyage sans argent, que de ce que les gens veulent bien lui donner, moi je reconnais que j’ai du mal et les vrais repas je dois les compléter par des sucres rapides et des sucres lents…

J’ai comme d’hab droit à mon petit coucher de soleil des mers du sud…

C’est le pied…

Bon le bivouac s’annonce tranquille, sauf que c’est un bistrot, non les gens ne vont pas faire la fiesta toute la nuit, seulement le groupe électrogène… A une heure du mat je crois que je vais craquer quand… il s’arrête…

De cette belle journée quelques vers (qui riment, pas des verts de terre, mon obsession de la nourriture s’arrête aux fourmis…), je les note avant qu’ils ne s’envolent dans un endroit où dorment ou s’agitent tous les trésors du monde…

Bisous tout le monde….

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Nouvelles breves : mardi 28 juin 2001

Coucou tous

Entre 2 bus, je suis a Piura, cette nuit Trujillo -Piura, aujourd’hui Piura – Loja, la nuit prochaine Loja-Cuenca

Le chien est en observation , je suis mordue a la jambe c’est en sortant du centre anti-rabique que je me suis explosee la tete sur une porte trop basse..

Je vais bien, bisous tout le monde

Je crois que je vais avoir un compagnon de voyage jusque Huaraz, encore un colombien…

rebisous, veux pas rater mon bus

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Nouvelles breves : lundi 27 juin 2011

Bonjour a tous

Bonnes nouvelles :

L’argent est arrive

Ma carte est arrivee, je vais aller en bus a Cuenca, deux ou trois jours aller…

Le chien a ete capture ( le chien de la 2eme morsure pour ceux qui ont rate un episode, il est en observation), ma blessure au front n’a pas necessite de points de suture

Mon velo va etre repare et je vais avoir droit a un cours de mecanique

La suite : Et bin il y a des manif avec morts au Perou, les amis poussez-vous de ma route je suis dangereuse..

Moral au zenith

Merci a Lucho et son epouse de la casa de ciclista de Trujillo (dont je n’arrive pas a retenir le nom), ils m’aident pout tout, tout

Bisous a tous

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J149 : 1er détour péruvien J1 : repérage à la boussole

Dimanche 19 juin 2011

Piura – une maison isolée sur la carretera antigua

Distance parcourue : 77,35 km
Vmoy : 14,1 km/h Vmax : 42,6 km/h
Température : minima : 24°, maxima : 41°
Dénivelée positif : 286 m
Dénivelée négatif :  301m
Heures sur le vélo : 5H27’50 »
Départ : 9 heures 30
Arrivée : vers 17 heures

Résumé de la journée

  • Objectif : avancer, trouver un endroit à peu près sûr pour dormir
  • Conditions météorologiques : couvert le matin, soleil l’après-midi, chaleur, j’adore
  • Etat de santé : bon
  • Particularités de la journée : je pars pour un détour de 100 km, route sans circulation, désert puis savane, un contre la montre pour rejoindre un bivouac qui n’est pas sur ma route, puis je m’amuse à faire des photos, bivouac dans la cour d’une maison sans eau ni électricité.

Je pars en retard, hier je me suis fait avoir par l’heure, vu que la boutique internet fermait tard, qu’après j’ai voulu écrire mon article, quand j’ai vu l’heure j’ai dit vite dodo, demain est une très longue étape, plus de 100 km…

Je quitte l’hôtel pas cher et pas terrible, surtout le bruit et l’odeur… Mais le pire pour moi étant le froid et l’humidité, et la il fait bon, le reste je m’en f…

Avant de partir je demande mon chemin à l’hôtelier pour sortir de Piura et aller à Trujillo, via Chiclayo, il me demande quelle route, je croyais qu’il n’y en avait qu’une et que je ne pouvais me tromper, il me dit qu’il y a la nouvelle panam et la carretara antigua. Sur laquelle il y a moins de trafic ? Sur la carretera antigua, je ne me pose aucune question et y vais. Dans Piura on veut m’envoyer de l’autre coté, je dis que je veux aller sur la carretera antigua, on me regarde avec des yeux bizarres…. A la sortie de Piura un écriteau énonce des villes comme Osmos et je ne sais plus quoi qui ne me disent rien (j’ai quand même essayé d’étudier les cartes envoyées par Jean-Luc et Enzo)

Je me fais confirmer mon chemin, ça va bien à Chiclayo, oui mais ça fait la vuelta (le tour), moi j’essaie de croire encore que c’est juste le tour de la ville, Piura est quand même une grande ville. Je me dis aussi que mes cyclotandems ils m’ont dit qu’il n’y avait que le tronçon Piura-Sullina où il y avait de la circulation, alors forcement je dois être sur la même route qu’eux, je calcule à 11 heures les kilomètres que j’ai fait, l’heure à laquelle je vais arriver au bivouac sûr (un resto au milieu du désert et plus de 100km), si je veux y être avant la nuit il faut que j’avance plus vite, et je me lance dans un contre la montre pas possible, j’appuie sur les pédales comme une malade dans les descentes et dans les montées, je me dis que les copains y z’exagèrent quand ils m’ont dit que c’était une route facile toute plane, parce que moi j’ai des montées. La route est superbe et… la circulation rare… Je continue  à me jouer mon petit contre la montre, j’accélère de plus en plus, à 13 heures et 45 km plus loin j’ai trop faim, je m’arrête pour pique-niquer et je me fais un petit point carte avec la carte pour les nuls (celle du syndicat d’initiative ou les distances sont indiquees en heure de bus), parce que celles de Jean-Luc et celles d’Enzo qui sont en petits morceaux je n’arrive pas à me repérer) et la boussole offerte par mes amis les chamois qui me connaissent bien), mes doutes sont confirmés, je suis sur une route qui passe bien plus au nord et qui fait un détour de 100 km… Alors inutile de pédaler comme une folle pour rejoindre un bivouac qui n’est pas sur ma route… Je change de jeu et prends des photos… C’est plus mon truc ça même si des fois ça m’amuse de tracer… Je traverse un long désert dans une grande ligne droite.

J’arrive à une petite ville où il y a plusieurs restos, je mange. Après avoir rencontre quelques hameaux le désert se transforme en savane, je m’attends à tout moment à voir pointer les oreilles d’une girafe…

Ou surprendre un lion dans sa sieste au soleil…

La chaleur me va très bien. J’arrive à un péage au milieu de nulle part…

Je me fais reconfirmer ma route, oui je suis sur la bonne route (pas la normale mais une route qui va à Chiclayo), juste je ne dois pas rater la bifurcation, moi je dois aller à droite et ne pas monter dans les montagnes, sauf que la bifurcation elle est à 200 km, d’ici là j’ai le temps d’oublier…

Ouf, bien plus loin Chiclayo est mentionné, me voilà sauvée…

remarqué une autre fois, me voici rassurée

Je me fixe un objectif de 80km et de chercher un coin pour bivouaquer à partir de 16 heures. De peu intense la circulation est devenue absente. Les villages et maisons ont disparues, après avoir serpenté dans les montagnes la route entame une nouvelle ligne droite qui monte et qui descend (je vous retiens les copains la route plane…) C’est vrai je suis pas sur la même route, je dis pas bonne, car je sais que je suis sur la bonne route pour moi, car elle est déserte.

Je l’ai pas fait exprès mais je me retrouve dans la montagne…

Pour seuls compagnons rarement des moutons…

Le plus souvent des chèvres (quand je pense que deux jours plus tard je vais la manger la chèvre, et en guise de petit déjeuner en plus…)

Pourtant elles sont cool de chez cool les chèvres, il faut dire que je suis leur seule distraction de la journée…

Ou des ânes…

Et beaucoup de charognards…

Et des fois des arbres, ici ils appellent pas ça la savane mais des bosque seco (des forêts sèches) même qu’ils ont inventé une police écologique qui empêche les gens de couper les arbres, bin oui c’est tellement plus facile de s’attaquer aux faibles qui n’ont que ça comme source d’énergie pour faire cuire légumes où viande… Les Etats-Unis ont même envoyé un ingénieur ou je sais pas quoi pour s’occuper de ça (au fait lui aussi il a été souvent malade au début de son séjour, c’est peut-être pas de pédaler qui rend malade, juste les crobes que notre organisme ne connait pas). Le pétrole ça c’est écologique et les usines d’insecticides, pesticides et cides divers et variés et d’engrais que je verrai fleurir entre Lambayace et Chiclayo ça aussi c’est écologique… Les asperges aussi, que nul ne mange ici mais qui sont exportées, c’est écolo, bon ça donne du travail à des gens très pauvres, alors c’est trop compliqué pour moi…

Mais la route elle est à moi et que à moi…

Et toujours dans la montagne…

Les heures passent, je voudrais quand même trouver une maison. Je vois un portail fermé sans maison, puis rien pendant longtemps, puis un groupe de quatre maisons, des chèvres et un homme dehors, pas de problème, il m’envoie demander à la maison au-dessus de moi,  pas de problème,  presque comme si je demandais quelque chose de normal, et je me mets où ?

Où je veux, je m’installe à coté des poussins de huit jours.

Trois hommes viennent boire un coup, elle vend un peu de bière, les hommes m’offrent un verre, le même verre sert pour tout le monde, juste on le secoue un peu avant de passer au suivant… Nous sommes installés dehors, il fait bon, je suis bien…

Faut quand même que je monte ma tente…

Le soir je vais faire ma douche-maison dans la tente, manger mes crackers et… remanger car la dame m’a préparé à manger riz et un peu de viande en sauce très bonne, j’ai refusé le café, elle m’a préparé du thé, j’ai essayé de me forcer mais j’ai pas pu…

J’ai tellement de problèmes de sommeil que les excitants le soir je peux vraiment pas, sauf si je décide d’aller faire la fête et la fête à la vénézuelienne ça me manque…

Le soir j’ai mon petit coucher de soleil des mers du sud (j’y suis pas ? Pas grave)…

La nuit j’ai droit à quoi ? La croix du Sud, sauf que je sais pas où elle est, les ramifications de la voie lactée… Ici ni eau (une heure d’âne pour aller la chercher) ni électricité, juste un panneau solaire qui donne une lumière blafarde, alors la pollution lumineuse, c’est comme chez moi, il n’y a pas…

La nuit sera calme…

Bisous les petits et bonne nuit…

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J148 : deux Etres de Lumière

Samedi 19 juin 2011

Sullama – Piura

Distance parcourue : 56,87 km
Vmoy : 14,5 km/h Vmax : interférence électromagnétiques
Température : minima : 25°, maxima : 37°
Dénivelée positif : 54 m
Dénivelée négatif : 63 m
Heures sur le vélo : 3H50’09 »
Départ : 9 heures 30
Arrivée : 15 heures 30

Résumé de la journée

  • Objectif : Piura
  • Conditions météorologiques : couvert puis rapidement soleil, chaleur, vent de face fort
  • Etat de santé : dents un peu mieux parce que le doigt je pense que mon diagnostic de fracture articulaire et de rupture du tendon extenseur au niveau de P2-P3 est exact
  • Particularités de la journée : une ligne droite au milieu du désert, du soleil, une douce chaleur, du vent de face, la rencontre de deux êtres de lumière sur un drôle d’engin.

Une ligne droite au milieu du désert qui ne monte ni ne descend, une circulation très intense, des bus qui se la jouent à la Colombienne (faut dire qu’il y a pas de place, ils sont en train de reconstruire une voie).

Un ciel qui vite se découvre, une température qui va rapidement monter donnant à mes muscles toute leur énergie, un vent de face fort qui m’empêchera de faire un chrono, voilà cela va durer 55 km et m’enchanter.

Au km 8 deux êtres de lumière sur un drôle d’engin…

Ils viennent de l’Argentine, vont jusqu’en Colombie, ils font comme moi, ils pédalent et grimpent dans la montagne (sauf qu’ils ont un niveau très supérieur au mien, mais là n’est pas l’important). Ils quittent le Pérou avec les larmes aux yeux.

Ils sont suisses, parlent français, nous allons parler beaucoup.

Pourquoi parfois dés le premier regard on sait ? On sait beaucoup, comme j’ai l’habitude de le dire, on sait qu’on est en résonance ?

Catherine va faire un malaise au bord de la route, la chaleur, le fait de rester longtemps debout sans bouger, peut-être aussi encore un microbe, eux aussi ont été souvent malades.

Jean-Christophe va me faire un plan détaillé de mon trajet jusqu’à Trujillo, de l’endroit où je peux bivouaquer dans les 200 km de désert sans ville, des 100 km où ils attaquent systématiquement les cyclotouristes, de la nécessité de se faire escorter par la police et si celle-ci se fait tirer l’oreille pour le faire, d’appeler Lucho, Lucho c’est la personne de la casa de ciclista de Trujillo, eux-aussi m’ont confirmé que c’était quelqu’un d’exceptionnel et que je trouverais là-bas tout le soutien nécessaire tant pour moi que pour mon vélo. Ils sont admiratifs de l’état de mon vélo, me disent qu’on dirait qu’il est neuf, je ne suis pas peu fière, eux ils se contentent d’un coup de chiffon et d’huile toutes les trois semaines, mais ils n’ont pas affronté la saison des pluies, les rios qui débordent, la boue, les éboulements, moi je suis sûre que si je n’avais rien fait mon vélo il serait mort…

Eux aussi sont contents de sortir un peu de la montagne et de trouver chaleur et soleil…

Je leur raconte le volcan Tungurhua, ils me racontent Huaraz…

Je leur raconte les éboulements, ils me racontent les épines de l’Argentine, si grandes qu’elles traversent le pneu de part en part.

Je leur raconte la Colombie, ils me racontent le Perou.

Ensemble nous étudions la carte de l’Equateur et les chemins de traverse… Ils vont faire le détour par Banos, dans le même sens que Corinne et Enzo, c’est-à-dire dans le sens montant, mais de toute façon c’est bien beau de descendre de la Cordillère, mais après il faut remonter… Mais franchement ça vaut le coup d’aller voir un peu ailleurs, l’Amazonie, le désert, la mer…

Catherine et moi allons nous serrer longuement dans les bras l’une de l’autre…

Nous nous quittons… La route c’est comme ça…

Juste de savoir que certains existent est bon…

Ma rencontre, le désert achèvent de me remettre la tête à l’endroit…

Et si des fois je rêve encore de changer de monture…

La réalité vite se réimpose…

J’arrive à Piura, je cherche un hôtel dans le centre pas cher. L’après-midi sera consacré à une visite à l’office de tourisme, j’ai plein de renseignements, un morceau de carte, un endroit où trouver une carte routière (ca s’appelle mapas viales, je fais des progrès, un mot tu me le dis une fois je retiens, avant il fallait me le répéter des centaines de fois), alors c’est au Touring Club du Perou, avenue, pas loin de la gare routière, juste comme à la ville frontière entre le Vénézuela et la Colombie c’est fermé le samedi après-midi. Je trouve une boutique qui imprime les cartes que j’ai mis sur ma clef USB (memoria ici), je dis tout ça pour le sieur Janodou pour lequel je sème des petits cailloux verts fluos… Et les cartes d’Enzo elles sont géniales, juste il faut une loupe pour les lire, et les cartes de Janodou, bin là il faut un microscope à l’envers…

Grâce à mes cartes je ne serai plus obligée de photographier chaque panneau (panneaux juste là pour vous décourager), je croyais que je roulais vers le Pacifique, j’ai encore du me tromper de sens… L’autre jour j’ai vu des oiseaux verts…

Je fais mes courses, vu le poids ça va être dur mais j’ai à boire pour trois jours, a manger pour cinq… Vais sur Internet, clavier moins déglingué qu’hier, débit rapide… J’y passe quand même du temps, les Etres de Lumière ils font comme la famille cyclo, mise à jour une fois par mois… Voilà demain je vais essayer de ne pas partir trop tard…

Bonne nuit Piura

Bisous tout le monde et qui me dira enfin ça ?

Pour ceux qui ne comprennent pas l’espagnol : tes mots tuent mon âme, j’espère que les miens ne tuent pas les vôtres…

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Nouvelles breves : dimanche 26 juin 2011

Vous allez rire mais nouvelles catastrophes, mon frere t’as raison je te bats, nouvelle morsure de chien, centre anti-rabique, police, repolice demain pour reconnaitre le chien, mise en observation du chien et je crois que le ñieux vaccination, parce que deux risques ca fait beaucoup… Et c’est pas tout en sortant du centre anti-rabique une porte petite d’habitude je passe, et bin la je passe pas, je m’enplafonne un max…

Voila sinon tout va bien, Lucho et sa femme extra, des rencontres sympas a la casa de ciclista et un accueil d’enfer…

Bisous a tous

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Nouvelles breves : 25 juin 2011

Bonjour a tous

Deux tres bonnes nouvelles :

Je suis a la casa de ciclista de Trujillo, escortee puis prise en charge par six vehicules differents de la police. Les gens de la casa m’ont accueillie tard dans la nuit comme c’est pas possible…

Ma famille a pu m’envoyer de l’argent, donc ne vais pas manger de fourmis, merci tres beaucoup a Marie-Dominique, a Elodie, a Nico et a vous tous qui me soutenaient.

Bisous a tous et a bientot pour vous raconter mes aventures qui sont pas tristes…

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Nouvelles breves : mercredi 22 juin 2011

Bonjour à tous

Il y avait 3 voitures et demi sur la route, j’ai trouvé un chemin de traverse, j’ai pas résisté, j’ai rencontré le désert (sur la route surtout) et autour rien, pas de village, rares maisons, j’ai cotoyé le sublime, il n’y avait ni eau ni électricité dans les rares maisons, on m’a hébergée, nourrie, j’ai rencontré aussi un jardin extraordinaire… Et un peu de chaleur que j’ai perdue aujourd’hui.

Là je suis à Chicalayo, j’ai rejoins la Panam, c’est affreux, trop de voitures et j’ai traversé une zone on dirait Hiroshima, je vais étudier la suite du parcours et cette histoire de brigands… Je suis à 200 km de Trujillo.

Marie-Dominique je t’envoie par mail privé l’adresse où me faire parvenir une carte bancaire.

Enzo ta carte elle est trop géniale, faut juste regarder le bon morceau, un milliard de fois merci, je ne sais si tu ne  m’as pas tout envoyé ou si tout n’a pas été téléchargé, je vais regarder ça de près, t’as pas les mêmes pour Chili, Bolivie, Argentine, Patagonie ? Trop trop géniales ces cartes, mille fois merci. Je me pose la question des brigands, avec autant de circulation sur la Panam c’est pas possible, et si ils me courrent après suis obligée de faire-demi tour, j’ai un vent de face pas possible, je peux pas tracer…

Bisous à tous et merci à tous de vos encouragements

Et a la casa de ciclista y a deux colombiens, si je pouvais retrouver mon ami Diego avec qui j’ai bivouaqué au bord du rio Magdalena ce serait trop génial.

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