J215 : la route diabolique J3… Les deux seules femmes seules qui traversent l’Amérique Latine se rencontrent…

Mardi 23 août 2011

? – ?, oué je sais toujours pas où je suis, au Pérou peut-être, juste je sais que je suis sur la bonne route…

Distance parcourue : 32,69 km
Vmoy : 7,5 km/h Vmax : 27,3 km/h
Température : minima : 18°, maxima : 37°
Dénivelée positif : 316 m
Dénivelée négatif : 344 m
Heures sur le vélo : 4H21’32 »
Départ : vers 9 heures 30
Arrivée : vers 17 heures

Résumé de la journée

  • Conditions météorologiques : couvert le matin, beau et tiède l’après-midi, vent fort en fin d’après-midi
  • Objectif : avancer, une fois la route goûtée je me fixe un objectif de 50km, puis 40, je n’en fais que 38…
  • Etat de santé : l’échauffage du genou n’est pas très efficace le matin, l’après-midi ça va, le ventre s’est calmé…
  • Particularités de la journée : deux femmes seules traversent l’Amérique latine, elles vont se rencontrer sur cette route de folie… L’une fera un nième bivouac sauvage et tremblera de peur toute la nuit…

Increible, incroyable mais vrai… Deux femmes seules traversent l’Amérique
latine, elles vont se rencontrer sur cette route de folie… L’une est suisse, l’autre française. L’une a 23 ans, l’autre 63… L’une vient d’Ushuaïa et se dirige vers l’Alaska, l’autre vient de Caracas et se dirige vers Ushuaïa… Toutes deux vont lentement… Toutes deux ont bras et jambes transpercées… Toutes deux louvoient… L’une voyage depuis 9 mois, l’autre depuis 7 mois… Le voyage les a
transformées, l’une est plus cool, l’autre est plus forte… Les
yeux de l’une éclairent un milliard de kilomètres à la ronde…Les yeux de l’autre sont cachés…

Voilà, elles vont parler, longtemps…

J’écris cet article en décalé (un seul jour, mais il se passe tellement de
choses dans une journée…)

Je quitte le village qui m’a accueillie pendant la nuit, peut-être sa falaise
peut-elle rivaliser avec la mienne… Peut-être seulement, amis du diois si vous me lisez j’attends votre avis…

Je retrouve le rio

Sa piste diabolique avec passages très exposés…

Ses pièges…

Son rio, oui le rio, toujours le rio… Un jour (quand je saurai où je suis) je vous dirai le nom du rio… Si je sais pas où je suis c’est la faute à Enzo, il me manque un petit bout de carte, tiens Enzo si tu me lis tu peux m’envoyer la carte de la Bolivie, merci d’avance…

Sa nature tourmentée

Ses rios à traverser

Re

Rere

Ses passages étroits où entre cyclistes et camions la courtoisie est de règle
(oué parce que si tu tombes tu te tues et il n’y a pas de passage pour deux…)

Ses villages morts parce qu’ici c’est trop dur et la route est trop dure…

Le nième rio à (pour ceux qui me lisent ttentivement le premier qui me dit le nom du rio il a gagné un séjour de huit jours avec moi, pas sérieux s’abstenir…)traverser…

Le nième passage exposé

Un arrêt de bus (oui une fois par jour mais pas dans chaque sens, les gens ils
peuvent aller que dans un sens… Cela explique peut-être pourquoi
les villages sont morts… Ils peuvent partir… Jamais revenir…)

Bon il ne faut pas tomber dans le rio…

Mais comment faire pour regarder le paysage somptueux où rouge, jaune et toutes nuances de verts se mêlent et regarder où on met sa roue ?

En plus il ne faut pas rater son virage…

Et quand on est fatigué et qu’il n’y pas de village ou que des villages morts et
qu’on voit un endroit plat à l’abri de la route on fait quoi ?

D’abord on se déguise pour faire peur aux bêtes piqueuses…

On plante sa tente, et après on passe une nuit de terreur, on voit de la lumière,
on croit que c’est un assassin qui arrive, non c’est l’éclair

On entend les grêlons qui cognent dur sur la tente, vite on repère son bonnet et
sa cape de pluie dés fois qu’elle explose (la tente), on s’en fout de l’orage, juste on ne veut ni être assassiné ni que l’on vole son vélo, alors quand la pluie se met à tomber et que l’heure avance on se calme car on se dit que les voleurs ne sortent par ce temps et que les assassins à cette heure ils dorment. Après on se jure de ne pas recommencer, et on recommence…

Quand même on va dormir un peu…

Bisous tout le monde

 

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J214 : la route diabolique J2…Rencontre de deux louvoyeurs diaboliques…

Lundi 22 août 2011

Izcuchaca – quelque part, je ne sais même pas sur quelle route je suis, juste je sais que je suis sur la bonne route…

Distance parcourue : 38,27 km
Vmoy : 9, 5km/h Vmax : 31,5 km/h
Température : minima : 18°, maxima : 39°
Dénivelée positif : 244 m
Dénivelée négatif : 466 m
Heures sur le vélo : 3H59’30 »
Départ : 9 heures 37
Arrivée : vers 17 heures

Résumé de la journée

  • Conditions météorologiques :
    grand beau temps, douce chaleur, vent modéré à fort en fin
    d’après-midi
  • Objectif : avancer, une fois la
    route goûtée je me fixe un objectif de 50km, puis 40, je n’en fais que 38…
  • Etat de santé : excellent et l’après-midi ventre retorpillage de ventre mais moins …
  • Particularités de la journée : bin c’était bien, même très bien… Je me la joue cool… Je suis bien, la température est agréable, la vue est sublime, j’ai fait une jolie rencontre,  les pierres ne me tombent pas dessus, que demander de plus ?

Les copains y doivent bien rigoler, parce qu’en sortant du village, juste après le
village, à la sortie du pont le goudron a disparu et la piste est là bien réelle avec ses trous, ses pierres, son sable, son gravier et pièges de toutes sortes. Ceci étant dit la piste est « cyclable », ce n’est pas comme dans la Vuelta où c’était poussage, retenage,portage… Ce matin après quelques dernières photos dans la
minuscule ville d’Izcuchaca

Jolie gare…

Sans train

Aux maisons parfois décrépies

Aux brouettes dotées d’un balai écolo

Au pont sublime

Et un internet ultra-lent, mais internet quand même parce que ce soir, c’est
rien…

Après les photos donc je m’occupe un peu de mon vélo car le cliquetis d’hier me gène, nettoyage en douceur chaine et pignons, regraissage, je tâte mes
pneus, ils auraient besoin d’être regonflés, j’ai la flemme, je me dis que je le ferais plus tard… Excellente idée vu la piste… Je vais jusqu’à me demander si je ne me suis pas trompée de route,
j’ai bien vu qu’à la sortie du pont des gens attendaient, mais je me
dis que peu-être la route goudronnée est la route au-dessus .
Évidemment il n’y a personne à qui demander et la circulation est
quasi absente. Une voiture me croise, je l’arrête pour me faire
confirmer mon chemin, oui c’est bien là… Donc c’est parti pour la
piste diabolique…

Alors sur piste il vaut mieux avoir des pneus sous-gonfflés, c’est Daniel qui l’a dit (Daniel c’est le tourdumondiste) et tout ce que dit Daniel est vrai,
et c’est vrai que je dérape moins. Je vais bien sur la piste, je prends de plus en plus confiance en moi, trop… La suite le confirmera…

Voilà je navigue encore dans le sublime, je descends toujours le même rio, le soleil brille, la température est douce, je mets mes jambes à l’air et
pour moi c’est un bonheur suprême. Je traverse un village-gare sans
train…C’est jour de marché, je flâne…

Le modernisme

Se mêle sans problème à la tradition, comme dans tout ce pays

A la sortie du village un pont, je le passe à pied comme tous les ponts péruviens
depuis que j’ai failli m’exploser sur le pont en criant « Lucho, Lucho j’ai un problème avec mes freins » et je fais bien, vu les trous…

Au marché je m’achète une ceinture dans l’idée de l’utiliser pour faire une
rallonge à ma tente, me reste à trouver l’œillet et l’homme qui
fera ça. L’homme qui fera ça, j’en ai rencontré un  l’autre jour,
il était sur le bord de la route avec sa machine à coudre, j’ai
même défait ma tente pour lui montrer ce que je voulais mais il
n’avait pas le matériel… Je vais finir par y arriver à faire
cette rallonge pour ma tente. Deux vendeurs vendent des trucs pour
vélo, oh ça ne va pas chercher loin, l’un des pneus, l’autre des
jantes qui ont l’air d’être en plastique mais pas de démonte-pneus,
là aussi je finirais bien par trouver…

La route sublime suit le rio.

Il est 11h 50, je crois n’avoir fait que 18 km quand arrive un restaurant champêtre et
en plus ils font des papas à la Huancaïna. Ce n’est pas l’heure
mais je m’arrête et tombe à nouveau dans un coin de paradis…

Qu’il a été dur de m’en extraire surtout que la dame elle me proposait l’hospitalité, un mois si je voulais, pour moi et l’autre diable. Oué parce
qu’après avoir terminé mes papas, les six délicieux petits pains
et ma cerveza, j’avais sorti mes ciseaux achetés à Huancayo dans
l’idée de déséffiler l’effilage de cheveux de Loja qui empêchent
mes cheveux de friser, quand la dame me dit « un collègue à
vous » Je regarde, je vois Christophe passer sur son vélo
couché, je crie, il passe son chemin mais il a du capter car il
revient.

Oué Christophe je l’ai rencontré après la descente diabolique de Pallasca dans le
canyon (l’avant-dernière étape de ma vuelta et pour passer là faut
être fêlé de chez fêlé), c’est lui qui s’est gamellé 20 fois,
c’est dans son lit que j’ai dormi pendant que lui était parti à la
Casa de Ciclista chercher du matériel pour son frein à disque qui
avait cassé. Son copain (avec qui j’ai partagé la chambre, pas le
lit, vous me suivez ?) venu pédaler quelques semaines avec lui est
retourné en Suisse et Christophe continue son chemin. Aujourd’hui
Christophe ne va pas se gameller, ce sera moi, mais chut je l’ai pas
encore dit et pas vingt fois, une seule fois et splash à plat ventre
dans l’eau… Donc Christophe et moi nous faisons plus ample
connaissance et nous nous apprécions…

J’essaie son vélo, j’ai les jambes trop courtes, mais ça peut se régler… (le vélo, pas les jambes…)

Christophe est suisse (suisse allemande, nous parlons espagnol). C’est lui dont j’ai pris la chambre dans cette ville si inhospitalière, lui qui m’a
doublé dans le canyon del Pato, lui que j’ai retrouvé ensuite
sortant d’une retenue d’eau trouble… Apparemment il n’en est pas
mort, mais les parasites ça peut mettre des semaines à sortir… Il
n’a été malade qu’une seule fois mais il fait attention à ce qu’il
mange, pas moi… Il va me raconter la Selva du Pérou (où il a du
faire demi-tour pour des problèmes de sécurité, en ce moment
l’armée a lancé une grande offensive contre les producteurs de
drogue, il vaut mieux ne pas être au milieu), je lui raconte
l’Amazonie enchantée. Il me raconte Cotopaxi, je lui raconte
Ishinca, ma neige était excellente, la sienne était pourrie… Il
me donne des idées de chemin de traverse, déjà que j’ai les
miennes, et bien mes aïeux je ne suis pas arrivée à Ushuaïa. Il
n’a pris aussi qu’un aller simple, il louvoie comme moi, et les
louvoyeurs ça se rencontrent forcement un jour… Il pense que
jusque mars, avril Ushuaïa c’est praticable. Sauf que lui fait en
une étape ce que moi je fais en deux, normal, il reste couché toute
la journée et il a la moitié de mon âge moins cinq ans, et vu ce
que j’ai fait de ma vie, il y a quelque dégâts… Il me propose de
faire un bout de chemin ensemble, je refuse, je sens que je ne vais
pas aller à ma vitesse et me mettre dans le rouge… On regarde
ensemble le parcours qui nous attend, il a un machin électronique
avec tout : les cartes, le dénivelée. Bon les montées diaboliques
ce n’est pas 4000 mais plus de 5000 mètres avec redescente à 2000
et des pentes je vous dis pas. Je prendrais mon temps mais y
arriverai… Il a prévu de se reposer un jour avant la grande
attaque, moi je me reposerai dedans quand je serais nase, donc il est
possible que nous nous revoyons… La preuve, lui a louvoyé dans la
selva, moi dans l’altiplano et nous voici tous les deux au même
moment sur cette route diabolique… Il a vu des oiseaux bleus, j’ai
vu des oiseaux qui envoyaient des éclairs avec leurs yeux, ça va on
est quitte… Il me montre une boucle possible pour aller en Amazonie
en Bolivie, à condition qu’il n’y ait pas les mêmes problèmes de
sécurité qu’au Pérou, allez on verra bien… Pour l’instant mon
objectif c’est Cusco. Jean G. (un autre cyclotouriste) (pas Jean mon
frère, ni Jean Philippe mon dessinateur préféré, ni Jean-Luc à
moitié écrabouillé par une voiture au Vénézuela mais qui va vite
se remettre et repartir) Jean G. a fait le trajet en bus, 24 heures
de bus, donc pour moi 24 jours… Surtout que je croyais avoir du
goudron encore 120km…

Nous nous quittons, je n’ai donc pas massacré mes cheveux, je résiste à la
tentation de rester dans mon petit coin de paradis et j’y vais, j’y vais tellement bien que  je me gamelle, mais bien, dans un trou d’eau.

Le vélo n’a rien, moi j’ai mal au petit doigt de la main droite, au poignet et coude
droit et surtout au genou droit, mais rien de cassé, rien d’ouvert,
ce n’est pas grave, j’aurais du mettre pied à terre

Je reprends la route, je me dis que j’ai pêché par excès de confiance et que je
dois me calmer, bon ça ne m’empêche pas de faire du 31 à l’heure
en descente sur piste, de ne plus mettre pied à terre dans les
virages de sable et de gravier, de doubler un camion pour ensuite lui
faire presqu’une queue de poisson, car si ma chute ne m’a pas
déstabilisée, en revanche mon échafaudage sur le porte bagage a
été chamboulé et je suis en train de tout perdre. Ce soir à
froid, comme je m’y attendais, mon genou me fait mal et je boite un peu,
mais je sens que rien n’est cassé, juste un bon coup et peut-être
aussi une petite torsion, demain matin je vais souffrir mais une fois
chaude ça ira.

Le rio imperturbable continue son chemin…

Ce pont-là à cinq heures de l’après-midi je ne l’aurais pas pris, le vent
soufflait si fort qu’il emportait avec lui un nuage de poussière
pire qu’un épais brouillard…

Je continue, je suis bien, la température est agréable, la vue est sublime, j’ai
fait une jolie rencontre,  les pierres ne me tombent pas dessus, que
demander de plus ?

Des girafes en bouton me font de petits clins d’œil

Et le rio trace, puis paresse

J’ai droit à mon petit tunnel

Les heures passent, le jour baisse, le soleil se cache dans les gorges et le
vent souffle de plus en plus, mon ventre aussi se réveille, vite je
me recouvre.

Je trouve le rio un peu paresseux, normal il y a un barrage, je ne le photographie
pas, c’est interdit. Et là la route est cimentée, chouette je pense
que c’est tout cimenté pour le barrage, non c’est juste sur 80
mètres devant le bâtiment du barrage. Un peu plus loin je me
demande si c’est une aire de jeux, il y a une grande affiche avec un
militaire un peu bizarre, non c’est un camp de militaires, là la
route est goudronnée, je me dis chouette ils ont tout goudronné
pour les militaires, non c’est juste devant sur 90 mètres… Arrive
un tout petit village, il se fait tard, je n’ai pas rempli mes
objectifs, mais ce n’est pas grave, je m’arrête. Je trouve un hôtel
plus que rudimentaire où je me sens super bien. Un euro 25 la nuit
quand même. En à peine plus de cinq minutes j’ai envaji les lieux à
ma manière…

Il n’y a pas de
douche, je demande à la dame si elle peut me faire chauffer de
l’eau, elle le fera avec un feu dehors alimenté cette fois-ci avec
des épis de maïs. Le soir je vais manger au resto et faire mes
courses pour le lendemain. On appelle la moitié du village pour voir
la gringa, on s’étonne du fait qu’elle sache prononcer les r…

Ce soir la gringa est contente de sa journée, n’a plus mal au ventre, c’est parti
comme c’est venu, sauf que là ça revient par pics, en revanche elle
a vachetement mal au genou, Et aussi à la main,la gauche cette
fois-ci, vachetement mais pas diaboliquement… Donc ça va, bisous
tout le monde…

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J213 : la route diabolique J1… Diaboliquement beau…

Dimanche 21 août 2011

Huancayo – Izcuchaca

Distance parcourue : 64,68 km
Vmoy : 12,2 km/h Vmax : 53,6 km/h

Température : minima : 18°, maxima : 38°
Dénivelée positif : 645 m
Dénivelée négatif : 1011 m
Heures sur le vélo : 5H16’37 »
Départ : 9 heures 50
Arrivée : vers 17 heures

Résumé de la journée

  • Conditions météorologiques : couvert, soleil, couvert, frais, chaud, froid, tiède (dans l’ordre chronologique)
  • Objectif : avancer, peut-être Izcuchaca
  • Etat de santé : excellent et devant internet brutalement ventre torpillé…
  • Particularités de la journée :

Alors les copains ils m’avaient prévenus, la route est diabolique, des montées diaboliques à 4500 mètres, des descentes diaboliques à 2000 mètres et comme ça pendant 1000km, oué les copains y zavaient juste oublié une chose c’est que c’est diaboliquement beau…

Alors les points forts :

  • Le topo : 10km de presque plat, 18km de montée à un altiplano vers 4000 mètres, le reste descente à Izcuchaca, quelques petites remontées histoire de transpirer
  • La route, géniale, excellente

Faut juste faire attention aux pierres (grandes, oui, ici tout est grand)

Et à quelques éboulements, mais rien de bien méchant…

  • Une forme olympique, je me remonte sur l’altiplano avec une facilité désarmante

Il faut quand même que je me ménage, long est le chemin…

Au moment où je mets en ligne cet article je suis à Ayacucho, je vais plus vite que le net, trop génial…

J’ai eu un peu chaud le matin, quand je me suis décidée à me découvrir, c’était trop tard, 10 minutes après je renfilais polaires et bonnets, faut dire qu’à la vitesse où je suis montée j’ai vite rattrapé le froid de l’altiplano…

  • L’altiplano est moins haut que le précédent et donc cultivé

  • Au passage une fête

Je suis kidnappée et apprends les danses folkloriques andaises

  • La descente d’enfer, je pense à l’accident de Jean-Luc et suis extrêmement prudente, nos vélos chargés ce ne sont plus des vélos mais des bombes à retardement, dans les descentes on atteint facilement une vitesse folle et on est protégé par rien… Anne est tombée aussi, les cornes de son vélo ont explosé, elle n’a rien de cassé, hématome et égratignures, Anne c’est la fille d’enfer, l’amie de Daniel le cyclotourdumondiste, elle m’a envoyé des photos, je les poste là, merci Anne. Au fait c’est vrai que de là où nous sommes et jusque la côte il y a 80km de descente et dans des paysages magnifiques, avis aux amateurs…

Route quasi déserte, en plus on est dimanche…

Sortie de l’altiplano je repasse dans le spectaculaire, c’est diaboliquement beau…

  • Je suis un peu juste au niveau temps, mais vu que ça descend je ne m’inquiète pas, j’aurais bien bivouaqué dans le village de l’autre coté du rio mais ? Regardez bien, au bout du pont… Des escaliers…

Là aussi je serais bien, mais il n’y a pas de pont

  • Qui veut me renvoyer à Cuenca ? C’est vrai que là-bas on trouve les mêmes médicaments qu’en France, juste en quantité limitée, là-bas comme ici ça se vend à l’unité (pas une boîte, un comprimé)

  • Je continue, atteint Izcuchaca, minuscule ville surréelle à 3000 mètres d’altitude…

Un pont de l’époque coloniale magnifique

Une place

Une voie de chemin de fer désaffectée…

Un hôtel dans une maison coloniale avec deux chambres (sans fenêtre), la salle de bains est la salle de bains familiale et l’eau est CHAUDE, la porte donne dans la cuisine et ne ferme pas complètement et évidemment vous êtes pris de coliques effroyables…

Le tout très animé, ville étape sur cette route diabolique…

  • Et les copains, à propos de la route diabolique,ce n’est pas la peine de me dire que là c’est la portion la plus facile, je sais, ce n’est pas la peine de me dire que le goudron va faire place à une mauvaise piste, je sais et ce que je sais aussi c’est qu’aujourd’hui c’était super, la descente de Pallasca (la descente de la Vuelta où le vélo couché s’est gamellé 20 fois et avec un canyon de toute beauté) sur une excellente route déserte…
  • Après une douche chaude, des fois ça arrive, tandis que je suis sur Internet je suis prise de douleurs abdominales extrêmement violentes et de diarrhée, bizarre, je n’ai presque rien mangé aujourd’hui (le manque d’activité de la veille probablement), juste un peu de la soupe que l’on m’a offerte à la fête. Je ne me sens pas mal, juste j’ai très très mal. L’hôtelière va me donner une crème mentholée pour me masser le ventre, de la tisane de manzanilla et moi je prends du spasfon dont je vais d’ailleurs bientôt manquer.

Bisous tout le monde

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Nouvelle breves : jeudi 25 aout 2011

Bonjour a tous

Je suis a Huanta, petite ville avant les denivelees pas possibles…

Je suis descendue tres bas par une piste tres mauvaise et surtout etroite et tres exposee, enfin je n’ai pas fait que descendre car ici pour descendre un rio il faut aussi monter sur des pentes vertigineuses…

Je ne suis tombee qu’une fois sans degats dans un tout petit rio… Le pire c’est que ma tente s’est transformee en parapente avec moi accrochee, 100 metres de vide et le rio en-dessous, details plus tard, j’ai sauve le tout, et bien sur j’ai termine a la nuit tombante…

J’ai retrouve Christophe, un autre cyclo deja rencontre deux fois, suis ravie car en 5 jours il ne m’a mis qu’un jour dans la vue…

Et puis j’ai rencontre une autre cyclo, elle n’a que23 ans, elle va de Ushuaia a l’Alaska, elle m’a vraiment impressionnee

Voila je suis sur une piste mythique pour tous les cyclos louvoyeurs…

Et le decor, somptueux le decor, dans un canyon toujours different, toujours impressionnant, et un vent l’apres-midi mechant mais mechant et c’est beau mais beau, mais beau… Et c’est dur…

Aujourd’hui j’ai trop force et pas assez mange, resultat vertiges…

Ah oui j’ai commence a remonter, et je suis transpercee par les betes, certains disent des sancudos, d’autres des moustiques, mais ici ils ne transporteraient pas de maladie, moi je pense que ce ne sont ni des sancoudos ni des moustiques, mais un autre insecte, il vole tres bas, on le trouve plus dans l’herbe que sur les cailloux, il est tres petit, il fait mal au moment de la piqure, apres non, il n’y a pas l’aureole blanche des sancudos, mais un point d’impact tres marque et une grande tache rouge, et non prurigineux, si un peu, la ca me gratte pas partout, les betes vivent de jour comme de nuit, si les specialistes peuvent m’aider a identifier la bete et les risques encourus, merci. J’ai achete une creme repellente d’ici beaucoup plus efficace que la mienne de France, mais le mal est fait…

Sinon tout va bien, je suis en train de me delester, je fais plein de cadeaux…

Bisous a tous, je vais essayer de mettre un article en ligne, mais je crois que le debit ne me le permettra pas…

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Nouvelles breves : dimanche 20 aout 2011

Bonjour a tous

Je suis a Izcuchaca, village surrealiste du Perou…

J ai commence ma route diabolique, c est trop genial, je vais bien, j ai une peche d’enfer, suis remontee a 4000 sans probleme, puis redescendue a 3000 , je crois que mes petits sejours a 5000 ou plus y sont pour quelque chose,  mieux que l EPO… Au passage j’ai ete invitee dans une fete, en plus de pedaler j’ai danse…

Internet ultralent, details plus tard

Bisous tout le monde

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J212 : Hualancayo

J212 : Hualancayo Hôtel très pourri, sale, eau glaciale mais chambre avec baie vitrée si sale qu’on ne peut guère voir l’extérieur mais fenêtre quand même… Et chambre chaude… J’ai dormi dans mon duvet, trop sale le reste. Le matin travaux d’écriture et de mise en ligne d’articles. Il y a le haut débit ici même si nous sommes samedi et que les enfants ont envahis les lieux et font un vacarme pas possible. Il y en deux en face l’un de l’autre qui jouent l’un contre l’autre, internet leur sert de media mais la pièce aussi et pour couvrir les mille musiques et autres cris et bien ils crient… A l’heure du déjeuner tous partent et j’en profite… L’après-midi je prends un taxi commun je vais en centre ville et vite je trouve mes repères.

Je trouve presque tout ce dont j’ai besoin. Me manque des médicaments, et une rallonge pour ma tente, peut-être à Cuzco qui est touristique (pour les médicaments), parce qu’ici les touristes et bien il y a que moi et moi ça me va. Je trouve mes repères car la ville est occidentalisée, on a beau s’adapter on reste ce que l’on est…

 Hier soir j’ai fait une énorme bêtise, après internet, il était tard, vers 22 heures, j’avais bien pris mes repères pour retrouver l’hôtel (dont bien sûr j’ignore le nom et l’adresse), sauf qu’il n’y avait pas une mais deux stations-services, ça devient dur surtout quand il y a peu d’éclairage… J’avais aussi repéré que l’hôtel était au-dessus d’une ferreteria, mais je me paume, je me fais aider par les gens de la station service. Je repère mon hôtel. Tout est noir. Je tambourine comme une malade à la porte, rien , je fais un boucan pas possible, un judas s’ouvre, j’entrevois une femme, le judas vite se referme (tiens à l’heure où j’écris il pleut et fort… c’est pas la saison, c’est moi…) et personne ne m’ouvre. Alors je fais un scandale pas possible disant que je vais appeler la police, que ce n’est pas possible que je paie une chambre d’hôtel et qu’on me laisse à la rue, oué, sauf que je ne suis pas à la bonne porte, c’est 100 mètres plus loin… Une âme charitable va m’accompagner… Aujourd’hui je n’ai pas fait de bêtise, j’ai juste fait chauffer ma carte bancaire et je me suis payé un grand restaurant au prix d’un Macdo, langue en sauce, frites, pain, bière, le luxe quoi mais y avait pas de mousse au chocolat… Et j’ai compris une chose : il est illusoire de vouloir tout faire dans mes pauses, la première des raisons et que dans un pays sous-développé et quand on est pas chez soi il faut s’adapter et faire les choses comme elles arrivent, par exemple ne pas s’obstiner à vouloir fenêtre et eau chaude en même temps, etc, etc, et aussi dans mes pauses il faudrait que je me pause, j’ai fait un peu cet aprem… Bisous tout le monde

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J211 : je trace…

Vendredi 19 août 2011

Bivouac dans la cour d’une ferme à Lloclapampa – Huancayo

Distance parcourue : 71,47 km
Vmoy : 16,7 km/h Vmax : 40,9 km/h
Température : minima : 15°, maxima : 39°
Dénivelée positif : 125 m
Dénivelée négatif : 326 m
Heures sur le vélo : 4H15’20 »
Départ : 8 heures 30
Arrivée : vers 15 heures 30

Résumé de la journée

  • Conditions météorologiques : soleil, vent, chaud et froid l’altitude baisse les températures montent…
  • Objectif : Huancayo, la ville, la civilisation
  • Etat de santé : le ventre va s’améliorant…
  • Particularités de la journée : je trace, la route m’est favorable, me trouve un coin de paradis, suis tentée d’y rester, mais le devoir m’appelle à Huancayo…

 Après un réveil très matinal et les aurevoir, je pars, traverse le village sous mille yeux, emprunte le pont en poussant mon vélo, reprends la route, je suis le rio, ça descend, quelques montées pour bien transpirer et avoir ensuite chaud. Je trace un max, les faux-plats descendants et les faux-plats montants, j’adore, enfin mes muscles adorent, y a peut-être aussi la quantité de globules rouges amoncelée qui y est pour quelque chose, et puis j’aime ça tracer. J’ai beau tracer, je vois que je suis dans du beau…Et en plus il fait grand beau…

Vraiment je suis dans un coin chouette…

Je sors des gorges pour atteindre une large vallée fertile. Où vaches fluos et églises aux couleurs pastels se côtoient…

Au loin encore des montagnes enneigées, non, non je n’irais pas…

Une montagne dans chaque pays et puis j’aurai trop peur de salir l’Ishinca comme je n’ai pas voulu désacraliser le volcan Imbabura…

Évidemment j’ai faim, je m’arrête et mange et retrace et double des vélos, pas encore les camions mais ça va venir.

Et puis je vais voir des restaurants « récréatifs ». Ca me tente, je m’arrête, je mange des pommes de terre à la Huancaïna, c’est délicieux.

Je suis sûre que si je demandais l’autorisation de planter ma tente chez eux je l’aurai, mais je veux faire des choses en ville, alors je résiste et je regretterai…

Bin oui les toilettes étaient vertes…

Et le perroquet aussi…

Je retrace, je me découvre un peu, pas trop car à la vitesse où je vais je sens l’air frais, et rigolez pas, c’est vrai. J’arrive à Huancayo qui est une très grande ville. Pour commencer il faut sortir du rio, donc monter. La ville bien sud-américaine est encombrée de voitures bruyantes et tueuses, je suis prudente, mais bon… De traçage en prudentisme je me retrouve à la sortie de la ville dans la bonne direction en ayant loupé le centre. Je me cherche un hôtel dans les parages, je le trouve, il est très minable mais la chambre a une grande baie vitrée par laquelle on ne voit d’ailleurs rien mais la chambre est chaude. Je prends. La douche est glaciale et je me lave les cheveux car vraiment je ne ressemblais plus à rien, je fais aussi ma lessive, donc je me paralyse de froid. Quand je vais sur la terrasse pour pendre mon linge, je renonce à escalader l’échelle bringuebalante. Ayant raté le centre, me disant que peut-être il n’y a pas de centre j’hésite à rester ici un jour comme prévu, et puis le soir je vais trouver un internet qui marche et où les machines diffusent une douche chaleur, je reste, espérant un jour arriver à mettre mon site à jour.

Voilà je sais que c’est mon dernier répit avant la suite diabolique que tous m’ont prédit…

Bisous tout le monde et un particulier pour Jean-Luc qui vit des moments très difficiles mais qui, avec le soutien de ses proches, les surmontera j’en suis sure.

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J210 : stupéfiant…

Jeudi 18 août 2011

Bivouac au péage de Casaracra – Bivouac dans la cour d’une ferme à Lloclapampa

Distance parcourue : 70,83 km
Vmoy : 15,3 km/h Vmax : 48,5 km/h
Température : minima : 15°, maxima : 34°
Dénivelée positif : 197 m
Dénivelée négatif : 471 m
Heures sur le vélo : 4H35’18 »
Départ : vers 10 heures
Arrivée : vers 17 heures

Résumé de la journée

  • Conditions météorologiques : soleil, vent, chaud et froid, encore gel la nuit
  • Objectif : avancer, trouver un endroit où dormir
  • Etat de santé : ça va puis un aliment va me torpiller le ventre…
  • Particularités de la journée : un paysage stupéfiant, une ville minière qui interroge, un kidnapping avec nuit dans la cour d’une ferme.

Pourquoi stupéfiant ? Parce que je suis stupéfaite, stupéfaite de ce que la nature peut nous offrir… Stupéfaite de l’entremêlage de formes et de couleurs, toujours différentes, toujours intriguantes… Stupéfaite de ce que la main de l’homme peut produire, là aussi mêlage de formes, de couleurs, de bruits et d’odeurs… Stupéfaite de ce que je pressens depuis des jours et des jours : le pillage organisé du Pérou…Peut-être je me trompe… Qui dit ? Personne, si les gens de PuÑo… Tir à balles réelles… Je vais faire comme tout le monde, me taire, sinon je sens que je vais finir mes jours au fond d’une mine, oubliée de tous… Et comme je marche à l’énergie solaire je vais rapidement m’éteindre… Et mourir…

Voilà nuit bruyante, tente penchée, mais sécurité…

Il a encore gelé cette nuit, mais la température n’est descendue qu’à 5° dans la tente, au péage j’ai retrouvé les sacs de tente égarés dans le déménagement…

Je descends le rio, je pédale super bien, la nature recommence à m’envoyer ses clins d’œil.

La circulation est d’enfer, impossible, camions, voitures et bus me frôlent… Et oui rappelez-vous, la route coupée… Lima n’est qu’à une centaine de km, là je paie ma tranquillité, j’ai en un jour la circulation de trois jours…

J’arrive à la Oroya, les vélos ont à nouveau droit de cité…

La Oroya, ville minière et industrielle à 3731 m d’altitude, ville stupéfiante dans un paysage stupéfiant, les mots me manquant voici les images :

Un rio, la force hydroélectrique…

Un rio parfois difficile à enjamber…

La nature séquestrée…

Une nature qui restera toujours plus forte que l’homme…

Une cyclo ravie de laisser s’échapper la grande partie du trafic… Au passage, observez la double ligne blanche qui est jaune et le camion il est ou ?

Ceux qui resteront iront à une vitesse folle…

La main de l’homme tentera de sculpter le paysage…

L’eau fera de même…

Là je reste stupéfaite…

Abasourdie…

Impressionnée…

 

Le rio toujours m ‘apaisera…

Le vélo est lui aussi tout chamboulé…

Parfois le rio paresse…

Les gorges s’élargiront et l’homme reviendra…

La cyclo aura son après-midi un peu gaché par des douleurs qui vont lui torpiller le ventre et des fuites qui cette fois-ci prendront le chemin inverse de la dernière maladie et ses médicaments qu’elle économise, elle a prévu un an, pas deux, certains se trouvent facilement, d’autres sont inexistants…

La cyclo qui a bien pédalé malgré un vent qui toujours remonte  les rios cherchera un endroit où dormir. Le village de l’autre coté de la route ferait bien l’affaire, juste il faut être très prudente sur le pont, trois voitures déjà sont tombées, oui c’est la Mamita qui me l’a dit…

 

Là-bas, un peu plus loin sur la piste, oui la maison bleue, c’est possible, il y a des bains… Des bains chauds ? Oui… On peut se baigner ? Oui, sauf que c’est fermé. Ah.  Des cyclotouriste sont venus, mais ils étaient plusieurs… Allez va pour les bains fermés… Un terrain plat au-dessus de la piste, barré par de multiples épines de 10cm de long… Les vaches qui rentrent… Dormir dans le campesito ? Mais qui vous a dit ça ? Pas possible… La nuit dans le campesito et seule… Allez au village… Là ? Là ? Non, à la casa, mais je ne peux passer, le sable, la montée… Si vous pouvez passer, les vaches passent bien…

Je passe… Je me mets où ? Dans le cuatro (une pièce vide) ou avec les vaches, je choisis les vaches, et les poules et le chien…

Et les baños ? Là, où vous voulez, dans la cour…

Dans le village le Christ est roi…

Et les mamitas ça s’entend bien et ça se raconte des choses et ça mange ensemble, oh simple, pommes de terre vapeur, oeuf durs, tisane d’anis.

Et la Mamita elle est supercontente, elle a « sa gringa », et toute la famille viendra, et la gringa répondra à toutes les questions et en posera d’autres, et le gendre il m’aime pas, ça tombe bien, moi -aussi je ne l’aime pas… Très intelligent il a compris le pillage du Pérou… Très intelligent il comprend bien la valeur de mon vélo qu’il inspecte sous toutes ses coutures… Je lui précise quand même que le premier qui touche à mon vélo je le tue…

La maison est rudimentaire, un sol de terre batue

Une cour intérieure

Une chambre à coucher

Une cuisine où le feu est alimenté par des bouses de vaches séchées, le bois est rare ici…

Mais les mamitas ça travaille encore dur, et à 5h30 les vaches ça se traie, non pas 5h30, il ne fait encore que 5° dans ma tente, je résiste… Jusque 6h30, de toute façon je ne peux plus dormir, les poules tentent d’utiliser ma tente comme perchoir, j’ai peur des dégats, le soleil arrive je me lève. La mamita s’absente pour une ahorita, je crains le pire, je la remercie comme je peux…

Je la reverrai, l’embrasserai, elle craint pour moi le pire, je suis prudente en retraversant le pont…

Besos a todos…

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J209 : allo, allo, allo, ici la tente de l’abuelacyclofluo, m’entendez-vous ?

Mercredi 17 août 2011

Carhamayo – bivouac au péage de Casaracra

Distance parcourue : 72,95 km
Vmoy : 113,9 km/h Vmax : 50,4 km/h
Température : minima : 7°, maxima : 25°
Dénivelée positif : 105 m
Dénivelée négatif : 503 m
Heures sur le vélo : 5H13’14 »
Départ : vers 10 heures
Arrivée : vers 17 heures 15

Résumé de la journée

  • Conditions météorologiques : soleil, couvert, froid, puis vent glacial et resoleil
  • Objectif : avancer, trouver un endroit où dormir
  • Etat de santé : ça va
  • Particularités de la journée : altiplano, altiplano, altiplano, puis début de la redescente, un peu juste pour trouver un endroit où dormir

-Allo, allo, allo ici la tente de l’abuelacyclotouriste la plus gringaletta de l’Amérique latine, m’entendez-vous ?

-Ici la terre, je vous entends, à vous, dites-nous tout, température intérieure, extérieure, longitude, latitude, altitude, tout quoi.

-Bon, bin, euh la température intérieure est de 8°, extérieure, je sais pas mais ça va, aujourd’hui il a fait froid comme d’hab, sans plus.

-Et le vent ?

-Comme d’hab, il s’est levé en début d’après-midi, glacial, comme d’habitude.

-Fort ?

-Bin oui, comme d’hab, de plus en plus fort au fur et à mesure que l’après-midi avance, mais ce matin ça allait, des fois il se lève à 10 heures, quand même je n’ai pas été déséquilibrée par les camions qui arrivaient en face, juste ceux qui me doublaient, et puis les camions le matin pendant une heure je n’ai rien vu, ni camion, ni bus, ni voiture.

-Rien de rien ?

-Non, rien de rien, même que je me suis dit que peut-être il y avait une catastrophe mondiale, que tout le monde était mort et qu’il n’y avait plus rien autour de moi…

-Comment ça rien ? Mais où êtes-vous

-Bin je suis sur l’altiplano

-L’altiplano

-Bin oui ça fait des jours et des jours que je suis tout là-haut et sur l’altiplano entre 4500 et 4800 il y a rien…

-Rien ?

-0ué, aujourd’hui pendant 50km, rien, ah si j’ai du éviter mille dangers…

La voie ferrée

Les vaches, mais y avait pas de vaches

Les lamas

Et il y avait des lamas

-Et au fait la catastrophe, et bin il y en a vraiment eu une, un énorme éboulement entre où je suis et Lima, route coupée, la route pour moi… Comme d’hab…

-Comme d’hab quoi ?

-Oui, comme d’habitude je me commande quelques petits éboulements pour avoir la route que pour moi…

-Alors comme ça sur l’altiplano il n’y a rien

-Rien de rien, que de l’herbe rase et des fois de l’herbe très drue qui pousse qu’au-dessus de 4000 et quand on veut mettre la tente dessus ça fait des creux et des bosses…

-Et là votre tente elle est où ?

-C’est compliqué, d’abord je pensais pas que y avait rien de rien sur l’altiplano, ni village, ni maison, je me disais que le moment venu je trouverai facilement… A un moment j’ai trouvé, oh oui j’aurai aimé bivouaquer là dans ce paysage de collines (enfin à plus de 5000 mètres les collines quand même)

Donc dans ce paysage de collines dénudées sans arbre sans rien, j’aurais aimé bivouaquer

Et puis je me suis rappelée les nuits debout dehors une pierre à la main, le bivouac détruit au bord de la Panam, alors j’ai continué…

Et puis ça s’est mis à descendre, et puis j’ai appuyé fort sur les pédales et puis j’ai calculé, La Oroya, 25km, me reste une heure de jour, je fais plus de 25km/h, c’est jouable… Et puis j’ai pensé, encore chercher un hôtel, et il sera minable, chambre glaciale sans fenêtre, eau coupée, électricité aléatoire, alors je me suis dit première maison je m’arrête… Et je suis rentrée dans les gorges et le soleil s’est couché, et je me suis dit tu es encore partie pour une galère…

-Si c’est là « kondorin »? Je pouvais pas la louper celle-là, non c’est pas là qu’on dort vu que c’est encore un village sans maison, je vous l’ai dit sur l’altiplano il n’y a rien, rien qu’une fêlée qui passe…

Et j’ai vu trois replats avec restau, trop, trop sinistres, après la beauté que j’ai traversée, je ne peux pas, alors j’ai continué et puis j’ai vu un replat, le péage, la police. J’ai été les voir, ils ne sont là que jusque 22 heures, ils me conseillent de m’adresser aux gens du péage, lesquels me disent de me mettre derrière, moi j’avais repéré un endroit plus loin de l’autre coté de la route. Bon on me dit de me mettre derrière je m’y mets. Comme d’hab je galère pour enfoncer l’arceau longitudinal, j’y arrive. Arrive alors un mec du péage, non je ne peux pas me mettre là, plus loin. De plus loin en plus loin je finis par arriver à l’endroit que j’avais repéré, en plus il est en contrebas de la route, donc protégé du vent. Comme je ne voulais pas démonter l’arceau le mec il m’a portée la tente à moitié montée, moi j’ai poussé mon vélo, et après tout le temps de mon installation il est resté là et moi comme d’hab je réponds à toutes ses questions. Le MandolPierre il a raison, on devrait être payé pour ce qu’on fait, car nous donnons du rêve, et en fait tout ce que nous achetons, consommons, qu’est-ce si ce n’est du rêve ? Bref je suis pas loin du péage, suffisamment loin pour ne pas avoir le bruit, mais la circulation est rare, suffisamment près pour avoir de la sécurité.

-Ah oui, vous voulez savoir latitude, etc, etc… et bin latitude 12° et demi, longitude : 76°, altitude vers 4400 mètres, peut-être un peu moins.

-Vous voulez savoir quoi d’autre ?

-Ce que j’ai vu ? Mais rien, il n’y a rien sur l’altiplano…

-Ah si j’ai vu le lac le plus haut du monde, oui, plus haut que le lac Titicaca… C’est le Lac de Junin.

-Et ici il se passe des choses étranges, le lac fait des méandres…

-Et comme dans toutes les campagnes du monde (enfin du monde d’avant pour certaines campagnes), les bouses sèchent au soleil…

-Des fois aussi l’altiplano ouvre  une fenêtre sur les montagnes alentour…

-Et aussi une  ville triste à mourir, comme si tout dedans était mort…

-Et aussi le train le plus haut du monde, sauf que la locomotive elle avait pas de wagon…

-Et les wagons y zavaient pas de locomotive

-Et aussi des lignes droites à mourir…

-Et tout et rien quoi… Et très loin des montagnes enneigées…

-J’oubliais le plus important, j’ai bu le jus de Maca…

-Alors ?

-Pour être reconstituant, c’est reconstituant, recette pour deux personnes : un œuf, une grande dose de lait concentré sucré, de la papaye, du sucre de canne non raffiné, une poignée de maca cuite auparavant deux heures dans de l’eau, vous mixez le tout et l’accompagnez de genre de pop corn sucré, sauf que c’est un maïs différent, le maïs c’est comme les pommes de terre, il y a mille variétés. Et… C’est bon…

-C’est quoi la Maca ?

-Bin c’est ça

-Non, pas ça, juste en face, ça…

-Un bulbe, de la taille d’une demi-noix, de couleur marron crue, cuite un peu violette, je l’ai goûté sans rien, un peu le goût de châtaigne, un peu amer, mais juste un peu, ici c’est la spécialité, je ne sais où elle pousse, peut-être dans un des carrés magiques qui ornent la montagne.

Allez j’aurais du en boire deux verres, je suis nase, il faut dire que je me suis fait une grosse journée de vélo, plus l’altitude, bisous tout le monde.

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J208 : les extraterrestres ont débarqué sur l’altiplano…

Mardi 16 août 2011

Bivouac hameau de 4 maisons (Harapampa) à 4380 mètres – Carahuamayo

Distance parcourue : 49,88 km
Vmoy : 11,2 km/h Vmax : 51 km/h
Température : minima : 7°, maxima : 24°
Dénivelée positif : 325 m
Dénivelée négatif : 363 m
Heures sur le vélo : 4H25’19 »
Départ : vers 10 heures
Arrivée : vers 16 ou 17 heures

Résumé de la journée

  • Conditions météorologiques : couvert en début de matinée, puis soleil, vent, froid
  • Objectif : avancer, trouver un endroit où dormir
  • Etat de santé : meilleur
  • Particularités de la journée : passage d’un col à 4900 mètres, atteinte d’un haut altiplano et ce n’est pas un pléonasme car il est vraiment très haut

Bonjour, je me présente, je m’appelle François de la Béoux, je suis journaliste indépendant, j’ai appris de source sûre que les extraterrestres avaient envahis un altiplano au Pérou. J’ai sauté dans le premier avion et voilà ce que j’ai vu :

Une créature revêtue d’une combinaison verte, le visage entièrement masqué (peut-être voulait-elle se fondre dans la population péruanienne de l’altiplano qui dés 16 heures se cache le bas du visage…)

La créature parle au vigognes qui viennent la réveiller au lever du jour.

La créature n’aime pas les nuages ni le brouillard car voyant que ceux-ci ont envahis la route où le soir tout là-haut, là-haut dans la montagne elle a vu scintiller quelques phares, la créature est restée bien au chaud dans une espèce de couverture verte cousue de tous cotés et dans une espèce de maison elle-aussi verte.

La créature transporte sur un drôle d’engin un immense matériel et prend la route chaque jour.

L’engin semble propulsé à l’énergie solaire.

La créature parle quetchua.

La créature semble trouver irréel un rond-point à 4900 mètres d’altitude.

La créature ne comprend pas bien les signes qui nous caractérisent.

La créature se pâme devant de banales lagunas.

La créature trouve très bizarre que les terriens aillent s’installer dans un endroit si haut, si froid, si venté, ou chaque geste est difficile pour y chercher un métal jaune qu’ils appellent or et qu’ils vont ensuite enfermer dans des espèces de bâtiments bien gardés et dont il ne sortira jamais.

La créature se demande bien à quoi ça sert ces trucs-là.

La créature préferre le coté face des villages au coté pile, à cause de ce coté pile la créature est souvent malade.

La créature va longtemps se poser la question de la relation entre la brouette et le linge.

La créature va se demander pourquoi certaines villes sont si animées et d’autres si mortes.

La créature aime à la folie cet altiplano.

La créature hier morte aujourd’hui est revivante, elle a prononcé quelques mots, j’ai cru comprendre « bisous tout le monde »

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