J420 : Bienvenidos en Argentina, je suis en Patagonie…

Jeudi 15 mars 2012

Bivouac devant le volcan Lanin- Bivouac au milieu des vaches

Kilométrage : 51,10 km dont 27 de piste
Vmoy : 9,2 km/h, Vmax : 49,3 km/h
Heures sur le vélo : 5h25’58 »
Température 10° à 41°, grand beau temps chaud, pas de vent
Dénivelée : positif : 192m, négatif : 67m, enfin je gagne de l’altitude

Le jour se lève à 7h45, le soleil plus tard à 9h15, et moi je pars encore un peu plus tard…

Hier soir le vent s’est levé, il a soufflé toute la nuit, pas fort, juste pour empêcher l’humidité de se déposer sur la tente… Évidemment j’ai dormi en pointillé, réveillée par les douleurs osseuses… Tandis que j’écris je teste une mousse au chocolat nappée de « dulce de leche », pas mal, pas mal, au fait j’ai repris un poids normal pour moi…

Me voilà partie, la piste est piste, entendez, nécessité de choisir entre la tole ondulée qui vous secoue à mort, les tas de sable-gravier qui vous tuent ou les nids de poule qui tentent désespéremment de vous propulser vers la mort, bref c’est tuant…

Mais, mais tout est prétexte à s’arrêter pour prendre une photo…

Un arbre

Une lagune

Un lac

Le tout dans un air cristallin et un ciel que plus bleu tu meurs…

Et voilà que devant moi surgit le plus beau, le plus chouette des cyclotouristes…

Il s’appelle Mario, il a 51 ans, ni tout à fait argentin, ni tout à fait chilien, il est MAPUCHE et je vais recevoir une très grande leçon de vie… Il a laissé femmes
et enfants, je dis bien laissé et non abandonné, il retourne les voir régulièrement, mais sa vie est ailleurs et différente… Les vacances, il ne sait pas ce que c’est car il aime son travail, il est artisan et travaille le bois, il a déjà vu Cusco, le Machupichu…

Les problèmes de changement de vitesse ? Il ne connait pas vu qu’il n’en a pas… La chaine qui ne veut pas passer sur le grand pignon ? Pas de grand pignon non plus… Les freins qui se coincent ? Il vient de faire plus de 400 km sans frein… Il me demande de regarder si je peux faire quelque chose, je suis prête à lui donner un câble voire mon dernier jeu de patins colombiens, mais vraiment là c’est au-dessus de toute ressource thérapeutique, alors je vais lui donner de l’argent pour qu’il
s’achète un frein, en échange il me donnera une très vieille bague avec une émeraude, peu importe qu’il utilise l’argent à autre chose que l’achat d’un frein, peu importe que la bague soit du toc, l’important est tellement ailleurs…

Le poids de son vélo n’est pas pour lui un handicap… Son duvet ne risque pas de perdre ses plumes, il n’a qu’une couverture, son matelas ne risque pas de crever vu que c’est de la récupération de matériel isolant pour maison, pas de problème non plus avec la fermeture éclair de sa tente vu qu’il n’en a pas… Sa casserole : une boite de conserve… Il a quand même un drôle de réchaud à gaz… Cette nuit il a dormi au bord du lac dans une maison abandonnée par la police…

Comme les quetchuas, les deux choses les plus importantes dans la vie sont l’éducation et la nourriture… L’esprit et le corps… Il ira me cueillir deux fraises
des bois, moi qui me retiens depuis des mois à cause des parasites… Je ne sais combien de temps nous allons passer ensemble, une ou deux heures, à ce rythme-là Enzo va encore me dire que je fais du sur place, oui mais quel surplace…

Passe une voiture (c’est rare), un couple d’argentins qui habite à 400 km de là et qu’il connait, ils lui donnent galettes et 3 litres de soda, Mario partage, d’abord il ne
va pas se charger de 3 litres de soda et moi qui ai décidé d’arrêter de prendre 10 litres d’eau et des tonnes de nourriture, je suis un peu juste… Pour l’eau j’ai décidé de boire celle des petits rios ( pas toujours accessibles) et la nourriture je suis très
juste…

Et voilà, à regrets nous nous quittons, le volcan lui est toujours là

Les arbres restent majestueux

Et respectés…

Enfin arrive la frontière, au revoir Chili

Rebonjour l’Argentine…

Et une fois le col passé, tout change, mais vraiment ça change, c’est incroyable, pendant deux kilomètres la piste est de cendres volcaniques, toute douce, à part un petit dérapage dans un virage…

La coulée de lave est impressionnante

Un hameau de quatre maisons me fait espérer une petite restauration mais tout est fermé, ouf j’ai fait le plein d’eau à la frontière, je pense qu’en insistant un peu ils
m’auraient donné à manger, premier village à plus de 60km…

Je traverse une grande pampa, les arbres ont tous brulés lors de la dernière éruption volcanique…

Le volcan continue de s’imposer…

Quand à la piste je peste contre mes pneus, je ne cesse de déraper, jusqu’à ce qu’un dérapage un peu plus fort me fasse mettre pied à terre et là je me rends compte que je suis dans plus de 20cm de gravier-sable, comme un petit air du Sud Lipez…

L’endroit est indescriptible, quelques arbres ont échappé au massacre…

Le volcan s’éloigne, la piste est déserte

La végétation reprend ses droits

Et continue, continue la piste

Puis s’arrête, le bonheur, je m’accorde quelques galettes en forme d’allumettes, ça change…

Les derniers arbres vont disparaître

Pour laisser place à d’étranges animaux…

Franchement c’est magnifique

Les bombes volcaniques ont atterri un peu partout…

L’hiver le paso est déneigé

Et je ne sais si le rio gèle…

C’est alors que je vais savourer pendant quelques heures quelque chose de très rare : le silence absolu, ni voiture, ni activité humaine, pas un oiseau, rien, même pas le bruissement du vent dans les arbres, le silence absolu…

Là c’est un gros caillou que j’ai semé pour Jean-Luc…

Un abri bus argentin…

Je me suis fixée un objectif de 50km pour essayer d’atteindre St Martin de los Andes demain, je le tiens et pose ma tente près des vaches qui vont faire « meu » toute la nuit…

Voilà c’est ma deuxième entrée en Argentine, mon troisième paso, trop chouette…

Bisous tout le monde

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J419 : ça tourne au sublime…

 

Mercredi 14 mars 2012

Currarehue-Bivouac devant le volcan Lanin

Kilométrage : 24,59 km, oui, pas beaucoup mais 1 ça montait, 2 il y a de la piste, 3 une aire de bivouac comme ça, c’est une fois dans ta vie…
Vmoy : 6,6 km/h, Vmax : 44,4 km/h
Heures sur le vélo : 3h41’44 »
Température 22° à 41°, grand beau temps chaud, pas de vent
Dénivelée : positif : 566m, négatif : 67m, enfin je gagne de l’altitude

Je pars TARD, oui car après le lever habituel je me mets en quête de trouver une chambre à air car l’autre zouave a séquestré la mienne, et la nouvelle avec l’espèce
de liquide vert dedans, juste c’est de la M…., je ne peux plus la gonfler… Dans le village il y a un petit magasin qui vend des pièces de vélo, la valve est plus grosse que celles que j’ai, je cherche ailleurs, puis je vais chercher ma pompe, et surprise, un
espèce de tuyau que j’ai failli jeter est un adaptateur, j’achète 3 chambres à air, je suis du genre inquiète… Sauf que en cours de route, je réfléchis et me dis que la valve ne va pas rentrer dans le trou… Je redouble d’attention pour ne rouler si une épine ni sur un morceau de verre… J’ai quand même une autre chambre à air
de rechange, mais vu que j’ai perdu mon « buen suerte de pichon », je me méfie…

Mon départ tard (11h30) me permet de partir les petites gambettes à l’air, chaque jour je crois que c’est la dernière fois et chaque jour c’est la bonne surprise… Dans la
journée les températures sont super agréables, les soirées et matinées sont fraîches, les nuits froides, la matin une intense humidité règne, ce qui explique probablement cette végétation fabuleuse…

Ti vélo voudrait bien partir à vide, non, non, non… Quand je pédale à vide je vous dis pas cette pêche que j’ai…

Un au revoir à mon « hospedaje » super, pas cher, draps doux et douche chaude (pas de net mais on ne peut tout avoir), et pain du petit déjeuner un régal…

La route est magnifique et déserte

Je navigue dans le beau, les maisons chiliennes continuent de ma fasciner…

Au détour d’un virage : le volcan Lanin… Superbe, aucun défaut, le cône parfait…

La route monte, offrant parfois quelques surprises…

L’air est plus que cristallin et le ciel plus bleu que bleu…

Un petit éboulement permet de faire quelques études géologiques…

Moi je pédale bien, montées douces et raides alternent…

Parfois les maisons ont su garder leur caractère ancien

Le paysage est grandiose

Parfois même impressionnant…

Allez, une petite maison jaune pour la route…

Qui hélas, au km 11 de mon départ se transforme en piste, nous sommes quand même sur une route internationale… Je me demande pourquoi les pasos sont-ils toukours en piste (à part celui de Chisto Redentor où s’effectue le trafic international des gros semi-remorques), est-ce pour garder au site leur caractère naturel ? Nous sommes en général dans des parcs nationaux, je ne sais, mais moi je préfère le goudron…

Au début je roule, puis ça va monter dur, je pousse, ce n’est pas du poussage torture mais du poussage quand même, mon bras me fait souffrir… Ce qui ne perturbe en rien le bleu du ciel

Là, je hais, déjà sur la route je n’aime pas, alors sur piste je hais…

L’arbre lui rougit de plaisir à me voir pousser comme un âne…

Je vais faire une jolie rencontre, ils sont allemands, ont louvoyé depuis 2 mois en Patagonie, les blocages de route dues aux manifestations des marchands d’essence leur ont permis d’avoir la carretera austral pour eux tout seuls, oui, ici comme dans les autres pays traversés, c’est l’usage de bloquer les routes mais les cyclos passent…

Chacun repart vers son destin…

Le mien étant de planter ma tente (oui pour une fois je plante…) dans un décor magique…

Devant moi le volcan, à gauche la cascade…

Et où que se porte le regard du très très beau…

Après un au revoir bleuté aux arbres

Un bonsoir rougeoyant au volcan

Je me niche dans ma petite tente à la fermeture certes non éclair mais si colorée…

Bisous tout le monde

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J418 : ça y est, je repasse dans le très beau et une nouvelle crevaison…

Mardi 13 mars 2012
Villarica-Currarehue

Kilométrage :  63,60km

Vmoy : 11,5 km/h, Vmax : 39,9 km/h
Heures sur le vélo : 5h31’29 »
Température 13° à 32°,brumes et brouillards matinaux vont rapidement laisser place à un grand beau temps, pas de vent
Dénivelée : positif : 296m, négatif : 269m, enfin je gagne de l’altitude, pas beaucoup, mais quand même…

Hier soir la tenancière de la pension et moi avons sympathisé, deux chambres de la maison accueillent les pensionnaires, on utilise la salle de bain familiale, seul le petit
déjeuner est servi, mais on peut utiliser la cuisine, il y a la wifi et en plus ce n’est pas cher. Mon hôtesse est atteinte d’une maladie neurologique bien plus grave que la mienne car évolutive, ses muscles s’atrophient et se paralysent progressivement, alors nous allons beaucoup parlé… Ce matin elle était toute pimpante pour se
rendre à l’hôpital par ses propres moyens, elle est tout à fait au courant de l’évolution de sa maladie, fait preuve d’un courage incroyable, milite dans les associations d’handicapés et garde le sourire…

Ce matin comme prévu par la météo les nuages se dissipent et laissent entrevoir le volcan Villarica qui fume…

Le propriétaire des lieux m’a indiqué le chemin pour me rendre à Pucon. Me voici au bord du lac, le volcan trône…

Une superbe piste cyclable m’accueille, balayée la piste cyclable, balayée avec des balais, pas balayée par un tsunami…

Pucon est aussi au bord du lac, dans ma grande naïveté je me vois faire le tour du lac sur la piste cyclable, laquelle s’arrêtera d’un coup, je remonte donc la route à contre-sens sur la brema, ce qui ma fois n’est pas désagréable, je vois le danger arriver en face, quand la brema disparaît je passe quand même de l’autre coté. La circulation n’est pas intense, je pense qu’en période de vacances (janvier, février), cela doit être
infernal, ici se trouve une des zones les plus touristiques du pays.

Le volcan continue de trôner, voire photo en début de page..
Et de fumer…

L’endroit est très « alpin »

La richesse s’étale, campings de luxe, cabanas fleurissent, parfois une maison se cache…

Quelques trouées dans le grands arbres permettent d’admirer le lac

Sous la terrasse d’un camping l’envers du décor…

En clair nous sommes au bord du lac d’Annecy ou du lac Leman, le volcan en prime…

Un peu d’humour chilien…

La route monte et descend, je reste très prudente…

L’argentine approche…

Les abris bus se sont teintés des cendres du volcan

Certaines maisons aussi

Voire certaines églises

Et moi je pédale, monte descend dans un air que plus cristallin tu meurs… A Pucon je m’offre un hamburger saucisse avocat et des frites, le réparateur de vélo étant fermé je zappe et continue mon chemin espérant atteindre Currarehue, le paysage garde son caractère alpin

A un détail près…

Les maisons rivalisent de splendeur…

Là, c’est pour montrer à Enzo qu’il existe des ponts civilisés… Enfin au Chili, car là je suis repassé en Argentine et leurs ponts n’ont rien à envier à ceux du Pérou…

Des fois les abris bus sont rigolos…

Et moi je crève, c’est pas rigolo, deux fois en trois jours…

Et au milieu de ce dédale de splendeur une petite chapelle, toute simple…

Ou une église plus imposante…

Derrière moi le volcan Villarica…

Devant moi le volcan je suppose que c’est le Petrucillan, je ne suis pas sûre, peut-être le Llican…

Je force, je force pour atteindre mon objectif… Je suis un rio, Monica ?

J’atteins mon objectif, il est 19 heures passées, je suis morte…

Le petit chien n’en a que faire…

Le soir ce sera douche, resto : des gnochis, je fais mélanger deux sauces : tomate, ail, crème et amandes, délicieux, je paie les deux sauces, oui, ici on paie par petits morceaux, viande, accompagnements, sauce… Un petit verre de vin m’emmènera dans un doux sommeil et je zappe ma page d’écriture, que je vous livre ce jour…

Bisous tout le monde

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De nouveaux besos argentinos…

Vendredi 16 mars 2012

Bonjour à tous

Je suis à St Martin de los Andes (Argentine), tout va bien, le vélo fait toujours des siennes, j’accumule les crevaisons, je navigue dans le sublime et ai fait une rencontre époustouflante… Suspens… Suspens…

Demain je reste à St Martin pour essayer de remplacer mon matériel défectueux…

Enzo, bouge-toi un peu les fesses, tu as dit que tu reprenais le pilotage automatique à distance à partir de St Martin… Je te rapelle que je veux voir les lacs de Bariloche, pas tellement pour les voir car ici le les lacs sont légion mais parce qu’on peut les traverser en Ferry et vu que je pense y être avant le 1er avril je devrais avoir encore des ferry…

Bisous à tous et encore merci de me soutenir

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J417 : inondations au Chili, du Nord au Sud…

Lundi 12 mars 2012

Freire-Villarica

Kilométrage :  28,81km (ma stratégie d’étape a réussi…)
Vmoy :  13,7km/h, Vmax :  38,9km/h
Heures sur le vélo : 2h06’01″
Température 14° à 22°, pluie
Dénivelée : positif : 43m, négatif : 80m

Oui, Punta Arenas est inondé, le rio est sorti de son lit, c’est une véritable catastrophe, mais aussi Arica, la ville au nord du Chili, une des villes les plus arides du monde, là où commence le désert d’Atacama, Arica est sous les eaux… Moi je subis la pluie mais ça va…

Hier soir j’ai eu droit à la soirée « onces », le quatre heure de chez nous qui se prend plutôt à 21 heures et qui remplace le repas du soir…

La famille est sympa mais fatiguante, quand il en sort un, il en rentre deux, ce n’est pas moi qui le dis mais eux… Discussion sur l’histoire du Chili, la politique, le président ? Il n’y en a plus, le tremblement de terre l’a avalé… Le tremblement de terre est encore très présent, partout, et aussi les « mapuche », l’équivalent des quetchuas dans les autres pays, une espèce de haine-amour envers eux, ils les détestent et pourtant en sont issus, dans cette famille ils sont très « typés »….

Evidemment au moment de partir la carapace tombe, pour cela il a suffi que je photographie une fleur…

Alors j’ai droit à une visite guidée du jardin, là ce sont des arbres originaires d’ici, là, là, et encore là, évidemment je ne retiens rien mais ce n’est pas grave, je déguste une espèce de noisette, là les hortensias…

J’admire leur petit rio personnel…

Là c’est où j’ai dormi, bien mais draps sales et moustiques et mouches et taons…

Normal, on est à la campagne, derrière les vaches la ruta 5 qui a encore tué l’autre jour… Les murs anti-bruit ? Que pour les mapuche…

En fait dans la propriété huit maisons, plus une en construction

Je suis toujours accompagnée lors de mes déplacements car un des chiens a déjà mordu quelqu’un…

C’est tard (10h30) et sous un ciel bas et gris que je pars, un arrêt pour faire provision d’eau et de coca, j’ai deux sandwichs délicieux ( steak haché avocat) préparés par la maîtresse de maison.

Et voilà j’y suis sur la route internationale, direction un autre paso, l’Argentine…

Je ne vous parle jamais des oiseaux car je ne sais les photographier, et pourtant ils sont très présents, leurs chants me sont inconnus… Là je ne sais ce que c’est…

Le rio prend ses aises…

Parfois de riches propriétés font concurrence aux jolies maisons…

Certains s’amusent à tondre joliment autour de l’arbre…

Ici encore des champs de blé, mais surtout des pâturages où les vaches nous jouent une symphonie colorée…

Dans la matinée deux timides rayons de soleil vont me permettre d’enlever une polaire l’espace de dix minutes… Mais, voilà mes premières neiges…

La route est excellente, la brema étroite mais excellente aussi, je roule bien, les montées et descentes ne sont pas fortes, tout va bien, comme les autres jours je décide pique-niquer à 20 km de l’arrivée, c’est alors qu’il se met à repleuvoir, le premier abri-bus est au bas d’une montée, le suivant à son sommet, et là il se met à pleuvoir très fort, ça se calmera quand je repartirai, puis ça reprendra et se calmera de nouveau…

Là Monica, ne cherche pas le nom du rio, c’est un champ inondé…

La région est très touristique, les vacances sont finies, la circulation est acceptable malgré un bus et deux camions qui vont essayer de me tuer…

Les cabanas ne manquent pas de charme..

Je suis à 3 km de Villarica, j’ai bien pédalé, sans traîner ni trop forcer pour me ménager, j’ai résisté à mes chauds et froids, le paso se rapproche… Coupage de net par la maîtresse de maison, je reperds tout… J’apprends la patience…

Je suis contente, la route est un peu cabossée, plac, plac, plac, plac, nonnnnnnnnn, siiiiiiiiiii, crevaison à l’arrière… Une entrée de terrain de cabanas pas loin, je m’installe, admirez l’ordre….

J’arrive à Villarica, son lac…

Sans même prendre le temps de me doucher je file chercher un réparateur de vélos, devant son ait dubitatif sur mon problème de vitesse qui saute, laisse tomber, ça vaut mieux…
Même air dubitatif devant mon câble de frein arrière effiloché, laisse tomber…

Et pour la chambre à air je préfère vérifier que ma pompe est adaptée, quand je reviendrai il a fermé boutique… Je fais le sitting de chez lui, au moins pour récupérer MA chambre à air, il m’envoie un enfant puis un autre, puis sa femme, mais monsieur prend son onces, je n’ai qu’à repasser demain pour récupérer ma chambre à air, des envies de meurtre…

Bisous tout le monde

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J416 : premières pluies pré-Patagoniennes…

Dimanche 11 mars 2012

Temuco-Freire

Kilométrage :  28,81km (peu, mais c’est une stratégie d’étape et cela me permet de récuperer de la veille…)
Vmoy :  13,7km/h, Vmax :  38,9km/h
Heures sur le vélo : 2h06’01″, ouf, je ne suis pas morte…
Température 14° à 17°, pluie, pluie, pluie
Dénivelée : positif : 43m, négatif : 90m, solde toujours négatif…

Lever comme d’habitude, il pleut, je suis indécise sur la suite, je pars, je reste… Je commence par renouveler mes provisions d’eau et de coca, ce qui est toujours très difficile un dimanche matin au Chili, je me perds…

Je pars, je ne pars pas ? Allez je pars, en plus ça se calme. La sortie de la ville ne pose pas de problème dans cette cité aux grandes avenues, puis c’est la ruta 5 et la pluie… Je vois que la porte de la Patagonie (Puerto Montt) n’est plus qu’à 330km, 4 jours par l’autoroute… Evidemment ce ne sera pas mon chemin, que faire sur la ruta 5 un jour de pluie ? Rouler, alors je roule… Et je bats mon propre record, oui, une seule photo dans la journée…

Et Jean-Luc si tu as le temps de me lire, et bien tu n’étais pas obligé de tout partager, ta pluie, tu pouvais te la garder… Je me teste avec une polaire Odlo en plus, j’ai plus chaud dans les montées mais nettement moins froid dans les descentes, adopté. J’arrive comme prévu à Freire, je croyais trouver une petite ville, c’est un village. Je demande à un marchand de fruits si il n’y pas de pension dans le village, il téléphone à sa mère, j’y vais, c’est un peu excentré, une maison blanche et l’ancienne voie ferrée comme repères, je trouve au deuxième coup. Une jeune fille m’attend, je suis reçue comme une princesse, bien sûr je paie comme une reine… Là aussi c’est la foule, cinq ou six maisons, peut-être plus, huit enfants, les petits-enfants, tout cela va et vient, la douche pas dans la maison qui sert de pension mais dans la salle de bains familiale, avant ils font le ménage, je vais manger de la truite saumonnée pêchée par les fils de la maison dans le rio. L’après-midi sera passée à parler, moi de mon voyage, de leur pays, eux de leur vie, beaucoup de la culture mapuche, qu’à la fois ils respectent mais qu’ils détestent, il n’y en a que pour eux disent-ils…

Cet après-midi m’a épuisée, mais le voyage ce n’est pas que traverser des paysages… La pluie s’était calmée cet après-midi et là ça repart sec… Une averse courte mais intense…

Demain direction Villarica (j’ai le feu vert d’Enzo, il ne reprend la main qu’à San Martin des los Andes) que j’espère atteindre, son lac, son volcan… A l’idée de repasser un col, une piste, une frontière je suis à nouveau toute excitée…Ah oui j’ai oublié de dire, hier quand je suis arrivée à Temuco une étrange fumée noire planait au-dessus de la ville, c’est le volcan Osorno qui est en activité

Bisous tout le monde

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J415 : erreur d’itinéraire…

Dimanche 10 mars 2012

Galvarino-Temuco

Kilométrage : 81,77 km (oui, j’ai dépassé mes limites, je le paie, douleurs à l’insertion des tendons deux genoux et hanches…)
Vmoy : 12 km/h, Vmax : 42,4 km/h
Heures sur le vélo : 6h45’41″, à ce petit jeu là ça y est je suis morte…
Température 15° à 36°, grande caillante le matin, beau temps chaud l’après-midi, vent glacial en début de soirée
Dénivelée : positif : 274m, négatif : 391m, ça y est j’ai dépassé le centre de la terre…

Le réveil aux aurores me fait découvrir un ciel très bas, je ne me dépêche pas, entends les jeunes travailleurs se préparer, je les salue à leur départ.

Partir sous un ciel poisseux et gris n’est pas gai, je ne refuse pas la petite aguita de hierbas et la tartine de confiture. Après achat de ma ration quotidienne de coca je suis à nouveau sur les routes, celle-ci commence par monter très fort et longtemps, ce qui fait que je me mets en climat tropical chaud et humide et dés la descente en climat sibérien froid et humide qui ne me quittera pas de la matinée, ce qui est très désagréable.

Mon instruction sur le bois continue, là un stockage et le détaillage

Là ce ne sont pas encore les couleurs de l’automne mais leurs techniques de brulage…

Après de timides éclaircies le soleil va finir par s’imposer l’après-midi, j’en profite un maximum, remets mes petites gambettes à l’air pensant que c’est la dernière fois…

La route du matin est comme ces derniers jours, une grande montée dans la forêt puis montée et descente sur espèce de crêtes ou plateaux où ici domine plutôt l’élevage.

A midi et demi je suis à Cholchol, 28 km me séparent de Temuco, je pense que ce sont des kilomètres faciles alors je m’accorde une pause- restaurant.

Une famille est en train de déjeuner, je pense que c’est le repas dominical. Je me redis une dernière fois qu’il est inutile de me presser pour trouver un réparateur de vélo (encore…) à Temuco vu que c’est dimanche… Au passage je note que j’ai une fâcheuse tendance à aller dans les villes le dimanche où tout est fermé… N’ayant pas l’intention de passer par Puerto Montt, je pense que Temuco est ma dernière grande ville avant Ushuaïa, ça me laisse toute chose… Pourquoi chercher un réparateur de vélos ? Parce que les vitesses continuent de sauter, parce que j’ai vu que le cable de mon frein arrière commençait à s’effilocher.

Donc après ma pause déjeuner à l’entrée de Cholchol qui est un village un peu bizarre : maisons éparpillées autour d’une grande avenue à terre plein central dont les deux cotés sont à double sens (j’explique tout cela car cela explique peut-être mon erreur, 10 secondes d’inattention, 30 km en plus, une arrivée en début de soirée au lieu de milieu d’après-midi, des douleurs partout, oui dix secondes peuvent changer si ce n’est une vie du moins une journée…), j’ai d’abord pris la voie de droite, puis me suis rabattue sur celle de gauche (pas de problème il n’y a personne) pour aller à mon resto, puis repris celle de droite pour suivre mon chemin.

Comme il n’y a personne je peux m’arrêter sur le pont, ce qui a le double avantage de trouver un endroit plat et de pouvoir faire mes photos, j’en profite pour terminer mon déshabillage. J’essaie de me remémorer comment je faisais dans la Cordillère quand il faisait froid, je me changeais à midi, ce que j’ai fait ici, mais là-bas c’était de franches et longues montées tandis qu’ici c’est montées et descentes sans arrêt.. Hier j’ai souffert du froid toute la journée, aujourd’hui que ce matin. je suis un peu inquiète sur la suite des évènements et je réfléchis à comment je vais faire… Au ski je me couvre à mort, ce qui me permet même trempée de sueurs de ne pas avoir froid à l’arrêt, il va falloir que j’adopte cette technique et que je trouve un anorak, décidemment tout est toujours compliqué…

Je suis donc sur le pont toute revigorée par le soleil et le bon repas, je monte et descend allègrement.

Les cochons fouinent…

La route est déserte, mais déserte de chez déserte, personne, personne… Cela m’enchante, puis m’intrigue, puis m’inquiète… Peut-être est-ce parce que l’on est dimanche (plus tard j’apprendrai que nous sommes samedi), peut-être y-a-t-il eu une nouvelle catastrophe, style tremblement de terre, peut-être que la moitié de la population est morte et l’autre moitié scotchée devant son téléviseur à compter les morts…

Puis un panneau de signalisation : Imperiale, oh la la, pour moi ce n’est pas impérial, ce n’est pas la route que je voulais prendre et cela me rajoute 30km… Deux hommes rescapés de l’hypothétique catastrophe attendent un hypothétique bus… Je les interroge… Non, je suis sur la bonne route, c’est l’unique route… Bizarre, je sais bien qu’ici le paysage peut changer du tout au tout et les infrastructures aussi en 2 ans, mais quand même… Un des deux hommes me demandera une « chicita », un peu d’argent pour boire un coup, à mon avis il a déjà assez bu. Compte-tenu du fait que j’ai déjà fait plus de 10km, que peut-être c’est vrai que l’autre route n’existe pas je ne fais pas demi-tour, continue et profite de cette superbe route déserte… L’homme-chicita m’a prévenue que j’allais avoir besoin de mon grand plateau (là il se trompe, c’est l’inverse), vu que ça montait dur… Bon ça ne monte pas plus dur que d’habitude… J’arrive à Nueva Imperial qui est une grosse bourgade, je dois plusieurs fois demander mon chemin, enfin je suis sur la route qui amène à Temuco, là il y a de la circulation, la route est roulante, je roule…

Les alignements de cité sont un coup dans un sens, un coup dans l’autre, puis en oblique, rouge, jeune, vert, bleu et on recommence…

Rouge

Orangé, jaune

Vert

Bleu

Indigo, violet, et le violet où est-il passé , seule Monica sait car ELLE a écouté la chanson…

Dévoré ?

Arrivée vers 18 heures à Temuco, premier hôtel trop cher, il baisse son prix presque de moitié, encore trop cher, deuxième hôtel, il baisse aussi, ça me va…

Du coup, moi qui croyais arriver de bonne heure je n’ai que le temps de me dépêcher, douche, net, manger, dure, dure la vie de cyclo…

Sans compter que l’itinéraire que j’ai choisi, après recherche dans mes messages c’est là où Enzo a failli mourir tous les 100m…

Bisous tout le monde

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J414 : sitting de l’abuelacyclo pu fluo à Galvarino…

Vendredi 9 mars 2012

Los Sauces-Galvarino

Kilométrage : 65,09 km
Vmoy : 9,7 km/h, Vmax : 46,2 km/h, ça va, je me suis clamée…
Heures sur le vélo : 6h30’03 », à ce petit jeu là je ne vais pas tenir longtemps…
Température 19° à 46°, grand beau temps chaud, vent faible
Dénivelée : positif : 432m, négatif : 756m, ce n’est pas au centre de la terre que je vais me retrouver, mais de l’autre coté,question, c’est où de l’autre coté ? On va voir ceux qui suivent et ceux qui font semblant…

C’est l’histoire d’une abuela cyclo qui n’est plus vraiment fluo à part les lacets de ses chaussures, qui en a marre de dormir sur un matelas percé et d’être réveillée toutes les heures par de cruelles douleurs osseuses…

Donc ce jour-là… Il était une fois… Once upon a time (ça c’est pour montrer que j’ai des lettres…)

Après avoit dit au revoir à son auberge de charme

Après s’être dit que ce continent était vraiment dingue, un jour 46°, le lendemain, paf tu perds 30° d’un coup, d’un seul, et 16° et pour moi c’est l’horreur car je dois me couvrir et je transpire et comme ici ça monte et descend sans arrêt donc un coup j’ai chaud un coup j’ai froid… Et voilà que j’ai des hallucinations : L’ARBRE, seul, perdu…

Donc, après avoir gravi ses innombrables cotes…

Après avoir admiré le savant mélande de pâtures, cultures et fôret l’ACPF(AbuelaCycloPuFluo)

Après s’être gelée à mort toute la journée, après avoir regretté de ne pas avoir savouré plus ses 49° en plein soleil

Après avoir admiré quelques oeuvres d’art…

Ou quelques fleurs

Après s’être crue en terrain volcanique : terre noire

Cratère vertigineux dans lequel il faut descendre sans chuter…

Et dont il faut s’extraire en étant à la limite du poussage-torture ( oui, pente élevée, travaux, route remplacée par une mauvaise piste de galets glissants… et quelques camions de bois au passage car au fond du cratère il y a une scierie…)

Le tout entourée de fumée

Après s’être demandé ce que c’était que ce bruit ? L’eau ? Le vent dans les sapins ? Non, c’était un crépitement…

Après avoir été déçue de ne pas être témoin d’un volcan en éruption ou d’une forêt qui brûle… Oui, c’est juste qu’ici après avoir moissonné ils mettent le feu au champ de blé…

Donc, après avoir bien pédalé dans des lieux ensorcelés…

Admirer son milliardième rio (au fait Monica l’autre jour ce n’était pas le rio Bio Bio mais un de ses affluents, oui parce que là je n’arrête pas d’étudier la carte pour choisir le meilleur itinéraire, donc je suis un peu moins nulle, ce qui ne va pas m’empêcher de rater une bifurcation, ah oui, ça c’est demain, n’anticipons pas…)

Donc, après cette rude journée l’ACPF arrive vers 18 heures au village de Galvarino où elle a décidé de dormir dans un lit, cette recherche de lit va quand même lui prendre 1h45, elle aurait plus vite fait de planter sa tente…

Mode d’emploi de la recherche d’un lit : demander si il n’y a pas d’hôtel, d’hosteria ou de pension. Ici au Chili il y a des « pensions » non déclarées, il faut demander…

Voilà notre ACPF qui déambule dans les rues de Galvarino, elle va de çi de là, tout est plein, c’est affreux, elle menace de dormir dans la rue, on finit par lui offrir de l’orangeade, elle prend un peu de chaleur auprès de la cuisinière à bois, et puis si elle ne trouve pas, la fille de la maison ira dormir ailleurs et on lui donnera son lit, non, ça elle ne veut pas…

L’ACPF finira par abandonner son vélo devant une maison blanche et bleue, pas loin de la COPEC et pas loin du gymnase (ce sont ses repères) et puis la situation finira par se débloquer, on l’emmène en voiture à une pension, il n’y a pas de place, mais on va faire de la place, et puis la femme du réparateur de vélo propose aussi de la loger, le plus dur sera ensuite de retrouver son vélo puis de retrouver là où on l’attend…

Dans cette pension elle ne va rien comprendre, il y a les vrais pensionnaires (trois jeunes travailleurs), les faux pensionnaires (de la famille), le vrais faux, des argentins parents d’une famille qui habite dans le village, d’ailleurs son repère pour retrouver la maison c’était une voiture avec une plaque de l’argentine, très compliqué tout ça, ça va, ça vient, il y a tous les âges, évidemment on lui remontre des lacs, celui-là est le plus beau, celui-là fait suite au tremblement de terre de 1960, oui ici les tremblements de terre sont si forts qu’ils modifient les paysages… Près dela cote il y a aussi des lacs formés par le tsunami… Et puis on lui reparlera du 27 février 2010, ici la secousse a été moins forte qu’à Conception, mais quand même tout a valsé, la maison ne s’est pas écroulée, elle est en bois… Ici c’est bien, c’est tranquille, oui, la vie est bien ici, sauf les tremblements de terre…

L’ACPF est heureuse, elle a une douche chaude et un lit…

Bisous tout le monde

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J413 : ça commence mal et ça finit bien…

Jeudi 8 mars 2012

Nacimiento-Los Sauces

Kilométrage : 70,32 km
Vmoy : 12 km/h, Vmax : 59,9 km/h, là il va falloir que je me calme, sinon je vais refinir à l’hôpital…
Heures sur le vélo : 5h50’06 », je vous ferai remarquer que c’est plus qu’une étape du tour de France…
Température 19° à 46°, grand beau temps chaud, vent faible
Dénivelée : positif : 256m, négatif : 383m, à force de descendre plus que je ne monte ce n’est pas à Ushuaïa que je vais me retrouver mais au centre de la terre…

Je ne pars pas trop tard ni trop tôt, soit à 9h30, surprise il ne fait pas froid… Surprise aussi la route est très encombrée et cela devient vite l’horreur pour moi,
je pense que le trafic va s’en aller vers la ruta 5 à la bifurcation pour los Angeles, nenni, ou alors il en part autant qu’il en revient… Je me dis que le prochain accès pour la ruta 5 va me soulager, nenni. Je rappelle que la ruta 5 est la route qui s’appelle aussi Panam qui va du Nord au Sud du Chili (son équivalent en Argentine étant la ruta 40), notez car je ne le répéterai plus.
Donc il y a beaucoup de circulation et je n’aime pas. Je suis en relative sécurité quand il y a une brema étroite mais quand celle-ci disparaît, que ce soit par l’outrage des ans, parce que la végétation l’a recouverte ou parce qu’il y a un pont, là je suis
en totale insécurité, ce d’autant plus que vient de réapparaître les camions tueurs, vous savez ces camions qui déplacent un grand volume d’air, comme celui qui m’a mise par terre, et qui (comme les bus d’ailleurs) ne dévient pas d’1mm leur trajectoire pour une pauvre cyclotouriste… Ces camions tueurs en plus sont vides, donc ils vont à fond les manettes… Je me demande bien d’ailleurs ce que Nacimiento peut bien avaler comme ça. Dans la banlieue de Nacimiento deux immenses usines de cellulose, de fabrication de papier quoi.

Qui ronflent

Le stock de bois est immense

Le bois arrive par camion

Non, non, pas par cheval

Par train, lequel à mon avis fait plus d’1km de long

Au bout du train des citernes entières de soude caustique

Des conseils de prudence sont donnés, mais comme je l’ai déjà dit ce ne sont pas ces camions là qui sont les plus dangereux

Les dangereux sont les camions tueurs qui d’ailleurs m’intriguent, ils sont fermés à l’arrière par une grille, mais qu’est-ce que Nacimiento ingurgite comme cela ? Et puis j’ai l’explication, car un de ces engins s’est trompé de sens : il est plein de copeaux de bois… Des copeaux il y en a d’ailleurs partout, je fais très attention de ne pas rouler sur une écharde…

Devant les usines de cellulose, d’immenses pelouses arrosées, tondues, faire du papier ça rapporte… Il n’y a pas beaucoup de photos car comme dit Jean le cyclo
quand c’est trop dangereux on ne s’arrête pas…

Et pour répondre à la question de Jean « pourquoi y-a-t-il des camions pleins dans les deux sens ? », je pense que les tables et chaises IKEA sont fabriquées dans le nord et que le PQ (appelé ici pudiquement « confort », j’adore) est fabriqué dans le sud, oui c’est toujours comme cela les taches dites nobles dans le nord, les autres dans le sud… Au fait Jean, ne cherche pas, tu sais la folie des hommes n’a pas de
limite… Ni de sens…

Ma zone de travaux sera du style je te laisse la voie, ça colle un peu mais je n’ai pas le choix

Les maisons restent sympas

Et parfois sont jaunes

L’immense plaine que j’ai entraperçue du haut de Nacimiento, et bien je suis dedans, le paysage est peu intéressant, des vergers, des prairies, faux plats descendants et faux plats montants s’enchainent, l’avantage : c’est roulant, donc
comme je n’ai rien d’autre  faire je roule… La température elle, monte… Je me déshabille complètement (enfin dans les limites de la pudeur), m’offre un coca et je trace…

Au km 42 de ma journée, à la bifurcation pour Angol et au troisième accès à la ruta 5, enfin la circulation va se calmer, je pense qu’un tiers va sur la ruta 5, laquelle ne va pas en recracher d’autre, un tiers va sur Angol, et je garde le reste, donc là ça devient supportable… La route reprend alors son cours normal, repartant dans les collines, montant et descendant.

Je cherche un endroit à l’ombre pour manger, oui parce que 46° en pédalant ça va, mais manger en plein soleil à 46°, dur. Pas d’ombre dans ces immenses forêts, oui,
c’est un comble, mais la trouée de la route est très large, les arbres derrière les barbelés, enfin je trouve un abri-bus.

Me voici de nouveau dans les collines, j’aime…

Je crois voir au loin un volcan au sommet enneigé, au loin aussi mais pas au même endroit de la fumée noire (la forêt qui brule ?)

Mes muscles sont toujours ravis de pédaler  sous de fortes chaleurs, je reconnais que quand la pente est raide je souffre et dégouline de tous les cotés, je bois un max
et après une dernière petite montée j’arrive à los Sauces, petit village sur la route du bois.

Avec sa maison verte.

Ouf il y a un hôtel. Il faut que je trouve une solution pour mon matelas, Enzo, quand tu avais tenté en vain de transformer ton matelas et d’en faire un matelas avec
oreiller intégré, il me semble que tu avais trouvé un endroit où en racheter un, parce que dormir avec des douleurs osseuse qui te réveillent toutes les heures c’est pas top… Là je suis dans une immense chambre avec un immense lit qui serait tip top si la propriétaire de ces lieux ne l’avait pas utilisée comme fumoir…
La wifi ne passe pas non plus, je vais au centre de « llamados » centre d’appels, la tenancière ne sait pas se servir d’internet, la connexion est lente, le clavier pourri… J’arrive quand même à lire mes messages, mettre un mot sur mon blog, avoir des nouvelles de Jean-Luc, tout va bien, je n’en sais pas plus et consulter le blog de
Jean le cyclo pour choisir mon itinéraire. Mon indécision, majorée par l’hôtelière qui m’a mis l’eau à la bouche avec encore un autre parc, un autre lac, un autre volcan, va s’envoler quand je vais lire le récit de Jean galérant sur sa piste pourrie enneigée, enlavée, avec des pentes de 30°, même si je pense qu’à cette saison je
risque peu de trouver de la neige, même si je pense que depuis le passage de Jean ils ont remis un peu la piste en état, je pense que la pente a 30° est toujours à 30°, alors je réfute… Je prends ma décision, choisis mon itinéraire et tout de suite je vais
mieux…

Donc ce sera Traigen, Galvarino, Cholcol, Temuco, Freire, Villarica, Pucon, Currarehue, paso Malmull Mala, je repasse en Argentine, Junin de los Andes, Parque nacional Nahuel Huapi et son lac, Villa La Angostura, San Carlos de Bariloche, là ça fera un moment que je serai repassé au Chili, puis Futaleufu, là je serai repassée en Argentine puis retournée au Chili, ce n’est pas de ma faute si la route zigzague entre ces deux pays… Soit par la piste, soit par la ruta 40, on verra, et enfin, enfin la Carretera Austral, Enzo des remarques ? Après, Enzo je compte sur toi pour l’improvisation car il n’y aura plus de bateau… Mais PAS LE PONT…

C’est dingue comme l’indécision peut rendre fou et comme la décision satisfait, quel qu’elle soit, y a pas, les voyages ça fait travailler le mental…

Bisous tout le monde

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Jeudi 8 mars 2012 : indecision…

Bonjour a tous

Je suis a los Sauces et dans une indecision totale sur la suite de mon parcours, c’est l’horreur..

Pour corser le tout je me crois de retour en Bolivie, internet lent par satellite, un centre d’appels pas top, clavier un peu nase, mais le velo et la cyclo vont pas mal… Grand beau temps chaud 49 degres, y a pire c’est sur… bisous a tous

Pour ceux qui me suivent de pres l’autre jour j’ai rempli les blancs de je ne sais plus quelle page et relate MON tremblement de terre

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