Coucou tout le monde
Je suis vivante
Je suis a Susudel, petite communaute, je suis dans l’ecole d’informatique que je squatte, donc je me depeche, bisous a tous
Coucou tout le monde
Je suis vivante
Je suis a Susudel, petite communaute, je suis dans l’ecole d’informatique que je squatte, donc je me depeche, bisous a tous
Mardi 24 mai 2011
Une maison isolée sur l’E40 – La première maison après l’énorme éboulement
Distance parcourue : 24,32 km
Vmoy : 5,8 km/h Vmax : 44,7 km/h
Température : minima : 15°, maxima : 30°
Dénivelée positif : 571 m
Dénivelée négatif : 986 m
Heures sur le vélo : 4H10’02 »
Départ : 9 heures
Arrivée : vers 18 heures 20
Résumé de la journée
Alors voilà, rien que pour cela ça vaut tous les coups de pédale, le vol, l’agression, le chien qui va me mordre, la pluie qui ne cesse de tomber, le froid, les bus qui cognent, rien que pour ça, ça vaut le coup…
J’ai passé une heure dans ma tente, bien au chaud dans mon duvet à regarder le soleil se lever, juste quelques photos (pour vous car j’en ai fait des milliers)…
Un chien est venu me faire coucou, surtout manger mes restes, il me connait ne m’a pas mordu, mais celui qui m’a mordu lui ressemble comme deux gouttes d’eau.
Reconnaissez que mon bivouac il est d’enfer…
C’est bien beau tout cela mais il faut quand même partir…
Les nuages bien sûr sont toujours là…
Et les vaches aussi..
La route déserte, forcement elle est coupée des deux cotés…
Ça on sait pas à quoi ça sert vu qu’il n’y a personne..
Elle est pas belle la route ourlée de nuages, et rien que pour moi la route…
Bien sûr il y a des petits éboulements…
Et des à pic…
Et des cascades…
C’est quand même une route classée au patrimoine mondial de l’humanité…
Les incendies avec toute cette pluie, je sais pas moi… Les avis divergent, c’est la saison des pluies, ce n’est pas la saison des pluies, c’est le changement climatique, c’est el nino, moi je sais que c’est la pluie…
Voilà l’endroit plat avant le grand éboulement, mais j’étais mieux là où j’étais, parce que là où j’étais c’était du trop génial…
Un gentil bébé cochon (c’est pas celui que je vais manger…) me fait un coucou
Le typique d’ici dés qu’il y a plus de quatre maisons : l’église et son hangar.
La route devient étroite et va se transformer en piste.
Bon bin je suis loin d’être arrivée…
Voilà la ville où soit-disant il y avait un hôtel et que c’était pas loin, oui presque 1500 mètres de dénivelée, la route coupée, et quatre maisons…
Évidemment il y a des dizaines de cascades…( je me répète je sais, pas c’est la faute aux cascades…)
La piste caillouteuse n’est pas toujours aisée (j’ai choisi des pneus intermédiaires entre route et piste, je ne regrette pas mon choix, juste sur la boue c’est terrible et dans le cailloux il faut assurer… mais je rappelle zéro crevaison…
Sur mon chemin je vais trouver un resto fermé mais qui va me faire à manger et le recoup de j’ai pas la monnaie et qui me fait payer deux fois le prix d’un repas dans un resto touristique dans le centre historique de Quito, passons… Passons car à coté ils vendent des produits laitiers et j’ai découvert un truc fabuleux, c’est marron, ça a le goût du lait concentré sucré avec une touche de caramel, trop bon, dommage je n’en ai pris que deux portions…
Et j’arrive à ??????????????? L’EBOULEMENT…
C’est clair je ne passe pas…
La nana pas gonflée :
-On m’avait dit que la route ouvrait ce matin
-Non, demain matin
-Bon bin je vais planter ma tente ici
L’homme sympa me donne une portion du repas des ouvriers, j’ai mangé il n’y a pas longtemps mais je remange, c’est dans une boite grise que je cherchais depuis longtemps pour en faire un pot de chambre, oui un pot de chambre c’est des fois utile, quand il y a du monde autour de la tente ou quand il tombe des trombes d’eau, un sachet dedans et hop le tour est joué, en attendant je mange et je regarde, c’est passionnant et impressionnant de les voir travailler, il y a une pelleteuse en équilibre qui fait tomber ce qui n’est pas encore tombé, les bulldozers qui raclent, le marteau-piqueur qui creuse des trous pour miner le terrain et tout faire sauter, d’ailleurs après mon passage (avant tout le monde) ils vont faire sauter, je ne m’y attendais pas, j’ai eu peur.
En attendant j’attends, je n’ai que ça à faire, l’homme chargé de l’intendance me dit qu’ils ouvriront la route à 6 heures, je lui dis que ce n’est pas possible, vu tout ce qu’il y a, si c’est possible. Je mange mon lait concentré sucré caramélisé, on me donne aussi une orange, tout le monde me donne à manger, hier c’était une pomme.
A 17 heures 15 on me dit que je peux passer, je dis que ce n’est pas possible, que je ne vais pas y arriver, que vu le poids de mon vélo je vais m’enfoncer, non, non je peux y aller.
Bon j’y vais et effectivement ils ont tassé la terre, on ne m’aidera que quand ça monte trop, une fois passée, ouvriers et moi avons un grand grand sourire.
A peine passée ils font exploser leurs mines, je fais un de ces bonds. La route ne sera ouverte pour les voitures que plus tard et que durant la nuit, total j’aurais un bivouac assez bruyant…
L’éboulement est arrivé dimanche à 9 heures dans une zone qui s’éboule et sous l’effet des pluies. Pour pallier à ce danger un tunnel était en train d’être construit, peut-être ont-ils fragilisé un peu plus la montagne , une chance c’était le dimanche, sinon il y aurait eu des dizaines de morts…
La nuit tombe, les renseignements sur le prochain endroit plat varient de pas loin à sept kilomètres, je cherche avant, le seul endroit plat est devant une maison, je demande l’autorisation de planter ma tente, la nuit tombe, un enfant me dit oui, je lui demande si il a demandé à ses parents, oui, pas de problème, je n’ose déranger les gens le soir (je pense qu’eux de même), le matin ils seront déjà partis, je ne pourrais les remercier. je pense que si ils sont partis si tôt c’était pour passer pendant le créneau d’ouverture de la route…
Une super journée…
Bisous tout le monde
Avant de lire cet article nous pouvons tous dire un grand merci à Cyrilus, alias mon webmaster, alias mon fils N°2 qui a récupéré cet article effacé par mégarde (il faut dire que là où j’avais la connexion internet il y avait trois momes impossibles dont un qui a du siffler sur la même flute dont sont affublés tous nos écoliers , la même note bien sûr tout le temps et le père qui s’est enfermé avec eux et les a tabassés un max, mais pas pour ça, pour je sais pas quoi, vu qu’ils sont revenus après faire le même raffut sans que le père dise rien, et moi je pouvais rien dire vu qu’ils me servent de boîte aux lettres pour recevoir ma carte de crédit dont là j’ai un urgent besoin car j’ai un problème dentaire qui s’aggrave dur, ce soir antibiotiques
Lundi 23 mai 2011
Bombonisa, maison isolée sur l’E40 – une maison isolée à 20km de l’énorme éboulement
Distance parcourue : 11,70 km
Vmoy : 4,7 km/h Vmax : 31,6 km/h
Température : minima : 17°, maxima : 37°
Dénivelée positif : 390 m
Dénivelée négatif : 75 m
Heures sur le vélo : 2H26’42 »
Départ : 9 heures
Arrivée : vers 15 heures
Résumé de la journée
Réveil d’enfer, devant moi la montagne, je la contemple longuement bien au chaud dans mon duvet. Il ne fait pas froid, je vais pouvoir essuyer un peu ma tente sans me paralyser les mains.
Je me prépare tranquillement, vais dire adieu à mon hôte.
Adieu à ses fleurs…
Adieu à ses chiens…
Deux jeunes passent lui apporter des provisions et voir comment il va.J’en profite pour leur demander de faire l’indispensable photo souvenir (dans ma ma min l’indispensable aussi caillou pour les chiens)
Vite je vais retrouver mes copains
La route étant coupée à deux endroits (ça je ne le sais pas encore), pas d’école…
Je poursuis ma route, que dire ? Que c’est toujours aussi somptueux ? Que la montagne est magnifique ? Que même sous la pluie je l’aime ?
Et mes pas copains…
Les dégâts des pluies vont se succéder sur la route qui par ailleurs est superbe
Des fois ça se corse
A un endroit le rio a emporté arbres, boue et pierres, je crois que c’est le grand éboulement dont tout le monde (enfin tout le monde, les rares personnes rencontrées) parlent. Les voitures ne peuvent passer, moi je décharge, fais du portage et passe.
Une voiture arrive, ne passe pas, je jubile…
Seuls dégats les pieds boueux…
Évidemment les véhicules sont absents de chez absents vu que c’est coupé à deux endroits.
La pluie continue de tomber…
Je rencontre des rios
Je dois m’abriter, une maison m’accueille
La famille me donne à manger, vraiment donner (parce que il y a aussi le faux donner)
Je rencontre des lamas
Rarement des maisons…
En moyenne quatre chiens par maison, plus les autres…
Les dégats des eaux se succèdent…
Là des rochers
Des fois ça se complique
Et ça continue, encore et encore…
Je continue, j’arrive à une maison, six camions sont arrêtés.
Ils me disent que ça ne passe vraiment pas, même en cheminant ? Même. Je leur dis que je vais quand même aller voir, il n’est que 14 heures 30, ils me disent que c’est à 17km (en fait 20) et que là-bas c’est à pic, donc impossible de planter la tente, que eux vont dormir à leur campessimo (en fait ce sont des baraques de chantier), la vérité vraie est que j’aurais pu m’avancer un peu plus vu qu’il y avait un autre endroit plat avec une maison, mais la vérité vraie c’est que là je vais être super bien. Ils me disent que les gens de la maison peuvent me faire à manger, ils ne vendent pas, mais font, je comprends qu’il faut les dédommager et paie le prix d’un repas d’ici. Comme j’ai tout mon temps je choisis avec soin mon endroit, ni marécageux, ni plein de cailloux et face à la montagne et au soleil levant. Je monte super bien la tente, tends bien tous les tendeurs.
Je parlote avec les ouvriers qui sont ravis de la distraction que je leur offre vu qu’ils sont là piégés depuis deux jours. A six heures comme convenu je vais manger, riz, poulet et je sais plus quoi. Il va pleuvoir toute la nuit, je suis bien dans ma tente et mon duvet.
Bisous tout le monde
Mendez – Bombonisa, maison isolée sur l’E40
Distance parcourue : 25,18 km
Vmoy : 5,3 km/h Vmax : 44,5 km/h
Température : minima : 20°, maxima : 37°
Dénivelée positif : 1090 m
Dénivelée négatif : 300 m
Heures sur le vélo : 4H41’48 »
Départ : 9 heures
Arrivée : vers 18 heures
Résumé de la journée
Petites courses avant de partir, pas assez, on est dimanche tout n’est pas ouvert, je sais que ce n’est pas assez mais je pense gérer et d’ailleurs je vais gérer.
A 9 heures je donne mon premier coup de pédale qui relie Mendez à Cuenca.
A 9 heures au km 57 de l’E40 qui relie Mendez à Cuenca la moitié de la montagne s’effondre… Nul ne le sait encore…
Surprise au lever le plafond nuageux est très, très bas, à peine 100 mètres au-dessus.
Heureusement ce matin je n’ai ni le problème de carte bancaire à régler, ni de fils à démêler…
Depuis deux jours je suis sur une route déserte et j’apprécie le silence, la beauté du paysage et les maisons qui même quand elles sont très pauvres ressemblent à quelque chose.
La route monte, ça c’était prévisible… Mais elle est superbe…
Et je suis loin d’être arrivée…
Et en plus les failles géologiques maintenant en plus d’exister elles sont actives…
Après un quart d’heure de pédalage la pluie est là, je supporte, jusqu’à ce qu’elle devienne tropicale, c’est-à-dire des trombes d’eau, j’ai repéré un abri, je redescends de 50 mètres, vais passer là presque une heure et demi… Je chasse deux chiens, deux autres vont dormir à mes pieds, la famille de la maison vaque à ses occupations, les enfants pataugent pieds nus dans la boue.
Y a pas, il pleut…
Quand ça se calme je reprends la route, ça monte, personne, la route est excellente,
vers 11h30 je vois un restaurant, je pense que c’est le dernier avant longtemps et je suis juste au niveau provisions, je m’arrête. L’endroit est mignon, c’est un resto pour touriste (absents d’ailleurs), donc plus cher et moins bon.
Le morceau de poulet se réduit à un os d’aile que je ronge mais il y a un demi-avocat du jardin, ça compense. Le repas coûte 3 dollars, je paie avec un billet de 10 dollars, elle n’a pas la monnaie, je vais attendre montre en mains 50 minutes ma monnaie, en temps normal je serai partie, là je suis en période de restriction budgétaire donc j’attends. Je lui propose de me rendre mon billet et de me courir après avec le vélo moteur vu que je vais très lentement et qu’il ne lui faudra que quelques minutes pour me rejoindre, elle refuse et refuse aussi de me rendre mon billet. Quand je dis que je vais devoir rouler la nuit, elle me répond que ce n’est pas grave que la route est sûre, je voudrais la voir pédaler sur une route qui monte avec deux mille mètres d’à pic à droite en pleine nuit. Un homme se mêle à la conversation et là on me raconte du vraiment n’importe quoi, que à 10km, puis 50 il y a une ville avec un hôtel, que la route monte et descend ( pour rejoindre cette ville de trois maisons sans hôtel il y a quand même 1500 mètres de dénivelée positif…).
Çà et la pluie n’atteignent pas mon moral, la route est trop superbe
les paysages à tomber par terre, je vais croiser trois voitures, deux me disent qu’on ne peut passer, que la route est coupée, un rajoute qu’il faut passer par Limon (lequel Limon n’est sur aucune de mes deux cartes), que la route est plus large, qu’ici ce n’est pas une route à bicyclettes, déjà que l’hôtelier m’avait dit de prendre le bus… je dis que je vais voir, que moi peut-être je vais passer. Le troisième véhicule met son doigt sur sa tempe et me fait signe que je suis folle… Au Vénézuela j’étais une star, en Colombie on me respectait, ici en Equateur on me prend pour une folle…
J’ai quand même droit à un coin de ciel bleu…
Mais mes copains, y a pas, y me lachent pas…
La route est bordée de cascades,
je vais devoir traverser à gué mon premier rio équatorien, je me mouille les pieds, auparavant j’ai du faire une opération compliquée…(Explications par mail privé)
J’ai retrouvé le vert fluo… Même les ponts sont peints de cette couleur, mais il faut croire que j’aime ça…
Je rencontre ma première derumbe
Puis la route monte dans une gorge avec en bas le rio pas mille mètres mais deux mille mètres plus bas…
Impossible de planter la tente ici, quand au hamac et pitons, impossible la montagne part en morceaux… Je sens que je vais devoir pédaler de nuit ce dont j’ai horreur. Enfin je vois une maison, mais il n’y a pas de chemin pour y accéder et elle est en haut de la montagne. Plus loin je vois une autre maison, une jeune femme au visage triste allaite le dernier de ses six ou huit enfants, après avoir accepté que je plante ma tente, elle me dit qu’il faut que j’attende sept heures que la duegna soit là et donne son autorisation, ici comme en Colombie l’esclavage n’est pas tout à fait aboli. Elle m’envoie à une maison plus loin qui n’est pas tout à fait terminée et fermée et pas de terrain autour pour planter ma tente, je n’ai pas envie de m’installer dans les gravats. La jeune femme triste me dit que la duegne est au village voisin, c’est faux, il n’y a pas de village voisin…
La nuit tombe…
Plus loin une maison isolée cachée dans des fleurs somptueuses. Un vieil homme (enfin mon âge) solitaire l’habite. Autorisation m’est donnée de planter ma tente. Il s’enquiert de savoir si j’ai à manger, là pour ce soir j’ai et me propose de mettre mon vélo à l’abri (des voleurs ? La route est déserte et la région aussi…) près de sa maison, moi je m’installe un peu plus loin
et je vais avoir un bivouac fabuleux, décor grandiose, pas un bruit, pas une voiture, l’homme solitaire va respecter ma solitude, bref c’est géant, il va pleuvoir toute la nuit… Je suis bien dans ma tente et mon duvet..
Muchos besos
Samedi 21 mai 2011
Macas – Mendez
Distance parcourue : 75,22 km
Vmoy : 13,5 km/h Vmax : 57,1 km/h
Température : minima : 24°, maxima : 43°
Dénivelée positif : 602 m
Dénivelée négatif : 1152 m
Heures sur le vélo : 5H31’52 »
Départ :11 heures 10
Arrivée : vers 18 heures 30
Résumé de l’article
Particularités de la journée : route quasi déserte, un vrai billard qui monte et descend, paysage magnifique, plus ça va plus je rentre dans la montagne, partie tard (les problèmes de carte bancaire) j’arrive à la nuit dans la magnifique petite ville de Mendez
Macas est franchement très moche… On peut difficilement faire plus moche…
L’hôtel : les proprios sympas, la trentaine, trois enfants, elle américaine, lui équatorien, avec leurs enfants ils parlent anglais, ils ne sont là que depuis deux ans, l’eau est chaude, il y a des bêtes dans la chambre (mouches bleues, cafards et autres trucs), ça ne me dérange pas. Le gardien de nuit met la télé à tue-tête, ça me dérange, je descends deux fois, il baisse et réaugmente, la troisième fois je l’éteins moi-même, à 2 heures et demi du matin je gueule. Je le dénonce aux proprios qui me disent que j’aurais du exiger leur numéro et les appeler (ici on appelle la propriétaire de l’hôtel la duegna).
Du coup je me lève un peu plus tard et ne suis prête qu’à 9 heures. J’essaie de régler le problème de ma carte bancaire, c’est très compliqué, on ne peut lever l’opposition et il faut une adresse pour m’envoyer la nouvelle. C’est au-dessus de mes forces d’attendre 15 jours quelque part. Je cherche les coordonnées du consulat français à Cuenca et essaie de les appeler. Là aussi c’est très compliqué, du cellular (téléphone portable) on ne peut appeler tous les numéros, j’ai toujours la même réponse, non disponible. Le propriétaire de l’hôtel m’aide, appelle de son fixe, finalement on comprend le problème, ils sont fermés le samedi, et bin oui les week-end tu peux crever. Le propriétaire de l’hôtel me dit que je peux laisser un message sur le fax, oué ici on peut parler dans les fax, maintenant plus rien ne m’étonne, j’expose donc mon problème, laisse mon numéro de cellular et pars tard… J’aimerais atteindre Mendez car après ce sont des étapes de montagne et c’est plus logique de m’approcher le plus possible, oui pour faire ce que je fais il n’y a pas que les jambes, il y a aussi la tête, pas que le mental, aussi réfléchir et adopter une stratégie. D’ailleurs si j’avais réfléchi 5 minutes je n’aurais pas demander à ma sœur de faire opposition ( je lui ai demandé car avec mon cellular je ne pouvais les joindre…) Pour le téléphone Jean-Luc je ne sais quoi te conseiller, venir ici avec un abonnement français c’est très cher (risqué aussi si on te le vole et que tu as des millions d’euros à payer) mais c’est sûrement beaucoup plus confortable. Alors ici moi j’ai Claro je capte partout juste que je ne peux appeler partout, je recharge 5 dollars par 5 dollars, j’ai pu appeler ma sœur pas longtemps pour 5 dollars…
Je pars donc à 11h10, ça va être très limite pour atteindre Mendez avant la nuit, cela dépend de la route.
La route sera un petit billard, circulation rare le matin (enfin ce qu’il en reste), quasi absente l’après-midi.
Les rond-points toujours monumentaux…
La route va monter, descendre, monter, descendre, plus descendre que monter, mais quand même 602 mètres de dénivelée positif, ce qui n’est pas rien.
Je suis partie en short, avec ma petite polaire orange que j’enlève très rapidement.
La température serait pour beaucoup chaude, pour moi elle est parfaite.
La pluie va juste m’embêter car je mets mon kwé que je suis obligée de quitter rapidement dans la montée car ça fait cocotte minute, du coup je la termine en poussant, elle va aussi m’embêter car j’ai rentré mon linge qui séchait ( la serviette vu ce qui lui est arrivée dans la nuit précédente et la petite culotte comme d’habitude) et je ressors tout car tout linge mouillé dans les sacoches va entraîner une odeur de moisi persistante et pas très agréable…
Le soleil ? Il n’était pas là au départ, il va vite être là, rester un grand moment puis se cacher.
Le paysage ? D’enfer, la route serpente, à droite je vais abandonner le volcan Sangay pour suivre la Cordillera de Alancugura, à gauche la vieille cordillère de je sais pas quoi ( c’est la carte d’Enzo envoyée par mail et imprimée à Quito, l’impression est de mauvaise qualité), je me repère grâce à deux cartes, celle achetée à Quito et celle d’Enzo, elles sont toutes les deux inexactes… Si on était sympas (et courageux, et avec des forces surhumaines vu tout ce que l’on fait déjà) on referait des cartes exactes pour les copains, on pourrait même faire des topos, avec le dénivelé, la difficulté, des topos quoi…
Je suis quand même toujours en Amazonie, je visite le temple de l’Amazonie, vide aussi de touristes…
Et je retrouve mon agresseur de l’autre nuit… Je lui fais rien, il est beaucoup plus grand que moi et plus fort aussi…
Sur mon chemin une zone d’attractions, un circuit de course tout terrain avec des vielles jeeps, là il y a du monde.
Et sinon du beau et que du beau, et en plus je me dirige vers du ciel bleu, je n’ai même pas peur de l’orage qui gronde je sais qu’il va rester sur les montagnes plus hautes et les maisons ressemblent à quelque chose, plus je m’éloigne de Macas moins c’est riche.
La montagne à ma droite est imposante.
Les rios continuent à me fasciner…
A 13 heures je vais rentrer dans la petite ville (qui ressemble à rien elle-aussi) de Sucua et très bien manger. Plus je pédale et plus je m’infiltre dans la montagne,
là c’est le bonheur complet, un billard (les pistes je ne les prends que par défaut, pour éviter la circulation et aller dans des coins perdus, mais quand il y a du goudron dans des coins perdus c’est trop fort), circulation quasi absente, la montagne qui m’envahit de toute part, de jolies maisons, de la chaleur (trois gouttes de pluie chaude cela n’a rien à voir avec une journée de pluie à 13°), bref c’est le bonheur.
Des vergers de papaye me rapellent que je suis encore en Amazonie.
Je vais me faire siffler par une camionnette remplie de ce que je crois être une équipe de foot, une autre va rouler à ma hauteur et me baragouiner quelques mots d’anglais, quand je leur réponds (en espagnol) qu’est-ce que vous dites, qu’est-ce que vous dites ? Désolée je ne peux pas parler quand je pédale et quand ça monte, là ils sont déçus, je ne suis pas une gringa, et ils passent leur chemin.
Le soleil équatorien a la même effet sur moi que le tropical, boutons mais que sur les cuisses, ça gratte pas, ce n’est pas grave.
Et malgré la vitamine B, la crème solaire (vitaminée B aussi) et la crème repelente, j’ai la jambe transpercée, oui LA jambe parce que il n’y a que la gauche, sinon question état de santé, le doigt toujours oedématié, rouge et extensions P3 impossible, beaucoup moins douloureux quand même, hématome au-dessus du genou droit ( je crois que c’est quand j’ai enjambé une barrière pour faire une photo de tag pour Monica), hématome jambe droite, retour de pédale lors d’un freinage brutal suite à un déraillement, hématome bras gauche, l’énorme caillou qui a failli me tuer, la dent ça va mieux mais c’est pas ça, j’ai refait du gras, j’ai calculé qu’en l’espace de 2 minutes je pouvais avaler 1000 calories (oué avec des chamalows fabriqués en Colombie mais jamais vendus là-bas…)
Arrivée à Logrono j’hésite 1 minute, je m’arrête ou je continue ? M’arrêter serait plus sage pour aujourd’hui mais m’handicaperait pour demain. Reste 26 km, deux heures et demi de jour, si ça descend une heure suffit, si ça monte ça peut demander 5 heures… Voilà Corneille qui s’infiltre jusque dans ce coin perdu, allez je continue. Je sens que je suis très juste, à chaque descente je sais que derrière ça va remonter, plus j’avance et plus c’est somptueux et plus je m’enfonce dans la montagne qui ici n’est pas cultivée mais recouverte d’arbres, là aussi ça a un petit coté inquiétant que j’aime bien. J’arrive à la Union qui est indiquée partout sur la route mais pas sur mes deux cartes, mais ce soir en regardant ma carte des Andes, là c’est indiqué (oui j’ai regardé ma carte des Andes et j’ai vu que j’avais fait presque le quart de mon parcours, c’est encourageant, sauf que je ne suis pas dans les temps et que je vais me payer peut-être pas l’hiver mais l’automne à Ushuaïa, ce qui risque d’être terrible, mais on m’a aussi prédit du moins 20 sur les hauts plateaux boliviens…
A la Union pas d’hôtel, Mendez est à 4 km, je me renseigne, comment est la route ? Ca monte et ça descend, allez ça devrait passer… A l’entrée de Mendez une hosteria, j’hésite, je n’aime plus les hosterias, l’endroit semble désert, je sonne attends quelques secondes et m’en vais. J’arrive à Mendez il est 18h30 la nuit tombe. Mendez m’enchante, la première jolie ville de l’équateur, une très grande avenue avec des arbres de chaque coté et aussi sur le terre plein central, des arbres verts ou recouverts de fleurs rouges,
les maisons coquettes entourés souvent de murets en gros galets, style celui qui a failli me tuer, les bordures de trottoir peintes en jaunes, les poteaux et leurs poubelles accrochées en vert et ça et là le même rouge que les arbres, les champs Élysée en plus gai, j’adore…
Je cherche un hôtel, on me déconseille le premier, le deuxième est fermé, le troisième est parfait. Comme il y a chaleur et ventilateur j’en profite pour laver short chaussettes et maillot. Je fais aussi sécher mes dollars que je dis pas où je les cache.
Si je n’avais pas ce problème de carte bancaire tout irait bien. J’espère qu’un hôtel ou le consulat acceptera de me servir d’adresse, sinon il y a encore la solution de la poste restante, les cyclos suisses sympas que j’avais rencontrés m’ont dit qu’ils l’avaient utilisée pour se faire envoyer une carte qu’ils avaient commandé sur internet, mais c’était en Colombie, la Colombie est beaucoup plus civilisée (au sens où nous nous l’entendons, je ne porte pas de jugement) que l’Équateur. A Banos quand j’ai demandé à l’hôtelier si il pouvait se charger de porter ma lettre à la poste il a refusé, trop de responsabilité, alors là pour recevoir un avis de recommandé je crains le pire. C’est dur des fois d’être SDF. Je pense que j’ai 60 ou 70 km de montagne à passer avant de trouver une petite ville, probablement un bivouac, espérons celui-là sans problème, pas d’internet, cela ne m’angoisse pas, ce qui m’angoisse c’est comment faire pour ma carte. Le reste ça va. L’attaque de la nuit précédente, statistiquement parlant je ne devrais pas en avoir d’autre…
Au fait ici pas de moustique, cela ne doit pas être la saison, à Ambato (à 2500 mètres quand même) un moustique deux nuits de suite. Dans la communauté amazonienne où j’ai bivouaqué ils m’ont dit qu’il n’y avait pas de palu mais la dengue…
Moi je crois que j’ai peut-être attrapé le paludisme (mes accès de fièvre, pas le falciparum qui tue d’un coup, mais le vivax qui tue petit à petit) je verrai tout cela à mon retour, il va y avoir du boulot : le palu, la dent, le doigt… Et je n’en suis pas au quart de mon parcours… Au fait les transperçages de jambe sont plus grands que sous les tropiques, zone d’impact plus grand, première zone circulaire rouge plus grande, deuxième zone circulaire blanche plus grande aussi, mais ça je suis sûre que ce n’est pas grave…
Voilà une journée trop, trop géniale, je suis à nouveau réconciliée avec l’Equateur
Bisous tout le monde
Vendredi 20 mai mai 2011
Chuwitayo (Communauté à mi-chemin entre Puyo et Macas) – Macas
Distance parcourue : 64,20 km
Vmoy : 10,8 km/h Vmax : 53 km/h
Température : minima : 21°, maxima : 42°
Dénivelée positif : 571 m
Dénivelée négatif : 525 m
Heures sur le vélo : 5H55’04 »
Départ : vers 8h30 9 heures
Arrivée : vers 16 heures 17 heures
La route continue de serpenter entre les collines, elle monte et descend. Le paysage est somptueux, très différent de ce que j’ai pu voir, je revois les montagnes au loin, les 30 derniers kilomètres seront un peu monotones ( la route est plus droite)…
J’écris en différé et j’ai vécu tant d’aventures depuis que j’ai oublié…
Alors ce qu’il me reste comme souvenirs en vrac :
Les rios coulent toujours…
Les vaches sont toujours là…
Les maisons rares mais chouettes…
Le pistil des plantes à la mesure de ce continent : immense…
Les papillons assortis à ma polaire que j’ai enfin quittée, un peu de chaleur ça fait du bien…
Les piétons viennent rompre la monotonie des trente derniers kilomètres…
Plus je m’approche de Macas, plus les maisons sont « riches ». Certains hommes travaillent à Coca ( ce n’est pas l’usine de cocaïne mais là où il y a du pétrole), Coca est à une journée de voiture d’ici, tout n’est peut-être pas si rose en Amazonie…
Certains font preuve d’magination dans l’arrangement du jardin
Encore des enfants seuls sur cette route déserte
A l’entrée de Macas un superbe rio
Juste un petit obstacle sur cette superbe route (un vrai billard désert) pour le fun…
Et toute la journée, le calme, la paix et la nature, ce que j’aime quoi…
Besos a todas y todos
Nuit du jeudi 19 au vendredi 20 mai 2011
Les lieux du crime :
A mi-chemin entre Puyo et Macas sur une superbe route, un vrai billard, pas une voiture, pas un camion, rares bus.
La route relie deux villes en Amazonie enchantée, avant la deuxième ville il y a un rio, sur le rio un pont, le pont ne peut supporter les véhicules lourds… La route est donc très peu empruntée…
Les deux villes sont distantes de 120km, la route serpente entre des collines, monte et descend, impossible pour une abuela cyclo fluo de rallier les deux villes en un jour.
Les communautés (ici en Equateur il y a les villes, puis les villages, puis les communautés) sont rares.
L’abuelacyclofluo décide de bivouaquer dans une communauté un peu moins petite que les autres où il y a un minuscule restaurant. Elle demande l’autorisation, l’a, s’inquiète de savoir si il va pleuvoir cette nuit, réponse oui, demande si il y a un endroit abrité où mettre sa tente, on lui propose le hangar de la communauté qui sert à tout. Ici (et pas seulement en Amazonie les villages n’ont pas de place mais une église que jouxte un hangar)
L’abuela est confiante, elle a encore en mémoire la communauté de San Clemente dont les règles ( dures quand même les règles) assurent une sécurité totale à tous.
Elle pose donc sa tente, l’attache avec ses tendeurs et de gros galets pensant que si quelqu’un vient roder la nuit il se prendra les pieds dans les fils et tombera. Là est sa grande erreur…
Le hangar comporte un terrain de jeu de ballon (foot et volley), une scène légèrement surélevée et derrière la scène un couloir qui fait le tour, deux portes fermées à clef et quelque part un interrupteur pour éclairer le hangar.
Comme d’habitude les enfants sont curieux.
Ils sont curieux, envahissants mais gentils
Le décor est somptueux
Les fleurs resplendissantes
Les maisons sont pauvres mais ont beaucoup d’allure
Les bêtes sont grosses, mais l’abuelalala a pas peur (je sais, les pieds sont moches mais c’était pour avoir une échelle de grandeur)
Les circonstances du crime :
L’abuelacyclofluo doit se couvrir quand la température est inférieure à 25°, ce qui ne l’empêche pas de transpirer un max, et elle aime pas être archi poisseuse, même que ça l’empêche de dormir. Armée de ses gourdes elle va demander de l’eau à une famille voisine, elle s’enferme dans sa tente (oué à double tour), elle a le truc, elle repousse matelas et duvet, installe sa serviette de manière à n’en mouiller qu’une partie et se douche, un quart de gourde suffit. Une des deux gourdes fuit par le bouchon, l’autre elle l’avait mal fermée et donc a coulé un peu, du coup elle met ses deux gourdes dans l’auvent de la tente et sa serviette sur la tente, retenue par le crochet.
Elle a accroché son vélo au but.
Le soir une des familles voisines lui dit qu’il est plus prudent de mettre son vélo chez eux, elle s’exécute.
Les faits :
L’abuelacyclofluo dort depuis déjà un moment quand elle entend à deux reprises « buenas noches senora », elle répond buenas noches, que pasa ? cherche sa lampe et son pantalon pour sortir voir ce qui se passe quand elle ressent une violente douleur au bras gauche et la tente qui s’écroule sur elle. Elle hurle, les chiens hurlent. Le temps qu’elle se dépêtre de la tente emmêlée sur elle, qu’elle trouve lampe et pantalon l’agresseur s’est enfui.
Voilà l’agresseur :
L’abuela fait le tour du hangar pour vérifier qu’il n’y a plus personne, dans le feu de l’action elle ne sait plus comment on dit au secours en espagnol, alors elle crie senora, senora, les chiens continuent de hurler, ah oui aussi elle cherche et finit par trouver l’interrupteur du hangar et allume tout. Et puis ça lui revient, elle crie « ayuda mi, ayuda mi », les chiens continuent à hurler. le quartier (enfin trois maisons » se réveille. La femme qui héberge son vélo arrive, suivie de son mari. Il est 1heure 30 du matin. Rapatriement de la tente, du bazar et de l’abuelacyclo dans la salle à manger cuisine de la maison voisine. manque les deux gourdes et la serviette. Le lendemain la serviette est retrouvée à 20 mètres des lieux du crime.
La suite :
L’abuelacyclotouriste se rendort. A 5H30 ça commence à bouger dans la maison, à 6heures tout le monde est debout, à 6h30 l’abuelamachinchose se lève et retrouve la famille qui est installée dehors sous un préau autour du feu fait de trois gros troncs et surlequel chauffe l’eau pour la tisane d’herbes magiques. Il fait frais en ce matin du 20 mai 2011, tombe une petite bruine. Quelques femmes s’agitent (lentement) et douchent à l’eau froide les petits enfants. Sous ce toit vit trois générations. Je pense que matériellement ils ont moins que ce que je transbahute tous les jours sur mon vélo. La famille me dit qu’hier ils ont hésité à me faire rentrer chez eux. Ils sont très ennuyés. Ils me disent que c’est peut-être quelqu’un d’extérieur à la communauté, non je n’ai pas entendu de bruit de vélomoteur, et le fait que l’on ai dit buenas noches senora signifie qu’on m’avait repéré, donc quelqu’un d’ici. Le problème sera évoqué à la réunion hebdomadaire de la communauté. le chef de famille, outre ce que j’ai subi est bien conscient que ce n’est pas bon pour le tourisme. La famille m’offre à manger, les racines dont j’ai oublié le nom, un oeuf frit, rien pour manger, je demande une cuiller, on me lave la cuiller dont vient de se servir un enfant, je pense qu’il n’y a qu’une cuiller dans la maison. Au fait ici en Equateur pour seul couvert une cuiller, le poulet c’est avec les doigts. La tisane qu’ils me servent a été élaborée spécialement pour moi, elle a pour vertu de faire disparaître les douleurs musculaires…
Bilan :
Deux gourdes volées.
Un trou dans la tente
Une abuelacyclofluo même pas traumatisée, juste elle contemple sa jambe transpercée
Et aussi elle se dit qu’elle a bien fait d’avoir eu la flemme de mettre sa nourriture dehors car elle aurait disparue en même temps que les gourdes, ce n’est pas tant pour la nourriture que pour le sac étanche où elle est enfermée.
Et maintenant elle mettra plus des pierres à disposition des agresseurs, et aussi elle a expérimenté sa tente sous des tonnes d’eau, pas de problème, donc les hangars c’est fini.
Pour se remettre de ses émotions l’abuelacyclofluo a du manger de la peau de cochon
L’abuela n’ayant pu récupérer sa carte bancaire n’a pu acheter de billet d’avion pour son retour, maintenant elle est devenue très très vielle abuela…
Et puis lors d’un autre bivouac elle a réentendule » buenas noches senora, buenas noches », elle a ouvert
Une rencontre magique, Catarina a 16 ans, elle écrit, envisage d’aller à l’université, d’apprendre les langues étrangères, mais ne voudrait quitter sa communauté. Pourtant la vie est rude ici, un col à près de 3000 mètres d’altitude, du vent, de la pluie, une montagne, une famille et une communauté qu’elle aime. En signe d’amitié et pour que je ne l’oublie pas, Catarina m’a donné le bracelet jaune qu’elle porte au poignet il restera à mon poignet jusqu’à ce qu’il rende l’âme.
Bisous tout le monde
Journée au lit : fièvre, vomissements, diarrhée…
Du coup j’ai rien fait, ni réparation du trou dans la tente, ni lessive, ni entretien du vélo, ni écriture, ni tri des photos,ni visite, plus tard, je n’ai pas le choix…
Bisous à tous, merci de votre soutien
Je suis vivante, j’ai vécu des trucs fantastiques… Le moral est remonté en flêche malgrè une vilaine morsure de chien à la cuisse, déjà que j’avais la rage de vivre, alors maintenant je vous dis pas…
En bref, après une virée délicieuse (à part l’énorme pierre qui a failli me tuer et qui a fait un trou dans la tente) en Amazonie, je suis remontée dans la Cordillère par un chemin de traverse, trop, trop fort… Des paysages à couper le souffle, rien, ni voiture ni village, la nature très forte, de la pluie bien sûr ( je sais pas si je la suis ou si c’est elle qui me suit…) et bien sûr comme partout où je passe des catastrophes, un rio qui emporte tout sur son passage, moi je peux passer, je fais du portage, sacoche après sacoche, puis vélo, les voitures passent pas, déjà qu’il n’y en avait pas, là il n’y en a plus et deux jours plus loin c’est la moitié de la montagne qui est partie, il leur a fallu 4 jours, 4 nuits, des dizaines de machines et une centaine d’homme pour dégager la route, laquelle route étant coupée à deux endroits et moi ayant réussi à en passer un je l’avais pour moi toute seule, j’ai fait des bivouacs d’enfer avec une montagne belle de chez belle et un coucher de soleil fantastique, j’ai eu deux demandes en mariage.. et bu 2 verres de lait, même pas malade, et aussi la peau du cochon, fait des rencontres géniales, j’ai rameuté toutes les autorités pour savoir si je risquais de devenir enragée suite à la morsure de chien, zon voulu me mettre en quarantaine… Le chien aussi… J’ai failli me faire kidnapper mais vu l’état de ma main comme je ne pouvais traire les vaches ne m’ont pas gardée, un peu plus je devais acheter un semi-remorque pour mettre la tonne de nourriture que l’on me donnait, et bien sûr j’ai monté et descendu des milliers de mètres et aussi un bivouac dans la tempête pas loin de 3000m, bref c’était tout bien, au fait là je suis à Cuenca, après une heure et demi de recherche j’ai trouvé un hôtel bien à prix raisonnable, au passage j’ai visité un peu Cuenca, imposante… Ma préférence va quand même aux villes de Colombie…
Bisous tout le monde et merci de vos encouragements…
Deux attaques à 3 jours d’intervalle c’est dur
La dernière à coup de pierre dans la tente
Bisous tout le monde