J 140 : chemin de traverse 2ème jour, l’accueil

Samedi 11 juin 2011

Col avant Cariamanga – Huacozas

Distance parcourue : 44,53 km
Vmoy :  8,7 km/h Vmax : 48,1 km/h
Température : minima : 22°, maxima : 38°
Dénivelée positif :  465m
Dénivelée négatif : 1035 m
Heures sur le vélo : 5HO6’31 »
Départ :  vers 9 heures
Arrivée :  en fin d’après_midi

Résumé de la journée

  • Objectif :  je veux m’avancer pour demain car demain sera selon la carte de l’office du tourisme une grosse étape de montagne
  • Conditions météorologiques : soleil, chaleur, j’adore
  • Etat de santé : bon
  • Particularités de la journée : petite route de montagne deserte, j’adore avec en plus du soleil, ca devient genial…

Voilà je suis encore sur une petite route de montagne, un peu très cassée ma petite route de montagne, mais déserte, et belle et belle…

J’arrive à Cariamanga qui est 7 km plus loin qu’indiqué sur ma carte, et mon compteur est juste, j’ai mesuré 4 fois la circonférence de mes pneus, j’ai vérifié à plusieurs reprises le kilométrage avec les bornes colombiennes qui sont justes, au fait les colombiens ont de la rigueur dans beaucoup de choses, des fois ça aide la rigueur, ne serait-ce que pour obtenir des renseignements justes… Les equatoriens la rigueur je ne crois pas qu’ils connaissent, je sais, je suis sévère avec les équatoriens…

Cariamanga est une ville pauvre sans grand intérêt si ce n’est que l’on me fait passer (à dessein, pour me tester ?) dans une route à la Vénézuelienne que j’avais réfutée au Venézuela dans la ville avant la ville avant la frontière. Là j’ai progressé et j’y vais debout, le poids en arrière, mes freins couinent à mort mais fonctionnent bien, et ça passe…

Le paysage comme d’habitude est superbe.

Je rencontre quelques hameaux…

Des écosseuses de légumes…

Du bleu

Une voiture…

Une migale…

Une église bleue…

Un vélo, c’est le mien ? Ah oui, le bazar ça peut être que le mien… Et en plus y zon ecrit peligro (danger)…

Du beau…

Des tags

Un jardin coloré…

Une montagne pointue que demain je vais la voir toute petite en bas…

Et mes copains les nuages, partis mes copains…

Sur le bord de la route une femme vend ses produits, je goûte, la dulce del leche n’est pas bonne, il y a trop de riz dedans, je lui achète de la confiture de papaye, je ne peux partir ainsi après avoir tout goûté sans rien acheter, je la donnerai cette confiture.

Je vais descendre dans une combe magnifique qui doit être à très basse altitude vu la végétation luxuriante de bananiers et autres plantes exotiques.

La route alterne des passages de piste et des passages goudronnés, la circulation est absente.

Et puis bien sûr ça remonte et il n’y a aucun endroit plat où planter ma tente et je sens que je suis repartie pour une galère… Fatiguée, la nuit qui va tomber et ça va monter jusqu’où ? 4000 peut-être. Quand soudain … Un village de dix maisons, alors là je fais du porte à porte, presque du forcing, j’ai besoin d’un endroit plat près d’une maison pour dormir cette nuit. On veut m’envoyer encore je ne sais où près d’une église, je ne crois plus rien de ce que l’on me dit, et à la dernière maison il y a à coté un endroit plat, je demande, j’aurai mieux que ça, sa pelouse (enfin si on peut appeler ça une pelouse, le sol est sec, dur, craquelé et plein de piquants, je me fais bouffer par les bêtes aussi, alors j’enfile mon collant, je passerai une heure à enlever les piquants, il y a deux sortes de piquants, ceux qui partent facilement et les autres, bien sûr j’ai plus des autres que ceux qui partent facilement, mais qu’est-ce qu’elle est difficile cette nana, on lui offre un endroit plat clôturé pour la nuit et elle râle…).

Je plante ma tente sous l’œil intéressé d’une petite fille de 8 ans, le papa est équatorien, la maman est en Espagne, elle a eu quatre autres enfants avec d’autres hommes, la petite est très entourée mais aimerait voir sa maman, elle la verra l’année prochaine, ce n’est pas vrai, elle a quand même des contacts téléphoniques avec la maman… Je lui donne mes crayons, mon taille-crayon et ma gomme, depuis bientôt 5 mois je ne les ai pas utilisés, alors je me déleste et j’avais décidé de ne pas me délester à l’aveugle mais pour faire un cadeau, et bien voilà… La dame qui m’a accueillie va aussi me donner à manger, nous aurons une grande discussion sur la vie, la religion bien sûr, l’Equateur… Une rencontre qui comptera pour moi… Quel bonheur aussi de ne pas avoir froid… Je réussis l’exploit d’enfermer un moustique dans ma tente… Là je suis toute piquée, je prends mille précautions depuis si longtemps, et là en deux jours c’est la cata, voilà en plus d’être enragée je vais devenir dingue…

Encore une super journée…

Et la nuit la lune brille…

Bisous tout le monde

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J139 : chemin de traverse 1er jour, tout comme j’imaginais…

Vendredi 10 juin 2011

Catamayo – Col avant Cariamanga

Distance parcourue : 37,77 km
Vmoy :  6,4 km/h Vmax : 36,6 km/h
Température : minima : 15°, maxima : 35°
Dénivelée positif :  958 m
Dénivelée négatif :  269 m
Heures sur le vélo : 5H51’09 »
Départ :  entre 8h30 et 9 heures
Arrivée :  tard, vers 17 heures 30

Résumé de la journée

  • Objectif :  avancer, je ne sais pas trop jusqu’où
  • Conditions météorologiques : bonnes
  • Etat de santé : bon
  • Particularités de la journée : c’est tout comme je pensais, une super petite route sans circulation et ça monte et le paysage est superbe, un peu de difficultés à trouver un endroit où bivouaquer, mais bivouac tranquille

Hier soir en faisant mon petit tour dans la ville je suis passée à l’office du tourisme qui était ouvert, détail intéressant ils ont des cartes à grande échelle (sans le kilométrage mais avec le relief, cela me conforte dans mon idée de chemin de traverse, je vais prendre une petite route de montagne…) (quand je pense que la Panam descend doucement vers Macara…) Et bien oui, ce sera une petite route de montagne au-delà de toutes mes espérances…

Je quitte Catamayo, la température est douce, à 10 heures 30 je me mets en short, un vrai bonheur… Je remonte une vallée chaude qui en temps normal doit être aride mais qui là est verdoyante, au fond coule le rio, (la photo c’est le rio bien plus haut…)

Une irrigation permet la culture de canne à sucre.

Je laisse sur ma droite le petit village de La Vega et je monte, je monte, je monte…

Le matin la circulation est nulle, il y en aura un peu en début d’après-midi puis plus rien.

Le paysage bien sûr est d’enfer.

La route au départ très correcte se dégrade petit à petit, mais cela je m’en doutais…

Non, là ce n’est pas mon chemin…

Et ça n’en finit pas de monter et de monter, car après avoir remonté le rio la route s’attaque carrément à la montagne, et je monte et je monte, les villages sont absents et le maisons rares.

Je vais quand même en traverser un où les enfants jouent à un drôle de jeu…

Et où les chiens sont muselés…

L’après-midi je me fais une petite pause boisson chamallow, maintenant c’est moi qui offre a manger. Je suis assise sur le rebord d’un passage pour l’eau, un homme me dit que c’est dangereux, de faire attention de ne pas m’endormir et de ne pas tomber, je lui réponds qu’il n’y a aucun risque, nous parlons, il me demande si je suis armée, je lui réponds que ma seule arme est mon sourire, ça et le chamallow tissent des liens… Puis passe une femme et son enfant, reoffrage de chamalow, et là la femme raconte, il n’y a pas longtemps un homme s’est tué là, il avait fait comme moi, il s’était assis sur le rebord, s’est endormi et est tombé… Deux fois déjà ici j’ai vu des gens tomber pendant leur sommeil, un homme sur le bord de la route, et un enfant sur un fauteuil, mais un grand enfant de 8-10 ans…

Allez courageusement je repars, et ça monte, ça monte, ça monte…

Et c’est très, très, très beau…

Sur un kilomètre la route est mouillée, il a du pleuvoir, moi j’ai eu du beau temps.   A un moment il y a un espèce de je ne sais quoi, buvette, épicerie, resto, ou peut-être juste un point de rencontre, je suis tentée de demander l’hospitalité, ce serait le mieux, vu l’état de fatigue, le froid qui a commencé à me saisir, l’heure avancée de la journée et la pluie qui menace mais le regard goguenard d’une dizaine d’hommes qui sont là me décourage. Je vais rencontrer deux hommes complètement ivres qui titubent sur la route, l’un porte une bêche, j’ai un peu peur, puis je me rends compte que son état d’ébriété est tel qu’il est inoffensif, une chiquenaude le jetterait par terre. Alors je continue de monter et je n’en peux plus et ça fait bientôt 1000 mètres de dénivelée dans les jambes et j’attends toujours que l’on me calcule les calories que je dois incurgiter pour monter mon vélo et son chargement (soit 60kg) et la pédaleuse (entre 45 et 50 kg)… Je suis très haut dans la montagne quand je vois un hameau de quatre maisons. Je vois d’abord deux hommes, je demande où je peux planter ma tente, là, ou là et il faut attendre la duegna jusque 19 heures. Non pas question d’attendre 19 heures un hypothétique endroit où dormir. Sur le pas de porte de la maison suivante une jeune femme distinguée avec un joli chapeau, je lui demande, pas de problème je peux poser ma tente là, il y a un super carré d’herbe, et pour manger et boire ? Parce qu’il y a une tienda, tenue par sa maman. J’ai ce qu’il faut pour manger, je renouvelle ma provision de boisson. Et pourquoi je ne vais pas au village plus loin, il est à un quart d’heure ? Non, je reste là, le village plus loin peut-être qu’il est à une heure ou qu’il n’existe pas, on m’a déjà fait le coup. Et puis la jeune femme m’offre un cuatro, en fait une place dans sa maison plutôt moderne, très propre avec une pièce unique, je la rassure sur le fait que je n’aurais pas froid dans ma tente. Mon vélo aura droit d’asile dans son hangar, et cette nuit elle, sa mère et son père vont veiller sur moi et de toute façon la région est très sûre.  Autre pays, autre mœurs, au Venezuela ça tournait à la paranoia la peur du village voisin et les dangers de toutes sortes, ici on s’enorgueillit du fait que la région est très sûre. Il pleut, il fait froid, le temps que je boive un sprite bien mérité à la tienda mes affaires se sont mouillées. J’installe ma tente sous la pluie, m’offre quand même ma douche de dépoissage maison. A ce moment-là la jeune femme m’apporte une tisane bien chaude d’herbes encore miraculeuses. Le lendemain je demanderai à bénéficier de ses toilettes, nickel chrome et moderne les toilettes. Je ne sais de quoi elle vit, visiblement elle est seule avec un enfant. Dans ce hameau une autre tienda, une autre famille,  ils ne s’entendent pas…

La nuit sera calme.

Mais avant j’aurai droit à un dernier clin d’œil de la nature…

Bisous tout le monde

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J138 : moins chouette la Panam…

Jeudi 9 juin 2011

Loja-Catamayo

Distance parcourue :   39, 15 km
Vmoy : 11km/h Vmax :  55,2 km/h
Température : minima : 17°, maxima : 29°
Dénivelée positif :  485 m
Dénivelée négatif :   1261m
Heures sur le vélo : 3H33’10 »
Départ :  10 heures 40
Arrivée : 15 heures 48 vélo déchargé dans la chambre

Résumé de la journée

  • Objectif :  Catamayo
  • Conditions météorologiques : couvert, un peu de pluie pas méchante, un petit vent glacial parfois fort, deux rayons de soleil, douceur à l’arrivée à Catamayo
  • Etat de santé : ça va, dents léger mieux (sous antibiotiques, pas ça)
  • Particularités de la journée :

Départ tardif, oui hier j’ai veillé un peu, après je n’arrivai plus à dormir et je ne me suis réveillée qu’à 8h30, mais qu’est-ce que ça m’a fait du bien, le temps de ranger tout mon bazar qui séchait dans une chambre enfin non style salle réfrigérante avec un bon degré d’humidité, et bien il est passé 10 heures et demi, mais je prévois une étape pas démentielle et j’ai remarqué que le temps était meilleur l’après-midi…

Un dernier adieu à la douce Loja…

La sortie de Loja qui monte très fort, je pousse…

La frontière est à moins de 200km, je vais l’atteindre plus vite que ne va arriver ma carte bancaire…

Les 7 premiers kilomètres ne sont pas intéressants, sauf à s’instruire sur ce pays et sa mentalité…

Puis la route va monter et descendre dans un paysage toujours superbe,

pour se décider à monter franchement à un vrai col.

 A un moment (oh pas longtemps cinq ou dix minutes, le vent m’est favorable et je passe de 5,2 à 7,2 ( pour les non cyclo c’est ma vitesse, sachez que je peux faire du 4,8 sans tomber…) . Il y a une vitesse qui décroche, c’est pénible mais pas dramatique, surtout quand tu roules la majeure partie du temps sur la petite vitesse. Surtout mon dérailleur est dur à passer, je parle dur physiquement, le réparateur qui n’y connaissait pas grand chose m’a dit ne rien pouvoir faire, des fois je suis obligée de passer la vitesse avec le creux de la main. C’est très pénible ces gens qui ne comprennent pas que tu puisses avoir des difficultés. C’est comme la sangle pour tenir mon frein, il m’ a mis un morceau de pneu, je lui ai expliqué que je ne pouvais pas m’en servir, mais il n’a rien compris… Bon j’ai acheté un élastique à cheveux, pour l’instant je me débrouille avec… La béquille remise d’aplomb, avec beaucoup de précautions plus le frein avant ça a l’air d’aller…. Prochain voyage, c’est sûr, je change de monture…

Le froid devient intense, je me couvre et évidemment je transpire dedans, mais pas le choix. Et comme ça descend tout droit jusqu’à Ushuaïa je vais franchir un vrai col cette fois-ci à 2648 mètres avec un vent glacial.

J’ai quand même droit à une demi-minute de soleil…

Puis ce sera une longue descente de 20 km sur Catamayo, et quand la route plonge, c’est sûr qu’à la descente c’est mieux…

Vue d’en haut Catamayo est une ville étrange, en son centre un aéroport.

Les maisons sont très espacées . Il y a plusieurs hôtels, j’en choisis un très simple, mais en général c’est mieux que les qui veulent faire bien et sont pourrav… Je prends l’option sans télé, erreur je n’ai pas de prise pour recharger tous mes petits objets… Le sol de ciment n’a pas été balayé depuis plusieurs jours, mais les chambres ouvrent sur un patio et l’ensemble n’est pas sinistre. Ce soir j’irai manger au resto car ce midi (enfin à deux heures, c’était vivres de courses).

J’ai deux options pour demain et les jours suivants : suivre la Panam, mais la circulation d’absente est devenue présente, très tolérable, il ne faut pas exagérer, mais présente quand même. Et un chemin de traverse, probablement une piste. Tous les deux aboutissent à Macara, la ville frontière. Je pense que le chemin de traverse est super sympa mais demandera plus de temps et d’effort. Je verrai demain, la nuit porte conseil…

Allez, belle journée et surtout plus de fièvre… Et pas encore la rage…

Bisous à mes copains…

Bisous à vous tous, famille et amis fidèles…

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J137 : Loja la douce, Loja la tendre

Mercredi 8 juin 2011

Peut-être est-elle douce grâce à son climat, perte d’altitude, gain en degrés, pas de neblina le matin, le midi et le soir…

Je suis rentrée par la grande porte

Et j’ai décidé de rester là un jour, pour tenter de faire réparer mon dérailleur et ma béquille, pour me reposer un peu, pour mettre à jour mon blog, je ferai les deux premiers, pas le dernier, je suis trop fatiguée et j’ai besoin de beaucoup dormir. Et puis j’ai compris une chose aussi c’est que pour me reposer j’ai besoin d’une température clémente et de calme, à Loja je les ai eus…

Loja et ses couleurs tendres…

Loja et ses feux d’artifice

Loja, ses formes et ses couleurs

Loja, son église bien sûr

A Loja j’ai fait réparer mon vélo, pas un vrai massacre mais juste, il sait pas, il règle le dérailleur avec le boulon, il répare la pédale gauche, perd un roulement, j’ai bien vu qu’il en cherchait un petit, n’en avait pas, ma pédale a un roulement en moins, perd une autre pièce de ma pédale, à deux on mettra une demi-heure pour la retrouver, changer le câble du dérailleur ? Il ne sait pas. Graisser le câble ? Il faut de la graisse spéciale, il n’en a pas. La béquille, rafistolage… Stop on arrête tout, ça va être le massacre des Saints Innocents…

A Loja j’ai été chez le coiffeur, le massacre des Saints Innocents aussi, l’attente 5 minutes, le temps de coupe, 5 minutes, le prix 5 dollars. J’avais dit aussi 5 cm, pour le même prix elle a fait dix centimètres et quand le premier coup de ciseau cranteur a été donné c’était trop tard pour arrêter le massacre, maintenant je ressemble à ça : (âmes sensibles fermez les yeux…)

Et avec le son… Plus tard, j’ai vraiment des problemes avec mes videos… Ca tombera plus tard, comme la pluie… En trombes…

Allez depuis ça a repoussé un peu et ça va mieux ou je m’habitue à ma tête de petit garçon tendre et innocent…

A Loja j’ai flané aussi, ça m’a fait du bien…

J’ai aimé Loja, la douce, la tendre (la migale c’était sur la route, pas à Loja)

Tendres bisous à tous

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J136 : ni assassinee, ni mourue je repars…

Bivouac près de l’abribus au bord de la Panam – Loja

Mardi 7 juin 2011

Distance parcourue : 58,58 km
Vmoy :  10,1 km/h Vmax :  46,9km/h
Température : minima : 15°, maxima : 27°
Dénivelée positif : 617 m
Dénivelée négatif : 1585 m
Heures sur le vélo : 5H46’42 »
Départ :  entre 8heures 30 et 9 heures
Arrivée :  je sais plus

Résumé de la journée

  • Objectif :  Loja
  • Conditions météorologiques : pluie le matin puis ça se lève, soleil, vent froid
  • Etat de santé : meilleur
  • Particularités de la journée : je pedale… C’est deja pas mal…

J’en fais tellement que si je n’écris pas aussitôt j’oublie…

Alors les points forts :

  • L’aspirine est aussi inefficace qu’il me colle des bourdonnements d’oreille pas possibles…
  • Je fais quelques photos de ce qui aurait pu être ma tombe, il faut reconnaître que c’eût été une belle tombe (au passage admirez le plus que parfait du subjonctif, ah la mort, une tombe, du plus que parfait, je pourrais discourir longtemps sur ce sujet, ce qui d’ailleurs comblerait l’oubli de ce que fût cette journée…) Et y a meme la croix deja mise… Pourquoi n’avoir pas dormi cachée des regards dans cette maison abandonnée ? Parce que j’étais mieux dans ma tente, voilà c’est tout…

Le matin il pleut, mais l’après-midi j’ai du ciel bleu

La route est superbe, la circulation rare, ça monte, mais ça va descendre beaucoup aussi et je vais gagner en degrés

Le paysage est toujours sublime

Enfin des admirateurs

Et admiratrices

Que la terre soit rouge ou jaune elle est exploitée, des briques seront faites, assorties à la montagne, les maisons rares sont toujours sympas

J’arrive à Loja, demain repos et retéléphone pour la carte bancaire

Encore un peu de beau pour clore cette journée qui fut belle

Bisous tout le monde

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J135 : un cadavre au bord de la Panam…

Lundi 6 juin 2011

J’ai passé une nuit affreuse, malade à crever, l’avantage c’est que même pas peur… Le matin je suis encore toute raplapla, j’ai de la fièvre et de la diarrhée, je temporise pour me faire transporter à l’hôpital et reste dans mon duvet dans ma tente. La pluie de la nuit et du matin feront place à un beau soleil qui me cuira l’après-midi.

J’ai le droit à deux visites et quelques klaxons.

Première visite un homme qui ressemble plus à un touriste qu’un autochtone, il me dit qu’il a vu la tente depuis deux jours, que je suis très imprudente, que je suis au bord de la Panam, je lui explique mon problème, il me dit que je n’ai qu’à prendre le bus mais il ne s’inquiète pas de savoir si j’ai ce qu’il me faut, je manque notamment d’eau et me rationne, ce qui n’est pas très malin quand on est fébrile. Puis il y aura Monsieur, Madame et Petit Caniche, eux ce sont des curieux, ils me disent que je devrais voir un médecin mais eux-aussi me laissent crever de soif. Deux fois une voiture me klaxonnera, je n’ai pas le temps de sortir de la tente qu’ils sont repartis. Je me suis enfin endormie dans l’après-midi quand un camion me réveillera à grands coups de klaxon…Je ne peux rien manger, réduis mes boissons pour tenir encore le lendemain.

Comme je vais un peu mieux je passe une nuit morte de trouille et à chaque fois que j’entends un véhicule ralentir j’ai la frontale (éteinte mais prête à allumer sur le front et l’opinel  ouvert cran d’arrêt mis dans les deux mains vu que la main droite (merci les médecins de l’hôpital) écrabouillée ne peut tenir fermement un couteau, d’ailleurs si attaque il y avait eu je me demande comment j’aurais fait pour appuyer sur le bouton de ma frontale tout en maintenant l’opinel des deux mains… J’en suis presque à regretter de n’être plus mourante, parce que mourante on pouvait m’assassiner, j’en avais rien à faire…

A 6 heures 15 du matin on me reklaxonne, j’ai le temps de sortir ma tête de la tente, je suppose que ce sont les mêmes qui m’ont klaxonnée hier, je réexplique mon problème et dis que je me sens mieux, que je vais partir ce matin mais que j’attends qu’il ne pleuve plus, oui parce que bien sûr il pleut… Eux non plus ne vont s’enquérir de savoir si je manque de quelque chose… Heureusement que je vais rencontrer d’autres équatoriens qui m’aideront, sinon mon idée sur les équatoriens n’est pas très très bonne. Depuis j’ai discuté avec certains, les indigènes, les métis et les purs sang (espagnols) se tolèrent mais ça ne va pas plus loin, enfin se tolèrent juste, les indigènes sont quand même considérés comme des gens inférieurs et incultes, je comprends mieux maintenant ma communauté quetchuase qui s’est repliée sur elle-même pour mieux se protéger…

Quelques personnes seulement m’ont ouvert leurs portes et leur cœur, bien sûr il y a mon guide quetchua, il y a Catarina, il y aura la personne dans le col venté et pluvieux qui m’offrait de partager sa chambre et la dame du tout petit village qui m’a offert sa pelouse et à manger et d’autres aussi, mais pas la majorité… Cela vient peut-être aussi du fait qu’ici il y a des « gringos »… Moi on m’a dit plusieurs fois que je n’étais pas comme les autres, d’abord les gringos ils ne parlent qu’anglais, moi je parle l’espagnol, les gringos ils se font servir et ne parlent pas avec ceux qui les servent, moi je parle beaucoup… Mais quand je suis malade je ne parle plus… Au Venézuela c’est tout un peuple qui m’a ouvert son cœur et ses portes, en Colombie, beaucoup, beaucoup, beaucoup, ici moins…

Je ne serai pas encore assassinée cette nuit-là… Quand même c’était un bel endroit pour se faire assassiner…

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J134 : j’en veux mais j’en peux plus

Dimanche 5 juin 2011

Saraguros – Bivouac sur la Panam pas loin d’un abribus

Distance parcourue :  12,04 km
Vmoy : 5,3 km/h Vmax :  45,5 km/h
Température : minima : 16°, maxima : 27°
Dénivelée positif :  411 m
Dénivelée négatif : 157 m
Heures sur le vélo : 2H16’02 »
Départ : vers 8h30
Arrivée :  vers midi

Résumé de la journée

  • Objectif : avancer
  • Conditions météorologiques : je ne sais plus
  • Etat de santé : affreux, malade à crever
  • Particularités de la journée : ça monte, je pousse, je suis malade à crever, je fais 10 mètres, m’arrête, repars et m’écroule sur un banc d’un abribus, puis plante ma tente au bord de la Panam loin de toute habitation, malade à crever, me dis que lendemain je fais du stop et vais à l’hôpital à Cuenca.

Hier j’étais malade, j’avais de la fièvre et n’arrivais pas à bouger. Ce matin je ne suis pas en forme mais arrive à me lever, je me dis qu’avec du doliprane ça va aller, et bien ça ne va pas aller… La route monte, ça c’est comme d’habitude, le ciel est couvert.

Le paysage superbe comme d’habitude

Je n’arrive pas à pédaler, et bientôt je n’arrive plus à pousser, je fais 10 mètres, je m’arrête, refais 10 mètres, ça tourne au cauchemar. Je m’effondre sur un banc d’un abribus.

 Je vois quelqu’un, je lui dis que je suis malade, lui demande où je peux planter ma tente, il me dit que je peux la planter là, que l’endroit est sûr. Là c’est le deux mètres carrés sur la route à coté de l’abribus. Le village qu’il dessert est 2 km et 300 mètres plus bas, c’est au-dessus de mes forces. L’homme me dit qu’il y a un village à un quart d’heure de là, oui dans l’état où je suis ça peut mettre une heure, j’ai tout le mal du monde à m’extraire du banc, je fais 50 mètres, il y a un endroit avec de l’herbe, protégé de la route par un rebord, je plante ma tente et m’effondre.

Je vais de mal en pis. L’après-midi le soleil fait son apparition, je me dis que c’est bien ma chance ça, je cuis dans la tente, je sors la tête, me fais un coin d’ombre. J’ai quand même le réflexe de faire sécher mes affaires au soleil. Je me dis que je vais attendre la nuit et que si ça ne va pas mieux le lendemain je ferai du stop pour aller à l’hôpital de Cuenca. J’ai beaucoup de fièvre, je vais vomir une fois, je me sens très très mal, j’essaie l’aspirine sans résultat. Je sais que là où je suis c’est dangereux mais je suis si mal que je n’ai même pas peur, juste je voudrais que ça aille mieux, je dors à grands coups répétés de somnifères. Attends le jour pour aller me faire soigner. Personne ne m’assassinera durant la nuit…

Besos a todos

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J133 : Saraguros

Samedi 4 juin 2011, probleme avec les dates, selon le compte a rebours c’est  samedi 4 juin et moi je croyais y etre restee le dimanche…

Je suis arrivée a Saraguros la veille, j’ai trouvé un hôtel qui me semblait « sûr » où je peux éventuellement laisser vélo et bagages pour aller chercher ma carte de crédit à Cuenca, mais carte de crédit il n’y aura pas…

J’arrive sous la pluie, Saraguros m’enchante, tous ses murs sont tagués…

Mon préféré

Quelques autres

Brouillard et pluie rendent féérique cette petite ville….

Nous sommes samedi soir, les jeunes vont faire la fête.

Et moi je trouve enfin un endroit cool où je peux boire une bière tranquilos, en fait je cherche un resto, on me fait monter un premier escalier très sombre,

puis un deuxième, sûr je vais dans un endroit de perdition…

et je découvre un endroit aimé des jeunes, la bouffe est dégueu, mais ça change des couloirs de métro…

Je me dis que le lendemain je retournerai là, j’ai besoin de m’éclater un peu, et les danses vénézueliennes me manquent, bin oui, j’ai envie de rire, de danser, de chanter, faire la fête quoi, le lendemain je resterai au lit, fièvre, je me force à sortir le midi pour manger, c’est un calvaire, et puis la ville sans la pluie, un dimanche où tout ou presque est fermé, ce n’est plus la même ville…

La ville est très « indigène », presque tous portent le costume traditionnel et les femmes sont très belles revêtues de la longue jupe en espèce de velours noir, d’un chemisier blanc brillant brodé et d’un poncho en velours noir brillant aussi, le tout rehaussé de bijoux colorés, je ne prends pas de photos, j’ai déjà demandé la permission qui m’a été refusée, alors je respecte, euh, pas toujours…

Le lendemain je partirai quand même, funeste erreur…

Besos de una que va a morir cerca de la panamericana…

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J132 : un jour ordinaire…

Vendredi 3 juin 2011

Bivouac au-dessus de San Felipe de Oro – Saraguros

Distance parcourue : 32,89 km
Vmoy : 7,6 km/h Vmax : interférence électromagnétiques (essayez avec l’appareil photo c’est encore mieux qu’avec l’ordi, les vitesses défilent à folle allure, tout ça parce que je voulais photographier l’altitude…)
Température : minima : 13°, maxima : 27°
Dénivelée positif :  663 m
Dénivelée négatif :  791m
Heures sur le vélo : 4H19’24 »
Départ :  vers 8 heures 30
Arrivée : je sais plus

Résumé de la journée

  • Objectif :  Saraguros
  • Conditions météorologiques : couvert, froid, pluie
  • Etat de santé : RAS
  • Particularités de la journée : ça monte, j’ai pas mal froid, c’est magiquement beau, il pleut, une journée ordinaire quoi…

Article écrit en décalé, évidemment j’ai tout oublié, enfin presque…

Les points forts :

  • Bonjour la neblina du matin

Adieu le bivouac tranquilos et ses taureaux gentilos

Adieu Piet que j’ai laissé mourir de faim, maintenant je prends deux fois plus de provisions et je mange tout… Depuis j’ai des nouvelles, il a retrouve la forme lui-aussi et nous ne devons pas etre loin l’un de l’autre, ouf il est pas mort a cause de moi…

Ca monte, j’ai bien fait de m’arrêter avant, ce que j’estimais à une heure trente n’était qu’à une heure, mais derrière aucun endroit sécurisé ( c’est-à-dire aucune habitation et rien pour se camoufler) pour un éventuel bivouac.

Bonjour mes copains

Rebonjour le jaune

  • Rebonjour le rouge

Tiens là les couleurs sont par tranches

Et la route est belle de chez belle

Et bien sûr pour pas changer ça monte, je repasse les 3000 et je me caille..

Oué je me caille un max

Mais le paysage est somptueux, comme d’hab…

Il est même plus que somptueux, il est magique

Et pour ne pas changer il ???????? pleut…

J’atteins mon objectif, Saguros, petite ville sympa avec partout des dessins sur les murs : mon préféré (j’y retrouve les courbes et la sensualité…)

Je trouve un hôtel sympa, je téléphone, espère ma carte de crédit arrivée, rien…

Besos a todos

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Nouvelles breves : lundi 13 juin 2011

Bonjour a tous

Je suis a Macara, ville frontiere avec le Perou.

En suivant le rio qui fait frontiere j’avais encore les larmes aux yeux…

Les antibiotiques sont remarquablement efficaces sur mes dents… J’ai une pëche d’enfer et j’ai retrouve le soleil.

Helas ma carte bancaire, elle, n’est pas arrivee, je vais patienter un jour ici puis je passe au Perou, j’espere que cela ne va pas ëtre trop complique de faire des aller-retour, voila cette histoire de carte et de vol gache un peu mon plaisir…

Bisous a tous

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