Nouvelles breves : mercredi 13 juillet 2011

Bonjour a tous

Tout d’abord bon anniversaire a ma fille, ici on est encore le 13 juillet…

La connection est ultra ultra lente, les articles seront pour plus tard… Les reponses aux commentaires aussi

Je suis a Santiago de Choco, petit village perdu dans la montagne, sur une route perdue

J’ai fait du tres tres tres dur…

J’ai bivouaque a 4100 metres, passe un altiplano a 4200 metres mais c’etait pas ca le dur, j’ai pas le moindre mal des montagnes… et le 0 dans la tente et la tente gelee et givree c’est pas dur non plus…

Non, le dur c’etait la piste horrible de chez horrible, pierres, gravier, sable, poussiere, pentes terribles, derapages en tous genres, tres tres dur, les jours suivants devraient etre plus faciles…

Et bien sur des milliers d’aventures, vous saurez tout ca plus tard…

Voila je vais bien, je me gele, le moral est au zenith, bisous a tous

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J156-J167 : standby 1 : mes trucs a moi en attente

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Nouvelles breves : vendredi 8 juillet 2011

Bonjour a tous

Je vais essayer de mettre des articles en ligne, mais je crois que c’est mission impossible… Connexion lente partagee entre 6 utilisateurs…

Voila il m’est encore arrive des aventures… Mais tout va bien, la sante est bonne, les dents ca tient, ils ont pas appele pour le chien donc y doit pas etre enrage… Enfin celui du Perou car celui de l’Equateur on sait pas… Le moral est au zenith comme le soleil… J’ai pris du retard dans mon voyage, rendez-vous donc toujours en fevrier a Ushuaia mais plutot en 2013…

La je suis dans un tout petit village a Poroto, j’ai pris un taxi moto pour y aller car la ou je dors il y a pas d’internet et que 20 maisons.

Je dors dans une chambre chez l’habitant, le paysage est superbe, les montagnes pelees et mon coeur en fete…

Ca va monter dur, la route va se transformer en piste dure et je vais faire un detour de 100 km, mais c’est mon choix…

Pour les amateurs de google earth je dors  a Shiran, puis je me dirige vers Otuzco que je laisse sur ma gauche, puis vers Santaigo de Chuzco, puis je vais voir coment rallier le canyon del Patio et Huaraz.

La police me surveille de pres mais pas d’escorte rapprochee pour l’instant, donc pas d’inquietude.

Vous allez rigoler mais je risque encore de manquer d’argent vu qu’ici pas de banque, pas de distributeur d’argent, et j’ai eu des frais imprevus… J’espere en trouver a Otuzco, sinon comme d’hab je garde de cote pour un bus, j’ai vraiment calcule une heure de bus = un jour de velo…

Je vous rappelle que mon anniversaire est le 21…

Bisous tout le monde

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Nouvelles breves : mercredi 6 juillet 2011

Bonjour a tous

Premiere chose : j’ai un numero de telephone : 981982931
Pour Jean-Luc, j’ai pris movistar, meilleure couverture dans la sierra, quand tu recharges, attention il y a des promotions qui durent que quelques jours, moi j’ai pris 1 mois sans promotion et quand je recharge ca peut durer un mois, ca se recharge partout, principalement dans les pharmacies… J’espere que ca va marcher car le hollandais que j’ai rencontre avec movistar il a eu les memes problemes que moi en Equateur (de telephone), et des difficultes a debloquer le telephone…Au passage Jean-Luc, je veux pas te faire peur mais j’ai demande a tous les cyclos rencontres si c’etait posible de rallier Caracas a Ushuaia en 9 mois, reponse unanime, oui c’est possible mais a condition d’aller tres vite et de faire tout par la Panam et c’est pas interessant… Bon tu aviseras sur place, moi je programme pas au jour le jour mais a la petite semaine… Et je renonce pas a mes chemins de traverse, les plus beaux et aussi ceux qui procurent le plus d’emotions… Au fait les suisses que j’avais laisses sur place dans la cote apres mon bivouac avec Diego sur les bords du rio Magdalena et qui ensuite avait pris un bus faute de temps, ils sont arrives hier a la Casa et en plus en Equateur on a pas arrete de leur dire que j’etais devant, je suis parait-il connue comme le loup blanc, la femme qui traverse seule l’amerique latine en velo, quand je leur ai dit que moi j’avais eu 120 jours pour le Perou, je les ai acheves… Sont sympas quand meme… Voila, ca y est mon velo est repare, le changement de vitesse du pedalier est un peu dur pour moi et il a ete un peu amenage, c’est un peu dur pour monter la vitesse donc c’est pas trop grave, et on m’a conseille de faire comme Lance Amstrong, de rester sur le moyen plateau… Mais moi suis moi …

Hier journee de vrai cyclo avec les autres cyclos, 30 km pas charge, les ruines de Chan Chan, l’Atlantique, le cerviche (poisson bon) puis encoré la moitie de la nuit sur mon velo, raison pour laquelle je pars que demain, et je voulais aussi regler mon probleme de telephone, retirer de l’argent, imprimer la carte de Enzo, MERCI Enzo……

Et voila je pars seule par une route parait-il tres tres dure, mais je pars seule, je prendrai mon temps… Pour ceux qui me suivent sur google maps, je rejoins le canyon del Pato en partant direct de Trujillo vers la sierra. Je peux pas dire le nom de la ville, faut que j’achete une loupe pour lire la carte d’Enzo…

Je ne sais quand j’aurai une autre connexion internet

Bisous a tous

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J155 : le désert, suis escortée par la police, la sème, ils se vengent, m’arrêtent et m’emprisonnent…

Samedi 25 juin 2011

Péage sur la Panam -Trujillo

En vélo
Distance parcourue :  62,5 km
Vmoy : 11,5 km/h Vmax : 30,1 km/h
Température : minima : 21°, maxima : 31°
Dénivelée positif : 99  m
Dénivelée négatif : 158 m
Heures sur le vélo : 5H23’44 »
Départ :vers  8 heures 30
Arrivée :  dans la nuit vers 21 heures après les multiples aventures…

Dans les voitures de police je sais pas… Il y en a eu tant, et les attentes et les transferts et ceux qui conduisent comme des malades et les contrôles et contraventions…

Résumé de la journée

  • Objectif : avancer, trouver un endroit sûr où dormir
  • Conditions météorologiques : vent glacial de face mais jambes à l’air, soleil
  • Etat de santé : bon
  • Particularités de la journée : le désert, j’affronte   le ponton le plus long du Pérou, escorte discrète par la police, je la sème, surveillance très rapprochée, arrestation, emprisonnement, libération à Trujillo devant la casa de ciclista…

Je quitte mon péage peu bucolique et surtout bruyant mais avec toilettes et douche… Enfin moi la douche froide c’est que pour me dépoisser, le matin, non…

Un point carte de temps en temps est nécessaire…

Je vais rester quelque temps dans une oasis, de somptueux lauriers roses bordent la route…

Je retraverse la désert…

Et le désert c’est, je suis désolée, le désert me fascine, je vais le faire plus court qu’hier…

Des hommes qui luttent pour vivre dans des conditions hostiles…

Des formes bizarres, on ne sait qui les a façonnées, l’homme ou le vent ?

Bien sûr les sculptures modernes, assorties au klaxonde l’abuela machinchose…

Et l’abuela machinchose elle profite de sa pose déjeuner pour faire sécher ses affaires…

Et le vélo, malgré la présence de temps en temps d’un village il se sent tout seul et il adore, il sait pas encore qu’il est pas vraiment tout seul… l’ordi du cyber l’a vole le bleu du ciel ou celui de ma serviette…

Quand meme il va rencontrer sa premiere boutique de velos…

Un gant perdu lui rappelle qu’ici comme ailleurs tous on casse, pas que les vélos, tous les camions, les voitures, les bus, les motos, les taxi-motos, tous…

La pub, toujours… Mais des fois c’est sympa la pub

Les girafes sont omniprésentes…

Et parfois une usine surgit de nulle part…

Le soleil brille et le vent glacial continue de souffler fort de face ou de trois quart face, je vois bien de temps en temps une voiture de police, mais je ne me doute pas qu’elle est pour moi, je continue à baguenauder, ai du mal à évaluer les distances pour savoir où dormir quand me prend l’idée de faire le détour par un village au bord de la mer, je ne le sais toujours pas, mais je viens de semer l’escorte policière… Oué parce qu’une cycloabuelafluo c’est du genre imprévisible et 5 mn avant de faire le détour pour aller revoir le Pacifique elle savait pas qu’elle allait faire le détour, alors la police elle s’est fait avoir et elle a perdue ma trace, je ne le sais pas encore, je ne sais pas non plus que leur vengeance va être terrible. Je traverse donc la petite ville côtière de Pacamayo.

Mon vélo l’est content car il va pas sur la plage…

Me voici à nouveau devant le Pacifique et je vois que le ponton (la muele) est accessible à pied. J’apprendrais que c’est un des pontons les plus longs du Pérou.

Je laisse mon vélo à la garde de deux femmes qui vendent je sais pas quoi à manger…

Fais une dernière prière au ciel…

Avant je me suis renseignée une dernière fois sur la possibilité de rallier Trujillo dans un bateau de pêche, non c’est trop dangereux, il faut attendre la nuit quand le vent faiblit, et c’est pas toutes les nuits, et il n’y a pas de port, et c’est comme en montagne le créneau de bonnes conditions météorologiques est très court, je renonce…

Et je m’engage sur ce truc, l’entrée est payante, une sole, je dis à la personne qui fait payer que je paierai au retour car mon porte-monnaie est dans mon vélo, ce qui est vrai, au retour je vais payer car je suis pas une voleuse, je dis que c’est cher une sole pour avoir la peur de sa vie, il me dit que de toute façon je ne paie pas, je remercie, cela me fait un quart de paquet de chamallows en plus.

Adieu la terre ferme…

Voilà je m’engage sur ce ponton, c’est hyper impressionnant…

Les vagues s’écrasent avec fracas sous mes pieds…

Les planches sont disjointes…

il y a des trous par où on peut tomber si on ne fait pas attention, certaines sont complètement pourries et le vent souffle fort, et bien c’est plus difficile que de cheminer sans corde, sans piolet, en tête au milieu des crevasses à 5300 mètres et dans le froid et le brouillard. Pour franchir les derniers cinquante ou cent mètres, je sais plus il n’y a plus de barrière protectrice. Deux hommes pêchent, je demande la main de l’un d’entre eux, il me la prêtera jusqu’au bout et même pour tout le retour, m’indiquant où mettre les pieds. Je lui demande si c’est dangereux, oui, c’est dangereux, un homme s’est tué l’an dernier, oh la la la la, y a pas suis plus à l’aise en montagne que sur les eaux. L’homme qui m’a prêté sa main est venu pêcher le week-end, je crois qu’il va raconter à tout le monde qu’il a permis à une française d’affronter le grand danger de la muele…

Aucun des visiteurs ne s’aventurent jusque là…

C’est très hard…

Très, très, très hard…

Je retrouve mon vélo, puis je rejoins la Panam et le désert…

Et là la police ne se fait plus discrète, ils ont trop peur de me reperdre, devant, derrière, devant, derrière, devant , derrière, je prends une photo, elle sera ratée, ils me dépassent et  me font signe de ne pas m’arrêter, quand j’arrive à leur niveau, je leur demande pour Paijan, la zone dangereuse, ils me disent que pas de problème, je suis escortée jusqu’à Trujillo. Les devants derrière commencent à devenir très pénibles, je n’ose plus prendre de photos, n’ose même plus m’arrêter pour boire, je regarde même plus ma carte, je pédale comme une malade avec le vent contre, et je sens bien que la police s’impatiente, je suis à nouveau dans le désert, je sens que j’ai fait une bêtise, j’aurai du aller au village qui est en dehors de la route pour dormir, mais cette escorte policière m’a fait perdre les pédales. Je suis épuisée et ne peux pas faire 50km de désert à cette heure-ci… Les policiers m’arrêtent et me disent que maintenant je vais monter dans leur voiture, je leur dis que mon projet est de faire tout à bicyclette, je propose de faire demi-tour et d’aller dormir au village précédent. Il n’en est pas question, je dois monter dans leur voiture, je demande alors de me laisser à un endroit sûr le plus proche d’ici, ils acquiescent, ils veulent rentrer le vélo avec ses bagages dans la voiture, là ils rêvent, j’ai beau leur dire que ça peut pas rentrer ils essaient, bon ça rentre pas. Je décharge mon vélo.

Un des policiers a envie de faire le trajet avec mon vélo, mais ça va pas la tête ?

Attends moi je veux bien jouer aux gendarmes et aux voleurs, mais là y en a qui trichent, se sont déguisés en gendarme et sont voleurs… Ouf, il revient…

Dans la voiture il y a un b… pas possible, c’est moi qui vais abaisser le siège (et pour l’abaisser il vaut mieux enlever ce qu’il y a dessus) et enlever la plage arrière, eux ils ont jamais fait… Je demande l’autorisation de me couvrir, je commence à me geler, je l’ai. Je donne des conseils pour rentrer mon vélo, mais ils écoutent pas trop, bon on arrive à tout coincer, le vélo, mes bagages, les 3 policiers, moi, entre les pieds j’ai un fusil, j’espère que le cran de sécurité est mis… Quand même ils ont pitié et me donnent à boire un liquide de réhydratation d’une jolie couleur bleu ciel, c’est ce qu’ils boivent eux, je dois boire, bin oui maintenant que je peux je bois, c’est aussi dégueu que le Gatolate, ça a pas la même couleur, là c’est Pepsi qui a le marché, mais ça réhydrate. Ils vont m’emmener à Paijan pour dormir…

Oui sauf qu’à Paijan ils disent que c’est trop dangereux, et ils vont nous transférer mon vélo, moi et mes bagages de patrouille en patrouille, promettant toujours de laisser au village suivant…Je vais ainsi être transférée six fois, en même temps ils font leur vrai boulot : une grande lampe éblouissante est branchée à la batterie de la voiture (oué parce que maintenant c’est la nuit…), l’un éblouit les voitures qui arrivent en face,le deuxième siffle et  le troisième contrôle et moi j’attends la patrouille suivante, et là ça recommence, les bagages,le vélo qui souffre… Dans une des voitures de patrouille nous serons 3 devant… Dans une autre je pourrai aller sur leur ordinateur et montrer ma page sur internet, bon ils sont sympas, sauf deux voitures, ils exécutent les ordres, mais voilà quoi, qu’est-ce qu’il m’arrive, mais moi il m’arrive rien, moi j’ai rien demandé… Mais les ordres sont les ordres, il y a eu 7 attaques, maintenant tous les cyclotouristes sont escortés, moi je les ai énervés un peu car étant totalement imprévisible je les ai semés, d’où la surveillance très rapprochée et  l’arrestation… Gentille quand même l’arrestation, mais ferme… Les ordres sont les ordres… L’avant dernière voiture commande une camionnette… Là je vais avoir la peur de ma vie, celui qui conduit est un jeune qui s’y croit, il conduit à une vitesse folle, double avec des voitures en face, ça passe très juste, nous arrivons dans Trujillo, il va tout faire en double file sans sirène, sans girofare, il va arrêter une voiture qui le gênait, soit-disant qu’il a passé au rouge. Moi je dis rien, juste je me cramponne, j’ai donné l’adresse de la casa de ciclista, nous arrivons il est très tard, presque 21 heures, je sais qu’il faut frapper très fort. Personne…

Mais les voisins sortent, je dis à la police qu’ils peuvent me libérer, là tout va bien. Ils n’insistent pas et me libèrent, ouf.

Les voisins appellent Lucho qui n’est pas chez lui, mais sa femme va venir, entretemps des cyclotouristes rentrent, je dis que ce n’est pas la peine de déranger Lucho et sa femme, je vais m’installer et ne les verrai que demain. Non Lucho vient, il doit être 11 heures du soir, ils m’embarquent chez eux pour me donner à manger, puis me ramènent à la casa de ciclista, je vais inaugurer (pour moi) un autre mode de transport, assise sur le guidon du vélo de Lucho qui conduit très vite et n’importe comment, mais même pas peur… Pour ceux qui ne le savent pas Lucho est un ancien coureur cycliste de niveau international, son fils s’appellent Lans (Lans Amstrong, c’est tout dire…). Minuit sera largement dépassé quand enfin je vais pouvoir dormir… Rude journée… Mais suis quand même la première cyclotouriste du monde à débarquer a la casa de ciclista de Trujillo dans une voiture de police, et une camionnette…

Je sens que la suite du voyage va être difficile, là je sais plus trop quoi inventer pour me rendre intéressante et vous intéresser, je résume pour les nouveaux arrivants :

  • Le chemin emporté par les éboulements dés le 3ème jour au Vénézuela, nécessité de portage, un endroit dangereux à passer, 2 jours sans manger, 1 sans boire, je crois que je vais mourir d’épuisement… Mais y a eu le bivouac dans la jungle…
  • L’attaque des brigands au Vénézuela…
  • Quatre accidents : deux au Vénézuela, celui qui impliquait 4 camions, un chien et une cyclo, moi juste prise en sandwich, celui où le vélo m’a emportée et je me suis cassé le doigt et rompu un tendon. Deux en Colombie : le bus qui a fait voler en éclat mon rétro, celui qui m’ touché la sacoche arrière me propulsant sur l barrière de sécurité. (Mais des milliers d’accidents évités). Je compte pas les chutes dans la boue sans gravité…
  • Deux morsures de chien
  • Des coups de soleil pas possibles, ici ils utilisent des espèces de bas pour se protéger les bras et le visage
  • Des coups de froid pas possibles avec mains paralysées et descente avec freinage très très très limite…
  • L’attaque de la tente par les indiens d’Amazonie avec une énorme pierre (que j’avais pris soin de mettre à disposition…)
  • La pluie qui tombe tout le temps, les éboulements, la pierre qui atteint ma roue avant, les routes coupées
  • Le vol dans un hôtel, ça c’est le plus dur…
  • La faim, les vertiges, dur aussi ça
  • Les multiples maladies, les fièvres à répétition
  • Le bivouac deux jours et deux nuits au bord de la Panam, mais ni mourue ni assassinée
  • A mon passage les volcans se réveillent, la pluie se met à tomber dans le désert, le peuple se révolte…
  • Les arrivées dans la nuit…
  • La prise d’otage à Miranda, Venezuela
  • L’escorte de la moto de la télévision nationale au  Vénézuela
  • La maladie à 3500mètres dans un village de 10 maisons et impossibilité d’avoir une assistance médicale (en bas route coupée et en haut col à 4000 sur une mauvaise piste et 2 heures de voitures pour rejoindre le premier centre de santé…)
  • Le concours de danse
  • Les explosions de tête sur les portes trop petites
  • Les transperçages de jambe par les bestioles
  • L’incubation de la dingue, du palu,de la rage et que sais-je encore
  • La navigation à vue dans le brouillard dans les crevasses à 5300 m sans corde, sans piolet et 1000 mètres de vide à droite et à gauche…
  • Les multiples ennuis techniques de vélo, ceux qui veulent m’aider qui cassent encore plus, allant jusqu’à casser mes outils…
  • L’escorte de la police, l’arrestation, l’emprisonnement
  • MAIS ???? Zéro crevaison….
  • Les immenses joies et émotions là je les raconte pas une deuxième fois, elles sont à jamais dans mon cœur…

Mais qu’est-ce que je vais encore pouvoir inventer ? Je sais pas, je sais pas, je cherche, je cherche…Bisous tout le monde

 

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Nouvelles breves : samedi 2 juillet 2011

Bonjour a tous

Je suis a Trujillo a la casa de ciclista pour une duree indeterminee, j’espere la plus courte possible…

Diagnostic et pronostic du velo tres sombre : la jante avant est sur le point de casser, les pignons a l’arriere ont un jeu pas possible, les derailleurs et freins sont nases, le pedalier et pedales aussi, le pedalier pas adapte a ma taille, ils m’ont mis en France le plus bas de gamme, et ici ca n’a pas resiste… Je sais maintenant demonter et remonter entierement un velo.

Je suis en tres bonnes  mains, la competence de Lucho est reconnue mondialement, mais necessite de commander les pieces a Lima, et ici on est en Amerique du sud, la notion du temps n’est pas la meme…

Sinon le chien est toujours vivant, a la place d’une bequille je vais avoir un baton, ca va aussi servir pour les chiens…

J’ai reussi a faire pleuvoir dans le desert…

Et quand j’ai lu le contrat d’assistance que j’ai avec ma carte bancaire je pouvais avoir une carte provisoire en 48 heures dans n’importe quelle banque portant le logo visa et 2000 euros en especes, bon quand je reviens je vais les mordre, et pas qu’eux d’autres, je fais ma liste… Ici quand tout est fini on dit listo…

La je prends les choses avec philosophie, j’espere ne pas attendre aussi longtemps que les francais que j’ai croises sur leur tandem, ils ont aussi casse la jante, ont attendu 3 semaines a la Paz, les suisses aussi ont casse la jante…

L’espagnol a casse le frein, les bresiliens je sais plus, les argentins je sais plus, je crois que l’allemand il avait pas casse, mais moi j’ai le palmares de la casse et j’aurai pu me tuer, j’ai un buen suerte

Ici on casse tout, mais pas autant que moi car moi on a profite de mon incompetence et aussi les comditions ici sont extrememnt dures, nul ne peut imaginer, et mes chemins de traverse je les abandonnerai pas pour autant… Janodou, privilegie la solidite avant tout… Hier on a aussi repare le trou de ma tente, les trous de mes sacoches, y a que les pneus qui sont bons (et aussi l’abuelacyclofluo), 0 crevaisons pour venir de Caracas a ici zon jamais vu ca…

Bisous a tous, le sante est bonne, le moral parfait, tout va bien, et suis tres entouree

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J154 : le désert

Vendredi 24 juin 2011

Pimentes – Péage sur la Panam 

Distance parcourue : 71,48km
Vmoy : 11,6 km/h Vmax : 27,4 km/h
Température : minima : 20°, maxima : 33°
Dénivelée positif : 88 m
Dénivelée négatif : 46 m
Heures sur le vélo : 6H03’45 »
Départ : 8 heures 30
Arrivée : tard mais avant la nuit

Résumé de la journée

  • Objectif : avancer
  • Conditions météorologiques : vent glacial de face mais jambes à l’air
  • Etat de santé : bon
  • Particularités de la journée : départ sous escorte policière, je suis la cote, puis rejoins la Panam, le désert, le vent glacial de face, j’ai faim, quelque difficultés à trouver une endroit où dormir, je vais dormir au péage, c’est bruyant mais suis en sécurité, et en plus des toilettes j’ai une douche et mon coucher de soleil des mers du sud.

Une abuelacyclofluo décide un jour de traverser le désert

Dessin réalisé par un artiste méconnu parce que talentueux, le succés ne viendra qu’à sa mort, souhaitons lui quand même longue et heureuse vie…

Adieu le pacifique et son bivouac de rêve (sauf que j’ai pas pu aller aux toilettes, les policiers y savent pas qu’une abuelacyclofluo ça mange, ça boit, ça pisse et ça c… aussi)

Je suis sous haute surveillance…

Je quitte mon super bivouac escortée par les motards, ça va ils sont plus discrets que la caméra de la télévision vénézuélienne (je rappelle pour ceux qui l’ont oublié qu’au Vénézuela je suis une star, journal, télé nationale, vidéos multiples et même ouverture du carnaval à la ville frontière à la radio, ah, Vénézuela tu m’as fait craquée… Ici suis une cyclotouriste sous la protection de la police, c’est pas mal quand même, jusqu’à un certain point… mais suspens, suspens). Les motards restent derrière moi et ne font pas ronfler leur moteur, ils m’accompagnent jusqu’à la sortie de la ville, puis me laissent, ils ont passé le relai, je ne le sais pas… Le relai sera passé de nombreuses fois, je ne le sais pas, donc je vis ma vie normale de cyclotouriste et je baguenaude dans le désert, avant d’arriver dans le désert la route suit la côte, j’ai bien étudié la carte je peux la suivre un grand moment avant de rejoindre la Panam (qui est pas mon truc vous l’avez compris), j’irai même un peu plus loin, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de route.

Le vent de face est glacial. Je traverse plusieurs petits villages de pêcheurs très pauvres, l’un d’entre eux se distingue par sa coquetterie, les maisons sont peintes et des fleurs égayent le quotidien.

Je bifurque à gauche pendant quelque temps je n’ai plus de vent, la Panam arrive vite, le vent est de nouveau là très fort, face ou trois-quart face. La circulation sur la Panam est très acceptable et je comprends le risque d’attaque, de nombreuses minutes peuvent s’écouler sans voiture. Moi je prends mon temps et fais plein, plein de photos.

Dans un village je suis tentée de m’arrêter car là où j’achète de l’eau on me propose à manger et je suis sûre le gite, mais il n’est que 14heures trente je veux encore avancer et j’avance…

A 15 heures je vais avoir une fringale pas possible je mange tout ce qui me reste comme gâteaux…

Puis je vais traverser 50km de désert sans RIEN…

Mais qui a dit que le désert c’était rien ?

Le désert c’est…

Des zones caillouteuses

De grandes lignes droites sans fin (des fois avec faim)

Parfois une maison surgit de nulle part…

Ou tout un village

Le désert c’est aussi des choses bizarres…

Des envies de cerveza bien fraîches…

Des girafes…

Des bosses et des fois du vert…

Et puis quand un rio passe…

L’oasis fleurit :

De rose…

Ou d’orange.

Certains buissons ont la vie dure…

Les déserts des fois c’est privé…

Ou à vendre….

Ou militaire… C’est quoi le danger de mort ? Des mines antipersonnel ? Bin pour boivouaquer ça va être dur…

Des fois dans le désert il y a des drôles d’engin…

Y a aussi des motos taxis…

Des trucs blancs au loin qu’on sait pas ce que c’est…

Un village qui se confond avec le sable…

Des montagnes

Des bremas en mauvais état…

Des drapeaux blancs…

Ou rouges…

Ou verts… Ca c’est mon petit caillou vert fluo pour le sieur Janoudou, des fois qu’il se perde dans le désert…

Le désert c’est aussi le désert..

Ou un petit arbre qui résiste…

Une chaussure d’enfant oubliée

Et celle aussi de son papa…

Dans le désert faut quand même respecter le code de la route…

Sinon on va mourir, alors là le choix c’est :

Une tombe bariolée…

Ou rester en famille…

Ou être abandonné de tous…

Ou s’assortir au ciel pour y monter plus vite…

Le désert il sait aussi faire des sculptures modernes (avec l’aide du vent, mais ici le vent c’est tous les jours, toute la journée, et que de face…)

Les camions jaunes savent affronter le désert..

Même quand il y a des dunes, mais sont sympas ici y préviennent…

Pas très grandes les dunes, mais dunes quand même…

Et des fois y a des choses qui poussent dans le désert…

C’est vrai que les maisons tombent en ruine…

Dune nième édition, mais c’est pas la même…

Et puis le désert (à droite), suffit de mettre de l’eau (à gauche) pour que ça pousse, c’est magique, faut aussi protéger du vent…

Et faut des bus pour transporter les ouvriers agricoles car l’eau c’est pour l’agriculture, l’exportation, pas pour les autochtones, eux zon juste le droit de travailler…

Et dans le désert y a aussi les couchers de soleil des mers du sud…

Et des animaux aussi bizarres qu’inoffensifs…

Alors qui a dit que dans le désert y avait rien à voir ?

Une station service surgit, elle fait resto, je prends le moins cher : un bol de riz et 3 petits pois, je sens que ça va être dur… Mais le désert c’est aussi ça…

Je continue, à ma droite le désert, à ma gauche d’immenses vergers, bin oui il suffit d’arroser pour que ça pousse dans le désert… J’apprendrais que plus haut il y a un barrage… J’apprendrais aussi que ce sont de multinationales qui possèdent les immenses entreprises de culture destinées à l’exportation, expliquez-moi la différence de avant la réforme agraire, oui expliquez-moi car moi je ne comprends pas tout…Les vergers sont protégés du vent par une double haie : une grande rangée d’arbre et une autre devant type haie de chez nous. Je vais encore vivre un moment de surréalisme, cela fait des heures que je pédale dans un désert battu par le vent et sur ma gauche une dizaine de bus… Oui c’est l’heure de la sortie du travail des ouvriers agricoles…

Je rencontre un premier village qui ne m’inspire pas, je me fie à mon intuition, je continue…

Un deuxième ne m’inspire pas plus, mais si je ne veux pas pédaler dans la nuit il faut que je cherche un endroit où dormir, je demande à un restaurant, ce sont de très jeunes, presque des enfants, refus, ils me disent qu’il y a une ville pas très loin, oué le pas très loin pour moi ça peut-être une demi voire une journée, je sens que je suis repartie pour 50km de désert quand ? ??? Quand surgit un péage, il est le bienvenu, non les bicyclettes ne paient pas, je demande, pas de problème, j’ai un coin d’herbe, j’ai même accès aux toilettes et surprise il y a une douche pas trop glaciale, j’en profite avant qu’ils ne coupent (ici comme ailleurs) l’eau pendant la nuit.

Pas très bucolique comme bivouac, j’ai quand même droit à un coucher de soleil des mers du sud, et même avec les bouchons dans les oreilles c’est très très bruyant, ici comme ailleurs ça circule beaucoup de nuit sur la Panam…

J’ai aussi droit à un cours d’économie politique par le mec du péage, j’apprends, j’apprends mais là j’ai besoin de repos, j’écourterai.

N’ayant pas d’accès internet n’ai de nouvelles ni de ma carte bancaire ni de virement à Westunion. J’ai écrit dans mon petit cahier « Si je ne peux avoir d’argent je continue quand même quitte à mourir sur le bord de la route et les montagnes je les escaladerai sans guide, de toute façon au Ritacuba Blanca, ai atteint 5300 en tête,sans corde, au milieu des crevasses, de la neige qui bottait et sans piolet et sans corde, et dans le brouillard, alors…

Nuit bruyante en toute sécurité…

Bisous tout le monde

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J153 : le Pacifique…

Le 300 ème article, ça se fête, hier j’ai été boire du Pisco avce Araselys, la femme de Lucho qui tiennent la casa de ciclista

Jeudi 23 juin 2011

Chiclayo – Pimentel

Distance parcourue : 18,78 km
Vmoy : 11,1 km/h Vmax : interférences électromqgnétiques km/h
Température : minima : 23°, maxima : 30°
Dénivelée positif : 8 m
Dénivelée négatif : 20 m
Heures sur le vélo : 1H35’55 »
Départ : début de matinée
Arrivée : fin de matinée

Résumé de la journée

  • Objectif : le Pacifique
  • Conditions météorologiques : vent glacial de face qui forcit
  • Etat de santé : bon sauf l’histoire de ma carte bancaire et de l’argent qui me mine
  • Particularités de la journée : je pédale vers le Pacifique, il déploie pour moi toute sa majesté

Je demande mon chemin, on commence par m’envoyer en sens contraire, puis je traverse Nagasaki. A un rond-point des ouvriers, je me fais confirmer mon chemin, grâce à la carte d’Enzo (trop géniale la carte d’Enzo, vite envoie-moi la suite) je sais où je suis et où je vais…

Les ouvriers me disent de vite quitter la zone où je sus, que c’est très dangereux, effectivement hier j’étais à Hiroshima, aujourd’hui je suis à Nagasaki, une femme fouille les décombres, je ne sais ce qu’elle cherche…

Il faut non seulement étudier la carte d’Enzo mais surveiller les écriteaux…

Le vent de face glacial forcit, le soleil est voilé, je tiens un moment les jambes à l’air puis me couvre.

Cherchez l’erreur…

Le vent ne m’empêche pas d’ouvrir grand mes yeux, les péruviens aiment le foot…

J’arrive vite à la petite ville de Pimentel, tout est calme, je demande mon chemin pour trouver l’océan, il est là, magique, puissant, je veux m’avancer sur la plage avec mon vélo pour le photographier. Je suis vite rejointe par la police, qu’est-ce que je fais là, où je vais, j’explique, on va faire la photo de famille, ce soir je dormirai sous leur protection (je ne sais encore que dés ce moment je suis sous haute surveillance) et ils me conseillent d’aller au restaurant pour pouvoir laisser mon vélo en sécurité cet après-midi, c’est un peu cher pour ma bourse actuelle, mais l’idée est bonne, je la suis.

Pas le Pacifique, pas le Pacifique crie le vélo…

Le resto devant l’océan est agréable, j’en profite pour écrire, et j’écris « Merci le Vénézuela, merci la Colombie, merci le Pérou, désolée, je ne peux encore dire merci l’Equateur, même si la communauté quetchua de San Clemente… La resacralisation du volcan Imbabura, L’éruption du Tunguruha… L’Amazonie enchantée… L’échappée belle…Le Cotopaxi et le Chimborazo éblouissants de blancheur… Les cascades de Banos… Le sourire de Catarina… Les bivouacs dans une nature explosante de beauté… Oui, l’Equateur a touché un point sensible que je connaissais déjà, il m’a mise en situation d’insécurité et de précarité… Et ça dure depuis 41 jours, ça va être dur de pardonner et d’oublier… (A l’heure où j’écris je suis dans le bus, de retour de Cuenca, la précieuse carte en poche, enfin pas en poche, bien cachée, les médicaments dont j’avais besoin dans mon sac, et plein de sucreries, même des chamalows enrobés de chocolat… Et j’ai pardonné… Oui l’Equateur ce fut fabuleux, des paysages sortis d’un autre monde… Des expériences enrichissantes (oué la manque d’argent ça peut enrichir…), mais quand même l’Equateur c’est aussi un pays où les Etats-Unis ont été jusqu’à imposer leur monnaie, un pays où dans les petits supermarchés on se croirait en France, un pays envahis par les produits Nestlé qui ici sont de très mauvaise qualité, L’Equateur ce ne sont pas que les volcans, c’est aussi le pétrole d’Amazonie, c’est aussi une politique de ségrégation avec les indigènes, des communautés indigènes qui pour se protéger se renferment sue elles-même, de la pauvreté certes mais aussi de la misère, toujours indigène… Des polices et une armée inexistante hors des lieux touristiques, des révoltes réprimées à balle réelle, je suis sévère, je sais… Tout il est pas beau, tout il est pas gentil au Venezuela, en Colombie et au Pérou… Quand même le Vénézuela ce sont le sourires, l’accueil, la joie de vivre… Le gouvernement ne fait rien, juste des messages type laver vos jeans une fois par mois mais ni poubelle, ni ramassage des ordures organisé… Mais le peuple chante, danse et bois… Et les jeunes, ils vont à l’université, même dans les plus petits villages perdus dans la montagne… La Colombie ? Etrange Colombie, fascinante, multiculturelle, éblouissante à l’image de la blancheur de Popayan… Dans quel pays peut-on trouver un quincailler perdu dans un village à 3000 mètres d’altitude qui vous raconte Paris, la Tour Eiffel bien sûr, mais aussi le Louvre, la révolution française, le Tourmalet et Napoléon ? Dans quel pays une touriste, finalement aussi touriste que les autres peut-elle planter sa tente au milieu de la guérilla et des militaires qui vont monter la garde toute la nuit ? Et même lui garantir que dans le Paramo à plus de 3500 mètres, les moustiques et l’eau sont très purs ? Dans quel pays vous allez assister à un conseil de discipline dans un refuge à 4000 mètres d’altitude parce que les adolescents trempés et transis de froid avec leurs chaussette trouées et leur « cellular » n’ont pas respecté la nature et ses Frailejones ? Bien sûr il y a la religion qui est omniprésente, la procession de la semaine sainte où la police a la place d’honneur… Bien sûr il y a la femme qui traville 365 jours sur 365, de 5h30 du matin à 22h30… Bien sûr l’école est payante… Mais tous les enfants vont à l’école, même si ils travaillent aussi, aidant leurs parents (mais n’est-ce pas normal ?)… Bien sûr ils écrasent les bicyclettes et les piétons, les piétons surtout… Bien sûr asussi les Etats-Unis sont là et échangent pétrole conte routes… Oui mais la Colombie restera la Colombie, pays en route, pays fier, pays qui m’a interpellée, pays que j’ai aimé à la folie, malgrè les pluies diluviennes, les éboulements, les routes coupée, le froid, les routes qui toujours montent est descendent mais te font découvrir un paysage « spectaculaire » comme il disent là-bas, le guide que j’ai du guider au milieu des crevasses et du brouillard pour atteindre 5300 mètres… Oui Colombie tu m’as fascinée de ta blancheur à Popayan, de ta beauté à Tunja, de tes coutumes ancestrales et de ta modernité… Et Vénézuela quand je t’ai quitté, j’ai pleuré, j’ai tant dansé, ri, chanté avec toi, même si tes routes sont cruelles… Et puis tu m’as offert le plus beau de mes bivouacs dans la jungle avec la mer qui grondait, les étoiles qui me protégeaient, les oiseaux qui lançaient des éclairs avec leurs yeux, oiseaux que tous connaissent, mais que nul n’a jamais vus, moi je les ai vus, et ce n’est pas le fait d’être resté deux jours sans manger et un sans boire qui m’a donné des hallucinations… Oui je me suis demandée comment ça faisait quand on mourrait d’épuisement, j’ai même tenté d’appeler l’aide de Jean-Luc, histoire de ne pas affoler ma famille… Mais depuis je sais que je suis très forte et que je peux aller au-delà… Vénézuela tu m’as offert aussi un immense accueil, tu m’as soignée avec tes plants magiques, tu m’as toujours ouvert ta maison et ton cœur… Et le Pérou, et bien c’est le Pérou… Je crois que je suis encore en train de tomber amoureuse… »

Voilà, j’ai écris puis je suis allé me promener sur la plage.

Le pacifique est à l’image de ce continent, puissant, fascinant, les rouleaux éclatent avec force sur le sable, une plage à l’infini, rien où poser ton regard, même les coquillages ont besoin de s’arrimer..

Ou de se parer de rouge pour affronter cette violence…

Pacifique tu m’as éblouie et dans ta force j’ai puisé un peu de calme.

Beaucoup ici s’échouent…

L’oiseau fatigué…

L’amarre rompue…

La plume légère…

La souche trapue…

Le camping est abandonné depuis des siècles…

Le Pacifique ne se contente pas d’être grand et fort, des fois il joue la subtilité

Ou s’unit à l’homme pour se parer de couleurs…

Il rappelle des visages disparus

Ou peint une toile abstraite (oué le pétrole c’est aussi beau…)

Ou accueille en son seing des anges tombés du ciel…

L’idée d’un échange me retarabuste… J’ai interrogé tout le monde, je ne peux pas passer par la mer pour éviter les brigands, réponse : non, trop dangereux, et puis il n’y a pas de port…

Il faut que la mer soit bonne et là elle ne l’est pas..

Puis je retourne à la réalité des choses et cherche un endroit sur la plage, non sur la plage ce n’est pas possible me dit la capitainerie de ce petit port sans port… Oui à marée montante je seras dans l’eau… Bon les marécages ma tente elle supporte, mais se transformer en radeau je crois que c’est pas possible et là sur l’herbe de la capitainerie ? Non, du coté du ponton, après six heures quand les ouvriers seront partis ? Dans les gravats pour ma première nuit au bord du pacifique ? Non. Il y a comme une promenade des anglais.

Alors je la remonte et je cherche, une jolie petite maison a un bout de jardin, je frappe à la porte ? Je peux, oui je peux…

Que rêver de mieux ?

Un jardin enchanté…

Face à l’océan…

La police viendra vérifier que j’ai demandé l’autorisation et ne me quittera presque plus, ils ont des ordres, je ne le sais pas encore… Je vais invoçlontairement tromper leur surveillance, ils ne le savent pas encore…

Et puis ma tente va devenir le dernier salon où l’on cause…

Deux jeunes filles font de la pub pour leur école…

Et m’offrent leur sourire…

J’apprendrai ainsi que la voisine qui habite une immense maison ne quitterai pour rien au monde son village, elle me raconte son père qui était allemand, sa mère indigène, les terres qu’ils ont perdu lors de la réforme agraire, ses frères qui sont partis en Allemagne, elle non, son pays c’est ce village. Elle me raconte aussi les pêcheurs qui partent à quatre heures du matin dans ces espèces de demi-pirogue, avec des sacs en plastique comme seule protection contre le froid, le vent, l’eau glaciale.

Ils ne partiront pas cette nuit, la mer est trop mauvaise, si ils étaient partis elle serait venue me réveiller pour que je puisse voir ce spectacle unique au monde, les autres villages ne pratiquent pas ce type de pêche, dans le village restent cinquante courageux…

Elle m’offre 2 crackers et une banane… Une autre femme me racontera ses difficultés pour élever ses deux enfants seule, s’occuper de sa mère âgée et travailler… La police passe et repasse… Je n’ai pas fermé ma tente, les moucherons transperceurs de jambe l’ont envahis, je mets la crème répulsive sur les parties découvertes…

Et je l’ai mon coucher de soleil sur les mers du sud, un vrai de vrai celui-là…

Allez chut, pour une fois je me tais, juste regardez…

La nuit sera calme…

J’ai quand même repéré le chemin d’évacuation en cas de Tsunami..

Bisous tout le monde…

Une petite dernière, pour la route…

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Nouvelles brèves : jeudi 30 juin 2011

Je suis de retour de Cuenca, trois jours, deux nuits et demi, 7 bus, 4 taxis… La carte a chauffé… J’ai mangé tous les chamalows recouverts de chocolat craquant trop bons… J’ai retrouvé ma casa de ciclista envahie de cyclos : deux argentins, un brésilien, un allemand, mon colombien, un je sais plus… On est tous aussi bordélique et on arrête pas de manger, et tous avec nos ordis…C’est sympa… Demain révision de mon vélo et cours de mécanique, samedi je pars à la conquête de la Cordillère blanche, direction Huaraz, Andres le colombien et moi on va essayer de faire un bout de chemin ensemble… Au programme un canyon extrèmement venté et dur…

Au fait avec la nouvelle carte j’ai droit à jusque mai 2014, et au nouveau passage de la frontière y m’ont donné 4 mois, pourquoi à moi ils me donnet plus j’ai l’air si faible ?

Bisous à tous

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J152 : premier détour péruvien J4 : fin du détour, je rejoins la Panam, Hiroshima…

Mercredi 22 juin 2011

Quelque part sur la Carretera Antigua – Chiclayo

Distance parcourue : 53,50 km
Vmoy : 11,1 km/h Vmax : 22,2 km/h
Température : minima : 23°, maxima : 30°
Dénivelée positif : 3 m
Dénivelée négatif : 10 m
Heures sur le vélo : 4H48’09 »
Départ :  je sais plus
Arrivée :  je sais plus

Résumé de la journée

  • Objectif :  Chiclayo
  • Conditions météorologiques : vent glacial de face, le soleil ne se levera qu’ a 14 heures
  • Etat de santé : bon
  • Particularités de la journée : je rejoins la Panam, circulation d’enfer, vent de face glacial, récolte du riz, traversée d’une zone industrielle, vertiges par manque de nourriture, le moral rebaisse, je refais appel à ma famille, les virements d’argent n’ont pas marché, je décide d’aller voir le lendemain le Pacifique pour me calmer les nerfs..

Je quitte mon jardin extraordinaire.

Je vais traverser une zone de rizière, c’est le moment de la récolte, maïs et surtout riz sèchent sur le bord de la route.

Je traverse un village surréaliste, des maisons qui se touchent, presque sur 5 km et que d’un coté…

Je rejoins la Panam, une circulation démente..

Je vais manger à Lambayeque, à l’intérieur de la ville, pas sur la Panam, en général c’est meilleur et moins cher. Quand je sors de Lambayeque quelqu’un m’indique ma direction, c’est super le vent a changé de sens, j’en profite pour faire des photos du riz qui sèche et que les hommes aèrent en se promenant dessus, je les interview, ils font ça deux fois par jour, la poussière de riz se mêle au sable et parfois pique les yeux.

Le sacs de riz s’amusent à dessiner sur le sol…

Un écriteau, je me rends compte de mon erreur, je suis en sens inverse, c’est pas le vent qui a changé… Le mec qui m’a indiqué mon chemin rigole, il l’a pas fait exprès mais comme il m’a vu sortir de Lambayaque il a pas imaginé une seconde que j’y étais allé pour manger, juste il a cru que je coupais… Bon on rigole…

Entre Lambayaque et Chiclayo c’est une zone industrielle, on dirait Hiroshima, ils fabriquent tout pour produire un max, les cides et les engrais, exporter, et nous on mange… Juste retour des choses…

Quand même ils fabriquent aussi des briques…

La Brema est impraticable, je roule sur la route, je me fais klaxonner même quand il y a la place, c’est à dire qu’un seul véhicule pour les deux voies… C’est dur, le vent est de face et glacial, normal on est en hiver.

Ma vitesse tombe à 10 puis 9 puis 8 puis 7.

Trujillo est encore loin…

Chiclayo est une très grande ville, la circulation est très difficile…

Je me prive de nourriture, suis passée dans la phase 3 d’économies.. J’ai des fringales pas possibles… En arrivant à Chiclayo j’ai des vertiges, je vais repaniquer et resolliciter ma famille, les versements d’argent n’ont pas marché… Le soir je craque, vais dans un supermarché je rachète de quoi manger, le soir je dévore, le matin je dévore et j’ai rerempli ma sacoche…

Quand même dans la ville je m’amuse à faire des photos…

Et j’ai le droit au coucher de soleil des mers du sud…

J’ai le moral au raz des pâquerettes à cause de ce problème de carte bancaire et de manque d’argent, je décide d’aller voir le Pacifique le lendemain pour me calmer les nerfs…

Bisous tout le monde

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