J168-J181 : la vuelta J3 : garde à vue mais surtout dur…

Samedi 9 juillet 2011

Shiran – Bivouac à 2223 mètres sur la route 10A qui relie Trujillo à Carajabamba

Distance parcourue : 26,15 km

Vmoy : 4,9 km/h Vmax : 31,1 km/h

Température : minima : 17°, maxima : 36°

Dénivelée positif : 1431 m

Dénivelée négatif : 10 m

Heures sur le vélo : 5H19’01 »

Départ : 8h25

Arrivée : vers 16 heures

Résumé de la journée

  • Objectif : Otuzco
  • Conditions météorologiques : soleil, douce chaleur, des coups de vents frisquets dans quelques virages puis vent très glacial, froid
  • Etat de santé : bon
  • Particularités de la journée : suis en garde à vue pendant 10km, soit 2heures 30, oué reescorte de la police, je me tiens à carreau, je n’ai pas envie de finir dans leur fourgon, je vais me monter presque 1500 mètres de dénivelée, mes jambes sont très limites, j’en veux à tous ceux qui m’ont forcée à un arrêt si long… Mon vélo : un petit bijou, je vais pédaler plus de 1000 mètres de dénivelée, puis je pousse, je sens que je suis partie pour une grande galère, l’heure avance, je suis en pleine montagne, les camions qui roulent de nuit vont m’assaillir, pas un endroit plat où poser ma tente quand un restaurant m’accueille, je pique aux poules leur coin de pelouse, je vais rencontrer une petite fille de 9 ans à l’oreille parfaite, stupéfiant, chaque mot, chaque phrase dite en français elle les répètera sans faute de prononciation et sans accent. Ici en pleine montagne de l’eau mais pas de télévision, pas de réseau, pas de téléphone, pas d’électricité, je suis bien dans ma tente
  • Je voulais intituler cette journée « garde à vue », oui parce qu’hier la police est venue me voir pour savoir où j’allais, à quelle heure je partais.

Ce matin à 8 heures ils étaient là, et voilà, ils m’escortent, je n’aime pas vraiment ça, je ne vais quand même pas traverser tout le Pérou sous escorte policière. Au début ça m’amuse je regarde combien de mètres ils laissent entre eux et moi, ils laissent 500 mètres, ça va… Oui mais les 500 mètres c’est dans la ligne droite car après dans les virages ils me gardent toujours en ligne de mire, devant, derrière…

Les mêmes zoumés, j’ai vraiment du m’arrêter pour mettre ma casquette sous peine d’insolation…

Du coup je ne monte pas à mon rythme, je vais trop vite, je ne bois pas assez, je ne prends pas de photo, de toute façon je ne peux pas si je m’arrête je ne repars pas… Quand même je dois boire, je profite d’un moment où je ne les vois pas pour boire, pour repartir je me mets de l’autre coté de la route, oui c’est le seul moyen pour moi de repartir, traverser la route pour ne pas avoir trop de pente, ils choisissent ce moment pour arriver à ma hauteur, ouf ils ne m’arrêtent pas. Je me tiens tranquille, je fais en sorte de ne pas les perdre, de toute façon il n’y a pas d’autres routes… Oui je me tiens tranquille car maintenant je connais la sanction : arrestation, hop dans le fourgon, ça me plait pas trop ça… Au km 10 après Shiran ils me lâchent, je me dis que ce n’est plus leur secteur et qu’une autre voiture va prendre le relai, ou qu’ils sont partis manger ou boire. Non ils m’ont enfin délivrée. Je retrouve ma liberté…

Je peux enfin faire les photos à la con..

D’autres choses vont dominer cette journée…

  • Il y a la femme chez qui je logeais qui voulait m’escorter avec sa moto et sa fille sur sa moto…Laquelle fille hier a pleuré toutes les larmes de son corps car je partais et qu’elle avait peur qu’il m’arrive quelque chose, j’ai essayer de la consoler et de la rassurer comme je pouvais…

Il y a le beau, oui, le beau de chez beau, je commence par remonter un canyon bordé de falaises ocre pale et de blocs comme coupés au couteau (mais grand le couteau)

Parfois le tranchant laisse place à des courbes voluptueuses…

Puis j’arrive dans une montagne encore cultivée…

Mon Dieu que la montagne est belle…

Il y a les sacs de pommes de terre qui se mettent à jouer dans le fluo…

Les arbres ont disparus, la montagne va être de plus en plus pelée, de plus en plus impressionnante, et ça monte, ça monte sans répit…

Le torrent m’enchante…

La nature repart dans sa peinture abstraite…

Le temps va être super, pourtant ce matin il y avait des nuages, ce que l’on appelle chez nous les cumulus de beau temps, mais ici tout est tellement différent… Ici soir et matin il fait frais et les nuits sont froides… Mais dés le départ je me découvre et garde quand même mon collant… L’escorte policière ne me permet pas de faire ce que je veux, j’ai tellement peur qu’ils m’embarquent, je garde donc mon collant, je vais le regretter quand il fait chaud, je vais le savourer dans les petits coups de vent froid de la Cordillère et quand il va se mettre à faire très froid je suis super contente, car avant de me couvrir il faut que je trouve un endroit à peu près plat,où je risque pas trop de me faire accrocher par une voiture.

Ma béquille cassée me gène beaucoup, elle tient un peu, je me suis bricolée deux trucs pour mettre les deux freins, n’empêche à un endroit où je m’étais arrêtée pour l’un des deux pique-nique mon vélo est tombé, j’étais à coté en train de farfouiller dans la sacoche à nourriture, j’ai pu amortir la chute, pas de mal ni pour le vélo, ni pour moi, mais pour le relever c’est autre chose, j’appelle à l’aide l’homme qui travaillait en face ( il fabriquait des chaises), il se précipite, à deux on relève, non sans mal mon vélo, avec tout ce que j’ai en plus pour le vélo, maintenant il pèse une tonne. Au fait je parlais du temps, quand j’ai du me couvrir à cause de l’altitude et du vent (n’oublions pas qu’ici c’est l’hiver) j’ai quand même du enfiler un pantalon polaire, ma polaire orange, mon anorak, mon coupe-vent, mes mitaines, gants polaires et changer casquette contre bandeau polaire. Je quitterai vite mon bandeau polaire et un gant, oué un seul, pas deux…

  • Mille autres dangers me guettent…

Les éboulements…

Les chutes de pierres, je les entends tomber, mais là plus du gravier que des pierres…

Même les maisons ici ne résistent pas…

Et il y a aussi danger d’explosion

 Mon vélo va tourner, une petite merveille… Quand je grimpe dessus je me dis que vu la pente je vais avoir du mal à démarrer, et bien non ça roule… Je vais ainsi pouvoir rouler 1088 mètres de dénivelée sans jamais pousser… Je m’arrête peu car la pente est rude et les démarrages difficiles… Y a pas je n’ai plus le même vélo… Les 34 dents au lieu des 32 ça se sent… Toute l’énergie que je perdais dans le jeu du pédalier et des pédales je la récupère pour avancer… Les freins ne freinent plus dans la montée… Bref j’ai entre les mains un petit bijou, j’espère qu’il ne va plus casser..

  • Mais c’est dur de chez dur, oui je vais souffrir, d’abord je vais au-dessus de ma vitesse avec l’escorte policière… Je vais quand même me faire presque 1500 mètres de dénivelée, ce qui pour une reprise est bien trop… A mon premier pique-nique, soit vers les 10 km, je sens mes jambes très très limites, elles tremblent, je sens qu’une chiquenaude me mettrait par terre et qu’il me faudrait de 3 à 7 jours pour repouvoir marcher. J’hésite à manger assise au bord du fossé car ce fossé peut haut (50cm) il va falloir que le remonte, j’y vais très précautionneusement, je sais qu’un mouvement brusque peut me paralyser, ça passe, je mange ships pain galettes au chocolat, je termine le coca, n’en ai pas pris assez. Je me dis que je vais avoir du mal à rallier Otuzco… La route ne va que monter… Je me dis que j’ai vraiment bien fait de n’être pas partie la veille après m’être couchée à des points d’heure… J’en veux à la terre entière, d’abord le sort qui m’a donné cette maladie, les voleurs, la banque, le marchand de vélo, oué tous ceux qui ont fait que j’ai du m’arrêter onze jours, je sais que pour moi cinq c’est le maximum, une semaine ça peut passer, au-delà c’est la cata… J’essaie de gérer cela au mieux (les muscles et aussi la haine…) et profite un max du paysage, de l’excellente route presque déserte, du beau temps, de mon vélo qui tourne, et de mes jambes qui tournent quand même…Arrive le kilomètre 20, je repiquenique, reproblème du fossé, suis extrèmement prudente, pas de mouvement brusque, la chaleur de l’espèce de pont en ciment du fossé fait du bien à mes jambes, je me force à manger, je n’ai pas faim, je suis épuisée de chez épuisée, je n’ai pas assez de coca mais j’ai de l’eau en quantité suffisante. En quittant mon deuxième pique-nique je perds une bouteille vide, je dis à l’homme devant sa maison que c’est pour la poubelle, que ce n’est pas bien de la laisser dans la rue mais si je m’arrête je repars plus il la ramassera et m’assurera qu’il va la mettre à la poubelle, l’avantage de monter lentement c’est que je peux discuter avec les gens… Je n’ai ni problème respiratoire ni cardiaque et ma maladie musculaire m’empêchant de trop forcer et m’otant presque toute graisse protège mon cœur… Faut quand même bien que j’ai des petits avantages… J’interroge ( tout en pédalant, je vais vraiment pas vite…) l’hoome qui a ramassé ma bouteille sur la distance qu’il me reste à faire pour rejoindre Otuzco, horreur c’est à 18km, moi je pensais qu’il m’en restait 10, je peux pas faire 18km de montée dans l’état où je suis… L’homme me dit que la route monte un peu et qu’après c’est plus plat… En fait de monter un peu, je monte encore 500 mètres…

Ca c’est le plat à la péruvienne…(regardez bien la route en bas…)

Du coup au lieu de m’arrêter là où il avait un tout petit village et où j’aurais pu bivouaquer je m’engage dans une montagne très montagne, il fait froid, il y a du vent, il n’y a plus une maison et pas un endroit plat où poser ma tente…

Je n’ai plus qu’un objectif, sortir de cette montagne avant la nuit et aussi avant que les camions ne reviennent. Oui cette route a la particularité d’être déserte dans la journée et d’être un défilé ininterrompu de camions à partir de17 heures 30, 18 heures, je me vois mal dans cette route de montagne perdue au milieu des camions… A 15 heures commence le défilé des bus avec les camionnettes qui doublent et qui ne font aucun cas de moi et moi je suis nase de chez nase, je vais pousser. Pendant une heure je pousse bien, mais après je faiblis, oh la la, je sens que je me prépare une galère d’enfer. Arrive trois maisons, il y a aussi trois personnes à coté, je demande l’hospitalité, ils ne sont pas chez eux, je ne peux planter ma tente à coté, le terrain est trop pentu et je vais finir dans le précipice, ils m’expliquent que si je m’installe chez les gens je vais me faire virer, bon je prends pas le risque, ils me disent que plus loin il y a un endroit plat avec des maisons, j’espère qu’il dit vrai car je pousse, je m’arrête, je pousse, là c’est dur.

Ouf il dit vrai. En fait c’est un restaurant mais qui ne sert que les petit-déjeuner (qui ici est un vrai repas) et le repas de midi. J’arrive à temps car la dame part à l’église, ils sont adventices, elle me propose de l’accompagner à l’église, non, non, non, même pour faire plaisir je peux pas, elle me dit qu’elle me fera manger ce soir.

Pendant que j’installe ma tente dans le coin d’herbes pour les poules, des camionneurs arrivent, leur moteur chauffe, oui ici comme au Vénézuela et en Colombie les camions souffrent autant que les bicyclettes. Ils me prennent pour la maitresse de maison, je dois vraiment commencer à faire couleur locale, je leur dis que la dame est partie à l’église, elle doit revenir vers six heures mais que je pense (et je le pense sincèrement) que si elle était là elle leur accorderait l’autorisation sans problème. On parle un peu, je sais pas pourquoi mais sur la route avec les camionneurs le courant passe, peut-être qu’eux et moi on sait les difficultés de la route…

  • Voilà cette famille m’accueille chez elle, ils font aussi épicerie, je refais le plein d’eau, de coca, de pain, de papier toilette, j’achète aussi des allumettes, je n’ai pas l’intention de cuisiner mais maintenant j’ai du gaz et ça peut servir pour recharger mon truc à chaleur pour les mains. Je vois des œufs, je demande si je peux commander deux œufs durs pour le lendemain, oui c’est possible. Le soir je mange à la table familiale, je suis invitée, je ne paierai pas, elle me propose aussi une chambre, mais je suis bien dans ma tente et la rassure sur le fait que je n’aurai pas froid. Il y a trois enfants, Stéphanie 9 ans, Mélanie 4 ans et Franco deux ans, le père est plus effacé, la mère s’appelle Esmaralda. La petite Stéphanie a une intelligence vive et l’oreille parfaite, c’est impressionnant cette petite répète tout ce que je dis en français parfaitement sans accent et du premier coup, c’est vraiment impressionnant, je dis aux parents qu’elle devrait faire de la musique et étudier les langues étrangères, ici pas d’électricité mais l’eau qui vient de la montagne et un groupe électrogène loin, donc pas de bruit, pas de télévision, pas de réseau non plus, mais une école pas loin…
  • Voilà, une journée extra qui aurait pu se terminer en galère, mais là je suis super bien dans ma tente et j’ai les étoiles et la lune à l’envers…
  • Demain je ne sais ce que je vais faire, il faut absolument que je fasse le détour par Otuzco pour retirer de l’argent à un distributeur automatique car je ne vais rien avoir pendant plusieurs jours, Otuzco est à 5km de la ville, et je ne suis pas encore à Otuzco et 5KM ici ça peut prendre plus d’une heure… Bon je verrai

Bisous tout le monde

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J168-J181 : la vuelta J2 : un coin où me poser

Vendredi 8 juillet 2011

J’ai bien dormi, je me sens bien dans cette maison, en plus je peux m’installer sur la terrasse pour écrire un peu, alors je reste.

La chambre de la jeune fille est plus une chambre de petite fille…

Et la vue est superbe…

En fin d’après-midi je m’offrirai un moto-taxi pour aller au village qui est un peu plus loin.

Internet est impraticable, je renonce à déposer mes articles sur mon blog…

Une petite fille me fera un joli clin d’oeil…

La police est venue m’interroger, où je vais, à quelle heure je pars…
La restauratrice-logeuse me propose de m’accompagner avec sa moto, nonnnnnnnnnn…
Sa fille de 10 ans pleure car elle a peur pour moi, je la rassure comme je peux…

Douce nuit à tous et bisous, les difficultés vont bientôt commencer…

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J168-J181 : la Vuelta J1 : un dia especial

Jeudi 7 juillet 2011

Casa de Ciclista de Trujillo – Shiran – Casa de Ciclista de Trujillo- Shiran 

En vélo

Distance parcourue : 38,15 km

Vmoy : 12,6 km/h Vmax : 28,9 km/h

Température : minima : 20°, maxima : 34°

Dénivelée positif : 581 m

Dénivelée négatif : 5 m

Heures sur le vélo : 3HO1’01 »

Départ : 8h30

Arrivée : 13 heures

En bus : même distance

En voiture-taxi, même distance, arrivée 22 heures

 Résumé de la journée

  • Objectif : avancer sur la route que j’ai choisie, et en fonction de ma forme et d’où je peux dormir
  • Conditions météorologiques : soleil, frais le matin puis vite chaud, c’est bon
  • Etat de santé : bon
  • Particularités de la journée : journée Lucho-Abuelita, on se fait plaisir, les brigands ne nous attaquent pas, on se fait vraiment plaisir, on arrive dans la montagne, je trouve un endroit où dormir, je repars avec Lucho sur un chemin de traverse du chemin de traverse, le vélo casse et je manque (que manque) de me tuer. Retour à la casa en bus, retour à ma chambre en voiture taxi

Pourquoi un dia especial ? Un jour pas comme les autres ? Parce que deux cylistes se sont échappés de la Casa…

A nous la liberté…

Lucho libre

L’abuelita (oui José l’équatorien m’ appelée comme ça et ça me plait) libre

Lucho m’a promis de m’accompagner pour traverser la zone dangereuse, oui, il faut savoir qu’ici au Perou il y a des zones sûres et des zones dangereuses, comme nos banlieues chez nous, sauf que ce ne sont pas des banlieues mais des no man’s land… Chacun son truc…

Mon cyclo Don quichote de la Mancha qui m’a empêchée de dormir très tôt hier, oué j’ai eu le droit à l’interrogation écrite sur Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre, le mépris, Godard et j’en passe, et comme j’ai des trous abyssaux dans ma culture il a fini par me demander ce que j’avais appris à l’école, c’est simple je lui ai répondu RIEN… Ou ce qu’il reste est très flou…

Sa démonstration de mon ignorance me laisse dubitative…

Lui il est colombien, quand même j’ai un peu honte, mais il a un niveau vachetement supérieur au mien, il a au moins 100 kg de bagages avec pas les œuvres complètes de Balzac ou Victor Hugo, mais pas loin… Et un dictionnaire des synonymes, en espagnol… La Colombie me poursuit… Les cyclotouristes du monde entier sont à mon image, des êtres étranges, chacun dans leur genre, tous intéressants, certains très attachants… Oscar il est attachant oui mais faire sonner son réveil à 5h30 pour se lever à 6h30 ça te détache vite… Ah oui, j’avais oublié, en Colombie c’est l’heure du réveil normal…

A 8 heures je suis prête, les suisses aussi, ils vont rejoindre Lima par la cote, là je vais avoir du mal à les dépasser…

Et surprise Lucho est là… Parce que si il était pas là je serai partie sans lui… Je crois qu’il l’a compris… Les adieux, interviews et vidéos vont prendre une demi-heure…

Bin oui, il y a le dernier baiser…

Les fugueurs…

Don Quichote qui fait l’idiot…

Ou qui me vole mon vélo…

Ou l’équatorien qui arrive au moment où on part…

Départ 8h30, traversée de Trujillo sans problème, je conduis pas à la sud-américaine avec un vélo chargé…

Le ciel est couvert, la température fraiche…

Là je fais très sérieuse…

Là moins…

Nous allons bientôt traverser la zone dangereuse : une longue ligne droite au milieu de champs de canne à sucre tenue par deux villages sur les flans de la montagne. Lucho me pousse avec sa main, le mieux est de traverser le plus vite possible, j’appuie sur les pédales un max… Ouf la zone dangereuse est traversée…

Lucho me fait pousser sur les pédales, et je pousse, je crois bien que je l’impressionne un peu (enfin j’espère) je ne peux pas faire de photos, mais il me fait des vidéos, c’est la première fois que je me voie en vidéo, je fais très sérieuse… et on s’amuse…

Oué on s’amuse comme des petits fous…

Mon vélo recommence à faire un bruit bizarre de manière intermittente… Ca j’aime pas…

Nous filons droit sur les montagnes…

Nous pédalons dans un décor de rêve…

Avec des mollets d’acier…

Les montagnes commencent à se montrer…

Lucho dit qu’il va m’accompagner jusqu’après l’usine de cane à sucre puis jusqu’à je sais plus quel village, nous avons fait 20 km on boit le coca (franchement le coca devrait sponsoriser tous les cyclos parce qu’est-ce qu’on se descend…) et mangeons des crakers.

Lucho s’attaque à la recherche de l’origine du bruit…

Et trouve : mes portes sacoches sont tous déserrés, il y a une vis qu’il n’arrive pas à resserrer, le lien en polaire qui servait pour ma sacoche guidon mais qui ne sert à rien fait l’affaire…

Au passage Lucho me conseilel de garder le jeu de clefs Allen dans ma sacoche guidon, je sens qu’il va bientôt me falloir deux sacoches guidon avec tout ce que je dois avoir à portée de main, le coca, la casquette, les gants, les outils, les sous, des trucs à manger, la boussole, ça a servi que deux fois, mais quand même, la crème solaire, la crème repellente, les médicaments d’urgence, le papier toilette, les, je dis bien les cartes, la loupe pour lire la carte d’Enzo, la bétadine pour les morsures de chien, les pierres contre les chiens, les mitaines, liste non exhaustive…

Nous pénétrons dans une montagne pelée, j’adore…

Les cactus montrent encore le bout de leur nez…

C’est grandiose, magnifique…

Allez on recharge le vélo et on repart ensemble, nos coups de pédales s’accordent bien et on se fait plaisir, de temps en temps Lucho me pousse un peu, nous arrivons à Sharan, nous avons roulé vite, le soleil a a fait son apparition, cela fait un moment que nous avons quitté les polaires et transpiré un max, mais moi ça me va, la chaleur m’est vraiment favorable, nous avons monté près de 600 mètres, nous déjeunons, je décide de ne pas aller plus loin, Lucho s’enquiert d’un hôtel pour moi, la propriétaire du petit restaurant dans ce petit village de 20 maisons propose une chambre, c’est la chambre de sa fille, moi elle me plait, vue d’enfer sur la montagne. La salle de bains est un peu spéciale, là la porte est fermée…

Nous serons arrêtés deux fois par la police, où allons-nous, attention à tel et tel village, surveillance discrète mais surveillance quand même…

On s’en fout…

Là y a deux heureux…

Au masculin…

Au féminin

Lucho décide de continuer à bazarder ses enfants, sa femme, le boulot, moi je bazarde mes bagages et on va se faire plaisir en vélo sur un chemin de traverse de mon chemin de traverse, oui ça commence à devenir compliqué de me suivre… On commence par descendre pour traverser le rio, mes freins font un bruit d’enfer, je crie « Lucho, lucho, Lucho » mais Lucho est devant, fonce et n’entend pas… Je lâche les freins car je sens bien que mon vélo souffre, je traverse le petit pont à fond les manettes, horreur il manque des planches, je crois que je vais ou m’exploser ou tomber dans le rio, en plus un moto-taxi me double alors qu’il n’ y a pas de place et les planches disjointes (ou absence de planches) font un bruit d’enfer… A la sortie du pont Lucho qui a fini par m’entendre m’attend, nous inspectons le vélo, la jante est rayée, il me dit que j’ai du prendre une pierre, non je n’ai pas pris de pierre. Il y a un morceau de féraille sur le patin du frein, on l’enlève, ça freine encore tout seul et là on découvre, horreur, un rayon est cassé… Il faut dire que les deux jantes ont été changées, les rayons de mes anciennes jantes ont été récupérées mais il en manque 4 (au passage en France jamais on aurait du me laisser partir avec de telles roues, pour ce que je fais il faut plus de rayons pour plus de solidité et pouvoir continuer si je casse de un à 4 rayons. Adieu notre petite escapade en amoureux, retour à la case départ, non casa de ciclista, on prend un minibus, une demi-heure de bus, quand je dis que une heure de bus c’est une journée… Encore ce soir quelqu’un pour calculer mes étapes me dit c’est pas loin, 2 heures et demi de bus, j’essaie de lui expliquer une heure de bus, une journée de bicyclette chargée, bon le message a du mal à passer…

A la Casa de Ciclista les arrivés de la veille qui ont fait leur journée cool Chan Chan plage sont étonnés de nous voir de retour, mais d’autres aussi ont fait un faux départ, les brésiliens carbone, partis faire du stop car ils avaient rendez-vous avec une nana et étaient en retard sur leur itinéraire (et un rendez-vous avec une nana ça se manque pas) sont revenus a la casa car personne ne les avaient pris (pourtant depuis le camion plein de charbons ils s’étaient lavés), ils ont pris un bus à six heures du soir. Quand on a un temps limité car TOUS on met plus de temps que prévu seule solution le stop ou le bus, moi j’ai pas de temps limité, juste je vais me reprendre une deuxième saison des pluies, un troisième voire quatrième hiver, mais le voyage c’est ça, je ne suis pas la seule, en général les cyclos rencontrés qui traversent toute l’Amérique du Sud se sont donnés deux ans, ou alors ils font certaines parties en bus, après c’est une affaire de choix personnel…

Lucho décide de changer tous les rayons qu’il m’a mis ne venant pas de l’ancienne bicyclette et d’en mettre de plus solides, l’opération va prendre longtemps car après il réajuste au millimètre près l’ensemble de la roue, au passage il me montre comment enlever la cassette de je sais plus comment ça s’appelle à l’arrière, et comment remonter, me donne (me vend) les outils nécessaires, je vidéote le tout, mais j’ai retenu, tout cela prend du temps et se termine le soir, il veut pas que je prenne le bus à cette heure là, pour moi c’est pas un problème, mais bon je prends le taxi ou plus exactement la voiture de quelqu’un que Lucho connait. Ici les affaires se font toutes comme ça, par réseau. Mon téléphone c’est le mec de l’internet imprimeur pour ma carte (routière, pas bancaire, je fais gaffe quand même), qui fait aussi agence de voyages qui m’a mis en contact avec quelqu’un et apparemment ça marche (pas que le commerce mais mon téléphone…)

Mon retour à la case départ m’a permis de mieux connaître l’équatorien arrivé le matin, son histoire est dramatique, trop dure à raconter là, il ne prend pas le même chemin que moi, (on m’a prévenue que le chemin que je prenais était hyper dur, mais au pire je fais demi-tour, c’est ce que je m’étais dit en prenant mon chemin de traverse à Pamplona, et même si c’était dur, jamais, jamais je n’ai été tentée de faire demi-tour) mais il va à Huaraz aussi, on va tous à Huaraz, devinez pourquoi ? je pense que l’on se rencontrera de nouveau… Diego est 8 jours derrière moi, on va peut-être tous se retrouver à Huaraz…

Les roues sont réparées…

Et comme je suis têtue de chez têtue, je retourne à Shiran, je veux pas redormir a la casa de ciclista… Re départ, encore faux départ, j’ai oublié de récupérer ma frontale bien utile dans ce continent où il n’y a que des lampes basses tension et où on n’y voit rien avec des nuits qui durent douze heures presque toute l’année.

J’arrive à 10 heures au resto-chambre chez l’habitant. Tout est fermé, ils dorment… On réveille la proprio qui va me donner à manger. Je me couche très tard et décide de rester là le lendemain si je passe une bonne nuit, la nuit est excellente, je reste…

Bisous tout le monde, la fleur du jour…

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J166 : une journée de cyclotourisme normale

Mercredi 6 juillet 2011

Casa de Ciclista de Trujillo – Ruines de Chan Chan -Playa de Huanchaco – Casa de Ciclista de Trujillo

Distance parcourue : 32,85 km

Vmoy : 14,8 km/h Vmax : 34, 1 km/h

Température : minima : 18°, maxima : 28°

Dénivelée positif : 70 m

Dénivelée négatif : 67 m

Heures sur le vélo : 2H12’34 »

Départ : milieu-fin de matinée

Arrivée : fin d’après-midi

 Résumé de la journée

  • Objectif : visiter les ruines de Chan Chan, voir le Pacifique
  • Conditions météorologiques : le soleil ne s’est pas levé, le vent souffle et j’ai froid
  • Etat de santé : bon
  • Particularités de la journée : une vraie journée de cyclotourisme avec des vélos pas chargés, visite des ruines de Chan Chan, route le long du pacifique, dégustation de poisson : le ceviche, un peu de conduite à la latino-américaine dans Trujillo, j’ai froid mais ça va

Un nouveau cyclotouriste hollandais est arrivé hier, il a décidé d’aller voir les ruines de Chan Chan et la plage de Trujillo, il nous propose à Andres le colombien et moi de l’accompagner, nous acceptons. Quand… Arrivent les deux suisses que j’ai laisssé sur place sur la cote au-dessus de mon bivouac avec Diego sur les bords du rio Magdalena ( je vous ai pas encore raconté, mais ça viendra)… Les suisses malgré leur bus de San Agostin à l’Equateur arrivent une semaine après moi à la casa, bon je suis pas la cyclo la plus lente de l’Amérique latine, le plus dur pour eux c’est de savoir que je suis devant, vu que partout on leur dit qu’il y a une femme seule qui traverse l’Amérique latine en vélo… Mylene a du mal à monter, elle a trouvé l’Equateur plus difficile que la Colombie, moi c’est le contraire… Ils me disent que c’est parce que je n’ai pas pris la même route qu’eux en Equateur, moi je pense que c’est parce que je n’ai pas pris les mêmes routes qu’eux en Colombie, ils sont passés par la cote, puis n’ont fait que la montée à San Agostin, puis un bus, mais chacun sa route, chacun son chemin… Mylene va voir si on peut adapter un moteur à son vélo, mais pas de critique, qui n’a pas monté des pentes dépassant souvent les 20% avec un velo de 60 kg ne peut savoir ce que c’est… Quoiqu’il en soit ils sont sympas… Après s’être posés, ils se joignent à nous… Nous partons donc tard, mais une vraie journée de cyclotourisme c’est ça… Cool, cool… Nous partons sans bagages, mais une vraie journée de cyclotourisme c’est ça… Cool, cool…Nous suivons Andres, nous lui avons demandé de ne pas conduire à la latino-américaine, il fait un effort… Peut mieux faire…

Moi en plus de faire la cyclo normale… Avec photos de beau…

Et pause pour la photo…

J’essaie mon vélo avec presque tout nouveau, j’ai un problème avec le changement de vitesse du pédalier qui est trop dur pour moi, ce n’est pas catastrophique, c’est pour monter les vitesses que c’est dur, mais quand même le pédalier du milieu j’en ai besoin et le grand j’aime bien tracer sur le plat… Les autres y m’ont dit que Lance Amstrong il utilisait que le plateau du milieu, mais moi je suis pas Lance Amstrong et avec mes muscles j’ai besoin du petit plateau… Quand aux pignons arrière j’ai 34 dents au lieu de 32, pour ceux qui connaissent rien, ça veut dire que je pouvoir mouliner plus dans les cotes et monter plus facilement, moi ça me va très bien, encore une erreur du marchand de vélo de Valence, mon développement totalement inadapté à ce que je fais…

En bons cyclotouristes nous visitons le musée et les ruines de Chan Chan…

Chan Chan est la cité précolombienne la plus grande d’Amérique latine,…

Explications pour les nuls comme moi…

L’endroit est désert, seul le bruit de l’océan tout proche vient perturber la quiétude du lieu, en bons petits touristes on prend mille photos et son temps…

Quelques échantillons des ruines…

Ils avaient de l’eau, ne me demandez pas d’où elle vient, cherchez et dites-moi…

Ils mangeaient du poulet (et aussi du poisson)…

Ils faisaient des pyramides…

Il y a aussi de grandes places, j’ai pas oublié les photos, elles sont juste ratées…

Puis nous rejoignons une route qui longe le pacifique et atteint la célèbre plage de Trujillo : Huanchaco.

Toujours en bons touristes nous dégustons la spécialité du coin : le ceviche. C’est du poisson cru mariné dans une sauce au citron légèrement relevée, Cyril ça déchire… Moi qui ne suis pas une fan de poisson je me réconcilie pour la deuxième fois avec lui (la première fois c’était lors du séjour vélo avec les ours en Corse), puis je vais sur la plage…

Sur la plage il y a des vagues…

Sur la plage il y a les drôles de demi-pirogues…

Sur la plage il y a des surfeurs qui marchent…

Sur la plage (euh, sur les vagues…) il y a des surfeurs qui surfent…

Et de surfeurs qui nagent

Sur la plage (toujours dans l’eau) il y a les pêcheurs avec leur demi-pirogue…

Sur la plage il y a des cyclos qui font des photos…

Nous visitons la petite église de Huanchaco, il y a une bonne cote, au lieu de changer de vitesse, je freine (oui c’est la même poignée…), j’arrive quand même à repartir, signe que je n’ai pas perdu tout mon entrainement…

Puis nous rentrons tranquillement, depuis que je suis à Trujillo, c’est couvert et frais le matin et soleil et doux l’après-midi, je n’ai pris qu’une petite polaire, le soleil ne va pas se lever, le vent va continuer de souffler, je vais avoir froid toute la journée… Ca me rappelle la phrase que j’ai écrite en France en juillet, même sous les tropiques prends ton duvet moins 35, donc la prochaine fois je prendrais mon anorak même si il fait 55, on sait jamais…

Nous retraversons Trujillo un peu, juste un peu à la latino-américaine…

Voilà, c’était une vraie journée de cyclotouriste, et pour moi c’était bien de refaire tourner mes jambes, et j’ai repéré les défauts du vélo (pas chargé le vélo…important pour la suite des évènements le vélo pas chargé)

Bisous tout le monde

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J156-J67 : standby 3 : la Casa de Ciclistas de Trujillo

La casa de Ciclistas de Trujillo Perou

Pour tous renseignements techniques cliquez la

http://www.cdc-trujillo.ath.cx

Pour aller a la casa de ciclistas de Trujillo il y a un moyen tres simple

Se faire capturer par la police

Avoir un tel bordel qu ils sont obliges de commander une camionnette

A la Casa de Ciclistas de Trujillo Lucho regne en maitre

Ce qui ne l empeche pas de realiser un travail de precision

La casa de ciclista est devant le marche, on y trouve de tout

Des fois on peut se faire mordre… Mais Lucho est la pour vous emmener au centre antirabique ou en sortant vous vous explosez la tete sur la porte…

A la Casa de Ciclista on peut emprunter Aracelli a LuchoLa casa de ciclistas est pleine de paparazis

A la casa de ciclistas on fait des photos de famille

A la casa de ciclistas il y a des fantomes

Il y a aussi lacycloabuela fluo qui est pas encore fantome qui met son b… bien reel, meme qu on lui a dit que c etait pas une vraie europenne et qu on l a menace de la taxer de 5 dollars par jour de b…, alors elle a range et meme lave…


Bien sur il y a des velos…

Et des velos tres bizards,,,

Qui vous regardent d un air bizarre…

Le pas juste c est que labuela machin elle est pas la seule a mettre son b…, mais la seule a etre taxee…

Des velos il y en vraiment partout…

Partout, partout…

Mais de partout…

Des bleus

Des a l envers

Des qui font de la musique

Des qu on a envie de manger…

D ailleurs a la casa de ciclistas de Trujillo on mange…

On mange

On mange…

On mange…

Parce que si on mange pas on devient comme ca…

A la Casa de Ciclistas de Trujillo il y a les departs…

On fait pas que manger, on fait aussi les photos des cartes

On squatte le net…

On repare les sacoches de la gringaleta…

On tapote sur son ordi, oue bin quand meme on est des Robinsons des temps modernes…

On s amuse a se faire peur, bon rigolez pas c est ce qui m attend , j y suis a Huancayo……

A la Casa de Ciclistas on manque de tenue…

Des fois on danse…

On discute…

Des fois on emprunte a Lucho son Aracelys pour aller boire du Pisco…

A la Casa de Ciclistas il y en a qui savent encore se servir d un stylo…

A la casa on manque vraiment de tenue et c est pas parce qu on est cyclo bresilien de carbone et qu on a de belles fesses qu on a tous les droits…

A la Casa on est tous accrocs au coca…

A la Casa il y a le clone de Swiffer

Il y a vraiment un grand B… a la Casa

A la Casa il y a Lucho qui s est lance dans la grande entreprise d apprendre a la plus gringaletta de l Amerique latine a remonter un velo de A a Z y compris les roues…

Parce que a la Casa on arrive tous avec quelque chose de casse , ca va de la jante au porte bagages, , meme le hollandais il a casse, et l allemand aussi, quand c est repare on est content…

Il y en a qui s ecroulent…

D autres sourient…

Quel est le petit vicieux qui a mis ca la

A la Casa de Ciclistas il y a des Etres etranges… Genre je transporte la moitie de la bibliotheque de Bogota avec moi…

Genre je fais du velo pas comme les autres…

genre je me deguise pour faire peur aux petites filles, oh la la je sens que je vais etre censuree la

Genre je suis le plus beau, le plus grand, le plus fort…

Il y a aussi les clowns, avec e

Sans e ) les clowns)

A la casa il y a aussi des machines etranges

Et on transporte des choses etranges )pour manger bien sur…)

A la Casa de Ciclistas de Trujillo on adore tous le meme Dieu…A la Casa apres les arrivees

Il y a les departs, dernier regard…

Dernier baiser…

Un restera toujours et tous nous lui disons merci, merci  Lucho, et pour reprendre les mots d Enzo, a la casa de Ciclistas de Trujillo on sait quand on arrive, on sait jamais quand on repart, avec Lucho c est tout le contaire…

 

 

 

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J156-J167 : standby 2 : un saut a Cuenca

Je passe la journée avec Araselys, elle m’aide dans mes démarches, aller à la Westunion pour avoir (enfin) de l’argent, téléphoner en Equateur pour savoir si ma carte est arrivée, c’est compliqué, ici ils ne savent comment faire, ils nous faudra faire deux boutiques de téléphone, ouf elle est arrivée, tenez-vous bien quand je serai à l’hôtel il a pas l’avis de recommandé en mains, non il a ma carte, je fais quoi ? Opposition ? NONNNNNNNNNNNNNNNNNNNN… Je suis super contente, je la fais chauffer la carte, un téléphone, des chamallows recouvert d’une couche de chocolat craquant… Au deuxième bus c’est moi qui vais craquer…

Revenons à notre journée Araselys et moi, nous flanons aussi et allons au restaurant, et seulement sur les coups de 20 heures voir les heures de bus pour Cuenca. Il y en a un à 23h 30 qui fait Trujillo-Piura, je file vite à la Casa, prépare mes affaires, lave la chambre. Le trajet en bus sera difficile mais supportable, il arrive avec une heure d’avance à Piura, ce n’est pas le même terminal de bus pour Loja, on ne veut pas me laisser dehors et on m’enferme dans le terminal de bus où je suis, je ne peux m’asseoir, la cruralgie est revenue, je prends sagement mes médicaments et fais les cents pas, le veilleur de nuit essaie de dormir. Je regarde par le petit trou de la porte et quand il fait bien jour je demande au veilleur de nuit si je peux partir, non, c’est encore trop tôt, je demande les toilettes, y a au fond de la cour, là aussi pas d’eau , je lave les dents avec mon eau à gaz, c’est pas mal. Puis quand l’heure devient décente il appelle un copain taxi pour m’emmener à un autre terminal de bus. Là je vais avoir un bus à 9h30, j’ai même le temps d’aller faire un tout rapide sur le net. Comment les explorateurs ils faisaient avant ? Moi j’ai besoin de ce lien qui me relie à ceux que j’aime… Le trajet de jour est agréable… Je repénètre en Equateur, je fais ma fière car je sais comment faire, sauf que pour sortir du Pérou il y a une étape en plus, la police…

Et je reaime l’Equateur…

Du bus je vois les rizières…

Le rio devant lequel j’ai pleuré

Au fait je l’ai mon échange… Bin c’est plus fatiguant que le vélo…

On s’arrête à Macara, les chauffeurs mangent en 10 mn, moi j’achète pour emporter, comme d’hab c’est riz, os à ronger, bananes frites. J’arrive à Loja en fin de journée. J’apprécie le paysage…

Ouf, là c’est le même terminal de bus, pour passer de la zone où on est celle où il y a les bus il faut mettre dix centimes de dollars et ils font un vague contrôle. On veut me faire mettre mon sac à dos dans la soute, pas question, il y a mon ordi dedans, je résiste ça passe. Loja-Cuenca se fera de nuit, c’est plus court que prévu, j’arrive à Cuenca à 10 h 30, pour une fois la police équatorienne me prend en charge et me met dans un taxi en m’indiquant le prix. J’ai un peu peur de trouver l’hôtel fermé car j’avais vu le propriétaire se coucher tôt et fermer tout y compris internet. Mais c’est l’autre plus jeune, je demande à avoir une chambre plus chaude que la dernière fois, car là je n’ai pas mon duvet. J’ai une chambre moins froide, et on me permet de prendre la couverture du lit voisin. Le salon est occupé par un groupe de comptables, j’apprends que pour la sécurité sociale c’est comme en France, il y a la part patronale et la part salariale. Je crois bien que je fais un article sur le net, suis tellement en retard… Et je dors bien avec les deux couvertures, j’apprécie la douche chaude, je ne reste pas plus longtemps à Cuenca, la chambre est trop froide, mais il fait soleil et Cuenca sous le soleil, c’est différent… Je fais mes petits achats, médicament, le même qu’en France, brosse à dents et sucreries, téléphone aussi… Je récupère mon sac à dos, retaxi, reterminal de bus, j’avais vu qu’il y avait un bus à 13 heures. J’arrive à 17 heures à Loja, la correspondance est à 23heures 30 mais il y a internet et ils me permettent de me mettre dans un coin avec mon ordi, je vais ainsi passer de mon ordi à leur ordi pour avancer dans la narration de mes aventures (admirez le style, c’est pas beau ça la narration de mes aventures…) puis je vais passer une nuit horrible, vieux bus sans amortisseur, ça tourne tout le temps, ai encore mal partout, double cruralgie, on passe la frontière à 3h30 du mat…

Bon je connais tout, le mec me demande combien je veux j’explique mon voyage, il me met 4 mois, d’hab c’est 3 mois, comme en Colombie, moi j’ai eu droit à 3 mois le légal c’est deux, mais doivent se dire que moi j’ai besoin de plus de temps, et c’est vrai j’ai besoin de temps… Et j’ai décidé de prendre mon temps… Arrivée tôt le matin a Piura, un taxi et là le taxi me dit que si je fais Piura – Chiclayo et Chiclayo- Trujillo il y a plus de bus, c’est vrai et en plus c’est moins cher. Le bien c’est que ce que j’ai fait à l’aller de jour, je le fais de nuit au retour et réciproquement, et c’est vrai qu’en bus on une vision différente des choses…

Des fois c’est plus beau et des fois c’est moins beau…

On voit mieux les baobabs, mais on a pas le temps de les prendre en photos…

Et vous savez ce qu’ils ont fait de mon aire de bivouac au bord de la Panam, ils ont passé un tracto-pelle, ils ont du penser que j’allais faire l’aller-retour et c’était pour m’empêcher de rebivouaquer là deux jours, franchement ça m’a fait quelques chose….

La neblina est toujours là

Je découvre d’autres arts des rues (je crois que c’est à un terminal de bus je sais plus lequel…

Je me délecte d’autres formes…

Je me refais un petit coup de désert…

Avec montagnes…

Ou sans…

Je me rends compte que c’est pas très passionnant ce que je raconte, alors j’arrête… J’arrive à Trujillo cassée de chez cassée… 2 jours , 2 nuits complètes et 2 demi-nuit, 5 bus,5 taxis…

Bisous tout le monde

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Nouvelles brèves : samedi 23 juillet 2011

Bonjour à tous

Je suis à Caraz, j’ai remonté tout le canyon del Pato, plus de 50 tunnels, je suis au pied de la Cordillère Blanche, là j’ai dépassé le plus que sublime…

Je fais une pause, entretien du vélo, lessive, mise à jour du blog et puis à chaque fois que je passe quelque part ils font la fête… Ce soir je vais zapper… Demain midi il y a musique et plats typiques je vais me précipiter…

Les jambes tournent bien , le vélo est content d’avoir retrouvé le goudron cet après-midi, car ce matin c’était encore la piste, et franchement je n’ai plus le même vélo, la liste de ceux que je vais mordre en rentrant s’allonge…

Et j’ai grand ciel bleu, tout va bien, une pêche d’enfer.

Bisous à tous

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Merci a tous

Vendredi 22 juillet 2011

Oui, merci a tous pour vos souhaits de bon anniversaire.

Le jour de mon anniversaire, rigolez pas, mais je me suis fait pieger dans le canyon del Pato et n’ai trouve un endroit ou planter ma tente qu’ a 7 heures du soir, donc depuis une demi-heure je roulais (euh poussais) entouree de murailles de pres de 1000 metres dans la nuit noire sur une piste ou ne peuvent passer ensemble une voiture et un velo et bien sur le rio au fond d’un precipice sans parapet…, experience fabuleuse, surtout quand on sait pas combien de temps ac va durer et que vous refusez les propositions d’aide (montez dans la voiture, non, mon projet est de faire tout en velo…). J’ai fini par trouver ou planter ma tente dans un endroit ou ils vendent des fruits, au milieu du charbon, sans electricite, donc avec les etoiles du sud et la voie lactee (beau cadeau quand meme)tres differente de chez nous, mais vu l’etat dans lequel je suis (pour la tente dans le charbon) ca change pas grand chose et meme pas une goutte de biere a boire vu qu’ils etaient tous adventices et donc alcool prohibe… Mais le matin de mon anniversaire j’ai fait une rencontre fabuleuse, Andre qui termine un tour du monde en velo entame depuis 4 ans et son amie Anne qui l’accompagne pendant un mois et demi, tous les deux sont des gens extra de chez extra et nous avons super sympatises, eux se sont depieges avant la nuit et nous nous sommes retrouves ce midi, ils m’ont rattrapee alors que je les croyais devant et on est sorti de table (apres avoir bu quelques bieres) a 16 heures, eux sont alles visiter des villages, moi je suis alle a Huallanca ou je suis encore arrivee a la nuit… Voila je suis sortie de mon chemin de traverse, je suis sur une route normale, enfin route, c’est une piste mais une piste pistable donc pas de portage… Ah oui le jour de mon anniversaire, j’ai aussi fait un derapage controle, mais les dents du pedalier ont ouvert ma jambe, mais c’est pas grave, j’a bien desinfecte… Ah oui aussi le jour de mon anniversaire je me suis fait vole mon appareil photo, c’est de ma faute, je l’avais laisse sans surveillance sur mon velo, j’ai une petite merde de secours car je craignais qu’il me lache. J’espere a Huaraz pouvoir me racheter un anorak que j’ai seme (pas le jour de mon anniversaire) sur mon parcours et un appareil photo de qualite. Ah oui mon timming, je l’a revu il y a plusieurs jours deja , fevrier 2013 a Ushuaia et puis Daniel le tourdumondiste m’a donne une idee, tant qu’ a faire a Ushuaia, aller mettre un pied dans l’antartique, (en bateau, pas en pedalo).

Voila je vais bien, mon moral est tres haut, je pense demain retrouver le goudron, aujourd’hui j’ai vu les sommets enneiges, mon projet immediat, rejoindre Caraz, Huaraz, faire une pause dans un endroit civilise, vous envoyer mes articles, refaire mes paliers de decompression pour l’altitude, et… surprise, surprise…

Bisous a tous et encore merci pour tout

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Bon anniversaire !

Bon anniversaire maman, encore bravo pour tous tes exploits.
J’ai essayé de t’envoyer un texto, mais ca me dit que ton téléphone les refusent…
Hier j’ai vu un reportage à la TV montrant un couple avec leur enfant qui traversaient l’Europe à vélo dans les mêmes conditions que toi (mais sur 6 mois), ils avaient des remorques !!
En core gros bisous pour ton anniversaire, et bravo pour tout ton parcours.
On pense bien à toi à la maison.

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Nouvelle breves : lundi 18 juillet 2011

Bonjour a tous et merci de votre soutien

La je fais de l’immensemment dur, de l’immensemment beau et de l’immensemment perdu…

Je monte, je descends dans des pistes ou parfois il faut faire du portage…

Je decouvre un Perou loin des zones touristiques et oublie de tous… Des moyens de circulation inexistants, des pistes tres tres difficiles, Une montagne austere et belle ou des humains tentent de survivre…

Je suis a Pallascas, petit village perdu  a 3200 metres, l’internet est a la municipalite et la connexion lente… Le recit de mes aventures plus tard… Bien sur avec des photos… Quand j’aurai rejoins une zone civilisee et plus chaude, je me poserai un jour…

Voila je vais bien, j’ai eu tres froid aujourd’hui sur la fin de mon parcours, mais la ca va, le moral est parfait, j’ai quand meme envie de sortir de cette piste infernale… Les peruviens sont des gens extras…

Bisous tout le monde et continuez de me faire parvenir vos commentaires, ils me sont indispensables…

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