J168-J181 : J177 : la vuelta J10 : de plus en plus dur, je galère…

Samedi 16 juillet 2011

Bivouac après Angasmarca à 3200m – Mollepampa 3200m

Distance parcourue : 17,38 km
Vmoy : 3,9 km/h Vmax : 21,8 km/h
Température : minima : 16°, maxima : 35°
Dénivelée positif : 349 m
Dénivelée négatif : 342 m
Heures sur le vélo : 4H22’02 »
Départ : 8h 35
Arrivée : je sais plus, dans l’après-midi

Résumé de la journée

  • Conditions météorologiques : soleil, nuages l’après-midi, petit vent de la Cordillère, une grosse averse en début de soirée
  • Objectif : avancer, me sortir de ce piège
  • Etat de santé : bon
  • Particularités de la journée : la piste est extrêmement difficile et ça empire d’heure en heure, lesquelles heures ne me font pas avancer bien vite, je vais repasser à 3400 mètres, devoir décharger mon vélo pour passer une côte de sable, bref c’est dur, mais il n’y a pas de véhicule motorisé, le paysage est magnifique et je fais connaissance avec le Pérou de la Cordillère pour qui le Pérou ce n’est pas le Pérou. Je mate (pas dans le sens regarder mais remettre à sa place un péruvien qui vient m’embêter à mon bivouac sauvage… L’abuelacyclofluo elle veut bien être gentille, mais il y a des limites…

Je me réveille comme d’hab un peu avant le lever du jour, lequel est à 6 h 15. Je reste un peu au chaud 10 mn (il fait 8° dans la tente) et m’apprête à sortir pour un besoin naturel quand 3 chiens attaquent la tente, je ne sors pas, après avoir aboyé furieusement ils se lassent et s’en vont… Je vais faire mes besoins près du tas de pierres, parce que les pierres contre le chiens y a que ça, mais les chiens feront comme les hommes d’hier, ils ne reviendront pas…

Je renonce à faire sécher la tente, je le ferai à ma pause du matin, ce d’autant plus que le soleil arrive tard à l’endroit où je suis.

Et voilà je repars pour une galère, piste de sable…

Que la pente soit ascendante ou descendante, c’est la même chose, je ne peux rouler… Je vais essayer dans une descente, parce que ça me fait râler de pousser (heu retenir à la descente), j’ai failli me tuer…

La sortie du rio sera terrible…

Les pentes à la vénézuelienne sur un chemin de sable c’est dur, je dérape un max, crois bien être obligée de décharger mais j’arrive à passer… Et ça dure pas 20 mètres, non c’est en continu…

De nouveaux pièges arrivent :

L’eau

Les ponts à clous…

Les ponts cassés…

D’énormes pierres que tu remercies le ciel de ne pas les avoir pris sur ta tête…

Et re de l’eau…

Et le sable c’est en continu…

J’en peux plus je crois que je vais vraiment changer de monture…

L’eau revient et je n’ai pas le droit de me mouiller les pieds !!!!!!!!!

L’endroit est magnifique…

Nature forte et sauvage alternent avec les zones de cultures, partout l’eau est présente et l’irrigation omniprésente., et des hommes s’obstinent à cultiver cette terre…

La civilisation parfois se pare de rouge…

Les girafes omniprésentes, c’est bizarre à 3200…

Si j’avais su, pas j’aurais pas venu, non, j’aurai équipé mon vélo d’autres pneus, en plus mon pneu avant est lisse de chez lisse…

Même pousser est archidur… Je dérape, je suis arqueboutée sur mon vélo, bon je galère quoi…

Et à chaque fois que je crois arriver a pata jesais pas quoi je suis à un autre village.

A 3300 un terrain de foot olympique…

Bon là je me crois à Mollebamba…

La ville est morte, personne dans les rues, toutes les maisons sont fermées,que s’est-il passé ? Une catastrophe ? Je rencontre une dame, je lui demande  : « mais où sont donc les gens ? » « A la feria », ok ils sont pas tous morts…

Je continue mon chemin, je rencontre encore une girafe…

Et puis d’autres…

Je vois un autre village, je crois encore que c’est palla machin, c’est comme les rios, ils faut descendre pour remonter, je tente la descente sur mon vélo, je manque de me tuer…

Je pousse.

Au village c’est la fête,…

Je décide de rester, je commence par manger c’est une espèce de soupe de pilpil épaise délicieuse, puis je m’enquiers d’un endroit où dormir. Je vais trouver un chevalier servant qui me pousse mon vélo, me monte mes bagages et surtout me trouve une chambre. L’endroit est on ne peut plus rustique, mais la chambre meublée en tout et pour tout d’une chaise et d’un lit a une fenêtre et n’est pas glaciale. Bon le bal et le feu d’artifice sont à 22 heures, j’ai l’intention de m’éclater…

En attendant je me suis rachetée une polaire, j’ai trop froid, ici dés que le soleil se cache ou se couche la température avoisine les zéros et quand le vent de la Cordillère souffle, je vous dit pas…

Allez bonne nuit tout le monde et bisous

Bin moi je vais faire la fête, enfin tenter…

Dans ce village perdu au fin fond du Pérou, quatre groupes vont se produire sur scène, et de bonne qualité.

Les danseuses sont aussi dénudées

que les péruviens réservés lorsqu’ils dansent, y a pas rien ne vaut le Vénézuela pour faire la fête…

 Je vais quand même trouver trois bons danseurs, recevoir une demande en mariage, admirer l’explosion de feux d’artifice,

remarquer que le peuple d’en bas boit de la bière, celui d’en haut du whisky et être éblouie par l’autel et le chemin de croix sculpté dans le bois de l’église toute illuminée, le tout est bien gardé par une police armée jusqu’aux dents…

Rebisous tout le monde

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Coucou me revoilou : Ishinca 5550 mètres : victoire absolue….

Bon bin ma pause était pas de tout repos…

1er jour atteinte du premier camp de base 4350 mètres et nuit glaciale moins 15

2ème jour atteinte du 2ème camp de base : 4800 mètres et nuit hyperglaciale moins 30, tout a gelé dans la tente sauf moi

3ème jour sommet 555O mètres, moins 30°, des pentes de neige atteignant 70°, des crevasses, des séracs, du beau en veux-tu en voilà, le 31 juillet 2011 à 7h40 du matin heure locale péruvienne la plus heureuse des femmes avait atteint le sommet d’Ishinca malgrè les muscles des cuisses très très limites à cause du froid et de l’équipement défaillant. Beau temps, qualité de neige (cramponnable) surprenante, jamais connu ça en France (le froid ?)

Puis descente et nuit au camp de base n°1

4ème jour redescente du camp de base à Huaraz

Là c’est la classe…

Là ce sont les premiers rayons de soleil à la descente et le visage marqué de souffrances (oué y faut pas croire mais c’était duraille)…

Là c’est où il vaut mieux ne pas tomber…

Là mon guide (bon, professionnel) et MON sommet Ishinca, 5550 mètres…

Voilà c’était une pause bien méritée, suis super super heureuse, détails plus tard, bisous à tous.

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Pause

Huaraz, jeudi 28 juillet 2011, fête nationale du Pérou

Bonjour à tous

Comme vous l’avez remarqué je suis très en retard dans la rédaction et la publication de mes articles… Bon patience…

Vous connaissez tous ces petits machins qui vous délivrent des images et des sons et parfois des émotions, et bien sur ces machins il y a un bouton marqué pause, bin voilà j’ai appuyé dessus… Je me mets en pause de vélo, écriture et net quelques jours, donc silence radio… Pas d’inquiétude… Je vous ferez signe quand je rappuierai sur le bouton avance ou recule…

Bisous à tous et sachez mes enfants, petits-enfants, famille, amis combien je vous aime…

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J168-J181 : la vuelta J9 : de plus en plus dur, portage…

Vendredi 15 juillet 2011

Bivouac à Cochapampa – Bivouac après Angasmarca à 3200m

Distance parcourue : 22,84 km
Vmoy : 4,9 km/h Vmax : 20,6 km/h
Température : minima : 13°, maxima : 29°
Dénivelée positif : 270 m
Dénivelée négatif : 512 m
Heures sur le vélo : 4H38’55 »
Départ : 9h 30
Arrivée : vers 17 heures

Résumé de la journée

  • Conditions météorologiques : soleil, nuages l’après-midi, petit vent de la Cordillère, quelques gouttes de pluie en soirée
  • Objectif : avancer
  • Etat de santé : bon
  • Particularités de la journée : la piste est extrêmement difficile et ça empire d’heure en heure, lesquelles heures ne me font pas avancer bien vite, je vais repasser à 3400 mètres, devoir décharger mon vélo pour passer une côte de sable, bref c’est dur, mais il n’y a pas de véhicule motorisé, le paysage est magnifique et je fais connaissance avec le Pérou de la Cordillère pour qui le Pérou ce n’est pas le Pérou. Je mate (pas dans le sens regarder mais remettre à sa place) un péruvien qui vient m’embêter à mon bivouac sauvage… L’abuelacyclofluo elle veut bien être gentille, mais il y a des limites…

Les points forts :

  • Je suis partie un peu tard, car se préparer sous six yeux c’est un peu dur…

Et j’ai un peu fait sécher la tente qui a condensé à l’intérieur du double toit car montée sans les piquets sur la terre battue aussi dure que du béton c’est pas top, en plus le soleil ne pénètre que tard dans la cour où je suis installée, donc j’ai mis la tente à sécher de l’autre coté de la route, si l’on peut appeler ça une route, c’est plutôt un chemin étroit, caillouteux, gravillonneux, sablonneux et troueux…

  • La route est difficile, elle monte et descend…

Pierres, gravier, sable, étroitesse de la route, ravin sont de retour…

Je pédale dans les descentes jusqu’à la limite de sécurité…

Allez le beau se mérite…

Après la petite ville de Angasmarca

Je crois que ça va s’arranger c’est pire, il me faut descendre et monter des dunes, à un moment je dois décharger…

Quand même j’ai essayé, la preuve, les traces…

Même les motos déchargent…

Je n’arrive pas à avancer, mes pneus sont inadaptés et qui plus est celui de devant est lisse…

Les pièges sont de toutes sortes…

Y a aussi le ravin…

Les ponts défoncés, ouf j’ai pris le neuf…

Je ne comprends pas que les pistes puissent être dans être dans un tel état alors qu’ici il y a de quoi les paver d’or…

Il n’y a pas que de l’or, il y a aussi du charbon…

Je croyais atteindre le village de Pallamarca, j’en suis encore à 2 heures et demi de bus, soit 2 jours et demi de vélo…

Y a pas je me suis engagée dans un truc hyper dur, si j’avais su je crois qu’avant de partir j’aurai équipé mon vélo de vrais pneus de VTT… Je commence à me demander combien de jours je vais mettre pour sortir de ce truc…

Je n’ai plus d’espoir de retrouver le goudron avant 250 km, c’est dur d’évaluer les distance même avec mes deux cartes et ma loupe…

Bon je garde le moral, maintenant que j’y suis, j’y vais… Et puis j’ai du beau, de l’absence de circulation…

Je fais connaissance avec le Pérou profond de la Cordillère, le Pérou oublié de tous, là où les gens ne sont bons qu’à trimer soit dans les champs, soit à la mine… La personne qui m’a accueillie la nuit dernière dans sa cour a travaillé dans la mine, il a eu un accident sans séquelle, mais maintenant préfère vivre dans un petit village à 3200m, il survit grâce à son commerce où les clous font bon ménage avec le coca, denrées et antibiotiques diverses… J’ai vérifié discrètement la date de péremption des tétracyclines (car les tétracycline sont un des rares médicament qui deviennent toxiques en vieillissant, tet les cycloabuelfluo aussi…), c’est bon la date de péremption n’était pas dépassée…

Des arrière-cours très pauvres…

Mais qui savent jouer avec les couleurs…

Des conseils de sagesse…

Des maisons qui s’écroulent…

Des femmes qui lavent le linge accroupies par terre…

La vie très dure à 3400 mètres…

Avec quand même une école qui accueille 48 enfants, des enfants qui font trois pas en avant, deux en arrière et qui finissent par avoir le courage de m’aborder tandis que je fais ma première pause nourriture, la petite fille porte le chapeau rouge qui vient de Santa Cruz, il faut que je redescende, tant pis, je m’en passerai et n’irai pas en acheter…

Il y a les ânes, les vaches et les moutons qui me regardent en se demandant ce que je suis bien venue faire ici…

Certains fabriquent des parpaings de terre pour construire leur maison…

D’autres vont…

Ou viennent, difficilement…

A 3400 vivent encore les girafes, même qu’il y en a de plusieurs sortes…

Les ultra-modernes…

Les rouges et blanches…

Les un peu vieillottes…

Les vertes…

Et bien sûr il y a les paysages…

De cultures diverses…

Avec une irrigation ancestrale…

Le paysage est parfois spectaculaire…

Ou surprenant…

Ou époustouflant…

Ou magique (amis lecteurs envoyez-moi une liste de synonymes, moi je suis pas comme Oscar, un autre colombien, je transporte pas une mallette de dicos avec moi… Enfin lui il a pas pris le même chemin…)

Ou s’irise de couleurs…

La montagne est bien présente…

Avec ses rios qu’il faut toujours descendre et remonter (mais là vu l’état de la piste je crois que je préfère encore monter, car retenir dans la descente c’est très râlant…

Les géraniums qui sont pas en pot, donc plus beaux…

Il y aura le repas du midi pour à peine plus d’un euro, soupe consistante et viande en sauce délicieuse, riz pommes de terre et limonade maison au jus de pomme…

Il y aura le chauffeur de bus qui me demande ce que je fais vu qu’il m’a déjà croisée il y a une semaine, j’essaie de lui expliquer qu’une heure de bus c’est un jour de vélo chargé, mais le message ne passe pas…

J’aurai pu rester à Angasmarca, il y avait même un hôtel, mais je veux avancer. J’ai dans l’idée de me trouver un endroit de bivouac tranquille en dehors de toute habitation car j’ai besoin d’un peu d’intimité, d’un peu de solitude, et je voudrais aussi écrire… je me prête de bonne grâce à toutes les questions mais arrive un moment où stop, le stop est arrivé…

Je trouve un super endroit, je peux installer mon vélo en équilibre instable au bord de la route pour le décharger, on ne me voit pas de la route. Un peu plus haut, devant et derrière deux maisons peuvent me voir et au bruit des enfants et des chiens je sais qu’un hameau n’est pas loin, mais je compte sur l’accueil et la discrétion des péruviens. Bientôt deux hommes surveillent mon installation, pas de réponse à mes deux « buenas tardes », je continue à vaquer à mes occupations, notamment nettoyer ma chaîne et mon dérailleur. Puis l’un des deux vient me voir, il me réclame de l’argent, j’apprends un nouveau mot « deliciosas », il veut 10 soles, il partira avec 5. Un deuxième vient, il a le visage un peu déformé, il a dans la main un espèce de truc en forme de poire avec un petit tuyau dans lequel il trempe comme un bâton et le suce, il a aussi un sachet de graines de je sais pas quoi qu’il veut me vendre, je suppose que tout ça c’est de la drogue. Les gens sous l’emprise de la drogue ou de l’alcool j’aime pas trop, on ne peut ni les raisonner ni désamorcer un conflit… Quand même je suis énervée, alors il prend pour l’autre, je lui demande si je vais voir tous les hommes du village défiler pour me demander de l’argent, que je viens du Vénézuela, que j’ai fait 6000km en vélo, que là la route a été très difficile, que j’ai 63 ans, que la seule chose dont j’ai besoin c’est du repos et de la tranquillité et que depuis 6 mois on m’a invitée, on m’a logée, on m’a nourrie gratuitement et que c’est bien la première fois qu’on me réclame de l’argent. Je crois que j’ai du l’impressionner, il a pas demandé son reste et il est parti… Tandis que je prenais ma douche maison, je vous dis pas la couleur du jus qui sort, j’ai entendu un homme passer à cheval… J’ai quand même bien verrouillé mon vélo, introduit la roue arrière sous l’auvent de la tente et l’ai attaché par deux extenseurs à la tente. J’ai aussi viré les grosses pierres qui trainaient, mais quand même à 2 mètres il y a un gros tas, je ne peux pas tout virer… Et même pas peur…

Bisous tout le monde

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Nouvelles breves : mercredi 27 juillet 2011

Bonjour a tous

Je suis a Huaraz, 3080 metres, etape importante de mon voyage pour ceux qui me connaissent… Pour les autres, cherchez…

Je vais bien, sauf que je suis enervee, dix fois que je recommence cette page et que je me fais ejecter…. deux heures pour trouver un hotel, c’est la fete nationale, tout est plein et ils ont multiplie les prix par 5. Impossible  de trouver un anorak a ma taille et la vendeuse ma enervee et ca fait mille fois que je reecris cet article et que tout s’en va et je suis paralysee de froid… Sinon le soleil brille et quand c’est le jour et que le vent ne souffle pas les temperatures depassent les 30 degres, la nuit ca gele. Et aussi mon webmaster pourquoi les commentaires sont fermes sur l’article precedent, tu peux me reparer ca ?

Bisous a tous, je vais essayer de me desenerver

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J168-J181 : la vuelta J8 : du plus que dur, du dangereux, je manque de me tuer…

Jeudi 14 juillet 2011

Santiago de Chuco – Bivouac à Cochopampa

Distance parcourue : 23,83 km
Vmoy : 5,4 km/h Vmax : 23,9 km/h
Température : minima : 13°, maxima : 33°
Dénivelée positif : 313 m
Dénivelée négatif : 493 m
Heures sur le vélo : 4H21’56 »
Départ : 9h45
Arrivée : vers 16 heures 30

Résumé de la journée

  • Conditions météorologiques : soleil, , petit vent de la Cordillère, menace d’orage qui tombe plus loin, un peu de pluie en soirée
  • Objectif : avancer
  • Etat de santé : bon
  • Particularités de la journée : piste très difficile et dangereuse évidemment je nage dans le beau

Article écrit en décalé, alors les points forts :

Je pars tard :

Après un adieu à mon hôtel bien sympa et son lavage de couvertures (il faut dire qu’ici pas de drap, on dort à même les couvertures, on, parceque moic’est mon duvet et mon petit drap de soie, verts tous les deux…)Je repasse à la banque, oui ici à la banque isl délivrent pas beaucoup au jour le jour, vu ma vitesse de progression, je repasse au distributeur. Alors là je vais criser, j’ai écrit en live sur le net, au moment où je me suis dit tu devrais enregistrer un brouillon pour ne pas tout perdre et bien je perds tout…
Donc après les sous je passe au resto où j’ai oublié hier mon sac de pain, ce n’est pas tant pour le pain que pour le sac qui est hyperpratique, il passe inaperçu, je peux le porter en bandouillère, j’ai voulu l’acheter dans une pharmacie de je ne sais plus quel pays, ils me l’ont donné, c’était un sac publicitaire. Ouf le resto n’est pas fermé et ils m’ont mis de coté mon sac.

Et puis aussi j’ai nettoyé un minimum ma chaine car vu là où je suis passé mon vélo est dans un triste état…

Et puis je n’ai pas à me justifier, je pars quand je veux, na…

Depuis plusieurs jours j’ai en ligne de mire Santiago de Chuco, je crois qu’après cette ville pas si petite que ça car il y a une banque je vais rejoindre le monde civilisé et donc des routes routables. Si j’avais su je vendais mon vélo et j’achetais

Pas un âne…

Non, un troupeau d’ânes…

 Et bien non, en plus d’être difficile…

 La piste est extrêmement dangereuse, elle descend, graviers, pierres et sable se côtoient ou se mélangent en proportion variable.

 La piste est étroite, il n’y a pas la place pour une voiture plus un vélo.

 Je ne vais croiser qu’un bus et une ambulance qui manqueront tous les deux de m’envoyer valdinguer dans le ravin. Ah oui parce que en plus de déraper il y a le ravin et pas de parapet. Je manque de me tuer dix fois. Chaque virage, chaque pont est recouvert d’une épaisse couche de sable et je dois mettre pied à terre, j’en bave un max.

L’aire de repos pour vélo en danger est la bienvenue…

Là c’était la zone difficile mais pas trop dangereuse…

Une fois passé le pont le pont la piste est meilleure et ça monte, je pousse beaucoup.

Je rejoins le petit village de Cachigan où il y a plusieurs restos. Pour aller aux toilettes je dois aller dans une autre maison, ça c’est courant, surprise du linge, avec mes écritaux c’est une autre passion, si vius saviez comme le linge peut parler… Autant que les pierres..

On m’invite à rester. C’est une ville (euh hameau) thermal. Je suis tentée… Mais non il faut que j’avance, là je commence à me sentir piégée dans cette vuelta qui n’est plus une vuelta mais une vueltita.Dans le village la route est bétonnée, un vrai billard, mais après je retrouve ma mauvaise piste… Courageusement je repars.

Et voilà maintenant l’orage qui gronde, mais vraiment gronder et fort. Je me renseigne, il va venir ici ? Non il est por aqua, pas por aqui, bon bin si il est pas por aqui je continue.

A la bifurcation qui n’existe pas sur ma carte, et bien sûr il manque le petit bout de la carte d’Enzo,  je mets en oeuvre tout mon instinct, je ne prends pas la piste qui me tend les bras, mais l’autre, j’ai mille fois raison…

Arrive l’heure de me poser, je cherche. Je vois un joli coin d’herbe à coté d’une maison. Je sonne, oui il y a une sonnette et même un papier avec fautes d’orthographe qui dit que ce n’est pas la peine d’exploser la porte qu’il faut sonner. Donc je sonne, un homme regarde par son balcon qui est là. Je lui explique mon truc. Non je ne peux pas mettre ma tente sur l’herbe, la terre n’est pas à eux mais à la duegna. Mais qui sont toutes ces duegnas dont tout le monde parle, que tous craignent et qui ne sont jamais là ? Ca doit être comme la dame blanche du Lautaret. En revanche l’homme m’invite à poser ma tente dans sa cour. J’accepte. La terre battue c’est horrible, bientôt toutes mes affaires sont couleur terre, mais elles l’étaient déjà…

Je suis invitée à manger dans leur modeste salle de séjour qui sert à la fois de cuisine, de poulailler pour les cuys, de remise à vélo, de tout quoi. Il me rassure quant au rongeage de mon vélo par les cuys, et pour les souris ils ont trouvé le truc, en plus du chat ils leur donne à manger sur le haut du mur (qui ne touche pas le toit) et voilà, chacun son domaine… Le gaz a remplacé le feu à bois, résultat on se gèle… J’ai réfuté le thé et le café alors je suis obligée de boire la boisson sucrée rouge qui d’habitude est très bonne, mais là c’est fait avec un sachet, c’est bourré d’Aspartam, mon corps il refuse… Le repas sera simple :riz; spaghettei, quelques morceaux de poissons. L’homme me raconte son choix de vie, avant il travaillait à la mine, il a eu un accident, il s’en est sorti sans séquelles, alors maintenant il tient cette boutique où clous, antibiotiques, savon, riz et autres denrées font bon ménage.

Le soir je n’ai pas écrit, trop nase, juste cette petite phrase « je prends des risques… », je crois bien que c’est la première fois où j’ai pris des risques…

Et le paysage ? Fabuleux comme d’hab…

les photos en vrac, sans commentaire…

J’oubliais le principal, j’ai rencontré :

Un cochon à la peau de chèvre…

Une vache…

Un mouton égaré…

Mon vélo il aurait bien voulu conté fleurette à un copain…

Et puis aussi admirez le rangement du bois…

Douce nuit à tous et bisous sous le regard de la lune…

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J168-J181 : la vuelta J7 : la récompense suite, passage dans l’altiplano à 4200 mètres…

Mercredi 13 juillet 2011

Bivouac loin de tout à 4100 mètres – Santiago de Chuto

Distance parcourue : 34,32 km
Vmoy : 9,9 km/h Vmax : 31,9 km/h
Température : minima : 13°, maxima : 29°
Dénivelée positif : 251 m
Dénivelée négatif : 1218 m
Heures sur le vélo : 3H26’37 »
Départ : 9h 30
Arrivée : vers 15 heures

Résumé de la journée

  • Conditions météorologiques : soleil, lever par des températures négatives, puis froid et vent glacial modéré
  • Objectif : Santiago de Chuco
  • Etat de santé : bon
  • Particularités de la journée : après une nuit très froide (gelée) j’atteins l’altiplano à 4200 m d’altitude époustouflant de nature sauvage, je m’y balade plus de deux heures, puis je vais descendre sur une petite ville de montagne très animée à 3200 mètres d’altitude, obtenir de l’argent et trouver un hotel sympa.

La nuit fut froide, j’ai eu un peu froid aux jambes et aux pieds, la prochaine foids c’est collant et chaussettes… Le haut avec la veste en duvet y compris la capuche ça a été… J’ai vérifié la température à mon compteur, zéro dans la tente… J’ai eu du mal à m’endormir, l’altitude peut-être, ou l’excitation d’être si haut et de battre demain mon record d’altitude en vélo et qui plus est par une piste, parce que le col des Condors au Vénézuela à coté c’était de la rigolade… Je peux le dire, cette piste a été terrible, maintenant elle est plus facile, elle est en terre tassée depuis un peu au-dessus de Shotey, ça change tout. Franchement je ne me presse pas pour me préparer car sortir par des températures négatives ça ne me dit rien…

La tente est toute givrée…

Tout alentour est blanc, c’est beau…

Et c’est froid…

Et puis je fais sécher la tente, un coup d’un coté, un coup de l’autre et évidemment je perds un truc : le couvre bouteille en éponge que j’ai fait pour rafraîchir la gourde qui m’a aussi servi pour essuyer la tente, je le cherche, je redéfais la tente pliée, je recherche, rien. Et puis aussi il y a le temps du portage, j’ai voulu dormir loin de la route pour ne pas avoir le bruit des camions nocturnes, lesquels furent absents la nuit…

Bien sûr j’ai eu mon lever de soleil…

Surprise du matin les trois planches où a dormi le veilleur de nuit sont par terre et mon vélo au milieu du chantier, j’aime pas, je l’ai laissé là pour faire plaisir au gardien de nuit, mais je regrette…

Je pars sous un soleil glacial…

Et je vais m’offrir 16 km et demi et 2 heures et quart d’un altiplano sauvage, grandiose, où plus rien ne vit…

Cette nature puissante me plait…

Le froid reste intense…

Des fois c’est plus que beau…

Encore plus que beau…

Les fermes sont très rares…

Et les moutons se confondent avec le paysage…

Et mon usine à globules rouges elle tourne à plein débit… Au fait l’alti plano il est alti (haut), mais pas plano, ça monte et ça descend…

Les ingénieurs de la route vont passer, s’inquiéter de ma nuit (le gardien de nuit dans ses trois planches et pas de duvet pour 25 soles la nuit il peut crever…), me donner des oranges et des bonbons, j’en profite pour leur dire que ce n’est pas possible qu’il fassent toute la route en 6 mois, à mon avis il leur faudra 2 ans, non ils sont confiants, ils font deux kilomètres par jour et ils ont plusieurs équipes, je pense qu’ils vont s’arrêter à Shotey parce qu’avant il y a vraiment du boulot…

Sur mon chemin, tandis que je pousse mon vélo parce que la cote est trop rude et que quand même je suis à 4200 m je rencontre un prof de math, il marche, aujourd’hui il n’ y a pas de bus, je lui dis de faire du stop aux rares voitures, il me dit que ça ne marche pas, nous parlons beaucoup, je lui dis que je vais faire du stop pour lui…

La première voiture est une voiture de chantier, elle passe. Nous arrivons au sommet de la cote, je gare mon vélo pour déguster le maïs frit qu’il m’offre, moi je lui offre une orange. Arrive un camion, je l’arrête carrément et je lui envoie mon prof, le chauffeur l’a du être déçu mais il n’a pas refusé, le prof me donne tout son paquet de maïs, je lui redonne deux oranges, une pour lui, une pour le chauffeur.

Dans un trou de nuage je vois ma première neige péruvienne…

L’altiplano offre aux visiteurs de petites lagunas (lacs)

Ou de grandes…

Je repère une zone de bivouac pour le sieur Janodou

La civilisation est en train d’arriver dans ces zones reculées…

Avec des toilettes assorties au paysage…

Bleues…

Ou rouges…

Puis j’entame une longue descente, le paysage a changé, 200 mètres de moins, une exposition différente et peut-être aussi de l’eau et moins de pierres font que la montagne est cultivée, je vais rencontrer quelques hameaux…

Retrouver les vaches…

Les ânes, celui là l’est en punition…

Refaire un coucou à la neige…

Et côtoyer du sublime…

Ou du plus que sublime, ici ils disent espectacular ou increible… (que l’on ne peut créer comme dirait mon guide équatorien…)

Et qu’y-a-t-il sous le tas de foin ? Le premier qui trouve la bonne réponse gagne le droit de suivre la même piste horrible que j’ai suivie (sans moi…)

La piste est pistable…

Mais il y a encore beaucoup de graviers, je suis prudente, les zones de sable sont rares, apparaît une nouveauté le mélange d’ornières et de graviers, j’aime pas. Sur cette piste qui est quand même bien moins difficile que les jours précédents j’arrive à faire presque du 32 km/h, je ne me reconnais pas, je n’aime pas les pistes, mais si le beau, le hors des sentiers battus est à ce prix, piste je fais. Et là je suis dans le vrai Pérou de la montagne, pas celui des touristes… Les péruviens sont des gens extras, accueillants comme c’est pas possible, je me sens bien dans ce pays.

Comme dans le reste de l’Amérique latine, tout est immense, même les souches…

Dans un virage je suis à l’abri du vent, je crois avoir retrouvé la chaleur, erreur, le virage suivant vite je renfile le peu que j’ai enlevé.

J’arrive à Santiago de Chuco, je cherche le centre, un homme me fait monter une cote à la vénézuelienne ( inutile, je la redescendrai de l’autre coté)… Une femme lui dit qu’il a pas honte de me laisser pousser seule, il m’aide.Dans Santiago certains prennent le soleil, assis sur une chaise sur la route, quand arrive une voiture, ils se poussent…

Première chose que je fais : je cherche la banque… Le distributeur automatique de la dite banque n’est pas adossé à la banque, j’y vais, ils proposent 1500 soles, j’accepte, opération refusée, je prends alors les 400 soles, ouf ça marche, je vais pas être obligée de manger mon bout de plastique et de brûler mes dollars. Je repasserai demain car là où je vais il n’y a encore RIEN, rien que du beau. On me demande si je suis venue ici pour la feria… Oui demain et après-demain c’est la fête, demain les enfants défilent et après je sais pas. Tout le monde est en train de repeindre vite fait mal fait sa maison (ce qui fait que mon pantalon en plus d’être crade de chez crade il a maintenant des traces blanches…). Non je ne vais pas rester, il faut que j’avance un peu.

La municipalité belle de jour étincèle la nuit…

Je cherche un hôtel, le premier est cher et loin du centre, le deuxième est cher et propose une chambre lugubre sans fenêtre et qui pue, je réfute et lui dis qu’il a pas honte de louer une chambre comme ça pour ce prix là, le deuxième les chambres ne sont pas prêtes, le troisième est dans une ancienne maison coloniale, la propriétaire est hypersympa, là aussi la chambre n’est pas prête, c’est juste que toutes les couvertures sont lavées car c’est la fête, je la rassure en lui disant que j’ai tout ce qu’il faut pour dormir, j’ai droit à une douche tiède électrique. Je suis gelée, je vais faire mes courses pour deux ou trois jours, je ne sais ce la route me réserve… Un des épiciers me propose d’aller au cimetière pour voir la tombe d’un poète disparu, non, c’est au-dessus de mes forces… Je vais à Internet, c’est la cata, lent de chez lent, la première boutique il se fait tirer les oreilles pour me reconnecter quand je suis déconnectée, je vais voir ailleurs, la connexion n’est pas meilleure mais le mec plus sympa. Je cherche un resto où manger, celui que je trouve est moins froid qu’ailleurs, quand je vois le feu dans la cuisine je demande et j’obtiens la permission de manger dans la cuisine, enfin je me réchauffe…

L’hygiène, c’est simple, il n’y en a pas, mais maintenant je suis immunisée et supporte tout…

Je ne regrette pas mon choix, manger local, manger dans la rue, la nourriture est une chose importante d’un pays et ne pas manger comme ses habitants, à mon avis c’est passer à coté de quelque chose, et en plus y a des trucs super bons… Eric le hollandais (encore lui, nous avons un peu la même vision du voyage, un aller simple, être seul, faire ce que l’on veut, prendre des chemins de traverse, sauf que lui il a décidé de pas attendre l’âge de la retraite mais vu son niveau il retrouvera du travail sans problème en rentrant, et vu la taille de ses jambes je pense qu’il arrivera largement avant moi à Ushuaïa…) il a même été jusqu’à laisser son végétarisme de coté, peut-être pas pour la connaissance du pays, juste que ici c’est pas possible, sinon il allait mourir de faim et avoir des carences…

Sur ce dodo, bisous tout le monde.

P.S. Il y a 29 ans je mettais au monde MA fille…

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J168-JJ81 : la vuelta J6 : passage à 4200 mètres

Mardi 12 juillet 2011

Paraiso (le Paradis), bivouac à 3542 mètres – bivouac à 4100mètres d’altitude

Distance parcourue : 26,26 km
Vmoy : 5 km/h Vmax : 55,7 km/h
Température : minima : 6°, maxima :22°
Dénivelée positif : 675 m
Dénivelée négatif : 103 m
Heures sur le vélo : 5H12’07 »
Départ : vers 8h30
Arrivée : tard, passé17 heures

Résumé de la journée

  • Conditions météorologiques : froid, un peu de pluie, l’orage qui menace
  • Objectif : avancer, trouver un endroit où dormir
  • Etat de santé : bon
  • Particularités de la journée : route plus facile, je traverse un altiplano, puis je vais en rebaver à mort pour monter à Shorey puis je vais planter ma tente à 41OO mètres d’altitude loin de tout..

Ce matin avant de partir je vais dire au revoir aux gens du restaurant, je demande à laver ma cuiller (collante de dulce de leche appelée ici manzana blanca alias lait concentré sucré chez nous), la dame me prend la cuiller des mains et va pour laver elle-même, je ne sais pourquoi je la suis, et je rencontre Anna. Anna a été mise sur mon chemin, je lui consacrerai un article. Lisez-le et aidez-moi à l’aider…

Bien sûr j’ai eu droit à ma dose de beau du matin…

Même que des fois il y a du surdosage…

Je ne mangerai pas le cochon, dommage, sauf pour la peau…

La piste est meilleure

Pendant de longs kilomètres je vais parcourir un altiplano, qui certes est alti(vers les 3500m), mais pas vraiment plano, ça monte et ça descend…
Toute vie ici est difficile…

Moi j’aime les grands espaces forts et puissants de la nature…

Ce n’est peut-être pas pour rien que j’habite une maison adossée à une falaise qui s’écroule… Je rappelle pour ceux qui n’ont pas suivi depuis le début que devant ce sont des montagnes aux formes voluptueuses, oui, on peut aimer tout et son contraire…

Parfois un bus passe…

Moi aussi je passe, au milieu du somptueux…

Je me crois sortis des difficultés, je pédale et ouvre grand mes yeux…

Ici un rio

Là peut-être des ruines d’irrigation précolombiennne…

Les nuages ne sont pas encore trop menaçants et puis de toute façon j’ai décidé d’en faire abstraction…

Même les camions ils font moins de poussière…

Et puis, et puis je vais en rebaver à mort…

La piste redevient épouvantable, sable, pierres ,graviers et même des fois de l’eau…

Et la pente est dure pour monter à Shorey petit village minier à 3800 mètres d’altitude,  très, très pauvre, c’est sûr l’or du Pérou n’est pas ici…

A Shorey il y a un restaurant pour camionneurs ou travailleurs, je mange bien, j’ai un admirateur

Je reconnais que mon mode de transport est totalement inadapté aux pistes que je tente de gravir…

Je sors de Shorey, j’arrive à la bifurcation Cajabamba-Santiago de Chuco. A Carabamba il y a la mine, ne me demandez pas de quoi les gens ne savent pas…

Tous les camions, tous les bus vont à la mine, et les rares cyclistes qui ont fait le tronçon que je viens de faire c’est parce qu’ils voulaient joindre Cayamarca-Trujillo en passant par la montagne. L’inverse, venir de Trujillo et se jeter dans la gueule du loup, je crois qu’il faut être cycloabuelafluo pour le faire. me voici donc partie à l’inconnue sur cette piste. Il est 14 heures, je suis en haute montagne, l’orage menace, même pas peur… La piste n’est pas bonne et la pente est rude, je vais pousser.Je rencontre un homme, je n’ai pas bien compris d’où il venait, cela fait 9 heures qu’il marche, je lui donne de l’eau.

La mine (parce qu’il y en a une autre) va être présente, partout.

La piste devient meilleure et les pièges sont très biens signalés

Je continue, je continue, je continue, je ne rencontre personne, que la mine… C’est impressionnant, elle est presque à ciel ouvert, on dirait le front d’un glacier. Certains m’ont dit que c’était une mine d’or, d’autres d’argent, d’autres de trucs pour faire des choses, moi j’espère juste que ce n’est ni une mine d’amiante ni une mine d’uranium…

La protection autour de la mine est inexistante

Je continue à avancer, nous sommes au-dessus de 4000 et je vais rencontrer les travailleurs (et travailleuses) du froid…

Ils refont la route, j’en profite, un petit billard de terre battue, c’est aussi bon qu’un goudron bien lisse…

La route devrait être finie dans 6 mois, j’en doute… J’ai discuté avec les ingénieurs de la route, eux n’en doutent pas… Ils font 2km par jour, ont plusieurs chantiers, elle devrait même être goudronnée, je verrai juste plus loin, que oui, avant d’être goudronnée, déjà elle se casse. Dans ma tete ça va être comme cela jusque Santiago de Chuco, à Santiago de Chuco il y a une banque, je pense à Santiago de Chuco retrouver la civilisation et le goudron… Laissons mes illusions me bercer, en attendant je monte et il fait de plus en plus froid…

La végétation se réduit à de rares touffes d’une espèse d’herbe rêche. Je rencontre les ingénieurs de la route, où je vais, qu’est-ce que je vais, où ils peuvent m’emmener, c’est fou le nombre de gens qui veulent m’emmener quelque part, je crois que depuis que je suis partie j’aurais pu faire trois fois le tour de la terre sans donner un coup de pédale, et toujours je résiste, mais pour résister il faut expliquer…

J’avance au milieu du chantier, je crie pas la douche, pas la douche…

J’admire un superbe lac, amis ne vous y baignez pas, c’est un lac d’acide (pour la mine), je comprends les habitants de Pugno qui se font tuer pour empêcher l’implantation de la mine, que va-t-elle leur rapporter à eux ? A eux rien, que le défilé de camions, la poussière, le massacre de leur montagne et le droit d’aller s’user au travail pour quelques soles…

En tous cas les péruanos ne manquent pas d’humour…

Je vais dormir de l’autre coté du col, sauf que de col il n’ya , mais je ne le sais… Et oh ça se complique maintenant un nouveau danger, le verglas, je n’avais pas pensé à celui-là…

Je vous rappelle que nous sommes au-dessus de 4000, que l’orage menace, que l’heure tourne, et que la nuit ici tombe d’un coup, et derrière la courbe il y a une autre courbe, je commence à repérer les endroits plats, et puis je me dis que derrière le col ce ne sera pas mieux que là, je fais demi-tour et vais m’installer sur mon endroit plat. En face le gardien de nuit du chantier. je crains la circulation de nuit, alors je m’éloigne de la route, je fais du portage, mais camion il n’y aura pas cette nuit…

Le gardien de nuit me propose de garder mon vélo, d’accord, mais il faut d’abord enlever tous les clous, j’essaie de lui expliquer que je tente de battre le record mondial de 7500 km sans crevaison, j’ai dépassé les 6000, je garde espoir, il comprend pas bien.Lle lendemain j’aurai la surprise de voir les quatre planches en tas, mon vélo au milieu de mille clous et objets tranchants diverses…

Voilà, je suis seule au milieu de rien, je domine le monde (enfin presque), je suis heureuse…

Bien sûr j’ai le droit à mon petit coucher de soleil de la Cordillère…

A la viste de mes deux ingénieurs de la route…

Vous ne manquez de rien ? Vous n’allez pas avoir froid ? (le gardien de nuit juste avec ses quatre planches, ses couvertures et ses 25 soles par nuit il peut crever…).  Ils me proposent à manger, mais c’est du poisson et que dans une heure, je réfute, je suis nase de chez nase, pas même la force d’écrire trois mots…

J’aurais le droit à des bonbons, et le lendemain bonbons et mandarines, j’en échangerai quelques unes contre du mais grillé avec mon prof de math, mais ceci est une autre histoire (notez au passage que je commence à faire des échanges, non je continue, j’ai échangé guide contre carte…)

La nuit va s’avérer très froide, la température va descendre à zéro dans la tente, pour la première fois j’aurai froid aux pieds, j’aurais du garder une des deux paires de chaussettes (oui aujourd’hui c’était deux paires de chaussettes aux pied, la en laine et la en poil de chat…)

Bonne nuit, bisous à tous

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J168-J181 : la vuelta J5 : dur, dur, dur, dur, dur, plus que ça même…

Lundi 11 juillet 2011

Allgapampa, petit village perdu dans la montagne à près de 3300 mètres d’altitude – Paraiso (le Paradis), bivouac à 3542 mètres

Distance parcourue : 20,00 km

Vmoy : 5,1 km/h Vmax : 22,1 km/h

Température : minima : 9°, maxima :29°

Dénivelée positif : 439 m

Dénivelée négatif : 279 m

Heures sur le vélo : 3H53’58 »

Départ : 9h10

Arrivée : vers 16 heures

Résumé de la journée

  • Conditions météorologiques : soleil, des coups de vent glacial, puis orage menaçant, puis orage de grêle, puis pluie, puis soleil, puis repluie, puis resoleil, soirée glaciale, la nuit je sais pas dans mon double duvet je n’ai jamais froid, sauf qu’il repleut…
  • Objectif : avancer, trouver un endroit où dormir, peut-être
  • Etat de santé : bon
  • Particularités de la journée : je fais que des bêtises, je perds mon anorak avec 20 dollars et 50 soles dedans, j’oublie mon maillot bleu à l’hôtel, j’y retourne en stop. La route est très très très difficile, pente, pierres, graviers, sables, ça dérape un max, je me prends un orage de grêle sur la tête,ce qui a le mérite de faire tomber la poussière que tant qu’on a pas vu ce que c’est on peut pas imaginer..

Aujourd’hui je vais reprocéder par points forts :

 Je fais que des bêtises : en préparant mes bagages, et surtout me pour mettre sur le dos je ne trouve pas mon anorak, en plus dedans il y a dans la poche gauche 20 dollars, dans la poche gauche 50 soles, histoire de pas mettre tous les œufs dans le même panier… Je refais toutes mes sacoches, rien…

Je réfléchis, hier j’ai entendu un bruit bizarre, j’ai cru que c’était mes freins, j’ai d’abord pensé que le mauvais sort me poursuivait, c’est pas possible, là ce sont des freins neufs, et puis et puis j’ai quand même eu l’idée de regarder, il y avait un sac où je mets mes vêtements chauds disponibles, oué parce qu’ici c’est comme en Colombie, la température passe de 30 à 9 ° en deux minutes… Et moi je ne peux pas me permettre de me refroidir, il faut que je trouve un truc pour avoir mes vêtements à disposition et aussi trouver un bâton qui me serve de béquille car là je vais à la cata… Donc le sac de vêtements chauds avait glissé et touchait ma roue, juste j’ai été contente que pas de dégâts et j’ai pas pensé plus loin, erreur, erreur, erreur, car je pense que dans un plastique il y avait mon anorak, bin celui qui l’a trouvé il a eu un bon suerte comme moi avec mes zéros crevaisons, au fait mon webmaster change les kilomètres car selon mes calculs à moi j’ai dépassé les 6000… Donc j’ai perdu mon anorak et je n’ai plus beaucoup de soles (la monnaie du Pérou)… Je suis quand même un peu perturbée, je vais voir la police qui est en face de l’hôtel , je leur demande si on leur a pas rapporté mon anorak, là je crois encore au Pérou, je leur demande de me le rapporter si des fois ils le retrouvent, je crois toujours au Pérou… Tout cela prend du temps et moi qui voulais partir plus tôt je pars passé 9 heures… Me reste à manger mon bout de plastique (la carte bancaire) et à brûler mes dollars de réserve pour me réchauffer…

Bon les bêtises c’est pas fini, avec tout ça je suis perturbée… J’ai remarqué qu’ici il n’y a pas de rosée, que ma serviette a séché durant la nuit, donc pendant mes longs préparatifs je mets mon unique maillot bleu qui me protège du soleil sur l’étendage et je pars… Sans… Je ne m’en apercevrais que 5 km plus loin d’une route extrêmement difficile, impensable de rebrousser chemin en vélo, je laisse mon vélo sous la garde d’un vieux monsieur dans un tout petit village et je repars le chercher, je marche et fais du stop, oué sauf que les routes à moitié désertes c’est pas super pour le stop, un bus passe, me prend, je raconte mes aventures, je ne paie pas; l’homme qui seconde le chauffeur (parce que le chauffeur il est tout à sa route, la route est très très difficile) me dit que si je n’ai plus d’argent ici pas de problème, je demande et on me donnera, y a pas le Pérou, c’est le Pérou… Je passe au plan 2 bis de restriction budgétaire, je ne passerai plus jamais au plan 3, je mendierai mais plus question de me priver de nourriture, et là je sais que je peux non seulement faire appel au peuple mais aussi à la police. Je récupère mon maillot, je remarche, un camion passe et ne me prends pas, je remarche, plus longtemps qu’à l’aller, une camionnette passe et me prend, c’est assez l’horreur, je manque de valser par dessus bord, je me cramponne un max, je sais pas comment ils font les gens, je suis moins secouée sur mon vélo, je raconte mes aventures, une des dames me dit qu’un vélo comme moi vient de passer… Ce n’est pas mon vélo ? Non. Le temps de me cramponner pour me retourner, le dit vélo est nimbé du nuage de poussières… Je ne saurai jamais si c’est un autre fêlé comme moi… Une des vieilles qui étaient dans la camionnette habite là où j’ai laissé mon vélo, dans son sac, quatre bouteilles d’eau, deux de coca, elle me dit qu’elle vend aussi… Je ne peux rien lui acheter, le plan 2 bis de restriction budgétaire et le poids, j’ai honte, elle est dans la survie, moi aussi… Au passage c’était tellement acrobatique cette virée en camionnette sur cette route épouvantable que j’en ai failli oublier mon maillot dans la camionnette, je profite d’un moment sans personne pour le mettre ce fameux maillot bleu car là il fait chaud.

Le deuxième point fort de cette journée c’est la route, elle est terrible, le cyclo hollandais m’avait prévenu, même à la descente il faut pousser. Eric il a quarante ans, des jambes deux fois plus longues que les miennes, il est vachement plus fort. Quand même il faut que j’avance, alors je me lance dans le descente, c’est terrible, mes pneus ne sont pas adaptés et un vélo chargé ça change tout, et en plus je n’ai pas de casque, je réduis les secousses en étant debout sur les pédales le poids en arrière, mis le pire ce ne sont pas les pierres c’est le gravier et le sable, c’est terrible, je fais attention de ne pas déraper, c’est comme la conduite en voiture sur neige, comme sur des œufs, tout en douceur, je ne vois rien du paysage, suis concentrée un max. je dois quand même mettre pied à terre pour traverser une zone de sable d’environ 15 cm, même en poussant c’est dur.

La descente va se terminer et je suis presque contente de pousser pour remonter, je galère un max, je dérape, le vélo dérape, mes pieds dérapent, c’est vraiment dur.

Je vais passer le km 100, 100 de je sais pas quoi, d’ailleurs c’est l’unique borne…

Quand même quand il y a des obstacles ils préviennent…

A un moment donné la piste est à double voie, je ne peux passer sur l’autre voie, je dérape trop… Terrible la route, terrible…

Petite parenthèse, j’écris dans ma tente, j’ai laissé mon sac poubelle dehors, il n’y a rien d’intéressant que le papier de mes crackers, j’entends une bête qui farfouille dedans, je n’ai même pas peur, je crois que je vais finir pas n’avoir plus peur de rien… J’espère quand même ne pas devenir dure et garder un cœur tendre… En plus des dérapages il y a la pente, dans un virage je galère un max, la pente à la vénézuelienne, les dérapages à la péruvienne, ça donne… Et pour couronner le tout il y a la poussière, la poussière du vent, la poussière quand passe une voiture , un camion ou une camionnette… Je suis même obligée à plusieurs reprises d’essuyer les lunettes… A un moment donné je doute, qu’est-ce que je suis venue faire dans cette galère ? Le paysage est un peu monotone, des montagnes cultivées, c’est le moment de la récolte, quelques rares villages. Et puis quand je doute je passe un col à 3000 mètres et là je ne doute plus ça me plait cette nature dure et impitoyable, et puis je vais continuer à monter et atteindre un altiplano à plus de 3200 mètres d’altitude et je suis contente.

 Un autre point fort de la journée : le temps… des chauds, des coups de vents glacial et puis l’orage qui menace, j’ai même plus peur, je me dis que si je m’arrête à chaque orage qui menace je ne suis pas prête d’arriver, alors je continue, à 3000 mètres je me prends dix gouttes d’eau sur la tête, je continue de foncer dans l’orage, même pas peur…

A 3500 mètres je me prends une averse de grêle, là c’est moins drôle, ouf j’ai pu arrêter mon vélo et me couvrir, je continue, je croise trois maisons, des gens s s’abritent et me font signe de venir, je ne me fais pas prier. Au bout d’un quart d’heure ça se calme, je repars, m’arrête pour manger un peu, je n’ai rien mangé depuis plus de deux heures, puis ça passe à la pluie c’est supportable, la température est passée de 28 à 9°, mon anorak me manque… Puis ça va se réchauffer, l’avantage de cette pluie et grêle c’est que ça a fait tomber la poussière… Je me demandais pourquoi les camionnettes arboraient un fanion à près de 4 mètres de haut, j’ai compris, c’est pour qu’on les voie dans la poussière… Ce soit dans ma tente je me suis fait ma douche maison avec mes 4 cuillers à soupe d’eau, un jus marron est sorti de mon visage…

Je voulais aller plus loin, vu que j’ai vu qu’il était facile de planter sa tente, je voulais continuer jusque vers 5 heures, et puis le paradis m’a appelé…

Et puis je crois que le raisonnable c’est quand on le peut de s’arrêter à 4 heures, ici il fait nuit à 6 heures trente, le temps de planter la tente de faire mes petites affaires, de décharger les photos, je pense que 4 heures c’est bien…

Je profite d’un rayon de soleil pour faire sécher mes sacs…

Là où j’ai planté ma tente il y a un restaurant, ils proposent aussi des chambres (je crois que c’est comme ça dans beaucoup de restaurants sur cette route, je retrouve un peu les haltes pour camionneurs que j’ai tant appréciées en Colombie. Je réfute la chambre, arguant du manque d’argent.

La jeune fille est super belle…

Le jeune homme qui m’ a reçu viendra me trouver pour me proposer le gite gratuit, j’irai expliquer que je suis super bien dans ma tente, ce qui est vrai (19 contre 12 dans les chambres) et puis ce soir j’aurai mon premier coucher de soleil de l’altiplano péruvien…

Mon premier coup de soleil aussi sur le visage, je n’ai pu me recrémer, il faut vraiment que je me trouve un bâton pour soutenir mon vélo et que je puisse m’arrêter quand j’en ai besoin.

 Et le paysage ? Pas spectaculaire aujourd’hui , des montagnes, un peu monotones…

Mais la joie de déboucher sur l’altiplano, et là je gère un max mon acclimatation à l’altitude…

Là c’est mon premier pique-nique…

J’ai quand même vu un rio, je sais pas où, j’ai oublié, les efforts de cette route terrible ont captés toute mon attention, je comprends l’air dubitatif d’Eric quand je lui ai dit que j’allais prendre cette route… Et encore, j’ai fait pire que lui… Ai bifurqué mais ça là c’est du futur…

Allez bisous moi dans ma tente bien-aimée, bisous vous mes bien-aimés et fidèles lectrices et lecteurs…

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J168-J181 : la vuelta J4 : dur, très dur

DImanche10 juillet 2011

Bivouac à 2223 mètres sur la route 10A qui relie Trujillo à Carajabamba – Allgapampa, petit village perdu dans la montagne à près de 3300 mètres d’altitude

Distance parcourue : 18,97 km

Vmoy : 4,4 km/h Vmax : 36,1 km/h

Température : minima : 17°, maxima : 36°

Dénivelée positif : 1431 m

Dénivelée négatif : 10 m

Heures sur le vélo : 4H13’43 »

Départ : 8h35

Arrivée : vers 16 heures

Résumé de la journée

  • Conditions météorologiques : soleil, des coups de vent froid, puis orage menaçant, vent glacial froid, 3 gouttes de pluie dans une région aride de chez aride
  • Objectif : avancer, trouver un endroit où dormir, passer à Otuzco pour retirer de l’argent
  • Etat de santé : bon
  • Particularités de la journée : la route va monter, monter, monter pour atteindre 3300. Je prends un bus pour aller à l’unique distributeur automatique du coin, il marche pas, je vais encore crever de faim… La belle route se transforme en piste très difficile, pierres, gravier sable, ça dérape un maximum, grand soleil et chaleur puis des coups de vent glacial, menace d’orage qui tombera ailleurs, nuit dans un hôtel dans un tout petit village avec électricité mais eau que quelques heures très tôt le matin. Je réussis à faire tomber trois gouttes de pluies dans cette zone désertique, paysages somptueux, canyon puis montagne pelée, rares maisons.

La nuit fut quand même un peu perturbée par quelques camions qui passaient. Pourtant la dame du restaurant m’avait dit qu’ils s’arrêtaient tous sur son parking pour dormir…

Pendant que le tapis de sol de la tente sèche de l’humidité du carré d’herbes des poules (ils arrosent parce que c’est sec de chez sec, j’ai pu laisser mes vêtements à sécher dehors, malgré le froid il n’y a pas un brin de rosée,les vêtements sèchent à cause de la sueur car je ne lave plus rien…, là où j’ai dormi hier de l’eau mais pas d’électricité, là où je dors ce soir de l’électricité mais de l’eau que très tôt le matin, la dame de l’hôtel m’a fait chauffer de l’eau puisée dans un tonneau de réserve, maintenant les réserves sont vides jusqu’à demain et moi je suis en entreprise de réchauffage maximum avec mes doubles duvets… Je crois que je vais continuer mon projet comme je l’ai fait en Equateur, attaquer la Cordillère de front, mais c’est très très dur, on m’avait dit que c’était dur, c’est plus que ça, en plus moi je corse avec mes chemins de traverse, de temps en temps redescendre, non sur la cote, elle est froide aussi mais coté selva comme ils disent ici, coté Amazonie, histoire de me recharger en chaleur, certes ça oblige à se rehisser là-haut, mais allez on verra bien… On m’a promis du moins 20 en Bolivie en Août, mais comme en août je serai pas encore arrivée en Bolivie… Donc pendant que mon tapis de sol sèche je charge mon vélo en empêchant les enfants de s’approcher car avec ma béquille cassée le vélo est très instable, aujourd’hui encore il est tombé, j’ai amorti le choc et me suis fait mal au bras, bon c’est pas grave, donc pendant que mon tapis de sol sèche, je charge et impossible de mettre la main sur mon compteur, ça me fait presque aussi c…. que ma carte bancaire… Pourtant j’essaie d’avoir un minimum d’ordre car chercher les choses 3 heures c’est pénible… Après 6 mois de voyage les choses commencent à trouver leur place, il faut dire que c’est très compliqué, il faut trouver l’équilibre du poids depuis les accrochages bus, camions je mets l’ordinateur coté droit, il y a une sacoche réservée à la nourriture et à la boisson, une pour les affaires dont j’ai besoin le soir et tout rentre pas, alors le reste je cherche encore… On peut pas imaginer comme c’est des fois difficile de se transformer en escargot (oué aller lentement en transportant sa maison), je panique un peu, vu que d’habitude je mets mon compteur toujours à la même place, finalement je le trouve dans la poche d’un autre vêtement, cela a permis au tapis de sol de ma tente de sécher. A propos de tente, pour le sieur Janodou puisque nous avons la même tente, je trouve que le point faible de cette tente est le tapis de sol, moi j’ai un trou et aussi il y a des endroits humides, la sagesse serait d’avoir un autre tapis de sol pour mettre sous la tente, mais c’est du poids en plus… Dilemme cornélien… La sacoche avant Gosport que je croyais qu’elle passerait pas la première frontière et bien elle, elle a pas de trous alors que les deux Vaude arrière en avaient… Oué en avaient parce qu’à la casa de ciclista les autres fêlés ils m’ont tout réparé… Après les au revoir je pars.

Celui qui m’a dit qu’Otuzco était pas loin et que après la montée c’était plat est quand même à 500 mètre au-dessus de l’endroit où il m’a dit que c’était pas loin…

Je pars, je pédale bien, il fait beau, chaud, tout va pour le mieux.

Je remonte un superbe canyon.

Aussi superbe en haut qu’en bas…

Au bout d’une heure je suis à la bifurcation, j’adore ces endroits, il y a les gens qui attendent les bus, les bus qui passent, les vendeurs de trucs à manger, et quelque chose de spécial, je ne saurais dire, quelque chose du voyage…

Je me renseigne, Otuzco est à 5km, c’est plat, je ne les crois pas… Il y a bien un distributeur automatique d’argent ouvert le dimanche, j’ai une idée, je laisse mon vélo sous la garde de la personne qui tient l’épicerie et je prends le bus.

Horreur le distributeur est « en maintenance », en d’autres termes il est HS, je reprends le bus pour retourner sur mon chemin, si j’y avais été en vélo j’aurais eu la rage, là j’ai perdu deux heures et le temps c’est vraiment de l’argent car toute journée supplémentaire va me couter en nourriture et boissons… J’ai calculé qu’en faisant gaffe je devrais tenir jusqu’à Santiago de Chuzco où on m’a dit qu’il y avait une banque et un distributeur d’argent, il va falloir que j’allonge mes journées, je n’ai pas envie de partir trop tôt, je suis à 3300 et c’est l’hiver, ça correspond un peu à nos 3300 en été, le chaud est chaud et le froid est froid et si menace d’orage je stoppe. Si je n’arrive pas à récupérer de l’argent, il ne me reste plus qu’à prendre le bus et retourner à Trujillo, ils délivrent au compte-goutte, c’est compliqué mon histoire, je suis vraiment au bout du bout du monde… J’ai une idée si je n’ai plus d’argent pour prendre le bus la police, je suis sûre qu’ils feraient sans problème, mais c’est dangereux, ils conduisent n’importe comment…

Otuzco est plus un grand village qu’une ville, mais très animé avec plein de petits commerces.

Du bus je repère ma route, c’est pas triste…

Je ne pique-nique pas à la bifurcation, le vent est trop glacial, je descends vers le rio,le vent souffle moins.

Après la bifurcation commence la piste. Eric le hollandais il avait raison, c’est très très très dur, c’est pas possible de pédaler même à le descente…, pierres, gravier, sable, même en poussant je dérape un max, le vélo dérape, mes chaussures dérapent, et quand je prends un virage par le haut,(c’est plus facile), je me retrouve dans le trou… Je vais quand même réussir à pédaler trois ou quatre fois, et une fois je subis une attaque de trois chiens, je suis obligée de mettre pied à terre, je ne repars pas… Je vais croiser la police lors d’une autre attaque de chiens, ils m’aident à m’en débarrasser, je leur explique mes morsures, ouf c’est pas ici ils ne sont pas responsables, je dis que je vais finir par les tuer ils rigolent… Toujours à propos de chiens, Eric le hollandais qui s’est aussi fait mordre a un truc à ultrasons, ça marche quand ils sont loin mais pas près, le mieux ce sont les pierres, ça charge encore le vélo, mais des fois l’attaque est si rapide qu’on ne peut rien faire…Dans un virage j’ai un peu gêné un camion, il a du reculer et prendre son élan pour passer, oui la route est très très difficile, mais lentement et sûrement je monte car je vais atteindre presque 3000 mètres. Le ciel devient très très noir, l’orage menace, trois gouttes de pluie tombent, la région est super aride, c’est pas après moi le déluge, c’est sur moi… Je me renseigne « L’orage va tomber ? » « Oui » « A quelle heure ? » «  Vers cinq heures », moi je veux bien tout sauf l’orage…

Je décide de m’arrêter, cinq maisons, je crois que je suis à Allgapampa, je fais tomber mon vélo, j’ai tout le mal du monde à trouver un endroit où le poser, j’ai autant de mal à trouver un endroit où poser ma tente, il faut dire qu’il y a le restaurant, le coin pour les deux vaches et le cochon, le cimetière et un champ de cactus. Une dame me dit de continuer, que à la « vuelvita » il y a tout ce qu’il faut et des hôtels. D’abord la vuelvita ça ne m’inspire pas, depuis que j’ai appris que ahorita c’était bien plus tard (pour ceux qui ne comprennent pas l’espagnol ahora c’est maintenant et le suffixe ita c’est petit), et bien un petit maintenant ça peut être dans plusieurs heures… Et un petit vuelva ça peut être de l’autre coté de plusieurs montagnes, je vois bien que la route repart à l’assaut de la montagne. Je me fais préciser le temps de carosse, une demi-heure, soit pour moi une demi-journée, en fait ce n’est pas si loin que ça, et je monte bien.

A l’entrée du village la police, où je vais, etc, etc… Y a pas ici ils sont soucieux de ma sécurité… Dans le petit village une vieille rappelle que le Pérou c’était les indigènes avant…

Et dans les boutiques ils vendent de tout, même de la pharmacie… A Trujillo j’ai compris qu’il y a deux sortes de pharmacie, les vraies où il faut une ordonnance avec un tampon… Et les autres où ils vous vendent ce que vous voulez à des prix que je ne comprends pas, ou le prix est dérisoire ou il est hors de prix, ils m’ont parlé de générique mais je soupçonne autre chose ( ce qu’ils ont le droit de vendre et ce qu’ils n’ont pas le droit…)

Et vous savez ce qu’il m’est arrivé en chemin ? Un automobiliste en panne a sollicité mon aide, ça doit se voir sur ma tête que j’ai fait un stage de mécanique j’ai sorti tous mes outils, mais je n’avais pas la clef adaptée, et en plus il faudrait un marteau car dans ce continent tous les boulons et écrous sont grippés, les conditions météorologiques, la géographie sont vraiment très difficiles.

Même les maisons ont la vie difficile, d’ailleurs on ne sait plus différencier la naissance de la mort…

Les camions et bus me refont des coucous, ça y est je suis repérée… Et je me sens bien dans ce pays, je me sens bien aussi sur cette route très difficile…

Malgré le poussage, malgré le dérapage, malgré le sable et le vent qui pique les yeux, malgré les températures qui n’arrêtent pas de faire le grand écart, chaud, froid, froid, chaud, malgré l’orage qui menace, l’orage qui menace à 3000, j’aime pas du tout …

Ici les cairns n’ont pas la même utilité que chez nous…

Il faut se partager la route, euh non la piste…

Au milieu de ce dégradé de jaune le vert fluo me poursuit… Si je repeignais ma maison de cette couleur ? D’ici j’entends ma fille hurler…

Et le paysage ? Somptueux le paysage…

Je finis par sortir du canyon, je monte, je monte, je monte, il n’y a plus aucun arbre mais des zones cultivées, tout est dans les jaunes et ocre ou marron, quelques maison se dessinent sur les pentes…

Je suis bien, je suis dans mon truc, tiens c’est la Colombie, la pluie en moins, la poussière en plus, le vert remplacé par du jaune…

Tandis que je pique-nique un peu plus bas que le croisement, où il y avait un vent glacial pas possible, une dame me dit que l’arrêt de bus ce n’est pas là, mais je prends pas le bus moi. Comment ça je ne prends pas le bus ? Et quand je montre aux gens mon itinéraire sur la carte (parce qu’avant ils me disent que c’est pas possible d’aller à Huaraz par où je passe, et moi je sais que c’est possible), ah je fais la vuelta, mais pourquoi ? Juste parce que c’est mon choix, c’est dur mais j’assume, là je suis en plein dans les montagnes perdues, avec des gens vrais qui vivent dans des conditions très difficiles, des gens accueillants, et aussi ceux qui font cette route aussi difficile pour eux que pour moi, et au milieu de tout ça une grande solidarité, p’tet que quand je vais manger mon p’tit bout de plastique (la carte bancaire) je vais pas dire la même chose, j’aviserai en son temps mais je ne veux plus avoir faim et pédaler en même temps. En attendant je vais manger au resto, ça me revient moins cher que de manger mes trucs.. Mais mes trucs j’en ai besoin pour compléter… La nourriture, l’obsession de tous les cyclos…

Allez je vais bien, j’ai trouvé un hôtel glacial mais sympa elle m’a fait chauffer de l’eau, j’ai négocié le prix, je suis vraiment désolée mais ils ont qu’à délivrer plus d’argent et avoir des distributeurs qui marchent mais négocier pour gagner moins d’un euro ça me fend le cœur…

Je sens que je suis en train de bien renégocier mon acclimatation à l’altitude : dormir à 600, puis plus de 2000, puis là 3300, je me fais les super bons paliers… Au fait quand je pique-niquais une explosion m’a fait sursauter, c’était mon paquet de ships qui explosait… J’ai réchauffé une main, pas la deuxième, la soupe continuera de me réchauffer… Tu m’étonnes que j’ai froid, il fait 12° dans la chambre, dans ma tente il fait meilleur… Mais la menace de l’orage et l’heure qui avançait ont fait que je suis pas dans ma tente, et puis j’ai eu une douche chaude je peux tenir 8 jours de plus (pour le lavage), non je peux pas tenir 8 jours, l’argent, ah c’est compliqué le voyage…

Bisous tout le monde

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