J185-J186 : Caraz

J185-J186 : Caraz

F1caraz

Je vais y rester deux jours, emploi du temps : lessive, mise à jour de mon site, entretien du vélo… Dur, dur la vie de cyclo…

F2

Caraz est une ville où il fait bon vivre, une ville où je pourrais vivre…

F1carazbon

Une ville calme (sauf la boite de nuit en face de l’hôtel…), presque pas de voiture, la montagne si blanche et si haute toute proche…

F1 vue

Et cet air cristallin qui vous purifie, mais nous sommes à la saison sèche, les choses peuvent être différentes…

Bisous tout le mondeçLes photos ne sont pas sur ma clef, donc plus tard…

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J184 : le canyon del Pato, troisième partie : la piste des 35 tunnels…

Samedi 23 juillet 2011

Huallanca – Caraz

Distance parcourue : 39,82 km
Vmoy : 6,5 km/h Vmax : 67,2 km/h ( le poids du vélo ayant augmenté, la vitesse en descente aussi…)
Température : minima : 19°, maxima : 44°
Dénivelée positif : 586 m
Dénivelée négatif : 77 m
Heures sur le vélo : 6H02’57 »
Départ : je sais plus entre 8h et 9heures
Arrivée : je sais plus en fin d’après-midi

Résumé de la journée

  • Conditions météorologiques : soleil
  • Objectif : Caraz si possible
  • Etat de santé : bon
  • Particularités de la journée : trop, trop beau, je vais franchir 35 tunnels, la Cordillère blanche va pointer son nez, je retrouve le goudron à la sortie du canyon.

Article écrit en décalé et je suis fatiguée d’écrire, j’abrège :

Le canyon s’est rétréci, c’est impressionnant, la piste est étroite, aérienne et va remonter le canyon dont les parois s’élèvent à plus de 1000 mètres. Trente cinq tunnels vont émailler le parcours, certains nécessitent de mettre mon éclairage (ce que je fais, je suis prudente)…

A la sortie du canyon, après une remontée où il faut pousser la Cordillère blanche pointe son nez…

Les suisses, qui ont récupéré des autrichiens qui sont partis de chez eux et tentent de faire le tour du monde vont me doubler…

Je les rattraperai après le canyon, ils ont décidé de se baigner dans une réserve d’eau trouble destinée à l’irrigation, j’évite…

Surprise, à la sortie du canyon la route est goudronnée, du coup je me fixe pour objectif d’atteindre Caraz et je vais y arriver.

La route monte. Il me faudra franchir quelques épingles, une avec le vent de face, une avec le vent dans le dos et ça recommence… Je ne pédale pas trop mal… La Cordillère blanche commence à se faire de plus en plus présente

Et… commence à me narguer sérieusement…

Grand, grand beau temps, pas un nuage… Ce fut une journée de beau…

Les photos encore en vrac…

Bisous tout le monde

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J183 : canyon del Pato, deuxième partie

Vendredi 22 juillet 2011

La Fruteria –  Huallanca (attention il y aura un autre Huallanca, différent)

Distance parcourue : 26,47 km
Vmoy : 6,2 km/h Vmax : 25 km/h
Température : minima : 22°, maxima : 43°
Dénivelée positif : 403 m
Dénivelée négatif : 247 m
Heures sur le vélo : 4H15’51 »
Départ : je sais plus entre 8h et 9heures
Arrivée : 18 heures 10 (oui j’ai fêté mon anniversaire…)

Résumé de la journée

  • Conditions météorologiques : soleil, douceur, vent très fort l’après-midi
  • Objectif : Huallanca si possible
  • Etat de santé : bon
  • Particularités de la journée : je retrouve Daniel et Anne, nous fêtons dignement mon
    anniversaire

Article écrit en décalé et je suis fatiguée d’écrire, j’abrège :

Le canyon s’est élargi

Il faut monter, je vois un village, je me retiens de pique-niquer avant, je vais pour me poser à un restaurant, qui arrive ? Daniel et Anne, je les croyais loin devant moi, à la fruteria ils m’avaient dit les avoir vu passer vers 16 heures, je m’étais dit, ou ils ont pris un camion, ou je suis très nulle, et bin non c’est juste que les péruviens des fois ils racontent n’importe quoi… Nous décidons de déjeuner ensemble nous fêtons mon anniversaire avec un peu de bière et beaucoup de bonne humeur, nous sortons de table à 16 heures. Daniel et Anne vont aller visiter quelques villages en montagne (ils y feront la fête pendant 3 jours…), moi les villages en montagne, je viens d’y passer 15 jours, nos routes se séparent…
Je reprends la route, je sais que je vais être juste pour arriver
avant la nuit, mais ouf ça passe et je suis à Huallanca à 18h10.
Il faut dire que ça descendait mais c’est de la piste, donc je ne
peux faire de chrono et si je dérape c’est aussi que mes pneus sont trop gonfflés, c’est Daniel qui l’a dit et Daniel c’est une
référence…

Huallanca est la ville des petits hommes en orange,
oui, j’arrive à l’heure de la sortie du boulot et ici il y a une
usine hydro-électrique, la construction d’un campessimo (c’est pour loger les ouvriers) et une extraction de graviers, donc du travail pour tous. Je trouve une petite chambre d’hôtel, la douche est glacée de chez glacée mais les draps sont propres, l’eau du rio était moins froide, je lave quand même petites culottes et ma serviette, les chaussettes ce sera pour plus tard… Je vais au restau, je déjeune aux chandelles, panne de courant, ce qui est un comble pour un village qui fournit de l’électricité à la moitié du pays… Cette panne me permet d’admirer les étoiles une fois de plus. Je suis épuisée, n’ai même pas la force d’écrire mon article, je me promets de faire des pauses en altitude (l’altitude c’est pour l’usine à globules rouges…)

Maintenant des photos en vrac, je suis désolée, mais là ça devient trop difficile d’assumer tout…

Bisous tout le monde

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J182 : canyon del Pato, première partie, je termine à la nuit…

Jeudi 21 juillet 2011

Chuquicara – La fruteria

Distance parcourue : 41,99 km
Vmoy : 6,2 km/h Vmax : 14,5 km/h
Température : minima : 19°, maxima : 39°
Dénivelée positif : 311 m
Dénivelée négatif : 69 m
Heures sur le vélo : 6H42’27 »
Départ : 9 heures
Arrivée : 19 heures

Résumé de la journée

  • Conditions météorologiques : soleil, douceur, vent très fort l’après-midi dans le dos le vent, dans le dos
  • Objectif : avancer, trouver un endroit où dormir
  • Etat de santé : bon
  • Particularités de la journée : rencontre de Daniel et Anne, piste qui remonte le canyon del Pato, impressionnant, je me fais piéger par la nuit, je dors dans le charbon.

Article écrit en décalé et je suis fatiguée d’écrire, j’abrège :

  • Je rencontre Daniel et Anne, Daniel termine son tour du monde entamé il y a près de 4 ans, Anne l’a rejoint pour les deux derniers mois, tout de suite nous reconnaissons et sommes très « en phase », cette rencontre va bouleverser ma journée… A 8 heures je suis prête à partir quand surgit Anne, je ne partirai qu’à 9 heures, ils me doubleront, je piqueniquerai avant l’heure, je les retrouverai à l’unique restaurant du parcours (d’ailleurs en dehors de ce restaurant il n’y a rien), je manque de prudence en allant leur faire coucou et me fait voler mon appareil photo, je « perds » donc beaucoup de temps (mais ai tellement gagné de les connaître) et je vais me faire piéger dans le canyon del Pato et rouler jusqu’à 19 heures avant de trouver un endroit où planter ma tente. Trois fois on me proposera de m’emmener plus loin, trois fois je refuserai « tout en bicyclette ». Avant un tunnel deux trous dans le rocher j’ai failli m’arrêter là, un trou pour mon vélo, l’autre pour moi, en dehors de ça rien, à gauche le rio, à droite des falaises si hautes qu’on n’en voit pas la cime. Rouler de nuit (enfin je pousse, là je roule pas) dans le canyon del Pato, coté ambiance ça donne… J’ai quand même un éclairage (que je te recommande Jean_Luc, les minuscules lampes de décathlon, blanche devant, rouge derrière, en plus elles fonctionnent avec les piles plates universelles, les mêmes que celle du compteur, et pour après-demain indispensables, mais chut je ne vais pas tout révéler d’avance…) Daniel, lui, a plus d’expérience que moi et aussi il est plus grand, il verra donc l’unique maison et l’unique replat en contre-bas où planter sa tente avant la nuit. Moi je vais la planter à coté d’une « fruteria », dix cabanes qui vendent des fruits, j’essaie de trouver de la bière, bin oui c’est mon anniversaire, hélas ils sont tous adventices et l’alcool est prohibé… Au restaurant des sanitaires avec douche, l’eau est pompée dans le rio et n’est pas glaciale, j’en profite, ça ne sert à rien, je dors dans le charbon… Pas d’électricité, les étoiles scintillent de mille feux… Quand au canyon del Pato dans lequel je suis totalement immergée, indescriptible… Impressionnant, de chaque coté des murs de 1500 mètres de haut… Et la route elle est redevenue piste, snif, snif… Au passage jean-Luc si tu lis ces quelques lignes, c’est le passage obligé de tous les cyclotouristes qui mettent le pied au Pérou, même les cyclotourdumondistes y passent, alors ne le loupe pas, la piste est bonne.
  • Je vais faire une autre rencontre qui va compter, ils sont australiens, elle a habité Moutier (Tarentaise), elle a les yeux pétillants de joie de vivre, leur voyage s’arrêtera quand ils n’auront plus d’argent…
  • Voilà mille fois que je réécris lamême phrase : le canyon del Pato ça ne se raconte pas, ça se vit, quelques photos à déguster en silence car ici les mots font tomber les pierres…

 

 

Le bleu c’est la nuit qui tombe… Je mets mes lampiotes, je pousse… J’hésite à mettre mon vélo dans un des deux trous du rocher et dormir dans l’autre…

Le rouge c’est le coucher de soleil…

Le vert c’est ma tente, le noir le charbon dans lequel je suis installée c’est aussi mon humeur vu que je rame un max pour mettrecet article en ligne… Le rouge c’est aussi les 8 dents de mon pédalier incrustées dans ma jambe lors d’un dérapage, ne vous inquiétez pas, il ne reste plus qu’une croute qui va bientôt tomber…

Bisous tout le monde

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Nouvelles breves mardi 9 aout 2011

Bonjour a tous

Je vais tres bien

Je suis dans la demesure, la demesure de tout, du beau, de l altitude,
je vais encore dormir a 4800 metres demain repasser la barre des 5000,
j ai trouve une polaire pantalon supplementaire, voila je supporte
tres bien l altitude, aucun signe, le velo et les jambes tournent tres
bien, j ai trouve une route d enfer bisous a tout le monde et une
pensee pour toute ma famille qui vit des choses difficile a vivre

Bisous a tous

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Nouvelles breves : dimanche 7 aout 2011

Bonjour a tous

Pour les qrticles detailles il faudra attendre, connexion plus lente, tu meurs…

Je suis a Huallanca, petite ville perdue dans la montagne peruvienne..

A part une gripette qui m’a mis par terre 24 heures, je n’ai que du bonheur…

J’ai rerencontre Daniel et Anne, Daniel est le tourdumondiste, comme moi il louvoie, on a pas les memes louvoiements mais on se retrouve et Anne est une fille d’enfer. En ce moment ils sont dans l’avion pour Paris. Nous avons fete ensemble ses 40000 km en velo avec un vin du pays trop bon, encore plus doux que le porto… Puis nous nous sommes payes un bivouac d’enfer au pied d’une montagne enneigee et au bord d’un lac..

Et maintenant je suis sur une route d’enfer, je viens de me gravir deux super cols, un a 4900 m et un a 5000 et tout en pedalage, la route nickel quasi deserte, le temps beau, pluie ou grele que le soir, le vent hyperglacial… Bivouacs encore tres froids, faut dire que bivouaquer a 4500 faut etre felee, et surtout avant de partir faut pas oublier de degivrer sa selle, mais j’ai bien gere mon tuc et suis bien passee, encore limite pour la chaleur sur mes cuisses malgre collant et deux pantalons…

Voila je suis hyper heureuse, tout va bien, bisous a tous et les reponses a vos commentaires qui me vont droit au coeur plus tard.

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J168-J181 : J181 : la vuelta J14 : plein les yeux…

Mercredi 20 juillet 2011

Bivouac au bord du rio au fond du canyon qui rejoint le canyon del Pato – Chuquicara

Distance parcourue : 56,50 km
Vmoy : 13,8 km/h Vmax : 35,7km/h
Température : minima : 22°, maxima : 39°
Dénivelée positif : 148 m
Dénivelée négatif : 1064 m
Heures sur le vélo : 4H05’31 »
Départ : 8h35
Arrivée : milieu d’après-midi

Résumé de la journée

  • Conditions météorologiques : soleil, rares nuages l’après-midi, vent très fort l’après-midi
  • Objectif : avancer, peut-être Chuquicara, ça dépend de la route et des kilomètres
  • Etat de santé : bon
  • Particularités de la journée :

Alors le point le plus important de la journée c’est que je vais m’en mettre plein les yeux, mais alors plein plein les yeux et en plus sans trop me fatiguer,

Le plus difficile va être de choisir au milieu de mes 166 photos…

Le bivouac a été tranquille malgré un cauchemar en début de nuit, ça faisait bien longtemps que ça ne m’était pas arrivé (la première fois depuis le début de mon voyage), toujours le même truc, il m’arrive un truc horrible (là en l’occurrence on m’attaquait dans la tente et on me volait mon vélo) et je ne peux ni crier ni bouger, c’est ça qui est dur, pas l’attaque… Qui veut interpréter ce rêve ? Après je me rendors tranquillement et me réveille avant le lever du jour qui en ce moment et ici est à 6H25, pas un nuage et le vent est tombé. La route est toujours piste mais a perdu sa pente infernale.

 Et surprise au bout de quelques kilomètres je rencontre des ouvriers…

La route est en chantier…

Bientôt je roule sur un petit billard de terre battue.

Les ouvriers m’ont dit que c’était comme cela jusque Chiquicara, trop génial, ça y est j’en ai fini avec la piste infernale. En plus je descends le canyon et c’est trop, mais trop trop beau.

 Différent d’hier mais prenant pareil, du désert caillouteux vertical et le rio qui se balade au milieu.

Tout d’un coup j’entends un bruit bizarre, aussitôt je m’arrête, me demandant ce qui se passe encore avec mon vélo, ou ce que je suis en train de perdre… Non ce sont juste deux suisses, ils n’ont pas exactement pris le même chemin que moi mais viennent de Pallasca. L’un est en vélo couché, l’autre en vélo normal.

 Parait-il que celui qui est en vélo couché s’est gamelé vingt fois dans les virages de sable, moi j’ai mis pied à terre… Nous parlons un peu… Alexandre va aller à la Casa de Ciclista à Trujillo en bus, il a un problème de frein. Ils ont l’intention d’aller jusque Chuquirara et de se poser un peu, ils en ont bavé, j’ai la même intention qu’eux. Ils me disent que Chuquirara n’est plus qu’à 60km, la route descendante avec le petit billard de terre battue, ça devrait passer, je leur dis que je tente moi aussi, mais que si je suis trop fatiguée je chercherai un endroit où planter ma tente avant.

Je profite un max du paysage, je chante à tue-tête et prends des milliards de photos.

Je rencontre un fennek et un serpent.

Je me familiarise avec les premiers tunnels, je ne sais pas encore que dans deux jours j’en aurais plus de trente-cinq à franchir…

Et bientôt ? Qu’est-ce qui remonte un canyon l’après-midi ? Et tous les canyons, au moins ici et tous les après-midi ? Le vent, parfois il souffle si fort que ma vitesse tombe à 6km/heure. Mais c’est tellement plus facile que ce que j’ai fait…

Et là je suis vraiment dans le grand grandiose…

Le sublime…

Le espectacular..

Le increible…

Le muy hermoso (suis obligée de passer par l’espagnol car ma demande d’aide quant aux synonymes est restée sans réponse…)

Enfin le goudron (je ne sais pas encore que c’est très momentané, en fait il n’y a pratiquement pas de route dans la Cordillère au Pérou, que des pistes, ici il disent « tierra »)

Bientôt arrive une difficulté inattendue : un pont, là c’est dur de chez dur, il y a des trous et le vent manque de m’emporter. Plus loin un deuxième pont, là je ne peux pas, le vent est bien trop fort.

Je décide d’attendre le prochain véhicule pour demander de l’aide, je sais que l’attente peut durer de 1 à 2 heures, mais on ne peut pas avoir le désert vertical pour soi toute seule et le confort de Paris. J’ai de la chance, j’attends à peine 10 minutes, ils vont s’y mettre à deux pour passer mon vélo et me faire passer en voiture (c’est une camionnette). Je m’informe sur la suite des évènements, il y a un autre pont mais il est moins dur, effectivement il y aura moins de vent, mais d’énormes trous dont un bouché par une pierre donc avec le vélo il faut passer dessus sans chuter, j’aime pas. Je continue allègrement en chantant à tue-tête, cette route est trop géniale… Je vais dépasser un oasis avec deux maisons.

Puis je me dis que là et puis là c’est pas trop génial pour planter ma tente, alors j’appuie sur les pédales.

Le vent souffle très très fort.

Je vois des chercheurs d’or, d’ailleurs quelqu’un m’a demandé si je venais ici pour chercher des minéraux, c’est mieux que de me demander ce que je vends (parce qu’hier on me l’a demandé et un autre jour aussi…) Je suis dans le beau et le somptueux et le grandiose que plus beau tu meurs depuis plus de 50km

 quand je vois un village sombre, triste et surtout venteux, à son entrée un panneau « Chuquicara », c’est pas possible, cela doit être le nom de la province ou département ou que sais-je encore. Près de l’entrée du village Christophe qui attend un bus, oui c’est là Chuquicara, eux aussi sont déçus, il n’y a rien, rien que des vendeurs de soda et du vent et du froid.

Christophe et Alexandre ont trouvé une chambre à la station d’essence, quand j’arrive, il n’y a plus de chambre de libre, il faut dire qu’il n’y en a que deux dans le village, je vais chercher ailleurs rien, je demande à la police pour mettre ma tente, pas de problème, mais c’est pas sympa, je demande à une dame d’un restaurant pour mettre ma tente dans son espèce de préau, pas de problème, et finalement Alexandre me dit que comme Christophe va à Trujillo ce soir et qu’il y a deux lits je peux dormir dans sa chambre, ce que je fais. Christophe fait la grande lessive, moi je me contente de laver deux petites culottes et mon maillot bleu pas lavé depuis 14 jours et qui est maintenant assorti à la terre ocre du pays.

Le truc qui pend ce n’est pas pour faire cloison entre les deux lits, c’est la tente d’Alexandre qui pend, ils ont dormi à Pallasca, donc en altitude, donc ont eu l’humidité, moi j’ai dormi dans la sécheresse du canyon…

Il fait froid et le vent souffle. Il n’y a pas d’eau dans les douches, pas grave je me lave à la gourde comme d’hab, me réchauffe dans mon duvet. Je fais des achats de nourriture et boissons pour trois jours vu que après il y a encore RIEN… Donc demain pas de repos, ici c’est trop inhospitalier, le repos sera pour plus tard… Christophe et Alexandre vont faire de même, ils ne partiront que l’après-midi, mais comme là il faut remonter un canyon et que le vent souffle l’après-midi et qu’il remonte aussi le canyon, et qu’ils sont jeunes, costauds et qu’ils avalent  des kilomètres pour eux ça devrait aller car ils sont deux fois plus rapides que moi. En revanche ils font cinq jours de vélo, un jour de repos. Moi je me repose quand je suis épuisée ou quand je me trouve un endroit bien… Je crois que pour mes articles sur internet il va falloir attendre un moment, ici pas d’internet, rien…

Bisous tout le monde

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J168-J181 : J180 : la vuelta J13 : il n’y a pas de mots pour le dire…

Mardi 19 juillet 2011

Pallasca 3200 mètres – Bivouac près du rio qui rejoint celui du canyon del Pato

Distance parcourue : 22,90 km
Vmoy : 5 km/h Vmax : 27,8
Température : minima : 11°, maxima : 37°
Dénivelée positif : 57 m
Dénivelée négatif : 1323 m
Heures sur le vélo : 4H16’42 »
Départ : 8h45
Arrivée vers 15 heures 30

Résumé de la journée

  • Conditions météorologiques : soleil, le frais fait place à la douce chaleur au fur et à mesure que je descends, le vent forcit au fur et à mesure que l’heure avance, que du normal ça
  • Objectif : avancer au maximum, sortir de cette vuelta
  • Etat de santé : bon
  • Particularités de la journée : la piste est meilleure, ça descend, c’est très aérien, étroit et excessivement dangereux, y a personne, une des plus belle merveilles du mon de va m’aclater au visage sans que je ne m’y attende… L’après-midi cool projetée près du rio se transforme en réparation de ma 1ère crevaison… Bivouac dans la cour d’une maison abansonnée au bord du rio
  • Article écrit en décalé, alors les points forts :
  • Conditions météorologiques : soleil, le frais fait place à la douce chaleur au fur et à mesure que je descends, le vent forcit au fur et à mesure que l’heure avance, que du normal ça
  • Objectif : avancer au maximum, sortir de cette vuelta
  • Etat de santé : bon
  • Particularités de la journée : la piste est meilleure, ça descend, c’est très aérien, étroit et excessivement dangereux, y a personne, une des plus belle merveilles du mon de va m’éclater au visage sans que je ne m’y attende… L’après-midi cool projetée près du rio se transforme en réparation de ma 1ère crevaison… Bivouac dans la cour d’une maison abandonnée au bord du rio
  • Article écrit en décalé, alors les points forts :
  • Le temps :
    Beau temps, le frais du matin fera place à la douce chaleur du canyon, le vent qui remonte les canyons dés le début de l’après-midi n’a pas oublié de se réveiller…
  • La route

Alors tout un poème la route… Cela fait maintenant plus  de 10 jours que je suis sur cette piste extrêmement difficile, je n’ai plus qu’une envie, en sortir et rejoindre la route que je crois »normale » à Chuquicara, ville que je crois aussi normale et où j’ai décidé de faire une pause (au passage on s’est retrouvé 5 cyclos dans cette ville avec tous la même idée de pause, on s’est tous enfuis le lendemain…)
Alors pour rejoindre la route que je crois être normale il y a deux routes, une qui passe par Cabana et d’autres villages et une qui ne rencontre aucun village sur une distance estimée de 150km. je vais interroger mille personnes, les réponses divergent, en fait nul ne connaît la route, mais quelle est donc la meilleure route pour la bicyclette ? Une dame me dit « ça dépend si vous voulez visiter les villages ou pas »  » Non je ne veux plus visiter les villages, je veux le plus court et le plus facile pour sortir de ce que commence à considérer comme un piège, pas encore mortel, mais qui sait. La dame me dit alors de prendre la route la plus courte, juste d’être prudente dans les virages.
Je quitte Pallasca et ses balcons bleus

Ses rues pentues

Pas toujours asphaltées

Le début de la descente se passe bien, je suis extrêmement prudente vu que c’est extrêmement dangereux, piste étroite, sablio-gravillo-pierreux et un ravin de bientôt deux mille mètres à droite. Les virages qui ne m’inspirent pas je mets pied à terre, le suisse que je rencontrerai le lendemain et qui est en vélo couché va se gameler vingt fois… Le paysage est d’enfer et… là je vais être époustouflée, personne ne me l’avait dit, je ne le savais pas, je vais avoir la surprise de ma vie, je suis en train de descendre dans l’un des plus beaux canyons du monde, alors je cesse de pédaler et de prendre mille risques, je savoure et prends mille photos…

  • Formes et couleurs s’entremêlent, c’est trop, trop, trop beau, installez-vous confortablement avec votre petite douceur préférée (à boire, à manger ou à caliner), prenez la route avec moi et regardez :

 

Voilà, j’arrive au fond du canyon, il n’est que 15 heures, je compte bivouaquer là et passer une après-midi cool écriture. C’est bizarre mon vélo accroche d’une drôle de manière : première crevaison, roue avant, deux épines, au passage je vérifie que mon pneu est nase, l’impact d’une des morsures de chien est bien visible, je ne suis pas douée et je n’ai pas de force, je vais passer l’après-midi à réparer, je vais casser un démonte-pneus mais je vais y arriver. Je me dis qu’il faut que je change de pneus, je pense prendre un bus jusque Chimbote, les suisses me disent qu’il vaut mieux commander en france, qu’ici ça ne vaut rien. David (qui termine son tour du monde me dira de continuer comme ça, que je peux encore faire 2 ou 3 mille km ou plus), j’écoute David…

Je poserai ma tente dans la cour d’une maison abandonnée.

Bisous tout le monde

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J168-J181 : J179 : la vuelta J12 : ça remonte…

Lundi 18 juillet 2011

Bivouac au bord du rio sous Mollepata – Pallasca 3200 mètres

Distance parcourue : 20,63 km
Vmoy : 4 km/h Vmax : interférences élesctromagnétiques
Température : minima : 11°, maxima : 38°
Dénivelée positif : 726 m
Dénivelée négatif : 60 m
Heures sur le vélo : 5H02’41 »
Départ : 8h45
Arrivée : vers 17 heures

Résumé de la journée

  • Conditions météorologiques : soleil, nuages l’après-midi, 4 averses dont 2 grosses, c’est pas normal, c’est juste moi
  • Objectif : Pallasca
  • Etat de santé : bon
  • Particularités de la journée : la piste est meilleure, ça monte, c’est vertigineux, y a personne, la montée au village de Pallacas sera difficile, je suis épuisée et frigorifiée, paysage d’enfer, pauvreté

Je vais abréger, suis nase de chez nase…

  • Le départ :

Lever de soleil d’enfer

Un quart d’heure en retard car j’ai eu la surprise de me réveiller au milieu de l’eau…

Le petit carré vert pas loin du rio, c’est là que j’étais…

Ma tente a flotté, mais la chaîne de mon vélo que j’avais nettoyé (à sec avec un chiffon doux et non pelucheux et mon pinceau) et regraissé hier a rouillé en une nuit, donc je recommence. Suis un peu inquiète sur la qualité du matériel qui vient de Lima, le reste n’est pas rouillé… Je trouve qu’il y a un peu de jeu dans la poignée du frein, mais vu que c’est la même poignée pour changement de vitesse et frein, je ne sais pas si c’est normal ou pas… Je suis sûre que dans mes descentes infernales j’ai usé les patins de frein…

D’autres sont partis plus tôt, la vie est très dure ici…

Je repasse le pont infernal, en plus il y a des clous et que j’aimerais bien que mon webmaster préféré il me rabiote pas des kilomètres car je tente un record mondial : 7500km sans crevaison, selon mes calculs personnels j’ai dépassé les 6000.

  • La route :

Faut pas tomber dans le rio…

C’est exactement comme sur la photo hier…

Ca monte

C’est une piste mais pas trop mauvaise…

J’arrête pas de regarder ma route d’hier, même pas peur…

Dans certains virages il faut lutter pour passer (en poussant sans décharger…)

Pour seuls véhicules de la journée : un bus, un convoi de quatre petits camions, la piste est étroite, un véhicule et un vélo ça passe pas, t’as le choix entre mourir écrasé sue le flanc de la montagne ou périr en dévalant le ravin, la première fois je choisis la montagne, il y avait un rebord, j’ai cru jamais pouvoir le refranchir pour aller sur la piste, après j’ai choisi le ravin…

L’éboulis est protégé par un mur de pierre… j’aime… les pierres qui protègent des pierres…

On se croirait à l’Alpe d’Huez, le goudron en moins, la pente en plus, le chargement en plus aussi, le ravin et l’éboulis en plus aussi… Le monde en moins, suis seule de chez seule…

Mais il y a la numérotation…

Topo de la route : trois parties, une longue montée raide, je monte bien (rarement je pédale) je pousse. Une longue montée moins raide, souvent je pédale…

Une aire de pique-nique sympa…

De petits rios à traverser, attention les pieds… (explications sur demande par mail privé…)

Une longue montée raide au village de Pallacas…

Qui est un très joli village avec ses maisons à balcons

Sa place toute de bleu bordée…

Je suis épuisée, frigorifiée, deux femmes m’abordent, elles veulent m’inviter chez elles, elles ont déjà reçu un couple de cyclotouristes, moi qui croyais être la première à faire ce truc d’enfer..J e ne peux pas, je ne peux même plus parler à cause du froid qui m’a saisie, je leur explique, elles comprennent, je ne veux qu’une chose de la chaleur, me coucher. Arrivée à Pallacas, les rues sont en pente très raide, le premier hôtel est complet mais la dame fait aussi épicerie, je rachète des provisions et boissons pour trois jours, vu que sur ma carte là où je vais passer il y a 100 ou 150 km sans village. Je précise que je n’ai pas la carte très précise d’Enzo, ce morceau il ne me l’a pas envoyé, pensant sûrement que je n’étais pas assez fêlée pour passer par là. Je trouve un autre hôtel, pour 50 centimes d’euro il y a une douche chaude, je prends, mais avant d’y aller je passe une heure sous la tonne de couverture et ma veste duvet vu que je suis paralysée de froid. Puis la douche électrique sera hyperchaude. Un délice…A la municipalité il y a internet, connexion lente. Je vais manger au restaurant, un repas « normal » tous les deux jours c’est bien, juste c’est difficile de manger la viande avec les doigts quand ceux-ci sont gantés…

  • Le temps : chaud le matin, puis 4 averses dont deux très fortes (normal, je suis passée), notez comme c’est sec…

Après moi c’est mouillé… Faut faire sécher…

Puis froid glacial et pénétrant.

  • Les rencontres :

Le cheval

La vache

Les deux femmes avant Pallacas

Deux mendiantes, je donne

Un cavalier

Un enfant triste

Des moissonneurs dont la récolte tient dans un mouchoir de poche (à peine ce que l’on jette à la poubelle en une semaine chez nous…) qui mendieront aussi, bien sûr je donne.

Les girafes…

Celle qui croit qu’elle va aller au ciel…

La droite comme un i

La qui a pas été chez la coiffeuse à Loja…

La qui se prend pour un poulpe…

La maigrelette…

Le paysage

Sublime, austère…

Invitant à la rêverie…

Puis sur un replat des cultures

Un four à briques

Que du beau…

Coloré

Le surréalisme

Une voiture cassée dans une maison cassée

Bienvenue à personne, y a personne sur le chemin…

La plus belle voiture du Pérou sur une piste déserte et dans une région trop pauvre (que une Toyota, mais quand même)

Les toilettes publiques les plus in du monde dans un village perdu à 3200 mètres d’altitude…

La faune :

Un serpent en forme de collier

Un poulpe

Un crocodile

Une bête que je crois que c’est un mutant

La flore :

Un cadeau pour Julien, j’ai passé 3 heures à le déraciner, 10 heures à l’emballer, mais j’ai pas trouvé de poste pour l’envoyer… Snif, snif…

Le plus important… Mes copains… Y sont revenus…

Bisous tout le monde

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J168-J181 : J178 : la vuelta J11: piste meilleure, là je vais toucher le sublime…

Dimanche 17 juillet 2011

Bivouac après Angasmarca à 3200m – Mollepampa 3200m

Distance parcourue : 31,76 km
Vmoy : 6,4 km/h Vmax : 22,1 km/h
Température : minima : 16°, maxima : 31°
Dénivelée positif : 252 m
Dénivelée négatif : 1172 m
Heures sur le vélo : 4H56’30 »
Départ : 8h 35
Arrivée : vers 16h30

Résumé de la journée

  • Conditions météorologiques : soleil, nuages l’après-midi, petit vent de la Cordillère, et vent du canyon
  • Objectif : avancer, si possible atteindre Pallasca
  • Etat de santé : bon
  • Particularités de la journée :

Malgré mon coucher tardif (2heures du matin), bin oui c’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de faire la fête et c’est aussi un des moyens de connaître un pays, je me réveille comme d’hab vers les 6 heures, le soleil se lève comme d’hab à 6h15, je paresse comme d’hab un quart d’heure bien au chaud dans mon duvet, et je pars à 8h35.

Un homme m’aide à descendre le vélo de ma chambre (il y a un genre d’échelle de meunier). A la sortie du village une grande côte, je pousse, un homme veut m’aider, j’accepte, il se dit prof d’anglais, mais What’s your name il comprend pas… Soit il ment, soit j’ai l’explication de la nullité des enfants ici en anglais alors qu’ils sont censés l’apprendre à l’école… Il me demandera mon mail, il me laisse sa carte de visite, dessus est marqué qu’il est comptable, je ne sais trop ce qu’il fait, il est vêtu d’un costume, tient à la main un grand cahier et apparemment fait du porte à porte. Je vais lui demander mon chemin pour Pallasca et lui demander de m’indiquer celui qui est le plus facile en vélo. Erreur, erreur, erreur, je fais me payer 10 km de piste montante pour rien… Il m’envoie faire un détour de plus de 100km et deux montagnes à franchir… Lui aussi me parle du rio, lui aussi me dit que je devrais y aller en voiture et que je ne pourrai franchir le rio, je me dis que je verrai bien. Quand même au bout de 8 km et deux heures plus tard, je suis sûre que je ne suis pas sur la bonne route. Je rencontre deux jeunes filles, les interroge, oui il faut que je fasse demi-tour. Je suis tellement en rage que je descends tout sur mon vélo. Je retrouve l’homme, je lui montre mon mécontentement, il me dit que je lui ai demandé la route la plus facile, oué c’est vrai, mais de là à me rejouter plusieurs jours il y a un monde… Bon écouter plus personne… Demander plusieurs fois, recouper les renseignements… Ce qui est sûr c’est que tout le monde me parle du rio à franchir, moi dans ma petite tête je pense qu’il faut traverser à gué et que je ne vais pouvoir le faire en vélo, je verrai bien…

C’était pas le bon chemin mais c’était beau…

Et j’ai traversé des villages perdus de chez perdus…

Et rencontré des maisons qui tombent en ruine…

Et bien sûr toujours les ânes…

Et des cimetières souvent étranges…

Toujours le beau me poursuit…

Les girafes aussi…

Je commence ma descente, la piste est bien meilleure, je peux tenir sur le vélo, sauf dans les virages qui ne sont que sable, et dans les endroits très exposés où je vais passer, je mettrai quand même pied à terre.

Cela fait 3 heures que je pédale (ou pousse), je décide de manger, arrive une bifurcation, à droite ça monte, à gauche ça descend. Je serai tentée de descendre mais l’expérience m’a montrée que prendre le chemin qui paraît plus facile n’est pas toujours la meilleure solution…

L’endroit est bien, je m’installe pour pique-niquer, personne ne passe… Si vraiment je ne vois personne je monterai trouver les paysans plus haut dans leur champ pour demander… Quand passe une vieille dame toute de rose vêtue (nous sommes dimanche, elle est endimanchée), je lui demande mon chemin, c’est la route qui descend. La route est bonne ? Pareil (c’est-à-dire piste étroite roulable avec quand même cailloux, gravier et épaisse couche de sable fin dans les virages) Elle me demande d’où je viens, où je vais, je fais de même, elle revient de l’office où elle a prié pour que tout aille bien, c’est beau la foi… Et elle rentre chez elle, la petite maison là-bas.

Ma descente se passe bien. A chaque fois que je me découvre je prends de face un vent glacial et à chaque fois que je me recouvre le soleil tape, je finis par rester couverte…

La route (euh la piste) est spectaculaire…

Et j’aime pas les virages de sable…

Et si tombes tu te tues…

Bon bin ça c’est la route (euh la piste) de demain, idem, si tu tombes tu te tues, sauf qu’en montant tu risques moins de tomber, sauf hier, tout dans le sable, même à la montée tu peux tomber…

A l’heure où j’écris comme tous les soirs depuis quelques jours il pleut mais ce n’est pas le déluge… Là je suis bien descendue, il fait à peine frais, pas froid.

Je descends, et je vais côtoyer le plus que sublime

Le que tu crois que ça existe qu’en rêve…

Le que tu as devant les yeux…

La route est fabuleuse, très aérienne…

Et le paysage, presque le grand canyon, et en plus une cascade…

Je vais assez vite, il faut quand même que j’avance un peu…

Je reste très prudente, je sais que mes pneus ne sont pas adaptés, dans les virages ensablés je mets pied à terre.

En face je vois une route épouvantable qui monte, monte, monte, j’espère que ce n’est pas ma route, et bien si c’est ma route…

 

Arrivée au rio

je me dis que ce serait super de bivouaquer là, je repère, mais je n’ai pas de coca pour demain . D’en haut j’ai vu une maison, je décide d’aller voir si ils vendent du coca, et puis je vais demander ma route. Horreur, ma route est celle qui grimpe dans la montagne en plein dans le trajet de l’éboulis. Et puis je vois le rio, le pont, je n’aime pas ce pont, il est à moitié cassé et en plus dessus il y a un vent fou.

Depuis que je voyage ici, j’ai remarqué que tous les canyons étaient ventés et que le vent remonte le canyon. Je passe le pont, ouf sans qu’il s’écroule et sans que je sois emportée par le vent.

Je passe le km0, c’est pas beau ça le km 0 ?

Je longe le rio

Je dépasse la maison qui n’est qu’une pauvre maison, je vois que la route monte, monte, monte… Je rebrousse chemin. Sur le pas de la porte une femme tricote, dans une bassine un bébé. La route qui va à Pallasca c’est bien celle qui monte ? Oui. Elle ne vendrait pas du coca par hasard ? Si, que des grandes bouteilles, allez pour la grande bouteille, et de la bière (c’est mon péché mignon, oui aussi. Elle me propose des biscuits salés, mais j’en ai plein. Je lui dis que je vais remonter de l’autre coté du rio, que j’ai repéré un endroit où planter ma tente, elle me propse de la planter pas loin de sa maison (l’endroit est plus que restreint), je la remercie t dis que je préfère être dans la nature, ce qui est vrai. Donc chargée de mes deux bouteilles je repasse le pont, je retourne à mon endroit de rêve ( je ne risque pas grand chose au bord de la route car aujourd’hui j’ai rencontré en tout et pour tout deux petits bus, dont un en panne qui bloquait l’autre et c’était sur la route qui était pas ma route, une voiture et un petit camion..) Je choisis avec soin mon endroit car il y a beaucoup de vent. Avant de monter les arceaux je plante un piquet pour le tenir. La tente est plantée, je rassemble mes sacoches quand arrive des moutons (oh pas beaucoup, sept ou huit, peut-être moins), suivi du chien, du berger et de la bergère.

Le berger a une tête de dégénéré, la joue gonflée par les feuilles de coca et… en bandoulière un fusil. J’aime pas…

Je lui demande si il habite la maison plus loin, oui, là où j’ai vu la dame avec le joli bébé, et que lui ai acheté des choses ?

C’est sa sœur. Je suis faux-jeton comme pas possible, mais un homme dégénéré pas net, vaut mieux le mettre de son coté; est-ce que chez moi il y a des moutons aussi, oui (c’est vrai il y a mon berger à 4km à vol d’oiseau qui vient mettre ses brebis chez moi parce que ça lui rend service et moi je pense que la nature il faut l’entretenir et que c’est bien que les moutons viennent pâturer chez moi, et en plus j’adore, et puis mon berger et sa femme Françoise sont des gens avec qui j’accroche beaucoup, et les deux fois où je ne pouvais conduire (le pied puis le bras, ils m’ont monté du bois et fait mes coures, et quand j’avais pas le moral je sais plus pourquoi, ils me l’ont redonné, m’ont fait manger, bref ce sont des gens extras), ce berger-là avec son fusil il me fait un peu peur, il voit ma bouteille de bière qui essaie de se rafraîchir dans le mince filet d’eau, il va pas me la piquer, sinon je dois retraverser le pont deux fois, je lui dis que je l’ai acheté à sa sœur, et curieusement, le fait que je boive de la bière, je suis moins une étrangère pour lui. Je continue à faire ma faux-jeton en disant que si j’ai le moindre souci j’irai le chercher, puis je dis que la route a été dure(ce qui est vrai) et que je dois me reposer, avant je nettoie soigneusement avec un chiffon doux et mon pinceau fin ma chaine, tous les pignons et le dérailleur et je regraisse, puis douche maison, écriture, manger. Aujourd’hui zéro repas normal, j’en ferai un demain.

Voilà, superbe journée, rien que pour ce spectacle ça valait le détour…

Il pleut fort, tant mieux ça éloigne les importuns, enfin que le berger, la région est déserte…

Bisous tout le monde

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