Vendredi 2 septembre 2011 : ici Dracula

Bonjour à tous, oué je me fais peur à moi-même, après avis spécialisé français je mets mon bras en écharpe et j’attends et je m’ennuie pas, tant de choses à faire… Je garde espoir, j’ai fait changer les pneus de mon vélo, pourquoi ne l’ai-je fait avant, j’avais déjà frôlé la catastrophe… Trop de confiance en moi et en mon buen suerte, oué parce que dans un de pneus il y avait deux épines et je n’ai pas crevé… J’ai évité de justesse la fracture du col du fémur car j’ai cogné la cuisse et eu très très mal, mais je peux marcher donc ce n’est pas cassé.

Allez un peu de beau pour oublier le laid… Bisous tout le monde…

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Jeudi 1er septembre 2011 : je temporise

Très léger mieux, je ne pleure plus de douleur, juste je hurle, je temporise, je reste à Ayacucho, à 13 heures je vais rechanger de chambre pour aller dans celle qui me plait où il y a l’espace, l’eau chaude sans escalade  pour atteindre douche ou lavabo, internet et une fenêtre…

Je suis dans un état : hématome bras, deux poignets, mollet transpercé,…

L’épaule je n’en parle pas, douleurs deux genoux, deux poignets et bas de la main gauche. et toutes mes affaires intégralement remplis de poussière, tu touches un truc tu n’as plus qu’à te laver les mains (avec le risque de chute…).

Je vais aller acheter des pneus, on m’a indiqué un magasin de vélo, faire bricoler ma tente, au fait Christophe a les mêmes problèmes et ce n’est pas une Vaude sa tente, il pense que c’est le froid, mais moi, même par temps chaud j’ai des problèmes, ça va quand elle est mouillée, mais si en plus il faut que je transporte un sceau d’eau, là sûr je n’y arrive pas et si ça gèle ? Vaude fait partie de ceux que je vais mordre en rentrant…

Voilà j’ai repris espoir, je tamporise (le a c’est pas une faute d’orthographe c’est pour tamponner les larmes…), sachant que moi je ne peux pas temporiser plus de 7 jours vu ma maladie musculaire…

Bisous remplis d’espoir

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J222 : la route diabolique J10 … Ca casse…

Mardi 30 août 2011

Bivouac dans la Pampa à 4200 m – Orcos

Distance parcourue : 31,38 km
Vmoy : 7,7 km/h Vmax : 24,3 km/h
Température : minima : 9°, maxima : 34°
Dénivelée positif : 18 m
Dénivelée négatif : 743 m
Heures sur le vélo : 4H03’47 »
Départ : 8 heures 45
Arrivée : vers 14 heures 30

Résumé de la journée

  • Conditions météorologiques : beau, froid en altitude, bon quand je descends
  • Objectif : Ocros
  • Etat de santé : bon jusque…
  • Particularités de la journée : descente rude sur une très mauvaise piste, je n’arrête pas de déraper, je n’ai pas la sagesse de mettre pied à terre, je casse mais bien… je rejoins Ocros par mes propres moyens, un calvaire 

Tout a bien commencé, nuit tranquille

Réveil blanc

Très givré

Christophe part le premier, je ne peux continuer avec lui, nous n’avons pas le même
rythme, ni la même approche, je ne vais que m’épuiser.

Dix minutes plus tard je pars.

Je remonte à la route qui est toujours aussi affreuse…

Je me gamelle une première fois devant le seul habitant 60 km à la ronde de cette
pampa sauvage et dénudée qui monte et qui descend à 4200 mètres d’altitude. L’homme a un parc à vigognes, il m’en montre l’étendue, m’aide à relever mon vélo et à m’épousseter. Rien de grave, une éraflure au coude, je pense que demain je vais avoir mal partout.

Je regarde mon compteur, et vois qu’il restait 10 km de pampa qui aujourd’hui m’ont demandé presque 1 heure et qui hier m’auraient demandé bien plus. Qu’aurions-nous fait si nous nous étions engagés hier dans cette descente infernale ? Quand est-ce que je comprendrais qu’il ne faut écouter personne et toujours suivre mon instinct, mon instinct il me disait de stopper, que là j’allais faire de graves ennuis, que mes muscles allaient lâcher et se paralyser plusieurs jours, peut-être ai-je sauvé la vie à Christophe…

J’entame la descente, je rencontre ma première plante…

Je crève de soif, n’ayant rien bu depuis la veille, pourquoi je n’ai pas demandé à
Christophe de me filtrer de l’eau ?

La piste est épouvantable, gravier, sable, pierres, tôle ondulée se mêlent, rarement un peu de terre battue et encore pas sur toute la route, ce qui fait que si on veut attraper la plaque il faut traverser le terre-plein central où sûr tu vas déraper. Mes pneus ne sont
absolument pas adaptés, je pense maintenant que je paie les prix de cette erreur.

Un cours d’eau…

Je remplis mes gourdes et y mets une pastille, dans une demi-heure je pourrais
étancher ma soif. Un peu plus loin je vais pour prendre une photo, mes gants polaires, qu’en ai-je fait ? J’ai oublié de remettre mes gants polaires, et j’y tiens un max, ils viennent de feu mon beau-père, c’est sentimental et de plus sont introuvables partout même en France. Un des deux gants est resté sagement posé sur mes bagages arrière, l’autre n’est plus là. Je pose mon vélo dans un fossé peu profond dont je pourrai l’extraire facilement et je fais le chemin à pied en sens inverse, je vais retrouver mon gant, cela me prendra un quart d’heure et je trouve très agréable de marcher sur cette piste, aussi agréable
d’y marcher que désagréable à faire en vélo. Les rares véhicules ( bus, minibus et camions) qui sont sur cette piste vont à une vitesse impressionnante, tu es obligé de t’arrêter et après d’attendre à cause de la poussière. Si vous voyez dans quel état sont toutes mes affaires, cela fait deux jours que je bouffe de la poussière un max et comme si ça suffisait pas je vais la manger…

Une camionnette me croise, dedans Christophe et son vélo, il fait demi-tour, il a perdu
son machin électronique dans le chaos de cette piste infernale, il en a absolument besoin car lui prépare minutieusement son itinéraire et la quantité de nourriture à prendre, et la quantité d’eau, bref il n’improvise pas comme moi…Je ne comprends pas bien si il va à
Cusco en voiture ou si il me donne rendez-vous à Cusco. Je ne le reverrai plus, je pense qu’il a abandonné cette route infernale, parce que lui aussi il se gamelle, sauf que sur son vélo couché il y a un bouton siège éjectable et qu’il ne se fait pas mal….

Je descends vraiment prudemment, je regrette de n’avoir pas de casque, je regrette de n’avoir pas changé mes pneus, chaque seconde qui passe est une seconde de gagnée sur la chute, et puis ce qui devait arriver arrive, je chute très lourdement dans un mélange de sable et gravier. Douleur extrêmement violente à la cuisse gauche et à l’épaule gauche. Là je sais que c’est grave, en une fraction de seconde je me dis que mon voyage s’arrête là. J’arrive à me relever, j’essaie de marcher, à ce moment un bus passe, mon vélo est par terre, moi je boitille, sonnée, le bus ne ralentit même pas… Bon la jambe n’est pas cassée, mais l’épaule… Chaque essai de mobilisation m’arrache des cris. Je ne sais que faire.

Arrêter une des rares camionnettes ? Et dans quel sens ? Je prends la décision d’aller par mes propres moyens à Ocros plus bas et là d’aviser. Je vais vivre trois heures de calvaire…

Cinq magnifiques 4X4 décorés de l’Amérique du Sud Ushuaïa me croisent, deux me feront un signe d’encouragement, je ne les arrête pas pour demander de l’aide, je pense qu’ils auraient pu s’arrêter pour me saluer, nous ne devons pas être du même monde… Dans une autre camionette un mec m’a pris en photo, je dois être étrange, recouverte de poussière de la tête aux pieds, vélo compris… Et je souris pas… Dés que je trouve un replat je prends anti-inflammatoires et doliprane. Si je ne bouge pas l’épaule ça va, mais chaque tentative de mobilisation me fait pousser des cris tant la douleur est forte.

C’est beau et affreux en même temps…

Maintenant c’est si tu tombes tu te tues…

Et quand même je remonte sur mon vélo et même je tente de prendre des virages, j’évite de justesse de nouvelles chutes, mais qu’est-ce que j’ai dans la tête ?

J’arrive à Orcos, la route ne s’améliore pas…

Orcos m’accueille, on me conseille le centre de santé mais ils ‘ont pas de radio, que
vont-ils faire de plus ?

Je mange, fais le tour des quatre épiceries et de la pharmacie et rafle tout le diantalvic du village. La douleur sous l’effet des médicament s’atténue mais ne disparaît pas et il y a toujours un passage dans l’antépulsion et la rétropulsion qui m’arrache des cris de douleurs. J’essaie d’aller sur l’internett de la ville (enfin ville, village…) mais il est est
panne. Voilà je suis face à moi-même et à la décision lourde de conséquences à prendre. Ce qui est sûr c’est que pour l’instant je ne peux continuer. Même en poussant lentement mon vélo, quoiqu’il arrive je serai incapable d’y faire face. Et si je ‘arrive pas à monter ma tente quand je suis vers les 4500 mètres, je vais faire quoi ? Je décide d’attendre le lendemain pour prendre une décision.

Bisous tristes

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J221 : la route diabolique J9 : quand le diable rencontre la diablesse…

Lundi 29 août 2011

Squatt dans une maison inhabitée sur le bord de la route – Bivouac dans la pampa à 4200 mètres d’altitude.
Distance parcourue : 51,90 km
Vmoy : 8,4 km/h Vmax : 45,5 km/h
Température : minima : 3°, maxima : 27°
Dénivelée positif : 581 m
Dénivelée négatif : 334 m
Heures sur le vélo : 6H09’52 »Départ : vers 9 heures
Arrivée : vers 15 heures 30, on termine de monter la tente à la nuit…(qui tombe à 18 heures)

Résumé de la journée

  • Conditions météorologiques : beau, froid en altitude
  • Objectif : avancer, trouver un endroit où dormir
  • Etat de santé : bon
  • Particularités de la journée : montée, traversée d’un immense altiplano appelé ici pampa sans rien, Christophe que je croyais à un jour devant moi était à un jour derrière moi, il va me faire mener une journée d’enfer, je vais lui faire goûter à une nuit d’enfer, bivouac à 4200 sous la Croix du Sud, il savait pas, il a aimé…

Je quitte mon squatt après avoir rencontré les propriétaires, oui, j’ai bien fait de me mettre là, je les remercie, l’homme avant de travailler mache ses feuilles de coca et m’explique que c’est pour avoir de la force, que le gros paquet ne coûte que 4 soles, un dollar, j’ai hésité à lui en demander pour voir si ça donnait vraiment de la force, mais de la force j’en ai…

Ca monte et je monte bien, puis arrive quelques épingles,la première passe bien, je  pousse dans la deuxième et la troisième, puis je pédale dans la suivante.

La route monte toujours, une ligne droite que je monte allègrement…

Quand… J’entends derrière-moi « Françoise, Françoise ». Ici ils ne savent pas dire Françoise, je me retourne  : le diable…

Qui rencontre…. La diablesse…

Christophe, pas possible, je le croyais à un jour devant moi, il était à un jour derrière moi… Christophe c’est le suisse en vélo couché que j’ai déjà rencontré plusieurs fois, la première fois après la descente de Pallasca, puis il m’a doublé dans le canyon del Pato, je l’ai rattrapé à la sortie. Il est allé faire un tour dans la Selva, je suis aller faire un tour dans la Cordillera Blanca (ascension de l’Ishinca pour ceux qui ne suivent qu’à moitié ou pas du tout…), puis dans l’altiplano, il m’a doublé au début de la route diabolique et le voilà derrière moi, enfin bientôt devant et il va me faire mener un train d’enfer…

Nous allons atteindre l’altiplano.

L’altiplano comme d’habitude n’est pas plat, il monte et descend. Cet altiplano est particulièrement sauvage…

Je vais quand même y débusquer de petites fleurs…

Pendant 60km rien, ni maison, ni village, rien…

Christophe a peur de me laisser seule, j’essaie de lui expliquer que je ne crains pas la solitude des grands espaces sauvages… Mais il ne comprend pas bien. Il est parti ce matin à 6h15 de Ayacucho et il a l’intention de faire Ayacucho-Orcos en une étape. Ca ne me convient pas mais je me laisse entraîner. La jolie route goudronnée va laisser place  à une route goudronnée toute neuve, Christophe pense que nous sommes les premiers cyclos à l’emprunter, puis ce sera  une mauvaise piste ensablée.

Je vais d’ailleurs rencontrer un chasse-sable, oui rigolez pas ça existe, c’est exactement comme nos chasse-neige, sauf que ça chasse le sable. Christophe chute et m’évite la chute, un virage où on dérape, ça vous ramène à l’intérieur du virage et là gros paquet de sable, chute inévitable. De voir Christophe tomber me permet d’anticiper et de ne pas tomber, très juste… Je ne sais pas ce que m’a dit exactement Christophe si il allait changer de pneus ou si il en avait acheté à Ayacucho, nous exprimons tantôt en français, tantôt en espagnol, Christophe étant suisse allemand et ne maitrisant pas le français. En attendant, son vélo équipé du même type de pneus que les miens dérape autant que moi mais lui a un bouton siège éjectable, oui il a la technique quand il tombe pour s’éjecter sans se faire mal, c’est plus facile avec un vélo couché qu’un vélo normal.

L’altiplano est grandiose, je ne m’arrête pas aussi souvent que je le voudrais, je ne veux pas retarder Christophe, en fait Christophe a décidé de m’escorter…

On s’arrête un quart d’heure pour manger, lui pain et thon, moi mes galettes salées et des trucs au chocolat, je lui offrirais de mes trucs au chocolat, il ne m’offrira rien, je pense qu’il a calculé ses rations à la calorie près, bon chacun voyage à sa manière, là j’ai rien à dire, nous avons en commun d’aimer les chemins de traverse, mais lui ces chemins il les traverse à la vitesse grand V et moi à la vitesse petit v… Je n’ai pas avec lui la connivence que j’ai eue avec André et Anne, mais voilà ça ça ne s’explique pas… Et pourtant il est vraiment très gentil avec moi… Je ne suis pas à l’aise avec Christophe, je suis tellemment mal à l’aise que lorsqu’il filtrera de l’eau pour lui alors que je n’en ai plus je ne lui demanderai même pas de m’en filtrer… Il ne s’inquiètera pas de savoir si j’en ai assez… En y réfléchissant je pense qu’on s’intimide mutuellement…

D’ailleurs à cette lagune je suis tentée de m’arrêter, je n’ai pas envie de continuer aussi vite, avec Christophe je n’ai pas pédalé à mon rythme et ça ne me convient pas. Il n’est que 3 heures et demi de l’après-midi, le vent souffle déjà fort, je me dis que à 5 heures et demi ça va être pire, et puis je pédalerai bien encore un peu. La police passe, je demande si je peux planter ma tente là en toute sécurité, réponse mitigée, il ne reste plus que 15 ou 20 km de pampa, après c’est la descente sur Ocros, oui bin mes cocos vous êtes jamais monté sur un vélo, parce que la descente sur Ocros avec cette très mauvaise piste c’est pas du gâteau… Et ici non plus c’est pas du gâteau… Surtout quand une diablesse essaie de suivre un diable…

A un moment Christophe me dit me dit qu’il reste 28 km d’altiplano, nous sommes à 4200 mètres , et ça a son importance, on fatigue quand même plus. Christophe me redit que c’est jouable d’être en mars à Ushuaïa, qu’en Argentine on se balade vers les 2000 et non au-dessus de 4000 ou 4500, que les routes sont bien meilleures, qu’en revanche il faut bien préparer son parcours sur la route des lagunes en Bolivie car il y a 10 jours sans rien, et qu’en Bolivie les pistes c’est pire qu’ici, oh la la, moi je ne vois pas si loin…

Nous réétudions ensemble le parcours à venir, j’en suis à mon deuxième pic, il y en a 7 pour arriver à Cusco, Swidge, mon homologue qui va en sens contraire (allez d’ailleurs expliquer aux voitures qui vous doublent, que non, vous ne vous êtes pas disputées allant chacune dans un sens, non c’est pas ma copine, mais si c’est ma copine, non on ne s’est pas trompé, les gens ils ont vraiment rien compris, il faut dire que voir une jeune fille seule en vélo et on va dire une femme pas encore tout à fait vieille seule également, les deux chargées comme des mules, allant en sens contraire, ça étonne…) Swidge m’a dit que le dernier pic avant Cusco était plus facile…

Nous étudions donc le parcours, j’ai gravi sans problème les deux premiers pics, je vais tomber dans la descente du deuxième…

En attendant Christophe a été malade à Ayacucho, nous les cyclos tombont tous régulièrement malades… Maintenant je sais que malade je ne pars plus, c’est idiot, seul remède, attendre que ça passe… Le couple français en tandem qui ne mange ni crudités ni tout ce qui risque d’avoir une eau douteuse, eux-aussi ont été malades, ils ont pris un antibiotique hypercostaud , si ils savaient les effets secondaires possibles ils auraient temporiser, jusqu’à présent je n’ai pas eu recours aux antibiotiques, celui-là est en vente libre dans les pharmacies… Et je vous dirai pas le nom, je crois qu’il est à réserver aux cas graves… Suite à ma dernière maladie (hier au moment où j’écris…), j’ai décidé d’éviter les limonades faites maison et délicieuses et les feuilles de salade, snif, snif… Moi qui avais envie de tenter une glace… Aujourd’hui j’ai vu qu’ils vendaient de la crème chantilly en poudre… Me disant que je devais manger des yaourts, il y en avait dont l’emballage me tentait dans un petit supermarché avec presque une vendeuse par yaourt, je demande si ils ne devraient pas être tenus au frais, non pas besoin, je lis attentivement ce qu’il y a sur l’emballage, et bien si, je montre à la vendeuse et surtout n’achète pas… Je me rabats sur ce que je crois être un yaourt, il y a des vitamines, du zinc et je sais plus quoi, sauf que quand je l’ai ouvert ça a tout giclé vu que c’était plutôt liquide, bon j’ai bu pour me vitaminer…

Nous arrivons dans une zone de travaux. je suis derrière un enfin je ne sais quoi, impossible à distinguer vu le nuage de poussière qu’il dégage, il se met à reculer, je suis obligée de le doubler, complètement à l’aveugle, je n’y vois pas à 10cm, j’ai de la chance, rien en face… De la poussière on va en bouffer, je ne sais pas que le lendemain je vais la manger… Je sens que je me mets dans le rouge question muscles, de plus il se fait tard. A un endroit des péruviens campent, ils font dessiquer des pommes de terre au soleil et dans l’air hypersec qui règne à cette altitude (j’ai vu un reportage à la télé sur ça, alors je sais, c’est une sorte de pommes de terre, c’est une technique ancestrale et il faut des conditions d’ensoleillement, de sécheresse de l’air qui ne doit exister qu’à cette altitude), si j’avais été seule je pense que j’aurais demandé la permission de camper avec eux, mais il y a également une odeur qui me dérange… Et je suis avec Christophe, je passe.

Christophe me raconte que je ne sais plus à quelle ville il a été interviewé par la télé locale et qu’il a demandé si ce n’était pas dangereux, qu’après on allait le repérer et l’attaquer, et bien moi je ne pense pas du tout à ça, peut-être que je suis inconsciente mais quand je suis en insécurité je le sens, peut-être le fait d’être femme et d’avoir un certain âge, et oui je n’ai plus vingt ans, me protège, mais curieusement les gens que je rencontre ont plus envie de m’aider que de m’attaquer. Franchement j’aurais pu tout faire en camion ou camionnette sans jamais rien demander, vu toutes les propositions que j’ai eues… Mais mon projet c’est tout en vélo… Et les cyclos aussi ils veulent me protéger, je dois faire pitié… En dehors de ces sécheurs de pommes de terre, nulle vie sur l’altiplano.

Lors d’une zone de travaux ils filtrent la circulation (très rare, mais ils filtrent), Christophe passe, pas moi. J’en profite pour interroger les ouvriers du froid, est-ce que c’est dangereux de dormir là ? Bien sûr on me répond le froid, là je rassure, j’ai tout ce qu’il faut, j’ai déjà fait. Non, ils me conseillent juste de m’éloigner de la route pour qu’une voiture ne vienne pas m’attaquer pendant la nuit. J’essaie de rattraper Christophe, il a disparu, je me dis qu’il a abandonné son idée de me protéger et qu’il continue à toute allure. Maintenant je sais que je dois m’arrêter, je cherche un endroit où planter la tente, je vois des rochers, je me dis que je serais à l’abri derrière, je commence à traverser la pampa, quand je revoie Christophe qui est venu voir ce que je devenais, je lui explique que je ne peux continuer, que je vais à la catastrophe, que je sens que mes muscles vont lâcher et qu’alors j’en aurais pour plusieurs jours à récupérer, je lui dis de ne se faire aucun souci pour moi, que j’ai déjà dormi plusieurs fois dans les altiplanos (je lui dis pas le paramo et la guerilla en Colombie…) et je pense sincèrement qu’on ne risque pas grand chose, qui va venir ici la nuit ? Christophe dort plutôt chez les pompiers ou près de la police, il a sûrement raison question sécurité, mais un bivouac sous les étoiles au-dessus de 4000, ça a son charme, et Christophe va le découvrir pour la première fois… De plus derrière les rochers on ne me verra pas. Christophe décide de rester avec moi, nous allons nous installer un peu plus loin que là où j’avais l’intention d’aller.

Christophe vérifiera bien qu’on ne nous voit pas de la route, il aperçoit les phares d’un camion un kilomètre plus loin, je recouvrirai donc le truc fluorescent de ma tente avec du papier et nous metttrons les vélos qui scintillent de partout devant les tentes. Nous finirons de planter les tentes à la nuit, Christophe se sera fait une journée de plus de 11 heures…

Voilà mon premier cadeau pour Christophe…

Chacun mangera de son coté emmitoufflé dans son duvet, oué ça gèle dur, puis nous sortirons admirer les étoiles, il n’y connait rien non plus mais grâce à son petit truc électronique je vais enfin identifier la Croix du Sud, la nuit sera glaciale et très calme, deux voitures vont passer dans la soirée et puis plus rien jusqu’au matin… Qui sera tout blanc…

Bisous tout le monde

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J220 : la route diabolique J8… On passe à l’attaque…

Dimanche 28 août 2011

Ayacucho – hameau de 2 maison dont une habitée que lors des travaux dans les champs

Distance parcourue : 27,96 km
Vmoy : 6,2km/h Vmax : 45,5 km/h
Température : minima : 17°, maxima : 40°
Dénivelée positif : 812 m
Dénivelée négatif : 81 m
Heures sur le vélo : 4H18’52 »
Départ : 10 heures
Arrivée : vers 16 heures 15

Résumé de la journée

  • Conditions météorologiques : beau, chaud, j’adore, après-midi vent frais faible, à partir de 16 heures et comme je suis pas loin de 4000 le froid arrive
  • Objectif : avancer
  • Etat de santé : bon sauf cette nuit rage de dents, là c’est très moyen, l’état des jambes s’améliore
  • Particularités de la journée : ça monte, c’est goudronné, je squatte une maison

Je passe une nuit moyenne, suis réveillée dans la nuit par le téléphone, l’hôtelier s’est trompé de numéro de chambre, moi qui me passe de téléphone depuis plus de 7 mois c’est un comble… Puis une rage de dent me réveille, toujours à gauche, mais plutôt en bas, pourtant mon hygiène dentaire est rigoureuse, j’ai même acheté une brosse à dents électrique, alors que celle prévue je m’en suis délestée avant le départ vu le poids, et je me passe aussi de toutes les confiserie aux cacahuètes…En plus j’ai du sommeil à rattraper, je me rendors jusque 8 heures, un exploit pour moi… Je ne pars donc qu’à dix heures, il fait déjà chaud, je peux me mettre en short et suis ravie.

Me voilà partie pour la grande attaque, il me faudra presque 5 km pour sortir de la ville, un dernier adieu à une jolie église

Puis la route est quasi déserte et… surprise… goudronnée.

Ca monte, je le savais, je monte bien, suis toujours aussi surprise de voir avec quelle facilité désarmante je monte maintenant… Je monte pendant 17 km, puis ça descend 2 km puis ça remonte sans jamais s’arrêter.

Même les épines se mettent à fleurir…

Et je rencontre mon premier girasol (tournesol), un peu rabougri mais tournesol quand même…

Et puis des trucs qui poussent, je ne sais pas ce que c’est…

Au bout de deux heures une petite boutique sur le bord de la route qui vend des trucs à manger et des trucs à boire. J’achète pour une sole (¼ d’euro) 2 œufs durs et de petites pommes de terre cuites appelées péruviennes, trop, trop, trop bonnes.

La jeune fille qui sert n’a que 15 ans, on est dimanche, elle aide ses parents, ici comme dans les autres pays traversés les enfants travaillent en aidant leurs parents et je trouve que c’est très bien, je ne suis pas sûre qu’en coucounant nos enfants comme nous le faisons en France nous leur rendions le meilleur service… Et la jeune fille va m’étonner, elle connait Louis IX, Louis XVI, Napoléon, la révolution française, elle en connait un bout aussi sur la pollution et tant d’autres choses, en tous cas les pommes de terre que je mange sont bio. En poussant mon vélo sur l’espèce de parking mi-sable mi-pierres, je me prends un retour de pédale, je n’ai rien vu arriver qui m’ouvre bien le bas de la jambe gauche, je prends le temps de désinfecter soigneusement, avec toutes ces petites blessures je vais bientôt ne plus avoir de bétadine, je pense en trouver facilement.

J’ai perdu ma carte professionnelle, pour me ravitailler en pharmacie c’est gênant… La dernière fois que je m’en suis servie c’était à Cuenca, non je ne retourne pas à Cuenca…

Après cette sympathique pause je reprends la route qui inlassablement monte…

Le
décor est moins spectaculaire, des montagnes jaunes dénudées, la
remontée en altitude se devine et… J’adore…

Parfois un soupçon de spectaculaire…

Parfois la pente est plus soutenue et je reconnais que là je peine un peu, mais pour l’instant même si c’est moins facile que ce matin ça va. La route à certains endroits est marquée par des cairns, j’imagine que par mauvais temps ici ce ne doit pas être triste…

L’air se rafraichit, les ombres s’allongent, je me dis qu’à la première maison je m’arrête car ici il n’y a encore personne… Arrive deux maisons, une à gauche en contre-bas, une à droite pas loin. Trois personnes sont un peu plus haut dans un champ, je les hèle pour
demander si je peux mettre ma tente là, je ne comprends pas bien ce qu’elles me répondent, je me couvre et je renouvelle mes appels, et je comprends un si. Je pense d’abord mettre ma tente dans la paille à coté de la route près de la maison, auparavant je vais inspecter les lieux pour voir si il n’y a a pas un endroit plus discret, deux enfants de dix-douze ans arrivent, je leur demande si la maison est habitée. Elle ne l’est que quand c’est le moment des travaux dans les champs aux alentours, les propriétaires habitent plus haut, peut-être est-ce eux que j’ai hélés. Les enfants habitent aussi plus haut, bon si ici les alpages sont en bas, ça devient compliqué. La maison en contrebas est habitée, j’entends les chiens et j’ai entendu les coqs. En inspectant les lieux je remarque une maison fermée et une maison d’une pièce, apparemment la cuisine, ouverte. Je dis aux enfants que je vais
m’installer là pour plus de sécurité, histoire qu’ils le disent à leurs parents et que je fasse par les choses de manière cachée. En début de nuit, je me dis que ce serait vache de venir me déloger. Les suisses se sont fait déloger une fois… Une voiture vient de s’arrêter, ça y est je me dis on vient me déloger, vite j’arrête mon ordi et me tiens sur mes gardes, non au bout d’un moment elle repart. Voilà, j’ai juste un peu peur, pas trop… On ne me voit
absolument pas de la route. Je pense que la maison en-dessous m’a repérée, si ils avaient quelque chose à dire ils l’auraient dit, il y a juste le village au-dessus que je ne sais pas où il est… Peut-être à une heure d’ici, peut-être moins, peut-être plus… Quand même j’installe un piège avec mes extenseurs à l’entrée de la maison, vous allez voir que c’est moi qui vais m’étaler…

Bisous tout le monde…

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Mercredi 31 août 2011 : cassée

Bonjour à tous

Voilà une chute de trop, la mauvaise, impotence fonctionnelle presque totale de l’épaule gauche, je ne peux continuer. J’ai réussi à atteindre Ocros, j’ai attendu le lendemain sous antalgiques, comme ça ne s’arrangeait pas j’ai pris le bus pou Ayacucho pour aller faire une radio : diagnostic : petite fracture et pour m’immobiliser ils me bandent le bras, aucun examen clinique, une radio de face standard de mauvaise qualité,aucune autre incidence, un hématome qui prend toute la face antérieure du bras, je n’ai aucune confiance dans leurs soins ( Jean-Luc je te comprends, j’ai eu droit à mon mort aussi), j’ai bien réfléchi, je rentre, j’espère qu’un bon orthopédiste m’attendra à l’arrivée de l’avion, je repartirais d’où je me suis arrêtée mais avec d’autres pneus et un casque. Voilà je profiterai de cette halte pour parfaire mon matériel parce que là c’est un peu la cata. J’ai pleuré un bon coup et puis j’ai arrêté. J’ai vraiment réfléchi, je crois que je repartirai en mars à moins que… Demain je m’organise mon rapatriement, trouver un carton, emballer le vélo, un billet d’avion…

Pour les médecins qui me lisent, et Françoise demande à ton frère, j’ai un accrochage extrèmement douloureux (avec cris) dans la partie antéro externe à l’union du 1/3 supérieur et du 1/3 moyen de l’humérus lors de tous les mouvements mais plus en antéflexion et rétroflexion et abduction, j’ai une douleur exquise à la palpation au même endroit, j’ai un hématome de toute la face antérieure du bras non douloureux, si je ne bouge pas je n’ai pas mal, j’ai essayé la bicyclette mais cela m’arrache des larmes, je ne suis pas maso, je rentre mais je n’ai pas dit mon dernier mot, je repartirai, mieux armée (pneus adaptés pour les mauvaises pistes du Pérou, casque aussi). voilà à moins que je me réveille demain avec plus rien mais je n’y compte pas trop…

Bisous à tous

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J219 : la route diabolique J7…Escale technique à Ayacucho

Samedi 27 août 2011

Escale technique à Ayacucho, moi je n’appelle plus ça jour de repos, vu que c’est une course contre la montre, mettre son blog à jour, soins au vélo, soins au corps, quelques ravalements de façade, courses, visite de la ville, pour une fois que tu prends la carte de l’hôtel il y en a deux (d’hôtels) et personne ne sait où c’est, le moto-taxi t’emmène à l’autre, tu as beau dire que ce n’était pas si loin et que ce n’était pas près de l’aéroport, il y va quand même et toi tu hurles à chaque trou, chaque casse-vitesse car ces trucs-là ça n’a pas d’amortisseurs et ça te tue le dos. Evidemment tu n’arrives pas à tout faire, ton vélo il est à peu près clean d’un coté et pas de l’autre et ton drap est toujours en loques mais propre…

Ayacucho, surnommé ici le « coin des tueurs » vu la violence qui y a régné du temps du sentier lumineux n’oublie pas ses victimes et les honore de mille couleurs…

Et comme tous sur cette terre Ayacucho désire plus que tout au monde la paix

Ayacucho, petite ville à 2750 mètres d’altitude, n’est reliée à Lima par une route goudronnée que depuis 1999.

Le centre est une assez belle cité coloniale, quand mon guide la comparait à Cusco je trouvais qu’ils exagéraient mais là ce n’est pas la plaza de armas, c’est juste une petite place avec une jolie église…

Là c’est la vraie Plaza des Armas

La vraie cathédrale

Une vraie maison coloniale

Les autres quartiers de la ville sont laids, le souvenir que j’avais du Pérou c’était des maisons aux briques ternes avec leur piquets qui se dressent érafflant le ciel et bien Ayacucho c’est ça…

Et qu’attendent tous ces hommes ?

Rien, ils regardent un match de foot à la télé…

Je n’ai pas testé le sauna qui est en fait un hammam, mais je l’ai visité car mon vélo est dans la pièce de stockage de tas de choses et aussi de l’eucalyptus, car ici l’eau est parfumée avec du vrai eucalyptus… Je ne vous ai pas parlé des odeurs… Sous une certaine latitude et altitude l’eucalyptus foisonne, sa senteur est envoutante et pénètre partout, surtout quand il est utilisé comme bois de chauffage. Je l’ai utilisé sur mon vélo en Colombie pour me protéger des bus et ça marche, pas l’odeur juste que l’image qui s’imprime dans la tête des chauffeurs prend en compte la largeur qu’ils voient. D’ailleurs c’est largement utilisé pour signaler les dangers. Jean-Luc, barde-toi d’ecalyptus ou moins bucoliquement rajoute des fanions en largeur et en longueur, c’est pas grand chose mais c’est déjà ça. Quand à convaincre les sud-américains qu’ils roulent comme des locos c’est peine perdue. J’essaie mais c’est moi qui suis loco (folle). Au Pérou ils roulent quand même plus prudemment qu’au Vénézuela et qu’en Colombie. Enfin une voiture qui dépasse un vélo ne ralentit jamais, soit ça passe, soit tu te pousses, soit ça casse. Les camions eux font plus attention.

Voilà demain je reprends la route, mais là où je vais peu s’aventurent, bisous tout le monde.

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J218 : la route diabolique J6…Ciel du goudron…

Vendredi 26 août 2011

Huanca – Ayacucho

Distance parcourue :50,23 km
Vmoy : 10,1 km/h Vmax : interférence électromagnétiques, dommage car j’ai du aller vite…
Température : minima : 21°, maxima : 40°
Dénivelée positif : 515 m
Dénivelée négatif : 564 m
Heures sur le vélo : 4H55’30 »
Départ : 9 h 15
Arrivée : vers 17 heures ou un peu avant

Résumé de la journée

  • Conditions météorologiques : couvert le matin, rapidement beau et tiède, fraicheur de l’air dans les descentes.
  • Objectif : si je peux Ayacucho
  • Etat de santé : ça va, le soir mon dos me fait souffrir, vu les chocs qu’il a subit depuis une semaine, c’est normal
  • Particularités de la journée : la route est goudronnée, ça monte, descend, remonte, redescend, remonte.

C’était hier et déjà j’ai oublié…

Je me souviens : la route est goudronnée, les trous ne me gênent que lorsqu’il y arrive une voiture en face qui les évite au risque de m’écrabouiller… Persiste quand même d’autres dangers…

La route va monter pendant 10 km puis descendre 7, puis remonter, puis une descente d’enfer, j’arrive à la bifurcation qui ramène sur la côte, je retrouve mon rio et … Je le remonte.

Je retrouve la circulation, pas trop, mais du rien à un peu il y a une différence.

Je pensais avoir repéré la piste que j’ai suivie, mais j’ai du faire une erreur quelque part…

Je fais attention de bien manger…

Ici aussi on sent le printemps venir, il se pare de rouge, nostalgique de la terre que je viens de quitter…

Non, pas une autre piste, pas du sable, ouf je ne la prends pas…

Les abris bus sont hyper sympas…

Et les fleurs de cactus prêtes à éclore… Julien, si tu ne me dis pas merci je ne t’en envoie plus des cactus… (pour les non initiés, Julien est un de mes neveux, il collectionne les cactus comme moi, sa mère (ma soeur) a tenté de les faire geler (comme moi), certains ont résisté (comme moi…)

Et qui s’est amusé à faire des dégoulinis de sable ? Là je crois que c’est plutôt Heïdi, la dernière de mes petites filles…

J’ai quitté le spectaculaire pour rester dans le beau.

Qu’il est petit mon vélo au milieu de cet immense pays…

 Ayachuco me souhaite la bienvenue…

Ayacucho est une ville assez grande et bien péruvienne…

Je cherche un hôtel correct, notamment eau chaude car je veux m’occuper de mes cheveux. Je réfute le premier, pas sympa et pas d’eau chaude, le deuxième est fermé, le troisième est adossé à un sauna. On m’annonce l’eau chaude, je voudrais une fenêtre aussi. Je vérifie l’eau chaude, ça ne marche pas dans la chambre avec fenêtre, je prends l’autre minuscule sans fenêtre, l’eau est chaude, j’ai failli me tuer car il y a un pas à faire pour accéder à la douche et le carrelage est très glissant, il y a internet aussi et bon débit, allez je reste, je passe la moitié de la nuit à mettre mes articles en ligne, il me reste à raccommoder mon drap en loque, nettoyer chaine et pignon, terminer mes soins de beauté, et je ne sais plus si on est samedi ou dimanche. J’ai beaucoup de mal à me repérer dans les jours, mes repères étant devenus plutôt un petit point sur la carte…

Bisous tout le monde

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J217 : la route diabolique J5… Ciel le Mexique…

Jeudi 25 août 2011

? sur la piste qui suit le rio Mantaro – Huanca

Distance parcourue : 41,78 km
Vmoy : 6,8 km/h Vmax : 30,6 km/h
Température : minima : 20°, maxima :
44°Dénivelée positif : 628 m
Dénivelée négatif : 460 mHeures sur
le vélo : 6H08’00’
Départ : 8 heures 27
Arrivée : vers 17 heures

Résumé de la journée

  • Conditions météorologiques : beau, rapidement chaud, j’adore, vent extrèmement violent quand j’arrive à Huanta
  • Objectif : avancer, une fois compris où j’étais, oué parce que depuis quelques jours je sais juste que je suis sur la bonne route mais je ne sais pas laquelle, donc une fois que je sais où je suis, et bien avancer, trouver un endroit où dormir et peut-être Huanta
  • Etat de santé : bon sauf ce matin je crains pour mon coude que l’épichondylite ne revienne et ça se calme, et le transperçage des jambes par son étendue m’inquiète et inquiète la population…
  • Particularités de la journée : décor somptueux, on se croirait au Mexique, piste moins difficile mais qui requiert toute mon attention, je remonte, je vais au-delà de mes forces et m’effondre à 100 mètres de l’entrée de Huanca, je bouffe tout ce qui me tombe sous la main…

Alors, alors, alors, alors la nuit fût particulièrement bonne dans ce bivouac de
rêve, terrain plat, à l’abri du vent, connaissance de la population, oui parce que un habite là la semaine, et dans la maison en ruines ils travaillent la pierre blanche qui sert à faire de la chaux et je crois aussi la porcelaine.

Réveil digne du décor

Mais quand faut y aller, faut y aller, départ 8h27, je progresse… surtout j’ai compris que dans les canyons il ne fait pas bon y être vers 17 heures car c’est à cette heure-là que le vent est le plus méchant… Mais où serai-je ce soir ? Vous l’avez compris moi je navigue à vue et c’est ce qui me convient, donc je continue…

Je suis partie depuis 15 minutes, j’en suis à mon deuxième franchissement de
rio…

Malgré ma chute de l’autre jour j’ai adopté la stratégie suivante : je les passe
sur le vélo, car j’en ai marre de me mouiller les pieds, l’eau étant rouge je ne sais quels pièges m’attend : eaux profondes, pierres, boue, donc je prends suffisamment d’élan pour passer mais pas trop de vitesse pour ne pas m’exploser, oué c’est compliqué, bon bin là je n’ai pas pris assez de vitesse et… Oui, plouf… Plouf dans l’eau, mais que les pieds, résultat mes chaussures puent, mais puent…

Je continue ma route diabolique et je nage dans le beau…

A 10 heures je rencontre un petit village avec resto, je fais ma première et unique (erreur) pose, je mange des sandwich aux oeufs arrosés de coca. Mes
jambes sont l’attraction des femmes du village, l’une me masse avec une crème hydratante à la vitamine E qui marche comme repellente, et c’est vrai. L’autre me donne (vend, car ici beaucoup de choses manquent, à commencer par l’argent) une crème repellente, le tout s’avérera efficace, mais le mal est fait, j’ai les jambes dans un état pas possible, piquées de partout, quelques piqûres sur les bras et au cou, les jambes c’est la cata; on me dit que c’est des sancudos, on me dit que c’est des moustiques, moi je pense que c’est un autre insecte car il n’y a pas le rond blanc des sancudos et en plus quand elles piquent (les bêtes ) ça fait mal, ces bêtes-là ne ressemblent pas à des moustiques, elles sont petites, allongées, vivent nuit et jour et ne volent pas très haut, quoiqu’il en soit on
me dit que les bêtes ne transmettent pas les maladies, qu’il faut juste faire attention aux infections, bon je surveille, ne me gratte pas. Ces bêtes-là ne piquent pas tout le monde, il faut du sang jeune, bin voyons je crois que c’est le sang que je me suis fait en me baladant vers les 5000. Le dopage, le dopage, oui ça tue… En attendant la meilleure protection c’est de se couvrir, mais je n’ai
pas de pantalon léger et si à 44° je ne peux pas mettre mes jambes à l’air c’est triste… Allez je suis en train de remonter, les bêtes devraient disparaître avec l’altitude et le froid… Je regarde mes notes (il faut pas croire mais des fois je fais les choses intelligemment), les cyclos français en tandem qui ont cassé
leur jante et l’ont attendue 3 semaines à la Paz et que j’ai rencontrés à la cas de ciclista de Trujillo, ils n’ont pas pris le même chemin, mais ont eux-aussi gravis les pics et ont eu eux-aussi le même problème de bêtes et m’ont conseillé de me protéger, trop tard… Ils ont pris eux-aussi des routes fantastiques, vraiment, que de routes fantastiques au Pérou, c’est éblouissant, j’ai fais un choix, je ne peux tout voir, j’ai fait une croix sur Nacaz, une sur Arequipa, que je connais déjà mais où il y a aussi un canyon fantastique, tout choix implique un renoncement, ainsi va la vie… Le Pérou est vraiment éblouissant de beauté… Le Pérou est aussi en marche vers une modernité avec son coté chouette et un peu de nostalgie… J’espère que le Pérou se réveillera un jour pour de bon et profitera de ses multiples richesses… Il semble qu’ici la liberté d’expression existe, alors je parle…

En attendant la fraicheur du matin va vite laisser place à la chaleur et moi j’adore… 44° une partie de la journée, trop, trop bien… Pour la peine je mets ma casquette et le réfrigérateur en route, Daniel il a dit que j’étais la première personne qu’il rencontrait qui connaissait le système… Et vous avez compris que tout ce que Daniel dit est parole d’évangile… Et Daniel c’est un grand grand
bonhomme, alors qu’il remarque que je ne suis pas complètement nase, ça me plait… Et pour les cyclos qui veulent savoir, par mail privé…

Et aujourd’hui je vais encore naviguer dans le beau, le grandiose, le qu’il n’y a pas de mots pour le dire…

La piste reste difficile, glissante, dans les descentes je suis hyper-concentrée,
c’est comme descendre une piste noire verglacée, sauf que les pneus de mon vélo ils ont pas de carre, donc c’est du tout droit, pas de zigzagage, sinon c’est dérapage et chute assurés, freinage extrêmement doux aussi et quand ça dérape, laisser filer tout droit même si il y a une grosse pierre, des fois je suis secouée
dans tous les sens et mes sacoches aussi, mais j’arrive à garder le cap et ne chute pas. Je regrette depuis deux jours de ne pas avoir pris mon casque, finalement Jean-Luc, je ne sais si tu as prévu de prendre un casque mais prends-en un, c’est utile, surtout pour faire du parapente avec la tente… Notez quand même le plus de 30km/heure sur piste, ceusses qui ont fait du VTT avec moi, ils doivent plus me reconnaître…

Tiens les failles réapparaissent…

Le rio est toujours très présent et m’enchante…

Parfois il s’élargit… Et continue de m’enchanter…

Puis j’arrive au Mexique

Et je vais faire provision de Kdo pour Julien, Mylène je te charge de lui apporter…

Là c’est un cadeau pour l’atelier pictural de l’Espace Socio-Culturel du Diois à
Luc-en-Diois dont le thème de cette année est l’arbre…

Là ce sont des cailloux, des pierres, alors c’est pour moi ( je vous rappelle que
les pierres à moi elles me parlent)…

Et puis là c’est de l’époustouflant, du plus beau que ça tu meurs…

Là c’est un kdo pour une de mes plus fidèles lectrices, oui elle a dit que c’était
du genêt…

Là c’est la nature qui se réveille, oui, ici c’est la fin de l’hiver, les premiers signes du printemps et la pluie qui tombe le soir depuis quelques jours…

Une église perdue

Un pont tout neuf

Mais qui ne supporte pas les camions qui devraient passer par le rio mais qui
contournent la chaine…

Et la cyclo elle ne passerait pas en fin d’après-midi ( à cause de quoi ?), le vent
pour ceux qui ne suivent qu’à moitié…

Le rio lui, imperturbable coule…

Et une fois le rio traversé par le pont sans rambarde et qui supporte pas les camions, il faut quoi faire de ce rio que vous descendez depuis des jours et
des jours ?Il faut le remonter de l’autre coté, ce que fait la cyclo…

Mais la cyclo elle a du fumer des chardons aux fleurs de coquelicots jaunes car elle monte sans broncher, sans manger et…

A 16 heures 30 au km 238, à 100 mètres de Huanta, petite ville où elle se promettait de se faire un bon resto, elle s’écroule sur le bord de la route
alors que soudainement est apparu du goudron, elle ouvre sa sacoche
réservée à la nourriture et engloutit tout ce qu’elle trouve dans n’importe quel ordre et trouve pratique le chocolat en tube (ici ils disent triangle) , c’est comme un berlingot de lait concentré sucré, sauf que c’est en triangle et que c’est du chocolat et que à 44° le chocolat ça fond et qu’elle n’a plus sa couverture de survie toute abimée, elle l’a donné ce matin, oui, elle a commencé le grand
délestage, et pour la cyclo c’est dur car les objets la rassurent, mais chargée ou monter il faut choisir, elle a choisi. Ce soir elle a donné à une petite jeune fille qui faisait le même gabarit qu’elle le joli petit débardeur avec gilet assorti orange avec des trucs brillants, super pour aller danser, sauf que pour danser à
3800 mètres dehors il faut se remuer les fesses et les péruviens ils bougeaient pas trop, alors elle a fait comme tout le monde elle a gardé bonnet et gants… Ce soir elle a aussi donné le débardeur orange javellisé, oué l’abuela-mamita-cyclo-fluo-gringaletta se prépare à la grande attaque… En attendant elle est écroulée au bord de la route dans un fossé, une femme et sa petite fille passe, la femme est effarée de l’état des jambes de la cyclo, la cyclo se recouvre, il commence à faire frais et la grande attaque (des bêtes) recommence…  Les vertiges mettront 3 heures à passer, c’est promis la prochaine fois la cyclo ne pédalera plus 6 heures sans rien avaler…

Enfin elle arrive à Huanta, elle apprend que Christophe a dormi là hier, elle sait
même où, bientôt on va lui dire ce qu’il a mangé… Elle est super contente car Christophe ne lui a mis qu’une journée dans la vue sur cinq jours…

Petite réflexion, chez nous c’est decaux qui s’est attribué l’espace urbain mais comme il m’a donné les vélov je dis rien, ici c’est Claro…

Pour aller au centre elle se perd un peu, demande son chemin à un dégénéré qui
va lui demander ses papiers, bien sûr elle l’envoie balader, et quand il va lui demander son nom elle va répondre « mon nom est personne », l’occasion était trop belle, mais le mec (dégénéré) il a pas du comprendre…

Voilà l’hôtel est nase, à tel point que je vais dormir sur mon matelas et dans mon
duvet, la douche commune froide, mais la chambre (sans fenêtre) chaude…

Bien sûr elle (la cyclo machin parce que moi je fais pas ça…) va se perdre dans la
ville ne sachant encore le nom de son hôtel, un repère, à coté du parque, oui, sauf qu’il y en a au moins deux…

Bien sûr elle a cherché un point internet, le débit était lent mais acceptable, le
clavier qui semblait correct avait la touche entrez qui se bloquait mettant un milliard d’espace entre un mot et l’autre, alors elle a abandonné…

Bisous tout le monde… Demain la grande attaque, aujourd’hui c’était juste
l’échauffement…

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J216 : la route diabolique J4… Ca décoiffe

Mercredi 24 août 2011

? – ? la même chose, quelque part au Pérou à quelque part au Pérou

Distance parcourue : 39,13 km
Vmoy : 8,2 km/h Vmax : 26,2 km/h
Température : minima : 18°, maxima : 39°
Dénivelée positif : 347 m
Dénivelée négatif : 793 m
Heures sur le vélo : 4H45’42 »
Départ : 8 heures 40
Arrivée : vers 17 heures 30

Résumé de la journée

  • Conditions météorologiques : couvert le matin, rapidement beau et chaud, vent très violent en fin d’après-midi
  • Objectif : avancer, une fois la route goûtée je me fixe un objectif de 40km
  • Etat de santé : le genou se calme l’après-midi, de toute façon il a pas le choix
  • Particularités de la journée : décor somptueux, piste à de nombreux endroits difficile et exposée, ma tente se transforme en parapente et manque de m’emporter…

 Alors il s’est encore passé tellement de choses… Que je ne sais par où
commencer…

Le commencement de la journée…

Ce matin le ciel est couvert.

Je ne suis pas inquiète car je ne monte pas encore aujourd’hui et j’ai remarqué
que ces derniers jours ça se levait dans la journée pour se recouvrir en fin de journée. Je quitte mon super bivouac où j’ai failli mourir de peur la première partie de la nuit, me jurant de ne plus jamais recommencer, je vais recommencer le soir même et découvrir un nouvel ennemi…

J’ai quand même évité la crevaison…

Il faut avoir l’œil car les épines sont parfois cachées…

Je vais continuer à suivre le rio que je suis déjà depuis plusieurs jours,
théoriquement je le descends, mais la piste elle, monte et descend…

Toute la première partie de la route sur environ 8km sera difficile car dérapante et très mais très exposée.

Puis on va redescendre dans le rio (on c’est la piste et moi, nous ne faisons plus qu’un, il vaut mieux d’ailleurs car si elle m’éjecte, plouf dans un rio dont j’ignore le nom…)

La piste devient une vraie piste, par endroits on regrimpe sur les bords du canyon et ça redevient très exposé.

Je suis extrêmement prudente et roule plutôt à gauche coté montagne.
Entre camions et bicyclette la courtoise règne, le premier engagé passe, l’autre laisse passer, de toutes façons on ne peut passer à deux.

Les voitures elles passent, mais camions et voitures sont rarissimes… Il y a un bus par jour. J’ai discuté avec un chauffeur de camion pour savoir comment il faisait. Ils sont très attentifs à ne pas s’engager à deux et il compte sur sa bonne étoile « el buen suerte ». Il fait la route Huancayo -Ayacucho. A chaque fois qu’il dit au revoir à sa femme il ne sait pas si il la reverra. Tu parles d’un métier. Et moi qu’est-ce que je fais là ? Un vieille dame m’a demandé aujourd’hui c’était la coutume en France d’envoyer les « mamitas » (les petites grand-mères) sur les routes seules en vélo…

Il y a des endroits où à la place du précipice ils ont mis un toboggan…

Bon bin c’est vraiment dur…

Très très dur

Dur pour tous

C’est plus dur que dans la descente de Pallasca car là-bas je retenais, ici je
pédale… En fait c’est plus dur parce que c’est moins dur…

Heureusement les girafes continuent de veiller sur moi…

Et les rios traversent allègrement la piste

Le décor de la mamita :

Un rio

Un canyon somptueux dans lequel elle trempe depuis plusieurs jours…

La mamita elle-même : extrêmement concentrée dans les parties exposées…
Après réflexion elle s’est dit que entre tomber de 50 mètres et tomber de 500 mètres il n’y a pas de différence, que la mort est au bout, donc c’est dans la tête que ça se passe… Si il y a une différence, la taille de la petite cuiller avec laquelle on va vous ramasser…

Dans une partie « normale » de piste (c’est-à-dire là où vous ne risquez pas votre vie à chaque seconde) deux très jeunes filles l’accompagnent un moment.

Elles rentrent du collège, elles n’ont qu’un vélo pour deux. Le trajet dure entre une demi-heure et une heure, ça dépend si elles vont vite
ou « despacio », elles me conseillent d’aller despacio… A mon avis ça veut plus dire cool que lentement… Elles se mettent en tête de m’apprendre le quetchua, dans les montées c’est dur… En plus depuis que je sais qu’il y a à peu près autant
de quetchuas que de sommets dans la Cordillera Blanca, soit 680, j’ai revu mes objectifs à la baisse et me contenterai de parfaire mon espagnol. Comment on dit « celui qui conduit un camion en castellano ? » Chauffeur », mais c’est terrible ça, enfin un mot que je vais retenir facilement, et les bêtes qui m’ont
transpercée de partout et ail, ail ça fait mal, dans les autres pays quand elles piquent elles ne font pas mal. Oui en ce moment il y en a beaucoup, il faut mettre de la crème repellente. Mais j’en ai déjà mis. Bon j’en remets car ces sales bestioles (qui s’appellent Sancudo) font très mal au moment de la piqûre.

La « mamita » (depuis plusieurs jours c’est comme cela que l’on m’appelle, à mon avis j’ai du prendre un coup de vieux…), la mamita donc s’offre
deux pauses déjeuner, une à 10 heures et une à 14 heures 30.

Au fait la manzana ne serait-elle pas tout simplement une marguerite ? Les enfants n’essayer pas chez vous, ça peut être dangereux…

Parce que les chardons ils ont des fleurs de coquelicot jaune… Et j’ai pas maché
de feuilles de coca…

Et les maisons dans la prairie ont des balcons bleus, on dirait l’ancienne maison de Brigitte…

Et les cochons traversent la route « despacio »

La mamita elle traverse les rios…

Et regrimpe dans le canyon

Et laisse passer un camion…

Et il y a des endroits qu’elle aime pas du tout…

Lors de cette deuxième pause elle fait l’erreur de refuser l’hospitalité qu’on
lui propose, elle veut avancer, elle n’a fait que 30km et voudrait bien en faire 40. Elle fait là une très très grosse erreur car elle s’engage à nouveau dans un canyon étroit, la piste est elle-aussi étroite et très très exposée et… le vent s’est levé, extrêmement violent. Qui plus est il se fait tard et l’orage menace…

Elle est tentée de faire demi-tour, l’idée de descendre et de remonter ce qu’elle
vient de monter la retient.

Deuxième erreur.
Elle voit un camion arrêté, crois d’abord qu’il est en panne, en fait il récupère des pierres avec lesquelles si j’ai bien compris ils vont après les avoir meulées en enduire les maisons, serait-ce de la chaux ? Elle se renseigne auprès des camionneurs, est-ce que plus loin il y a un endroit plat où mettre la tente, oui il y a. Pas trop loin, non pas trop loin. Elle dit qu’elle vient d’avoir eu très
très peur avec le vent, le précipice, la route étroite et glissante, ils comprennent.

Quand même c’est beau…

La mamita voit un premier endroit plat, trop à coté de la route, elle réfute. Elle
en voit un deuxième dans les cailloux et les cactus, pas grand, pas loin du précipice mais ça devrait faire l’affaire. Il est très loin le temps où la mamita cherchait un coin d’herbe… Maintenant tout fait l’affaire, encore une erreur. Donc la mamita déplie sa tente trempée, tiens avec la tente trempée l’arceau rentre tout seul, preuve qu’il y a un problème. Elle regarde bien d’où vient le
vent, met sa tente dans le bon sens, attache tout avec de grosses pierres, et là tout d’un coup, sans prévenir le vent fait un 180°, forcit un max, les pierres volent la tente s’envole, la mamita plonge dessus, la tente se transforme en parapente avec rampe d’accès pour l’envol à 20 mètres, 19, 18, 17, 16, 15, 14, 13, 12, 11, 10, la mamita lutte, lutte, à plat ventre par terre (elle n’a pas appris la
mécanique des fluides, si elle avait appris elle saurait  que le vent dans la partie rétrécie du canyon garde sa vitesse et donc gagne en puissance, au fait pourquoi avec les voitures ce n’est pas pareil, je dis des bêtises, c’est pareil, si elles gardent leur vitesse ça cogne dur) donc voilà notre mamita qui lutte avec acharnement, à un moment le vent a failli gagner la partie, tout en luttant son cerveau travaille, elle reste bien à plat ventre, elle rabat la voile (défait les arceaux), ouf la partie est gagnée, bilan des opérations : un arceau tordu, un ongle cassé et tout le travail de la coiffeuse de Loja à refaire, la mamita elle ressemble à ça maintenant…

Inutile de vous dire qu’elle remballe son barda. Elle hésite à revenir en arrière
et puis non elle continue dans ce redoutable canyon, la lumière baisse, l’orage menace très fort, le vent souffle et que voit-elle tout d’un coup ? Une autre mamita qui porte deux lourds sauts d’eau.
Vous habitez là ? Oui, un peu plus loin. Je peux mettre ma tente à coté de votre maison ? Elle raconte qu’elle a eu très peur là-haut avec le vent. Oui, pas de problème. Un peu plus loin, un replat, pas de vent, deux maisons. L’une est fermée. Dans l’autre les chiens aboient. Un vieil homme sort. La mamita renouvells sa demande. Oui, pas chez moi à cause des chiens, mais de l’autre coté de la route il y a un campesito. Oh et puis non allez dans la maison fermée,
parce que dans le campesito il n’y a rien. La mamita explique que pour aller dans la maison fermée elle doit franchir une barrière d’épines, que son vélo ne va pas vraiment aimer et que de toute façon elle a tout ce qu’il faut. (Elle espère juste que sa tente n’est pas endommagée). Le campesito est une ancienne aire de repos pour camionneur, c’est parfait, la terre est rouge, pas de problème, quand je pense qu’avant la mamita cherchait un coin d’herbe… Et l’éternel « no se pasa nada aqui »: il ne se passe jamais rien ici. La mamita elle se dit qu’elle va les emmener un jour, seulement un jour avec elle, car avec elle il se passe toujours quelque chose…

Bisous tout le monde

P.S. Ai-je eu tort ou raison de lutter avec acharnement pour sauver ma tente au péril de ma vie ? J’attends vos avis, motivés bien sûr, sachant qu’ici il est impossible de se procurer une tente et que je préfère mourir que renoncer…

P.P.S. Ce jour à 13h45 heure locale péruvienne la parapentiste en herbe va vivre son premier tremblement de terre, magnitude 7, ni dégats matériels ni pertes humaines à déplorer, le tremblement de terre était très profond, la parapentiste n’a rien senti… Elle devait être dans les airs… Heureusement qu’il était profond car on m’a raconté le tremblement de terre de 1970 à Huaraz (peu de survivants…), quand la terre a tremblé la montagne s’est écroulée de partout, d’énormes blocs de pierres se sont détachés, d’énormes retenues d’eau se sont formées puis ont débordées, les inondations achevant les destructions liées au temblement de terre lui-même… Actuellement pratiquement tous les gens de la vallée ne sont pas originaires du coin, car peu ont survécus…

Rebisous

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