Jeudi 10 novembre 2011
Bivouac au dessous de Villacouba – Encuelga
Kilométrage : 26,17 km
Heures sur le (ou à coté du) vélo : 4h54’58 »
Vmoyen : 5,3 km/h Vmax : 17,6 km/h
Températures : min : 14, max : 36°
Dénivelée positif : 258 mètres
Dénivelée négatif : 539 mètres
J’ai passé une meilleure nuit,peut-être l’unique habitant de Villa je sais pas quoi m’a-t-il protégée…

Le vent très fort s’est calmé très tard dans la nuit.

En chargeant mon vélo j’ai vu deux traces de vélo, ils n’ont pu ne pas voir ma trace qui allait à ma tente abritée (très peu) par buisson…

Je pars à 10 heures, comme d’habitude j’attends le soleil avant de bouger, tout est encore gelé dans ma tente. Je me sens plus en forme. Je vais encore plus pousser que pédaler… Sable, tôle ondulée et j’ai peur (de tomber, ni des gens , absents, ni de la nature qui m’entoure, ni des bêtes, absentes les bêtes, et puis les bêtes fuient l’homme, la femme aussi)…
Le village un peu plus loin est en ruines…

C’est là (la photo en-dessous) que je vais croiser trois 4×4 rutilants qui vont à toute vitesse, font-ils un perpérage pour le Paris-Dakar ? Ou sont-ils de la même race que ceux qui m’ont croisée quand je descendais sur Orcos, poussiéreuse, choquée ?

En attendant mon vélo, suant, soufflant continue d’avancer…

Le surréel est toujours présent, avec ses rond-points…
Ses bifurcations qui mènent je ne sais où…

Ses panneaux indicateurs qui indiquent tout sauf là où tu vas…

Et un vélo qui ma foi va là où il doit aller…

La photo suivante est pour Monica, elle-seule sait où je vais…

D’ailleurs, mon webmaster, mon frère et Monica, c’est quand que vous allez mettre mon trajet sur Google Earth ? Si nécessaire demandez à Sebastien comment faire.
Les 8 derniers kilomètres je vais pédaler…
Je vais traverser un canyon somptueux…
Comme d’habitude le beau m’entoure…

Evidemment ça monte, je te retiens Enzo, je te retiens « seule montée que tu auras à faire »

Ca va c’est beau, je te pardonne, hier je t’ai haï…

Oui, hier je t’ai vraiment haï…

Je t’ai HAÏ, tu m’entends Enzo ?
Ca va, aujourd’hui je t’ai pardonné…

L’homme, toujours sait rajouter sa petite touche artistique, et je ne me moque pas, c’est vraiment beau ces clotures marquées de plastiques ou de tissus de couleurs…

En fin de parcours le volcan Ishugas va apparaître dans toute sa splendeur.

Un panneau, ouf Colchane est indiqué, je suis sur le bon chemin…

Vont me croiser deux groupes de 4X4, le premier ne s’arrête pas, le deuxième manque de m’écraser les pieds (c’était dans le canyon, c’est un peu décousu ce que j’écris…) …
Je rencontre un chilien qui marche depuis 3 jours pour aller de Chilcaya à Colchane sans rencontrer de véhicule qui va dans son sens. Il n’est pas chargé comme moi, je ne sais ce qu’il mange et boit, les feuilles de coca doivent lui suffire. Je le retrouverai en fin de journée, ouf un véhicule est passé, l’a pris en charge, lequel véhicule ne tentera pas de m’écraser mais s’inquiétera de mon sort…
Dans mon carnet de notes j’ai écrit : »hier ça a vraiment été très dur… Aujourd’hui ça va, hier le paysage était monotone… »
Je m’arrête à Emmelga, village irréel…
Avec ses codes… Des fois qu’une voiture passe…

Dix familles y vivent. A l’entrée une alojemiento (hôtel sommaire), j’ai le temps de visiter le village que le duegno n’est toujours pas là… A l’entrée de ce village un couple tisse, les couleurs me plaisent, je demande la permission de photographier, il faut payer, qu’ils crèvent… En cherchant l’épicerie où d’ailleurs il n’y a rien (juste 3 paquets de galettes sucrées et des bonbons, même pas d’eau), j’apprends qu’ils font aussi hôtel, en fait dortoir de huit lits.

Je demande si je peux manger, pour la soupe il faut attendre deux heures, je vais donc manger du riz à l’eau, deux oeufs et une tisane d’herbes de je ne sais quoi délicieuse. je mange dans leur maison, une seule pièce enfumée (cuisine au feu de brindilles du désert, une poule dans le lit, des couvertures jamais lavées. Leur 4 filles et leur fils sont à Ibique (à 500km), encore un village qui va mourir, la vie est trop dure ici. En revanche ils ont une voiture. Ils vivent de l’alpaga, mais ici rien ne pousse. Dans la cour une immense bombe volcanique…
L’école est presque somptueuse, 3 élèves…

Ici le vent souffle tous les après-midi, toute l’année, il se calme dans la nuit. Il y a un maire élu tous les deux ans, mais c’est toujours le même…
Le refuge CONAF est fermé, en revanche amis cyclos il y a de l’eau accessible au refuge.

L’église resplendit de blancheur, éblouissante de simplicité…

Aujourd’hui j’ai rencontré, vous savez qui ? Deux japonais, oui deux japonais qui font le tour du monde, trois ans déjà qu’ils sont partis… Eux vont plus vite que moi, ils vont dormir aux termes qui ne seront pas très chaudes et planter leur tente entre deux maisons à cause du vent. Comme moi ils se protègent du soleil et de tout, jambes et bras couverts, mais ils ont des vélos tip top…

Je dois absolument me trouver un bâton pour tenir mon vélo, là la route a des rebords mais je suis très handicapée par mon absence de béquille. Finalement je vais trouver un morceau de bambou, je pense ancienne navette pour le tissage que l’on va me vendre… Ce que je veux, mais vendu quand même… Ici les prises sont à trois trous alignés, certaines prises françaises rentrent, d’autres pas, de toute façon il n’y a de l’électricité que deux heures la nuit… Je vais essayer, en vain de recharger une batterie d’appareil photo…
Le sable et la poussière s’infiltrent partout. La femme qui m’a reçue tousse, je diagnostique une bronchite chronique… Que faire ? Moi j’ai toutes les voies aériennes prises, cela m’avait fait la même chose au Pérou quand j’étais dans le sable et la poussière, je comprends les jeunes qui fuient… Quand aux cheveux, je n’en parle même pas, des piquets dressés sur la tête, mais comme j’ai toujours ou bonnet ou casquette sur la tête, ce n’est pas grave… La casquette c’est le matin, le bonnet l’après-midi… Voire l’après-midi bandeau polaire et bonnet, à cause de quoi ? Le vent, faut suivre un peu…
Enzo j’ai pris en photo l’embranchement où il ne faut pas se tromper, surtout que la piste de droite a l’air tellement plus sympatique que celle de gauche où il faut aller, en plus il n’y a aucune indication, sauf le numéro de la route que l’on est censé devoir suivre…
Voilà, c’est là :

Enzo tu vas refaire ton topo, après tu le donnes aux cyclos, la récompense c’est un aller-retour dans le Sud Lipez avec un vélo chargé….
Bisous tout le monde, je viens de faire un décompte kilométrique, 14500 km, alors mon webmaster tu revois ton truc ou tu le vires, moi je ne te vires pas, jamais…