J299 : le plus beau jeu de pistes du monde, 1ère partie, J25 : épuisée je demande l’hospitalité dans un hameau…

Mercredi 16 novembre 2011

Bivouac près du filet d’eau non douce – Salle des fêtes dans un hameau dans la montagne au-dessus du salar de Coïpassa
Kilométrage : 9,94 km
Heures sur le (ou à coté du) vélo : 2h28’42 »
Vmoyen : 4 km/h Vmax : 13 km/h
Températures : min :48°F, max : 96°F

Je me dirige vers un village que je crois être Tres Cruces, à l’heure actuelle j’ai un doute. Des gens travaillaient dans un champ, je leur ai demandé si c’était Tres Cruces, ils m’ont dit oui, mais j’apprendrai qu’il y a quelques hameaux qui dépendent de Tres Cruces…

En attendant pour rejoindre ce village je galère un maximum, du sable dans de la montée, ce qui laisse les lamas complètement indifférents…

Les boites alignées dans un ordre que je ne comprends pas sont elle-aussi totalement indifférentes à mes efforts démesurés…

Arrivée au village, je cherche la tienda, la trouve, achète ce qu’il y a, donc pas grand chose, il n’y a pas d’eau, je prendrai l’eau du puits pastillée.

Je me fais préciser mon chemin, je peux soit faire le tour et passer par le salar, soit prendre la route à gauche (pour Enzo pour qu’il me situe, sur la place de ce que j’ai cru être Tres Cruces, à droite l’église, à gauche le chemin où on m’envoie).

Le chemin (parce qu’on ne peut plus parler de piste) monte, il y a de grosses pierres à franchir, le soleil tape, il fait chaud, je suis épuisée…

Evidemment je ne rencontre personne. Un dernier adieu au Salar…

Et puis ça monte…

Pour franchir une quebrada (les cours d’eau à sec en dehors de la saison des pluies) je suis obligée de décharger et de faire du portage. Et je pense à l’indice d’Enzo : »Si les premiers kilomètres paraissent faciles, pour les autres il te faudra pousser car c’est du sable », si ça c’est facile et qu’après c’est difficile, je n’y arriverai pas…Un hameau sur mon chemin, à moitié abandonné, mais pas tout à fait. Les maisons sont fermées, protégées d’éventuelles intrusions par des murs de pierre, dans l’espoir d’un retour qui ne se fera jamais… Ce village est magnifique avec ses arbres verts et ses volets bleus. Un homme est en train de se raser, je l’interpelle, il va se cacher. Dans la rue un homme porte l’eau puisée au puits, je lui dis mon état d’épuisement (tien puits, épuisement, rigolo…), mon besoin d’hospitalité, il me dit de le suivre, m’ouvre une porte, c’est la salle des fêtes du hameau je vais m’installer sur l’estrade, m’effondrer, ne rien manger jusqu’au lendemain…

Bisous tout le monde

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J298 : le plus beau jeu de pistes du monde, 1ère partie, J24 : c’est parti pour la traversée du Salar de Coïpasa…

Mardi 15 novembre 2011

Coïpasa – Bivouac près du filet d’eau non douce…
Kilométrage : 45,21 km
Heures sur le (ou à coté du) vélo : 7h09’56 »
Vmoyen : 6,3 km/h Vmax : 15 km/h
Températures : min : 9°, max : 31°
Dénivelée positif : 0 mètre
Dénivelée négatif : 0 mètre
Départ : 6h45
Arrivée, je ne sais plus

J’hésite à partir, je ne me sens pas bien, je suis encore fatiguée, j’ai de la fièvre et des vertiges, mais si je reste ici soit j’entame mes provisions, soit je mange la nourriture empoisonnée de la mamita…

Je pars donc avec 2 doliprane, 2 vitamines C. Le ciel est un peu plombé, il n’y a pas de vent.

Sans rancune mes empoisonneurs… La mamita prépare le petit-déjeuner sur un feu de bois, à quatre pattes par terre, l’homme, plus de 70 ans se prépare pour aller travailler sur le salar, le tout après avoir traversé le village et été dans le campo pour faire leusr besoins naturels, excusez-moi, mais quand j’entends des touristes, dire c’est bien ici c’est l’authenticité, je veux bien, je veux bien, qu’ils prennent leur place…

Allez c’est parti…

Je pédale bien sur le salar, au début il y a comme de petites boules de neige…

J’angoisse quand même un peu, je ne sais le nombre de kilomètres que j’ai à faire, j’essaie d’évaluer, en regardant derrière, en regardant devant, j’essaie de voir si je vais réussir à traverser le salar dans la journée, si je pédale ça va, mais si je pousse…

Je vais bénéficier sur une dizaine de kilomètres d’un petit billard, puis les 15 derniers kilomètres seront si cabossés que je ne peux plus pédaler et c’est long, j’ai bien fait de partir tôt.

Un salar ça vit, ça change, ça fait du bruit, petit à petit je me familiarise avec cette étrange matière, quand c’est bien lisse, bien brillant, et bien il ne faut pas y aller, c’est mouillé… Je vais essayer le truc d’Enzo, rouler en fermant les yeux, oué quand je les rouvre j’ai des vertiges…

Rappelez-vous les indices d’Enzo, contourner l’île jusqu’à apercevoir la montagne à deux cornes, viser la montagne, puis viser la corne de droite…

Puis viser L’ARBRE, le seul à des milliers de kilomètres à la ronde, et bien l’arbre je l’ai vu dés le milieu du salar, il faisait comme une barre noire qui coupait la montagne. certains m’ont dit qu’ils ne comprenaient pas mon trajet, qu’est-ce que j’avais été faire cette boucle qui passait par le Chili, et bien c’est tout simple je voulais savoir si L’ARBRE était toujours là… Il était toujours là, seul, triste, mais jamais abandonné, régulièrement visité par des cyclos quelque peu fêlés…

Et puis le salar de Coïpasa, c’est quelque chose… Seule au milieu de ce truc blanc qui craque, qui fait des vagues, qui fait de la neige, c’est une expérience inoubliable. Depuis j’ai traversé aussi le Salar de Uyuni, plus grand, différent, si on veut comparer, je dirais que le Salar de Coïpassa c’est comme le ski de randonnée et le Salar d’Uyuni comme le ski de piste, sauf que il faut pédaler (ou pousser)…

Sur le salar je ne m’accorderai qu’une pause, le temps de manger une orange.

Au pied de l’arbre je mangerai beaucoup, trop peut-être, je me fais même deux chocolats.

Mon intention est de bivouaquer auprès de la mare, mais celle-ci est à sec, un mince filet d’eau court, il s’avèrera être quand même très chargé en sels minéraux, rassurez-vous, je n’ai pas bu de son eau…

En cherchant la mare j’ai entendu un bruit affreux, je croyais que c’était le sel accumulé sur freins et jante qui faisaient ce bruit-là, non c’était un sac étanche avec Kwé et veste polaire qui avait glissé, le sac est mort, le kwé et la polaire salés…

Le vélo est tout salé…

La cyclo aussi…

Je dessale tout dans le petit cours d’eau, je plante ma tente à coté, erreur, elle sera toute salée le lendemain…

Je vois au loin un petit village, je pense que c’est Tres Cruces, j’y referai ma provision d’eau, enfin j’espère.

Le soir je n’ai pas faim, je me fais un bouillon.

Voilà, j’ai réussi, j’ai réussi à traverser ce salar… J’ai quand même pédalé ou poussé plus de 7 heures, ce qui est énorme, le tout aux environs de 4000 mètres d’altitude…. J’attends les applaudissements…

Bisous tout le monde

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J297 : le plus beau jeu de pistes du monde 1ère partie, J23 : KO par intoxication alimentaire…

Lundi 14 novembre 2011

Voilà, tout est dit dans le titre… La mamita fait une soupe de quinoa, dans mon assiette sera rajouté un morceau de lama, je pense pour me faire plaisir.

Une heure après le repas, tandis que je termine de préparer mes affaires, je me sens tout d’un coup extrèmement fatiguée,  je vais vomir, je vomirai toute la nuit, le jour suivant j’ai de la fièvre, je suis dans l’incapacité de me lever et encore moins de traverser le salar…

Le soir je mangerai LA banane de la maison, une orange et un morceau de pastèque.

Bisous tout le monde

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J296 : le plus jeu beau de pistes du monde 1ère partie, J22 : escale à Coïpassa avant la traversée du Salar

Dimanche 13 novembre 2011

Bivouac au bord du Salar de Coïpasa – Coïpasa
Kilométrage : 10,14 km
Heures sur le (ou à coté du) vélo : 1h50’58 »
Vmoyen : 5,4 km/h Vmax : 15,4 km/h
Températures : min : 18°, max : 31°
Dénivelée positif : 0 mètre
Dénivelée négatif : 13 mètres

La piste est à peu près roulable, parfois quand même je pousse (tôle ondulée montante ou sable).

A Coïpassa je me renseigne sur où se trouve la tienda, sur l’état du Salar, le nombre de kilomètres, le temps… Même pour les gens d’ici c’est toute une expédition de traverser ce Salar… Il est imprudent de partir à cette heure, je dois partir très tôt, au plus tard à 7 heures. J’explique qu’il me faut deux heures pour plier ma tente, ne peut-on me trouver une chambre ici ? On trouve, peuvent-ils me faire à manger, ils peuvent, et il y a de l’électricité, il y a. Toute la journée ? Toute la journée, le luxe quoi… Il y a même un puits pour avoir de l’eau, pour les toilettes il faut traverser le village et aller dans les champs…

Je vais donc m’installer à Coïpassa pour ma veillée d’armes, recharger tous mes trucs, dessaler mon vélo.

Je me sens très bien dans cette maison, la mamita me réveillera à 5 heures. J’écris quelques articles…

Ce bien-être ne va pas durer… Suite au prochain épisode…

Bisous tout le monde

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J295 : le plus beau jeu de pistes du monde, J21 : direction le salar de Coïpasa

Samedi 12 novembre 2011

Colchane – Bivouac au bord du Salar de Coïpasa
Kilométrage : 37,75 km
Heures sur le (ou à coté du) vélo : 5h54’16 »
Vmoyen : 6,3 km/h Vmax : 16,8 km/h
Températures : min : 15°, max : 35°
Dénivelée positif : 26 mètres
Dénivelée négatif : 14 mètres

Je passe une bonne nuit, il n’a pas gelé dans la chambre… Au petit-déjeuner je prends mortadelle et fromage pour mes pique-nique.

En observant bien mon vélo, car cette histoire de changement de vitesses me tracasse, je m’aperçois que le câble n’est pas passé dans un des trous, c’est pour cela que c’était si dur. Pire, cela a fait que le guide câble des deux changements de vitesse (avant et arrière) est sorti de ses gonds. Je demande au belge qui parle français si il peut m’aider à repositionner le câble car je manque de force et le câble coupé très court offre peu de prise. Voilà qui est fait, du coup je ne pars qu’à 9 heures. Mais miracle le changement de plateau se fait à nouveau presque bien. Mon vélo fait quand même un drôle de bruit, à ma pause de 13 heures je nettoie et regraisse la chaîne, le bruit cesse.

Mais je ne fais pas que m’occuper du vélo, je passe la frontière, j’ai mal choisi mon jour, nous sommes samedi, tous les travailleurs émigrés boliviens rentrent chez eux et je dois faire une heure de queue. La petite conne du guichet ne veut « me donner » que 30 jours, ça va on retrouve dans tous les pays le même genre de petite conne (ou de petit con) qui, parce qu’ils sont derrière un guichet et qu’ils ont en face d’eux des gens qui « demandent », se prennent pour Dieu le père, moi j’appelle ça un abus de pouvoir… J’applique ma technique de résistance passive, je reste très calme et répète inlassablement la même chose « je ne comprends pas, je suis française, européenne, la loi dit que j’ai droit à 90 jours », elle me dit que je n’ai qu’à aller à Oruro à l’émigration me faire prolonger, je lui dis que ce n’est pas mon projet, que je voyage en vélo et que mon projet est de traverser le salar de Coïpasa, celui d’Uyuni, d’aller à Potosi et Sucre (je ne parle pas du Sud Lipez, là elle ne va pas suivre…), elle finit par céder et me donne les 90 jours, dans ma tête j’ai élaboré une autre stratégie de défense si elle ne cédait pas, qu’elle appelle son chef, en général ça marche ça, et si le chef redit la même chose, ok, qu’ils m’emmènent à Oruro à l’émigration, sauf que aujourd’hui samedi ça risque d’être fermé… De toute façon j’avais bien décidé de ne partir de là qu’avec mes 90 jours… Amis cyclos, soyez vigilants, à l’émigration, ici comme dans d’autres pays c’est assez folklo…

Enzo, tu avais raison il vaut mieux dormir coté chilien…

Me voilà donc partie direction le Salar de Coïpasa avec les indices d’Enzo : « 10km après la frontière tu prends une piste sur la droite ». Un peu plus de 4 km après la frontière un barrage militaire, je me fais confirmer mon chemin, ils me disent que la piste est à droite, au village qui est juste sur la droite, devant l’église. Je quitte à regret cette jolie route goudronnée déserte qui va à Oruro et m’engage sur une piste.

A coté de l’église d’autres militaires, redemande de renseignements, c’est la piste là et après tout droit, sauf qu’après il va y avoir mille bifurcations, je vais me diriger à la boussole et à l’instinct.

Le temps est beau et chaud, le ciel un peu laiteux.

Comme d’hab, c’est beau…

A part 5 ou 6 passages très sableux la piste est roulable pour moi.

Et toujours le paysage est chouette…

Et voilà un premier morceau de salar à traverser, je suis un peu inquiète, oui je suis un peu inquiète sur les grandes distances pour traverser les deux salars (Coïpasa et Uyuni), si il faut que je pousse je ne sais comment je vais gérer ça, je n’ai pas envie de dormir sur le salar, d’abord j’ai peur qu’en cas d’orage je me retrouve dans l’eau, j’ai peur qu’un 4×4 m’écrase et puis le vent sur les salars est terrible.

Mais je passe bien ce premier morceau de salar, me voilà déjà un peu rassurée. Je vais faire 10 à 20 km de salar, je suis impressionnée, c’est un milieu que je ne connais pas, c’est blanc, on dirait un lac gelé, parfois ça craque, alors on a peur de tomber au fond…

Je vais m’offrir un super pique-nique au soleil (sandwich jambon-fromage, de l’eau à bulles, le luxe quoi, un quart de pommes, oui le rationnement continue…).

Je suis des traces.

Puis les traces se perdent…

Je suis à peu près sûre de là où je dois aller, mais j’ai besoin de confirmation. Une voiture va à droite et je crois voir comme une maison, j’y vais. Je vais goûter aux joies du salar mouillé, c’est clair ça fait comme de la neige mouillée et on avance pas, je pousse, oh la la ça se complique. En fait de village ce sont des voitures et camionnettes, des hommes travaillent sur le salar, armés de pioches et de brouettes, entièrement masqués à cause du soleil (nous sommes à près de 4000, sous les tropiques et réverbération 100%). Pas de photos, moi je ne peux prendre en photo la misère. Je demande mon chemin, c’est bien là où je pensais mais ça m’aurait arrangé que ce soit là où je suis, vous me suivez ? Allez je repousse dans ce morceau de salar mouillé, vélo et moi sommes entièrement salés…

L’orage menace… (Regardez bien la photo, ce n’est pas un orage… Regardez bien au centre et à gauche…)

Déjà que j’ai peur que le salar m’engloutisse, si en plus il ya l’orage… Ajoutez à ça que durant toute la journée j’ai vu moins de 10 véhicules… J’arrive à l’île, le village où Enzo m’a recommandé de demander mon chemin est entièrement occupée par des militaires, je suis tentée de planter ma tente là, mais ce serait mieux que je dorme à Coïpasa pour attaquer tôt le lendemain les 70km de salar. Les miltaires me disent que Coïpasa est à une demi-heure, oué, il me faudra deux heures et demi.

La piste est faite de gros cailloux enchassés dans de la terre battue, ça secoue un max mais ça roule.

L’endroit n’est pas vraiment hospitalier…

Puis je me perds un peu, je sens que la piste sur laquelle je me suis engagée va m’amener à traverser le salar, salar, nuit, vent, orage, non… Je vois au loin des poteaux électriques, ça c’est un bon repère, ils ne peuvent mener qu’au village de Coïpasa. Je me dirige donc vers ces poteaux. L’orage menace de plus en plus. Je décide de m’arrêter.

Je me dépêche de monter la tente et de tout rentrer, je crois que la pluie se dirige sur moi, non ce n’est pas la pluie, c’est une tempête de sable, c’est la troisième que je prends et pas la dernière. Les deux premières je les ai prises dans la tente, venant plein est alors que j’avais planté la tente les pieds plein ouest (je plante maintenant la tente des fois à la boussole…). C’est terrible ça va durer une demi-heure à trois quarts d’heure, je suis arqueboutée sur la tente pour la tenir, j’avais oté mes lunettes, le sable va me griffer les yeux, puis le vent va redevenir normal, c’est-à-dire violent.

Je vais voir passer 3 véhicules un peu plus loin, ouf mon instinct m’a remis sur le bon chemin.

J’apprendrais le lendemain que tout Coïpassa sait que je suis là…

Bonne nuit les petits… Et bisous tout le monde…

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J294 : le plus beau jeu de pistes du monde, J20 : Colchane, pas vraiment un el dorado…

Vendredi 11 novembre 2011

Encuelga – Colchane
Kilométrage : 21,49 km
Heures sur le (ou à coté du) vélo : 2h58’43 »
Vmoyen : 7,2 km/h Vmax : 30,5 km/h
Températures : min : 14, max : 30°
Dénivelée positif : 9 mètres
Dénivelée négatif : 209 mètres

Je me réveille dans la nuit avec un horrible mal de gorge, ce n’est pas la première fois, je pense que c’est du à l’irritation de nez et des sinus par la poussière et l’air hyper sec. L’air est si sec ici que quand je touche ma frontale, pas besoin de l’allumer, elle lance des éclairs… Tout d’ailleurs fait des étincelles…

La piste est meilleure et je peux pédaler, cela se voit sur ma vitesse moyenne… Je zizague entre les bancs de sable et la tôle ondulée, toujours à la recherche des meilleurs 3 cm où poser mes roues…

Je photographie une église, des hommes me demandent de payer, et bin dites-donc ils ont le sens des affaires les chiliens… Je ne paie ni ne râle, je les engueule, je vous dis, c’est horrible je suis devenue une tueuse, mais tout se termine dans la rigolade…

Je suis surprise le matin par un ciel moutonneux, on s’habitue au ciel bleu perpétuel… Puis le ciel va devenir laiteux. En fin de matinée le vent se lève. Ici, pas d’arc-en-ciel, des boules-en-ciel…

Et ça continue d’être beau…

Toujours un volcan traîne par ci, par là…

La tôle ondulée elle ne traine pas par ci par là, elle est toujours présente, enfin sauf quand elle fait place au sable…

L’instant géologie…

Un des nombreux instants beaux…

Mon instant j’aime les rios…

Une mine à ciel ouvert… Le Chili exploite à mort son sol et son sous-sol, j’en ai eu un aperçu au Salar de Surire, l’exploitation minière du désert d’Atacama va me stupéfier…

Comme annoncé, 5 km avant Colchane je retrouve le goudron que j’aime tant…

C’est horriblement dur de passer sur le moyen plateau, je sens que cela n’est pas normal, j’ai vraiment peur que le boiter du changement de vitesse soit cassé. je décide à la sortie du Sud Lipez de rejoindre une grande ville au Chili pour réparer cela. Et tout lache, tout lâche, le sable ronge tout. Toutes les fermetures éclair lâchent les unes après les autres, la tente ne ferme plus, la sacocoche guidon non plus, le duvet ça devient dur, les vêtements aussi… Mon pneu arrière est usé,les sacoches sont hyper dures à ouvrir et fermer, bref c’est la déroute, ah oui il y a aussi la béquille et mes doigts en sang, le givre qui me tombe sur la tête le matin, la faim, la soif, bref c’est dur…

Les japonais partis plus tard vont me redoubler et poursuivent plus loin, eux tout ne gèle pas dans leur tente, ce n’est pas juste…

J’arrive à Colchane, ville frontière avec la Bolivie, je croyais trouver une grande ville et m’y reposer un peu…

Non, Colchane est un village à moitié enseveli sous le sable et battu par les vents. Il y a deux hôtels, le bien (recommandé par André et Valérie) qui est aussi l’unique boutique du village est fermé, c’est lui aussi qui fait internet… L’autre est sympa…

Mais n’aura son eau qu’à 18 heures (la lessive est reportée…) et ses deux heures d’électricté qu’à 21h30… A Colchane il y a aussi un collège, un gymnase, la police, une salle de gym, une église et pas une seule épicerie, RIEN. Pire, encore dans le seul hôtel d’ouvert je dois presque me mettre à genou pour obtenir un repas, il faut commander d’avance, quand même j’aurai droit à de pâtes, un oeuf et une saucisse de strasbourg…

Je vais rencontrer deux ingénieurs en géothermie, ils me montrent leur truc sur leur ordi, moi je vais leur montrer ma maison sur google earth… Et puis ils ont pitié et me donnent un paquet de gâteaux.

Le soir l’hôtel-tienda-internet bien ouvrira, l’internet est en panne, je me doute que ma famille et mes amis vont se faire du souci, mais je ne peux rien faire…

Pas de repos donc, demain retour en Bolivie…

Au repas du soir je vais bavarder avec un guide et le chauffeur, le guideest chilien, il va commencer à me faire peur sur le Sud Lipez, le chauffeur est bolivine, j’essaie d’avoir des renseignements, à part que c’est plus dur que ce que je viens de faire et que les 4×4 sont bourrés d’eau et que je n’ai qu’à les arrêter pour en demander, je n’en saurais pas plus, si, on me dit qu’il n’y a pas beaucoup de sable mais beaucoup de tôle ondulée, ce sera tout le contraire, le guide va m’offrir un verre de vin chilien, on dirait un bon bordeaux…

Bisous tout le monde

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J293 : le plus beau jeu de pistes du monde1ère partie, J19 : premiers 4X4 tueurs…

Jeudi 10 novembre 2011

Bivouac au dessous de Villacouba – Encuelga
Kilométrage : 26,17 km
Heures sur le (ou à coté du) vélo : 4h54’58 »
Vmoyen : 5,3 km/h Vmax : 17,6 km/h
Températures : min : 14, max : 36°
Dénivelée positif : 258 mètres
Dénivelée négatif : 539 mètres

J’ai passé une meilleure nuit,peut-être l’unique habitant de Villa je sais pas quoi m’a-t-il protégée…

Le vent très fort s’est calmé très tard dans la nuit.

En chargeant mon vélo j’ai vu deux traces de vélo, ils n’ont pu ne pas voir ma trace qui allait à ma tente abritée (très peu) par buisson…

Je pars à 10 heures, comme d’habitude j’attends le soleil avant de bouger, tout est encore gelé dans ma tente. Je me sens plus en forme. Je vais encore plus pousser que pédaler… Sable, tôle ondulée et j’ai peur (de tomber, ni des gens , absents, ni de la nature qui m’entoure, ni des bêtes, absentes les bêtes, et puis les bêtes fuient l’homme, la femme aussi)…

Le village un peu plus loin est en ruines…

C’est là (la photo en-dessous) que je vais croiser trois 4×4 rutilants qui vont à toute vitesse, font-ils un perpérage pour le Paris-Dakar ? Ou sont-ils de la même race que ceux qui m’ont croisée quand je descendais sur Orcos, poussiéreuse, choquée ?

En attendant mon vélo, suant, soufflant continue d’avancer…

Le surréel est toujours présent, avec ses rond-points…

 Ses bifurcations qui mènent je ne sais où…

Ses panneaux indicateurs qui indiquent tout sauf là où tu vas…

Et un vélo qui ma foi va là où il doit aller…

La photo suivante est pour Monica, elle-seule sait où je vais…

D’ailleurs, mon webmaster, mon frère et Monica, c’est quand que vous allez mettre mon trajet sur Google Earth ? Si nécessaire demandez à Sebastien comment faire.

Les 8 derniers kilomètres je vais pédaler…

Je vais traverser un canyon somptueux…

Comme d’habitude le beau m’entoure…

Evidemment ça monte, je te retiens Enzo, je te retiens « seule montée que tu auras à faire »

Ca va c’est beau, je te pardonne, hier je t’ai haï…

Oui, hier je t’ai vraiment haï…

Je t’ai HAÏ, tu m’entends Enzo ?

Ca va, aujourd’hui je t’ai pardonné…

L’homme, toujours sait rajouter sa petite touche artistique, et je ne me moque pas, c’est vraiment beau ces clotures marquées de plastiques ou de tissus de couleurs…

En fin de parcours le volcan Ishugas va apparaître dans toute sa splendeur.

Un panneau, ouf Colchane est indiqué, je suis sur le bon chemin…

Vont me croiser deux groupes de 4X4, le premier ne s’arrête pas, le deuxième manque de m’écraser les pieds (c’était dans le canyon, c’est un peu décousu ce que j’écris…) …

Je rencontre un chilien qui marche depuis 3 jours pour aller de Chilcaya à Colchane sans rencontrer de véhicule qui va dans son sens. Il n’est pas chargé comme moi, je ne sais ce qu’il mange et boit, les feuilles de coca doivent lui suffire. Je le retrouverai en fin de journée, ouf un véhicule est passé, l’a pris en charge, lequel véhicule ne tentera pas de m’écraser mais s’inquiétera de mon sort…

Dans mon carnet de notes j’ai écrit  : »hier ça a vraiment été très dur… Aujourd’hui ça va, hier le paysage était monotone… »

Je m’arrête à Emmelga, village irréel…

Avec ses codes… Des fois qu’une voiture passe…

Dix familles y vivent. A l’entrée une alojemiento (hôtel sommaire), j’ai le temps de visiter le village que le duegno n’est toujours pas là… A l’entrée de ce village un couple tisse, les couleurs me plaisent, je demande la permission de photographier, il faut payer, qu’ils crèvent… En cherchant l’épicerie où d’ailleurs il n’y a rien (juste 3 paquets de galettes sucrées et des bonbons, même pas d’eau), j’apprends qu’ils font aussi hôtel, en fait dortoir de huit lits.

Je demande si je peux manger, pour la soupe il faut attendre deux heures, je vais donc manger du riz à l’eau, deux oeufs et une tisane d’herbes de je ne sais quoi délicieuse. je mange dans leur maison, une seule pièce enfumée (cuisine au feu de brindilles du désert, une poule dans le lit, des couvertures jamais lavées. Leur 4 filles et leur fils sont à Ibique (à 500km), encore un village qui va mourir, la vie est trop dure ici. En revanche ils ont une voiture. Ils vivent de l’alpaga, mais ici rien ne pousse. Dans la cour une immense bombe volcanique…

L’école est presque somptueuse, 3 élèves…

Ici le vent souffle tous les après-midi, toute l’année, il se calme dans la nuit. Il y a un maire élu tous les deux ans, mais c’est toujours le même…

Le refuge CONAF est fermé, en revanche amis cyclos il y a de l’eau accessible au refuge.

L’église resplendit de blancheur, éblouissante de simplicité…

Aujourd’hui j’ai rencontré, vous savez qui ? Deux japonais, oui deux japonais qui font le tour du monde, trois ans déjà qu’ils sont partis… Eux vont plus vite que moi, ils vont dormir aux termes qui ne seront pas très chaudes et planter leur tente entre deux maisons à cause du vent. Comme moi ils se protègent du soleil et de tout, jambes et bras couverts, mais ils ont des vélos tip top…

Je dois absolument me trouver un bâton pour tenir mon vélo, là la route a des rebords mais je suis très handicapée par mon absence de béquille. Finalement je vais trouver un morceau de bambou, je pense ancienne navette pour le tissage que l’on va me vendre… Ce que je veux, mais vendu quand même… Ici les prises sont à trois trous alignés, certaines prises françaises rentrent, d’autres pas, de toute façon  il n’y a de l’électricité que deux heures la nuit… Je vais essayer, en vain de recharger une batterie d’appareil photo…

Le sable et la poussière s’infiltrent partout. La femme qui m’a reçue tousse, je diagnostique une bronchite chronique… Que faire ? Moi j’ai toutes les voies aériennes prises, cela m’avait fait la même chose au Pérou quand j’étais dans le sable et la poussière, je comprends les jeunes qui fuient… Quand aux cheveux, je n’en parle même pas, des piquets dressés sur la tête, mais comme j’ai toujours ou bonnet ou casquette sur la tête, ce n’est pas grave… La casquette c’est le matin, le bonnet l’après-midi… Voire l’après-midi bandeau polaire et bonnet, à cause de quoi ? Le vent, faut suivre un peu…

Enzo j’ai pris en photo l’embranchement où il ne faut pas se tromper, surtout que la piste de droite a l’air tellement plus sympatique que celle de gauche où il faut aller, en plus il n’y a aucune indication, sauf le numéro de la route que l’on est censé devoir suivre…

Voilà, c’est là :

Enzo tu vas refaire ton topo, après tu le donnes aux cyclos, la récompense c’est un aller-retour dans le Sud Lipez avec un vélo chargé….

Bisous tout le monde, je viens de faire un décompte kilométrique, 14500 km, alors mon webmaster tu revois ton truc ou tu le vires, moi je ne te vires pas, jamais…

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J292 : le plus beau jeu de pistes du monde, J18 : je ne rencontre plus personne…

Mercredi 9 novembre 2011

Bivouac sous le col à 4700 mètres – Bivouac au dessous de Villacouba
Kilométrage : 24, 83 km
Heures sur le (ou à coté du) vélo : 4h18’43 »
Vmoyen : 5,5 km/h Vmax : 20km/h
Températures : min : 62°F, max : 93°F
Dénivelée positif : 110 mètres
Dénivelée négatif : 503 mètres

La nuit fut un peu penchée, si j’avais été 100 mètres plus loin c’eût été plus plat…

La piste est sableuse…

Juste au col je rencontre une camionette de touristes français, ce sera ma première et ma dernière rencontre… Ils vont me donner du pain et 2 litres d’eau…

Je descends bien, prudemment mais bien. Puis sur le plat je fatigue… Tôle ondulée et sable alternent, ce n’est pas mon truc… Le seul kilomètre vraiment roulable je suce ma sucette et donc pousse… Je traverse deux déserts qui me semblent être d’anciens lacs.

C’est un peu long, il n’y a rien ni personne…

Quelques arbres quand même…

Un peu de descente…

Le beau montre le bout de son nez…

Là les cyclos, je ne sais plus si il faut prendre à gauche ou à droite, juste je sais que j’ai fait le bon choix puisque je suis là…

Question : pourquoi y-a-t-il tant de chaussures perdues dans le désert, la première bonne réponse a droit a un séjour de huit jours à l’hôpital de Taltal…

Vous n’êtes pas sans savoir que les salars sont des mers préhistoriques, mais pourquoi tant dans cette région et pas ailleurs ? Alors là il ne faut pas rêver non plus, les gagnants n’auront pas droit à un séjour de 8 jours à l’hôtel Mi Tampi à Taltal…

Pour ne pas changer, ça remonte, le Enzo, là tu vas avoir des gages, style la traversée du Sud lipez à vélo…

Le désert des fois c’est un peu monotone…

Les cairns m’indiquent le chemin…

Les glaces réapparaissent, hélas, toujours à la pistache, là Enzo tu assures pas… Ca va être le Sud Lipez aller-retour…

Les rochers me calment…

Les rios me fascinent, encore et toujours, même les empoisonnés…

Et je vais rencontrer des villages ai-je demandé aux carabineri, oui, oui, et je vais trouver à boire et à manger, réponse évasive, en fait ils n’en savent rien, en fait ne reste du village que l’écriteau…

La présence humaine a entièrement disparue…

Je réalise que je suis une femme de 40kg qui charrie un vélo de 80kg, qui plus elle va lentement, plus doit se charger en eau et plus elle va lentement, c’est ce qu’on appelle un cercle vicieux… Mon corps là il dit stop, ma tête elle dit ok, on va se reposer à Colchane, mais ni ma tête ni mon corps ne savent que Colchane n’est pas un endroit où on a envie de se reposer…

Encore une chaussure, le deuxième prix pour le jeu de la chaussure c’est un village abandonné, a charge pour lui pour en faire un havre de paix pour touristes argentés, de préférence en excellente santé (l’altitude, le vent, l’air sec, le sable, les températures extrèmes, la faim, la soif, non car quand même il faudra leur donner à manger et à boire aux touristes…)

Dans ce village un habitant…

Mon bivouac derrière le buisson ce n’est pas pour me cacher, c’est contre le vent, piètre abri…

Bisous tout le monde

Le temps est superbe, l’après-midi le vent moitié face, moitié coté va se faire extrèmement violent… Je ne sais pas que je vais connaître bien pire…

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J291 : le jeu de pistes le plus beau du monde 1ère partie : J17: allez, un petit col à 4700 mètres…

Mardi 8 novembre 2011

Thermes de Polloque-Bivouac sous le col à 4700 mètres
Kilométrage : 24,10km
Heures sur le (ou à coté du) vélo : 4h43’10 »
Vmoyen : 5,1 km/h Vmax : 19,1
Températures : min : 57°F, max : 87°F
Dénivelée positif : 155 mètres, impossible
Dénivelée négatifs : 52 mètres

Le réveil est fumeux et givré…

Un petit coup de vigogne pourla route…

Un petit coup d’oeil à la bataille de blancs…

Et c’est reparti pour la piste…

Les 8 premiers kilomètres c’est génial, ça roule, puis d’un coup d’un seul je me sens épuisée…

Je me force à aller jusqu’à la bifurcation…

Je mange, je repars, c’est dur, c’est beau…

Puis la forme revient, je passe bien une montée raide

Puis il y a un très long faux plat montant, puis à nouveau une montée très raide…

J’ai du mal à tenir mon objectif de 25km, je dois le tenir pour des questions de réserve d’eau (en fait j’en aurais toujours trop, mais ça me sécurise).

Je suis bien les indications et ne vais pas me perdre je ne sais où…

Ce qu’il a oublié de dire le Enzo c’est que c’est presque plus beau sur la montagne qui domine le salar que le salar lui-même…

Il a aussi oublié de dire que c’était bourré de glaces à la pistache (je préfère la glace au chocolat, ou citron cassis, ou à San Pedro de Atacama je me suis payée une énorme glace poire-fruits des bois, c’était trop bon…)

Dans la journée je vais rencontrer deux autrichiens, ils vont me donner deux litres d’eau, je vais rencontrer des italiens, nous allons parler Venise, la Toscane, Rome, leur guide chilien très chaleureux va m’embrasser… Une des italiennes veut me donner des vitamines ( je dois vraiment avoir l’air nase…), pour ce faire elle pose son sac à dos sur mon vélo, s’appuie dessus, moi je suis dans une montée, retiens le tout… Elle ne retrouvera pas ses vitamines, mais c’est l’intention qui compte…

Seul endroit où tu devras monter a dit Enzo (il a oublié de préciser à 4700, parce qu’ailleurs ça va aussi monter…

Plus personne ne vit ici…

Un dernier adieu au Salar de Surire…

Bonjour un mini salar…

Enzo, je t’ai dit, pas la pistache…

Et en plus tu n’étais pas obligé de tenter d’effacer les repères pour me perdre…

Ni de se faire succéder les montées raides et les faux-plats…

Dans ces contrées perdues, inhabitées et inhabitables, tout peut rapidement devenir une catastrophe : la ration de fruit journalière qui tombe dans le sable…

Je vais rencontrer une camionnette jaune qui me demandera si tout va bien et qui me prévient, plus loin c’est très sableux…

Attention, attention, nous allons virer au très beau…

De loin comme de près…

Mais il faut monter, monter, toujours monter…

Je suis vraiment très fatiguée mais si émerveillée, je poserai ma tente dans un écrin…

Mon orteil a doublé de volume et vire au bleu…

Le vélo le plus photographié du monde…

Une douce (enfin douce, disons glaciale) et belle nuit s’annonce…

Bisous tout le monde

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J290 : le jeu de pistes le plus beau du monde, 1ère partie, J16 : les thermes de Polloque

Lundi 7 novembre 2011

Je me réveille tôt comme d’habitude, je vois au virage suivant la fumée de ce que je pense être les thermes, je prends ma serviette et j’y cours.

Et ça fume beaucoup…

Voilà, elles sont là les thermes de Polloque :

Surprise deux personnes ont dormi là dans leur voiture, surprise encore ce sont des français, ce sont eux qui ont trouvé porte close au refuge, surprise encore nous sommes presque voisins, ils sont cévennols, surprise encore André et moi sommes collègues, quant à Valérie elle est artiste peintre, nous allons sympatiser, André va me changer mon cable de changement de plateau, mais il va rater un trou le vilain, il faut dire que le soleil nous tapait sur la tête et l’altitude n’arrangeait ni nos neurones ni notre respiration.

André procède aux essais…

Quant à Valérie elle va me gâter : du pain des tomates, un avocat une pomme, et ils vont compléter ma ration d’eau. L’eau et la nourriture commence à devenir mon obsession, je comprends que je suis dans une zone inhabitée, je ne sais pas encore que je ne fais que commencer à « baliser » pour l’eau et la nourriture… Ils préparent mieux leur périple que moi, André passe une partie de l’hiver à naviguer sur Google et repère les pistes, moi j’improvise pas de jour en jour mais de parties en parties et ça me va pas mal, mais des fois j’ai des frayeurs…

Je m’installe…

Ma journée se passera en rangement, lavage (pas top dans l’eau concentrée en sels minéraux, mais au moins l’eau est chaude), je vais recoudre pour la nième fois mon drap, me faire quelques soins, me laver dans de la boue mouvante, noire, j’ai l’impression que la terre va m’avaler et il y a tout : l’arsenic, le souffre, le sel et sûrement du cyanure, l’eau est très chaude, là encore je me dis que si je fais un malaise, personne ne va passer avant demain, alors je ne m’éternise pas.

Le jour avance, le vent souffle de plus en plus fort, je cherche des pierres pour retenir ma tente, je suis en sandales, une pierre scellée dans le sol échappe à ma vigilance, je m’explose un orteil.

Voilà, encore une journée bien remplie, calfeutrage, dodo, bisous tout le monde…

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