Le vélo c’est fini…

Oui, un an et un mois que ça dure, plus de 400 jours, oui, moi je vous dis le vélo c’est fini…

Pédaler, toujours pédaler, et puis pousser, retenir, faire du poussage-torture, avoir mal aux cuisses, aux mollets, aux genoux, aux bras, avoir le dos en bouillie à force de porter des pierres pour retenir la tente, le vélo c’est fini…

Les salars qui te brulent les yeux, la pluie qui te mouille, le soleil qui te chauffe, le vent qui te jette par terre, le vélo c’est fini…

Les larmes versées quand tu quittes le Vénézuela, que tu passes la latitude 0°0’0 », quand on sacralise pour toi le volcan, quand tu passes ton premier col à 4000 et puis 5000, le vélo c’est fini…

Et les blessures, les orteils qui se fracturent en chaine, le bras, le doigt, les morsures de chien, la malaria que tu as du attraper, la rage que peut-etre tu as, la dengue que sur tu vas avoir, les fièvres qui te font bivouaquer n’importe où, le vélo c’est fini…

Les oiseaux qui lancent des éclairs avec leurs yeux, le sourire de Catarina, les nébuleuses de Magellan, les pluies d’étoiles filantes, le vélo c’est fini…

Les cris, larmes et couinements du vélo que quoique tu fasses il est jamais content, le vélo c’est fini…

Les nuits passées à attendre que le vent tombe pour avancer de 20km ou seules dans une ile peuplée de cactus, ou quand tu te retiens de dormir pour admirer un coucher de soleil, le vélo c’est fini…

Et le blanc, le blanc de la Cordillère, celui du salar derrière lequel trone L’ARBRE, celui de l’écume des rouleaux, celui laissé par les lunettes qui font que tu ressembles à une chouette, le vélo c’est fini…

Les éboulements, les avalanches, les tremblements de terre, l’éruption du Tungurhua que jamais tu n’oubliereras, le tsunami qui sur va venir, les fleuves qui débordent, le vélo c’est fini…

Et le vert ? Le vert fluo de la Colombie larmoyante, celui de L’ARBRE bien sur, les cactus, la petite maison sur la colline, ton duvet, ton porte-monaie qui maintenant est cassé, le vélo c’est fini…

Le jaune c’est mieux ? Le sable, encore, toujours et partout, le jaune qui se fait ocre avant de virer au rouge, le vélo c’est fini…

La valse des pasos qui te font un trou dans ton passeport, voyageur de nulle part, le vélo c’est fini…

Et les vols ? Ca te fait raler mais tu comprends… La carte bancaire t’as pas trop apprécié, alors un jour tu la mets dans ton sac-à-dos, lequel est ficelé sur le porte-bagage, le soleil tape et la carte bancaire chauffe pour de bon, maintent elle gondole, le vélo c’est fini…

Les petits chemins perdus, un salar pour toi toute seule, L’ARBRE pour toi toute seule, le vélo c’est fini…

Et tous ces gens qui te kidnappent, qui là t’offrent un fruit, là de l’eau, là du pain, un lit, le vélo c’est fini…

Et Ushuaïa qu’est jamais là et que te voilà puma, le vélo c’est fini…

Parce qu’il n’y a pas que le vélo dans la vie…

Bisous tout le monde

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J402 : souffle, souffle le vent…

Dimanche 26 février 2012

Licanten-Constitution
Kilométrage : 71,04 km
Heures sur le vélo : 7h21’29 »
Vmoy : 8,6km/h Vmax : 34,2
Dénivelée positif : 164m Dénivelée négatif : 244m
Températures : de 14° à 37° grand beau temps, vent fort de frais à glacial
Départ 9h30, arrivée 19 heures, à ce rythme-là je ne tiendrai pas longtemps…

Prête à 8h30 je ne pars qu’à 9h30 car ? Tout le monde dort dans la pension… Tout est bouclé, snif, snif, mon petit dej ? Et ma boite pour mes pates ? Je transporte mes
affaires au plus près de la porte histoire de m’avancer et de signaler mon réveil, à 9h moins 5, la vieille dame pointe son nez tout ébouriffé… A la question : les chiliens se lèvent tard ? La réponse est oui, et puis on est dimanche… La margarine est moisie,
la confiture de framboise faite la veille serait meilleure sans les grains, les pâtes sans sel et sans goût, mais les gens sympas et la pergola jolie…

La première partie de route n’est pas difficile, il y a quand même pas mal de circulation, nous sommes dimanche et les gens vont à la mer.

Ouf, je ne suis pas la seule à travailler

En cette période de l’année les fleurs sont partout

Un petit repère pour me situer sur la carte…

La traversée d’un grand rio va m’amener sur la route qui descend vers le sud, là la circulation est rare.

Oh la la, je vais emprunter un chemin expérimental, avec les chiliens je me méfie…

Mais non, je ne remarque rien de particulier

Je rentre dans un paysage de dunes

Après 3 heures de pédalage je m’installe dans un abri bus pour faire chauffer mes pâtes à l’abri du vent.

La nature ici est puissante et sauvage, des dunes, des marais et le vent, le vent qui va s’intensifier, être contre bien sûr et… m’épuiser…

Un pin fait le cactus

Les chiliens tentent en vain de massacrer cette nature à grands coups de motocross, en fait c’est le grand prix des dunes de Putu

Et moi je pédale, je pédale comme une forcenée. Je rencontre un cyclotouriste chilien en vacances, il va tout m’expliquer pour aller à Ushuaia, je vais tout oublier, il va me dire que je suis la plus grande championne de France, je n’ai pas oublié…

Les dunes sont superbes… Moi je lutte contre le vent…

Les marais aussi sont superbes, les oiseaux chantent, et moi je lutte contre le vent…

Ce danger-là, je ne sais ce que c’est, il se renouvelle à intervalles réguliers, je me garde bien d’y toucher…

Quittant le littoral je m’enfonce à nouveau dans les terres, le vent me laissera tranquille cinq minutes, pas plus…

En plus du vent ça va monter, les vingt derniers kilomètres sont éprouvants, les cinq derniers une torture…

La vierge ne fera rien pour moi…

Les chevaux très dignes ne semblent pas mesurer la grandeur de mes efforts…

Je vais vous faire profiter d’une autre de mes passions : le linge… Souvent, comme les pierres,  le linge parle… Ici comme en France on lave du linge propre…

Une dernière montée

Et je franchis un immense viaduc qui enjambe le rio Maule

Qui m’emmène à Constitution, ville bizarre, hachurée par des collines, ville dont l’âme reste cachée, ville à l’allure de bidon-ville, à moins que ce ne soit le dernier tremblement de terre qui ai laissé des traces…

Et en cas de tsunami on a intérêt à courir vite…

Ville avec ou sans ame, les chiliens sont les plus forts en tout, ils sont aussi les spécialistes de la mal-bouffe… En ce dimanche soir je ne trouverai qu’un mauvais fast-food pour me restaurer… L’hôtel lui, dans un préfabriqué qui tangue est
correct…

En résumé, grand beau temps, belle route, journée éprouvante par sa longueur et la lutte contre le vent, ah oui, j’oubliais les vitesse à l’arrière c’est l’horreur,
ça saute, ça fait du bruit, ça se coince… Le pneu arrière lui, me fait tanguer…

Bisous tout le monde

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J401 : piste puis poussage-torture sur route

Samedi 25 février 2012

Bivouac sur une piste censée m’amener à Vichuquen – Licanten
Kilométrage : 45,1 km dont 30 sur piste
Heures sur le vélo ou à coté : 6h05’26 »
Vmoy : 7,1km/h Vmax : interférences électromagnétiques
Dénivelée positif : 687m Dénivelée négatif : 1088m
Températures : de 59°F à 102°F couvert au départ puis beau temps chaud se rafraichissant en soirée (oui je roule aussi en soirée maintenant…)

Il a plu une grande partie de la nuit, une douce pluie qui m’a bercée, les parties réparées et celles non réparées de la tente n’ont pas laissé passer la pluie. Mon bivouac cette fois-ci était sous les pins.

La brume du matin a laissé place l’après-midi à un grand soleil.

Le matin j’ai souffert des
chauds-froids, l’après-midi j’ai été heureuse de mettre mes
petites gambette à l’air…

Nous allons profiter de la pluie de la nuit pour étudier la faune de cette région magnifique, examinons donc les traces

Que voit-on ? Deux traces différentes parallèles, l’une appartient à une espèce peu fréquente en cette région, l’oreille de la cyclo n’en a entendue aucune cette nuit.
L’autre serait-elle celle d’un puma ?

Examinons d’autres traces

Là il s’agit d’une espèce rare (cyclo fêlé) qui semble avoir une prédilection pour les chemins perdus et ensablés…

Examinons maintenant ensemble le plan de la région

Quel chemin la cyclo a-t-elle emprunté ? Elle ne sait pas, juste elle sait qu’elle était dans la forêt, que parfois le chemin était très ensablé… Elle sait aussi qu’elle a essayé de démontrer à la population autochtone qu’il y avait une piste (si ellle avait regardé avec sa loupe elle aurait vu que la piste s’interrompait au milieu), donc une piste qui passait entre deux lacs, dont forcemment la piste devait etre plate (sauf que les deux lacs ne sont pas à la meme hauteur, et maintenant elle sait que les bords d’un lac montent et descendent…)

Et que dans une montée ensablée elle a bien cru qu’elle allait devoir faire du portage…

Souvent elle s’est demandé où aller, l’écriteau dit qu’il est interdit de prendre plus de 5m3 de sable… Ils peuvent plus, ils peuvent prendre plus, moi ça ne me gene pas…

Et tout d’un coup elle s’est retrouvé devant un pont infranchissable…

Pont qui lui aurait permis de franchir un rio dont bien sûr elle attend que Monica fasse son boulot à sa place et donc lui dise le nom…Le rio Matacuto, merci Monica, pour le transport par charette, on pourrait organiser cela, ce ne serait pas moi qui tirerait la charette, j’en suis bien incapable, mais d’autres cyclos ? Si on lançait cette idée dans Evasion Handicap ? Vraiment, vraiment, idée à creuser…

Dans sa tête la cyclo s’était préparée à faire 20 km de piste (elle en fera 30), et à 6km500, du goudron, du goudron…

A 6km 700, fin du goudron…

Trois fois ils lui referont le coup, trois fois…

Quant aux chiliens ils profitent des joies de ce superbe lac dont la cyclo fera le tour… Tour montant et descendant…

Ouf, le paysage est super, lac, forêt de pins et d’eucalyptus, montagnes enchevêtrées où rouge sanguin, orange abricot et jaune serein se mêlent avec ardeur, quelques
résidences secondaires poussent ça et là, certaines simples, d’autres luxueuses

Au bout de 30km apparaît, et pour de bon cette fois le goudron, la cyclo se croit sortie d’affaire, et bien non, les séances de poussage-torture vont reprendre, avec des grands huits

Ou des toboggans

Et la vierge là-bas au loin

Inutile de la zoomer car il faut monter à son pied…

Le Enzo il va encore dire que la cyclo elle fait du sur place, mais c’est que même pour faire du sur-place c’est difficile, la tendance naturelle étant de reculer… Et la cyclo elle peut même pas haïr Enzo vu que c’est pas lui qui l’a envoyée là, elle s’y est fourvoyée toute seule…

En chemin la cyclo a rencontré un autre cyclo,(sur la route, pas dans les chemins forestiers…) français immigré au Chili parce qu’astronome, enfin elle sait que ce qu’elle a vu dans le ciel, comme deux nuages blancs, et bien elle n’a pas rêvé, ce sont les nébuleuses de Magellan.

Malgré ses efforts surhumains la cyclo zieute tout, elle a remarqué des constructions très bizarres

Serait-ce des pièges à pumas ?

En arrivant à Licanten, tel un cavalier harassé qui a arpenté les chemins 10 heures durant (oui de 9 à 19 heures)

La cyclo elle s’est dit, ce n’est pas possible, j’arrête les séances de poussage-torture, je retourne sur l’autoroute, en plus il y a une ville, le vélo fait encore des siennes, les vitesses arrière ce n’est pas ça, le pneu neuf à l’arrière c’est une horreur, il tangue et le pneu avant il ne va pas tarder à se déchirer et puis après une bonne douche dans la pension du village elle s’est dit, je continue…

Courageusement la cyclo a essayé vainement de chercher une connexion internet pour vous rassurer.

Bisous tout le monde

 

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Arret sur image : lundi 27 février 2012

Problèmes graves de vélo : nécessité de changer de cassette, l’axe arrière aussi a du jeu, commande de pièces à Santiago, donc je reste ici une journée, ouf l’hotel a une fenetre, des draps doux et de l’eau chaude et la wifi…

La touche ^^ de l’ordinateur a des problèmes, qui peut me dépanner ?

Finalement la plus costaud c’est encore la cyclo…

Parce que le reste, entre les trous, les choses tordues ou qui ne marchent plus, c’est terrible, la dernière de mes fermetures éclair (celle du porte-monaie) vient de l^^acher…

Bisous tout le monde

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J400 : poussage-torture sur piste…

Vendredi 24 février 2012

Paredones-Bivouac sur une piste censée m’amener à Vichuquen
Kilométrage : 30,18 km
Heures sur le vélo ou à coté : 4h55’19 »
Vmoy : 6,1km/h Vmax : 23km/h
Dénivelée positif : 446m Dénivelée négatif : 555m
Températures : de 59°F à 87°F couvert, remarquez qu’insensiblement les températures baissent…

Lever avec le jour, départ 9 heures.La dame de la pension qui fait aussi restaurant m’a préparé sur ma demande des pâtes avec de morceaux de viande, il y a double portion.

Je pratique un nouveau délestage : je lui donne les morceaux du guide Lonely Planet ( qui d’ailleurs sur le Chili n’est pas terrible, moi je ne regarde jamais où dormir et manger, ce sont les renseignements touristiques qui m’intéressent) et la carte qui m’a fait me tromper. Et que croyez-vous qu’il arriva ? Une chose terrible, non je n’ai pas glissé ma carte bancaire au milieu des feuilles, ni ne me suis trompée de carte, bien plus pire…

J’étais en train de manger tranquillement les pâtes, au milieu d’une côte, ce que je ne fais
jamais mais vu qu’il n’y avait que ça… A un endroit où un barbelé avait été coupé, quand ? Une voiture s’arrête, une charmante personne en tenue un peu dénudée en sort, elle porte à la main une grande chemise. Je me lève pour l’accueillir, pensant que peut-être elle fait une enquête… Non, c’est la fille de la dame de la pension, elle a à la main mon guide, mon ancienne carte, croyant que je les avais oubliés, affreux je vous dis, affreux….Revenons à notre première piste, au début tout se passe bien, la piste est roulable, je pédale même dans les cotes, certaines sont plus raides et je pousse, mais ça va.
Je vais rencontrer deux camions de bois, l’un va s’arrêter et me dire que ça monte dur, inutile, inutile de me faire peur d’avance…
L’autre passera rapidement et m’enduira de poussière.. L’ai est vif, du coup j’ai des chauds et froids.

Parfois les grands pins laissent entrevoir des centaines de montagnes enchevêtrées…

Arrive une bifurcation, alors là je ne sais vraiment où aller, je pencherai pour la droite (bin oui, à droite ça descend), j’abandonne mon vélo et je vais voir à pied, j’entends une voiture, je me dis que je suis en train de rater la seule voiture qui va passer ici de la journée ( en fait il y en aura d’autres), non elle prend le chemin que j’explore, m’attend et me renseigne, c’est la voie de droite. Mieux le conducteur m’encourage, là je suis dans la partie la plus difficile, après ça ira mieux.


J’entame une descente très difficile, la pente est raide et la piste très sableuse, je suis très prudente, dans un virage je mets même pied à terre.

Il y aura d’autres bifurcations sans aucune indication, je m’en sors.

J’arrive dans une zone de culture et habitée, une bifurcation me laisse encore songeuse. Je hèle une famille par-dessus leur grande clôture en bois. Ils viendront quelques dizaines de mètres plus loin me rejoindre, prise de photos, ils me donnent des poires cueillies le matin mais pas encore mûres

Le jeune va m’aider et m’indiquer le chemin, car après c’est difficile, il y a des marais salants, et je risque de m’y noyer…

Les voilà les marais salants, je suis à Lo Valdilvia.

Sur le bord de la route plusieurs personnes vendent sel, quinoa et autres produits locaux

Je suis rassurée sur la suite de mon parcours, la piste n’est pas mortelle, oué, n’était pas…

Voici des fleurs dont j’ignore le nom, elles poussent toutes seules, n’ont pas de feuilles…

Je vais même avoir deux kilomètres de goudron. On m’a dit de traverser le pont, d’aller à droite et puis à gauche, à gauche un mur, pire que celui du Sud Liepez, sans les
pierres quand même, non, ce n’est pas possible, ce n’est pas possible… Je m’engage à droite et je demande, et bien si c’est le mur, à droite c’est un cul-de-sac qui va à la mer…

Une photo pas du mur, dans le mur ce n’est pas possible…

Le mur ou poussage-torture va durer deux heures, du style, tu pousses compte jusqu’à douze, re un coup, là tu peux plus, tu arrêtes et tu as tout le mal du monde à redécoller tellement c’est raide.

Ca va s’arrêter et reprendre, c’est l’horreur quoi. Quand même, quand même tu jettes un petit coup d’œil derrière toi…

Là ce sont les marais salants où j’étais

Et là ce sont les vaches qui se sont échappées par le trou que le sieur Janodou a fait dans les barbelés pour pouvoir planter sa tente…

Arrive une bifurcation, là c’est indiqué, à droite Llico, à gauche Vichuquen, ce n’est pas
possible, ce n’est pas ce petit chemin cabossé, sableux, pierreux, si c’est…

Le chemin va monter, descendre, monter, parfois je suis obligée de pousser dans la descente et je ne peux même pas haïr Enzo, ce n’est pas lui qui m’a envoyé dans ce truc
pas possible… Il va laisser entrevoir un lac, puis deux, pas à la même hauteur.

Là, je préfère ne pas compter les kilomètres en plus que j’ai fait…

Des jeunes en voiture arrivent à ma hauteur, ils sont paumés, je les aide à se retrouver. L’un va tester le poussage de mon vélo, pas longtemps…

Certaines bifurcations sont bien indiquées, d’autres pas, je m’en sors

Je décide de stopper et de planter ma tente là-bas, près de l’arbre

Je vais longtemps hésiter, là il y a la vue mais du vent et je ne verrai pas le lac vu que je lui tournerai le dos…

Là c’est pentu, là je n’aurai pas le
soleil du matin, enfin je me décide et vais manger les pâtes,
chaudes cette fois-ci et je vais manquer d’eau…

De mon bivouac j’entends les vagues se fracasser et aussi les moustiques qui vont me filer je ne sais quoi vu que ma tente ne ferme toujours pas…

Bisous tout le monde

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J399 : tranquille…

Jeudi 23 février 2012

Pichelemu-Paredones

Kilométrage : 51,98 km
Heures sur le vélo : 5h19’23 »
Vmoy : 9,2km/h Vmax : interférences électromagnétiques
Dénivelée positif : 546m Dénivelée négatif : 645m ( bord de mer à bord de mer à assez au-dessus de la mer…)
Températures : de 60°F à 89°F couvert

Je quitte Pichilemu un peu tard car je voulais vous faire une surprise mais les choses ne se font pas toujours comme vous le souhaitez…

La veille j’ai enfin trouvé la carte du Chili et le guide touristique à la Station COPEC, amis
cyclotouristes, essayez de vous les procurer, ce sont les meilleurs.
Je vais faire une erreur, je me fie à la carte que j’ai, retardant l’étude de la nouvelle à plus tard.

Première difficulté : enjambement de surfs

A propos de surfs, j’ai discuté avec les surfeurs, ce ne sont pas des voleurs, donc je réfléchis au chemin que ma serviette a pu suivre. J’en viens à la conclusion qu’elle a du être ramassée avec les draps et serviettes de l’hôtel.
Plusieurs fois je reviens à la charge, ils ne la trouvent pas, ils me proposent une autre serviette bleue qui évidemment pèse trois tonnes, ça ne me va pas. Alors je prends les choses en main, où sont rangés les draps de l’hôtel ? Je vais chercher moi-même.
Horreur, c’est dans la chambre d’un membre du personnel, il y a des étagères qui occupent tout un mur et draps et serviettes sont entassés en boule… Les draps de ce jour ? On ne sait… Bon je m’attaque à la tache méthodiquement, au passage je plie leur
linge… Et ? Je retrouve ma serviette. Le chiffon jaune, j’abandonne et je le remplace par un autre… Dure la vie de cyclo…

Comme d’habitude je demande mon chemin, la route est magnifique et quasi déserte, malgré le ciel couvert et les températures qui ont chuté ça me va.

De temps en temps on aperçoit le Pacifique.

Les quelques maisons rencontrées sont sympas…

Bref c’est cool

Quand même, quand même, il ne faut pas rêver, ça monte…

Grandes forêts de pin et d’eucalyptus alternent avec des zones de culture, ici encore des vignes

Qui a volé tous les trucs réfléchissants, qui ? Il faut absolument que je le remercie car
toujours ils m’ennuient quand la brema qui ici ne s’appelle pas brema est étroite…

Et je vais faire une grosse erreur stratégique. Les jours suivants m’inquiètent un peu car c’est de la piste, je ne sais pas exactement où il y a des points d’eau et de ravitaillement, ce que je sais c’est que piste+ montée je n’avance pas vite et d’un coup (comme la nuit qui vient de tomber au moment où j’écris), je suis prise d’une immense fatigue et il faut que je m’arrête. Il y a plusieurs pistes qui toutes me laissent dubitative…Je me dis qu’il vaut mieux passer par Paredones que Bucalemu pour me ravitailler, très très grosse erreur, je vais me rajouter 30 à 40 km de piste, et quelle piste…

En attendant à Paredones ils n’ont jamais vu de touristes et encore moins de cycotouristes…  On m’indique la pension, pas chère où je serai très bien. Je choisis
le restaurant qui peut faire des pâtes, j’aurai même droit à pâtes et frites, le rêve, du coup je m’accorde un verre de vin chilien et après je n’écris pas mon article, je dors… Auparavant chacun y va de son petit couplet pour me dire où il faut passer… Évidemment
ils veulent me rabattre sur l’autoroute… Ou faire demi-tour et aller à Bucalemu, non…

Après coup, je pense qu’ils n’avaient pas vraiment tort les habitants de Paredones dont l’église a cent cinquante ou deux cents ans…

 Dont les maisons sont souvent de bois

Bois omniprésent…

  Bisous tout le monde

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J398 : Pichilemu

en attente

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Nouvelles breves : dimanche 26 fevrier 2012

Bonjour à tous

Je suis à Constitution, tout va bien, le vélo fait encore des siennes, je suis très fatiguée mais tout va bien

Bisous à tous

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Lettre ouverte à l’entité hybride PoletVerocyclette

Oh entité hybride, oui, je ne sais qui me parle ni à qui j’écris…

Je suppose que vous avez quatre jambes, quatre bras, deux têtes, mais peut-être pratiquez-vous la pensée unique…

Vos prêchi-prêchas ont d’abord commencé à me lasser, puis à m’exaspérer, surtout quand vous répondez aux commentateurs, sachant bien sûr tout sur tout, mieux que personne… Enfin ceci n’était pas bien grave…

Vos petites phrases perfides du style « le volcan est en éruption, la zone est fermée, le paso est très sableux, la route est coupée, il y a des avalanches, des chutes de neige, la météo est exécrable, la descente est très difficile, une invasion de pumas se profile à l’horizon, la carretera australe , alors là j’ai rien compris de ce que vous racontez, juste qu’il y a encore une catastrophe qui m’attend, il faut payer 500 dollars pour aller à l’Aconcagua (moi à la place des argentins je ferai payer 1000 dollars), faut ramener son caca (alors là c’est vraiment une chouette idée, je vais la suggérer à d’autres), le cimetière est plein d’alpinistes, ça m’étonnerait qu’ils aillent se faire enterrer là-bas, préférant l’émotion et la pudeur de celui de Saint Christophe en Oisans, vous avez oublié le dernier couplet de la litanie « tout ça pour monter sur un tas de cailloux »… Vos petites phrases perfides ce ne sont pas des bombes à électrons, c’est carrément une bombe à neutrons dont l’objectif caché est peut-être de me neutraliser… Vous m’avez fait du mal, quand vous êtes passé aux pumas, preuves bloggueuses à l’appui, là j’ai commencé à rire…

Passons donc sur vos prêchi-prêchas et sur vos petites phrases perfides qui probablement ne suffisaient pas à exalter votre ego, oh entité hybride, voilà que vous vous êtes mis à me comparer à ce que je ne suis, « tous ces alpinistes venus sur le tard au vélo », vous en savez quoi ?
Et puis voilà que vous pensez pour moi « si 300km de steppe te rebutent », mais ai-je dit une seule fois que je n’aimais pas la steppe ?

Fortement incommodée par vos commentaires je vous mets en « indésirable », oué, un
site c’est magique, le propriétaire du site et son webmaster ont droit de vie et de mort sur leurs sujets…

Qu’à cela ne tienne, vous m’inondez de mails me mettant en garde contre mille périls, je mets la partie gauche de l’entité hybride en spameuse, elle revient avec sa partie droite, je fais de même avec la partie droite, mais c’est que cette entité hybride a des ressources, du style vous lui claquez la porte au nez elle passe par la fenêtre, vous verrouillez la fenêtre elle passe par un trou de souris, alors que fait l’entité hybride ? Elle m’inonde de transmissions de sites plus catastrophiques les uns que les autres… Manque la fin du monde, vous avez oublié la fin du monde…

Pire, pire que tout, jamais vous ne voyez le beau, le magique, le qui vous fait pleurer d’émotion…

Alors, oh entité hybride, PoletVerocyclette, devant tous je vous demande solennellement  de me foutre la paix, parce qu’en clair vous me faites CHIER…

Ah bin dis-donc, ça fait du bien de vider son sac…

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J397 : changement d’univers…

Mardi 21 février 2012

Bivouac à Puente la Garzas – Pichilemu

Kilométrage : 30,38 km
Heures sur le vélo ou à coté : 3h24’54 »
Vmoy : 8,8km/h Vmax : interférences électromagnétiques
Dénivelée positif : 392m Dénivelée négatif : 683m
Températures : de 59°F à 102°F, grand beau temps

Jamais les choses ne se passent comme on l’avait prévu… Dans ce petit hameau d’une dizaine de familles, la restauratrice m’avait dit que Pichelemu n’était pas loin, 20
minutes de voiture, donc une demi-journée de vélo, ce qui va se révéler exact, enfin ça elle n’avait pas compris… L’homme assez âgé qui tenait le « mini-mercado » (une épicerie) avait trouvé ma demande assez incongrue quand j’avais demandé la
permission de poser ma tente au milieu des eucalyptus, lieu qui sert un peu de toilettes, vu que c’est un des rares endroits sans barbelés… Un chien était passé en courant devant ma porte, un homme aussi, sans regarder, les chiliens sont très discrets… La « humita » que j’avais achetée s’est révélée immangeable, amère, ce truc ne doit pas être transportable… Je m’étais couchée, espérant que le sommeil me prenne avant que le
matelas ne se dégonffle, quand j’ai entendu, non, pas un buenas noches senora, ni un hola mais un allo, je sors, une femme, elle habite une maison derrière les eucalyptus, elle me propose un peu d’eau chaude. Sa maison est entièrement en bois, le bois (des pins
magnifiques) est la ressource de la région. Je refuse le thé, sinon je ne peux dormir et le « mate de hierbas » (infusion) subit un affront dont il ne se remettra jamais, la tasse est pleine d’herbes, je n’en garde qu’une cuiller à café, en revanche j’utilise la cuiller-filtreuse-paille. La maison ne comporte que trois pièces : cuisine, salle à manger, une chambre pour tout le monde. Son doigt qui manque ? Quand elle avait cinq ans, préparant
le bois pour le feu, un coup de hache malencontreux de sa soeur. Son mari ? Il travaille loin, dans les cultures, revient une fois par semaine. Ses enfants ? Elle en a quatre, de 16 à 4 ans ? Sa vie ? Elle l’aime, quand même acheter un stylo aux enfants c’est difficile… La route après Pichulemu ? Elle ne sait pas, elle n’y a jamais été… Je lui laisserai ma carte de la route des poètes…

La nuit sera calme et évidemment la route va ? Monter…

Il va y avoir au moins 5 km sans barbelés, ce qui permettrait de bivouaquer… Des pins, des pins, à perte de vue… Que vois-je ? Les girafes échappées de la savane…

Parfois une trouée dans les pins permet la culture du blé

La circulation est assez importante, mais pas de camions. Lui a du mourir le jour de Noel…

Dans ma tête je me dis que je vais faire mes courses à Pichelemu et continuer après m’être renseignée sur la route.

Pique nique avocat galettes en forme d’allumettes (ça change…)

Il fait moins chaud, quand enfin arrive la descente, je me couvre et même mets mon coupe-vent et j’arrive à Pichilemu.

Pichilemu, capitale mondiale du surf, au moment où j’écris cet article il est 11h, les premiers rouleaux arrivent, les surfeurs vont pouvoir se réveiller après leur nuit agitée…

Monica, le nom de ce rio s’il-te-plait ?

Pour te remercier de ta collaboration, voici un tag

Et le nom de la laguna, dont tout le monde se moque, mais quand meme il faut un peu de sérieux sur ce blog…

Voici l’ancienne gare de Pichelemu, actuellement transformée en centre touristique, mais fermé…

Ici, comme à Avoriaz, des calèches transportent les touristes

La première chose que je vois à Pichelemu est un réparateur de vélo, j’y saute (presque, il y a des marches…), lui va trouver le problème (enfin j’espère) la chaine qui est usée ( ça je m’en doutais) et une des roulettes qui a du jeu, je pense que le petit jeu de la mamita maniaque n’a pas du lui faire du bien… J’essaie et reessaie le vélo, ça a l’air d’aller… Lui aussi sur ma demande va l’essayer

Il m’indique un hotel bien et pas cher, j’y saute aussi…

Et je tombe dans ce truc incroyable, mais vraiment incroyable… Une succession de patios permet d’accéder à de petites chambres transformées en dortoir avec lits à étage.


Dormir coincée avec un lit sur ma tête ne m’enchante pas, je lui demande si il n’a pas autre chose et j’aboutis dans cette chambre incroyable, deux escaliers de meuniers y mènent

En montant deux autres marches et en se mettant sur la pointe des pieds on peut voir
la mer. La chambre est toute de bois, des fenêtres partout où ce matin le soleil se cogne. Hier soir le vent s’engouffrait dans les trous et faisait trembler ce bout de phare… Dans les patios : des tentes, des surfs

Des combinaisons qui sèchent, l’eau est très froide ici…

Et sur les murs des poissons, des poissons partout…

Tu dis quoi Enzo ? C’est pas un poisson, bon c’est quelque chose qu’il y a dans la mer…

Il y a tout, un resto

Une cuisine, un bar…

Des surfeurs ébouriffés (comme moi), des surfeurs comateux avec double perfusion (une dans chaque bras)

Des vélos aussi, le réparateur de vélo organise des trecks en vélo, avec voiture suiveuse, il me dit que c’est mieux que de transporter tout mon barda… C’est sur… Le réparateur de vélo doit aussi avoir des actions dans cet hôtel.Et dans cet hotel incroyable, il y a MA chambre…

Amis cyclos, si vous passez par là, passez-y une nuit, le vent se lève, ma chambre-phare se transforme en bateau et tangue, trop génial, bientot je vais avoir le mal de mer…
Surtout demandez la chambre où a dormi la française qui traverse l’Amérique latine en vélo… Le truc qui est bien d’aller lentement c’est que vous vous faites repérer, forcement ils vont vous voir une fois, deux fois, trois fois, et ils vous adoptent…

Du coup je décide de m’accorder une journée de repos dans ce lieu enchanté, le soir j’irais sur la plage regarder l’océan qui se calme…

Les ombres du soleil couchant…

L’enfant qui se psychédélise…

Une famille heureuse…

Une enfant qui court…

Un chien joueur…

Une cyclo en vacances qui s’amuse…

Un instant, juste un instant, mais quel instant…

Le sac…

Et le ressac…

Bisous tout le monde

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