Oui, un an et un mois que ça dure, plus de 400 jours, oui, moi je vous dis le vélo c’est fini…
Pédaler, toujours pédaler, et puis pousser, retenir, faire du poussage-torture, avoir mal aux cuisses, aux mollets, aux genoux, aux bras, avoir le dos en bouillie à force de porter des pierres pour retenir la tente, le vélo c’est fini…
Les salars qui te brulent les yeux, la pluie qui te mouille, le soleil qui te chauffe, le vent qui te jette par terre, le vélo c’est fini…
Les larmes versées quand tu quittes le Vénézuela, que tu passes la latitude 0°0’0 », quand on sacralise pour toi le volcan, quand tu passes ton premier col à 4000 et puis 5000, le vélo c’est fini…
Et les blessures, les orteils qui se fracturent en chaine, le bras, le doigt, les morsures de chien, la malaria que tu as du attraper, la rage que peut-etre tu as, la dengue que sur tu vas avoir, les fièvres qui te font bivouaquer n’importe où, le vélo c’est fini…
Les oiseaux qui lancent des éclairs avec leurs yeux, le sourire de Catarina, les nébuleuses de Magellan, les pluies d’étoiles filantes, le vélo c’est fini…
Les cris, larmes et couinements du vélo que quoique tu fasses il est jamais content, le vélo c’est fini…
Les nuits passées à attendre que le vent tombe pour avancer de 20km ou seules dans une ile peuplée de cactus, ou quand tu te retiens de dormir pour admirer un coucher de soleil, le vélo c’est fini…
Et le blanc, le blanc de la Cordillère, celui du salar derrière lequel trone L’ARBRE, celui de l’écume des rouleaux, celui laissé par les lunettes qui font que tu ressembles à une chouette, le vélo c’est fini…
Les éboulements, les avalanches, les tremblements de terre, l’éruption du Tungurhua que jamais tu n’oubliereras, le tsunami qui sur va venir, les fleuves qui débordent, le vélo c’est fini…
Et le vert ? Le vert fluo de la Colombie larmoyante, celui de L’ARBRE bien sur, les cactus, la petite maison sur la colline, ton duvet, ton porte-monaie qui maintenant est cassé, le vélo c’est fini…
Le jaune c’est mieux ? Le sable, encore, toujours et partout, le jaune qui se fait ocre avant de virer au rouge, le vélo c’est fini…
La valse des pasos qui te font un trou dans ton passeport, voyageur de nulle part, le vélo c’est fini…
Et les vols ? Ca te fait raler mais tu comprends… La carte bancaire t’as pas trop apprécié, alors un jour tu la mets dans ton sac-à-dos, lequel est ficelé sur le porte-bagage, le soleil tape et la carte bancaire chauffe pour de bon, maintent elle gondole, le vélo c’est fini…
Les petits chemins perdus, un salar pour toi toute seule, L’ARBRE pour toi toute seule, le vélo c’est fini…
Et tous ces gens qui te kidnappent, qui là t’offrent un fruit, là de l’eau, là du pain, un lit, le vélo c’est fini…
Et Ushuaïa qu’est jamais là et que te voilà puma, le vélo c’est fini…
Parce qu’il n’y a pas que le vélo dans la vie…
Bisous tout le monde










































































































