Nouvelles brèves : dimanche 15 avril 2012

Bonjour à tous

Je suis à Coyhaique, je suis un peu en difficulté…

J’ai du mal à gérer mes muscles avec le froid humide et la route qui monte et descend, ouf aujourd’hui un vrai col et une vraie descente…

En plus j’ai du attraper un petit virus, énorme baisse de forme qui m’a cloué au lit l’autre matin à la casa de ciclista, mais un mal pour un bien, révision du vélo avec Jorge de la casa de ciclista, nous avons mis mes pneus argentins, je garde les pneus chiliens en secours, Jorge pense comme moi qu’il y a un problème de mauvais positionnement de la bande qui est à l’intérieur de la jante et qu’elle a pris des faux plis, il l’a retournée et pense que ça devrait aller, aujourd’hui pas de crevaison, au fait Janick je suis devenue la championne de changement de chambre à air et je sais mettre des rustines… Et… J’entends la pluie qui tombe… Jorge a aussi réparé mon frein arrière, sauf que ça ne freinait pas et j’ai réussi toute seule ce matin à tout régler… Un exploit… Le porte-bagage n’a pu être ressoudé mais lui a été mis une atelle et ça va très bien comme cela, quant à la vitesse qui saute, je m’y suis habituée, donc on la laisse comme cela…

Aujourd’hui je me sens un peu moins lasse, j’ai un peu mal à la gorge et ai un peu de rhume.

J’ai tellement besoin de chaleur que la nuit dernière j’ai dormi dans une ferme immonde, mais vraiment immonde, pire qu’en Bolivie, l’odeur de pisse partout, le vieux qui crachait, une bête qui s’est introduit dans mon duvet, (ma fille j’ai pensé à toi, moi je ne crains pas)le tout payant et des salamalecks jusqu’à ce que je paie, après je pouvais crever… Mais, mais, du feu… C’est comme cela que l’on vend son âme au diable, juste pour un peu de feu… ce dont le diable ne manque pas ( oui il en a en réserve dans l’enfer)…

Demain je parfais mon équipement, ici je devrais trouver ce qu’il me faut…

Voilà, continuez à m’encourager, cela fait du bien, bisous à tous

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Nouvelles brèves : jeudi 12 avril 2012

Bonjour à tous

Je suis à Manihuales a la casa de ciclista

Une nouvelle blessure, ouf pas grave, je suis juste défigurée, je me suis pris 2 (pas 1, 2) tendeurs en pleine figure… Allez,ce n’est pas méchant, juste c’eut pu…

J’ai eu droit à 3 jours de soleil, là il repleut, la nuit dernière j’ai été hébergée dans une cabane de chantiers.

Je croise plein de cyclos qui remontent et moi je suis la seule à descendre… Je ne sais toujours pas ce que je vais faire à Villa O’Higgins, ce qui est sûr c’est que je ne traverse pas le lac à la nage et que je  ne mets pas ma vie en danger donc je verrai… Au pire je rebrousse chemin en stop pour passer en Argentine.

Voilà ici il y a de l’ambiance deux jeunes français cool qui mettent de la musique…

Mon vélo est en attente de réparation alors moi j’attends

Peut-être vais-je trouver une tente à Coihaque et une veste goretex car là c’est duraille.

Bisous à tous

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J444 : la Patagonie en symphonie…

Dimanche 8 avril 2012

La Junta – Puerto Puyuhaupi

Kilométrage : 45,16 km sur piste
Vmoy : 8,1 km/h, Vmax : 30,4 km/h
Heures sur le vélo : 5h22’47″
Température 8° à 10°, temps couvert froid (pour moi), ni pluie, ni vent
Dénivelée positif : 470m, dénivelée négatif : 619m

Oui, aujourd’hui ce fut la symphonie en Patagonie

La piste donne le ton, dans l’ensemble elle n’est pas mauvaise, va monter un peu et descendre les 20 premiers kilomètres puis monter beaucoup et descendre les 25 kilomètres suivants…

La cyclo se laissera portée dans ce concert venu d’ailleurs où curieusement les instruments à vent seront absents…

L’eau sous toutes ses formes donne le la

Ourlant de mousse les clôtures et tamisant les sons

S’échappant en cascades crécellantes

S’étalant en flaques résonnantes

Paressant dans un rio en sempiternel refrain

Se grimant en nuages pour de concert nous ravir…

Surgissant d’on ne sait où, miroir de nos pensées…

Engendrant mille ponts…

Ou se nichant sans faste…

Parfois furieuse dans le torrent telle mille tambours à l’unisson

Espérant se cacher en timide bémol

Ou crochetant sans vergogne la montagne

L’eau parfois fatiguée se repausera en lac

Crecendo ira de sa force nourrir feuilles et fougères

Pianissimo engendrera champignons délétères

Violon sans plainte jamais elle ne disparaitra…

Les vaches dans le p

Parfois prennent la clef des champs

Les nuages encorent présents, grelots de brume débusqués

On l’espère vont faire leur petit  do do

Magie du temps qui change la pluie n’imprimera pas sa cadence et l’arbre ne connaitra pas la scie

La neige blanche impose silence

En noble chef d’orchestre, une rencontre réunira tous les instruments pour de leur yeux qui s’éteignent éclabousser de lumière l’ombre de la terre… Le soleil jaloux, sortira de sa léthargie, oh juste une seconde, espérant de musique nimber parfois le monde…

Les instruments  à vent curieusement se taisent…

Les oiseaux chanteront leur mélodie pour oublier triste banlieue…

Et si le rouge se fait présent ce n’est que pour masquer une noire

Et si la fumée accroche le ciel, ce n’est que pour chanter tous en choeur

Crescendo ira la musique, en percussions dans la nuit…

De cette symphonie nulle cacophonie, le frein arrière défaillant ne fera chuter la cyclo, les crevaisons seront absentes, le porte-bagage se tiendra coi, le vrombissement des voitures sera absent, seule petite fausse note, que bien sûr Milène entendra : le vol du casque avec retro intégré qui ne trouble la cyclo qui aujourd’hui encore planait, ennivrée de cette musique

Voila, c’était Symphonie en Patagonie, bisous à tous, estaba la Musica de la Patagonia, besos a todos

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J442, J443 : opération séchage à la Junta

Vendredi 6 et samedi 7 avril 2012

Voilà, l’intégralité de mes affaires est mouillée, quand je dis l’intégralité c’est l’intégralité…

Allez pas de dégats, tout est sec

Demain je reprends la route, je vais partir tôt (pas à la nuit quand même, le jour se lève de plus en plus tard et se couche de plus en plus tôt, bizare,bizare) pour atteindre Puyuhuapi, mais j’ai bien protégé toutes mes affaires, acheté (enfin on me l’a donné) un plastique pour doubler le tapis de sol de ma tente

Reste que mon kwé n’est plus impreméable ni mon poncho, j’espère à Coyaique trouver quelque chose…

La météo est meilleure aussi, sous le soleil La junta serait un village sympa, avec ses maisons colorées

Celles en bois..

Sa cascade

Ses dahlias

Son envers du décor…

Bisous à tous et mille excuses à tous ceux à qui je n’ai pas répondu car considérés par Gmail comme spameurs… Et il pleut…

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J441 : déluge austral…

Jeudi 5 avril 2012

Bivouac au bord de la carretera austral – La Junta

Kilométrage : 36,33 km sur piste
Vmoy : 7,7 km/h, Vmax : 23,1 km/h
Heures sur le vélo : 4h56’15 » bon j’aurai pu faire 5′ de plus pour avoir un compte rond…
Température 6° à 8°, pluie forte continue, un passage de grésil
Dénivelée positif : 373m, dénivelée négatif : 521m

Bin voilà la carretera australe sous une pluie battante en continue agrémentée d’un passage de grésil ne présente strictement aucun intérêt… Cela d’autant plus que je pars mouillée… Donc pas de photo… Et bien si, je suis du genre courageuse alors des fois j’en fais, pour vous, pour moi aussi…

Me voilà donc partie sur la carretera austral…

Qui traverse la patagonie chilienne, avec ses rios…

La région est du genre humide, il faut dire que coincée entre deux océans, on le comprend…

Parfois se produit un petit miracle , oui on voit la montagne…

La piste se comporte en piste, monte et descend

Pâturages sont légion…

Quand même j’ai de la chance, je pourrais être là-haut, ce serait pire…

Mon appareil photo prend l’eau, je ne sais pas encore que TOUT prend l’eau…

Allez on s’avale vite fait mal fait un paquet de gâteu dans un abri bus…

On n’a plus le courage de sortir de son vélo pour photographier les rios…

Les ponts ici sont de meilleure qualité qu’au Pérou

Les rios continuent de couler…

Je comprends maintenant pourquoi les feuilles sont si grandes…

Là ce n’est pas une superbe résidence secondaire, c’est une fromagerie, je passe…

Oui, je passe parce sous ce déluge : une idée fixe, avancer… Quand même un petit clin d’oeil aux fleurs, quoi vous avez vu les mêmes hier et avant-hier et le jour d’avant ? Adressez vos réclamations à celui qui a créé la Patagonie, moi je n’y suis pour rien…

Et serpente la carretera

Et grossissent les flaques

Même le parc à bestiaux est inondé, moi, je ne vous dis pas…

Le rio il n’en peut plus non plus, au passage notez qu’ils m’ont fait monté au-dessus du rio, que là-haut j’ai pris le vent et le grésil, y a pas, la Patagonie ça vous défie…

Enfin la Junta, una hosteria, la première chose que je demande est « y-a-t-il un endroit où je puisse faire sécher mes affaires ? » Tout est intégralement mouillé, moi d’abord, la tente, dans les sacoches arrière j’ai pris la précaution de les doubler de plastique, ouf ça va, sauf que l’ordi était hors plastique, je le croyais protégé par sa housse étanche mais elle-aussi a rendu l’âme… Les sacoches avant soit disant étanches n’ont pas résisté, c’est la cata, deux jours auprès du feu pour tout faire sécher…

Un vrai temps de Toussaint, quoi c’est Pâques ? De travers, je vous dis que ce monde va de travers…

Je décide de rester le lendemain, puis devant la mauvaise météo un jour de plus, ce qui me permet de vous inonder (oui, inonder) d’articles…

Bisous mouillés

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J440 : pluie d’arc-en-ciel puis pluie tout court…

Mercredi 4 avril 2012

Villa Santa Lucia – Bivouac au bord de la carretera austral

Kilométrage : 34,24 km sur piste
Vmoy : 7,4 km/h, Vmax : 25,3 km/h
Heures sur le vélo : 4h30’44″
Température 5° à 10°, pluie
Dénivelée positif : 258m, dénivelée négatif : 460m

Départ 9h30, faut dire qu’avec les miltaires  premier réveil à 7h45, deuxième à 8 heures, j’avais mis mon réveil, inutile…

J’ai l’espoir de rallier la Junta à 70 km, je rencontre dans Santa Lucia un Cyclo espagnol sans son cycle qui se présente et peut-être me guettait car il avait repéré mon vélo hier ( que j’avais lachement abandonné le temps de chercher une chambre), lui a eu plus de chance il en a trouvé une, il la réserve pour ce soir, deux cyclos français qui arrivent, il me dit que je vais aussi renconter deux cyclos en tandem. Il me dit que j’ai avoir du mal à aller en un jour à la Junta vu qu’il y a du dénivelée, un autre cyclo est parti ce matin à 8heures (il faisait encore presque nuit, lui arrivera à la Junta, pas moi……)

Bon les militaires la prochaine fois que vous recevez une cycloabuela fluo, donnez lui du bois pour qu’elle puisse faire du feu…

Il a plu presque toute la nuit et neigé bas

Bien bas

Villa Santa Lucia est un peu moins sinistre avec un rayon de soleil…

Voilà je suis sur la carretera austral et surprise, pas du tout ce que je croyais… Je croyais être sur une grande piste très fréquentée et bien non, c’est une petite piste en meilleur état que les autres, légèrement plus fréquentée (une dizaine de véhicules à moteur plus un convoi de 5 camions y nada mas…)

Une piste qui serpente et donc monte et descend entre des montagnes dont je devine la splendeur entre deux gouttes d’eau…

Et puis on est toujours en Patagonie, la Patagonie avec ses rios

Ses fermes

Et en plus de superbes arc-en-ciel…

J’avance bravement, la pluie est du genre supportable, à 22 kilomètres un restaurant, je m’y précipite non pas tant pour manger que pour récupérer de la chaleur…

Tandis que je sèche arrive des amis de Jean-Luc, oui, oui, de la Picardie : Yves et Catarina, ils me conseillent de stopper là, la météo est exécrable pour 6 jours, eux vont passer en Argentine, évidemment je ne les écoute pas et continue.

Coucou Jean-Luc, alias sieur Janodou

Quant à moi voici le programme des jours à venir

Que d’eau, que d’eau, que d’eau et ce n’est rien vu ce qui m’attend, parce qu’aujourd’hui c’était du genre supportable…

Qui a dit je ne ne suis pas du bon coté de la route ? On s’en fout il n’y a personne…

Le blocage de la carretera australe par les patagoniens qui manifestaient leur mécontentement, tout est plus cher ici, ils sont vraiment isolés et en plus l’essence est plus chère… Résultat les touristes cet été ne sont pas venus, ils sont encore plus pauvres, et maintenant il n’y a plus personne sur cette careterra austral, les voilà encore un peu plus isolés… Fiers d’être chiliens ? Fiers d’être patagoniens…

A mi-chemin de la Junta je plante ma tente, pleine d’illusions j’essaie de faire du feu avec un quart de feuille de papier journal, une mère vache et son petit vont m’embêter toute la soirée, je dois être sur leur territoire…

Je vais me réveiller dans une piscine, dehors c’est la douche, froide bien sûr

Bisous tout le monde

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J439 : j’atteins la carretera austral…

Mardi 3 avril 2012

Puerto de las Piedras- Villa Santa Lucia

Kilométrage : 23,20 km sur piste
Vmoy : 5,6 km/h, Vmax : 19,5 km/h
Heures sur le vélo : 4h07’20 »
Température 11° à 21°, temps couvert puis pluie
Dénivelée positif : 291m, dénivelée négatif : 185m

Voilà j’ai du mal comme beaucoup de fois ces jours-ci à quitter un endroit où je suis bien, des gens avec qui je me sens en harmonie… Je sens que je sacrifie tout à Ushuaïa, mais j’ai besoin d’aller à Ushuaïa pour dire « je suis là », et pour les argentins Ushuaïa n’est pas la fin du monde, c’est là que tout commence… Le symbole est encore plus fort…

Après un délicieux petit déjeuner avec de la confiture de cinhorendron (orthographe ?)qui abonde par ici, après avoir récupéré mon linge que mon hôte a eu la délicatesse de mettre à sécher au-dessus de la cuisinière pendant que l’abuelacyclofluo jouait la belle au bois dormant…

Après un ultime délestage (là c’est pour soulager le porte-bagages)

Je m’attaque au remontage de mon vélo…

Horreur les freins coincent, j’ai peur que le cassage du porte-bagages n’ait entraîné plus de dégâts que je ne le soupçonnais… Je bataille pas mal et arrive à un compromis de freinage, dernière ville Coihuaque à je ne sais combien de jours d’ici, j’espère que tous les bricolages vont tenir jusque là, sinon je verrais, je suis de plus en plus sereine… Mon
hôte m’assiste moralement mais ne m’est d’aucun secours, son truc à lui c’est la pêche à la mouche et le raft…

Et voilà encore des adieux, encore des sourires pour ne pas montrer ses larmes, retour sur la piste qui est vraiment horrible, dans mes sacoches des herbes patagoniennes pour si je me fais mal… Mais là c’est à l’âme que j’ai mal…

L’eau est omniprésente, sous toutes ses formes, toutes ses couleurs, au jour où je mets en ligne je sais d’où vient toute cette eau, quatre jours et quatre nuits qu’il pleut fort en continu, demain pareil, donc demain je reste là, amélioration dimanche, je vais faire comme cela, viser les crénaux, hier ça a été trop dur… Et si vraiment c’est trop dur je m’échappe en Argentine, parce quand  même je sais que je suis un héros, mais quand même pas maso…

Pourquoi je vais lentement ? Je respecte le code la route, moi…

Pour seuls compagnons les cochons…

Cette Patagonie chilienne est sauvage, rude, là un lac, comme en suspension…

La poussière, un des rares véhicules…

Un lac carte postale…

Un torrent…

Un pont pas méchant…

Et moi j’ai du mal, la piste est difficile, en très mauvais état, pierres, tôle ondulée, gravier
s’entremêlent, en plus il y a des montées et des descentes… Au moment où j’écris, après le déluge que je me suis pris sur la tête, là c’est le vent qui souffle, pas de souci j’ai trouvé un abri pour ce soir, où ? Vous le saurez plus tard, encore un truc incroyable…

Allez, un petit lac estampe japonaise pour se mettre du baume au cœur…

Et pourquoi les moutons ils se sauvent quand ils me voient ?

Et pourquoi l’eau ça rouille ?

Et pourquoi j’aime tant la montagne ?

Notamment quand coupée au couteau .

Quand j’ai demandé à Jorge pourquoi la Patagonie argentine était si touristique et celle chilienne si désolée, si sauvage, il m’a répondu que les moyens de communication manquaient, qu’il était difficile de venir ici, je comprends…

Cet éboulement est super impressionnant…

Je vous assure, je ne l’ai pas fait exprès, j’ai juste voulu récupérer un petit caillou pour le
peindre en vert fluo pour le sieur Janodou, et tout est parti…

Et la piste est difficile…

J’arrive à Villa Santa Lucia

Village quelque peu sinistre qui me rappelle Sajama en Bolivie… La plupart des maisons sont pauvres, certaines moins, tout est fermé, personne dehors, la pluie tombe, sinistre…

Je viens d’apprendre qu’à Villa Santa Lucia ils se sont entretués il y a quelque temps… Santa Lucia c’est là où ma piste perdue rejoint la carretera australe, je suis sur la carretera austral, et comme Jean le cyclo je dis c’est ça la carretera austral ? Une piste avec des camions où il pleut, c’est ça ? Sauf que le lendemain je me rendrai compte que ce n’est pas ça, en tous cas ce n’est plus ça… Je trouve refuge sous un abri-bus, il n’y a même pas de banc… Ce matin j’étais dans un petit coin de paradis et là je suis dans cet endroit sinistre, ce n’est pas possible, j’hésite à continuer ou chercher une chambre ici, allez, il est 17 heures, il pleut, je stoppe…Quand même j’ai droit à mon arc-en-ciel…

Je commence par faire mes courses à la première épicerie et je crois bien que je fais toutes les maisons à la recherche d’une chambre, je passe même par le centre de santé,
trois coups de fil sans résultats… Ces chiliens ils sont du genre précis, regardez les heures d’ouverture…

Il y a bien des cabanas hyper chères, je délaisse, je rencontre trois israéliens comme moi trempés et hagards qui cherchent une chambre, je leur indique les cabanas, à trois ça fait moins cher… Je me décide à planter ma tente sur le terrain de jeu, et puis j’ai une idée, je vais frapper à la porte des militaires et la porte s’ouvre… Un mobil home pour moi seule…

Son salon

Sa salle à manger

Sa cuisine

Une des trois chambres…

Manque le principal, du bois pour faire du feu, ah ces militaires, il faut tout leur apprendre… Il repleut…

Demain je vais essayer de rejoindre la Junta, 70km de piste, pour moi cela va être difficile, juste pour éviter un bivouac sous la flotte avec ma tente qui prend l’eau par
le tapis de sol…

Bisous tout le monde et n’oubliez pas,  je suis sur la carretera austral…

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J438 : la piste est méchante, je casse… Bienvenidos en Patagonia Chilena…

Lundi 2 avril 2012

Bivouac non loin du rio Futaleufu – Hosteria Fly George

Kilométrage : 9,44 km sur piste
Vmoy : 6 km/h, Vmax : 19,8 km/h
Heures sur le vélo : 1h29’43 »
Température 13° à 31°, quelques trainées nuageuses
Dénivelée : positif : 44m, négatif : 54m

La nuit fut tranquille dans ce bivouac de rêve…

Les sommets enneigés me regardent…

Le propriétaire ou gardien de ces lieux est peu surpris de ma présence mais ouf n’a pas fermé le portail…

Je retourne sur cette piste horrible, là des travaux : terre non tassée et pierres, ce n’est pas la joie…

Ici on dirait une forêt engloutie, si les spécialistes peuvent me dire de quoi il s’agit… Y aurait-il des mangroves en Patagonie ?

J’en profite pour faire une photo carte postale…

Régulièrement les cîmes enneigées me font des coucous

Et l’eau est là, toujours

Les cailloux aussi sur la piste, je les hais, je hais les pistes…

Je crois bien que les chiliens sont passionnés de vieilles locomotives…

Les maisons elles sont très patagoniennes…

Tandis que j’écris le vent s’est levé, mais là je suis à l’abri. Deux petits repères pour les
ggogleearthiens : un

Deux

Au minuscule village que je traverse je rentre dans un endroit qui je crois vend des trucs, en fait ils font restaurant, je mange riz et poulet sans grand appétit et je reprends vite la route toujours jalonnée d’eau de différentes couleurs

Quand soudain… Un horrible bruit, je stoppe net, j’inspecte tout, le porte-bagage semble tordu, je décharge, la roue arrière est bloquée et semble aussi tordue, après inspection soigneuse c’est le porte-bagage cassé à deux endroits qui bloque la roue, ouf celle-ci n’a rien. Je n’arrive pas à réparer moi-même : la vis déjà changée est cassée dedans, et de
l’autre coté un morceau aussi est cassé. Je n’ai plus qu’à attendre le passage d’une voiture (environ une toutes les heures).
Une passe, me dit qu’il va chercher quelqu’un au village voisin et qu’il me prendra dans une demi-heure et m’emmènera chez lui en vue d’un essai de réparation.

Vous voyez les Wini l’ourson pour la dernière fois, je m’en suis séparée lors du dernier délestage, m’étant aperçue que pour caser tous mes trucs dans une voiture déjà chargée il vaut mieux de petits paquets qu’un grand…

Effectivement une demi-heure plus tard l’homme repasse (entre temps pas d’autre voiture, c’est la rançon d’aller dans des endroits sauvages…) Malgré le dégrippant impossible de retirer la vis. Quelqu’un viendra ce soir à la rescousse. L’homme, il s’appelle Jorge, a à faire et me laisse sa maison qui fait aussi hosteria, je peux m’installer, prendre une douche, cuisiner… J’en profite pour nettoyer mon vélo.

Bon j’aurai pu tomber plus mal, la chambre est sympa

Oui, j’aurai pu tomber plus mal, la cuisine est sympa

Le décor, magique, comme toute cette Patagonie…

Mon sauveur potentiel est guide de pêche à la mouche, son plus proche voisin de l’autre coté du lac… Ici eau et électricité, pas en face…

Tout cela ne me fait pas avancer, mais voilà…

La réparation du vélo se fera à la nuit…

Des tas d’outils sont nécessaires…

Les voisins aident moralement (à quelque kilomètres à la ronde les voisins, nous sommes en Patagonie chilienne)…

Le voisin d’en face rejoint sa maison nous laissant seuls Jorge et moi…

Jorge est patagonien avant d’être chilien, il a choisi de vivre ici il y a 17 ans, dans cette maison seulement depuis deux ans, il n’est pas propriétaire, demain il risque d’être expulsé, il ira alors ailleurs, ailleurs en Patagonie. Avec lui je vais apprendre beaucoup et plus encore sur cette Patagonie qu’il aime tant et le lendemain lors de nos adieux il me murmurera en me piquant une mouche au rebord de ma veste « Bienvenidos en Patagonia Chilena »

Besos Patagones Chilenos

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J437 : le plus grand de tous les rios du monde…

Dimanche 1er avril 2012

Futaleufu-Bivouac au bord du rio Futaleufu

Kilométrage : 41,36 km dont 42,36 sur piste
Vmoy : 7,4 km/h, Vmax : 39,6 km/h
Heures sur le vélo : 5h32’43 »
Température 7° à 26°, beau temps froid, quelques rafales de vent glacial
Dénivelée positif : 361m, négatif : 789m

Autant la veille je planais, autant ce jour je vais souffrir… Peut-être l’absence de pates, j’ai craqué pour des frites…

L’hospedaje où j’ai dormi (ce sont des chambres chez l’habitant) était accueillante, la douche chaude, mais la chambre froide.

Moi j’aurais préféré dormir dans la maison de la grand-mère, encore une qui m’a demandé ce que je vendais, sans commentaires…

Départ à 11 heures, il fait trop froid avant, non sans avoir promis à mon nouveau fiancé de lui faire perdre son ventre en pédalant avec moi une semaine et en se nourrissant de capucines, vu que l’unique distributeur automatique du village était vide et que le prochain est à au moins dix jours de vélo…

J’enfourche mon vélo, traverse le pont, attaque la piste, elle est horrible de chez horrible,
gravillonneuse, ondulée, parsemée d’énormes nids de poule, pire, normalement je descends le rio Futaleufu et bien je vais me payer des côtes chiliennes, pas du poussage-torture mais du poussage quand même. Je n’avance pas et ça me détruit le moral, voilà je calcule que j’ai quelques 1800km de piste à faire, si je faisais 50km par jour ce serait  bien, là, là je n’avance pas… Traversées de vallées et de gorges se succèdent…

Je hais, je hais les pistes…

Oui, je les hais même si c’est le prix à payer pour avoir du beau et zéro voiture,zéro camion, zéro bus et zéro plus zéro égal ? L’infini…

Je rencontre des cavaliers qui vont à la parade, aujourd’hui c’est la fête de la fondation de Futaleufu, je ne suis pas restée, je sacrifie tout à Ushuaïa, c’est dur…

L’eau est présente partout sous des formes et des couleurs différentes

Plus j’avance et plus l’endroit devient sauvage, inquiétant même…

Chaque replat est utilisé pour l’élevage, alors le caractère serein et tranquille de la Patagonie ressort…

Et moi je prie le ciel pour que l’état de la piste s’améliore…

Oui, c’est beau, oui il y a même un lac mais dans une descente j’ai cru que je cassais tout tellement j’ai été secouée, un bruit horrible, juste une sacoche qui s’était détachée…

Et continue, continue la piste, enfin au kilomètre 21 elle va s’améliorer…

Le beau lui continue…

Si cela intéresse quelqu’un cette maison est à vendre…

Avec vue sur le lac…

Et des couleurs d’automne sympathiques

Là ce n’est qu’une grange

Un peu plus loin c’est le caractère impressionnant qui domine

Ici inutile d’emmener 20 litres d’eau…

Les réserves vont bientôt se refaire…

Et la montagne est vraiment belle

Les gorges sont froides

De temps en temps les couleurs des pasos refont surface

Dans ce continent tout est très très grand, même les clôtures…

Et tout est magique

Moi je me force à faire un minimum de 40km et les vaches paissent…

Les moutons broutent…

Moi je vise le pont…

Le rio Futaleufu qui en plus de recueillir l’eau des torrents reçoit l’eau du lac est
impressionnant, je n’ai jamais vu un tel volume d’eau, le Rhône à coté est petit…

Et admirez les couleurs…

Le vélo est petit, petit…

La piste est piste…

L’endroit fait peur…

Mais la vallée s’élargit, un portail n’est pas fermé, je vais squatter chez les moutons…

Je joue au Robin des bois

Les moustiques veulent aussi leur photo

Aujourd’hui j’ai eu une crevaison d’un autre type : ma gourde, oui la bouteille de yogourt acheté sur le marché de Trujillo au Pérou pour remplacer celle volée en Equateur, et aussi j’ai renversé mes pâtes par terre, tant pis pour les crottes de mouton j’ai ramassé et mangé…

Là où je suis règne une humidité pas possible, à moins d’un mètre du feu tout est trempé…

Bisous tout le monde

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J436 : une valse à quatre temps : encore un paso…

Samedi 31 mars 2012

Trevelin-Futaleufu
Kilométrage : 53,41 km dont 38 sur piste
Vmoy : 8 km/h, Vmax : 33,7 km/h
Heures sur le vélo : 6h40’01 »
Température 13° à 27°, beau temps froid, quelques rafales de vent glacial

Dénivelée positif : 191m, négatif : 292m, voilà que pour franchir un paso je descends, il n’y a pas, ici le monde est àl’envers…

Ce jour-là je vais planer, comme d’habitude j’essaie d’analyser ce qui me fait planer, le ciel bleu, non, pas le ciel bleu, il était couvert, les pâtes offertes par les filles que j’ai rencontrées la veille à l’auberge ou leur énergie positive, ou peut-être le fait de repasser un paso, encore une fois la frontière, je ne sais…

J’ai dormi dans une auberge incroyable avec des filles incroyables, pour aller pendre notre petit linge et rentrer dans la chambre on passait par la fenêtre, on a eu des discussions de filles, ça fait du bien, les filles me comprendront…

Une maison à l’architecture sublime

Qui laisse passer la lumière partout

Dans un parc non moins sublime…

Allez, après un nouveau passage à la patisserie, c’est reparti

L’arrivée de nuages ne ternit ni mon enthousiasme ni la beauté de ces lieux

Les charognards à ma vue s’enfuient, sans doute que je suis trop vivante…

J’avale gouluement mes premiers 5km tout de goudron vêtus et je m’attaque à la piste, je sais que j’en ai pour 38km, alors je me conditionne…

Les premiers kilomètres sont épouvantables, je souffre, je suis secouée en tous sens, le sein droit que j’ai pourtant petit et ferme tombe dans ma chaussure gauche, tandis que je suis en train de perdre le gauche un chilien s’arrête à ma hauteur  » A donde va? » (Où allez-vous ?) « Au Chili », c’est drôle comme ça on te demande où tu vas et toi tu réponds au Chili comme si tu allais chercher ton pain… Il propose de m’emmener, je réfute… Il me dit que dans 8 km c’est asphalté, le menteur… Ce ne sera goudronné qu’à la frontière… Puis la piste s’améliore

Les montagnes sous un ciel nuageux ont l’air méchant…

L’automne lui est bien là

Et l’eau toujours omniprésente

Un repetit coup d’automne

Un poste de police sans poste et sans police…

Admirez la géométrie de la nature…

Que cette Patagonie m’enchante…

Avec ses palettes de couleurs…

Et son eau…

Je continue à haïr les pistes,mais là c’est supportable…

Le corollaire de l’eau c’est le bois…

Les pâturages quand le terrain le permet…

Et les clins de bleu…

Vaillamment, vaillamment je pédale tout en admirant la montagne, tandis que je mets en ligne cet article arrive à la hosteria un de los estados unidos, au café on parle de moi « il y a la française qui traverse l’Amérique latine seule en vélo », bin voilà si même au Chili je deviens star… Revenons à notre paso que je suis en train de franchir, à ses montagnes…

A la nature qui joue à la composition parfaite…

La piste, à défaut d’être goudronnée est déserte…

Et au fond là-bas un lac ?

Non, un rio, le rio Futaleufu…

Et là, le Paso, le paso Futaleufu, 335 mètres d’altitude, mais il n’y a pas de petit paso, pour moi ils sont tous grandioses…

La frontière, pour la quatrième fois je rentre au Chili…

D’émotion mon vélo chute…

Je fais une rencontre sympa, elle rentre « à la maison », oui, elle habite l’Alaska et ne se pose donc pas le problème de la saison… J’abrège car je suis en train de me refoidir, que j’aimerai pouvoir pédaler bras nus quand les températures sont pour moi limites…

Me voici de nouveau au Chili, la route est goudronnée, je sais que ce n’est que sur 10km, je sais qu’après je suis partie pour des milliers de kilomètres de piste, alors j’en profite…

Regardez bien l’homme sur la photo à gauche, nous quittons ensemble la frontière, il court, il sera quelques secondes avant moi à Futaleufu, je le gratte dans les descentes, dans les montées (j’avais déjà oublié ce que c’était qu’une montée à la chilienne…) il me double aisemment…

J’arrive à Futaleufu, je suis en Patagonie chilienne, un autre monde  s’ouvre devant moi… Même si parfois les maisons ont quelques ressemblances…

Le contraste à Futaleufu est saisissant, ici tout est plus rude, pauvre aussi, la richesse se trouve de l’autre coté de la frontière. Rien n’est fait pour le touriste, le touriste ne vient pas jusque là… Ma quête d’un lit va être encore laborieuse, ici c’est fermé, là c’est plein, là je suis seule, alors on réserve la chambre pour deux, c’est plus rentable, ceux-là je leur balance mon « alors parce que je suis seule je dois dormir dans la rue ? » Ca en gêne quelques uns, pas tous…

Mon « bienvenidos a Patagonia Chilena » sera pour plus tard, je ne le sais pas encore…

Bisous tout le monde

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