J482 : les travailleurs de la ruta 40 deviennent mes anges gardiens…

Mercredi 16 mai 2012

Bivouac sur la ruta 40 – Bivouac sur la ruta 40

Kilométrage : 28,17 km
Vmoy : 5,7 km/h, Vmax :  21,3 km/h
Heures sur le vélo : 4h56’07 »
Température : 3 à 9°, vent furieux glacial, contre, puis de coté, puis contre
Dénivelée : positif : 1406m, négatif : 1249m, je n’ai pas fait ce dénivelé, voilà deux fois que j’observe ce phénomène, à chaque fois un vent furieux, je crois que c’est le système haute pression, dépression qui engendre ce vent, hélas ce ne sont pas les vents thermiques du désert d’Atacama qui ont un horaire, ici, aucun horaire, de l’imprévu toujours, tout change d’une minute à l’autre, je vais me prendre une averse de neige, 5 minutes plus tard grand ciel bleu…

La journée va être difficile, la piste est mauvaise, le vent est furieux, je lutte, ce n’est pas lui qui a le dernier mot…

 Tous les travailleurs de la route s’inquiètent de mon sort, lui me réapprovisionnera en eau…

 Sur 20 mètres un genre d’herbe, bizarre, bizarre…

 Et la piste continue…

 Ces quelques cailloux me serviront d’abri contre le vent pour la nuit, c’est gondolé et plein d’épines… Mais je n’en peux plus…

Bisous tout le monde

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J481 : la piste restera toujours pour moi une épreuve…

Mardi 15 mai 2012

Bivouac sur la ruta 40 à 1km du croisement avec la route qui coupe – Bivouac sur la Ruta 40

Kilométrage : 27,35 km
Vmoy :  5,6 km/h, Vmax :  15,5 km/h
Heures sur le vélo : 4h56’41 »
Température : 2à 12°, nuages, éclaircies, ça change d’une seconde à l’autre, vent, vent, vent…
Dénivelée : positif : 309m, négatif : 361m

Malgré la tempête qui a soufflé toute la nuit je n’ai pas eu froid, mon système de fermeture de porte est efficace sauf qu’il tire trop sur la tente et que j’ai tout le mal du monde à monter l’arceau qui par temps sec était déjà difficile à monter. J’ai rencontré plusieurs cyclos qui avaient le même problème, ils croyaient que c’était le froid, je crois moi que c’est le temps sec. Au prix où on paye ce matériel, franchement on pourrait attendre mieux…

Je pars, il est 11 heures, le jour maintenant se lève à 9 heures, bientôt cela va être la nuit perpétuelle…

Je croyais être la première à tenter l’hivernale d’Ushuaïa en vélo et en solo, j’ai appris à Gobernador Gregores qu’un autre cyclo était arrivé et qu’il allait aussi al Sur, je ne l’ai pas vu, je ne sais si il est devant ou derrière, peu importe, je reste la première femme à tenter cela…

La bifurcation avec la piste qui va aussi à Tres Lagos et qui évite G. Gregores n’est qu’à 1 km de là où j’ai dormi, j’espère une bonne piste et un peu de compagnie, nenni, la piste est mauvaise, roulable mais mauvaise et une voiture toutes les heures promises par Enzo, disons que c’est une toutes les deux heures…

N’empêche, n’empêche je manque de me faire écraser par le premier camion que je rencontre depuis des semaines : je roule au milieu de la piste, je l’entends arriver, je me mets à droite, il me double par la droite, franchement on est passé pas loin…

Un lac me fait un petit coucou…

Regardez l’état de la piste, ça plus le vent c’est horrible…

Admirez le vélo, ce que nul n’a remarqué c’est que j’avais un nouveau fanion… Oublié dans le véhicule du prof de gym qui m’a ramené de la Caleta Tortel à Cochrane… Snif, snif…

Le paysage est quasi lunaire et j’aime ça, parfois les collines coupent le vent, oh, pas longtemps…

Les galettes sucrées et salées sont avalées à la vitesse grand V, dos contre le vent.

Il y a des travaux sur la piste, la déviation est en sable, je pousse, un buldozer a pitié de moi, me dit de venir dans les travaux, c’est meilleur, je gravis le premier talus, le deuxième il me l’ouvre…

Une estancia au loin (zoomée), je ne m’arrête pas, j’ai assez d’eau et de nourriture

Sans cesse, sans cesse je cours après mon ombre et jamais ne la rattrape… Dans ma tête j’ai commencé le décompte des kilomètres et des jours de piste, deux ou trois jours, idem lorsque je serai en Tierra de Fuego, sinon fini, du goudron, je hais la piste…

Mais j’adore le désert…

Une autre estancia, celle-là elle doit être à des milliers de kilomètres…

Moi je continue, je ne vais pas aussi loin que je le voudrais, je suis fatiguée, le jour baisse, je décide de m’arrêter à l’abri du vent, ce n’est pas top top, des bosses, des épines…

Mais pas de vent…

Et un des plus beaux couchers de soleil de mon voyage…

Mais ça caille dur…

Bisous tout le monde

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J480 : je plane…

Lundi 14 mai 2012

Gobernador Gregores – Bivouac sur la ruta à 500 mètres du croisement avec la route qui coupe

Kilométrage : 57,27 km
Vmoy : 10,4 km/h, Vmax : 44,1 km/h
Heures sur le vélo : 5h29’06 »
Température : 5 à 15°, temps couvert, une éclaircie, le vent va se lever vers 15 heures, il est de ¾ coté, ¼ contre, il est glacial.
Dénivelée : positif : 382m, négatif : 276m

Encore des adieux difficiles, j’ai été couvée dans cette hospedaje, et ce matin je vais pour nettoyer le dispositif du changement de plateau, surprise, en même temps que la réparation du porte-bagages ils ont tout nettoyé…

Je me fais indiquer le chemin et vais me le refaire préciser là où il y a le campamiento pour l’amélioration de la ruta 40, oui, parce que Enzo il a dit pour El Calafate c’est tout droit, sauf que j’aurais pu aller dans l’autre sens ou ne pas prendre à gauche au croisement… Rapidement je suis confrontée à la réalité… Fin du goudron, début de la piste…

Le dernier rio avant longtemps, je sais que je pars un peu juste en eau mais j’en ai marre de transporter des milliers de litres d’eau…

La piste commence par monter, je pousse avec énergie, cette pause de deux jours dans un endroit confortable et hyper-chauffé m’a fait le plus grand bien…

Le ciel est couvert mais il n’y pas de vent, allez, un petit repère, désolée, je n’ai pas mieux…

Le paysage a changé, la pampa a laissé place à de curieux buissons rabougris et noirs

Voici l’Estancia annoncée mais abandonnée

Et, surprise, surprise, ils sont en train de goudronner la route, là le chantier est en suspens pour cause de gel, je franchis allègrement les talus qui empêchent les voitures de s’y aventurer et j’en profite un max

De nouveau je rencontre de drôles de bêtes qui ressemblent à des autruches

J’avance super bien, faux plats montants et faux plats descendants se succèdent et ça c’est mon truc, hélas, hélas, à 14h45 le vent se lève, il devient de plus en plus fort, il est 3/4 coté droit, ¼ contre, ma vitesse baisse mais j’avance…

Hélas, hélas, hélas, fin du goudron, à la place du gravier où je ne peux rouler, je retourne sur la piste qui est moyenne, à de multiples reprise j’essaie de pédaler mais ne peux, alors je pousse…

Quand j’en ai franchement marre je cherche un endroit où planter ma tente, j’arrime super bien tout, un photographe professionnel passe, pour lui je pose mais  le piège…

Et j’ai droit à un de mes plus beaux couchers de soleil…

Et puis aussi je me suis fabriquée une porte à la tente, j’ai gagné dix degrés, il faut que j’améliore le système car ça tire trop et j’ai cru ne jamais pouvoir mettre les arceaux…

Une journée comme je les aime et… Je sens la victoire, là je la sens vraiment…

Bisous contents

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J478-J479 : escale technique à Gobernador Gregores

Samedi 12 mai et dimanche 13 mai 2012

J’avais décidé de m’arrêter un jour, je suis restée deux jours car j’étais super bien dans cette hospedaje, un deux pièces pour moi, tout neuf propre avec du chauffage, presque trop chaud, une douche chaude, des draps propres et des propriétaires super sympas, ils vont s’occuper de trouver quelqu’un pour mon vélo, porte-bagage réparé, une gourde, un nettoyage en profondeur et le tout gratis, comble du comble, en faisant mes courses je crois acheter des gnocchis, je me trompe et achète de la farine à gnocchis, je leur donne, ils vont m’apporter de super gnocchis bien cuisinés et tout, tout comme cela… Ma lessive séchera en une heure dans le vent… Ils vont m’aider pour tout, pour tout… Je vais un peu mettre mon site à jour et faire une grande provision de chaleur, de la chaleur en degrés et de la chaleur humaine… Je trouve aussi des sous-vêtements chauds, deux paires supplémentaires de gants de laine, toujours pas de pantalon goretex… Je trouve aussi du tissu et me confectionne une porte pour ma tente.

Bisous réchauffés à tout le monde

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J477 : inattendu, apprécié… Du goudron…

Vendredi 11 mai 2012

Bivouac sur la ruta 40 à l’intersection entre la route qui va à Gob. Gregores et la route qui coupe – Gobenador Gregores

Kilométrage : 71,93 km
Vmoy : 13,4 km/h, Vmax : interférences électromagnétiques
Heures sur le vélo : 5h20’01 »
Température :  -3° à 5°, froid, beau temps le matin se couvrant l’après-midi
Dénivelée : positif : 152m, négatif : 307m

Je quitte mon bivouac en essayant de faire sécher mes affaires car le kwé c’est la cata, condensation maximum…

Contrairement à ce que je pensais la zone est humide

La piste est piste, bonne, mais piste quand même…

J’arrive à l’intersection qui permet de gagner 50km pour rejoindre El Calafate, je ne m’y engouffre pas et j’ai mille fois raison, d’abord j’ai besoin de faire des courses, j’ai aussi besoin de faire une halte dans une ville, cela doit bien faire dix jours que je ne me suis douchée, et je pense que la route est meilleure, et j’ai mille fois raison, je n’ai pas eu à temps le message d’Enzo me disant de passer par Gobernador Gregores, mais j’ai raisonné comme lui…

Ici c’est le désert, encore plus le désert que le désert d’Atacama, et j’aime ça, sauf le vent qui ici n’est pas un vent thermique, donc imprévisible… Il peut souffler de jour comme de nuit, s’arrêter, reprendre, devenir fou furieux, c’est d’ailleurs ce qu’il est en train de faire tandis que j’écris dans ma tente… Bon, ce jour-là pas de vent…

Quand même parfois des traces anciennes de l’activité humaine…

Ma tente est bien arrimée, mais quand même là j’ai un peu peur, le vent est fou… Je sors courageusement récupérer mon linge qui sèche, ouf, tout était bien arrimé, rien ne s’est envolé… Je crois que je vais devoir dormir la tête vers la porte, je préfère le contraire, mais la tente fait galette… Quant à faire chauffer les pâtes que je me suis préparées, je crois qu’il est plus sage de les manger froides… Voilà, vous avez une attaque nocturne du vent en direct… Je n’aime pas vraiment, j’ai toujours peur que tout se déchire…

Revenons à notre journée sans vent… Parfois l’œuvre de l’homme ou de la nature vient rompre la monotonie du paysage qui moi m’enchante…

Je reste très prudente et passe les pièges à bêtes à pied…

Et je continue de tricher, j’escalade les murs protecteurs et profite du goudron…

Celui-là il est petit, mais il y en avait de gros, alors je me suis dit, tu as réussi à passer le mur du désert du Sud Lipez, alors là tu peux, et j’ai pu…

Inlassablement je poursuis mon ombre…

J’arrive à Gobernador Gregores, cette auberge me plait, je vais tomber dessus par hasard, mais ils n’ont pas la wifi, je réfute, ils m’en indiquent une autre et même le jeune va m’accompagner, elle est parfaite.

Ciel, une deuxdeuche…

Et un cheval, là ça fait plus couleur locale…

Bisous tout le monde

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J476 : attaque en traitre du vent sur la ruta 40…

Jeudi 10 mai 2012

Bivouac sur la Ruta 40 – Bivouac sur la Ruta 40 à l’intersection entre la route qui va à Gob. Gregores et la route qui coupe

Kilométrage : 65,36 km
Vmoy : 11,4 km/h, Vmax : 65,3 km/h
Heures sur le vélo : 5h45’51 »
Température : 0 à 4°, froid, beau temps, vent violent
Dénivelée : positif : 1270m, négatif : 1326m, à mon avis il y a erreur du compteur
Départ 10 heures 30, arrivée 19 heures 30

Et bin voilà, je me réveille avec le jour qui est maintenant plus près de 9 heures que de 8 heures, j’ai passé une bonne nuit, pas trop froid, je me prépare tranquillement quand soudain le vent se lève et devient furibard… Hier je me suis arrêtée à a tombée de la nuit, il n’y avait pas de vent, j’ai posé la tente cool, allez savoir pourquoi je l’ai quand même attachée au vélo, mais sans plus… La tente est valdinguée de tous cotés, la toile claque, le bruit est assourdissant, c’est le sauve qui peut général, je m’habille au plus vite, mets les choses n’importe comment dans les sacoches, fais tomber les arceaux, le sac de la tente s’envole, ouf il est arrêté par les barbelés, je me réfugie dans un tuyau pour mettre la tente en boule dans le sac, je place le vélo bien dans l’axe du vent pour le charger, évidemment j’ai le vent contre, une des rares voitures s’arrête, se propose de m’emmener, me dit que la météo prévoit du vent pour une semaine, oh la la, ça se complique… Je lui dis que je vais essayer d’y aller et si je ne peux pas, et bien, je ne peux pas… Me voilà partie, j’ai la rage, je suis sur une route goudronnée et je suis scotchée, je ne peux avancer, un pas, je m’arrête, en tente un autre, m’arrête, c’est mission impossible… Derrière moi je vois un camion, je me dis que je vais lui demander de l’aide, mais c’est que lui aussi est en panne… Et puis il y a des accalmies qui me permettent d’avancer de deux pas à chaque fois, 3 heures pour faire moins de 10km, je suis en rage, hier j’aurais mis une demi-heure… Le vent est sud-ouest, plein contre, j’ai étudié la carte, je sais que la route va changer de direction, alors courageusement je m’accroche, quand le vent est trop fort j’attends, dés que je peux je pousse, c’est hard de chez hard… D’après ce que l’on m’a dit le vent se calme la nuit, bon si ça continue je vais rouler de nuit, c’est d’ailleurs ce qu’ont fait une fois les français rencontrés à la casa de ciclista de Manihuales. A un moment la route est en chantier, j’ai moins la hargne de pousser sur la piste…

Puis la route tourne, alors je me prends le vent de coté, heureusement qu’il n’y a personne car même en poussant je fais de ces embardées… Et puis la route tourne encore, je prends le vent ¾ favorable, ¼ coté, je roule…

Un petit repère pour moi et les autres…

J’ai voulu prendre le km 1000 en photo, mais il n’existait pas, alors nous nous contenterons du 999, 999 km de quoi ? Mystère, peut-être Ushuaïa, à condition que j’arrête de zigzaguer…

Ici il n’y a rien, mais rien de rien, ni village ni maison, même pas la voiture par heure promise par Enzo, rien que la route et la pampa, sans le vent j’adore…

En plus j’ai froid, mon équipement n’est pas suffisant, j’ai besoin d’un anorak supplémentaire, d’un pantalon de ski, d’un pantalon goretex, le pantalon kwé c’est la cata, condensation maximum, besoin aussi de moufles goretex et si possible de bottes fourrées. Ce matin j’ai mis les surchaussettes et surchaussures, impeccable, pas froid aux pieds, sauf que je n’avais pas prévu de pousser, et bien je les ai fusillées…

Je vais passer par Gob. Gregores, cela me fait 50km de plus de piste mais j’ai besoin de passer par une ville, ne serait-ce que pour me réapprovisionner en nourriture et eau mais je vais aussi essayer de trouver d’autres vêtements et aussi du tissu pour confectionner une porte à la tente car là c’est la cata… Et pour couronner le tout le nouveau matelas est percé et en plus il n’isole pas du froid, bref les conditions sont difficiles… Je ne prends pas non plus le raccourci car la piste risque d’être enneigée…

Sur mon chemin une maison, je m’arrête, je demande si ils ne vendent rien, j’ai besoin de quoi ? Du coca, il m’en offre, n’aurait-il pas du pain, il m’en offre, sort aussi la viande, appelle toute la famille, en fait je suis au poste de secours de la Ruta 40.

On m’offre des galettes, des sucettes… Je ne reste pas, tant que je peux rouler je roule, de rage je vais rouler à la nuit jusqu’à la fin de la route goudronnée…

Bisous dorés de la lumière du soleil couchant

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J475 : grisant…

Mercredi 9 mai 2012

Hostal ruta 40 à Bajo Caracoles – Bivouac sur la Ruta 40

Kilométrage : 93,31 km
Vmoy : 13,4 km/h, Vmax : 43,5 km/h
Heures sur le vélo : 6h52’35 »
Température 3 à 10°, le plus souvent 5°, au départ grand beau temps, puis le ciel va rapidement se couvrir, le vent va se lever, d’abord de coté droit, puis contre, puis favorable, puis il va tomber, il va me glacer, je vais avoir très froid…
Dénivelée : positif : 263m, négatif : 198m
Départ 10 heures, arrivée 18 heures 30

Grisant parce que j’ai pu avoir la veille une douche chaude (après décongelage des canalisations quand même)

Grisant car j’ai pu enfiler le matin des affaires sèches…

Grisant car la veille j’ai mangé une super viande, pour de la cotelette c’était de la côtelette, il y en avait cinq, je crois bien avoir en une soirée manger autant de graisse que durant ma vie entière, mais c’était super bon…

Grisant car je n’ai pas crevé sur la glace…

Grisant car au carrefour je ne me suis pas trompée…

Grisant, oui, parce que c’est inespéré j’ai du goudron, je continue à haïr la piste…

Grisant parce que je fais un rapide calcul dans ma tête, moins de 200km de piste à galérer…

Grisant parce qu’enfin je peux rouler, et j’appuie, j’appuie sur les pédales, je veux avancer et j’avance…

Grisant parce que même si le vent me glace (et je me dis qu’il faut absolument que j’améliore mon équipement, il me faut un pantalon de ski, un anorak et un pantalon goretex, j’espère trouver cela à El Calafate, j’espère tenir dans ces conditions difficiles jusque là…), alors même si le vent me glace j’adore cette étendue où le regard ne peut se poser, et ne pouvant se poser il va alors explorer tant d’autres choses…

Grisant parce que j’adore cette idée que pendant 240 km il n’y a rien ni personne…

La prédiction d’Enzo (une voiture par heure) s’avère exacte, et des fois je ferme les yeux et je me laisse griser.. Quand même vite je les rouvre car je suis capable de m’exploser sur le bas-coté…

Grisant parce que sans cesse je poursuis mon ombre sans jamais la rattraper…

Grisant parce qu’au loin les montagnes enneigées vont resurgir…

Grisant parce que la lumière encore se fait imperceptible…

Éclairant  les montagnes…

Grisant parce que le coucher de soleil sera à nul autre pareil…

Grisant quand à la tombée de la nuit je déciderai de plante ma tente je n’aurai pas de crevaison…

Que mes bisous vous grisent…

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J474 : un détour obligé… Mais… J’atteins la ruta 40…

Mardi 8 mai 2012

Bivouac – Hostal Ruta 40 à Bajo Caracoles

Kilométrage : 26,35 km sur piste
Vmoy : 6 km/h, Vmax : 16,6 km/h
Heures sur le vélo : 4h23’55 »
Température 8 à 12°
Dénivelée : positif : 132m, négatif : 23m

Bin voilà, j’étais à 15km de Bajo Caracoles, je vais en faire plus de 25, la route est coupée, je ne m’y aventure pas car aussi bien, il y a un pont cassé et un rio infranchissable… Et je fais bien, ce n’est pas un rio infranchissable mais ils font des travaux sur la ruta 40 et il y a une falaise de près de 100 mètres infranchissables…

Ce qui fait qu’entre le fait que je me suis trompée l’autre jour et cette déviation je vais mettre un jour de plus que prévu, mais ouf, j’ai suffisamment de nourriture et suffisamment d’eau…

L’avantage c’est…

Qu’en dix mètres je gagne cinq kilomètres, génial non ?

Après un bivouac cool où j’ai pu faire du feu

Je fais une bêtise, je me crois en zone sèche (c’est ce qu’on dit, coté argentin c’est tout sec, la Cordillère arrête tout et la pluie tombe au Chili), donc je mets du linge à sécher sous l’auvent de ma tente, c’est la cata, du givre partout… Oui, la région est humide…

La piste est meilleure, je peux pédaler, mais pas toujours, il y a des passages de pierres, des passages de tôle ondulée où je crois que je vais exploser ce qui me reste de mon vélo et des passages de sable-gravier…

Enfin, cahin-caha je rejoins la ruta 40

Ils sont en train de la refaire et de la goudronner et là où je passe n’est pas terrible…

J’arrive à Bajo Caracoles, cela doit faire presque 10 jours que je ne me suis pas lavée, je pue… Ce jour-là sur ma petite piste je n’ai encore rencontré personne… Je suis heureuse d’arriver dans un endroit habité… 20 maisons…

Deux hôtels… Un pas cher et qui fait camping… Fermé… Un cher et qui a aussi le monopole de l’épicerie… Hypercher, mais il a le mérite d’exister… Et puis, il s’appelle Hostal Ruta 40, route mythique… Ouf, avant de quitter l’Argentine j’avais fait provision de pesos argentins…

Voilà, voili, voilou, je suis sur la ruta 40, bisous tout le monde…

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J473 : une aurore boréale…

Lundi 7 mai 2012
Bivouac – Bivouac
Kilométrage : 35,33 km
Vmoy : 6,8 km/h, Vmax : 18,7 km/h
Heures sur le vélo : 5h09’37 »
Température : 3° à 18°
Dénivelée : positif : 145m, négatif : 219m
Mes notes :  grand beau temps puis nuages et éclaircies, vent modéré glacial favorable, la piste est meilleure, je vais croiser une moto et une voiture, j’espère arriver à Bajo Caracoles mais en fin de journée il me reste 15km (enfin c’est ce que je crois), je stoppe à l’abri du vent. Au cours de la journée une heure sans goretex ni surpantalon, j’apprécie…
Je crois voir le soir une aurore boréale…
Allez, on y va, en détail et en images…
Ce matin il fait grand beau, ce qui ne m’enchante pas vraiment, grand beau étant souvent synonyme de grand vent…

J’en profite quand même pour terminer de sécher mon linge…Allez, on se dépêche, la neige est de moins en moins loin…Mes seuls compagnons seront encore aujourd’hui les bêtes qui ne sont pas des vigognes

Et les condors…

Et la lumière qui est fabuleuse…Et, et, la piste, bien sûr, toujours la piste…Petit adieu au lac…J’entame ma milliardième montée…Le ciel lui accueille son milliardième nuage…Enzooooooooooo, à droite ou à gauche ?Seules les bêtes de leur cri d’oiseaux me répondent…On avance, on avance, on avance…Sans un regard en arrière…Et de préférence sans se tromper…Inlassablement je poursuis mon ombre qui de jour en jour s’allonge… Je ne sais pas encore que je ne la rattraperai pas…L’ombre en revanche me rejoint vite, je stoppe…Je stoppe là, je crois n’être plus qu’à 17km de Bajo Caracoles, mais la route est barrée, un long détour va m’attendre…Tandis que je profite de la chaleur de mon feu (un peu dur de trouver du bois, mais je commence à connaître ce milieu et je sais que le moindre petit buisson même de seulement 10 cm cache du petit bois mort…), donc tandis que je profite de la chaleur de mon feu je suis surprise, je crois d’abord voir une aurore boréale, puis je crois voir le soleil se lever, oui, je perds la tête… Ce n’est que la lune…
Qui nous envoie ses bisous…

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J472 : un canyon de toute beauté…

Dimanche 6 mai 2012
Bivouac – Bivouac
Kilométrage : 26,40 km
Vmoy : 5,6 km/h, Vmax : 21,8 km/h
Heures sur le vélo : 4h33’55 »
Température : 1° à 19°
Dénivelée : positif : 164m, négatif : 169m
Départ : 11 heures, arrivée 18h30, le jour se lève maintenant à 9h30

Mes notes : la piste est très mauvaise : tôle ondulée, gravier-sable et un peu de cailloux. Elle va monter et descendre. J’ai peur de manquer d’eau, ouf je traverse le canyon qui abrite une eau claire. Je vais même m’y offrir un joli pique-nique, profitant d’une belle éclaircie, laquelle va laisser place à un déluge pas possible, j’ai mal positionné ma cape de pluie, elle fait gouttière sur une jambe et une chaussure, c’est affreux je suis complètement trempée… Au bivouac le vent va se lever et être si violent que je ne peux me faire cuire des pâtes dans la tente, celle-ci s’étant complètement couchée. En revanche mes chaussures vont sécher.
La journée en images :
Je quitte mon bivouac, banal…

La pente est raide, banal…La piste est mauvaise, banal…Le repère du jour, banal…La spécificité du jour, banale : un canyon que je vais longer puis traverserCiel, les condors m’attaquent…Je jalonne mon chemin de pierres pour le sieur Janodou, celle-là j’ai passé des heures et des heures à la polir…La neige n’est pas loin…Enzo, tu fais quoi là, je vais où ? A droite ou à gauche ?De toutes façons c’est beau de tous les cotés…Enfin, moi j’aime…Les ponts dans ce continent sont toujours de possibles pièges…Et le canyon m’envoûte…La piste est mauvaise de chez mauvaiseAllez, je suis courageuse, je continue à semer mes petits cailloux…Celui-là de caillou est du genre indécent…Une, une en trois jours, cela mérite une photo…Je suis extrêmement prudente, je sais que je ne peux plus compter que sur moi vu que la zone est déserte. Mais voilà, on n’a pas rien sans rien…

Un coin de végétation, le seul que je vais rencontrer pendant plusieurs jours…La piste est hoooooooooorrrrrrrrrrrrrrrrriiiiiiiibbbbbbbbbbbbbbblllllllllllleeeeeeeeeeeJ’atteins un lacJe poserai ma tente au-dessus, elle fera la crêpe…Et j’aurais droit à un coucher de soleil fabuleuxBisous tout le monde

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