Entre les deux … Mon coeur balance…

Quito ou Caracas

Caracas ou Quito ?

Conseil de mon fils aîné : « Arrête d’interroger les uns et les autres, arrête de te renseigner, laisse reposer 3 jours et suis ton instinct »
Vais suivre son conseil…

Espoir de l’horizon

Espoir de l’horizon qui s’ouvre et se découvre
Survolant la planète au rythme de ses courbes
S’étiolant sous la pluie à l’abri de la foudre
Mirage de tendresse qui jamais ne s’embourbe

Espoir du temps qui passe, oh funeste parcours
Ecorchant les visages et tissant quelques boucles
Se croyant éternel dans ses moindres contours
Déformant son miroir quand les astres s’accouplent

Espoir de son rivage où l’écume s’échoue
Clin d’œil effronté quand l’ombre l’effarouche
Ruisselant sans vergogne là-bas à l’autre bout
Scintillant de ses phares pour que nul ne le touche…


Donc silence tous, je laisse reposer…
Bisous…

Compagne de la nuit

Orange, jaune, bleue ou blanche
Lentement, sûrement
Du couchant au levant
Sur les cœurs je m’épanche

Compagne de la nuit
Parfois éteins l’étoile
D’un clin d’œil amical
Epris de rêverie

C’est sans aucun regret
Que je vole au soleil
Une ou deux étincelles
Echappées de son rai

La tête toute à l’envers
J’intrigue le passant
Qui d’un regard brillant
Explore mes cratères

Si je rie si je pleure
Si je tourne et retourne
C’est que le monde tourne
Et que moi j’ai très peur

Sous le regard de la nuit dormons…Demain est un autre jour… Bisous…
Zêtes dispensés de commentaires pendant 3 jours, profitez…

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Itinéraire : mise à jour du 10 novembre 2010

Après renseignements auprès d’un cyclotouriste confirmé c’est décidé je pars de Caracas et je ne retarde pas mon voyage…

En revanche n’ayant pas encore atteint la sagesse de ce cyclotouriste, ne vais pas faire mon périple en partant d’Ushuaïa et garde mon idée première, destination Ushuaïa, le symbole est trop fort…

Donc voilà : arrivée Caracas, vais me chercher un hôtel pas cher et prends un bus dés que j’ai récupéré bagages et vélo, ce qui, l’expérience me l’a montré, n’est pas toujours instantané…

Le bus c’est pour sortir de Caracas en toute sécurité ( histoire de ne pas circuler dans les banlieues pouraves et dans les bidonvilles).

Voilà, maintenant le lieu de départ est fixé et l’arrivée aussi (quoique…on verra… Tet que remonterai jusqu’en Guyane, à voir… M’autorise tout…)

Pour une lecture plus aisée vais faire un article par pays, au passage je remercie Jean-Luc chez qui je vais tout piquer ( avec son autorisation) à savoir tous les trucs savants qu’il faut savoir sur les pays et aussi les cartes.

Si je veux partir avant le 15 janvier faut que je me grouille…

Me reste :

La vaccination contre la fièvre jaune
Éliminer le surpoids ( de mes bagages pas de moi, là c’est plutôt le contraire…)
Acheter un tel portable quadribandes débloqué
Faire les quintuples de mes clef
Ecrire les recommandations pour ma maison (ceux qui vont la garder et ceux qui vont en profiter)
Prendre contact avec des qui entretiennent les pompes à chaleur pour si problème, histoire que ma maison elle gèle pas complètement ( vu que l’hiver la température descend parfois à moins de moins 20°…) et faudrait que j’aille nettoyer la prise d’eau de ma maison, histoire de pas empoisonner ceux qui profiteront de ma maison, sauf qu’en ce moment c’est trop dangereux vu les risques d’éboulement…
Contrôler mes yeux qui déraillent (normal pour une cyclo de dérailler..)
Passer une journée chez mon webmaster pour sauvegarder mes écrits et photos, ici pas possible vu le bas débit…
Et aussi il doit me configurer mon micro ordi.
Voir le chiro machin chose pour mon dos.
Terminer de débarrasser une partie de mon préau pour y garer ma voiture.
Passer à la banque récupérer travellers, dollars etc.Passer au garage équiper ma voiture de pneus neige, oué y peut neiger la preuve me suis cassée le 14 décembre sur une plaque de glace…
Subir (ou bénéficier ?) l’expertise pour mon écrabouillage de main suite à la dite fracture, et c’est à Tombouctou, l’ont fait exprès pour que l’expert y connaisse pas les chir spécialistes en écrabouillage de main ? Ou juste histoire que je m’entraîne à voyager ?
Prendre mon billet d’avion
Aller à Lyon conduire mon vélo mes bagages, revenir garer ma voiture, retourner à Lyon, en définitive soit mon fils ou ma cop me conduiront à Satolas- St Exupéry.

Là ça va trop vite, ai le vertige, tout paraissait trop loin et maintenant c’est trop proche ( la relativité d’Einstein)…

J’y résiste pas, un ti poème espace-temps…

Si envers ou endroit
Le mien, le tien
S’en va et puis revient
Éphémère état

Si envers et endroit
Le tien, le mien
S’entremêlent demain
Nous ôtant tout choix

Si le temps qui s’en va
Avant, après
Toujours chronométré
Espace ses voies

Si le temps qui s’en va
Après, avant
Âpre miroir des ans
Édicte sa loi

Où se mirer ?
Où s’amarrer ?
Dans l’envers

Qui te perd ?
Dans l’endroit
Qui te broie ?
Dans le jour
Qui accourt ?
Dans la nuit
Qui s’enfuit ?

Quel espace
Je pourchasse
En glissant
Sur le temps
De l’instant…

Sur quel temps
Tu t’étends
En surfant
Sur la glace
De l’espace ?

Voilà…

Bisous toutes et tous qui me soutenaient…

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Préparation physique à l’ascension du Nevado Pisco : ascension de la Gardiole

La Gardiole est un sommet dédaigné de tous car n’atteignant pas les 3000 mètres… Et pourtant… Vue à 360°…

Sur des sommets italiens dont j’ignore le nom…

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Sur le massif de la Meije
( dans l’ordre, Gaspard, pointe Nero, Meije orientale, Grand Pic de la Meije)…Sur le massif des Ecrins…

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Y a aussi les Aiguilles d‘Arves qui bien que n’atteignant pas les 4000m se débrouillent pour toujours se faire voir…

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Et y a une cyclotouriste qui gravit les goulottes (que de neige, pas de glace) à 60°, histoire de s’entraîner pour le Monte Nevado Pisco ( au passage c’est pas gagné, il y a des passages à 45° et d’énormes crevasses et un passage exposé, bon on verra) et l’Aconcagua ( à mon avis plus facile même si plus haut)…

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Au sommet y avait la cyclotouriste, fiston et petit-fils, et bien sûr…

Un gros St Bernard qui se régale comme c’est pas possible…


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Du bonheur… Et du beau… Comme d’hab…

Bref, un entraînement comme cela c’est super…

Pourquoi partir alors ? Et si loin ? Justement…

Parce que …

Bisous lectrices et lecteurs et vous rappelle, ATTENDS vos commentaires…

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Motivations…

Aucun objectif humanitaire ni écologique ni sauvegarde de la planète, rien de rien…

Non juste comme je l’ai écrit à un ami cyclotouriste : «c’est comme un
besoin, quelque chose d’écrit en moi, presque un appel auquel je dois
répondre sous peine de mourir, je sais que toi tu comprends… Et si
il m’arrive quelque chose, c’est juste que c’était mon destin…
».

Je vais quand même mettre un mot sur le forum de l’AFM (association française des myopathes) sur mon projet, histoire de faire partager mon rêve à ceux (rares, maladie rare, ne dites pas orpheline au risque de vous faire tuer par moi) qui sont atteints de la même maladie que moi : myopathie de type paramyotonie, gène identifié, il s’agit d’une canalopathie sodium, la transmission neuro-musculaire se fait mal d’où certains troubles (impossibilité de faire certains mouvements, style grimper à la corde, ce qui risque de vous faire mettre un zéro à l’épreuve de montée de corde au bac, ça peut paraître ridicule à certains, mais ça fait très mal ; impossibilité de passer des surplombs, escalade difficile, obligation de s’entraîner dix fois plus que les autres pour arriver à la même chose, sinon risque de paralysie pouvant durer plusieurs jours, le tout majoré par le froid d’où moqueries diverses et variées quand vous êtes habillés en bibendum… Et des douleurs style courbatures après les efforts, même si bien entraînée…Et des problème de poids (sous-poids, là je sens que ce sont les nanas qui vont me tuer….). C’est vrai qu’on n’en meurt pas…Sauf que ça vous pourrit la vie et que soit on vous classe dans la catégorie des handicapés (étymologie du mot : jeu de hasard de l’anglais hand main et cap chapeau, bon vous avez tiré le mauvais numéro…), soit on vous classe dans la catégorie des simulateurs (vu que ça se voit pas sur le bout du nez), j’ai même entendu des médecins dire « c’est du folklore votre maladie » ou « c’est pas grave, vous êtes bien musclée » ( la petite hypertrophie musculaire liée à la maladie ils ne connaissent pas). Bon cette maladie dans ma famille c’est tabou on parle pudiquement « d’engourdissements », on la cache, ce que j’ai fait pendant 60 ans, et puis j’en ai eu marre, je l’ai dit, je n’ai pas trouvé plus d’empathie, suis née hors norme, hors norme resterai… Point positif, je crois que cette maladie a grandement contribué à me donner la force de caractère et de survie qui me caractérise et aussi la rage de vivre et aussi la sensibilité  qui fait que je suis artiste entre autres…

Et puis juste j’aime ça le vélo, la montagne, l’effort, regarder, parler, écouter, découvrir et la nature… J’aime la nature à en mourir, dans le site de poésie où je sévis, j’ai écrit pour me décrire

« Que j’aime, que j’aime, que j’aime
La nature et ses cris suprêmes
L’heure qui se veut souveraine
Les mots que l’on chante en poèmes
Le pinceau qui dépeint l’extrême »

Je vais aussi là-bas faire le plein d’émotions et les écrire ou les peindre…

Et puis c’est un rêve depuis longtemps et je pense sincèrement qu’abandonner ses rêves c’est déjà mourir…

Observez  ma bannière qui est une toile que j’ai peinte et que j’ai appelé 2R comme 2 aires comme Rêve et Réalité… Je suis définitivement passé de la partie de gauche (le métro, boulot, dodo, l’argent, la puissance, le monde moderne et ses asservissements, sa froideur et ses formes en couperet) à la partie droite, ses rêves, sa douceur, sa chaleur et sa sensualité (entre les deux j’ai failli mourir mais je crois bien que je suis du genre coriace et increvable…) Quelqu’un m’a fait remarquer : « et les montagnes, tu n’as pas mis les montagnes », non je n’ai pas mis les montagnes, les montagnes font tellement partie de moi que e n’ai pas besoin de les représenter… Sauf que des fois je les peins mes montagnes, là, non ce n’est pas une paire de fesses, ce n’est pas de ma faute si devant chez moi les montagnes sont rondes…

Mais derrière il y a MA falaise, à beaucoup elle fait peur, souvent elle part en petits morceaux, moi elle me rassure…

Et puis voilà, c’est comme cela et puis c’est tout…Faut pas chercher les motivations…

C’est et puis c’est tout…

Bisous toutes et tous

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Itinéraire, projet, mise à jour du 22 octobre 2010

Note au lecteur : cet article est à consulter régulièrement car sujet à modifications…

Voici la mise à jour de mon itinéraire, mes enfants, ma famille et mes amis, arrêtez de vous inquiéter, sous mes airs détachés je prépare sérieusement mon voyage et prendrais toutes les précautions qui s’imposent. Pour une lecture plus facile je mets les mises à jour en vert, aujourd’hui elles concernent l’ascension d’El Nevado Pisco, alias le Mont Blanc de là-bas arrosé de Pisco…

Voilà les pays…

Voici le relief…

Et l’itinéraire ?

En gros du Nord au Sud, plus précisément de Quito à Ushuaia

Décision prise : je pars de Quito, en ce qui concerne les manifestations qui se déroulent là-bas en ce moment dites-vous bien que ce n’est pas pire qu’ici, suffit de les éviter… En ce qui concerne les problèmes de transport et de manque de carburant, voir la phrase précédente, et puis moi suis en vélo…

Les incontournables :

– Le lac Titicaca, ou plus exactement une île dans ce lac où je dois porter un calendrier à une dame très gentille qui a reçu royalement ma fille et sa copine Alice ( au fait Alice je te rappelle que suis toujours d’accord quand tu feras le tour du monde à la voile pour faire tout sur ton bateau y compris la vaisselle et la bouffe, même par gros temps), et pourquoi un calendrier ? Parce qu’elle en fait collection… Moi je fais bien collection de sorcières, alors pourquoi ne pas collectionner des calendriers ?

Allo, allo, allo, ici la sorcière…

Allo, allo, allo
Ici la sorcière
Je balaie les airs
Et déblaie la terre

Je jette des sorts
Du soir à l’aurore
Je défie la mort
Voilée en dehors

Allo, allo, allo
Moi je suis le ciel
D’anges je ruisselle
Nul ne m’ensorcelle

Loin de vos fureurs
Distribue les heures

Ici ou ailleurs
Au petit bonheur

Allo, allo, allo
Ici la sorcière
Parcours l’univers
Loin des sanctuaires

J’ai un potiron
Dessous mon jupon
Lavée des affronts
Brise les chaînons

Allo, allo, allo
Ici c’est l’enfer
Qui jette des pierres
Sur les p’tites sorcières

J’allume des feux
Avec des vieux pneus
Loin du merveilleux
Suis parfois banlieue

– Le désert d’Atacama : celui-là j’y pense depuis si longtemps que y a pas je dois y aller

– Le mont Blanc de là-bas autrement dit Le monte Blanco Pisco (5712m), ne peux pas avoir gravi celui de chez nous et bouder celui de là-bas, y a juste 1000 mètres de plus à grimper et en plus ils ont rajouté Pisco qui est une boisson délicieuse à base de jus de citron, sucre, blanc d’oeuf battu en neige et bien sûr l’alcool dénommé Pisco, moi je dirai que c’est à tomber par terre, mon fils dirait que ça déchire, à ne boire qu’à la fin de la descente… Sans modération…

Le monte Blanco Pisco,  en recherchant Monte Blanco Pisco sur le net, je trouve en premier la recette du Pisco, là tout est normal, en deuxième mon site, là c’est rigolo…En fait la dénomination exacte est : El Nevado Pisco, voici quelques renseignements glanés sur Internet :

Source wikipedia français : ils connaissent pas, va falloir que je m’y colle…

Source wikipedia in english :

Nevado Pisco is a mountain in Peru, located in the Cordillera Blanca about 60 km north of Huaraz. Nevado Pisco was first climbed in July 12, 1951 by C. Kojan, G.Kojan, R.Leininger and M. Lenoir.

levation 5,752 m (18,871 ft) Location Peru Range Cordillera Blanca, Andes Coordinates9°1′6.3″S 77°39′24.6″W

Previously, this mountain was popular for its easy climb. However, the primary climbing route is has melted significantly[.As a result, this mountain is no longer the easy climb it once was and depending on the season Pisco has a large ice wall with a 50-60 meter climb up a 60 degree slope. It is now rated as PD on the French Alpine scale. It is predicted that this mountain will get more difficult as the glacier continues to recede.

There are a multitude of companies in Huaraz offering guided climbs of the mountain, which usually include all equipment, food, transport, guide, and possibly a porter. The normal route is from the road to the south, up to the col to the west, then to the summit. There are two or three camps on the mountain and one at its base, although climbers often only use one. The first is next to the road and river on the valley floor, known as Cebollapampa. The second is in or next to Refugio Perú (9°1′46.6″S 77°37′46.4″W / 9.029611°S 77.629556°W / -9.029611; -77.629556 (Refugio Perú) at 4,765 m). The third, called the ‘moraine camp’ (9°1′24″S 77°38′31″W / 9.02333°S 77.64194°W / -9.02333; -77.64194 (Moraine Camp)) lies just below the ice of the first glacier. It is also possible to set up a camp in the col right on the glacier, as there is a convenient flat part. Some parties travel from Huaraz and climb to the moraine camp in one day, then summit and return to Huaraz the next.

Climbing involves mostly walking on snow slopes up to 35 degrees, but there is one section of about 100m of steep ice. Views from the mountain are superb, encompassing many of the other well known mountains of the Cordillera Blanca, such as Huascarán, Chopicalqui, Artesonraju, and Alpamayo.

The altitude makes the climb very difficult for anyone not well acclimatised or fit, and even those who are will be slowed down. Sleeping at the two high camps is also difficult. Possible sleeping in the third camp on the ice requires proper equipment.

En gros c’est une montagne au nord du Pérou toute blanche avec 2 passages difficiles, avec l’aide d’un guide, acclimatée, un super entraînement et une volonté de fer devrais y arriver..

Source un illustre inconnu qui grimpe de par le monde, attention c’est technique, les non grimpeurs peuvent zapper..
Activités : alpinisme neige, glace, mixte
Altitude min / max : 4665m / 5752m
Dénivelé :+1200m
Dénivelé des difficultés : 40m
Configuration : parcours glaciair
Orientation principale :  W
Type d’itinéraire : aller-retour / descente en rappel
Temps de parcours : 1 jour
Pente : 45°Cotation globale : PD
Engagement : IV

Cotation glace : 1

Qualité de l’équipement en place : P4 (pas équipé)

Sommets, cols, lacs, falaises : Nevado Pisco 5752m
Refuges, gites, bivouacs : Refuge Perú 4650m i
Régions :Pérou

Montée :


En deux jours:
Jour 1: Depuis le camps de base « Yurac Corral » à Cebollapampa, qui se trouve près de la route du parc national Huascaran, rejoindre le refuge « Peru » (camp possible) à 4665 mètres par un bon chemin raide. Après le refuge, monter sur la crète de la grande moraine qui cache un glacier issu du Huandoy, redescendre de 100m derrière la moraine pour prendre pied sur ce glacier (couvert de pierres). Traverser le plat du glacier (cairns) pour rejoindre le sentier qui s’élève sur l’autre rive jusqu’au camp moraine (confortable, il y a de l’eau).
Jour 2: Du camp moraine, rejoindre le glacier en 20 minutes en suivant des cairns. Le remonter vers le Nord jusqu’au col Pisco-Huandoy (nombreuses crevasses au départ). Après le col, suivre la longue arête du Pisco vers l’E, d’abord par de larges pentes soutenues (30 degrés). Vers son milieu, l’arête devient plus fine, on doit traverser à flanc versant N une pente raide et crevassée, puis remonter vers le fil de l’arête : 30 mètres à 45-50 degrés avec une énorme crevasse à franchir. L’arête redevient plus large et plus facile à suivre, on contourne d’énormes crevasses, et après deux courtes sections de 40-45 degrés, on atteint le sommet.
Avec ce découpage la première journée est longue et la montée fatigante si l’on n’a pas de mule ou de porteur. On peut aussi dormir au refuge pour raccourcir le premier jour, mais dans ce cas la deuxième journée est longue, la traversée du glacier du Huandoy ne doit pas être évidente de nuit, et il faut partir très tôt pour arriver de bonne heure au sommet, avant le lever des nuages.

En trois jours : Camp de base – refuge / refuge – camp moraine / camp moraine – sommet – descente.

Descente
Identique à la montée.

Remarques :
La principale difficulté de ce sommet provient de l’altitude. Son ascension ne doit être entreprise qu’après une bonne acclimatation. Elle peut par exemple s’enchaîner avec le classique trek de Santa Cruz.
Attention à la température, il fait bien frais la nuit, l’itinéraire est assez exposé au vent après le col.
En général, pas de difficultés particulières à part l’altitude et éventuellement les deux petits passages raides finaux. Les crevasses peuvent obliger certains équipements (relais pour le franchissement de certaines) ou détours.

La vue au sommet est grandiose (vue à 360°). On distingue notamment les Huandoy, la cordillière noire, les Santa Cruz, l’Artesonjaru, l’Alpamayo, le Chacraraju, le Chopicalqui et le Huascaran.

Partir tôt pour arriver vers 9h au sommet avant l’arrivée des nuages, ce qui est plus facile en dormant au camp moraine.
Souvent, les nuages se lèvent une ou deux heures après le soleil, choisir l’heure de depart en conséquence.

Accès :
Depuis Huaraz, route (non goudronnée) reliant Yungay à Vaqueria, en passant par les lacs Llanganuco. 2-3h de route depuis Huaraz.
Nombreux transports en haute saison (juillet, août); pour l’aller on trouve des taxis à Yungay. Début septembre, les derniers transports pour le retour sont au camp de base vers 3-4h.

Logement :
Le refuge Peru est encore plus beau que les refuges de nos Alpes mais cher pour les petits budgets (30US$ la nuit, 2US$ la douche chaude) et encore bien loin du sommet.
Les camps sont confortables, ou trouve de l’eau à tous.

    Matériel :
    Alpinisme neige/glace/mixte de F à PD+

    Matériel de sécurité sur glacier

    Piolet, crampons, corde, et de quoi poser un relais pour d’éventuelles grosses crevasses aux ponts de neige douteux (piolet supplémentaire ou pieux à neige).

    Et des photos

    Ca ne vous fait pas rêver vous ? Moi si…

    Renseignements pour les cyclo-ando-interno-touristes malgré la réglementation qui oblige a passer par une agence de voyage et des guides locaux pour tout ce qui se trouve en Cordillère Blanche et dans le Parque Nacional Huascarán, la réglementation n’est pas appliquée.Pour entrer de manière libre, il suffit de se présenter au bureau du Parque Nacional Huascarán pour acheter un permis d’entrée et prouver que l’activité sera clairement sportive. En réalité cette preuve n’est même pas nécessaire car les gardes du parc de tous les secteurs surveillent cela et autorise l’entrée d’expédition indépendantes à partir du moment ou la taxe d’entrée dans le parc est effectuée.

    Ne vous inquiétez pas n’irai pas seule, prendrai un guide, j’ai tous les renseignements :

    Maison des guides de Huaraz, « casa de guias », Parque Ginebra 28 G – Huaraz – Pere
    (0)43 421 811

    Reste un problème majeur, je ne sais pas si vous avez remarqué il y a de la neige, et si neige il y a, c’est que des fois il neige… Vais-je arriver à la bonne saison ? Mystère… Peut-être vais-je être condamnée à tourner neuf mois autour… C’est quoi neuf mois ? Le temps de fabrication d’un petit être humain… Ai réussi à en fabriquer 3…Echec pour le 4ème c’est vrai , ça me laisse trois chances sur quatre de réussir, infiniment plus que de gagner au loto… Sinon viens d’avoir une idée, si c’est vraiment pas la saison je continue en vélo sur la Cordillière des Andes, histoire de rester acclimatée à l’altitude, puis quand la saison sera venue je laisse mon vélo en endroit sûr, prends un moyen de transport plus rapide et remonte au Nord du Pérou.

    – L’acacongua, ce serait pas mal, mais là je crois que c’est au-dessus de mes possibilités…

    – Le Tango Argentin, regarder, essayer, aimer…

    Etrange ballet


    Elle danse en cadence
    Oubliant sa souffrance
    Elle danse et s’élance
    Ouragan de présence

    Cabrioles endiablées
    Petits sauts effrénés
    Quand s’envole dénudée
    Est moineau effrayé

    Entrechat de lumière
    Eclabousse les airs
    Ici-bas éphémère
    Là source du désert

    De ses jambes déchaînées
    Etes captifs à jamais
    D’un étrange ballet
    Par Sisyphe condamné…

    A suivre… ( voir note au lecteur)

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    Coup d’accélérateur…

    Le trou dans mon toit est rebouché, merci Jean-Paul…

    J’ai mon passeport.

    J’ai mes surchaussettes et surchaussures testées par des températures avoisinant les zéro degré et vent glacial « la Burle »), un vrai petit nid douillet…

    La date de mon expertise pour écrabouillage de main est fixée.

    Me reste :
    -A trouver mes chaussures magiques, mais si je ne les trouve pas, partirai avec mes vieilles.
    – A donner toutes procurations à ma soeur
    – Faire des cinquples de mes clefs et noter à quoi elles servent, avis aux voleurs, y a 6 entrées dans ma maison, merci de ne casser qu’une vitre, vu que c’est du verre anti-effraction et que ça coûte la peau des fesses, et vous rappelle voler en priorité le buffet (qui pèse 3 tonnes), et puis ma maison sera habitée régulièrement par tous ceux amis et parents qui vont venir en profiter…
    – Trouver des hébergeurs de plantes et fleurs diverses
    – Me faire vacciner contre la fièvre jaune, aïe, aïe aïe…
    – Etudier le fonctionnement de mon micro-ordinateur
    – Faire faire des chèque-voyage de secours, car l’expérience m’a montré que c’était tout sauf pratique
    – Photocopie de mes papiers
    – Liste de ma famille et amis adresse et tel
    – M’entrainer à démonter pédales, tourner guidon, etc…
    – Continuer à entretenir mes muscles
    – Continuer à réviser mon espagnol
    – Essayer de prendre 3 kilos ou au moins de ne plus en perdre, je me force à manger avant pendant, après l’effort, ai pas encore vraiment vu les résultats…

    Et les amis dimanche vais faire un stage de danse orientale avec ma prof magique, trop génial…

    Et bien sûr peser et éliminer

    Les au-revoir ont commencé :
    – Dimanche dernier mon amie Françoise.
    – La semaine prochaine mon fils aîné, sa femme et mes trois petits enfants
    – Début novembre ma fille, ma belle-fille Natalia, mes parents

    Donc Départ avant le 15 décembre

    Bisous à toutes et tous, et j’attends encore vos commentaires…

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    La Burle…

    Je suis « la Burle ». Vous ne me connaissez pas. Personne ne me connaît ? Si les diois me connaissent, mieux encore ils me redoutent. Ailleurs on m’ appelle la bise, ou le mistral, ou le vent du Nord, ou encore, je ne sais pas, vous les érudits dites-moi, tiens par exemple comment on m’appelle en Patagonie ou dans la Cordillère des Andes ?

    Aujourd’hui j’avais entendu dire que des humains qui se disent « Chamois » voulaient prendre leur liberté ( pourquoi ? Je ne vous le dirai pas, d’abord c’est encore secret, et puis c’est une histoire trop longue à expliquer, et puis surtout c’est une histoire qui ne regarde qu’eux) et puis c’est quoi la liberté ?

    Si la liberté c’était ?

    Quand la prison des hommes étend ses implacables griffes
    Si la liberté c’était ?
    Murmurer la vie éternelle
    Palpiter d’amour virtuel
    Ouvrir la porte de ses ailes

    Quand sous les coups immondes et cruels du geôlier tu ploies
    Si la liberté c’était ?
    Des nuages exhumer l’infâme
    Des étoiles allumer son âme
    De son cœur ranimer la flamme

    Quand sous le poids de la boue croupie tu restes englouti
    Si la liberté c’était ?
    Parfumer la fleur qui sourit
    Eclairer le soleil qui luit
    Voler une feuille sans bruit

    Quand enfermé derrière les barreaux de ta propre cage
    Si la liberté c’était ?
    Tendre les deux mains à ta sœur
    Fendre le mur de ton ailleurs
    Répandre le présent des heures

    Quand dans les méandres de la vie nous voilà perdus
    Si la liberté c’était ?
    L’enfant qui pleure le consoler
    Son pain espérer partager
    Devant l’étranger s’incliner

    Si la liberté c’était ?
    Un seul mot
    Le plus beau
    AIMER

    Donc 9 chamois ont décidé de prendre leur liberté et de partir du Pilhon, petit hameau perdu dans le Haut Diois, avec quand même sa chapelle,

    sa fontaine, ses recommandations aux promeneurs.
    Ils ont décidé ces chamois-là pour leur première sortie libre de gravir le Luzet, Reffudent et  le Mont Chauvet, en parcourant toutes le crêtes et en franchissant le col de Graud, le col Domenge, le col des Imbards,  le col de la Maurière. Ca fait beaucoup de cols ? Oui, ça fait beaucoup de cols. Et je suis qui moi ? Moi je suis la Burle, je suis le vent, le vent froid, le vent qui s’infiltre partout. Quand je souffle je règne en maître sur le Haut-Diois, tous ici me craignent, peu osent m’affronter, c’est quoi ces chamois libres qui osent me défier ? Au début ils ont grimpé, grimpé, ils suaient un peu, moi j’ai bien essayé de les attaquer, mais les fayards, les sapins et les sous-bois m’ont retenue, juste j’ai réussi à leur envoyer quelques flocons, et bin là les chamois libres ils ont rigolé, ils ont trouvé beau ces flocons qui voltigeaient, ils sont quand même bizarres ces chamois. Oui, mais moi je n’avais pas dit mon dernier mot. Ils voulaient passer des cols en se tenant sur les crêtes ? Ils allaient voir… D’abord ils savaient pas que même par temps calme les crêtes et les cols c’est toujours venté ? Ils savaient pas ou ils ont fait ceusses qui voulaient pas savoir ? En tous cas dés le premier pas sur la crête ils ont su, je me suis mis à souffler, souffler avec des pointes dépassant les 120km /heure, même qui zon cru que je soufflais à 600km/ heure, j’étais très fière de moi… sauf que ils ont enfilé polaires et coupe-vent et ont continué leur chemin, en rigolant… Y en a même une qui s’est transformée en grenouille voilée…

    Elle a accepté de se dévoiler ( juste un peu) le temps d’une photo…

    Et puis pour arriver au sommet ils ont du faire attention de pas s’emmêler dans les fils que j’avais arrachés et savamment emmêlés, et la grenouille verte en prenant une photo des chevaux que j’ébouriffais allègrement et bien elle est repartie sans son bâton, d’accord elle s’en est aperçue tout de suite mais le cheval déjà commençait à manger le bâton, et puis même lors de la prise d’une autre photo, grâce au froid que je véhiculais partout elle s’est un peu emmêlée dans son appareil photo, son gant et son bâton et s’est donné un coup, maintenant elle a un peu l’œil au beurre noir, remarquez que là j’ai été sympa parce que j’aurais pu lui envoyer la pointe du bâton et viser l’œil, non je me suis juste contenté de la poignée du bâton et n’ai atteint que la région sous l’œil… Et les chamois libres qui continuaient d’avancer, certes ils ne me dédaignaient pas mais quand même ils rigolaient toujours, alors j’ai arraché la croix du sommet, ils l’ont redressée pour les besoins de la photo, je l’ai à nouveau arrachée et l’ai fait tombée sur la tête de la chamoiselle à coté de la grenouille voilée, ça l’a même pas tuée, même pas assommée et les chamois libres ont continué d’avancer toujours dans la joie et la bonne humeur, alors j’ai soufflé si fort, si fort qu’ils n’ont pas pu s’arrêter pour la pause réglementaire du déjeuner, devant se contenter d’abricots secs et de pâte de coing faite maison, c’est vrai qu’elle est bonne cette pâte de coing ( faut pas le dire, mais j’en ai volé un petit morceau) et puis ils ont vraiment commencé à m’énerver ces chamois libres, alors j’ai soufflé en rafales, les dames légères devaient s’arrêter, s’arcbouter en me tournant le dos, mais elles ne perdaient pas leur sourire, dans un cri de détresse j’ai mêlé à mon souffle de minuscules grains de grésils qui leur piquaient les joues et les yeux, Là quand même j’ai vu quelques sourires s’estomper, mais nul n’a abandonné, toutes les crêtes ils voulaient faire, toutes les crêtes ils ont fait. Et d’un coup, d’un seul ils m’ont échappé, c’est qu’ ils commençaient à avoir faim,  ils ont quitté la crête ( reconnaissez que c’est  un signe de reconnaissance de ma force, les crêtes sont à moi et à personne d’autre), ils se sont assis un peu plus bas, à l’abri de mes caprices , de dépit avec mon ti grésil j’avais pris soin de mouiller l’herbe encore verte. Les chamois libres ont sorti de leur sac leur petit morceau de bâche à bulle, l’ont posé par terre, réduisant à néant mes efforts de mouillage d’herbe et tranquillement ont pique-niqué. Puis ils ont rejoint la combe Pontillière, tous se sont un peu déshabillés, se croyant définitivement à l’abri, y zavaient pas prévu que des fois j’arrivais à me faufiler et paf je leur donnais un coup de froid. Ils ont rejoint leur voiture, sont allé boire un coup chez des gens d’Amiens qui habitent un village encore plus reculé que celui de notre cyclotouriste, et puis ces gens d’Amiens zétaient venu juste pour l’été, mais depuis ki sont chamois zarrivent pas à repartir. Et moi je me suis infiltrée dans la maison, oh juste un petit peu, j’étais imperceptible, et j’ai vu, j’ai vu des chamois libres qui rigolaient et puis j’ai vu ça, et puis les chamois ont rejoint leurs maisons respectives, ceux de Luc ont pris la route normale ( la goudronnée), ceux de Bellegarde et la grenouille de Jonchères ont pris la piste de Montlahuc ( ça fait quand même  gagner presque une demi-heure).  Suis sûre que ces « Chamois libres » y sont pas prêts de m’oublier moi la Burle…

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    Bisous fidèles lectrices et lecteurs et ne vous privez pas de commentaire, la grenouille voilée adore les commentaires, tet même qu’elle peut pas vivre sans … Remarquez, pas sûr…

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    Bonjour Vazaha ou Voyage à Madagascar

    Voilà, vous pouvez lire, même je vous encourage à lire et à laisser vos commentaires, vu que un auteur sans lecteur c’est quoi ? Pas grand chose, ok on est pas grand chose en ce monde, mais quand même …

    Voici un message
    Du peuple malgache

    Qui offre en partage
    Tout son grand courage :

    Notre belle terre
    Où règne misère
    Entourée de mers
    On en est tous fiers

    Grelots de sourire
    Pour ne pas mourir
    Subissons le pire
    Sans jamais gémir

    D’un petit clin d’œil
    Offrons notre accueil
    A tous nos aïeuls
    Sortis du cercueil

    Nos milliers d’enfants
    Qui jouent autrement
    Sont parfois bruyants
    Mais si pleins d’élan

    Ne tenons rigueur
    Au sort ravageur
    Resterons joueurs
    A l’abri des pleurs

    A tous les vazahas
    Crions nos hourras
    Et de nos tracas
    N’en faisons pas cas

    Un homme, une femme, Lui encore très jeune, Elle pas encore vieille, Elle c’est Yasmina, Lui c’est Yamin, 1200 kilomètres en vélo, 170 kilomètres en train, 1400 kilomètres en taxi-brousse, 17 kilomètres en pirogue, 6 kilomètres en pousse-pousse, un certain nombre de kilomètres à pied, des grelots de « bonjours vazahas » tout au long du voyage, de la misère, beaucoup de misère et des sourires et encore des sourires, des paysages à vous couper le souffle, voilà leur voyage à Madagascar.

    Ouvrage en recherche d’éditeur, je verrai cela à mon retour… Promis, je ferai tout pour me faire éditer, ça et le reste, pour l’instant je vous ai dit que j’avais revu mes objectifs à la baisse, cela veut dire que pour me faire éditer et terminer ma maison (sauf le trou dans le toit) ce sera à mon retour, merci de votre compréhension…

    Forts de cette expérience, Yasmina et Yamin se sont précipités à l’aéroport au mois d’août, Ils ont eu leurs deux cartons sans problème, ce jour-là le vent était calme et tout se passa bien.

    Pour emballer les sacoches de vélo et autres babioles ils avaient autrefois des sacs en plastique écossais, vous savez, ces sacs que l’on voit dans les aéroports lors des grandes migrations d’été et qui servent à emballer le tout et n’importe quoi, sacs qui peuvent se replier quand ils sont vides, sacs qui ne coûtent pas cher et qui, luxe suprême ne pèsent rien. Les sacs en question ont rendu l’âme lors de leur voyage au Mexique, ils les ont remplacés par des sacs identiques, même forme, même matière, même usage, sauf qu’ils ne sont pas écossais, l’un est décoré de magnifiques « Winnie l’ourson » rouges et l’autre de non moins magnifiques « Winnie l’ourson » jaunes. Le jaune est pour Lui, le rouge est pour Elle.

    Voilà pour les préparatifs, donc aujourd’hui Ils partent.

    « France info, France info »

    C’est le réveil qui vient de sonner, il est quatre heures et demi du matin. D’un bond Ils sont debout.
    Depuis la veille tout est bien rangé dans leur voiture : tout, c’est-à-dire les vélos dans leurs cartons, les sacoches dans les sacs « Winnie l’ourson », le rouge et le jaune. Ils vont rejoindre la sœur de Yasmina qui habite à mi-chemin entre leur domicile et l’aéroport et qui à chacun de leur voyage, gentiment les accompagne et vient les rechercher.

    Ils sont un peu serrés dans la voiture, bien que ce soit un break, trois humains, deux vélos et des sacs, c’est un peu juste. Les deux filles sont sur le siège avant droit, l’Homme conduit et Yasmina essaie tant bien que mal de se cacher pour éviter de se faire repérer par les gendarmes, mais les gendarmes dorment encore et ils arrivent sans problème à l’aéroport.

    L’avion n’est pas tombé entre Lyon et Paris, il n’est pas non plus tombé entre Paris et Tananarive. Ils ne se sont pas perdus à Roissy.

    Durant le vol Yasmina s’ennuie un peu, elle veut savoir quelle heure il est, elle cherche son compteur tout neuf qui fait aussi office de montre dans sa sacoche à main, ne le trouve pas, fouille l’intégralité de ses bagages à main, ne le trouve toujours pas et pousse un grand cri :

    – Yamin, Yamin, mon compteur ?- Quoi, ton compteur ???- Il n’est pas dans ma sacoche avant.- Tu es sûre, tu as bien cherché ?- Oui, j’ai regardé partout, pleurniche Yasmina.- Tu l’as peut-être mis ailleurs, répond Yamin.- Non, je ne crois pas.- Yamin ?- Oui.- Yamin, tu te rappelles quand j’ai pesé ma sacoche avant ?- Oui, je me souviens.- Et bien, elle n’était pas fermée et tout s’est renversé.- Oui, mais on l’aurait bien vu ton compteur, s’il avait été par terre, ou dans une cagette, nous avons tout vérifié, souviens-toi, répond rassurant Yamin.- Moi, je ne peux pas rouler sans mon compteur.- Mais si, tu peux.- Et j’aime bien savoir à quelle vitesse on va, et combien de kilomètres on a fait, et combien il en reste, se lamente Yasmina.- Yamin, si je ne retrouve pas mon compteur, on en rachète un à Tananarive, ça doit bien exister des marchands de compteurs à Tananarive.

    Yamin promet, Ils chercheront un compteur à Tananarive. Yasmina cesse alors de s’agiter.

    Vingt et une heures, heure française Ils atterrissent. L’aéroport de Tananarive est tout petit. Les formalités se déroulent sans problème quand soudain le nom de Yamin résonne partout. Qui l’appelle donc comme cela, que lui veut-on ? Ils ne comprennent pas bien, sont un peu perdus, décident de récupérer d’abord leurs bagages et ensuite de s’inquiéter de ce qu’on leur veut. Un vélo, deux vélos, « Winnie l’ourson » jaune, manque « Winnie l’ourson » rouge et donc les sacoches de Yasmina et tout son précieux barda. Mais forte de ses expériences antérieures Yasmina met dans son bagage à main de quoi survivre, c’est-à-dire ses affaires de toilette, de quoi se changer et les médicaments. Voilà donc pourquoi Yamin avait été appelé, c’était « Winnie l’ourson » rouge qui, perdu, criait au secours, sauf que les hôtesses se sont un peu trompées, « Winnie l’ourson » rouge c’est à Yasmina, « Winnie l’ourson » jaune étant à Yamin. Ils vont faire leur déclaration de perte de bagage, surprennent un peu l’employé quand Ils déclarent ne pas savoir où ils vont dormir ce soir.

    Ils remontent les vélos, ouf les tendeurs étaient dans le bagage à main de Yasmina, ils peuvent donc attacher le sac de voyage sur le porte-bagages. Ils se dépêchent, Ils sont presque les seuls dans l’aéroport, visiblement on attend leur départ pour fermer.

    Ils se font aborder par deux employés de l’aéroport.

    – Vous allez où ?
    – A Tuléar.Regards d’étonnement.
    – Et vous repartez quand ?- Dans un mois, répondent laconiquement nos deux voyageurs fatigués.
    – Si vous  voulez que l’on vous garde vos cartons, ce sera dix euros, proposent les deux hommes.

    Yasmina et Yamin n’y croient pas, quelle aubaine, s’ils avaient su, ils auraient évité de les déchirer. Ils s’embrouillent un petit peu dans la date de leur retour, sortent leur billet d’avion, finissent par comprendre que ce sont les employés qui ont raison, lesquels promettent d’être là  au jour et heure dit, Yamin et Yasmina n’y croient pas trop, mais…

    Ils sortent de l’aéroport avec un peu, voire même beaucoup d’angoisse. Il fait nuit, Ils ont lu qu’il y avait un hôtel à environ trois kilomètres, Ils devraient pouvoir le rejoindre sans trop de problème. Les lampes frontales sont fixées à l’avant, les petites lumières rouges sont fixées à l’arrière, dehors il n’y a pas grand monde, ils remontent ce qu’ils croient être la nationale qui mène à Tananarive, au bout de quelques centaines de mètres trouvent cette route vraiment petite, déserte et sans la moindre circulation. Ils ont dû se perdre sur un chemin de campagne, font demi-tour, se renseignent, Ils sont bien sur la bonne route, refont demi-tour, un hôtel est indiqué, Ils s’y précipitent, il y a de la place, les voilà en sécurité pour la nuit, Eux et leurs vélos.

    Dimanche 4 septembre 2005 : 1er jour Ivato-Antanarivo 30 kilomètres

    Yasmina se réveille, il est cinq heures, heure de Paris. Ici il y a une heure de décalage, donc soit il est six heures, soit il est quatre heures, en tous cas il fait jour, peu importe l’heure, on leur a bien recommandé de ne pas rouler de nuit, Ils décident de vivre à l’heure solaire, allez hop les voilà debout.

    Premier regard sur Madagascar, la terre est rouge et les bananiers sont verts. Des bicoques entourent l’hôtel, un peu plus loin des rizières, dans les jardinières les géraniums tentent de se refaire une santé. Soleil et nuages se partagent le ciel.

    Leur première nuit malgache fut bonne, ni bruit de voiture, ni bruit d’avion, ni trop chaud, ni trop froid et pas le moindre petit moustique.

    Premier petit déjeuner, surprise, il est très à la française, café, pain, beurre et confiture.

    Yamin prépare les vélos, vu qu’à l’aéroport Ils n’ont pas trop eu le temps. Réglage des selles, des guidons, vérification du gonflage des pneus, vérification des freins, arrimage de leurs bagages sans les sacoches de Yasmina, perdues entre Lyon et Madagascar.

    Yasmina a froid, très froid, pourtant Elle a enfilé polaire n°1, polaire n°2 et polaire n°3. Le ciel se couvre et se découvre au grès de ses humeurs, et ses humeurs sont plutôt changeantes. Yasmina s’ennuie un peu et observe ce qui l’entoure.

    Son regard est attiré par de drôles de plantes qui poussent le long d’un mur. Ces plantes ont un pied, très haut, très moche, très gris, avec plein d’épines, au bout de ces trucs très moches, de magnifiques fleurs rouges. Yasmina apprendra plus tard le nom de ces plantes « épines du Christ ». La beauté aurait-elle raison des souffrances ?

    Mille larmes sanglantes
    En bouquets pomponnées
    Sous la brise hésitantes
    Essayent d’échapper
    Aux épines piquantes
    Par le Christ léguées

    Ca y est tout est prêt, il est sept heures, heure française, il faudra quand même qu’Ils se renseignent sur l’heure locale. Les voilà sur leurs vélos, à eux la liberté, la découverte et la joie de pédaler. Antananarivo n’est qu’à une vingtaine de kilomètres, pour une première journée, l’effort ne sera pas trop intense !

    Ils avaient décidé de visiter la capitale au retour, mais vu l’absence de bagages, Ils changent leur programme et avancent la découverte d’Antananarivo en espérant que « Winnie l’ourson » rouge soit dans l’avion du soir.

    Il y a un petit vent du Sud, qui correspond à leur vent du Nord, ce vent pique les yeux de Yasmina et ses yeux pleurent. Elle enfile ses gants et chausse ses lunettes spécial vélo. Ces lunettes sont profilées, avec des verres aux reflets multicolores et des verres correctifs clipsés à l’intérieur. Elle se croit une star, mais Elle ressemble plutôt à une extra-terrestre, en tous cas ses yeux ne pleurent plus, c’est le principal, et ces yeux Elle les ouvre grands, grands, grands. Yamin avance tranquillement, lui aussi ouvre grands ses yeux, Il a un peu peur de ce qu’Il voit.

    Ce voyage Ils en ont rêvé depuis si longtemps qu’Ils ne veulent pas en perdre la plus petite miette. La route est toute droite, Ils traversent quelques faubourgs, à droite des rizières, à gauche des rizières. Et puis des gens, beaucoup de gens, un grand nombre marche, quelques uns sont en vélo, quelques voitures déglinguées les dépassent à grand coup de klaxon, en laissant derrières elles un épais nuage noir. Yasmina est un peu rassurée, Elle ne ressent nulle agressivité. Elle a toujours en tête l’agression dont Elle fut victime en Turquie et un fond de peur reste accroché dans son cœur.

    Cela faisait une semaine qu’Ils étaient en Turquie. C’était au sortir d’un village, la route montait, Yamin devait être deux virages au-dessus et Yasmina pédalait à son rythme. Un vélomoteur s’était mit à rouler à sa hauteur et son conducteur avait commencé à la baragouiner, d’où Elle venait, où Elle allait et si Elle était allemande. En généra

    Cela faisait une semaine qu’Ils étaient en Turquie. C’était au sortir d’un village, la route montait, Yamin devait être deux virages au-dessus et Yasmina pédalait à son rythme. Un vélomoteur s’était mit à rouler à sa hauteur et son conducteur avait commencé à la baragouiner, d’où Elle venait, où Elle allait et si Elle était allemande. En général les turcs sont curieux et lient facilement conversation, Yasmina était un peu irritée mais avait répondu poliment, tout d’un coup l’homme avait glissé sa main sous son maillot. Yasmina était terrorisée, après l’avoir violemment bousculé elle s’était mise à hurler « Yamin, Yamin, Yamin ». Ce sinistre individu avait-il senti la détermination de Yasmina à se battre jusqu’à ce que mort s’en suive,  avait-il compris qu’Elle n’était pas seule et que son homme allait le tuer, ou croyait-il que parce qu’une femme avec des bras, des jambes et un visage était une Marie couche toi là ? Toujours est-il qu’il avait abandonné sa proie et fait demi-tour. Yamin ne voyant pas arriver sa petite coéquipière avait fini par venir à sa rencontre. Elle était arrêtée, tremblait comme une feuille morte, maudissait la terre entière et les turcs à vélomoteur en particulier. Depuis, même en France, quand Elle est seule sur son vélo, dés qu’Elle entend un bruit de vélomoteur, Elle se met à trembler. Ici à Madagascar, les vélomoteurs sont extrêmement rares, Yasmina est rassurée, elle risque moins ce genre de mésaventure, et puis Yamin a ordre de ne pas La quitter des yeux dans son rétroviseur.

    Ce premier contact avec les Malgaches est donc plutôt rassurant. Il est Dimanche, beaucoup de femmes lavent leur linge dans une eau boueuse et de multiples tâches multicolores agrémentent les talus qui bordent les rizières. Tout est écrit en Français, bizarre, bizarre…

    Les voilà bientôt à Antananarivo, Tana pour les intimes. On raconte que c’est la ville des milles soldats, ne serait-ce pas la ville des milles collines ? Des collines il y en a partout. Ils en gravissent une première, c’est raide, au moins 15% de pente et la rue est pavée et glissante, mais leurs muscles fonctionnent bien.

    Au sommet de cette colline se trouve le « Palais de la Reine », tout au moins ce qu’il en reste car un incendie criminel l’a détruit en grande partie en 1995 et un cyclone eut raison de ses restes en 2004. L’entrée est payante, trois mille Ils ne savent pas trop quoi, Ils ne comprennent pas bien comment fonctionne la monnaie ici. Ils ont peu d’argent local, juste la monnaie de l’hôtel qu’Ils ont payé en euros.

    Yamin ne veut pas abandonner les vélos, Ils hésitent à visiter, finalement Yasmina décide de visiter seule ce site, Elle a peur de regretter toute sa vie de ne pas avoir admiré ce palais fantôme. En fait il ne reste qu’une carcasse de bâtiments, mais vue à 360° sur Tana, Yasmina fait multes photos. Le ciel s’est dégagé et un bleu profond éclaire la ville. Yasmina regarde : quelques immeubles, un fleuve au loin, deux grands lacs et une multitude de petites maisons enchevêtrées sur les collines, et des rizières, et au loin des montagnes, Yasmina est séduite, là voilà déjà amoureuse de ce pays. Attenant au palais fantôme une petite chapelle très sobre à l’intérieur, toute en blanc et marron. Plus loin une dizaine de colonnes, les romains seraient-ils venus jusqu’ici ? Un échafaudage fait de bois entrelacés pourrait rivaliser avec les sculptures modernes.

    Une statue toute blanche regarde d’un air songeur les rares touristes et un cactus moche comme un cactus fait face à un arbre qui voudrait bien caresser le ciel.

    Une statue de marbre
    Etale sa blancheur
    A l’ombre de son arbre

    Sa jupe relevée
    Ne laisse entrevoir
    Que des jambes musclées

    De son regard songeur
    Immobile à jamais
    Scrute le voyageur

    Peut-être était-elle noire
    Avant d’être sculptée
    En femme de l’espoir

    Yamin attend sagement, fidèle gardien des vélos. Lui d’habitude si réservé est entouré de quelques jeunes malgaches et discute avec eux.

    – Vous allez où ?
    – Toliary, par la nationale 7.
    – Oh là là, vous êtes courageux.
    – Comment est la route ?
    – Longue, se contentent de répondre les étudiants.

    Yamin n’en saura pas beaucoup plus. En revanche les malgaches veulent tout savoir, où Ils habitent, et leurs vélos, Ils les ont achetés où, et combien ils ont coûté, et ne veulent-Ils pas un guide ? Eux sont étudiants, ils essaient de gagner un peu d’argent en guidant les touristes. Mais Yamin explique qu’Il n’a même pas assez d’argent pour payer l’entrée pour visiter le palais, ce qu’Il ne dit pas, c’est qu’Il n’aime pas les guides, Il aime découvrir seul, Il aime être tranquille pour se plonger dans son monde intérieur, seule Yasmina est tolérée, à condition qu’Elle ne jacasse pas trop.

    Ils remontent sur leurs vélos et redescendent très prudemment la colline pour aussitôt en remonter une autre. Ils cherchent le centre touristique, le guide ayant dit que c’est là que l’on trouve des hôtels, et le centre est sur une colline.

    Yasmina est en forme, mais Elle n’a quand même pas envie de grimper les mille collines de Tana, et ce d’autant plus que la faim commence à se faire sentir et qu’Ils ne savent toujours pas quelle heure il est, vu qu’Ils n’ont toujours pas compris dans quel sens le décalage horaire se faisait et qu’Ils n’ont pas de montre. Mais de centre touristique nenni. En revanche que de misère, d’emblée elle leur saute à la figure, les gens sont nus pieds, vêtus de haillons raides de crasse, des gens pas lavés depuis des siècles, beaucoup mendient.

    L’ambiance a un côté très indien, avec des tas de petites échoppes, du monde et de la misère, trop de misère.

    Ne trouvant pas le centre ville touristique Ils se mettent à la recherche d’un distributeur automatique de billets, en trouvent un, mettent en pratique leur technique de surveillance, technique mise au point depuis le vol de leur carte bleue à Istanbul.

    Là-bas Ils s’étaient fait avoir comme des débutants. Ils essayaient vainement de retirer de l’argent à un distributeur automatique. Il y avait deux distributeurs, Ils bataillaient sur le distributeur de gauche, sur le distributeur de droite il y avait quelqu’un qui semblait retirer de l’argent. Ils allèrent donc sur le distributeur de droite, bataillèrent tout autant. Un individu leur montra comment faire en mettant sa carte « tiens, c’est bizarre » avait remarqué Yasmina « ici on met les cartes dans l’autre sens, c’est-à-dire face en bas, ma foi pourquoi pas ! ». L’individu d’un bond avait pris la carte de Yamin des mains et l’avait introduit dans le distributeur de gauche, cette fois ci ça avait l’air de marcher, restait à taper le code. Yamin commençait à s’impatienter du manège de cet individu et mû par un bon instinct ne tapait pas son code, Yasmina encore très naïve lui reprocha de se méfier de tout le monde et que ce monsieur était là pour les aider et que d’ailleurs Elle avait lu que les turcs étaient des gens très accueillants. Elle Lui dit qu’Il se faisait du souci pour rien, que l’autre voulait juste les aider, finalement Yamin pressée par Yasmina tapa son code. A ce moment là l’individu se sauva et la machine à distribuer des sous ne recracha ni sous ni carte, Ils comprirent alors leur erreur. Sur le coup ils se demandèrent quel tour de passe-passe le voleur avait fait car Ils l’avaient bien vu introduire une carte. Ils repassèrent mille fois le film dans leur tête et en conclurent que la carte introduite devait être un leurre pour la machine et Yasmina s’en voulût, Elle aurait dû le remarquer tout de suite quand cet homme avait introduit une drôle de carte et qu’Elle avait cru que les choses fonctionnaient à l’envers dans ce pays, mais Yasmina est un peu rêveuse. Yamin souvent Lui dit qu’Il ne sait pas dans quel monde Elle vit. Yasmina pense de même de Yamin, Elle a fini par conclure qu’Ils n’étaient pas de ce monde et qu’il fallait s’en accommoder. Cette mésaventure leur coûta  un certain nombre d’euros, le temps de faire opposition le voleur ayant retiré le maximum autorisé.

    Maintenant Ils sont hyper prudents et ne retirent de l’argent que dans des distributeurs accolés à une banque ouverte, l’un s’occupe de l’opération et l’autre maintient un périmètre de sécurité d’au moins un mètre cinquante dans lequel nul ne pénètre.

    Yamin essaie sa Mastercard, refusée, Ils le savaient, Ils ont tenté quand même, des fois que depuis l’édition du guide les choses aient changé. Yasmina introduit sa carte visa, ça fonctionne, et les explications en français ça aide. Ouf, Ils ne sont plus des clochards.

    Reétude du guide à la recherche d’un hôtel. Ils optent pour « Chez Raphaël » remontée d’une colline, rappelez-vous : Tana, ce n’est pas la ville des mille soldats, mais celle des mille collines. La température s’est un peu radoucie et puis de monter des collines, ça réchauffe. Les voilà chez Raphaël, il est midi (plus ou moins une heure, ils ne savent toujours pas), il y a de la place, Ils s’installent, Yamin monte les vélos sur le balcon au deuxième étage.

    Ils demandent au réceptionniste de l’hôtel comment faire pour téléphoner à l’aéroport, le réceptionniste se propose de le faire, moyennant rétribution, Ils acceptent mais n’arriveront jamais à joindre l’aéroport. Un peu plus tard, grâce à son téléphone portable Yasmina pourra joindre l’aéroport, mais malgré son insistance, ils refusent de livrer les bagages à l’hôtel.

    Très bien Ils prendront ce soir un taxi pour aller récupérer leurs précieux biens. Reste à réserver un taxi. Le réceptionniste se propose de s’en occuper.

    – Je vais vous trouver un bon taxi.
    – Ca va nous coûter combien ?
    – Quarante mille ariarys aller-retour.
    – Et si nous prenons un petit taxi, vous savez les 4L que nous avons vues en ville, nous n’avons pas besoin d’un taxi luxueux, propose Yasmina.
    – Ils tombent toujours en panne, vous n’êtes pas sûr d’arriver à l’aéroport, répond le réceptionniste.
    – Bon d’accord, il faut combien de temps pour aller à l’aéroport ?
    – Une demi-heure.
    – Rendez-vous à 22 heures alors ?
    – Pas de problème.

    Ils retournent visiter Tana, cette fois-ci à pied, après les routes pavées, ce sera les escaliers. La faim maintenant les tenaille. Ils ne trouvent pas de vrai restaurant et hésitent à entrer dans ce qui pourrait en être mais qui semble si crasseux, prudemment Ils préfèrent habituer petit à petit leur estomac à une nourriture inconnue. Finalement vers quatorze heures (toujours plus ou moins une heure) Ils trouvent un restaurant qui ressemble à un restaurant, Yasmina glisse un œil, la salle est vide. Un homme derrière le bar semble absorbé par son ordinateur, c’est un français.
    – Vous servez à manger ? Interroge Yasmina.
    – Bien sûr, installez- vous, répond l’homme.
    Il leur présente la carte, tout ce qui est proposé est bien français, style steak frites. Yasmina et Yamin ont dû tomber dans le seul restaurant français de Madagascar. Ca c’est du Eux tout crachés, Ils changent de pays, d’hémisphère même, et tombent sur un français.Ils commandent donc un peu déçus leurs steaks frites.
    – Vous êtes depuis longtemps à Madagascar ?
    – Non, nous arrivons, et pour la première fois nous n’avons pas trop osé manger n’importe quoi dans la rue.- Oh, il n’y a pas de problème, les petits restaurants sont très bons.
    – Et vous, cela fait longtemps que vous tenez ce restaurant ?
    – Cela fait six mois.
    Yasmina souffle à l’oreille de Yamin : on doit être ses premiers clients.
    Le restaurateur les questionne sur leur projet.
    – Vous allez à Toliara ? Pas de problème, ça descend tout le long, affirme-t-il d’un ton péremptoire.
    Ils sont plus déçus que rassurés, pourquoi s’être tant entraîné à gravir les côtes, pourquoi avoir tant souffert dans le Mont Ventoux si c’est pour se payer une longue descente vers la mer ?

    Le repas achevé les voilà partis à la découverte d’Antanarivo. Les petites ruelles cachent de fabuleux trésors, là une demeure coloniale, là une bicoque qui ne paie pas de mine mais dont le jardin caché respire la douceur. Se côtoient les toits en tuile, ceux en tôle rouge et puis d’autres en tôle toute rouillée. C’est la fin de l’hiver et beaucoup d’arbres sont encore dénudés. Des rangées de linge multicolore égaient les balcons. Yasmina vite prend une photo, Yasmina est fascinée par le linge qui pend.

    – Yamin, viens vite, regarde, crie Yasmina.
    – Où veux-tu encore aller Min, tu vois bien que nous sommes chez les gens.
    – Mais non, là il y a un passage, elle est pas mimi cette cour ?

    De ruelle en ruelle Ils débouchent sur un long escalier, des enfants endimanchés les précèdent, les attendent et leur demandent des bonbons, Ils refusent, par principe, ne voulant pas transformer en mendiants toute une génération d’enfants.
    – Je peux faire une photo ?
    Les enfants sont ravis, posent et se regardent sur l’écran avec émerveillement. Une des petites filles est d’une étrange beauté.Ils ne parlent pas le français. Yasmina essaie de leur faire comprendre qu’Elle voudrait leur adresse pour leur envoyer les photos. Un enfant finit par gribouiller quelque chose sur le carnet de Yasmina, mais est-ce bien leur adresse ?

    Plus loin toujours sur l’escalier deux jeunes en tenue de sport montent et descendent en courant une vingtaine de marches, après de longues minutes de ce manège, ils étirent leur muscles sur la rambarde de l’escalier, salle de gym, style débrouille.

    Sur une place un bâtiment orné de quatre colonnes, c’est l’école de médecine, Ils en déduisent qu’Ils sont bien dans le centre d’Antananarivo, en fait il n’y a pas vraiment de centre individualisé, mais plutôt plusieurs quartiers.

    Ils ont marché et marché et marché et aspirent à un peu de repos, un parc les accueille, c’est Dimanche, les familles flânent, des enfants, comme dans tous les pays du monde courent partout, beaucoup sont pieds nus et en loque. Les toboggans sont pris d’assaut. La température s’est adoucie et Yasmina transforme son pantalon en bermuda. Ils s’assoient dans l’herbe, Yasmina observe et Yamin étudie le guide.Ils sont bientôt rejoints par un jeune malgache bien habillé, style petit frimeur.
    – Vous êtes français ?
    – Oui, répondent poliment nos deux touristes.
    – De la Réunion ? Continue le malgache.
    – Non de Lyon, répond Yamin.
    – Vous parlez bien le français, vous l’avez appris à l’école ? Rajoute Yasmina.
    – Oui et dans les livres, j’ai dû abandonner l’école et je cherche un sponsor pour continuer mes études.
    Cette phrase, Yasmina et Yamin l’entendront plusieurs fois. Phrase toujours prononcée par des malgaches dont le niveau de vie a l’air bien supérieur au niveau moyen. Sont-ils sincères ou est-ce le moyen qu’ils ont trouvé pour gagner leur vie ? Yasmina et Yamin comprendront vite que dans ce pays chacun se « débrouille », simple question de survie.

    Après ce repos bien mérité nos deux voyageurs reprennent leur déambulation, une lumière orangée fait flamboyer les collines. Yamin regarde, songeur, et Yasmina photographie devant, derrière, à droite, à gauche, encore et toujours.
    Ils débouchent sur une grande avenue qui s’appelle selon l’endroit avenue de l’indépendance ou avenue de la liberté, tout un symbole. Le marché couvert capte sur ses toits de tuile les derniers rayons du soleil.

    Dans la rue de petits étals où l’on vend toutes sortes de choses et notamment de jolis petits tas de fraises en pyramide bien ordonnée avec leur queue coupée. Yamin craque et en achète un tas. Des gamins miséreux les repèrent et s’arrachent les fraises, tendant leurs mains crasseuses. Certains trichent et en veulent deux fois, Yasmina leur fait remarquer :
    – Tu as vu tes mains, elles sont toutes rouges, tu en as déjà eues, laisse-en aux autres.
    Alors d’un œil complice les enfants rigolent.

    Malgré cette pauvreté se dégage de Tana une atmosphère envoûtante de calme et de sérénité, peut-être est-ce la lumière, peut-être parce que ce n’est pas une mégapole, peut-être parce que l’agressivité n’existe pas, peut-être tout simplement parce que la ville fait sa pause du dimanche.

    Fatigués, les yeux étourdis de contradictions Ils vont manger dans le restaurant voisin de leur hôtel, c’est un restaurant dans un hôtel un peu plus haut de gamme que celui dans lequel Ils ont échoués. La salle à manger n’est occupée que par des touristes. Là encore les plats proposés sont français.

    Retour « Chez Raphaël », vérification auprès du réceptionniste que le taxi est bien réservé.
    – Oui, oui, ne vous inquiétez pas, il sera là à vingt-deux heures.

    Ils s’informent de l’heure, il est vingt heures, soit une heure de plus qu’en France. L’absence de compteur qui tenait aussi lieu de montre fait qu’Ils sont assez démunis lorsque le soleil est couché pour respecter un horaire. Yamin a la bonne idée de régler l’appareil photo sur l’heure locale, ce n’est pas très pratique, mais demain Ils essaieront de trouver un compteur et une montre.
    Ils montent se reposer dans la chambre et s’endorment.
    Tout d’un coup tambourinement à la porte. L’heure est respectée à la minute près. Ils sont vite debout. Le taxi n’a de taxi que le nom, rien ne l’identifie comme taxi, c’est une vielle guimbarde, leur souhait de ne pas avoir un véhicule de luxe est exaucé au-delà de leurs espérances. A côté du chauffeur prend place le réceptionniste. Ils ont compris, Ils se « débrouillent ». Arrêt à la station service, le chauffeur met trois litres de carburant. La route leur paraît plus longue qu’à l’aller en vélo, seraient-Ils tombés dans un guet-apens ? Non les voici bientôt à l’aéroport. Le « taxi » va les attendre.

    Ils sont en avance, commence alors une longue attente. Sur le côté de la porte d’arrivée hermétiquement close une barrière, derrière la barrière des malgaches. Yasmina se campe derrière la porte, un policier lui demande ce qu’Elle fait là.
    – J’attends mon bagage qui n’était pas dans l’avion hier et qui devrait arriver ce soir, explique Yasmina.
    – On vous appellera, répond l’homme en uniforme sur un ton désagréable, allez-vous mettre derrière la barrière.
    Yamin obtempère sans mot dire, Yasmina obtempère en marmonnant son désappointement. Yasmina n’aime pas les barrières et encore moins se retrouver derrière une barrière.

    Arrive l’avion. On ne les a pas appelés. Yasmina se représente devant la fameuse porte.
    – On a dit qu’on vous appellerait.Yamin lui attend toujours sagement derrière les barrières.

    Arrivent les voyageurs. Yasmina se présente à nouveau devant la porte et se fait encore refouler. Yamin peste contre l’entêtement de Yasmina.
    – Ecoute un peu ce que l’on t’a dit, ils vont nous appeler.
    – Et s’ils nous oublient ?
    – Ne t’inquiète donc toujours pas comme cela.

    Une voix au haut parleur égrène une litanie de noms. Ils comprennent qu’il s’agit des voyageurs n’ayant pas leurs bagages, c’est une vraie épidémie.

    Puis voilà les bagages et avec eux du personnel d’air France bien reconnaissable avec leur gilet jaune sur lequel est écrit « Air France »Yasmina se précipite. On la laisse enfin passer. Yamin alors la suit. Les bagages défilent, le leur n’est pas là.
    Une espèce de camionnette fait les allers-retours entre l’avion et la zone de déchargement. Lorsqu’elle pénètre sous le hangar elle doit escalader un gros rebord de trottoir, elle est alors violemment soulevée et retombe tout aussi violemment, le tout dans un véritable bruit d’enfer, les bagages en sont tout chahutés. Yasmina pense aux souffrances futures de « Winnie l’ourson » si tant est que celui-ci daigne un jour montrer le bout de son nez.

    A côté d’eux un jeune européen attend et surveille lui-aussi avec grande attention l’arrivée des bagages. Yasmina entame la conversation :
    – Vous avez égaré votre bagage vous aussi ?
    – Non, j’attends mon chat.
    – Il voyage dans la soute le chat ?
    – Oui, il y un endroit pressuré pour les animaux.
    – Et ça ne le traumatise pas le chat ?
    Coup d’œil hargneux du propriétaire du chat. Elle se mêle de quoi celle-là ? Son chat il l’aime, d’ailleurs c’est pour cela qu’il ne s’en sépare jamais.

    Voici « Winnie l’ourson » rouge qui fait son apparition, un grand sourire illumine Yasmina. Les formalités d’usage sont vite réglées. Le chauffeur du taxi les guette et les ramène à l’hôtel pour une nuit sans problème.

    Pour la suite il faudra attendre que je revienne et fasse éditer mon ouvrage, si vous laissez vos coordonnées ne manquerai pas de vous tenir au courant…La suite est passionnante de chez passionnante ( à mon avis bien sûr mais aussi de ceux qui l’ont lu), oui vous pourrez partager avec nos cyclotouristes leurs milles aventures : quand le train est tombé en panne, la femme qui a accouché sur le quai, quand ils ont du affronter le feu, et Yasmina qui a fait front à un camion en traversant un pont sur lequel il n’y avait la place que pour un, et les affres du désert, et le coup de chaleur presque mortel, et la bande de sable sur lesquels ils se sont perdus, et la mangrove et ses bêtes piquantes, et les baobabs, et les paysages à couper le souffle et hélas la honte d’être français devant tant de misère laissée derrière soi, et toujours, toujours les sourires du peuple malgache, leçon de vie….Quant au cyclotouriste qui me demandait des renseignements, qu’il me contacte directement par mail, je lui fournirai l’itinéraire, ce qu’il faut voir, où dormir, etc, etc)

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    Pas le pied…

    Ce matin départ pour Lyon à 9 heures, le Glandasse est tout blanc… Prise en stop d’une dame, à peine elle descend d’une voiture que je la prends, lui dis que je la connais, normal elle travaille au syndicat d’initiative, pour pas faire comme tout le monde, elle, elle était pas en panne de carburant mais en panne de batterie… Récupération de mon passeport biomachin chose, monsieur le maire du chef-lieu de canton me propose de m’accompagner de Caracas à Quito, physiquement il en serait plus que capable, mais abandonner sa femme, sa commune, son canton, et son diois, là non…Moi suis pas maire, suis que mère et mes enfants sont grands, donc peux partir… Puis prends un autre auto-stoppeur, faut dire que chez nous y a pas de transports en commun, alors quand pas de voiture reste le vélo, mais attention les dénivelées, ou le stop qui marche très bien, à condition qu’une voiture passe…Mon auto-stoppeur est un pur émigré diois, il travaille à son rythme dans les plantes médicinales, là il allait à Toulouse voir des amis à lui, on parle, et j’apprends qu’il part en décembre au Chili chez un ami indien pour parfaire sa connaissance des plantes médicinales. Sur la route pas grand monde, à part des camions- citerne de carburant…Vous me direz c’est le pied ce début de journée, oui mais attendez la suite : arrivée à Lyon en avance, pas grave, vais manger un bout, puis vais à mon rendez-vous (podologue pour des semelles orthopédiques), à peine ai-je pausé mon panier de chaussures que je m’aperçois que j’ai oublié de payer le parking, j’abandonne tout, je cours, trop tard une amende de 11euros… Pas le pied… Retourne chez le podo, les semelles ça va pas… Pas le pied… En profite pour essayer de trouver mes chaussures, le Vieux campeur fait pas cette marque, cherche d’autres magasins de trail, me précipite chez le premier en centre ville de Lyon, le parking est à 6 euros la 1ère heure, pas le pied…Fais demi-tour, vais me garer à un de mes parkings préférés, vais au magasin, horreur, fermé, comprends pas bien, et puis réalise qu’on est lundi, pas le pied…Cherche un autre magasin, c’est rue de la Barre, sais que c’est quelque part par là, me renseigne auprès d’une charmante demoiselle, elle connait pas, pas  le pied… Demande à un autre jeune homme, il sait lui aussi que la rue de la Barre est par là, mais où ? Il sort son plan, c’est juste à coté, lui dit que la prochaine fois prendrais mon plan de Lyon, il me dit que j’ai pas bien choisi mon jour, comprends pas bien, puis me retrouve devant une armée de CRS, casqués, munis de bâtons et de boucliers, là je comprends, y doit y avoir des manifs, prudemment les évite, parce que si je commence à leur expliquer que suis là parce que je vais à Ushuaïa, que je cherche les chaussures magiques, et patati et patata, soit prends un coup de masse sur la tête, soit me retrouve en garde à vue, ou pire chez les fous…Pas le pied…Bon je trouve la rue de la Barre, et le magasin ? Fermé, et oui on est lundi, pas le pied, décide de rentrer chez moi, au passage m’arrête à Die au magasin de sport, des fois qu’ils aient mes chaussures magiques, fermé, et oui, on est lundi, pas le pied…Préfère pas compter le prix en transport de cette journée, et la pollution émise, tout ça pour rien, pas le pied, bon j’ai rendu service à deux personnes, c’est déjà ça…

    Pour finir un ti pied de nez ?

    Bisous vous qui me lisaient y hasta luego

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    Premières Lueurs d’Hiver

    Suis assise à mon bureau, tapotant sur mon ordinateur, devant moi le Glandasse éclairé de quelques rayons magiques…Ce week-end, visite de mon amie Françoise, la fille la plus généreuse du monde, lui ai fait connaître Die :

    D’abord on a eu froid, ensuite on a vu les chats

    aaaa

    aaaa

    Puis nous avons été dire un ti bonjour à la commune libre de St Marcel…

    aaaa

    aaaa

    A Die y a vraiment de drôles de bêtes…

    aaaa

    Des blanches

    aaa

    aaaa

    aaaa

    aaaa

    Des rouges

    aaaa

    aaaa

    Des auréolées de fée…

    aaaa

    aaaa


    aaaa

    a

    Des qui chantent la musique
    De la Clairette en guinguette
    Qui sous des airs ironiques
    Nous fait quelques pirouettes…

    aaaa

    Et après la Clairette (de Die) on voit vraiment n’importe quoi…

    aaaa

    aaaaa

    aaaaa

    Et pi à Die y a aussi la distance qui nous sépare d’Ushuaia, euh non Tombouctou…

    aaaa

    aaaa

    Juste va falloir pousser…

    aaaa

    aaaa

    aaaa

    aaaa

    aaaaa

    aaaaa

    aaaaa

    Aujourd’hui nous n’avons pas eu froid, l’expérience d’hier nous a servi, équipés de multe polaires, gants, écharpe, bonnets, nous sommes allés (à pied) rendre visite à « mon » berger et sa femme Françoise, des gens avec qui je suis en « résonance », des qui pour me souhaiter leurs vœux de bonne et heureuse année m’envoient un mail en me racontant l’histoire du petit colibri :

    « C’était un jour, en Amérique du Sud d’ailleurs, des pluies torrentielles s’abattaient sur tout le continent (les humeurs d’el Nino ?), bientôt ce ne fût sur tout le continent qu’inondations, glissements de terrains et catastrophes en tous genres, au milieu de ce chaos il y avait un rhinocéros qui avait réussi à sauver sa vie en s’agrippant à un immense arbre de la forêt qui dérivait au petit bonheur la chance, sur une des branches de cet arbre un colibri. Le colibri s’abreuvait tranquilement goutte après goutte. Le rhinocéros, après l’avoir observé de longs instants lui demanda :
    – Tu crois que tu vas réussir à absorber toute cette eau que le Dieu Soleil dans son désespoir a déversé sur cette terre ?
    Le petit colibri, tout en continuant de boire répondit :
    – Non, mais je fais ma part.
    Essayons chacun de faire notre part.
    .. »

    Je disais donc, tandis que nous allions rendre visite à  » mon » berger, les premiers flocons, oh petits, petits les flocons, mais flocons quand même, se sont mis à voltger autour de nous, alors j’ai réalisé que nous entrions dans l’hiver et que même si dans ma tête j’étais déjà partie, il fallait que je me prépare à « affronter » l’hiver, quand je dis « affronter » c’est histoire de parler comme tout le monde, car même si l’an dernier cet hiver m’a cassé le poignet et que le corps médical m’a écrabouillé la main, je continue à aimer l’hiver, sa neige, ses bourrasques qui parfois vous jettent par terre, et puis l’an dernier, j’ai découvert les raquettes, à moi les grandes étendues vierges du Diois, le chevreuil qui nous surprend au détour d’un virage, les traces que vous examinez avec soin, tentant de découvrir qui est passé là : le cerf ? La biche, le sanglier ou le loup ? A moins que ce ne soit un oiseau, peut-être l’oiseau de feu…

    Le berger il est cool avec moi, parce que je suis une très mauvaise fermière, c’est pas qu’il est cool parce que je suis mauvaise c’est juste ki m’en veut pas d’être mauvaise (fermière parce que suis pas mauvaise pour tout). Il y a deux ans il me confie tout son troupeau, 314 brebis, un bouc et un patou, il en avait monté 314 à l’estive, il en avait redescendu 314, puis les brebis ont brouté la bonne herbe de chez moi et ensuite le berger n’en a récupérées que 313, le loup en avait mangé une. Cette année me reconfie à nouveau son troupeau ( qui au passage prenait un malin plaisir tous les matins à 5 heures à venir faire béé-béé, ding-ding et wou-wou sur mes fenêtres…) et bin y a une brebis qui s’est échappée et malgré les trésors d’ingéniosité déployés par le berger (sel, grain, patou, aide de son fils) et bien la brebis a pris son élan, d’un bond d’un seul, elle a sauté par dessus la clôture, jamais elle ne sera retrouvée…

    Et pour les ânes c’est pire encore… Il y a Caracola, Coquine et Nanon. Caracola et Coquine sont très gentils, Nanon est imprévisible. Pendant plusieurs semaines nous nous sommes apprivoisés mutuellement, mon objectif était de pouvoir partir ensemble quelques jours gambader dans la montagne (ils auraient porté ma tente et mon duvet), le leur (je pense d’objectif) était de manger à leur faim. Je les ai nourris des poires qui faisaient craquer les arbres, leur ai aussi apporté quelques croutons de pain, ai veillé à ce que leur bassine d’eau soit toujours pleine, et pour qu’elle ne se renverse pas ai fait comme pour ma tente au col des tempêtes, ai mis des cailloux dedans ( soins bien inutiles d’ailleurs car je me suis aperçue en allant déneiger les fils du parc qu’ ils allaient s’abreuver à un des petits cours d’eau qui se cachent (ainsi d’ailleurs que les champignons) dans les nombreuse ravines qui sculptent le terrain. Donc nous nous apprivoisions mutuellement. Au début je les ai promenés à l’intérieur du parc, ai tenté de leur apprendre à marcher bien sagement tous en file, mais Nanon voulait toujours passer devant. Pour leur première sortie à l’extérieur du parc j’appelle un copain à la rescousse, nous voilà partis les trois ânes, le copain et moi sur une piste forestière, un petit coin d’herbe au soleil nous invite au repos et au pique-nique, sur les conseils du copain ( les ânes doivent s’habituer à rester auprès de moi) nous ne les attachons pas, quand soudain Nanon part au grand galop, suivi évidemment par Caracola et coquine, quitte la piste forestière, s’engage dans un chemin, je sais qu’au bout du chemin il y a la falaise, je redoute le pire, mais ouf, à 1mètre de la falaise Nanon s’arrête et les deux autres aussi, nous récupérons le tout, retournons dans notre coin d’herbe au soleil, attachons les ânes, en mettant Nanon à part, histoire de le punir et terminons notre pique-nique. Au retour le copain qui tenait Nanon me le repasse, disant qu’il ne pouvait rien en faire, avec moi tout se passe bien, Nanon me suit sans problème ( je suppose qu’il était un peu amoureux de moi…) quand tout d’un coup il se met à ruer dans tous les sens, heureusement je tenais la laisse bien comme on me l’avait appris, c’est-à-dire surtout pas enroulé autour de la main, j’ai tout lâché, et puis j’ai vu que Nanon essayait de se gratter le dos, je suppose qu’une bête l’avait piqué. Les trois ânes épuisés ont passé le reste de la soirée couchés, bien sages dans leur pré, mais le lendemain à 10 heures précises ( l’heure de la sortie de la journée précédente ils étaient là devant la maison) à attendre une nouvelle sortie…Un jour je vois Nanon en dehors du parc, je passe une demi-heure à le faire rentrer dedans, dix minutes plus tard l’était encore dehors, repasse un temps fou et une énergie démesurée à le faire rentrer, cinq minutes plus trad le vois faire : il passe sa tête sous le fil, tranquillement le soulève, et encore plus tranquillement enjambe les barrières et s’échappe. Alors là je suis très en colère, le gronde, l’attache à une vieille échelle en fonte, laquelle échelle pèse au moins trois tonnes, téléphone à « mon » berger, tombe sur le répondeur, laisse un message de détresse, au milieu de tout cela me dépêche car dois assurer le covoiturage pour aller au cours de « nu », excusez-moi faut dire « modèles vivants », fais cuire mon œuf pour le pique-nique de la rando du lendemain (vous savez mes Chamois Lucois), après un dernier regard noir à Nanon, démarre ma voiture, récupère une  cop, puis une deuxième, et avant de récupérer la troisième crie  » mon œuf, j’ai oublié mon œuf sur le feu », abandonne alors les cop ( vous inquiétez pas les ai pas abandonnées en pleine nature, les ai abandonné là où la troisième cop avait posé ma voiture, retourne chez moi, monte mes vingt virages en pestant, arrive sur mon chemin et que vois-je ? Nanon, suant et soufflant,traînant derrière lui les trois tonnes de mon échelle, évidemment mon berger l’était toujours sur répondeur, appelle un copain au secours, y me dit attache le à un arbre, et oui, c’est tout bête, pourquoi n’y avais-je pas pensé avant ? Et mon œuf ? Évidemment j’avais éteint la plaque électrique. Suis quand même allé au cours de dessin… D’où l’expression : dur la vie d’artiste…Elle est facile celle-là ? Oué, je reconnais…Quand même un jour j’ai fait un beau nu, d’accord c’est une copie du nu agenouillé d’Edward Munch, mais quand même l’est beau. Quant à Nanon il a passé la nuit attaché à l’arbre, lui ai quand même donné à boire, l’a même pas osé braire toute la nuit vu que je l’avais grondé très fort. L’explication de l’échappage d’âne c’est que le berger qui avait pas mis le courant à la clôture, du coup l’a mis très fort, du coup Nanon lors de l’essai de promenade suivante, bien que j’ai bien abattu tous les fils au sol l’a pas voulu sortir du parc, au bout d’une heure d’efforts de ma part, ai abandonné, suis partie me promener avec Caracola et Coquine, Nanon l’a pleuré tout le temps de mon absence, puis la neige est venue et avec elle la faim, les ânes sont devenus agressifs entre eux et vis-à-vis de moi, le berger leur a apporté du foin, puis me suis cassée, le berger a récupéré ses ânes, aujourd’hui n’ai pu leur dire bonjour, ils devaient être à l’abri sous les arbres quelque part dans leurs milliers d’hectares de leur parc…

    Bisous à tous ceux qui me lisent, ah oui j’oubliais, aujourd’hui me suis entraînée…à porter le bonnet péruvien…

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