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Une drôle de race : les cyclotouristes
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J75 : hammam…
Mercredi 6 avril 2011
Alpe – Neiva – Campoallegre
Distance parcourue : 71,29km
Vmoy : 11,5 km/h Vmax : 49,3 km/h
Température : minima : 23°, maxima : 35°
Dénivelée positif : 381 m
Dénivelée négatif : 382 m
Heures sur le vélo : 5H53’20 »
Départ : 7 heures 45
Arrivée : vers 16 heures 30 dans la chambre
Résumé de l’article
Cette nuit des trombes, mais alors quand je dis des trombes ce sont des trombes d’eau qui me réveillent, ça finit par transpercer le toit et le faux plafond et ça me tombe sur la tête, pas trop quand même ça dure longtemps, ça recommence un peu plus tard moins fort. Au matin dehors ces ont les grandes eaux partout, d’immenses flaques. La nuit fut chaude. Au départ le ciel est couvert et la température enregistrée n’est que de 23°, pourtant la chaleur est intense, la terre renvoie la chaleur de la veille, puis la température va atteindre 35° avec une humidité maximum, vraiment l’impression d’être dans un hammam toute la matinée. Je pédale bien, je suis toujours sur ma petite route à péage à la circulation peu intense. A gauche du vert, à droite du vert, au-dessus du gris. En fait ça fait cocote minute, la terre regorge de chaud et d’eau, les nuages font couvercle et la cyclo pédale gaiement…. J’ai décidé de m’arrêter à Neiva pour passer à la banque. Neiva est une ville beaucoup plus grande que je ne l’imaginais avec tous ses périls, qui ne sont, je vous le rappelle ni le vol, ni le viol, ni la guerillera, mais les bus, taxis, voitures, camions, motos, tueurs… Oh la la il faut que je passe un auto-pont, le souvenir de Bogota est encore bien présent, si j’étais sûre que la route en bas conduise au centre ville je la prendrai bien, je me dis aussi que c’est comme quand on a un accident en quoi que ce soit il faut vite remonter sur l’engin (en l’occurrence l’auto-pont) afin de vaincre l’appréhension, donc je monte (à toute vitesse je monte et je vous rappelle que je suis dans un hammam à 35°), tout se passe bien, je ne suis pas sûre d’avoir totalement vaincue mon appréhension des auto-ponts, sincèrement je pense qu’ici c’est excessivement dangereux, et au passage Jean-Luc je ne voudrais pas te faire peur, mais ici le danger sur la route est immense, on ne peut imaginer, les queues de poisson la règle, le serrage de près aussi, le tout à toute vitesse et à grand coup de klaxon, pire ce matin un bus m’a doublé en empiétant sur ma voie pour se remettre après sur la sienne, je crois que c’est un jeu, sauf qu’ils ne savent pas qu’un vélo chargé ça ne se manœuvre pas comme ça. A mon avis c’était moins dangereux au Venezuela, en plus au Venezuela il n’y a pas ces motos qui se faufilent partout. Ce matin, dans le seul virage de la matinée j’ai vu une voiture de police doubler à grande vitesse sans visibilité et ce malgré deux lignes jaunes. Pourtant la route est parsemée de grandes affiches «plus d’étoiles sur la route», au début je ne comprenais pas, maintenant j’ai compris, les étoiles ce sont les morts, elles sont même dessinées sur la route et la route est constéllée d’étoiles. Donc la route est très dangereuse ici. A Neiva je vois une statue monumentale au bord du fleuve, et sur le fleuve une barque, ça y est les envies d’échange me retorpillent… Je rejoins le centre ville et ses banques. Je n’ose laisser mon vélo sans surveillance et je demande à une boutique de chaussures de jeter un œil dessus, quand je reviens c’est l’animateur du club de VTT de la ville qui surveille mon vélo, j’ai le droit à toutes les photos, c’est vrai j’ai oublié de dire que ces sauvages de colombiens ils ont aussi les ipod et machins de ce genre. Les photos sont magnifiques : vététistes dans la montagne, cascade, et tout le grandiose d’ici. J’ai aussi droit à une invitation à participer à la sortie de ce dimanche, évidemment je refuse, ne suis pas la spécialiste du genre et ne sais plus piloter un vélo vide, rigolez pas les deux fois où j’ai essayé j’ai failli me planter. Et puis je n’aime pas cette ville, d’abord j’ai fait trois banques, autant de caisses automatiques, je n’ai réussi à glaner que 300 000 pesos, soit environ 80 euros. Avant un billet de 50 000 pesos (environ 15 euros) me faisait deux jours, maintenant il m’en faut presque deux par jour. Ici c’est plus cher que dans la région de Santander. Ce matin les militaires gardaient à nouveau la route, je me suis dit, ça y est Jean-Luc a repris le boulot, cet après-midi rien, il a du reprendre à mi-temps. Ce soir dans la petite ville où je suis ça patrouille sec. D’ailleurs la personne qui m’a renseignée aujourd’hui est peut-être un guerillero, il avait l’air de bien connaître la région et le paramo, et le fait qu’il m’ait dit que la guerillera depuis Cucuta j’étais dedans ça veut dire quoi ? Et c’est quoi cette guerillera où on ne voit qu’une des deux parties, et aussi les affiches invitant à dénoncer, c’est vrai que si les autres se montrent il seront immédiatement tués. Ces histoires de guerre et de guérillera m’échappent complètement, je pense sincèrement que l’instinct guérier n’est pas inscrit dans les gènes de la femme, je pense que la femme son désir c’est de donner la vie et pas la mort, là-dessus je n’autorise aucun homme à me contredire, les femmes oui peuvent me contredire, pas les hommes. Une fois un mec m’a dit que j’étais tout le MLF réuni à moi toute seule, je pense qu’il voulait me blesser, moi ça m’a bien été. Une fois un mec m’a dit que j’étais un vrai mec, ça veut dire quoi ça ? Des fois sur la route dans la douceur du hammam on a le temps de cogiter… Je quitte Neiva, et voilà je suis au Sud de Neiva avec tous ses dangers, le premier est que la route a changé, le trafic est intense, ma super piste cyclable a disparue, à la place un bas coté étroit avec un rebord pour rejoindre la route, cela veut dire que si un obstacle surgit devant vous (pierre, trou, branche, etc) vous avez le choix entre piler et passer par-dessus bord, avec un peu de chance vous tomberez dans le rio en-dessous parce que justement là il n’y a pas de parapet, soit vous choisissez d’aller sur la route, vous vous étalez parce que le rebord vous aura fait déraper et alors vous choisissez quoi pour vous faire écraser ? Le bus qui vous frôlent ? Le camion qui vous déséquilibrée, la moto ou le taxi qui vous font des queues de poisson ou le convoi exceptionnel qui tente désespérément d’aller plus vite que vous mais qui ne peut compte-tenu des nombreux contrôles dont ils font l’objet, la liste n’est pas exhaustive. Jean-Luc, en plus des vitamines, prends des calmants avant de venir ici… Allez vous êtes concentrée, prudente et vos anges gardiens sont là, tout va bien. La chaleur a diminué, le soleil pointe un peu le bout de son nez, la route est ombragée, pour un peu on se croirait en France une après-midi d’été, le vert fluo en moins (ou en plus, ça déoend de où on se place) … La fatigue est là, vous dépassez la Rivera , son tourisme, son thermalisme. Les montagnes sont à nouveau toutes proches chapeautées de nuages, la route à péage aussi est revenue mais pas la jolie voie d’arrêt d’urgence-piste cyclable, la circulation est moins intense, biens sûr vous avez des fringales et sofi et vous arrivez au bout de vos provisions et aucun village, alors vous pédalez en comptant les kilomètres. Enfin surgit une buvette dont la propriétaire tire une tête de trois mètres de long comme beaucoup de commerçants ici. Pas la propriétaire de l’hôtel où je suis, elle m’a offert une tisane, un petit pain, nous avons parlé. Il y a beaucoup de points communs entre les colombiens et les français, il y a les sympas et les pas sympas, mais… le colombien moyen est beaucoup plus cultivé que le français moyen et je crois que malgré mon maillot j’ai pris un coup de soleil dans le dos. Tout ici est démesuré et en premier lieu le soleil, ne suis plus qu’à la latitude 2°, ça cogne…
J’ai oublié : spécialités de la ville : papeteries et… boutiques de réparations de vélos…
Bisous tout le monde
Coucou tout le monde, je suis à Garçon, petite ville très sympa. Je suis sur ce qu’ils appellent ici el trampolino de la muerte, soit le trampoline de la mort, j’ai le choix entre le paramo, ses pluies son froid, son brouillard, sa haute altitude (et les frailejones quand même), sa route dépavimentée (piste), sa guerillera et son absence de village et une autre route dépavimentée aussi, étroite avec vide, que les camionneurs empruntent parce que cela fait gagner plus de 50 km pour rejoindre la PanAm, ah oui y a aussi la culture de plantes hallucinogènes et ce qui va avec, bref tout ça est le trampoline de la mort…
Voilà sinon hier rencontre de deux cyclos suisses avec qui je n’ai aucune affinité, les ai littéralement pulvérisés dans la montée ce matin…
Rencontre magique d’un cyclotouriste cuisinier colombien avec qui j’ai eu beaucoup d’affinités, nous avons fait un bout de chemin et bivouaquer ensemble au bord du rio Magdalena. je l’ai laissé àa sa cuisine, moi je voulais passer la journée avec un pêcheur sur le rio mais trop d’eau, trop de courant, impraticable, ce sera j’espère pour une autre fois.
Voila j’ai retrouvé des paysages d’enfer, ai passé 2 heures à nettoyer mon vélo, cette fois-ci essence.
Paysages d’enfer et chaleur = forme d’enfer
Demain je passe la latitude 2°, après je remonterai un peu vers le nord car je préfère mourir en haute montagne que jetée dans le vide par un camion, tant pis pour les 50 ou 100km en plus…Je passerai la frontière à Ilpales -Tulcan, mais j’en ai encore pour plusieurs jours…
Voilà bisous tout le monde
Bonjour a tous
Je suis a Campoallegre, petite ville au Sud de Nieva, voila je suis au sud de Nieva avec tous ses dangers… Je suis plus proche de la latitude 2 degre que 3, en clair j’avance et me rapproche de l’equateur…
Cette nuit un vrai deluge, ce matin le hamman…
Ce qui est sur c’est que j’ai devant moi une piste a passer, un grand paramo a passer avec froid, pluie, brouillard, guerillera, tres haute altitude, un paramo quoi, ou il y a quelques maisons, on m’a dit que si j’etais en difficultes je pouvais demander l’hospitalite sans probleme, quand a la guerillera, parait-il que je suis dedans depuis Cucutan, alors…
Voila je vais bien, ces quelques jours de chaleur m’ont fait du bien…
Bisous tout le monde
J74 : lettre de reclamation aux gentils organisateurs
Mardi 5 avril 2011
Natagaima – Alpe
Distance parcourue : 53,53km
Vmoy : 11,5 km/h Vmax : 49,3 km/h
Température : minima : 26°, maxima : 43°, le plus souvent 42°
Dénivelée positif : 276 m
Dénivelée négatif : 306 m
Heures sur le vélo : 4H38’27 »
Départ : 7 heures 45
Arrivée : vers 15 heures dans la chambre
Résumé de l’article
Lettre de réclamation aux organisateurs de ce périple en x points
1. Premier point : le désert
On m’a dit 50 km de désert, je me prépare donc, je fais la veille une journée de dingue pour n’avoir que le désert à traverser, il y a 50 km, je fais provision de liquide. Je me couche tôt et me lève à 6heures (depuis 5 heures les coqs chantent, au passage ce n’était pas utile de les programmer si tôt), ça ne bouge pas trop dans l’hôtel, pourtant mon admirateur d’un soir m’a dit qu’il partait à 6 heures. A 6h30 je suis devant la porte de l’hôtel, fermée. Je regarde par le judas ça bouge dans la rue. Je descends mes sacoches à moitié dans l’escalier, sinon on ne pourra plus ouvrir la porte, je fais un peu de bruit et j’attends. A 7 heures la dame peu agréable de l’hôtel (j’ai remarqué que les commerçants sont en général peu agréables) se lève et ouvre la porte. Je vais vite faire les courses que je n’ai eu le temps de faire la veille, je déjeune, fais du gymkhana pour récupérer mon vélo entre les motos, la dame de l’hôtel se balance dans son fauteuil. Je charge mon vélo, départ 7h 45, et je roule en direction du désert, kilomètre 5, pas de désert, un grand volcan. Effectivement je ne vais pendant 51 km ne rencontrer qu’un village de 4 maisons et une école et plus loin deux autres maisons. Le volcan est superbe. Kilomètre 28, point restauration, buvette et même hôtel d’allure très sympa où je m’arrêterai bien. Je bois un coup, je mange mes derniers carrés de lait concentré sucré. Je repars, de désert nenni, une oasis, oué mais les oasis c’est dans le désert, ce n’est pas là comme ça au milieu de l’herbe un peu moins verte mais herbe quand même. Et ce n’est pas la peine de mettre des cactus pour me faire croire que je suis dans le désert, le désert c’est jaune. Et ce n’est pas non plus la peine de me mettre des paysages spectaculaires pour me faire oublier ma quête du désert, et j’avais pas demander non plus de descumbre et de chutes de pierre et qu’on me dise de prendre mes précautions, oué je veux bien moi, mais quelles précautions ? Et au bout de 40 km me mettre un écriteau avec écrit dessus en français (deuxième fois que je vois quelque chose d’écrit en français dans ce pays) «désert de Tatacoa». c’est cela un détour de 100 km, et encore si c’était pour aller dans la Cordillère occidentale, non ça me fait retourner dans la Cordillère orientale. Un coup monté cette histoire de désert, d’où ma réclamation. Et une super route avec des passages un vrai billard et toujours une voie spéciale pour moi en excellent état ce n’est pas du désert ça, et mettre quelques montées histoire de dire que je ne me suis pas préparée au pire pour rien, ce n’est pas du désert.
2. Deuxième point les températures :
Vous m’aviez dit messieurs dames les gentils organisateurs que j’allais devoir affronter des températures supérieures à 50°, même supérieures à 60°, vous m’aviez dit que mes pneus allaient exploser. Je prends toutes mes précautions, casquette sur la tête, crème solaire bras couverts, crémage répété ( je prends quand même deux coups de soleil), de l’eau en quantité pour m’arroser. Je bois comme un trou. Et bien j’ai beau avoir les yeux rivés sur mon compteur, la température ne dépassera pas 43° et se maintiendra toute la journée à 42, les pneus n’éclatent pas, j’évite de freiner pour la surchauffe, ouf je ne me fais pas prendre en excès de vitesse par les policiers avec leur radar jumelles, le camion extra-large lui n’échappera pas au contrôle. Et ce n’est pas la peine de mettre 35° dans la chambre et de m’obliger à prendre deux douches froides en une demi-heure histoire de vous justifier, non je réclame, vous m’aviez promis plus de 60°, j’attends…
3. Et la guerillera ? Ah oui la guerillera c’est après Neiva… En attendant Janodou il avait dit qu’il se chargeait de ma protection via les militaires, et bien le sieur Janodou il bivouaque place de l’Etoile ou place de la Concorde, je sais plus, et il a oublié mes militaires. Ils sont où ? Je n’en ai vu aucun aujourd’hui, ah oui il faut que j’attende le Sud de Neiva et les paramos, et il y aura pas de village, pas d’hôtel et je vais devoir bivouaquer au milieu de la guerillera qui s’intensifie la nuit et je devrais vous croire ? Oué le désert, les températures, d’accord il y avait beaucoup de morceaux de pneus au bord de la route mais pas 60°, moi je suis déçue.
4. Et les volcans ? Parlons-en des volcans, pendant 5km j’en ai un en ligne de mire, il est magnifique, mais il ne fume pas, moi je veux un volcan qui fume. Et les immenses bombes volcaniques, pourquoi les avoir mises dans un endroit où je ne peux m’arrêter pour les photographier, personne ne voudra me croire, et ce n’est pas la peine de me proposer à la place un beau bébé volcan avec ses bombes volcaniques, d’abord il est que bébé le volcan et en plus il fume pas
4. Et pour quoi me tenter encore avec cette histoire d’échange ? Vous m’aviez dit tout en vélo. Alors pourquoi mettre sur la droite de la route une famille qui pique-nique et le fils dans la pirogue et sur le coté gauche un superbe rio, majestueux, moi je veux faire du bateau. Et puis dans le désert il n’y a pas de rio, d’accord j’en vois des petits presque à sec, quand même c’est pas le désert
5. Oui cinquième réclamation, pourquoi me faire accompagner par un homme à bicyclette chargé un max de bois, pourquoi le faire suer sang et eau dans les montées, histoire de ne pas me lâcher, et dans les descentes il a beau faire, il ne peut suivre, il finira par me rattraper tandis que je bois mon petit coup dans la zone de repos, il me dira que je suis très forte, non je pense que c’est le vélo qui fait la différence
6. Sixième réclamation pourquoi m’avoir dit de nettoyer chaînes et autres machins avec le diésel, c’est vrai que ça fait du cambouis et je redéraille et je suis obligée de nettoyer le tout sous 42 degrés, ok c’est pas 60 mais quand même. Alors diesel ou essence, l’essence c’est très agressif, mais je crois que je vais retourner à mes premières amours
7. Dernière réclamation, pourquoi fermer tous les restaurants quand je me décide à manger , je crois même que ce jour est férié quand je me rends compte qu’il est 14 heures ?
8. Non j’ai encore une réclamation : ce n’est pas la peine de me mettre de la chaleur et une fenêtre à ma chambre de manière à ce que je puisse faire sécher mon short si c’est pour me mettre une bête préhistorique dedans qui me fera pousser un grand cri, lequel ne réveillera pas l’hôtelière.
9. Encore une de réclamation, pourquoi mettre de temps en temps sur ma route des monstres rugissants et rutilants, histoire de me faire peur avec ce que peut-être la PanAm et m’envoyer alors dans des zones de guerillera, de paramo, de routes dépavimentées, de descumbre et de je ne sais quoi encore ? Alors ou vous m’enlevez tous ces engins à moteurs de la PanAm ou vous arrêtez de me faire peur avec mes chemins de traverse.
En espérant , mesdames, messieurs les gentils organisateurs la prise en compte de mes réclamations, je vous prie d’agréer patati et patata, quand même c’était super de chez super….
P.S. J’ai oublié les saisons. Avril c’est le mois où il pleut le plus en Colombie, alors pourquoi depuis le premier avril plus de pluie dans la journée, la nuit ça compte pas, ceci étant dit, je ne me plains pas…
P.P.S. On vient encore de me mettre en garde pour la guerilla au sud de Neiva, bon je serais demain à Neiva, je prendrai alors ma décision
Bisous tout le monde
On ne cede pas a la tentation, on ne prend pas l’autoroute, on affronte tous les dangers…
Une riziere, bien differente de celles asiatiques…
J’ai deja demande de l’aide pour ces panneaux, sans reponse, ah je suis aidee…
Le nombre de ronds varie de 1 a 4, le plein et le vide peut etre en bas ou en haut, alle bossez un peu les amis, a l’aide…
La j’ai repere un endroit de bivouac pour le sieur Janodou, eau a disposition…
Mes copains les nuages ne m’abandonnent jamais…
Besos a todos
J73 : monotone…
Lundi 4 avril 2011
Girardot – Natagaima
Distance parcourue : 85,21 km
Vmoy : 12,8 km/h Vmax : 27,9 km/h
Température : minima : 25°, maxima : 40°, le plus souvent 36°
Dénivelée positif : 125 m
Dénivelée négatif : 155 m
Heures sur le vélo : 6H37’39 »
Départ : 8 heures
Arrivée : vers 17 heures 45 dans la chambre
Résumé de l’article
Je m’endors tard, il fait très chaud dans la chambre (29°) sans aération et je n’aime pas le ventilateur. Je suis réveillée dans la nuit par une pluie diluvienne qui frappe violemment les tôles du patio. Je ne suis pas inquiète, je me dis que c’est la pluie de la nuit et que demain tout ira bien. Debout 6H30, je suis fatiguée, n’ai pas assez dormi, la douche froide me fait du bien, je n’ai plus de chocolat, j’ai tout mangé hier soir (il s’était transformé en nutella, délicieux). Je pars à 8heures, je fais des progrès au niveau temps de préparation, il faut dire que j’ai rentré mon vélo dans la chambre et que je n’ai plus rien à faire sécher. Au réveil j’ai été jeté un coup d’œil dehors, bah, tout couvert mais pas froid. Je pars, tombe une petite bruine, laquelle va se transformer en grosses gouttes, j’observe les motards, l’un d’entre eux a mis sa tenue de pluie (pantalon ciré jaune et veste identique), je me dis que je ferai bien d’en faire autant, je fais. Dés que j’ai fini, hop le soleil est là, je réenlève le kwé. La route toute la journée va être deux grandes lignes droites d’environ 50km chacune séparée par trois courbes. Je susi dans une vallée très chaude avec au loin à gauche la branche orientale de la Cordillère et à droite la branche occidentale, D’ailleurs je m’en rapproche, je sais qu’après le désert je vais devoir la regrimper. Donc que de la ligne droite, à gauche du vert, à droite du vert , des pâturages, des bananiers, des rizières et de l’eau sous toutes ses formes: flaques, rios, petits cours d’eau, mares, espèces de lacs. Ca et là quelques touches de blanc : des zébus, des hérons, et même trois oies. Le matin sera dur, à cause du manque de sommeil, et puis hier je n’ai pas trouvé grand chose de sucré à me mettre sous la dent, et je n’ai pas assez de boissons sucrées. Et… les villages sont très rares, inexistants, je fais quand même 5mn de pause à 10heures, mange ma dernière barre chocolatée et ma dernière goutte de coca et je pédale, vu que je n’ai que ça à faire. La circulation est peu dense mais pollue mon espace sonore, une super voie d’arrêt d’urgence me protège des bus matadors, d’ailleurs quasi absents; je vais passer au-dessus d’une autoroute, vide, je sais que c’est le point de non-retour, soit je prends cette autoroute et rejoins la Panmerican, sa civilisation, ses camions, ses voitures, ses bus, sa pollution tant sonore qu’olfactive et pollution tout court, soit je prends mon petit chemin de traverse, son désert, sa guerillera,ses routes impossibles et le col à 4800 mètres et le route qui monte comme pas possible, que c’est sûr ce n’est pas une route à bicyclette. Je n’hésite pas une seconde, de toute façon ma décision est prise depuis longtemps. Et vas-y que je pédale et que je suis fatiguée et que j’ai envie de manger et j’ai soif et il n’y a rien, que du vert. Oui du désert vert ça existe. Enfin, un village, je trouve un resto en dehors de la route, la soupe me donne un grand coup de chaud, après manger je vais me mouiller et me reposer un peu à l’ombre. La température a atteint 40°, et il y a des 40° plus chauds que les autres, celui-là est très chaud, je me mouille, repars. J’ai acheté du jus de fruit fais et du catolate, régulièrement je vais boire et me mouiller. La journée et les kilomètres vont ainsi passer. Pas de village. Sorti de nulle part une station d’essence et une quinzaine de buvettes-resto, je m’arrête, bois du sprite, ici les bouteilles font 350ml, et achète un truc sucré, cela a le goût de lait concentré sucré, mais solidifié, c’est mangeable et ç a me fait du bien. J’adore ces coins de repos bien différents de chez nous, les gens prennent le temps de s’asseoir et une certaine solidarité se dégage entre tous ceux (camions, motos, vélos, voitures) qui font la route dans ce désert vert surchauffé. Après la pause, la route reprendra ses droits, les motos feront des queues de poissons aux vélos (hier soir à l’entré de Girardot j’ai failli valsé, une moto à un feu m’a cpupé la route, elle venait dans le même sens que moi, juste elle a accéléré pour me passer devant et me couper la route), les voitures couperont la route aux motos et vélos, les camions aussi, les bus couperont la route de tout le monde et surtout doublent sans dévier leur trajectoire d’un quart de millimètres… Et de kilomètre en kilomètre j’atteindrais largement mon objectif : je suis aux portes du désert, c’est un désert non de sable, mais de rochers avec des températures dépassant les 50°. Je pars avec provision de liquide pour boire et m’asperger. Et des trucs sucrés. Voilà sinon pas de bestioles ici, je crois qu’ils utilisent largement tous les cides, du pesticide aux raticides, ah si j’ai vu plein plein de colibris qui vont deux par deux, trop chouette, et les grenouilles qui croassent pas comme chez nous et j’ai à nouveau mes boutons tropicaux sur les jambes. Et en arrivant j’ai nettoyé ma chaîne et autres machins, hier je n’ai pas pu, chambre sans aération dur, là je l’ai fait dehors et je me suis fait aborder par un mec qui cherchait l’hôtel. Allez, troisième douche de la journée (très chaud et dodo). Voilà une femme de la campagne m’a escortée quelques kilomètre et nous avons parlé, je me doutais bien que dans ce désert vert il y avait des maisons, en témoigne ces boutiques d’artisan ( surtout de très haut chapeau de paille, je m’imagine faisant du vélo avec ça, au premier coup de vent soit mon chapeau est accroché et je m’envole malgré le poids de mon vélo, soit il n’est pas attaché et s’envole… Voilà l’histoire du chapeau c’était pour rompre la monotonie de la journée… Bisous tout le monde