J105 : latitude 0° 0′ 0″

Bin voilà , j’ y suis… Il m’aura fallu 105 jours, me reste un hémisphère à traverser…

Samedi 7 mai 2011

J105 : latitude 0° 0′ 0″

Samedi 7 mai 2011

Distance parcourue : 77,59 km

Vmoy : 11,8 km/h Vmax : 55,8 km/h

Température : minima : 17°, maxima : 29°

Dénivelée positif : 936 m

Dénivelée négatif : 1494 m

Heures sur le vélo : 6H48’52 »

Départ : 8heures

Arrivée : 18 heures 20 dans la chambre, juste, just…

Résumé de l’article

  • Objectif : l’hémisphère sud (oui rien que ça…)
  • Conditions météorologiques : alternance de nuages et d’éclaircies, vent glacial fort l’après-midi, une goutte de pluie en milieu de journée
  • Etat de santé : ça va

Particularités de la journée : montée, descente comme d’hab, journée trop longue, comme d’hab… Passage de la latitude 0°0’0″, ça c’est pas tous les jours, quoique…

Je me réveille, il fait beau, je pars c’est tout couvert, je me dis ça va quand même pas recommencer, quoi ? La pluie… Non ça ne recommencera pas, juste une goutte pour saluer mon arrivée au milieu du monde…

Y en a un qui a dit ça descend jusqu’à la mer, et bien je me repaye un col au-dessus de 3000 ( 3132 mètres pour être exact), c’est jamais que le 3ème col au-dessus de 3000, depuis que le un il a dit que ça descendait jusqu’à la mer, et comme cela ne suffit pas je me repaye un autre col, que à 2900 mètres cette fois-ci et puis ça monte et puis ça descend, bref je crois qu’ici ils ont la même maladie qu’en Colombie, juste il y a pas la pluie… (ils ont eue, ont beaucoup souffert aussi, les récoltes à venir sont perdues, jamais ils n’ont vu autant de pluies et d’une telle violence).

Ce matin une circulation épouvantable, je me dis que c’est peut-être à cause des élections, oui aujourd’hui les équatoriens votent, droit de vote pour les femmes et les hommes à partir de 16 ans, obligation de voter de 18 à 65 ans. Je n’ai pas très bien compris pourquoi ils votaient, je ne sais si ce sont les élections présidentielles ou un référendum. D’habitude ils votent comme nous le dimanche mais comme dimanche dernier c’était le 1er mai, comme demain c’est la fête des mères, et comme la date limite prévue par la constitution allait être dépassée, et bien ils ont mis l’élection un samedi. Je pense que c’est pour cela qu’il y a tant de voitures, tant de bus sur la route et aussi plein de gens qui attendent un moyen de transport. Comme je suis curieuse je me renseigne, apparemment c’est comme cela tous les jours… C’est vrai que je suis maintenant très près de la capitale… Il y a à peu près autant de volcans que de voitures (moins quand même sur l’ancienne Panam, les voitures, pas les volcans) …

Et bien sûr qui est là ? Mes copains les nuages, en fait je les aime…

 De montée en descente j’arrive à une bivurcation, je décide de faire une pause et de goûter aux biscotochos (orthographe et prononciations non garanties)

Le jeune homme qui sert et qui ne doit pas avoir 13 ans est complètement à coté de la plaque, il n’a pas d’ouvre-bouteille pour ouvrir le coca et refuse de me vendre du jus de fruit frais, c’est pour le repas de midi… Bon… Je me renseigne mille fois de crainte de rater la mitad del mundo, je sais que le monument est faux (c’est pas le monument qui est en toc, c’est juste qu’il n’est pas à sa place, il y eu une erreur de calcul ou de mesure, je sais pas, en plus ce sont les français qui se seraient trompés, quand même je veux y aller. Beaucoup me disent qu’il faut passer par Quito, c’est du n’importe quoi, je veux bien croire qu’il y ait une erreur mais à ce point… Ma carte touristique ne le signale même pas, mon guide (Lonely planète quand même) dit qu’il est au sud de Quito et à coté de San Antonio, or San Antonio est au nord de Quito… La vérité vraie et que Quito est une mégapole, ça je ne le sais pas encore, donc pour aller au faux vrai monument il faut passer par la mégapole, continuer une colline, et ça monte beaucoup et c’est loin, mais ça je ne le sais pas encore…La route quant à elle se divise en deux et ce que les gens me disent être la Panam a un stop, c’est bizarre tout ça… J’ai aussi les renseignements de Paul et Verocyclette qui me disent qu’ils sont passés par Cayambe. Finalement on me dit que les deux routes vont à Quito et qu’en prenant la route de Cayambe il y a aussi un monument, je décide de passer par Cayambe, il y a moins de circulation. Je navigue toujours à vue (plutôt à l’ouie vu que les cartes dont je dispose sont incomplètes, n’ont ni le kilométrage, ni le relief…). J’espère trouver à Quito une carte de l’Equateur et aussi une du Perou, car je sens que ça va être le même problème…

J’admire quand même une jolie palette de couleurs…

 J’arrive à Cayambe, je demande, je demande, je me fais un peu secouer par les pavés (oui ici en ville il ya beaucoup de pavés, plus grands et moins méchants que chez nous, mais pavés quand même), je continue, je continue, je désespère de voir la « sphère » et enfin j’y suis… Pas grand monde, l’explication c’est que je suis sur l’ancienne Panam et qu’il y a une nouvelle route pour Quito…Bon j’ai mon monument, je repleure une fois, c’est dingue ça… Je trouve une bonne âme pour me photographier.

Je vais un coup dans l’hémisphère sud, un coup dans le nord, la tête me tourne un peu…

La lune aussi est à l’envers…

Puis je me fais brancher par un mec qui me rephotographie, qui s’invite à déjeuner avec moi, je ne sais pourquoi je ne le sens pas trop ce mec… Quand je reviens des toilettes il allumé une cigarette, je lui dis que la fumée me dérange beaucoup, il va fumer dehors, j’en profite pour vérifier auprès de la persoone qui sert la véracité de ses affirmations, il m’a dit être l’ancien propriétaire du restaurant, c’est faux. Je préviens la vraie propriétaire du restaurant du fait que je ne connais pas ce monsieur et que je ne paierai pas son addition. L’homme revient, j’applique ma technique de débranchage de mecs qui me branchent et que moi ça me plait pas, je les branche sur leur famille, en général ça marche, finalement il va payer ma soupe et mon jus de fruit, je lui affirmerai que je n’ai pas de cellular, il me laissera quand même son mail. Sa voiture n’a plus de batterie, je lui dis que moi je ne pousse pas, je lui dis que ce soir je vais à Quito (ce qui est faux) pour qu’il ne m’importune pas…

Je reprends la route, je veux quand même aller voir le faux monument et je me dis que plutôt que d’aller vers Quito ou à Quito pour revenir ensuite vers le Nord en bus, je vais essayer de me rapprocher et de faire étape pas loin. En étudiant mes cartes nases, je pense que Calderon serait une bonne solution, oui, sauf que j’évalue mal les kilomètres et que les heures tournent et que la route continue à descendre et à monter et que je fais quand même quelques photos des mille et un grands volcans qui m’entourent, mais c’est brumeux et à contre jour, je sais donc que mes photos seront ratées, tant pis..

Toute la journée j’ai froid, j’ai chaud, la température oscille entre 18° et 24°, il y a un vent glacial, pour moi c’est le pire, je ne peux me déshabiller sous peine de me paralyser, n’empêche que dans les montées j’ai chaud et dans une descente je tarde un peu à mettre mon bandeau polaire, alors j’ai mal aux oreilles…

N’ayant pas terminé cet article l’autre jour pour cause de grande fatigue, je le mets ce jour sur le net et le termine en live, bien sûr je me fais déconnecter et perds tout, j’abandonne, décide de prendre ma douche et d’aller manger, au passage je monte dans la mezzanine du haut pour voir si je ne vais pas y dormir car il y fait moins froid,  j’essaye les lits ( j’essaie tout maintenant), ils ne sont pas bons je préfère un bon lit froid que le contraire, je sors de la chambre-mezzanine et m’explose la tête vu que la hauteur de la porte est très petite et que d’habitude je passe partout vu ma petite taille, je craque car là depuis 2 jours je n’ai que des mésaventures, pas graves, juste c’est pénible…

Je continue donc ma route, je vois au soleil ( bien qu’étant dans l’hémisphère sud j’arrive à évaluer l’heure au soleil), je vérifie sur mon truc électronique, il est 17 heures, plus qu’une heure de jour. Je suis dans un espèce de canyon aride, je l’ai descendu, je me doute qu’il va falloir le remonter de l’autre coté car dans ces espèces de canyons nul ne vit. Je regarde ma mauvaise carte sans kilomètre, je me dis que j’aurais mieux fait de la regarder plus tôt, je me serais arrêtée à la ville que je viens de passer. Je traverse le pont, suis dubitative. Sur un espèce de bas-coté, une voiture est arrêtée, elle fait marche- arrière, je pense qu’il a l’intention de m’accoster, je l’accoste la première pour lui demander à combien de kilomètres est Calderon. Je pense qu’il est un peu surpris, il me dit d’abord 25 puis 5 et que ça monte beaucoup, ça je m’en doute, il faut sortir du canyon. Sa femme n’est pas d’accord et dit que Gayllabamba est plus loin, puis que c’est pareil. L’homme me propose de m’emmener dans sa voiture, je lui dis que ce n’est pas mon projet, puis il sort une corde de sa voiture et me propose de me tracter, mais ça ne va pas non ? A trois reprises il me demande de l’argent, bien sûr je refuse, même pas peur. Je décide de faire demi-tour, j’ai un peu de mal à traverser la route vu la circulation et je me dis que lui en voiture n’y arrivera pas, donc je suis tranquille, sauf que à la vitesse où je monte il a le temps de sortir du canyon, de faire demi-tour et de venir m’embêter, mais vu la circulation je pense vraiment ne rien craindre car en cas de danger j’arrête la première voiture. Je regrette un peu ma douce sécurité de la Colombie. La remontée du canyon (174 mètres, 5km), (j’ai tout noté pour vérifier que j’ai fait le bon choix) a l’avantage de me réchauffer. J’arrive à l’hôtel il est 18h20, la nuit tombe, ouf je l’ai échappé belle… Oué vous verrez la suite. L’hôtel est un hôtel pour touristes équatoriens. Il y a une piscine d’eau trouble, la salle de bains n’est pas très propre mais l’eau est chaude. La chambre est plutôt un dortoir, il y a 3 lits à deux étages, j’essaie les lits, le premier n’est pas confortable, le deuxième tangue, le troisième me va.

Et voilà je suis dans l’hémisphère sud et j’ai encore pleuré…
Bisous tout le monde

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J103 : ascension du volcan Imbabura : 4630 mètres, j’ai pleuré…

Oui, j’ai pleuré, pour la première fois en atteignant un sommet j’ai pleuré, d’émotion, de joie, une personne a su resacraliser la montagne à mes yeux, et le mot n’est pas trop fort, car pour cette communauté indigène la terre est sacrée, et le volcan est Dieu…

Jeudi 5 mai 2011

Alors voilà, bien sûr qu’en allant dans cette communauté Quetchua j’avais une petite idée derrière la tête… Deux grands volcans dominent la ville d’Otavalo : le volcan Cotatacachi et le volcan Imbabura, la légende dit que quand Mama Cotatacachi se recouvre de neige c’est que Tatia Imbabura lui a rendu visite durant la nuit. Mama Cotacachi darde dans le ciel ses pics acérés et enneigés, Mama Coatacachi m’a un peu fait peur, Tatia Imbabura semblait plus doux… Oui, vu d’Otavalo, heureusement je n’ai pas lu tout ce qu’ils disent dans le guide, vu qu’ils disent que l’ascension  est très difficile…

Ne sachant les difficultés, je cherche sur internet l’itinéraire pour atteindre ce sommet et tout à fait par hasard je tombe sur le site internet de la communauté de San Clemente qui pratique l’écotourisme et organise aussi des treks ( les treks ne sont pas leur objectif principal). Mon problème est que pour aller à San Clemente cela necessite que je retourne sur mes pas, et je n’aime pas cela. Allez pas grave, je prends un bus pour Ibarra, de là un taxi jusque San clemente puis 5 minutes de marche à pied et je crois que le Dieu Imbabura a guidé mes pas vers cette famille exceptionnelle qui m’a accueillie comme si j’étais de leur famille. Raoul qui aime sa terre et vénère les Dieux volcans a guidé mes pas avec joie, bonheur, partage et spiritualité…

Mais on ne va pas comme cela au sommet du Volcan Imbabura, avant il faut :

Saluer l’abuela qui a 84 petits-enfants, des arrières-petits enfants et des arrière-arrière petits enfants

Il faut manger le Cui, oui c’est la tradition et en plus c’est bon

Il faut apprendre à reconnaître quelques plantes médicinales

Admirer les fleurs

Dire bonsoir aux taureaux

Et aux vigognes bien sûr

Se recueillir près de la cascade sacrée

Se mettre sous la protection des Cieux

Après une bonne nuit de repos il faudra se lever avant l’aube, prendre un petit déjeuner aussi solide que délicieux (pour Cyril ça déchire)

Puis monter dans un drôle d’engin (dans le truc à bestiaux bien sûr) où tu vas d’abord regretter d’avoir réfuté le cheval pour ménager ton dos, car là tu te tiens sur un pied et toutes les secondes tu as le dos déchiré et la cruralgie qui te tue, en plus tu te gèles à mort, en plus tu dois sans cesse baisser la tête pour ne pas te faire décapiter, mais ces épreuves sont initiatiques… Tu es tellement contente que ça s’arrête que tu es prête à tous les sacrifices…

Tu vas ensuite dire bonjour au soleil…

Puis tu vas marcher, marcher, marcher longtemps, d’abord dans un terrain raide et herbeux

Tu pourras admirer au loin le volcan Cayambe (l’amant du volcan Catatacachi, impressionnant, majestueux, recouvert de neige)

Tu vas admirer le cratère (ouf tu ne sais pas encore que tu vas devoir en escalader une de ses lèvres)

Après une longue et raide marche tu pourras un peu te reposer à 4200 mètres

Sans t’arrêter tu dépasseras le jardin enchanté

Oui, il faut passer à l’attaque…

 Ne pas craindre le brouillard…

Et pour atteindre le sommet tu vas devoir escalader les lèvres du cratère… (ça tu savais pas…), t’es au dessus de 4200 mètres, il fait très froid, le vent souffle très fort, à gauche 1000 mètres de vide, à droite mille mètres de vide, les nuages t’ont rattrapée…

 L’escalade n’est techniquement pas très difficile, sauf sur 1  mètre 50, mais escalade quand même il y a. Ton guide est là, ton guide t’insuffle son énergie, sa joie, sa tranquilité, son amour du volcan, et plus encore, il est à ton écoute, jamais ne te découragera, il te tendra la main quand il le faudra, il assurera ton pied quand il le faudra… 

 A un moment tu sentiras tes muscles de la cuisse droite très très limites, alors tu feras attention de ne pas avoir de geste saccadé, d’escalader petit pas à petit pas, bien chercher les prises, calmement, lentement, une seconde tu vas te demander si tu n’as pas voulu aller trop loin, ce qu’il va se passer si tu te paralyses, mais en gérant à l’économie ça va passer, tu vas regretter de ne pas avoir pris ton pantalon coupe vent, mais ça passe…

Et puis viendra le sommet… Tu vas pleurer dans les bras de ton guide… D’émotion, de joie, consciente que tu viens de vivre quelque chose d’exceptionnel, de sacré  et qui restera à jamais gravé dans ton coeur…

Tu n’as pas le moindre petit mal des montagnes, ni mal à la tête, ni nausées, rien, juste tu devras quand même attendre 5 ou 10 minutes avant de déguster les sandwichs préparés avec amour par Nancy.

Au sommet te rejoindra un jeune d’une communauté voisine. Il monte là pour la première fois, seul, sans boire ni manger, sur son dos sa guitare, il vient à la rencontre du Dieu Imbabura recueillir un peu de son énergie pour la transmettre dans sa musique…

Et peu importe que les nuages cachent le sommet… Tout est tellemment ailleurs…

Viendra la très très longue descente (2200 mètres de dénivelée) mais tu pourras admirer les drôles de plantes qui sont le régal des ours…

Tu essaieras le moelleux de la mousse…

Le lendemain une vieille abuela viendra te masser

Et puis tu vas partir…

Merci Raoul, merci Nancy, merci Maria-Pastola, merci Eddy, merci l’abuela masseuse, merci la communauté de San Clemente, merci de m’avoir fait partager votre amour de la famille et de la communauté, le sacré de la terre, et de m’avoir emmenée si près de DIEU…

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J102-J103-J104 : mon séjour chez les quetchuas

Mercredi 4 mai 2011 –  Jeudi 5 mai 2011 – Vendredi 6 mai 2011

Alipurudja (bonjour)

Tant et tant de choses à dire, tant d’émotions… Vous allez patienter 5 minutes avant de savoir…

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J101-J102 : Otavalo

Lundi 2 mai et mercredi 3 mai 2011

Bonjour à tous

Théoriquement deux jours de repos…

Pratiquement :

  • La lessive

Admirez le ciel bleu (tôt le matin…

  • Entretien du vélo
    Alors là c’est la cata de la cata, j’ai trouvé l’origine du gros bruit, ce sont mes sacoches avant, je les ai réglées différemment. Restait le petit bruit de la chaîne qui touche le dérive chaîne. Dans mes périgrinations dans Otavalo (faut bien que je visite…) je vois un magasin de vélo, je demande conseil, j’amène mon vélo, horreur il ouvre la chaîne, enlève trois maillons, puis dérègle dérailleur, puis les vitesses ne passent plus, il a du mal à remettre tout en place, ça ne va toujours pas, il tord mon protège chaîne, et ma chaîne est tendue à mort, je ne lui dis que ce n’est pas possible, que tout va casser, il remet un maillon, redérègle tout, difficilement remonte le tout, horreur au lieu d’un petit bruit j’ai un gros bruit, réintervention chirurgicale à coeur ouvert, re-essai (heureusement que je ne suis plus en Colombie, sauf que là-bas ils savent réparer les vélos) parce que la rue dans un sens et puis à contre-sens des centaines de fois, là-bas je serais morte. Puis il met de la graisse et le petit bruit a cessé, je suis tout sauf tranquille. A Quito je vais chercher la Casa de Ciclista et y faire un saut en espérant que quelqu’un de compétent puisse regarder mon vélo.

 Moi je voulais un vélo comme ça :

  • A Otavalo j’ai beaucoup écrit le matin sur la terrasse au soleil, c’était sympa…
  • Le  Catatacachi me narguait avec son sommet enneigé…

Ici les gens le contemplent…

  • Dans la rue les femmes vendent leur production, j’ai acheté avocat, citron, tomate, banane, un fruit que je sais pas ce que c’est, tout est bon

  • Bien sûr je suis allé au marché artisanal, plaza del Poncho, bof, un peu déçue, même chose qu’au Pérou, en plus je suis passé dans des boutiques où ils vendent les objets en gros, j’ai quand même acheté deux poupées à mettre au doigt, mais j’ai vu de grands sacs avec plein de poupées toutes identiques, je crains qu’elles soient faites à la machine en Chine (comme les tenues de danse orientale que j’ai achetées à Marrakech, mais bon, ça fait partie du folklore… C’est drôle une ville touristique sans touriste… Ce n’est pas la saison, reste que je me sens bien dans cette petite ville, tout est calme… Des fois je me demande si je ne suis pas devenue sourde ou si ils ont des moteurs électriques, que de différence avec la Colombie et le Venezuela… Le calme me fait beaucoup de bien…
  • En revanche comme en Colombie, la religion est intimement mêlée à tout, et pour la remise de coupe d’un match de foot de gamins de moins de dix ans le Christ est là… (Christ je t’ai dit de me lâcher un peu…)

  • L’église illuminée est belle…

Et mes copains toujours présents, mais que l’après-midi…

Et ils s’amusent à faire du beau…

Si je n’étais pas en vélo j’aurai craqué pour ces bonnets…

Ah oui aussi je me suis occupé de mon téléphone :

080157439

Et aussi de faire provision de dollars, ouf ma carte n’est pas bloquée à vie… La banque qui délivre le plus est el banco Pinchincha

Et puis surtout je me suis organisée un truc, oué je vais aller quelques jours dans une communauté indigène qui pratique l’écotourisme :
Alors pour ça il faut que je régresse, je vais revenir sur mes pas (mais en bus puis taxi, je laisse vélo et une partie de mes affaires ici) je retourne à Ibarra (que j’ai fui…) de là prends un taxi pour La Esperanza.
Voici l’adresse où je vais si des fois vous lancez un avis de recherche (attendez bien une semaine quand même) :
Avenida Atahualpa, direccion La Esperanza, tout droit jusque San Clemente, sur la place de l’église pancarte en bois « Pukya Pamba », la maison de Manuel Guatemal. Donc je laisse ici vélo, ordinateur, oui, oui, je prends mon sac à dos, papier et crayon,mes vêtements chauds, mes chaussures de rando, mes bâtons, quelques vivres de course, coca, catogate (pour la survie)… Tet je vais me faire Quetchua…

J’ai eu des nouvelles de la famille cyclo, ils sont à Quito et vont faire un peu de tourisme avec quelqu’un de leur famille qui les a rejoints, ils m’ont dit que l’on pouvait sans problème planter sa tente chez les pompiers (renseignement pour sieur Janodou).

Bisous tout le monde et silence radio plusieurs jours, tant que je suis chez les Quetchuas, oué j’y vais pour être tranquille, donc pas d’inquiétude…

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J100 : petite étape

Dimanche 1er mai 2011

Distance parcourue : 25,79 km
Vmoy : 8,8 km/h Vmax : 41 km/h
Température : minima : 17°, maxima : 39°
Dénivelée positif : 370 m
Dénivelée négatif : 100 m
Heures sur le vélo : 2H54’25 »
Départ : 11h30
Arrivée : je sais plus, dans l’après-midi…

Résumé de l’article

  • Objectif : avancer
  • Conditions météorologiques : soleil le matin, menace orageuse l’après-midi
  • Etat de santé : ça va
  • Particularités  de la journée : étape courte, je pars tard à cause de l’entretien du vélo, le trajet est peu intéressant, Otavalo est bien plus proche que je ne le croyais , je vais y trouver refuge… 

Ce matin comme prévu je vais à la station essence nettoyer mon vélo, d’abord à l’eau puis à l’essence normale vu que je n’ai pas trouvé de kérosène ou essence blanche, il faut dire que je n’ai pas trop cherché vu l’heure tardive et l’épuisement dans lequel je suis arrivée à Ibarra hier. Je me dis que si j’étais bien je resterai, mais je ne suis pas bien, l’hôtel est très pourave, il faut des échasses pour aller aux toilettes sous peine de se noyer, il est sale, bref pourave.
La ville n’est pas chouette non plus, j’avais lu dans mon guide que c’était une petite ville coloniale aux maisons rouges et blanches, bof, il faut les chercher les maisons, rien à voir avec les splendeurs que j’ai découvertes en Colombie…

Je vois une manif, je me dis c’est bien moi ça, après les pluies diluviennes, les éruptions, vla les manif… Je n’ai pas réalisé que nous sommes le 1er mai…

Donc je fuis, cette fois-ci pas l’eau (que d’ailleurs je pense me prendre sur la tête vu l’heure tardive de mon départ…), seul objectif avancer…

Les volcans sont toujous là…

Arrive 12h30, j’ai faim, un super mignon resto me tend les bras, je vais avoir une discussion politique avec un équatorien, je vais discuter avec un expatrié-colombien qui fait ses études ici car en Colombie il faut payer… Je mange soupe et riz, bois un super jus de fruit et une limonade faite maison que l’on m’offre. (Jean-Luc, j’ai demandé, si j’avais voulu je pouvais mettre ma tente sur la pelouse, même derrière pour ne pas entendre le bruit de la route, retiens un resto mignon avec un puits sur la route d’Ibarra à Otavalo (la Panam).

Je pédale, m’arrête souvent, à la place du petit bruit de la chaîne sur le dérive-chaîne j’ai un gros bruit, je crois qu’il vient de l’avant, ça m’énerve, je trouverai ce que c’est le lendemain, je le pressentais, mais vais faire une grave erreur, vous le saurez demain (vu que là j’écris en décalé…)

Je repars en pensant prendre non pas l’eau mais l’orage, ça tonne dur, je fonce dessus, je n’aime pas cela… Je demande où il y a un hôtel, on me dit qu’il n’y en a pas mais que Otavalo est à 3km, en fait il y a deux hôtels à coté, mais c’est vrai qu’Otavalo est juste là, j’échappe à l’orage. Otavalo me plait, c’est dimanche tout est fermé, pas un bruit, personne… Je cherche soigneusement un hôtel car je me décide à faire une pause…

Bisous équatoriens

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J99 : trop…

Samedi 30 avril 2011

Bolivar – Ibarra

Distance parcourue : 71,62 km

Vmoy : 10,8 km/h Vmax : 48,2 km/h

Température : minima : 17°, maxima : 40°

Dénivelée positif : 887 m

Dénivelée négatif : 1401 m

Heures sur le vélo : 6H37’42 »

Départ : 8heures15

Arrivée : vers 17 heures

Résumé de l’article

  • Objectif : Ibarra
  • Conditions météorologiques : couvert au lever puis ça se dégage, soleil puis une vallée chaude, vent glacial au départ qui se calme puis vent très fort au sortir du canyon
  • Etat de santé : ça va

Particularités de la journée : trop de kilomètres, de montée, d’heures sur le vélo, de descente, de belle route, de soleil, de vent, de jaune… Chouette quoi…

Donc hier j’étais malade, aujourd’hui ça va.

Je dis adieu à ma dernière descumbre…

La route continue à être excellente, après les montées-descentes je vais entamer une super descente de 1400 mètres quand même…

 J’aboutis dans une vallée chaude et mes prières ont été exaucées, le vert a disparu pour faire place à des montagnes dénudées.

 Il fait chaud, j’adore, le vent va rester froid quand même une grande partie de la matinée. J’aboutis dans un endroit où il y a plusieurs hotels de tourisme avec piscine, je crois que si il n’était pas 10 heures du matin et si je n’étais pas bien partie sur ma lancée je me serais arrêtée plusieurs jours…

 Il y a aussi que je veux garder mes globules rouges pour monter sur un volcan, oui cela fait plusieurs jours et nuits que je me balade et que je dors à 3000, je ne veux pas perdre mon acclimatation, aujourd’hui j’ai perdu de l’altitude, je ne suis plus qu’à 2225 mètres…

Je disais qu’aujourd’hui c’était trop, oui trop de kilomètres, trop d’heures sur le vélo, trop de dénivelé positif, car le négatif je ne me plains pas (même si ça reste fatiguant vu l’attention et la concentration que cela requiert),trop de volcans, des grands, des petits, des moyens…

 trop de soleil, je ne me plains pas, sauf que je n’ai plus de crème donc j’ai recramé, oui parce que le soleil équatorial et l’altitude ça ne pardonne pas.

 Quand même qu’est-ce que je l’ai apprécié ce soleil, ça y est je crois que j’ai laissé les pluies torrentielles 24/24 derrière moi… Ce soir en arrivant trois gouttes, mais seulement trois gouttes, en revanche sur tous les volcans ça tonnait…

Même les vaches fuient les inondations, c’est dire…

Tout d’un coup je lève la tête, qu’est-ce que je vois ? Une route au-dessus, et une grande route vu qu’il y a des camions, j’étudie ma carte, je ne vois rien, je me dis que ma carte est vraiment nase, sauf que c’est ma route et que je dois me hisser, la montée va être très longue et rude, je vais beaucoup pousser…

Je renouvelle une demande déjà formulée lors de mon passagee dans la guerilla : les géologues, pouvez-vous faire une analyse précise des strates ?

Rest que ma carte achetée à la frontière est très nulle, il n’y a même pas les kilomètres, les villages c’est comme les éruptions volcaniques, au petit bonheur la chance, en revanche il y a plein de couleurs pour les différentes ethnies et théoriquement les points d’intérêts qui d’ailleurs masquent la route…

Dans l’unique point restaurant du canyon brulant et venté je vois un avocat, je demande si il est possible de me le préparer, trop bon…

Il faut quand même que je me pose et que je fasse des pauses, là je suis à nouveau épuisée et n’ai même plus la force de charger mes photos…

Je dois prendre exemple sur l’oiseau qui attend tranquille que ça arrive…

Je vais dormir, demain j’ai repéré une station de lavage pour mon vélo puis j’essaierai de faire une petite étape, je ne peux rester ici, l’hôtel est trop pourave…

Bisous tout le monde

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J98 : apparition ou hallucination ?…

Vendredi 29 avril 2011

Tulcan –  Bolivar

Distance parcourue : 56,97 km
Vmoy : 11,9 km/h Vmax : 52,6 km/h
Température : minima : 16°, maxima : 34°
Dénivelée positif : 739 m
Dénivelée négatif : 1119 m
Heures sur le vélo : 4H46’03 »
Départ : vers 9 heures
Arrivée : vers 16 heures ou plus je ne sais plus

Voilà ce dont je me souviens

  • Le matin la réceptionniste de l’hôtel met 3/4 d’heure à me faire ma facture dont je n’ai nul besoin, mais les draps de l’hôtel étaient super doux et la couette confortable
  • Une fois tout bien bouclé elle me court après car au petit déjeuner j’avais refusé les oeufs, le serveur m’avait proopsé de la papaye en échange, oué mais il fallait payer un supplémént de un dollar ( pour les chômeurs j’ai une idée, ils étudient d’abord bien sûr, ils montent une chaîne hotelière, pas de luxe mais du style confortable, juste des chambres avec fenêtre, eau chaude à la douche et dans le lavabo, des draps doux et propres, une couette confortable, une lampe de chevet, une plaquette dans les toilettes pour poser ses affaires, un lavabo pas juste au-dessus de la douche qui fait que quand tu te relèves après avoir récupéré ta petite culotte tu t’exploses pas la tête, nettoyage de dessous le lit, des lits aussi normauxpour  que tu t’exploses pas le genou à chaque fois que tu fais un pas dans la chambre, du papier toilette en quantité suffisante, et quand t’en redemandes qu’on te demande pas pourquoi c’est… Je parle des hôtels que tu  dis bien ici, les autres c’est normal t’as ce que tu paies…
  • Donc je pars en retard et me dis que je vais me prendre la pluie…
  • Ce matin j’ai pris un anti-inflammatoire, mon dos me faisant trop souffrir, et j’ai des nausées, je les calme avec le médicament ad hoc. Je vais manger de bon appétit trop : entrée (espèce galette salade tomates oignons) soupe, viande (bonne) riz, concombre, tomate et encore deux légumes je sais plus, dessert (genre gateau dans une feuille de palme que je n’ai pas aimé) et jus de fruit frais, cet après-midi j’ai des envies de vomir pas possible que je n’arrive pas à calmer, quand je me serai arrêtée je me couche (vers 17 heures) jusqu’au lendemain et le lendemain ça ira.
  • Le paysage a changé, il est beaucoup moins rude, fait de formes vallonnées, pour un peu on se croirait dans les volcans d’Auvergne…

  • Mais le vert fluo est toujours là et que vois-je devant moi ?
    La vierge, oui, une vierge immense, une vierge vert fluo, alors je la supplie :
    – Vierge, je n’en peux plus de cette pluie, je n’en peux plus de ce vert, fais quelque chose.
    La vierge n’a pas répondu…
    – Dis vierge, tu crois que t’es belle comme cela toute vert fluo ?

La vierge n’a pas répondu, vous me croirez si vous voulez mais le lendemain, hop, disparu le vert fluo, à la place un paysage de volcans, arides, desséchés par le vent, où seuls poussent au fond de la vallée de la canne à sucre que quelques noirs encore cultivent…

Je continue à avoir des hallucinations, je vois le volcan fumer, on me dit que c’est la « neblina » qui se forme chaque matin en raison du froid qu’il fait là-haut…

  • Je vois des vélos partout, qui tournent en rond, toujours, toujours et toujours, mais Verocyclette l’a eu la même hallucination…

  • je me vois arriver squelettique à Ushuaïa…

  • Je me crois retournée au temps de la préhistoire…

  • Je vois des avions qui me montrent les dents…

  • Je vois des vaches immobiles qui me narguent tout là-haut…

  • Je vois des monstres..

  • Peut-être que toutes ces hallucinations viennent du parquet de deux cents ans d’âge ? Peut-être que ce tout petit hôtel, peut-être que ce tout petit village à l’écart de la Panam sont hantés ?

  • Je vois mon Saint Patron, je lui demande de me délivrer de toutes ces hallucinations…

  • Alors, même si j’ai des apparitions, même si je suis malade, je me dis qu’il faut que je trouve un endroit où dormir, ici il n’y a pas de village tous les 10 km et les hotels sont plus rares qu’en Colombie. Bien sûr on me renseigne volontiers, mais il n’y a pas, la route vue par une cyclo et vue par les voitures ce n’est pas pareil, si on te dit que c’est plat c’est que ça monte, si on te dit que c’est à 20km et bien cela peut être 40 voire 60….
  • La route est beaucoup plus facile…
  • Arrivée 16 heures, je suis épuisée et surtout malade, je vois des gens à un arrêe de bus, je les interroge, et bien l’hôtel qu’on m’a indiqué est à 30km, très loin… Et là dans le village plus loin ? Oui, il y a un hôtel. Je vais donc m’y rendre, je demanderai plusieurs fois, l’hôtel s’appelle « Residentia », la vieille femme qui le tient est très roublarde, après m’avoir annoncé 2 dollars elle m’en demande 4, puis n’a pas la monnaie, ouf je reprends mon billet de 10 dollars, vais faire la monnaie, ne me rend pas la monnaie sur 5 dollars, suis trop malade, me couche, mais le lendemain je râle ( 5 dollars pour un lit dans une chambre sale, douche froide pas dans la chambre, ni serviette ni papier toilette, dans ce pays c’est de l’arnaque), elle finit par me rendre un dollar…
  • Le lendemain tout va bien, je repars…

Besos a todas y todos

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J97 : Tulcan

Jeudi 28 avril 2011

Tulcan, ville équatorienne, frontière avec la Colombie, toujours à 3000 mètres d’altitude, c’est bien pour les globules rouges.

Les points forts :

  • J’arrive, c’est l’heure de la sortie des classes, des milliers, mais vraiment des milliers d’enfants dans les rues, vêtus de l’uniforme comme en Colombie et au Venezuela, mais eux peuvent marcher sur la route sans risque de se faire écraser…
  • Des commerces partout (comme dans toutes les villes frontières), j’en profite pour m’acheter des chaussettes chaudes, j’en ai marre d’avoir froid aux pieds et je veux garder mes chaussettes en laine pour la montagne, j’achète des socquettes made in china, ol y a trois matières dedans, je ne sais pas quoi, mais il y a un chat dessiné sur l’étiquette, à mon avis c’est du chat, d’ailleurs je mets du poil de chat partout… Bon elles sont douces, confortables, pas besoin de les laver tous les jours, elles ne puent pas, là je viens de les laver on va voir ce que ça donne, n’empêche si elles sont bien , je ne fais pas demi-tour pour en racheter d’autres, « no regresso », c’est ce que je dis à chaque fois que je cherche un endroit où dormir et que l’on me conseille de faire marche arrière « no regresso »… Au passage amis cyclotouristes, en Equateur ils vendent des vêtements chauds, eux ils ont compris que la montagne ce n’était pas la mer…
  • Enfin il fait beau, les jeunes se vautrent dans l’herbe…

  • A Tulcan il y a un cimetière qui vaut le détour, Vérocyclette (qui est une cyclotouriste qui doit se trouver à 1 ou 3 jours en vélo de là où je suis) m’avait prévenue. merci Verocyclette.
  • Ce cimetière immense est particulier par ses buissons sculptés :

     

Certains sont en forme d’humains

D’autres en forme d’animaux…

Les morts sont rarement entérrés dans tes tombes comme chez nous

Il y a des sculptures rigolotes…

La plupart des morts sont enterrés dans des tombes comme celles-là, au début je croyais que c’étaient des urnes, non, ce sont des cercueils

Lui (ou elle) doit se trouver bien seul dans ce nouveau bâtiment…

Au loin les volcans surveillent tout ce petit monde…

Lui il est rigolo aussi…

Le Christ bien sûr est là…

L’aspect solennel aussi…

Evidemment il n’y a pas de cyprès…

Quand même c’est chouette…

La fleur du jour… (c’est de circonstances)…

La forme du jour…

Besos de muy luego…

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Article spécial à destination de Sieur Janodou

Dans un voyage, le plus long est d’arriver à la porte – Varron, écrivain et savant romain ( 116 – 27 av. J.-C )

Il a de la chance ce sieur Janodou, c’est le deuxième article spécial que je lui consacre…

Je précise tout de suite que ce ne sont pas des conseils, c’est juste un retour d’expérience, car ce type de voyage étant tellement personnel que je me garderai bien de donner des conseils…

  • D’abord les prises électriques (oué parce qu’on est pas des vrais Robinson Crusoe, on a l’ordi, l’appareil photo, le tel, voir des imachins chose et tout le bazar, voire même des GPS, pas encore des vélos électriques, mais qui sait)… Moi j’ai renoncé aux panneaux solaires et j’ai bien fait, car le max sans électricité ça a été 3 jours et quand je bivouaque je sors pas mes machins, sinon il y a une discussion ouverte sur forum voyages sur la dynamo dans la roue…
    • Au Venezuela on trouve les deux types ( voir photos), je crois qu’il y en a une (l’orange) qui s’appelle prise espagnole et l’autre prise américaine (la blanche), j’ai trouvé jusqu’aux deux types dans la même chambre. C’est je crois du 110 volts, donc ça charge lentement
    • En Colombie le plus souvent la prise orange, des fois une prise où il y a trois trous mais avec la prise orange, sur laquelle je mets la prise blanche je branche mes appareils
  • Le téléphone, pour le Vénézuela j’ai déjà dit, pour la Colombie, évite de faire comme moi et d’acheter un premier prix qui marche très mal, comme opérateur Comitel (Tigo étant nul), tu peux acheter des minutes partout mais c’est d’un compliqué, ça dépasse mon QI, ils rechargent avec un numéro, j’ai rien compris on l’a fait pour moi, je n’ai pas reçu les messages de ma fille… Sinon il y a des boutiques où on peut appeler, le problème étant d’être dans une ville et une boutique à une heure compatible avec la France, sinon il y a Skype, même problème et il faut du débit.
  • Pour la sécurité : bonne au Venezuela, excellente en Colombie, bien meilleure qu’en France… Il faut savoir que les colombiens aiment leurs militaires et leur police et les rapports de la population avec leurs militaires est très forte, du style à lever le pouce droit à leur vue en signe victoire.
  • Pour le camping sauvage:
    • Inimaginable au Venezuela et souvent le relief ne s’y prête pas… c’est vraiment une difficulté de savoir où on va dormir
    • En Colombie il faut demander aux maisons pas loin des villages, les endroits plats étant tous cloturés avec des fils barbelés pour les vaches (enfin là où je suis passé), reste que les hôtels sont à un prix dérisoire, qu’ils sont très nombreux et que tout village a au moins un hôtel et que à mon avis on peut autant faire des rencontres dans les hôtels qu’en allant chez les gens. Le warmshower je n’ai pas encore testé. Au Venezuela il n’y en a pas. En Colombie j’attendais d’être dans des endroits plus civilisés pour voir.
    • Ma famille cyclo m’a appris qu’ils ont eu parfois des refus car les paysans ne sont pas propriétaires de leur terre maisexploités par les dits propriétaires, ce qui fait qu’ils n’osent prêter le terrain pour mettre la tente.
  • Pour manger :
    • Au Venezuela j’ai été plusieurs fois malades, c’est des fois bons, des fois franchement mauvais, j’ai très souvent eu faim
    • En Colombie ça revient moins cher de manger au resto que de pique-niquer et en plus je pense que ça convient bien aux cyclistes, il faut demander la comida corriente : tu as une soupe délicieuse qui pourrait suffire… puis ce qui s’appelle la bandera : poulet ou viande, frits ou en sauce (poulet extra, viande dégueu), du riz, une salade composée et deux autres légumes,et banane frite ( j’entends par légumes tout ce qui n’est pas viande car tu peux avoir en plus du riz pommes de terre et pâtes, plus le midi jus de fruit frais et le soir de la limonade faite maison ou panela (sucre de canne non raffiné avec eau froide ou chaude), le tout pour un euro 50, des fois plus, des fois moins, moi ce régime me convient bien, je complète (désolée mais je dois manger plus que la normale) par tout ce que je trouve de sucré et muy rico (calorique)
    • Pour la boisson tu fais comme tu veux, je rappelle le catolate, aussi efficace pour la lutte contre la déshydratation que très dégueu à force au goût, sinon il y a la recette de Pierre, l’important étant quand même de boire, et puis Pierre et moi on est des fans du coca (que le matin le coca, à cause de la caféine, toujours pour moi)
    • En Colombie tu as le café « tinto », moi je me porte bien mieux depuis que je ne bois plus de café, au Venezuela il y a aussi le café
  • Pour l’itinéraire plusieurs sont possibles, après ça dépend de toi, de ce que tu recherches, moi plus on me dit que c’est pas pour les bicyclettes plus je pense que c’est pour moi…
  • Les cartes j’ai déjà dit,
    • Je rajouterai qu’on peut trouver une carte de Colombie au téléphérique de Bogota, mais il faut déjà y arriver…
    • J’ai trouvé le lonely de l’Equateur dans une grande librairie à Bogota, j’ai acheté, au pire si je ne trouve pas de carte, dedans il y en a.
    • On m’a dit aussi dans les stations services, bon bin là j’ai pas trouvé
  • L’entretien du vélo
    • Extrêmement important, je ne sais toujours pas si il vaut mieux l’essence ou le gasoil… moi je nettoie la chaine et les trucs qui tournent avec le pinceau et j’essuie avec du sopalin réutilisable que je jette mais qui ne peluche pas, je n’en ai encore jamais trouvé en france, seulement à l’étranger
    • Maintenant je sais ni essence, ni gazoil mais kérosène ou essence blanche puis huile
    • Au Venezuela vélos et donc boutiques de vélo quasi inexistantes
    • En Colombie il y en a plein et le jeune de Tunja il m’a vraiment fait du beau travail
  • L’argent
    • Pour le Venezuela dollars et change parallèle en se renseignant sur le taux, les euros peuvent se changer aussi mais moins facilement
    • En Colombie, carte de crédit dans les distributeurs automatiques mais pas plus de 300 000 ou 400 000 pesos à la fois, pour avoir plus il faut aller au guichet, seul el Banco Agraria de Colombia accepte ma carte (une dorée quand même) et des fois il y a des heures de queue
  • Les médicaments :
    • En Colombie dans les drogueria vente libre d’antibiotiques, antifungiques, anti-inflammatoires, antalgiques, antipyrétiques, encore faut-il savoir s’en servir, je me suis renseignée sur ce qui était en vente libre mais je n’ai pas testé les conseils, j’ai testé que pour le shampoing (qui se vend au même endroit), excellent le shampoing…
  • Les trucs techniques style vêtements ou tente, une cata dans les deux pays, je pense qu’à Bogota on devrait trouver. Mon cyclotouriste il avait des sacoches bien, mais il venait de Bogota, je pense qu’ailleurs on ne trouve pas, oué je n’ai pas encore parlé de mon cyclotouriste colombien il était vraiment extra, pour l’instant je le garde que pour moi…
  • Les tel, ipod, cles USB, tout pareil qu’en France
  • Le temps
    • Partout où je suis passé la saison sèche c’est décembre, janvier, février, dans la Sierra Nevada del Cocuy un peu aussi en juin juillet aout
    • Dans la région de Merida saison des pluies en août
    • En Colombie saison des pluies en avril, je teste c’est vrai
    • Dés que t’atteins 3000 les nuages ne sont pas loin…
    • Les horaire de pluie : la nuit et aussi le jour…
    • Et y a des macro et micro climats et des villes chaudes et des froides, et c’est sûr que tu perds des degrés en altitude, en France c’est 0,7 degrés tous les 100 mètres, à mon avis ici c’est plus et le temps c’est compliqué et il y a el Nino et le changement climatique…
  • Et un jour j’ai lu dans un site de St Jacques de Compostelle ne mets pas dans ton sac le poids de ta vie…
  • Le plus dur c’est de prendre son billet d’avion, après ça roule… (quand même privilégie la solidité, la casse c’est toujours désagréable… En attendant ma sacoche guidon, non seulement elle a passé la frontière Venezuela-Colombie mais en plus elle va passer celle de l’Equateur, enfin si je ne me suis pas noyée avant… Et bin non suis pas noyée…
  • Et ne compte pas avoir le soutien de l’armée comme je l’ai eu… Suis femme… Et charmante… Et charmeuse… Mais les suisses que j’ai rencontrés hier et qui ont suivi le même itinéraire que moi de San Agostin à Popayan mais en gérant les étapes différemment se sont vus aussi offrir une boisson chaude par les militaires (je te dirais ce qu’ils ont fait sur commande spéciale
  • Et il repleut des trombes et c’est l’horreur
  • Et si tu as des questions précises, vas-y
  • Le seul vrai conseil que je puisse te donner c’est de n’écouter personne, de suivre ton instinct et cool, cool, cool, tout ira très bien
  • Ah oui aussi au Venezuela méfie-toi des camions, en Colombie des bus et en Colombie quand tu es piéton ne traverse jamais la route si il arrive un véhicule motorisé quelqu’il soit et même une bicyclette, ils ne ralentissent pas et t’écrasent, et c’est toujours le piéton qui est en tort… Y a juste ça à faire attention, pour le reste cool
  • Ah oui pour le camping sauvage prévois la pince coupante ( pour les barbelés) les pesos (pour indemniser le paysan qui aura perdu ses vaches) le manuel de « comment faire soi-même un radeau » (vu que tout est inondé), pour le Venezuela les pitons et le hamac vu la pente du terrain
  • Et puis aussi le pare-choc (pour les bus), l’armure (pour les pierres qui tombent), la balise Arva (pour si t’es pris dans une coulée de boue ou une avalanche), pour la bouée (vu la flotte qu’il y a) inutile tu en trouveras sur place… Y buen viaje et aussi les boules quiés pour les cloches et les messes à 5heures du mat et le casque anti-bruit pour la télé ou la radio qui hurle, euh pas la les…
  • Enfin et surtout n’oublie pas ton sourire… Avec un sourire on obtient tout, même de soi… et aussi de l’humour, ça aide l’humour

Et tu fais quoi là à lire mes fadaises, prends donc ton billet d’avion… Arête de te poser des questions, de toute façon on est jamais tout à fait prêt, donc tu prends ton billet d’avion et basta, mais si tu veux économiser un billet d’avion tu mets tout ton barda sur ton vélo et tu grimpes l’Alpe d’Huez ou tout autre col mythique ou non et là je te jure, tu pars plus, ah oui choisis aussi un jour de pluie et tiens un départ en vacances…

  • Il me reste à parler des chiens, mais là je suis nase, je vais au dodo

Alors tu dois faire quoi Sieur Janodou ? Trois petits clics sur le net avec à coté de toi ta carte bancaire et ton passeport, et c’est tout (euh tes lunettes aussi vu que toi t’as pas des cristallins artificiels multifocaux…) et pour le vélo tu tel au numéro qu’ils donnent pour les bagages spéciaux, après suffit de payer, comme beaucoup de choses sur cette terre, vérifie quand même la date de validité de ton passeport et de ta carte bancaire…

Sinon pour te transformer en femme parce que finalement ça aide pour voyager, c’est un peu compliqué et long, mais possible, même remboursé par la sécu…

  • Un dernier truc, envoie-toi un mail avec les trucs à pas perdre, scan de ton passeport, coordonnées famille amis, etc et même si tu veux pas emporter toutes les cartes et pas galérer sur place pour en trouver, tu les scannes et te les envoies

Courage vieux frère, le pire est derrière toi…

Les photos des prises électriques :

 

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J96 : Bonjour l’Equateur

Mercredi 27 avril 2011Voilà j’y suis, où ?

En Equateur…

Ca fait un peu bizarre…

  • Alors les ressemblances avec la Colombie :

Y a des rios (celui-là il fait frontière entre la Colombie et l’Equateur)

Il pleut et il fait froid  (pas de photos vu les conditions météo)…

Il y a des descumbre (éboulements, coulées de boue)…

Ca monte… Et oui toujours la Cordillera Andina, d’ailleurs c’est toujours aussi vert…

Il y a des églises, mais les cloches ne font pas un bruit de ferraille…

C’est toujours aussi compliqué de retirer de l’argent, en plus la nana de la banque elle te dit d’aller à la caisse automatique, tu dis que ça ne marche pas, elle t’accompagne, effectivement celle que tu avais choisie ne marche pas, elle va à une autre, se trompe sur la somme que tu avais demandée, t’as presque rien et ta carte est bloquée pour plusieurs jours… Heureusement j’ai changé les pesos qui me restaient à la frontière et comme j’en ai retrouvés que j’avais cachés… Mais comme je me suis offert un hôtel plus cher car je voulais un peu de confort : de l’eau chaude, pas de courant d’air, une fenêtre (qui donne sur les toits et les antennes, ça change du vert), des draps propres et doux,  internet wifi, oui je veux faire une petite pause et essayer de mettre à jour mon blog. Et comme je me suis déjà fait avoir, j’ai tout vérifié, l’eau chaude, la wifi, j’ai quand même changé de chambre trois fois pour être plus près de l’eau chaude et du wifi, sinon ça ne marchait pas, pas chiante la nana… Voilà ce que j’ai appris le plus durant ces trois mois de voyage : m’imposer… Quand je rentrerai zavez tous intérêt à vous garer…

  • Les différences :

Ils utilisent le dollar, pas de monaie locale, c’est dingue non ?
Ils parlent un espagnol très facile à comprendre.
On peut mettre un pied sur la route sans être sûr de se faire écraser, oui ici les voitures roulent beaucoup moins vite et respectent les piétons, d’ailleurs à la frontière il y a une grande affiche : « respecter les piétons »

Je

Je vais essayer d’aller moins vite aussi, j’entends déjà certains qui disent ça va être difficile…

Il y a moins de bruit, je ne sais si c’est parce qu’ils coupent le moteur à la descente, quand même ils ont les mêmes alarmes qu’au Venezuela, pas la peine de voyager, tu en écoutes une et tu as tous les sons des pompiers et ambulances du monde entier.

Ils sont beaucoup plus pauvres qu’en Colombie et beaucoup de voitures et camions sont déglinguées et les camions polluent ( comme au Venezuela, ce qui n’était pas le cas en Colombie)

Alors détails de la journée :

J’étais dans une chambre très nulle, même pas la place de mettre mes bagages par terre, évidemment j’ai dormi dans mon petit drap et mon duvet qui sont ? VERTS. Tiens à la frontière je me suis acheté un petit bracelet en perles de plastique qui est ? VERT… Tant que je ne suis pas verte de peur tout va bien…
J’ai recherché l’hôtel 3 heures tout en ayant le nom et en sachant que c’était dans une rue à 50 mètres donnant su le parque… Et à Ipiales le soir ça craint vachement (pas ailleurs)…
La chambre était très nulle mais pas de boucan à 5H30 du matin, j’ai pu faire la grasse matinée jusque 8 heures… Puis j’ai rangé mes sacoches défaites car mes affaires terminaient de sécher. Là où je suis ce soir il ya une aération et je sens que ça va sécher, d’ailleurs j’en ai profité pour laver mon petit drap.

 Ipiales (Colombie) -Tulcan (Equateur)

Distance parcourue : 11,80 km

Vmoy : 7,2 km/h Vmax : 39,2 km/h

Température : minima : 12°, maxima : 25°

Dénivelée positif : 150 m

Dénivelée négatif : 145 m

Heures sur le vélo : 1H38’09 »

Départ : vers 10 heures

Arrivée : je ne sais pas, longue recherche de l’hôtel et puis j’attendais de me réchauffer le menton pour pouvoir parler

Résumé de l’article

  • Objectif : passer la frontière, Tulcan en Equateur
  • Conditions météorologiques : pluie allant s’accentuant pour devenir style trombes d’eau, froid
  • Etat de santé : je reparlerai du doigt quand il y aura amélioration, le dos ça va sur le vélo mais l’attente debout dans la banque l’a retué..
  • Etat de la Colombie :  je l’ai lâchement abandonnée…Mais ayons une pensée pour elle, les plus fortes pluies enregistrées depuis 60 ans,état d’urgence décrété dans tout le pays,  plus d’un million de personnes affectées (sur les 42 milions de personnes qui constituent sa population, plus de cent morts, voilà une pensée pour ce pays qui souffre en ce moment

Particularités de la journée :  passage de la frontière sans problème, pour remonter la cote pour sortir du rio j’accuse la fatigue accumulée de la longue montée d’hier et je peine et il pleut, pleut, pleut et quand ça redescend je me caille et voilà, c’est tout…

Besos del Equador

P.S. Et Monica crie pas  » ça y est elle est arrivée en Equateur », tu vas réveiller tout l’immeuble…

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