J261 : altiplano, altiplano, ça commence à faire beaucoup d’altiplano…

Samedi 8 octobre 2011

Pucara -Juliaca

Distance parcourue : 66,18 km
Vmoy : 13,5 km/h Vmax : 44,8 km/h
Température : minima : 9°, maxima : 26°
Heures sur le vélo : 5H35’40 »
Départ : 9 heures 00
Arrivée : vers 14h30 à Juliaca

Résumé de la journée

  • Objectif :  Juliaca
  • Conditions météorologiques : pluie 1 heure, puis nuages et éclaircies, vent faible mais défavorable puis orage et pluie, les trombes d’eau ne tomberont que quand je serai sur internet
  • Etat de santé : l’épaule chaque jour un peu moins mal, les dents c’est pas ça, j’irai peut-être les faire soigner au Chili, les genoux ça allait mieux mais je me les suis explosés en moulinant pendant des heures.
  • Particularités de la journée : altiplano

Je quitte Pucara sans me presser car je sais que ma journée ne sera pas trop dure, je crois que Pucara ça veut dire village rouge…

Son église est rouge…

Son rocher est rouge…

Ses rues sont rouges…

Sa piste est rouge…

Oui car ils sont en train de refaire la route, donc il faut emprunter la piste sur 3 km, lesquels me rappelleront que mon épaule n’est pas guérie, mais qu’elle va mieux, que mon vélo n’aime pas la boue, de quelque couleur que ce soit, oui, oh la la au moment où j’écris une grande sirène s’est déclenchée, peut-être que le lac Titicaca déborde vu tout ce qui est tombé… Je sauve quoi en premier, et bin mon ordi et mes savates… Bon mon vélo il aime pas la boue, le dérailleur du pédalier se bloque, j’essaie d’enlever la boue, le cable me semble abimé, je vérifie au doigt, je me fais mal, le réparateur de bicyclette fera de même, et voilà je vais me faire presque 60km d’altiplano qui pour une fois est presque plano sur le petit plateau et ça me fait râler un max… En plus je ne suis pas très en forme, je pense que je paie tous ces jours où j’ai fourni d’énormes efforts, entre mes 7 pics, mon trek duraille, la remontée sur l’altiplano, et ma course à la Bolivie. Je prends une bonne résolution, je vais me payer un hôtel confortable à Puno (une fenêtre, de l’eau chaude et internet, mes besoins sont très primaires) et me poser 3 jours, je dis bien poser et non reposer, mon vélo n’est toujours pas nettoyé, mon site a un retard pas possible, la lessive ça va, ça attendra encore 8 mois…

Donc sur le petit plateau j’admire le grand plateau…

Ses lamas…

Ses effets de couleur…

Son rio…

L’altiplano quoi…

Ah oui il y a aussi les vigognes qui regardent passer la cyclo…

J’arrive à Juliaca.

L’orage gronde mais ne me tombera pas sur la tête. Pour la première fois au Pérou je rencontre la misère, est-ce la proximité de la frontière ? J’ai remarqué que les villes proches des frontières sont bizarres. Et puis je n’ai pas été à Lima, vu que je connaissais, enfin il y a quelques années, peut-être qu’à Lima il y a aussi de la misère.

Le rio est pollué et les femmes y lavent leur linge, je ne photographie pas, cela me gène. Juliaca est une ville très laide, très sale, très pauvre et très moche. Je commence par faire toutes les stations service à la recherche de pétrole, ils n’ont pas et ne connaissent pas. Puis je cherche les magasins de vélo, ils sont tous plus miteux les uns que les autres.

Les gens vivent sur la voie ferrée, je croyais qu’elle était désaffectée, non je vois passer LE train de Cusco, à l’intérieur des touristes bien comme il faut, je les regarde d’un air bizarre, eux font de même… Les singes qui regardent les singes… Une fois LE train passé, les miséreux réoccupent la voie ferrée…

Le réparateur de vélo s’y prend à deux fois pour changer mon câble, il voit tout de suite que j’ai un problème avec mes deux vitesses qui sautent, il me les règle, il resserre mon frein avant, une fois tout fini, j’essaie avec le vélo chargé, ça a l’air d’aller, j’y retourne pour qu’il resserre mon frein arrière, il me dit qu’il faudra bientôt changer les patins, allez on change, j’ai encore deux jeux achetés en Colombie. Il me demandera 5 soles, je lui laisserai le double.

Puis je cherche un hôtel avec de l’eau chaude et à prix raisonnable. Je trouve, chambre sans fenêtre, pas de net, literie confortable, ça pue mais l’eau est chaude…

Le déluge va tomber tandis que je suis sur Internet, les rues sont transformée en torrents…

Voilà demain je vais à Puno et je vais voir si je peux rejoindre la Bolivie en bateau, ça fait longtemps que j’ai ce projet dans la tête, je sais par Léo qu’il faut faire les papiers coté Pérou à Puno vu qu’il n’y a pas de point frontière de l’autre coté du lac, le lonely planète me dit aussi que c’est possible mais que la durée de validité est très variable, je vais voir… Bon bin j’aimerais bien… Je crois que je suis encore dans un hôtel de passe… Oué quand on frappe à la porte une fois le temps écoulé… J’ai le don pour trouver des hôtels bizarres, à Bogota je crois bien être tombée sur le seul hôtel du monde tenu par curés et bonnes sœurs, d’ailleurs je le recommande…

Dodo, bisous tout le monde

J’oubliais le principal, j’ai le moral au zénith et je suis excitée comme un pou à l’idée de passer une frontière… Quatre pays, bientôt le cinquième, une seule crevaison, le buen suerte…

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J260 : il neige sur l’altiplano…

Vendredi 7 octobre 2011

Santa Rosa – Pucara

Distance parcourue : 76,17 km
Vmoy : 13,5 km/h Vmax : 44,8 km/h
Température : minima : 3°, maxima : 28°
Heures sur le vélo : 5H38’31 »
Départ : 9 heures 00
Arrivée : 16 heures 45

Résumé de la journée

  • Objectif :  Pucara
  • Conditions météorologiques : neige puis nuages et éclaircies, vent faible mais favorable puis orage et trombes d’eau
  • Etat de santé : meilleur, le genou gauche s’est calmé, le genou droit c’est supportable, je mouche et crache du pus mais ça ne me gène pas trop, dans la piste qui mène à Pucara je ne crie plus, habillage et déshabillage restent laborieux, je sens que la forme que j’avais avant ma chute-fracture revient peu à peu, les dents recommencent à me chatouller, la panne de la brosse à dents électriques ou les de Cusco ?
  • Particularités de la journée : Un altiplano enneigé… Puis normal, j’adore les deux, je pédale bien.

Je croyais que le Pérou m’avait tout donné, à Cusco déjà le lui disais au revoir, et voilà qu’il me donne, encore, et encore, hier avec son col à plus de 4300 mètres et aujourd’hui ???????

Il NEIGE SUR…

L’ALTIPLANO…

Remarquez que je pars avec le sourire, mais la neige j’adore… Je reconnais que si j’avais été bien dans l’hôtel je serais restée, mais ils avaient du traiter le bois avec un produit, l’odeur me gênait tellement et la fenêtre étant coincée que j’ai dormi la porte ouverte, espérant que le chien ne vienne pas manger mes maigres provisions… Il a plu une grande partie de la nuit… J’étais tellement cassée la veille que je n’ai même pas sorti mon ordinateur… Comme d’hab dans la nuit je me suis réveillée pour manger… J’ai trouvé qu’à 5H30 du mat ils faisaient un peu de bruit, sauf qu’il était 6h30… Le plafond nuageux était très bas, cela ne m’a pas trop inquiété, je pensais sincèrement que j’allais descendre et échapper à ces nuages et que cela allait se lever…
Le froid m’avait fait fermer la porte… Je me prépare, je sors et là, stupeur, il neige…

Alors voilà, je vais naviguer, euh, pédaler sur l’altiplano toute la journée et j’adore…

L’altiplano comme vous le verrez rarement…

De plus près…

Rapidement tout part en fumée…

J’ai même droit à mon petit train, le premier depuis deux jours, la route continue à être quasi déserte.

Les vaches paissent, j’ai vraiment des idées de peinture qui me passent par la tête, que de choses je vais avoir à faire à mon retour…
Entre les travaux d’écriture, les conférences car je tiens à en donner, la peinture, et puis m’occuper un peu de ma maison et puis et surtout mes enfants, mes petits-enfants, ma famille et mes amis, peut-être je vais vite repartir ne sachant plus où donner de la tête…

Et sur l’altiplano il y même des rios…

Et aussi des montagnes aux formes bizarroïdes…

Et des maisons vivantes et des maisons mortes…

Et des poubelles, enfin des déchets car de poubelle, nenni…

Bien sûr il y a de grandes lignes droites, d’environ 20 km chacune, après chaque ligne droite je croyais que ça allait descendre, (oui quelqu’un m’a dit de Cusco à Puno ça descend tout le long, cette personne n’a jamais du venir jusqu’ici… Et puis j’ai fini par comprendre que cet altiplano s’étendait sur des centaines de kilomètres…

Et puis parfois dans l’altiplano se glisse une erreur, cherchez… Le premier qui trouve a droit à une descente sur Orcoz avec des pneus usés, le deuxième une descente sur Pallasca, le troisième, chut, surprise….

Et les lignes droites reprennent, inlassablement, je vais quand même m’offrir deux pique-nique, je vais apprécier le vent quand il se mettra à souffler (trois-quarts dos), je vais moins l’apprécier quand l’orage tonnera et qu’il soufflera si fort qu’il me glacera la joue droite…

Et encore et toujours je vais admirer ces herbes drues…

Quand même je vais avoir un peu peur de l’orage, il est d’abord derrière moi, puis à ma gauche, une lutte s’est engagée entre lui et moi, qui va gagner ?

Lui bien sûr, mais de justesse, juste parce que dans le premier hôtel de Pucara ils peignaient de figurines en terre cuite et que l’odeur me dérangeait trop, je préfère encore ma tente sous l’orage…

Et à Pucara une somptueuse église m’indiquera le chemin d’un autre hôtel, difficile à atteindre car il y a des travaux sur le route et les camions traversent laborieusement les rues étroites de ce village…

Voilà, j’ai arrêté d’écrire pour aller manger au restaurant qui fait hôtel (en demandant car rien ne l’indique…) et je regarde : la duegna qui surveille tout son monde en essuyant les couverts, le garçon de dix ans qui prend les commandes, sert, dessert et au passage fait la vaisselle dans une eau douteuse, un autre garçon du même âge qui joue à une console de jeux, une vieille en guenilles, qui vient, marmonne quelque chose à la duegna puis s’assied dans un coin par terre, la porte grande ouverte sur le froid, tous revêtus selon l’âge de polaires, anoraks et bonnets, quoique pour le hommes plus casquettes que bonnets, ou de multiples couvertures ceintes sur les hanches ou posées en guise de châle sur les épaules, je regarde aussi ma cuisse de poulet, j’ai vu les cagettes congelées et décongelées mille fois attendant leur tour près du congélateur… La majeure partie des convives sont des hommes, ils ont les yeux rivés sur la télé, à leur sourire je sais qui du Paraguay ou du Pérou va gagner le matche de foot… Je vais quand même, malgrè mon envie réfuter la tasse de café, thé, tisane ou malté qui vient clore le repas… Voilà, c’est le Pérou, le vrai, pas celui des touristes… Un Pérou en marche, mais qui a au moins les marches d’Aguas Calientes au Machu Pichu et du Machu Pichu au Maya Pichu à gravir…

Quant à moi, j’ai passé une excellente journée, je sens la forme revenir, je vais dormir dans mon petit drap recousu et mon duvet, bisous tout le monde…

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J259 : un col à 4338 msnm, juste pour le fun…

Jeudi 6 octobre 2011

Bivouac dans un hameau à  9 km de Sicuani – Santa Rosa

Distance parcourue : 76,20 km
Vmoy : 13,5 km/h Vmax : 44,8 km/h
Température : minima : 3°, maxima : 28°
Heures sur le vélo : 7H31’55 »
Départ : 8 heures 00
Arrivée : 17 heures 30

Résumé de la journée

  • Objectif :  Santa Rosa si possible, en fait je ne sais pas, avancer…
  • Conditions météorologiques : j’ai oublié, il faut regarder le ciel sur les photos…
  • Etat de santé : mieux qu’hier, moins bien que demain…
  • Particularités de la journée : je passe un col à 4338 msnv, presque aisément… Le Pérou va encore m’éblouir avec ses cîmes enneigées, ses montagnes pelées, que j’aime, que j’aime ce Pérou…

C’est dur aujourd’hui de partir de mon bivouac, d’abord il y a la vieille mamita de la maison d’à coté qui m’apporte du lait malté (avec du maïs) et un pain, ouf, elle repart dans sa maison et je peux faire semblant de boire et jeter le lait dans les pierres… Puis la mamita dont les quatre enfants sont partis à Lima me donne un fromage de sa vache pour la route, lequel fromage n’aura aucun goût (pour moi c’est plutôt un avantage) et je le ferai tomber dans une bouse de vaches, pour me consoler je me dis qu’il devait être plein de salmonelles…

Tandis que j’écris, qu’est-ce que ça dégringole… Je crois que la saison des pluies est en avance, je sens que je vais redéguster…

Puis il y aura la jeune fille à qui j’avais demandé l’autorisation de planter ma tente, elle m’avait dit le « presidente », non, j’ai déjà testé le « presidente » au Mexique, ça m’avait pris deux heures… Elle me donnera un sandwich à l’avocat, chic, chic, chic, sauf que l’avocat il sera tout pourri…

Enfin je pars, la ville de Sicuani que l’épicier m’avait dit être à une demi-heure de voiture est en fait à 25mn de vélo, c’est vrai que je commence à aller vite, certains m’ont même fait remarquer que je remontais le temps… Oh la la c’est le déluge, l’hôtel où je suis est vraiment très crade mais je suis à l’abri…

Je traverse Sicuani sans prendre la déviation car je n’avais pas réalisé que Santa Rosa était sur mon chemin, cette petite ville n’offre aucun intérêt… En revanche les montagnes pelées m’enchantent…

Je monte tranquille et même pour une fois presque scientifiquement, je calcule que je ne dois pas avoir beaucoup plus de 1000 mètres à monter, que le col est à 37 km, que cela devrait passer dans la journée. Je m’oblige à ne m’arrêter qu’à mi-parcours.

Sur mon chemin deux ou trois maisons très différentes de celles que l’on rencontre ici, bizarre…

Devant elles, peut-être une église, elle-aussi très différente…

Et la route monte, monte, monte mais la pente n’est pas trop forte et je monte bien.

Beaucoup de fermes témoignent de l’activité agricole.

Je m’arrête à coté de deux femmes qui attendent un moyen de transport, l’une file la laine, l’autre détricote un pull, quand je demande l’autorisation de les prendre en photos, elles me demandent de payer, à mon refus elles vont s’installer un peu plus loin…

La montagne est cultivée encore très haut…

Je reprends la route et continue de bien monter, c’est vrai que c’est plus facile que la route du diable, mais quand même, trois montées me feront un peu peiner, j’applique la technique de la respiration, je souffle très très fort; l’inspiration se faisant toute seule… Un vrai petit train à vapeur, mais ça marche, ça roule même et jamais je ne pousserais…

Et c’est beau, beau, beau…

Il n’y a pas, j’aime les grands espaces et les montagnes pelées et enchevêtrées…

Et voilà que le Pérou m’offre encore une surprise…

Et puis toujours un peu de surréalisme… Un écriteau avec piétons marchez à gauche (photo non prise, ça va me couper dans mon élan…) Un péage au milieu de nulle part… Peut-être le péage le plus haut du monde, plus de 4000 mètres…

Et du beau…

Du grandiose…

Je passe le col, je mets 5 minutes à trouver comment on fait marcher le retardateur…

Et je réadmire…

De l’autre coté, comme à Huaraz, une cordillère noire…

Et encore et toujours de sublimes montagnes où plus rien ne pousse…

Parfois une maison…

Et le soleil couchant illumine les caprices de la nature…

Je me dépêche, je vais finir par me faire avoir, le jour se lève à 5h30 et à 17 h 45 il fait nuit noire, je sens que j’ai viré à l’est, ouf en Bolivie je vais changer d’heure… J’arrive juste avant la nuit au village de Santa Rosa où je vais trouver un hôtel rustique. Je me suis fait une énorme journée, quand j’arrive je dois m’asseoir un bon quart d’heure avant que les vertiges disparaissent. Je me rends compte que depuis deux jours je n’ai pas fait de repas normal et que les ships et les galettes salées ne passent plus, j’ai trouvé des « havas », ce sont soit de gros haricots ou des fèves ou autre chose grillées, salées, légèrement relevées, j’adore mais ça ne suffit pas. Alors je me fais un énorme resto, tout, la soupe, le « segundo » comme ils disent ici et je rajoute du pain.

Quand même je sens que la forme revient, alors je suis contente, et la petite phrase d’Enzo « je vois que tu avances bien » raisonne souvent dans ma tête…

Bisous tout le monde

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J258 : ça roule encore mais un peu moins…

Mercredi 5 octobre 2011

Ferme isolée sur la route en direction de Puno – Village en direction de Puno

Distance parcourue : 69,11 km
Vmoy : 11,2 km/h Vmax : 47,5 km/h
Température : minima : 17°, maxima : 38°
Heures sur le vélo : 6H09’07 »
Départ : 8 heures 5
Arrivée : 16 heures 45

Résumé de la journée

  • Objectif :  avancer, manger, dormir, simple non ?
  • Conditions météorologiques : nuages et éclaircies, 2 fois quelques gouttes de pluie, températures douces
  • Etat de santé : je continue à crier quand je tangue, j’ai mal au genou droit et aussi au gauche.
  • Particularités de la journée : bonne route goudronnée, circulation rare le matin s’intensifiant l’après-midi, ça monte pas mal le matin, je roule bien, je trouve un village où bivouaquer, le paysage comme d’habitude est superbe.

Je suis prête à partir à 7H45, le bivouac à la ferme fut tranquille…

Mais ici on dépèce le mouton, alors je regarde un peu, la panse est vraiment grande, en général c’est un mouton par mois. Dans la ferme il n’y a qu’une
famille de huit personnes, quelques vaches, des moutons et la culture du maïs qui sort tout juste, nous sommes au-dessus de 3000 mètres. Ames sensibles fermez les yeux…

Rapidement je vais revoir mon objectif de 70km à la baisse car il y a quelques grosses montées, rien à voir avec les « pics » de la route du diable, mais quand même… Les montagnes comme d’habitude sont pelées et prennent une teinte caca d’oie…

Je remonte un rio dont j’ai encore oublié le nom, Monica au secours, le rio évidemment sculpte la montagne…

Et se promène gentiment…

Des fois il y a des formes bizarres, on ne sait plus si le maître d’œuvre est le vent ou l’eau…

Une lagune va me faire un coucou…

Je ne suis plus dans le spectaculaire mais le très beau, une vallée verdoyante où tous s’affairent dans les champs, labourant à l’aide des taureaux ou à la pioche, oui c’est le printemps, il faut préparer la terre.

Et le rio des fois franchement paresse…

Vers 10 heures je fais un premier pique-nique, j’en ferai un deuxième vers 14 heures, oui je suis comme les bébés, il fait que je mange souvent.

Au deuxième pique-nique le vent va me glacer, vite je me couvre pour 5 minutes
plus tard me découvrir car je meurs de chaud…

Ce vent, levé vers 11h30, sera modéré et me sera presque toujours favorable…

Puis je vais sortir de cette vallée riante et traverser une grande zone plate
montante qui a du être autrefois un lac.

Maintenant il reste des zones marécageuses et oiseaux et vaches font bon ménage, des femmes cueillent des espèces d’herbe drues qui, je pense, vont servir à la vannerie.

Une église sur le bord de la route semble posée là par hasard… Ou par erreur…

La circulation, assez rare toute la journée, va s’intensifier dans l’après-midi.
Dans une zone de travaux où la circulation est alternée un camion me doublant (il n’y a pas la place et ça monte) me touche presque, du coup je me mets au milieu, évidemment ils ne sont pas contents et klaxonnent, ça m’est égal, je reste au milieu jusqu’à ce qu’un bas-coté m’accueille. Ici en Amérique latine aucun des véhicules motorisés ne respectent ni les piétons ni les vélos, tous traversent les villages à des vitesses incroyables, éventuellement en bloquant leur klaxon, il n’y a pas la route est à eux… Je pense qu’ils finiront par changer quand ils comprendront que mourir sur la route est très bête…

En fin de journée je fatigue quand même, je trouve une épicerie, je fais le plein de boisson et cherche un endroit où dormir dans le village. On me conseille au bord de la route, NON… Je pénètre dans le village et remonte vers la montagne, je trouve un endroit super, tranquille, plat, au milieu des bouses de vache, quand même pas loin d’une maison si je dois appeler au secours cette nuit, j’ai du mal à trouver quelqu’un pour avoir l’autorisation et surtout signaler ma présence. Un homme quand même viendra roder ce soir, pas longtemps, juste une minute. Je n’ai pas peur c’est le principal…

Voilà, journée fatigante quand même, mais je veux avancer…

Bisous tout le monde

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J257 : ça roule…

Mardi 4 octobre 2011

Cusco – ferme isolée sur la route en direction de Puno

Distance parcourue : 68,01 km
Vmoy : 12,7 km/h Vmax : 54,3 km/h
Température : minima : 15°, maxima : 36°
Heures sur le vélo : 5H20’58 »
Départ : 10 heures 15
Arrivée : 17 heures

Résumé de la journée

  • Objectif :  avancer, manger, dormir
  • Conditions météorologiques : nuages et éclaircies, pas de pluie, températures douces
  • Etat de santé : je continue à crier quand je tangue, j’ai mal au genou droit.
  • Particularités de la journée : du bon goudron, je roule bien, ça monte et ça descend, c’est beau, j’ai un petit pincement au cœur en quittant Cusco… Je vais bivouaquer à coté d’une ferme.

Voilà, un petit pincement au cœur quand je quitte Cusco, je sais que je suis en
route vers la Bolivie et que je vais laisser derrière moi un Pérou qui m’a tant donné… Je ne sais pas encore qu’il va continuer à me donner…

Je pars tard, mes affaires pas complètement prêtes, notamment emballage des bâtons, un bon petit déjeuner, une dernière douche avant je sais pas quand,
des vêtements à récupérer à la laverie, c’est dingue, le noir est redevenu noir, le orange orange, première fois depuis 9 mois que mes vêtements sont correctement lavés… Et puis aussi des mails à répondre, notamment à ceux que j’aime et qui m’aiment…

Premiers pas, euh roulements sur les pavés de Cusco fraichement cirés de la nuit, je commence par pousser et dans une rue étroite où je sens que je fais
bouchon je me lance et puis ça va tout seul, l’épaule supporte. Je demande plusieurs fois mon chemin, il faut prendre l’avenue de je ne sais plus quoi, comme d’habitude en ville je suis très prudente n’hésitant pas à mettre pied à terre quand il faut changer de file ou de direction.

Il me faudra presque 15 km pour sortir de Cusco et sa banlieue, comme d’habitude les minibus me font des queues de poisson, les bus me rasent et les
camions m’enfument… Puis petit à petit ça va se calmer et la circulation de peu intense va se faire presque rare.

Petit repérage de kilomètres :

Des villages sont nichés dans la montagne.

Je retrouve mes girafes bien-aimées, un peu tordue la girafe…

La route est magnifique, j’apprécie le goudron, j’apprécie de rouler…

Une première lagune va m’éblouir… (lagune de Huarcapay, oui j’ai noté le nom,
euh photographié…)

Petite leçon de respect de la nature…

Le printemps ici est un peu timide…

Sans descendre de vélo je peux admirer des ruines Inca…

Et si j’allais passer quelques jours là ?

Un petit peu de surréalisme…

Le paysage est toujours aussi beau…

Après 30 km de faux plat montants et descendants je vais attaquer une montée de quatre ou cinq kilomètres, puis redescendre, remonter trois ou quatre fois.

A 11 heures 30 le vent se lève, est-ce le vent de la Bolivie dont m’a parlé Pierre ?
Il me gênera plus d’une heure, puis m’aidera dans une épingle, puis se calmera l’après-midi pour se relever quand je planterai ma tente et à nouveau se calmer.

Une deuxième lagune va m’éblouir…

Vers 13 heures je vais manger au marché de Andahuaylillas, c’est toujours un bon plan de manger au marché (le faire aussi au marché en face de la casa de
ciclista de Trujillo), c’est toujours bon et pas cher, repas complet pour 5 soles (1 euro). Bien sûr je fais un peu attraction et réponds gentiment aux questions.

Je reprends la route

Chouette, je retrouve un rio…

Parfois calme…

Parfois plus impétueux…

Je me suis fixé un objectif de 70km, je laisse passer un premier village, puis
l’heure tourne, les ombres s’allongent, le soleil se couche, il est 5 heures, je sais qu’ici la nuit tombe à 6 heures, une ferme isolée, personne, seul un chien qui n’aboie même pas, les gens sont encore aux champs, un homme, je demande, oui pas de problème, je fais mon laïus habituel (qui est vrai), je suis seule, j’ai peur de dormir loin de tout, je me sens plus rassurée quand je pose ma tente près d’une maison, en général je n’ai pas de refus.

Bisous tout le monde

 

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J251, J252, J253, J254, J255 : circuito Salkantay : un trek d’enfer…

Un long chemin, de Cusco au Machu Pichu…

Je dédie cet article à ma petite soeur. Ma petite soeur, n’attends pas la retraite, n’attends pas que la cruralgie te torpille, que la sciatique te cloue au sol et que tes genoux se dérobent, non pars au plus vite, mets en pension ton chérubin adoré à la Isla Incahuasi et vite cours là, attention excellente condition physique exigée, acclimatation préalable à l’altitude hautement souhaitable…

Le treck du Salkantay c’était un trek d’enfer…

Les trois clous du spectacle :

Le Salkantay dans toute sa splendeur…

Le Machu Pichu nimbé de mystère…

La Françoise radieuse au sommet du Mapi-Huayna…

L’organisation :

Un peu folklo mais bon…
Ma première idée : faire le chemin des Incas pour arriver au Machu Pichu, mais c’est plein jusqu’en décembre…
Donc suivre un autre chemin, j’ai déjà été au Machu Pichu, je veux l’aborder sous une autre forme. On me parle du Sankantay trail, va pour le Sankantay. Tandis que je suis devant le guide de Bolivie, marmonnant en français ma colère que ce guide soit en anglais et non en espagnol, une jeune fille m’aborde, elle est belge, vit au Luxembourg, par suite de diverses circonstances elle est seule à Cusco, complètement perdue et désemparée, elle-aussi veut faire le Salkantay trail mais ne sait quelle agence choisir, les prix varaint presque de 1 à 10. Je me suis déjà renseignée, j’ai contacté l’office du tourisme pour savoir un peu quelles sont les agences à quion peut faire confiance et les prix pratiqués. Nous nous donnons rendez-vous le lendemain à mon hôtel pour « faire  » les agences ensemble. Nous allons en voir 4 dispersées dans la ville, au passage on visite un peu Cusco. Mon amie belge est fraichement débarquée de Lima et voudrait s’acclimater un jour de plus (elle a raison, on va passer à 4600 mètres), moi je veux partir le lendemain. Par hasard on tombe sur des français, ils sont un peu plus chers mais leurs prestations semblent correctes, oui, sauf que… Ils ne sont pas réactifs… Demain, pas possible, après-demain, non plus… Je me décide pour une agence, mon amie ne se décide pour aucune, je la laisse à ses tergiversations… Finalement je la rencontrerai le deuxième jour dans la descente du Col à 4600m… Cindy n’a pas été malade et est maintenant radieuse…

C’est à l’agence  Cusco réservation que je confierai mon sort… Réactif eux, départ dans la nuit qui arrive, à 4 heures du matin, à 18 heures je rencontre le guide qui me donne des précisions sur le topo, la difficulté, le matériel nécessaire, le mode de transports des bagages, le timming. On me conseille de prendre ma tente et mon matelas, inutiles, le matériel est à disposition et de bonne qualité, et donc ça va m’encombrer plus qu’autre chose. on me dit que ce sont des chevaux qui portent le matériel, ok. On change l’heure du départ, 4H45 à mon hôtel, OK, moi je me lèverai à 3h30, tout est prêt, je crois prendre ue dernière douche, pas d’eau, je me recouche un quart d’heure, à 4 heures téléphone, mon agence est là, ouf, je suis presque prête mais il me faut quand même 5 minutes. Donc le taxi est parti, donc je marche jusqu’à l’agence en portant, ce qui m’est strictement interdit, donc je me déclenche double cruralgie et sciatique, ça commence bien…Un minibus va nous conduire à Mollepata où nous petit-déjeunons, le petit-déjeuner n’est pas inclus, on était prévenu mais on ne nous avons pas dit qu’il était préparé et qu’il fallait juste payer… Moi j’ai préparé mon desayuno alors je mange le mien… Quant au portage on nous annonce au départ que c’est 5kg par personne avec pesée, je râle car je dis qu’on ne me l’avait pas dit et qu’on m’a dit de prendre ma tente et mon matelas, ouf je passe… Toujours dans les bagages, au bout de deux jours le guide nous dit que les chevaux ne peuvent aller plus loin, donc on récupére… Je râle, dis que moi je ne peux porter, mais c’est qu’il y a une option, transport en voiture, juste il faut payer… J’ai deux sacs je paie deux fois, c’est pas pour le prix, en tout 5 euros, c’est pour la forme… Arrivés à Aguas Calientes, bien sûr les bagages ne sont pas là, ils arriveront plus tard… J’apprends qu’en fait on est pas tous passé par la même agence et Monica avec qui j’ai sympatisée se retrouve seule dans un autre hôtel très bruyant, je suis seule dans ma chambre, il y a deux lits, le bruit du rio couvre tous les autres bruits, je partage ma chambre avec elle, mais c’est que nous n’avons pas non plus tous le même train pour rentrer ( le prix de la réactivité), le mien est à 21 h30, je suis la seule du groupe à avoir ce train, pas grave, sauf qu’à l’arrivée, soit-disant qu’il suffisait de dire le bus de « Willy », le nom de notre guide pour avoir un bus pour Cusco (il y a deux heures de bus), je vais me remonter toute la file de bus, minibus et taxi, on me dit toujours arriba, arriba, plus-haut, et je n’ai pas de place réservée, arrivée au bout de la file, le dos encore torpillé par le poids de mes sacs, on me dit baja, en-bas, je comprends que je me suis fait avoir et tous, bus, minibus, taxi sont en train de partir, je sens que je vais rester sur le bord de la route, un taxi, trop cher, ouf il reste une place dans un minibus, pas cher, 10 soles, le problème c’est que moins c’est cher, plus ça va vite et dans une course folle, nous passons quand même deux cols, nous arriverons les premiers à Cusco, une femme quand même râle dans le bus, le chauffeur soutient qi’il est à 40, moi je suis sur un siège avec rien à coté de moi, je n’ai qu’une main pour me cramponner, c’est dur, mais ça passe…

Le topo :

Départ à 4 heures de l’hôtel à Cusco
Marche à pied jusque la Plaza des Armas.
Un taxi me récupère moi et d’autres, on va je ne sais où dans Cusco.
On monte dans le minibus qui nous emmène à Mollepata à 2900 mètres.
1er jour : montée au premier camp à 3900 mètres d’altitude, 8 heures de marche, 1000 mètres de denivelee
Nuit au camp de Soraypampa, lever 5 heures
2ème jour : Montée à l’Abra de Salkantay (col à 4600 mètres), descente à 2900m, 9 heures de marche
Nuit au camp de Challway, lever 5 heures
3ème jour : descente à Santa Teresa, 7 heures de marche, bus qui nous amène dans des bains chauds naturels à l’air libre, barbotage de deux heures, génial
Nuit au camp de Santa Teresa, lever 6 heures
4ème jour : marche de 7 heures pour atteindre Aguas Calientes
Nuit dans un hôtel à Aguas Calientes, lever 3 heures
5ème jour : départ 4 heures pour monter les milliards de marches Incas qui mènent au Machu Pichu, durée ascension prévue : 2 heures, je la ferai en 40mn car le guide, au lieu d’aligner son pas sur le plus lent l’aligne sur le plus rapide, un moniteur de ski de 25 ans… Lequel va chronométrer tous les passages, lui est monté en 35 mn, je ne suis pas si nulle que ça..
Visite guidée du Machu Pichu de 7 heures à 9 heures 20 (oué tout est minuté), abandon du guide, le temps d’aller aux toilettes, je suis à l’heure pour l’ascension du Mapi-Huayana que je ferai seule, Alex me rejoindra au sommet…
Puis temps libre jusqu’au train, voir plus-haut…

 Le temps :

Les deux premiers jours, franchement beaucoup de pluie…

La pluie qui permet à la forêt de mieux encore cacher ses monstres…

Qui ne gâche pas la joie des trekkeurs..

Qui fait chatoyer les couleurs des ponchos…

Quand même des fois c’est dur…

La pluie qui cache les précipices…

Ou qui tourne au sublime…

Après la pluie ? Le beau temps ? Non, séchage des affaires…

Des fois un coin de ciel bleu…

La pluie qui laisse entrevoir les cîmes enneigées…

Un peu…

Beaucoup…

Passionnément…

A la folie…

Là, tu meurs, tu craques, t’en peux plus…

Et puis aussi la pluie et le brouillard t’apprendront a faire des offrandes aux Dieux… Une pierre, trois feuilles de coca, les plus belles… A propos de coca (pas le coca cola), ca y est je suis initiée, d’abord la tisane, puis le mâchage, puis le mâchage avec l’espèce de cendre pour en tirer la substantifique moëlle…

Des fois, à 4600 mètres la pluie se transforme en neige et laisse quelques traces…

Le chemin se transformera en rio… Tu te demanderas bien ce qu’il va te rester de sec pour le lendemain…

Mais tu sais que l’eau est source de vie, alors bravement tu avances….

Tu avances vers des montagnes ensorcelantes…

Et un Machu Pichu ruisselant de beauté…

Le groupe :

Il y avait le guide bien sûr…

Il y avait Monica, mon âge, elle a parcouru presque l’intégralité du chemin des Incas, de la Colombie au Chili, elle est autrichienne, avec elle je vais pouvoir parler en espagnol, parce que spontanément le groupe va adopter l’anglais, moi qui me tue à l’oublier… Le soir au breffing pour le lendemain c’est en anglais, je comprends, mais exprès je demande la version en castellano…

Il y a Alex, espagnol, professeur de gym, 25 ans, une pèche d’enfer, il fait deux saisons de ski, une dans les pyrénées, une en Argentine, il va imprimer au groupe un rythme d’enfer, il sera aussi le boute-en-train du groupe, alors on lui pardonne…
Il y a un brésilien, super gentil qui toujours s’inquiètera de ma forme et qui m’initiera à la meditation…

Il y a deux jeunes étudiantes en sciences politiques, américaines, je ne comprends pas un mot de ce qu’elles disent et leur espagnol malgré leur sejour à Cusco depuis 3 mois reste très limite…

Il y a 3 israeliens…
Il y a un allemand marié à une colombienne, il aura le « sococho », le mal des montagnes au premier camp à 3900 mètres, il passera le col a 4600 mètres à cheval, sa belle l’accompagnera…

Tous toujours sourient…

Des liens se tissent, éphemères…

Derniers encouragements au petit matin avant l’ascension du col a 4600 metres…

Et puis parfois un repos bien mérité…

Quand même il y a de drôles de groupes…

Apres les hauts cols le groupe se retrouvera dans la jungle…

Tous barboteront pendant deux heures dans des bains chauds a 35 degrés sous le chant des cigales… Pour les photos j’attends celles d’Alex…

Et la abuelmamitagringalettacyclotouriste qui là n’est plus cyclo, alias Francoise, qui a souffert mais éprouvé tant d’émotion…

Oui, j’ai souffert, j’ai cru que j’allais devoir abandonner, le premier jour, ayant porté mes sacs de l’hôtel à la Plaza de Armas a Cusco je me suis déclenché une cruralgie, d’abord à gauche puis bilatérale, sur le plat et en descente la douleur était insoutenable, dans ces cas là je ne parle plus, je souffre en silence, si j’appuyais trop sur mon bâton gauche c’était l’épaule qui me faisait souffrir, si je soulageais l’épaule c’était la double cruralgie bientôt associée à une sciatique. Je me suis chargée en antiinflammatoires et antalgiques péruviens, puis le genou droit s’est mis de la partie avec dérobements, j’a eu l’idée de changer les antalgiques péruviens contre du doliprane francais et ca a commencé a aller mieux… Je crois sincèrement que certains antalgiques d’Ocros ne sont que du talc…
Je n’ai pu nager dans la piscine d’eaux thermales ( mon épaule), mais toutes mes plaies suite aux deux chutes étant cicatrisées, faisant fi de la lèvre fendue qui s’aggravait et dont la douleur devenait pulsatile sous l’effet de la crème péruvienne (lèvre qui guérira en 2 jours avec la bonne crème nivea) j’ai profité un max de ces eaux chaudes…

Juste avant le col je savais que j’allais y arriver…

Et j’y suis arrivé…

La descente de 2000 metres s’est bien passée et je ne me suis pas jetée dans le précipice…

Long parfois est le chemin…

Il ne faut pas perdre l’équilibre…

Dur d’atteindre le Machu Pichu, il faut le porter sur ses épaules…

Mais que d’émotion, de bonheur… Le machu Pichu ca se mérite… 5 jours de marche…

Et puis le machu Pichu n’étant pas suffisant, on y rajoute le Huany Pichu…

Dans un trek de plusieurs jours il y a les campings…

Ceux sous abri tellement il pleut…

Le même vu de dehors…

Evidemment planté dans un décor à couper le souffle, ce qui n’est pas une bonne idée quand il faut se hisser à 4600 mètres…

Quand même pas mal du tout le décor…

Il y a les campings à l’air libre…

Les rouges…

Ceux qui offrent de charmants services…

Les bien alignés…

 Les jaunes…

Ne pas oublier le décor…

Celui près de Santa Rosa…

L’hôtel d’Aguas Calientes, avec sa lune à l’envers…

Et son rio…

Bien sûr, treck ou pas il y a les rios…

Peu nombreux mais toujours présents… Traduisez, je pense qu’on suit le même, Monica au secours…

Ils peuvent être :

Auréolés…

Cascadants…

Encaissés

Attendant sagement la saison des pluies…

Normaux…

Beaux…

Petits…

Ensorcelants…

Très paresseux…

Très cascadants…

Subtropicaux…

Là on dirait la Guisane, c’est pour les guibertins en général et Marie-hélène en particulier…

Ciselés…

Tumultueux…

Qui dit rio dit pont… Qui dit Pérou dit ponts atroces…

De multiples ponts jalonnent le circuit du Salkantay ( lequel circuit mène, je le rappelle, de Cusco, plus exactement de Mollepata au Machu Pichu, marche de 5 jours, passage d’un col à 4600 mètres, ça vous devez commencer à le savoir…)

Certains ponts sont excessivement dangereux…

D’autres ont été emportés lors de la précédente saison des pluies…

Parfois les ponts rafraîchissent les trekkeurs…

Et ceux-là ils sont prévus pour le train mais pour les piétons c’est très, très dangereux, j’aime pas les ponts péruviens, depuis que j’ai failli m’exploser sur le premier avec Lucho, je ne savais pas ce que c’était un pont péruvien, et bien c’est juste un truc périlleux pour franchir un rio…

Celui-là je vais le franchir avec le sourire…

Celui il est petit mais en dévers et glissant…

Celui-là il est balançant…

Celui-là il est normal…

Celui-ci signalant…

Le trek est physiquement très dur, alors des fois il y a des cadavres…

Ici…

Là…

Ou ailleurs…

Et question  flore, ce trek montant et descendant permet d’admirer tout un échantillon de flore, depuis la haute altitude jusqu’a la végétation subtropicale, moi j’adore…

Alors la flore, je ne connais pas les noms mais je photographie dur…

Flore émergeant de la brume…

Là c’est facile, à cette altitude il n’y a plus qu’une herbe rase et des écriteaux…

Là quelques mousses, des cailloux et de la glace…

Et des écriteaux…

Et des fêlés…

De gros rochers…

Rarement une maison…

Lui, il a la rage de vivre…

Et puis vient la descente, les arbres réapparaissent, j’aime vraiment ces lentes montées et descentes avec une végétation changeante…

Une végétation qui devient exubérante…

Rose…

Là, je connais le nom : une fraise des bois, je ne mange pas, à cause des parasites…

Un chemin qui a du mal à … se frayer un chemin… dans ce climat subtropical…

Où fleurs et arbres s’entremêlent…

Parfois du jaune…

Ou du bleu…

Ou du rouge…

De temps en temps un solitaire…

Là je devrais savoir, il y a les mêmes chez les fleuristes en France…

De plus près…

Là je sais, des bananes… j’en dévore, j’en dévore… jusqu’à 8 par jour, et même aussi la nuit…

Là je ne sais vraiment pas ce que c’est…

Là c’est un arbre… Et derrière ? Mystère… Vous le saurez plus tard…

Des fleur blanches…

Des feuilles de coca, ça y est je suis initiée, on a commencé par me le faire boire en tisane, puis à m’en faire mâcher, puis à m’en faire mâcher avec l’espèce de cendre pour en extraire la substantifique moëlle… Bon ça m’a rien fait, quand même maintenant je suis équipée, on ne sait jamais pour la Bolivie où on m’a prédit le pire…

Des trucs qui sèchent…

Des trucs qui pendent…

Là le bleu fait du gringue au jaune…

Là on se connait tous les deux, c’est le chardon jaune qui annonce les bêtes piqueuses, amis ici ils ont aseptisé, il n’y a plus de bêtes piqueuses…

Une feuille rouge…

En rang d’oignons…

Une prairie…

Rien…

Là ça me ressemble, beaucoup de désordre…

Curieux…

Apres la flore la faune…

Je ne sais photographier les animaux, quand même j’ai fait un effort et voici quelques échantillons…

Une chenille…

Des papillons…

Une mariposa…

La cigale qui des fois vous cassent tant les oreilles…

Dans le trek du Salkantay on a droit aussi a des expositions de peinture…

Jeux de lignes horizontales…

Ou verticales…

Réveil du jaune…

Effets de rouge…

Composition en rouge et jaune…

Arc-en-ciel à l’envers… (normal, on est dans l’hémisphère sud, c’est comme la lune, tout est à l’envers…), puisque je fais un retour en arrière c’est comme l’itinéraire dans le Sud Lipez…

Le trek ce sont différents moyens de transport…

Bien sûr la marche à pieds…

Des chevaux qui ont aussi froid que les trekkeurs…

Qui ne rechignent pas à transporter les victimes du mal des montagnes…

Qui en plus portent les bagages…

Et des fois c’est dur dur…

Et des fois coloré…

Toujours courageux les chevaux…

Parfois téméraires…

Tout est possible sur le circuit du Salkantay…

Même la sagesse et la tranquilité…

Pour le transport des bagages il faut faire des tas…

Pour le transport des humains il ne faut pas avoir le vertige…

Et puis il y a le train…

Les hommes…

Et bien sûr… Les trekkeurs…

Long est le chemin pour arriver au Machu Pichu…

Au début large…

Parfois emprunté au pas de course…

Brouillardeux…

Humide…

Offrant au trekkeur des vues superbes…

Parfois le chemin est fluctuant…

Caillouteux…

Serpenteux…

Beau à mourir…

Envoutant ( y a pas un trek ça fait travailler son vocabulaire…)

Mystérieux…

Trop beau…

Trop, trop, trop beau…

Stupéfiant…

Victorieux…

Il longera une lagune (c’est juste pour avoir un avant-goût du Sud Lipez…)

Il longera la montagne (là on tombe dans le banal, enfin le quotidien de mes jours…)

Le chemin saura jouer avec les cailloux…

Attention il peut être chutant…

Ou se transformer en rio…

Se montrer sympa…

Jouer à « à à à la queue leu leu »

Etre de plus en plus sympa…

Souvent il est magique…

Il sait aussi être inquiétant…

Vertigineux…

Il sait aussi être large et long…

En escalier…

En rail…

Cerné par la falaise…

Attention de ne pas se tromper…

Car le chemin va vous emmener à EuroDysney, euh Aguas Calientes…

Avant l’assaut final pour ??????????????

L’objectif de ce trek, c’est le … Machu Pichu…Que, que, d’émotions, pourtant c’est la deuxième fois que j’y vais, mais là je l’ai apprehendé differemment…

Difficile de raconter quelque chose qui vous a tant ému…

Alors juste des images…

Des milliers de marches mènent au Machu Pichu…

Elles vous font tirer la langue…

Et vous procurent tant de bonheur…

Car il est là, encore plus beau que dans votre souvenir : le Machu Pichu…

Souvent vertigineux…

De cet ordre parfait le chaos aura du mal à s’imposer…

Et les fleurs à se distinguer…

Au milieu de toute cette géométrie…

L’arbre aura du mal à concurencer celui du Salar de Coïpasa…

Comme  Cusco le Machu Pichu s’est modernisé, ses tondeuses automatiques ne tombent jamais en panne mais font parfois la grève…

Le Machu Pichu, assailli de trop de nuages…

A ses beautés fait un clin d’oeil…

Et d’une de ces montagnes escarpées…

Un escalier presque vertical

Vous emmènera au sommet du Huana Pichu pour mieux admirer le… MACHU PICHU

Bisous tout le monde

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J249, J250, J256 : Cusco

En attente

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J248 : la route du diable J35 et dernier jour : Cusco, je viens de livrer une de mes plus rudes batailles, je viens de remporter une de mes plus belles victoires…

Dimanche 25 septembre 2011

Je suis tombée le 30 août dans la descente d’Ocros, outre les plaies et bosses, petite fracture de la tête humérale, après avoir dans un premier temps raflé tous les antalgiques du village dans l’intention de continuer, je me suis le lendemain rendue à l’évidence, je ne pouvais… Je savais que c’était cassé, j’avis reconnu la douleur de la fracture et j’en avais tous les signes, alors j’ai décidé de rentrer et de revenir là où je m’étais arrêté, en mars 2012… Et puis il n’y avait pas de place dans le bus de Lima, et puis le premier bus qui est passé allait à Ayacucho et dans le bus sans bouger j’ai commencé à reprendre mes esprits et me dire que peut-être… A Ayacucho j’ai constaté que l’hôpital n’était pas mieux que celui de Die, sauf que eux ils m’ont pas écrabouillé la main… A Ayacucho une vieille quetchuase m’a manipulée sans anesthésie, tout pareil que la tentative de réduction de la fracture sans anesthésie à l’hôpital de Die, sauf que à Ayacucho toute la famille du magasin de vélo m’assistait et me réconfortait…
Et puis ça ne s’améliorait pas, je rentre, je ne rentre pas, j’ai longtemps hésité et puis j’ai décidé de rester, et puis j’ai été pédalé à la salle de gym et l’appareil n’était pas adapté à ma morphologie, quand j’ai compris que j’étais en train de fusiller mes genoux, je suis repartie sur la route, poussant le premier jour, remplaçant la rapidité par la durée, et petit à petit j’ai repédalé, j’ai crié, hurlé, gémi mais jamais pleuré… Et voilà, je suis arrivée à Cusco et là j’ai pleuré…

Cette victoire je l’offre à mon fils aîné, il ne m’a dit ni de rentrer ni de continuer, juste je sais qu’il est super content que je n’ai pas abandonné…

Cette victoire je l’offre aussi à ma petite fille Salomé, elle fait un sport à risque en compétition (le ski), a déjà connu les blessures, en connaîtra d’autres, elle sait que ça rend plus fort, c’est Luc Alphand qui lui a dit et Luc Alphand c’est un grand champion et des blessures il en a connues.

Et puis je remercie tous ceux qui m’ont soutenus durant ces jours difficiles.

Dans ma tête trotte encore la petite phrase d’Enzo « Je vois que tu avances bien », une petite phrase d’un grand cyclo d’Amérique Latine, je ne suis pas prête de l’oublier cette phrase…

Ma blessure est loin d’être guérie, mais je sais que je peux y arriver…
La Bolivie sera dure, tous me l’ont dit, les mauvaises pistes, les cols à 5000, le froid, la saison des pluies qui déjà est là, on verra…

Donc Dimanche 25 septembre 2011

Izcuchaca – Cusco

Je n’ai pas fait le relevé de mon compteur et là tout s’est effacé…

Je me souviens m’être dit que c’était bien présomptueux d’avoir voulu atteindre Cusco la veille car, surprise, la route monte…

Je me souviens des premières larmes aux signes annonciateurs de Cusco…

Je suis arrivée à Cusco par la petite porte, la porte du vrai… Pérou… Les vrais touristes arrivent en avion…

Mais j’ai droit à ma vue plongeante sur Cusco…

Et je peux admirer des ruines sans descendre de mon vélo…

Et comme souvent le beau et le laid se cotoient…

Les péruviens n’ont pas encore compris qu’ils sont assis sur une mine d’or… Si, certains ont compris…

Pour me diriger je demande la Plaza de Armas, j’y arrive…

Cusco est encore plus belle que dans mon souvenir, elle a fait peau neuve, et ma fois c’est plutôt réussi..

 

Un rabateur m’emmène sur un hôtel, l’hôtel me convient, je négocie quand même, j’y reste, et ti vélo il a droit à ses deux ponchos, oui parce que la pluie redégringole très fort…

Quand même aux couleurs du pays les ponchos, et c’est encore une très heureuse abuelamamitacyclofluo qui vous envoie ses bisous…

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Nouvelles breves : samedi 8 octobre 2011

Bonjour a tous

Je suis a Jullaca, soit a 30 km a vol d’oiseau de la Bolivie.
Je me suis pris la neige, trop fort…
Mon epaule va mieux, sur piste je ne crie que par intermittence et sur route lors des tangages…
Mon changement de vitesse du pedalier s’est bloque, a nouveau pluie piste et boue, donc les derniers 50 km de l’altiplano j’ai pedale dans la choucroute et rale un max, vu que les plats ou faux-plats descendants ou montant c’est mon truc… Tout a ete repare cet apres-midi a Jullaca, j’espere que ca va tenir

J’ai un plan dans la tete pour passer en Bolivie, je vais voir si c’est realisable, details de tout ca plus tard

Bisous a tous

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Nouvelles brèves : mardi 4 octobre 2011

Bonjour à tous

J’ai fait un trek d’enfer, dur physiquement mais d’enfer qui m’a amené au Machu Pichu, tout super…

Voilà je pars, je me dirige vers le lac Titicaca et la Bolivie.

Bisous à tous

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