J289 : le jeu de pistes le plus beau du monde 1ère partie , J15 : promenade du dimanche autour du salar de Surire…

Dimanche 6 novembre 2011

Bivouac non loin du poste de carabineri au bord du Salar de Surire – Bivouac 1km avant les thermes de Polloques

Distance parcourue : 28,43 km plus 4 à pied
Vmoy : 5,1 km/h Vmax : 19,3 km/h
Température : minimum : 44°F maximum : 87°F
Dénivelée positif : 87m
Dénivelée négatif : 87 m selon compteur
Heures sur le vélo : 5H33’31 »
Départ : 10 heures, j’attends le soleil, tout a encore gelé dans la tente
Arrivée : 18h45

La nuit fut glaciale, la température sous tente est descendue à 22° F, le coca a encore gelé…

Le givre me tombe sur la tête et ma deuxième couche pour dormir (mes polaires) est entièrement givrée…

J’ai décidé aujourd’hui d’aller aux thermes et de retourner dormir au refuge, de faire provision d’eau et de mendier de la nourriture à l’usine. Je vais voir les carabineri, je leur explique mon projet, ils me disent que pour aller aux thermes il faut passer de l’autre coté, pour l’eau ils me donnent 5 litres,
et j’insiste pour qu’ils préviennent le refuge pour ce soir ( je
n’irai pas dormir au refuge mais d’autres français trouveront porte close…)

Je me sers de mon réchaud pour avoir quelque chose de chaud à boire et attends le lever du soleil qui ne se fera qu’à 8h30 à cause de l’ombre de la montagne.

En amenant mon vélo sur la piste je vois que la béquille se prend dans les rayons, impossible d’arranger ça, j’observe le tout et démonte la béquille. Voilà un handicap de plus car je suis dans l’incapacité de relever mon vélo chargé…

Je suis dans la survie… Une belle survie quand même…

Flamands roses et vigognes me tiennent compagnie…

Je vais commencer à ne plus rencontrer personne, si des espagnols qui travaillent pour une agence de voyages aventure, je suis prise en photo sous toutes les coutures, ils me donneront 2 oranges et des sucettes.

Et nous rencontrons Juana, Juana a 80 ans, elle vit seule au village de Chilcaya (une seule maison) et garde les lamas. Vu le nombre de cadavres sur la route je pense qu’elle a perdu autant de neurones que moi en altitude…

A un moment j’hésite à une bifurcation, je vais voir à pied, c’est ce que je pensais la piste de droite est un cul de sac vers le salar.

La piste reste piste…

Et la montagne souvent pas loin…

Et le salar et bien il est là vu que j’en fais le tour…

L’érosion toujours joue dans la beauté…

Dans ma tête je vais vraiment faire une promenade, vu qu’Enzo m’a dit que les thermes étaient à 10km du refuge, que les carabinieri m’ont dit que de ce coté c’était plus
court je pense faire une petite balade de 15 km et je ne me presse pas, les km vont passer, l’heure tourner et toujours pas de thermes, c’est alors que la piste devient hypersableuse et comble je suis obligée de pousser dans la descente, je dis bien pousser, pas retenir, ce sable va s’étendre sur 4km et demi.

Comme d’hab je suis épuisée mais l’idée d’un bon bain chaud me fait avancer, je me dis au tournant de la route puis à l’autre, et pas de thermes. Je suis dans une descente et pour une fois sur et non à coté de mon vélo et tout d’un coup je pense que si je tombe et que je me casse une jambe personne ne passera avant demain, du coup je descends de mon vélo et pousse (enfin là retiens). Le jour baissant je m’arrête et plante
ma tente, pas de bain chaud ce soir, pas de refuge non plus… Je me fais un chocolat chaud pour compenser…

Je commence à être dans la survie, tente cassée, vélo cassé, moi qui n’avance pas…

En attendant le paysage est sublime, ça compense… Allez opération calfeutrage et dodo…

Bisous tout le monde

Publié dans Chili | Marqué avec , , , | 3 commentaires

J288 : le plus jeu de pistes du monde 1ère partie, J14 : mon premier Salar : le Salar de Surire (Chili)…

Samedi 5 novembre 2011

Bivouac sur la route – Bivouac non loin du poste de carabineri au bord du Salar de Surire
Distance parcourue : 31,40 km
Vmoy : 5,6 km/h Vmax : 19,5 km/h
Température : minimum : 51°F maximum : 89°F
Dénivelée positif : 300m
Dénivelée négatif : 278 m selon compteur
Heures sur le vélo : 5H33’46 »
Départ : 10 heures, j’attends le soleil, tout a encore gelé dans la tente
Arrivée : 17h45

Grand beau temps, je ne pars qu’à10 heures car j’attends le soleil vu que tout a encore gelé dans la tente, et puis ici au Chili c’est l’heure d’été et on est en avance sur le soleil…

Mon bivouac coté face…

Et coté pile…

A partir de 12 heures je vais avoir un vent de face extrêmement violent et je vais pousser surtout quand ça monte, qu’il y a du sable et bien sûr le vent, je ne sais pas que je suis partie pour une longue partie de pousse-pousse…

Les repères ne manquent pas…

Le paysage, je n’ai plus de mots pour le dire…

Bien sûr la nature joue la fantaisie…

Le volcan joue à cache-cache….

Et le vélo est de plus en plus cassé…

Heureusement des rebords sont là pour pallier à la béquille défectueuse…

A gauche les volcans…

A droite le désert et ses vigognes…

Parfois des falaises pour reposer le regard…

Et la piste, toujours la piste, sa poussière…

Et ses camions pour parfaire le décor…

Et ici pas de girafes, des hérissons…

Voilà j’y suis, le km 0

Et ?

Le Salar, le Salar de Surire, mon premier salar…

Je suis tellement éblouie et puis j’ai tellement l’objectif de Chlicaya dans la tête que quand je vois le panneau de signalisation je tourne et j’oublie les indices d’Enzo « ne pas tourner à gauche, ce n’est pas le refuge, c’est un poste de carabineri, le refuge est plus loin », bien sûr je tourne à gauche… Le carabinieri me propose de m’emmener au refuge en voiture, je refuse, il me suggère alors d’installer ma tente entre deux bâtiments pour être à l’abri du vent, oué, mais il y a le groupe électrogène, je n’ai pas fait tout ce chemin pour dormir à coté du groupe électrogène, je vais donc plus loin et je
m’installe au bord du salar.

Et à coté des flamands roses…

Je me dis quand même qu’il faut que je trouve de l’eau car il ne me reste plus que deux litres, je verrai demain….

Avant de dormir opération calfeutrage… (je vous rappelle que la fermeture éclair de ma tente est cassée et que les températures nocturne y sont bien inférieures au zéro degré…

Bisous tout le monde

Publié dans Chili | Marqué avec , , | 2 commentaires

J287 : le plus beau jeu de pistes du monde, J13 : ciel, un resto…

Vendredi 4 novembre 2011

Bivouac après la bifurcation – Bivouac sur la route
Distance parcourue : 29,04 km
Vmoy : 6,7 km/h Vmax : 29,4 km/h
Température : minimum : 59°F maximum : 82°F
Dénivelée positif : 87m
Dénivelée négatif : 349 m selon compteur
Heures sur le vélo : 4H57’28 »
Départ : je ne sais plus
Arrivée : je ne sais plus

Je quitte mon bivouac

Je jette la boule de glace de mon verre…

La piste est piste…

Le volcan fume…

Le vent souffle…

Les camions fument…

Je bouffe de la poussière à mourir…

Je traverse des rios gelés

Je suis sur la route de Guallatire…

Il faut quand même rester vigilant et ne pas se tromper…

Ciel au KM34 un resto…

Le repère pour les cyclos…

Je vais super bien manger, la soupe piquante est délicieuse, je vais même boire une super eau à bulles, je ne sais pas que c’est mon dernier vrai repas avant longtemps et ce resto m’induit en erreur, je me dis que ce n’est pas si désert que ça… Je ne renouvelle donc pas ma provision de boissons (pour les cyclos ils vendent boissons galettes, pain, et œufs., c’est en dehors de la route, il y a un hameau et comme un grand parking devant)

Je continue mon chemin, râle contre tout ce qui se déglingue, une de mes sacoches ne veut plus se décrocher du vélo, c’est d’un pratique…

Comme d’hab je me fixe un objectif de 25 km, puis je vois un panneau « Chilcaya 44km », je me dis que je vais essayer de l’atteindre mais à 26km je rends l’âme…
Je trouve un endroit bien pour bivouaquer, maintenant ma technique pour poser la tente avec le vent est au point. Dans la journée le vent tourne, le soir et la nuit il vient toujours plein ouest. Donc je prépare bien mes sacoches (3), vu qu’une est coincée. J’étale la tente une sacoche coince le pied par dessus, alors je rentre dans la tente, glisse une sacoche au fond, puis les deux autres devant, puis tout le reste, seulement après je monte les arceaux, si je peux j’enfonce les piquets, sinon pierres, et sinon j’arrime un coté au vélo. Pour l’instant ça marche, enfin une fois j’ai du lutter près d’une heure pour tenir la tente…

La béquille de mon vélo est à nouveau cassée, ouf il y a des petits rebords le long de la piste pour poser mon vélo.

Je crois avoir vu la montagne à deux cornes, mais j’en suis encore loin, c’en est une autre…

Je suis dans un parc naturel de vigognes, ces bêtes-là elle font des bonds incroyables et courent à une vitesse folle, inutile de compter dessus si je suis torpillée par la faim.

Encore un repère pour Monica…

J’arrive à Guallatire, cité fantôme (c’est un indice d’Enzo, je suis sur la bonne piste, mais pas en même temps que lui, ce qui fait que je vais zapper le refuge, allant plus loin….)

Chilcaya finit par s’imprimer dans ma tête et devient une idée fixe…. Cela a encore de l’importance pour la suite des évènements…

Évidemment le beau m’entoure…

Et je continue, encore et encore…

La nature me fascine…

Un peu…

Beaucoup

Passionnément

A la folie

Ce matin j’ai attendu le soleil pour me lever, avant trop froid, mais le soir l’heure chilienne c’est bien ça donne un peu de temps… Le temps de réfléchir à comment je vais calfeutrer ma tente ce soir…

Bisous tout le monde

Publié dans Chili | Marqué avec , , , | 2 commentaires

J286 : le plus jeu de pistes du monde, 1ère partie : J12, ça fume sur le volcan et dans ma tête, suis-je sur la bonne piste ?

Jeudi 3 novembre 2011

Chungara – bivouac après la bifurcation
Distance parcourue : 27,79 km
Vmoy : 5,6 km/h Vmax : 35,8 km/h
Température : minimum : 44°F maximum : 86°F
Dénivelée positif : 160 m (faux)
Dénivelée négatif : 469 m selon compteur
Heures sur le vélo : 4H57’28 »
Départ : 8h40 (heure chilienne)
Arrivée : vers 16 heures

Adieu ma maison…

On y va…

Dans ma tête je suis partie pour remonter à 4660 m, à la vraie frontière pour prendre la piste à 10 mètres comme indiqué et en passant devant le poste frontière bolivien je vois un écriteau « Guallatire », je ne réfléchis pas une seconde et m’y engouffre, après je vais regretter longtemps de m’être précipitée et de ne pas avoir demandé plus amples renseignements. Il n’empêche sur ma carte c’est la bonne piste. Toute la journée je vais avoir les yeux sur le volcan, ma carte et ma boussole… Une demi-heure après le départ je vois les carabinieri, je les rassure sur mon sort, ne pense pas à leur faire confirmer ma route.

Pendant 3 heures je vais alterner pédalage et poussage et ne rencontrer personne.

La piste vide de tout véhicule possède comme dans tous les pays traversés une excellente signalisation…

Ici seuls les morts ont droit de cité…

Je trouve les thermes dont m’avaient parlées les carabinieri.

Je ne me baigne pas, pas le temps, et la baignoire est vide et l’eau très chaude, en revanche je lave mes petites culottes.

L’arrivée d’eau, presque un geyser…

La baignoire

Le coin repos

Toute la journée je fais des points cartes, je sais exactement où je suis mais en revanche est-ce la route d’Enzo ? Ne suis-je pas en train de rater le plus beau paysage du monde ?

Le volcan Guallatire n’en a rien à faire de mes interrogations et fume…

Les quebradas sont chargées en sels minéraux je ne boirais pas l’eau des rios.

Je rencontre une camionnette de « déminage humanitaire », oh là là ça se complique, j’espère qu’ils ont bien fait leur travail… Je les arrête, je suis sur la bonne route ? Sur la route d’Enzo ils ne savent pas, sur la route de Guallatire oui. Je vais encore rencontrer un 4X4 et un camion qui chacun me demandera si je n’ai besoin de rien.

Le paysage est beau, des volcans, toujours des volcans et même qui fument, mais suis-je sur la route d’Enzo ?

Arrive la bifurcation vers Putre, moi je suis sûre d’être sur la bonne route d’après ma carte. Après cette bifurcation la piste s’élargit et je rencontre un convoi de 5 camions, puis 3 en panne, oh la la si piste et camions c’est pas trop chouette puis ça se calme. Je me suis fixé un objectif de 25km, voilà je me connais bien, je sais que sur piste difficile (pour moi) où je pousse plus que je ne pédale, 25km pour moi c’est bien. Donc
les étapes d’Enzo de 50km, ce sera pour moi deux étapes. Avant de partir je regrettais de m’être tant chargée, 12 litres d’eau et de la nourriture pour 8 jours, je ne regrette plus vu qu’ici il n’y a rien ni personne…

L’orage aura la bonne idée de m’éviter…

Pour moi c’est du bleu…

Et le petit coquin qui se cache là-bas, croit-il échapper à l’orage ?

Je cherche un endroit pour bivouaquer, c’est-à-dire sans cailloux, plat, sans épines, trois fois je change d’idée et enfin trouve mon bonheur. Je nettoie mon vélo à sec et graisse avec grande parcimonie. Je peste contre « l’intervention » de La Paz qui a modifié le réglage de ma selle, je bénis Lucho qui m’a donné un tuyau qui me sert de bras de levier pour tous ces
petits machins que je n’ai la force de tourner, je commence à
maudire sérieusement la caas de ciclistas de la Paz et ses
« taillers » de bicyclettes…

La nuit sera glaciale, je peste contre le matériel qui lâche et la fermeture éclair de ma tente cassée.
Dans la nuit je voudrais boire, eau des deux gourdes gelée…Même le coca a gelé, je ne sais si c’est le froid qui m’a réveillée, je n’ai pas eu froid mais mon corps est froid, je refais soigneusement l’échafaudage de polaires…

Bisous tout le monde

Publié dans Chili | Marqué avec , | 2 commentaires

Noël sous les étoiles ?

Bonjour à toutes et à tous

Ce devait être Noël sous les étoiles, ce fut Noël à l’hôpital…

Le matin, au lever du soleil je me prépare vite pour échapper à ce terrible vent…

Déjà hier le vent imprévisible a trainé ma tente lestée d’une saccoche sur plusieurs dizaines de mètres arrachant le double toit à trois endroits, la tente intérieure à deux endroits et le tapis de sol à un endroit…

Hier il a fait chaud, mais ce matin avant de partir un petit vent d’est s’est levé rafraichissant l’atmosphère, je me recouvre, je ne sais encore que ces quelques vêtements vont me protéger…

Il me reste quelques kilomètres à monter, je suis en forme et le vent m’est plutôt favorable, je monte allègrement, quelques faux plats montants, quelques faux plats descendants, tout va bien, je suis très en forme, les kilomètres défilent très vite… Arrive la descente sur le Pacifique, quelques 2000 mètres à descendre sur moins de 20Km, avec le vent je suis hyper prudente et extrèmement concentrée, je freine beaucoup et
contrôle ma vitesse, pas plus de 40 km/h, quand je vais vite j’évite les « brema » (les fausses pistes d’arrêts d’urgence)
toujours pleines d’obstacles et excessivement dangereuses à la
descente, la route est quasi déserte…

Un camion me double, il n’a rien devant, rien derrière, je ne l’entends pas arriver ( le bruit du vent ? Est-il en roue libre ? Mon extrème concentration ?), le vent arrive en plein sur la gauche, je ne peux pratiquer ma pratique de tromperie de camion, me mettre sur la partie extrême gauche de la brema pour inciter le camion à se déporter puis me rabattre à droite pour être le moins secouée possible, le camion me double en me serrant de près, je suis sûre qu’il l’a fait exprès, la route est à lui et non à un vélo, je suis extrêmement déportée, je freine, essaie de me maintenir sur mon vélo, c’est atroce, suis prise comme dans une tornade et agitée en tous sens, je chute, le camion continue son chemin, sa proie est par terre agonisante, il est content. Je suis incarcérée dans mon vélo, pied gauche et droit sont coincés, je ne peux me relever, une douleur atroce me cisaille le pied droit, le sang commence à gicler de partout. Un bus passe, il ne s’arrête pas, je continue à essayer de me relever sans succès, et enfin deux voitures et un camion s’arrêtent et viennent à mon secours, ils m’aident à m’extirper de mon vélo, le sang partout les impressionne, mes bagages ont volé de partout, moi ce qui m’inquiète c’est mon pied, j’ouvre ma chaussure, je regarde, rien de visible mais je ne peux marcher. L’un de mes sauveteurs enferme la main la plus sanguinolente dans un chiffon et m’emmène dans sa super voiture, direction l’hôpital le plus proche (à 90km l’hôpital), il roule très vite (à 160) comme tous ici,nous allons traverser des gorges magnifiques verdoyantes, puis une côte escarpée de toute beauté, quans je pense que je me suis payée des jours et des jours de désert et que j’ai raté ça, mais c’est que c’est immensémmént beau…
Les autres sauveteurs ramassent mes affaires, le camion se charge de mon vélo et va le déposer au commissariat de police.

A l’hôpital vieillot, sale, examen sommaire, radio : fracture avec déplacement de P1 du gros orteil droit, on va me transferrer à l’hôpital d’Antofagosta, mais pas tout de suite, quand il y aura une ambulance de libre. Je demande à ce que l’on nettoie mes plaies, un parage de celles-ci est effectué (genou, coude, un doigt de la main gauche, le plus grave le pouce gauche, il y a une petite perte de substance, nettoyage du tout vigoureux (efficace mais douloureux), coupage du morceau de pouce qui pendouille (efficace mais douloureux), confection d’un plâtre pour le pied et hop dans un lit.

A l’hôpital de Taltal il y a 3 services (ou 3 salles) de 6 lits chacun : les femmes, les hommes, et les enfants, le tri est simple… A l’hôpital de Taltal ils ne donnent pas souvent à manger et jamais à boire… A l’hôpital de Taltal il faut amener son couvert et son papier toilette, ses affaires de toilette aussi… J’ai faim, j’ai soif, je me suis trimballé des tonnes d’eau et de nourriture dans le désert pour mourir de faim et de soif à l’hôpital de Taltal ? Dans la chambre une femme amputée des deux jambes, diabète, artérite, problème des boissons sucrées en Amérique latine, une femme avec ulcère variqueux, une vieille qui perd la tête qui passe son temps à mettre en ordre les bouteilles de sa voisine, laquelle les remet aussitôt dans un ordre différent… Une jeune en voie de guérison d’une
infection urinaire qui me donnera de l’eau, qui me lavera les cheveux, qui m’accompagnera aux toilettes, ah oui, j’oubliais, il n’y a pas de sonnerie pour appeler les infirmières dans la chambre, et puis aussi le fauteuil roulant ne rentre pas dans les toilettes et vu le plâtre qu’ils m’ont fait et le fait que pour diverses raisons je ne puisse sauter sur le pied gauche, me reste à ramper car je ne peux non plus me déplacer sur les genoux vu la plaie du genou droit, bref c’est l’horreur.

La famille de ma voisine de gauche hospitalisée pour
infection urinaire et finalement transférée à Antofagosta pour
suspicion d’appendicite (diagnostic sur échographie, je veux bien, mais quand même…) m’apportera de chez elle un repas, du papier toilette (qu’il appellent ici confort), un bol pour boire et des couverts. Quand au verre de lait de 4 heures je demanderais si ils n’ont pas un peu de chocolat pour mettre dedans, ce sera un éclat de rire général, on est pas dans un hôtel 5 étoiles ici… Le soir ce sera un bol de soupe et de l’eau gélatinée, ça ne vous rappelle rien mes frères et soeurs ? Mais ici et dans tousles pays d’Amérique latine, on vend et boit beaucoup d’eau gélatinée, c’est un moyen de lutter contre la déshydratation et ma fois ce n’est pas mauvais, reste le problème du sucre (qui n’en est pas un pour moi, sauf que au Chili ils ont pris conscience du problème du sucre et cela devient difficile de trouver des choses non light, au passage pour les non initiés, je vous préviens que l’aspartam utilisé dans toutes ces choses light a des pouvoirs laxatifs et d’autres pouvoirs dont on commence à mesurer les effets néfastes).

Le soir se passe, la nuit se passe, elle sera écourtée par le bavardage de deux de mes voisines dés 5 heures du matin (pour ceux qui l’ont oublié, à part dans le désert le silence de la nuit n’existe pas en amérique Latine…)

A huit heures on vient me chercher, on me transfère à Antofagosta, 3 heures de traversée du désert dont je ne verrais rien, je suis dans un fourgon ambulance. Je pensais arriver dans un hôpital moderne, non c’est un hôpital vieillot, pas d’examen, juste prise de température et tension, coup d’oeil sur les radios, fracture avec déplacement, le platre c’est bien « je ne peux avoir de plâtre de marche ? » « Non » » Et les chussures de décharge ça n’existe pas ici » « Non » « Et mes muscles qui vont s’atrophier » l’a pas dit rien à secouer mais l’a pensé très fort… « zavez qu’à faire du sport en chambre » Le tout a duré une demi-minute, retour dans l’ambulance, l’ambulancière et le chauffeur s’absentente, oué ils vont manger, ça va durer plus d’une heure et moi rien… Je sors de l’ambulance, me traîne comme je peux dehors, crie et mendie de la nourriture, une femme aura pité et me donne la purée viande qu’elle a chouravé à l’hôpital… Je ne ferme pas la porte arrière de l’ambulance exprès, là je me venge… Retour de l’ambulancière et du chauffeur, je les laisse démarrer et commencer de partir et là je gueule la porte, la porte n’est pas fermée, arrêt, l’ambulancière voit la boite plastique et me dit « on vous a donné à manger ? », là je l’engule dur… Au retour ils vont prendre un autostoppeur ou un passager au noir ? Petit arrêt dans les gorges pour laisser refroidir les pneux, évidemment j’ouvre la porte, sont pas contents, je m’en fous, je fais une photo.

Retour à l’hôpital de Taltal, mise dans un débarras, il y a eu erreur, je n’ai pas vu le spécialiste mais un interne qui n’en connait pas plus que le médecin de Taltal, il faut que je retourne à Antofogasta, là la coupe est pleine, vous allez me couper ce plâtre qui me cisaille le pied, me trouver des béquilles, me changer les pansements, ça suinte de partout, et je me tire. Le médecin me fait comprendre que je dois consulter dans une clinique privée à Antofogasta… Même scénario qu’à l’hôpital de Die… Pas de béquilles à l’hôpital ni dans aucune pharmacie de Taltal… Tranquillement j’arrache le plâtre. « Vous êtes consciente des risques que vous prenez ? » « Oui, on m’a déjà écrabouillé une main, on ne va pas m’écrabouiller un pied » Je demande à ce que l’on refasse mes pansements, ils refont sans désinfectants ni lavage de mains, c’est parait-il la technique du Chili. Des familles de patients m’indiquent le meilleur hôtel de Taltal. A l’hôpital ils ne sont pas rancuniers, ils m’offrent le séjour (ça va je n’ai pas coûté trop cher en nourriture, boisson et soins corporels, et j’ai même droit au SAMU pour me transporter à l’hôtel…

C’est à pied que je ferais deux pharmacies pour trouver compresses et sparadrap, à pied que j’irai très loin pour trouver le commissariat qui me rapatriera avec armes et bagages, euh vélo et bagages à mon hôtel.

Le soir je mangerai chinois, j’aime pas, mais rien d’autre d’ouvert, puis je rencontrerai deux bleges au féminin qui fêtent Noël avec bières olives et galettes salées, elles n’ont rien trouvé d’autre… Elles m’invitent et nous allons sympathiser…

Finalement un Noël très banal…

En espérant famille, amis, fidèles lectrices et lectuers que le votre a été aussi riche en évènement, bious à tous

Ah oui, j’oubliais là j’ai mieux choisi ma ville de convalescence : petite ville balnéaire au bord de l’océan, de ma chambre j’entends les vagues s’éclater et je suis dans un hôtel où il y a tout : lit confortable, eau chaude, fenêtre, wifi, et même une glace et même des tables dans le patio dehors…

Publié dans Chili | Marqué avec , | 30 commentaires

Nouvelles breves : lundi 19 decembre 2011

Bonjour a toutes et a tous

Je suis a Antofagosta, deuxieme ville du Chili, ville impressionnante, je raconterai… Mais je suis aussi dans le desert d’Atacama. desert la plus aride du monde et je me heurte a une difficulte inattendue : le vent qui commence soit en milieu de matinee soit en debut d’apres-midi qui va forcant et qui empeche de rouler,`plein sud, donc contre… Je suis tombee hier a cause du vent, pas de blessure, prochaine etape : plus de 300 km sans rien, ni eau ni alimentation, j’a le choix entre la panam et ses camions et bus tueurs et une petite route sans personne ni rien. Je ne sais comment je vais faire, j’essaie plusieurs strategies, je pars au lever du jour, je ne m’arrete pas pour manger, mais ca ne suffit pas, prochaine strategie, je roule en deux fois, tot le matin et dans la soiree, ultime strategie je roule la nuit… Qui n’a goute de ce vent ne peut comprendre… Du 3 a l’heure dans la descente en poussant et quand tu es par terre, tu arretes… Je ne mets meme plus la tente pour gagner du temps le matin… Il fait moins froid,  6 degres la nuit, donc c’est supportable, et puis les etoiles sont belles…

Merci a tous de vos commentaires, reponses plus tard quand je serai sortie de truc infernal…

Et joyeux Noel a tous, je ne suis pas sure d’avoir une connexion internet d’ici-la, pour moi ca va être bivouac sous les etoiles, mais quoi de plus beau ?

Bisous a tous

Publié dans Chili | Marqué avec , , | 9 commentaires

J285 : le plus beau jeu de pistes du monde 1ère partie :J11, expédition « je vais chercher ma baguette de pain à Putre »…

Mercredi 2 novembre 2011

Faux refuge devant le volcan et le lac Chungara – Putre, aller -retour

Distance parcourue (en vélo) : 6,96 km
Vmoy : 8,1 km/h Vmax : 40,5 km/h
Température : minimum : 41°F maximum : 40,5°F
Dénivelée positif : 19 m (faux)
Dénivelée négatif : 38 m selon compteur, à noter que les points de départ et d’arrivée sont les mêmes donc erreur de 100%Heures sur le vélo : 0H51’12 »
La nuit fut calme et glaciale. Aucun passage de véhicule ( j’apprendrais que la frontière est fermée de 8heures du soir à 8h30 du matin). Devant l’absence de véhicules je me dis qu’il est inutile de faire du stop pour l’instant, donc je vais me promener au bord du lac, c’est magique…

L’eau du lac est gelée, un des deux camionneurs me dira que des fois l’hiver les flamands  roses sont pris dans la glace… Je sens Pierre et Sébastien que vous allez me maudire de ne pas avoir mis plus tôt ce trajet en ligne, mais je ne pouvais, pas d’internet, et puis cela a permis notre rencontre magique à San Pedro de Atacama…

Ce matin je me suis sentie à nouveau très fatiguée, est-ce l’altitude ? J’ai dormi à 4500 mètres.

Enfin passe un camion, je suis tentée de laisser là mon vélo mais je me dis que si on venait voler mes affaires je m’en voudrais toute ma vie, alors je charge mon vélo et retourne au poste frontière, je demande à la police bolivienne si ils peuvent me garder mon vélo, j’explique que je dois aller à Putre chercher de la nourriture, ils ne sont pas très chauds, finalement ils acceptent en déclinant toute responsabilité. Le
premier camion arrêté me prend, il est arrivé au poste frontière hier à 11heures du matin et le quitte ce matin à 9 heures, des fois c’est plus long, les chiliens sont très pointilleux. J’apprends que là où j’ai dormi c’est l’ancienne maison des douanes, abandonnée, le refuge est 2km plus loin… L’est pas chouette MON refuge ?

J’écris cet article en décalé, quand je pense qu’Enzo a a failli téléphoner à la CONAF, par une succession de concours de circonstances je n’ai dormi dans aucun refuge de la CONAF…Le contrôle de police est bizarrement gardé…

Je vois mes premières vigognes…

Le camion va me laisser à la bifurcation pour Putre, le trajet aura duré deux heures et demi et est très pénible, ils sont en train de refaire la route et on roule sur une piste extrêmement tôle ondulée, amis cyclotouristes je vous déconseille ce trajet en vélo, déjà en camion c’est l’horreur, alors en vélo… Nous traversons encore un paysage magnifique. A l’entrée de la route qui mène à Putre je fais des photos et loupe la seule voiture de la matinée…

Alors je marche, va passer tout un convoi de militaires, des autobus, des jeeps, etc, mais ils ne font aucun cas de mon stop. Je marche, je suis presque tentée d’essayer de couper car la route fait un grand détour dans la montagne, heureusement que je ne le fais pas car il y a un canyon infranchissable.

Finalement une voiture d’ouvriers de la route va passer et me prendre à quelques 800 mètres du village, j’ai marché presque une heure…

Putre est un joli village, très différent de la Bolivie, les maisons sont pimpantes et peintes de jolies couleurs mais la banque ne voudra pas de ma carte visa. Le préposé me dit que je dois aller à Arica, mais attends c’est à 200 km… Quand je vais revenir mon pain sera sec. Allez je devrais tenir avec ce que j’ai changé à la frontière… Je vais très bien tenir car là où je vais il n’y a RIEN… J’achète mes provisions, du pain, j’en demande 12, n’en aurai que 11, horreur ils sont trois fois plus grands que ceux de Bolivie, mais où je vais mettre tout ce que j’ai acheté ? Je crois avoir acheté bien trop, non je n’aurais pas assez… Je me paie un bon restaurant, ce que je mange est délicieux, je mange un de mes pains, ça fera ça de moins à porter.Un dernier adieu à Putre…

Son église…

Ses tags pour Monica

Ses poubelles…

Puis je retourne au poste frontière.
Le trajet Putre-l’intersection de la route se fera en bus (le bus qui va à Arica) et ils ne me font rien payer. Puis va commencer une longue attente sur le bord de la route, finalement il n’y a pas tant de camions que ça. Les camions de combustible ne s’arrêtent pas. Enfin un camion s’arrête, je crois mourir dans les deux heures et demi de trajet, il fait une chaleur à mourir dans ce camion et les soubresauts de la route me torpillent le dos. Lors d’un contrôle de police je dois me cacher dans la couchette… Alors je vais pas en plus me déshabiller… C’est vraiment une aventure d’aller acheter son pain ici…

A la frontière (le poste frontière) je récupère mon vélo,
attache le sac à dos sur le porte bagages et l’autre sac au guidon, mais comment je vais installer toute cette nourriture et boisson sur mon vélo ? Je me disais que je pourrais peut-être m’avancer en allant sur la piste à la VRAIE frontière (vu qu’il faut remonter de 200 mètres au col à 4660, mais il est trop tard, je décide de retourner dans ma maison abandonnée où je me sens comme chez moi, ce soir c’est un peu comme si je rentrais à la maison AVEC MON PAIN.
J’ai oublié de refermer un rideau, du coup le soleil est rentré et
il y fait moins froid, et puis aujourd’hui il n’y a pas eu ce vent
glacial. Et puis le volcan au soleil couchant est superbe…

Demain commence le plus beau jeu de pistes du monde, là c’était juste les préambules… Enzo tu as raison aller faire ses course à Putre c’est très c….., mais l’AVENTURE c’est l’AVENTURE…

Bisous tout le monde

Publié dans Chili | Marqué avec , , | 9 commentaires

J284 : le plus beau jeu de piste du monde 1ère partie : J10, je passe la frontière…

Ou une vraie fausse bonne surprise…

Mardi 1er novembre 2011
Sajama – poste frontière avec le Chili après Tumbo
Distance parcourue : 31,3 km
Vmoy : 6,6 km/h Vmax : 30,8 km/h
Température : minimum : 48°F maximum : 82°F
Dénivelée positif : 334 m (faux)
Dénivelée négatif : 206 m selon compteur
Heures sur le vélo : 4H07’50 »
Départ : 7h38
Arrivée : 18 heures au refuge (qui est pas le refuge…), heure chiliennne (oué Enzo, toutes bêtises possibles je vais les faire…)

Grand beau temps, vent extrêmement violent glacial de face. Il fait très froid, je charge mon vélo au soleil.

Je suis bien les instructions, je vais vers l’église, au terrain de foot je trouve la piste, ensablée certes mais roulable.

La région n’est pas en voie de désertification, ne reste plus que des ruines…

Quelques obstacles jalonnent la piste…

Le premier :

A droite ça ne passe pas, je m’apprête à me déchausser mais vais quand même voir à gauche malgré un chien qui en défend l’accès, je trouve un peti pont, ça passe, juste mais ça passe.

Evidemment c’est toujours aussi beau…

Le deuxième obstacle se franchira aisément…

Quand au troisième…

Sont trop mimis…

Je rejoins la route goudronnée, pour les cyclos, pour aller à Sajama ne pas prendre la piste indiquée, continuer la route goudronnée, dépasser Lagunas et juste avant le pont sur le Sajama il y a une piste qui franchit la route, prendre à droite (dans mon sens)

Dernier adieu aux deux tout-petits…

Adieu au géant…

Le Chili n’est plus loin…

Devant moi la route monte, je me couvre un max, le vent est extrêmement violent et glacial, je crois arriver à Lagunas, je suis à Tumbo, on m’avait prévenu qu’il y avait une grande montée, et bien malgré le vent ça a bien passé.

La file de camion est là pour me dire que je suis à la frontière, je mange mes dernières provisions et donne le reste, donc je n’ai plus rien…

Sauf que la frontière est à 5km et qu’il faut que je me hisse de nouveau à plus de 4600 mètres, de plus avec plus rien manger…

A Tumbo je vais discuter un peu avec les femmes qui sont là et vais piocher dans ma réserve de dollars pour avoir quelques pesos chiliens, je fais bien car la banque chilienne n’accepte pas ma carte visa…

Quand je dis à une des femmes où je vais, elle me demande ce que je vais bien faire là-bas, il n’y a ni pero ni gato (ni chien ni chat), elle a mille fois raison, je ne le sais pas encore…

Le paysage m’envoute… (ca compense le vent…), car la montée est pour moi très dure. Dans la montée j’écris trois poèmes dans ma tête, le vent violent n’invitant pas à s’arrêter pour écrire, une partie s’envolera…

Et que vois-je à l’horizon ?

Un…

Puis deux …

Le premier qui trouve a droit à une nuit dans ma tente avec la fermeture éclair cassée, le vent qui souffle et des températures négatives… Et seul la nuit…

Grande est la tentation de descendre à Arica, ses températures plus cléments, sa civilisation (enfin j’espère)…

Cahin, caha j’arrive au Chili… (la frontière, la vraie, pas le poste frontière, cela a son importance pour la suite des évènements… Je sens Enzo que tu balises, oui balise, car ta balise était peu nette…). La route coté chilien est en plus mauvais état que coté bolivien.

Et là voilà la frontière de la Bolivie, la vraie, pas le poste frontière et à 10 mètres… Une piste, important tout ça, important, je vous rappelle que là commence le plus beau jeu de piste du monde… L’indice : tu retournes jusque la frontière bolivienne, et là, 10 mètres exactement avant de rentrer en Bolivie, tu prends une piste sur ta droite... Pardonne-moi Enzo, je suis taquine, je n’ai pas fini de te faire marcher…

Et voici le poste frontière à 5km de là et surtout quelques mètres d’altitude en moins…

Je vais doubler la file d’attente des camions, plusieurs kilomètres, c’est jouissif, là celui qui a failli me tuer, celui qui m’a doublé en me rasant, là celui qui a fait tomber mon vélo quand je me couvrais, et là, et là encore, jouissif je vous dis, j’apprendrai que l’attente dure parfois plusieurs jours…

Le passage de la frontière est un peu lent, je dois décharger mon vélo , tout passe aux rayons X : mes produits déshydratés non ouverts passent (la nourriture).

Je quitte la frontière (heure chilienne, soit une heure de plus) vers 17 heures 30, on verra les courses demain, je vais chercher le refuge et je suis ligne à ligne les conseils d’Enzo ( oué, sinon je vais me faire disputer…), avant de passer à la ligne suivante, je fais la ligne en cours, vous me suivez ?

Indice : 3 ou 4 kilomètres après la frontière tu trouveras un refuge CONAF sur ta gauche, juste en face du lac Chungara et du volcan…

Voilà, je trouve, il y a une maison qui ressemble vraiment à un refuge, j’y vais, fermée, personne, la phrase suivante disait : petit conseil, lorsque tu es à la frontière chilienne demande à un garde frontière de prévenir le refuge que tu arrives, sinon il n’est jamais là… Bon, c’est raté, pas grave je vais planter ma tente là. Je fais le tour du refuge, une porte derrière est ouverte, je rentre, tout est cassé et décrépi, moi qui croyais enfin trouver un pays civilisé si les refuges sont dans cet état ce n’est pas triste…

Dans la salle de séjour deux matelas par terre dont un presque neuf, je m’installe, il fait extrêmement froid, à part cela je me sens bien.

Demain je vais à Putre me ravitailler, c’est vrai qu’au poste frontière il n’y a RIEN, que le vent et la file d’attente des camions.

Bisous tout le monde et Enzo sois pas fâché, je suis si imprévisible que j’ai réussi à semer la police au Pérou, alors…

Publié dans Bolivie, Chili | Marqué avec , | Laisser un commentaire

J283 : le plus jeu de pistes du monde 1ère partie J8 : Sajama version longue…

Bin oui, je tiens parole, voici la version longue, courage, courage parce que là vous êtes encore en Bolivie, vous allez en sortir, faire un petit tour au Chili puis revenir en Bolivie…

Plus beau tu meurs…

C’est vrai, de tant et tant de beauté je vais finir par mourir…

Mon projet pour ce jour : aller voir les geysers (à pied) puis aller aux eaux thermales (toujours à pied).

Je me lève tôt pour essayer d’échapper au vent, avant de partir je ramasse mon linge, complètement gelé mon linge…

Il fait grand beau, je me fais expliquer le chemin : je dois aller tout droit vers une quebrada là-bas dans la montagne, je vais arriver à un village, je vais sur la droite.

Je quitte mon hôtel luxueux, il est 7h40.

Au passage un petit coucou aux deux petits qui se réveillent…

A Sajama toujours aussi déserte…

Je vais marcher à travers la pampa longtemps…

Je vais rencontrer :

Des mini salars…

Peuplés d’êtres étranges…

Une piste…

Des volcans…

Des lagunes…

Des ponts…

Des oeuvres de nature que tu restes béat devant…

Des stalactites pas encore fondus…

Des sculptures étranges…

Des lamas blancs…

Un désert volcanique…

Non les volcans je ne vous oublie pas…

Des gués à traverser…

Des rios…

Un marcheur, il va dans un village non complètement mort pour y porter un peu de musique…

Un village à moitié mort…

Et des trésors mourants…

Et la nature toujours vivante elle…

J’ai maintenant rejoint une piste, un 4X4 arrive et j’entends « Françoise, Françoise », incroyable, les français bloqués entre deux barrages au-dessus de Copacabana, ceux qui m’ont aidée à passer mon vélo. Eux-aussi vont voir les geysers, cet après-midi ils montent au camp de base du Sajama pour en tenter dans deux jours l’ascension. Je fais les derniers kilomètres avec eux et nous découvrons ensemble les geysers, c’est la première fois que je vois des geysers et je suis très impressionnée, ce feu qui sort de la terre…

Là on surveille la cuisson des œufs…

Et puis le reste se passe de commentaires, il suffit de faire comme le Sajama :

Juste regarder…

La journée n’est pas finie, les français vont se préparer pour l’assaut final, moi je vais aux thermes, je dois traverser la zone de geysers, on me recommande la plus grande vigilance, certains se cachent…

Je suis très prudente, je marche ensuite le long de la montagne, je traverse la forêt la plus haute du monde…

Petits les arbres, mais arbres quand même…

Le panorama est superbe…

Et la nature redouble de fantaisie…

Une fois dans la vallée je suis un peu perplexe sur la route à suivre, bien sûr il n’y a personne et les deux ou trois villages rencontrés sont morts…

Seul un petit chien voudrait m’adopter…

Je vais pique-niquer sur un caillou le dos au vent et je reprends ma route courageusement. Je vais marcher longtemps, longtemps, traverser des ponts…

Je finis par trouver les thermes, 35°, c’est parfait, j’y barbote presque deux heures, les boliviens viennent s’y laver…

Pour le retour je cherche un moyen de transport, je me renseigne aussi pour demain, car pousser deux heures dans le sable, ça ne me dit rien (la cocotte heureusement que tu ne sais pas que tu vas pousser dans le sable des jours et des jours et même des semaines et des semaines…), l’homme à la camionnette ne peut m’emmener que l’après-midi, je réfute, mais, j’apprends qu’il y a une autre piste moins ensablée, voilà, ce sera ma route pour demain.

Bisous tout le monde

Publié dans Bolivie | Marqué avec , , , | Laisser un commentaire

J283 : le plus beau jeu de pistes du monde 1ère partie : J8 : Sajama version Haïku…

Le chapeau endiablé
Au geyser s’est donné
Bouillonnant de baisers
Et d’adieux envolés

La belle fut troublée
Par les eaux sulfureuses
Noyant triste passé
Se trouva bienheureuse

Au géant endormi
Confia ses soucis

Et ses deux tout-petits
De candeur les couvrit

Quand je veux faire court je peux… Vous aurez quand même droit à la version longue… Courage et bisous…

 

Publié dans Bolivie | Un commentaire